mardi, mai 19, 2026
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Paul Biya : Le cap sur 2026, entre renforcement de la souveraineté et promotion de la jeunesse

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MESSAGE DU CHEF DE L’ETAT A LA NATION

À l’occasion de la fin d’année 2025 et du Nouvel An 2026

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Lors de ma récente prestation de serment, je me suis engagé à continuer d’œuvrer, avec vous, à l’avènement d’un Cameroun uni, stable et prospère. L’atteinte de cet objectif est à mes yeux une mission sacrée. C’est une mission à laquelle j’entends, comme par le passé, continuer à consacrer tout mon temps et toute mon énergie. J’y suis tenu en raison de la confiance que vous n’avez cessé de me témoigner, depuis mon accession à la magistrature suprême. Vous venez d’ailleurs de me renouveler cette confiance, de manière éclatante, lors du scrutin du 12 octobre dernier. Je voudrais y voir, un témoignage de satisfaction pour ce que nous avons accompli ensemble jusqu’alors et un engagement à poursuivre, avec encore plus de détermination, nos efforts communs pour faire avancer notre pays.

Mes chers compatriotes,

Au cours de l’année qui s’achève, comme du septennat qui vient de s’écouler, nous avons ensemble, avec succès, relevé de nombreux défis. D’autres défis, encore plus aigus, nous attendent pendant l’année qui commence et le septennat que nous entamons. Je ne doute cependant pas de notre capacité commune à les relever, victorieusement. Si nous restons unis, rien ne nous sera impossible. Nous ne manquons, en effet, ni de courage, ni d’ingéniosité, ni de détermination.

Il est incontestable que des progrès remarquables ont été réalisés dans différents domaines cette année, en dépit de nombreuses contraintes internes et externes.

Au plan politique, notre système démocratique a, une fois de plus, démontré sa vitalité. L’organisation réussie de l’élection présidentielle, comme celle des régionales, confirme que la démocratie s’est véritablement enracinée dans notre pays. Malgré les soubresauts qui ont suivi l’élection présidentielle, du fait de certains leaders politiques irresponsables, l’immense majorité de nos compatriotes a fait preuve d’une grande maturité. Ensemble, nous avons su préserver ce que nous avons de plus précieux : l’unité nationale, la paix et la stabilité.

Au plan sécuritaire, nos forces de défense et de sécurité, dont je ne cesserai de louer le professionnalisme, ont continué à combattre vaillamment les terroristes et autres criminels qui menacent la sécurité de nos populations et de leurs biens.

Au plan économique et financier, les réformes structurelles que nous avons mises en œuvre, avec l’appui de nos partenaires internationaux, ont permis d’améliorer le profil de nos finances publiques et de préserver les grands équilibres macro-économiques. Les ressources allouées au budget d’investissement ont connu une augmentation significative. Malgré les aléas de la conjoncture internationale, les mesures nécessaires ont été prises pour maîtriser l’inflation et accroître la production locale. L’exécution de multiples projets s’est poursuivie ou a été lancée dans différents domaines, afin de répondre aux préoccupations des populations et d’améliorer leur bien-être.

Ainsi, l’offre en énergie électrique a continué de s’accroitre, avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et de nombreuses centrales solaires, principalement dans les régions septentrionales. La construction de nouvelles lignes de transport de l’électricité et la réhabilitation du réseau existant progressent. L’achèvement de ces chantiers permettra de mieux desservir les industries et les ménages en énergie électrique. J’ai par ailleurs instruit la reprise de la société ENEO, ce qui constitue une étape décisive dans la restauration de notre souveraineté énergétique et la maitrise de la réforme d’un secteur névralgique, qui nécessite d’importants investissements.

Des avancées significatives ont également été enregistrées dans l’approvisionnement en eau potable de nos populations, tant dans les centres urbains qu’en milieu rural. Les travaux de réhabilitation et d’extension des réseaux de distribution d’eau potable que nous avons engagés à cet égard vont s’intensifier, afin de répondre aux besoins en la matière.

La question de l’amélioration de la situation de nos infrastructures routières est, je puis vous l’assurer, au centre de mes préoccupations, comme des vôtres. Ainsi que je l’ai récemment annoncé, un programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés et de construction de nouvelles routes sera lancé au courant de l’année qui commence. Il permettra notamment d’améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, ainsi que l’accès aux bassins de production.

Dans la même lancée, nous poursuivrons avec plus d’intensité encore, les efforts visant à accroitre les performances des systèmes éducatif et de santé publique. Nous accorderons parallèlement une attention encore plus soutenue au développement du numérique, au renforcement de notre tissu industriel, à la transformation agro-alimentaire et à l’assainissement du climat des affaires.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Ainsi que vous l’aurez constaté, grâce au travail acharné du Gouvernement, avec la précieuse contribution de nos vaillantes populations, le Cameroun a poursuivi, d’un pas ferme, sa marche résolue vers le progrès. Cette réalité est visible, palpable, observable par tous. Bien évidemment, en période électorale, comme celle que nous venons de vivre et que nous vivrons encore dans les mois à venir, il est habituel que les candidats qui aspirent à bénéficier de la confiance des populations, se livrent à des déclarations qui n’ont rien à voir avec la réalité. Certains ont ainsi soutenu que rien, absolument rien, n’a été fait par le Gouvernement en place. Ils vous ont parallèlement promis monts et merveilles et ont prétendu résoudre, d’un coup de baguette magique, tous les problèmes auxquels vous êtes confrontés. Rien n’est plus faux. Je n’ai cessé et ne cesserai de vous mettre en garde contre ces marchands d’illusions.

Pour ma part, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai fait le choix de vous dire la vérité. Je n’ai jamais essayé de vous dissimuler les difficultés auxquelles nous sommes confrontés, du fait principalement d’un contexte international de plus en plus complexe. Ces difficultés qui retardent ou entravent la mise en œuvre des projets dédiés à l’amélioration de votre bien-être, ne sont cependant pas insurmontables. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouvons aujourd’hui et nous le prouverons encore demain, ensemble.

Fidèle à ce devoir de vérité que je viens d’évoquer, je n’ai pas de peine à reconnaitre, qu’en dépit du bilan appréciable que je viens de vous présenter, des efforts soutenus doivent encore être engagés sans délai, pour améliorer, de manière significative, vos conditions de vie. C’est ce à quoi s’attèlera en priorité, le Gouvernement que je mettrai en place dans les prochains jours.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Lors de la campagne électorale et dans mon discours de prestation de serment, j’ai eu l’occasion de vous présenter le programme que j’entends mettre en œuvre pour répondre à vos préoccupations, à vos aspirations et à vos demandes. Je voudrais vous redire, que l’amélioration de la situation des femmes et des jeunes sera au centre de mes priorités, tel que je m’y suis engagé. Le Gouvernement, sous mon autorité, veillera à la mise en œuvre effective du Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, dont les lignes directrices ont été présentées lors de ma prestation de serment. D’ores et déjà, une provision de 50 milliards de Francs CFA a été constituée dans le budget de l’Etat pour l’exercice 2026. Elle est dédiée au financement des premières tranches des projets initiés par les jeunes.

Je veillerai également à l’application des mesures visant à améliorer la promotion des femmes et à garantir une plus grande participation des jeunes dans la gestion des affaires publiques. Je voudrais toutefois rappeler, qu’il n’est pas question de stigmatiser les autres tranches d’âge ou catégories de notre société. Au-delà du critère de l’âge et du genre, ce qui continuera à être privilégié dans l’accès ou le maintien aux postes de responsabilité, de même que dans les promotions, ce sont les qualifications, les compétences, la probité et l’engagement au service de l’intérêt général. Nous veillerons cependant à concilier, mieux que par le passé, jeunesse et expérience et, surtout, à combattre vigoureusement les injustices procédant de l’appartenance à tel ou tel groupe ethnique ou culturel, genre, religion, ou tranche d’âge. C’est ainsi que nous pourrons mieux promouvoir l’égalité des chances et permettre à des compétences trop souvent oubliées, à l’intérieur, comme dans la diaspora, de participer à la grande œuvre de construction nationale.

Mes chers compatriotes,

Conformément à l’appel que j’ai lancé lors de ma prestation de serment, je voudrais insister sur la nécessité d’intensifier nos efforts collectifs, pour promouvoir le vivre ensemble et consolider l’unité nationale, face au repli identitaire et aux discours de haine qui inondent l’espace médiatique et menacent les fondements mêmes de notre cher et beau pays, le Cameroun. Nous sommes un peuple réputé pour sa diversité. Nous sommes une mosaïque d’ethnies, de langues, de cultures et de religions, que beaucoup envient. Cette particularité est un atout indéniable et un motif de fierté. Nous nous devons de la capitaliser. C’est en effet notre plus grande richesse. Nous nous devons d’en faire le creuset de notre indispensable unité. Une unité qui sera d’autant plus forte, parce que forgée par cette volonté de vivre ensemble, qui nous caractérise également.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Je vous exhorte à tout mettre en œuvre pour préserver la paix et la stabilité de notre pays. Elles ont été mises à rude épreuve ces dernières années, notamment dans les Régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Elles l’ont également été à l’occasion des troubles qui ont émaillé la période post-électorale. Elles le sont au quotidien, à la faveur des atteintes à l’autorité de l’Etat qui se multiplient, du non-respect de la règle de droit qui se répand, du recours à la violence dans les paroles et les comportements qui a tendance à se généraliser, tout ceci adossé sur un sentiment rampant d’impunité. Ce n’est pas acceptable.

L’œuvre de construction nationale dans laquelle nous sommes résolument engagés ne saurait s’accommoder du désordre, de l’indiscipline et de l’impunité. Une reprise en main vigoureuse des secteurs concernés est indispensable. Nous allons nous y atteler sans délai. Nous allons poursuivre, avec une détermination accrue, nos efforts pour que le retour progressif à la normale que nous observons dans les régions sus évoquées, se consolide. Je fonde de réels espoirs dans les vertus du dialogue communautaire que j’ai récemment encouragé. J’invite les autorités administratives, les chefs traditionnels et les forces vives des régions concernées à s’y engager résolument.

Camerounaises, Camerounais,

Mes chers compatriotes,

Je voudrais vous réitérer mon appel au rassemblement dans l’intérêt supérieur de notre cher et beau pays. Je sais pouvoir compter, à cet égard, sur votre soutien indéfectible. Je vous réitère ma détermination à rester digne de la confiance que vous avez placée en moi. Je voudrais vous redire ce soir, ma confiance en l’avenir de notre pays. Je puis vous assurer que le meilleur reste à venir.

A toutes et à tous, je souhaite une bonne et heureuse année 2026.

Vive la République !

Vive le Cameroun !

David Pagou : du risque au héroïsme?

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Le Cameroun  »nouveau » qui joue la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 n’était pas des plus attendus à la table de la gloire. Et pourtant, les Lions indomptables qui affrontent les Mambas ce soir, sont déjà qualifiés pour le second tour. Grâce à leurs quatre points obtenus sur la victoire contre le Gabon (1-0) et au nul (1-1) face à la Côte d’Ivoire. Et c’est tout à la gloire de David Pagou qui conduit cette sélection jeune. Pour une première à la tête d’une sélection A, et à un si si haut niveau de compétition. Lui qui est arrivé comme un cheveu dans la soupe.

Nommé sélectionneur principal, David Pagou découvre le très haut niveau international une fois en compétition. Du moins en tant que patron. Et de fait, dans son parcours, l’homme n’a jamais conduit une équipe nationale senior à une compétition majeure. L’homme a fait ses classes en club et dans diverses sélections nationales inférieures. Et lorsqu’il est injecté chez les Lions indomptables A, c’est dans un contexte de guerre ouverte entre la fédération et le ministère en charge des sports, pour le contrôle de cette sélection, après la non reconduction du contrat de Rigobert Song Bahanag. L’homme qui devait faire office d’adjoint, avait ainsi été nommé par le président de la fédération. En réaction, le ministre de l’enseignement supérieur (Minesup) qui est son patron, l’affecte illico presto à Salapoumbé, au fin fonds de la région de l’Est. Alors que David Pagou entraîne l’équipe de l’université de Yaoundé, en pleins Jeux universitaires. Réconforté par le puissant président de la Fecafoot, l’homme ne bougera pas. Et plus rien d’autre ne lui arrivera.

Après une longue période de brouille entre les deux patrons de la sélection, une équipe mixte sera mise sur pied, comprenant les choix des deux factions en confit. David Pagou en sera l’adjoint numéro 2, derrière le Congolais Joachim Mununga (assistant de Marc Brys qui était aux affaires depuis deux ans), et Martin Ndtoungou Mpile, choisi par le patron de la fédération. François Omam Biyik désigné par le ministre arrivera après lui. La cohabitation sera une dure épreuve: le technicien belge préférera son assistant et les autres adjoints venus des petits papiers du gouvernement, à ses collaborateurs choisis par la fédération. En réaction, la Fecafoot qui contrôle le volet administratif et communicationnel de la sélection, gommera à chaque fois le nom de Mununga et les adjoints désignés par l’État, sur la feuille de match. Pour positionner les siens. Ce sont donc presque des spectateurs que la Fecafoot aura placés au sein de ce staff unifié.

Et pourtant c’est sur ce fils Moundang de l’Extrême-Nord que Samuel Eto’o le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a jeté son dévolu. A un moment délicat : le 1er décembre 2025. A trois semaines de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Avec, dit-on, pour instruction, d’écarter tous les cadres acquis à la cause de Marc Brys: André Onana le gardien titulaire, Michael Ngadeu un des défenseurs centraux, André Franck Zambo Anguissa le milieu de terrain le plus capé de l’heure. Ils ont en commun d’avoir été en première ligne de la lettre des joueurs adressée au président de la fédération pour soutenir la présence de Joachim Mununga sur le banc de touche. Samuel Eto’o qui avait déjà menacé de faire avec des jeunes sans expérience, plutôt qu’avec des cadres qui  »ne mouillent pas le maillot  », a saisi l’opportunité de la CA, au moment l’adversaire s’y attendait le moins,pour frapper par lâcheté. Et a préféré des no name et autres talents à confirmer comme Christian Kofane, Édouard Sombaing, Gerzino Nyamsi, Eric Junior Ebimbé, Arnold Kamdem.

Meilleur entraîneur de la saison

Et c’est à David Pagou de relever le defi. Samuel Eto’o a justifié le choix porté sur l’entraineur de PWD de Bamenda par son sacre de meilleur entraîneur du Cameroun en 2025. Techniquement, l’homme a la prééminence, mais pour des raisons évidentes certainement, Martin Ndtoungou Mpile est le leader du groupe, en sa qualité de coordonnateur sélectionneur. L’éternel adjoint profitera simplement, et Pagou fera le boulot, assisté d’Alexandre Belinga. Les premiers résultats semblent donner raison à Samuel Eto’o. Tout à l’honneur de celui que les combats avaient relégué au statut de spectateur dans la tanière. Si la tendance se confirme, David Pagou passerait du statut de choix à risque à celui de héros de la renaissance des Lions indomptables.

Présidentielle 2025 : L’influence de la démission de Bello Bouba et Issa Tchiroma

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Les démissions de Bello Bouba et Issa Tchiroma ont affecté le score de Biya (Ph Jeune Afrique)

Alors que depuis 2004 Paul Biya bénéficie du soutien de Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma lors des élections présidentielles auxquelles ces deux anciens opposants ne se présentaient pas, cette fois-ci, non seulement ces deux hommes ont quitté le navire gouvernemental, mais surtout, se sont présentés contre leur ancien allié. Et même si le report des voix est un exercice jamais mathématiquement fiable, il reste que pour la première fois depuis une trentaine d’années, Paul Biya a affronté un électorat divisé dans les trois régions du Grand-Nord. Avec un penchant sociologique pour les natifs du coin.

L’Undp de Bello Bouba Maïgari est jusqu’ici la 2ème force politique du pays depuis le double scrutin législatif et municipal de 2020. Forte de 7 députés et un sénateur (nommé), le parti compte également 17 communes sur les 360 que compte le pays (le Rdpc en a 320). L’Undp peut se targuer d’être le seul parti en dehors du parti au pouvoir, à diriger une mairie de ville sur les 14 (Ngaoundéré), et un conseil régional, celui de l’Adamaoua. L’ancrage du parti dans la région de l’Adamaoua en fait une force incontournable qui impose le respect du parti sur la scène nationale.

Le Fsnc d’Issa Tchiroma pour sa part, dispose de trois députés, d’un sénateur (nommé) et contrôle quatre communes, notamment dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Et la longue présence du leader du parti au sein du gouvernement, à des postes clés, notamment le ministère de la Communication, ont fini par conforter la puissance de cet homme et de son parti, sur la scène politique nationale. Et ces derniers mois, l’homme a su défier les chiffres pour gagner en sympathie populaire dans cette partie du pays. On le voit avec le meeting que l’homme a tenu à Garoua le 22 février 2025. A Maroua, le député Salmana Amadou Ali avait mobilisé autant au cours du même mois, à son installation comme président du Mouvement des jeunes du Fsnc, pour le compte de son président, dont le parti avait réussi à phagocyter une parcelle du pouvoir du Rdpc dans la ville de Maroua. « Tchiroma a réalisé beaucoup d’œuvres dans le Grand-Nord, sans faire beaucoup de publicité ; cela lui vaut d’être digne de confiance aujourd’hui», assurait encore Jeanne Nsoga, l’ancienne secrétaire générale du Fsnc, avant sa démission.

Le MRC et Kamto

La démission des deux hommes semblait ne pas véritablement pouvoir affecter le parti au pouvoir doté de la majorité obèse dans les institutions et même en termes de quadrillage territoriale ; mais il s’avère que malgré quelques défections enregistrées au sein de ces deux formations et surtout la montée en puissance de nouvelles forces politiques comme le Pcrn de Cabral Libii et le MRC de Maurice Kamto (aujourd’hui Mamadou Mota, la longévité aux affaires des deux poids lourds de l’alliance gouvernementale, et surtout, la qualité des ministères qu’ils ont dirigés, leur ont conféré une stature non négligeable. Et même si Bello Bouba semblait tanguer dans son propre fief, notamment dans la région du Nord dont il est originaire, le Mayo-Rey, l’un des départements les plus vastes du pays, était la chasse-gardée d’un de ses éléments, Célestin Yandal. Ce jeune maire de Touboro depuis 2013, a réussi à se maintenir aux côtés du puissant lamido de Rey-Bouba, vice-président du sénat et pilier du système Biya dans tout le Grand-Nord. Si la brouille entre le populaire maire de Touboro et son leader et candidat, n’a pas permis à Bello Bouba de remporter le vote du Mayo-Rey, le Nord a basculé pour la vague jaune de Tchiroma (avec 43,51% contre 38,78% des 399 519 suffrages valablement exprimés et 8,62% pour Bello Bouba), autant que l’Adamaoua (50,33% contre 34,61% des 229 000 suffrages). Paul Biya s’est contenté de l’Extrême-Nord, mais avec une faible marge (45,93% contre 42,34% des 717 293 suffrages valablement exprimés). Bello Bouba a eu 4,01%.

En plus, dans la partie méridionale du pays, la vague jaune a eu son effet. Dans le Littoral et l’Ouest, régions traditionnellement « hostiles » au parti au pouvoir, Paul Biya n’a pas bénéficié de l’absence de Maurice Kamto, jusqu’ici leader au sortir de la présidentielle de 2018. Bello Bouba y est restée aphone, alors qu’Issa Tchiroma menait le flambeau face à Paul Biya. Dans le Littoral par exemple, Issa Tchiroma a récolté 64,59% contre 20,99% pour Paul Biya, contre 1,09% pour Bello Bouba. A l’Ouest, l’opposant a pris le dessus sur le candidat sortant, par 46,76% contre 38,61% et 1,41% pour Bello Bouba.

Ainsi, l’effet de la démission de ces deux membres du gouvernement, a bénéficié à celui qui avait en plus obtenu les faveurs des « déçus » du MRC.

NB : Série « Pourquoi Biya a perdu le Nord

Can 2025: le Cameroun et la Côte d’Ivoire se neutralisent

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Un but partout est le score qui a sanctionné le duel Cameroun-Côte d’ivoire. Preuve que les deux fauves se sont neutralisés dans cette deuxième journée dans le groupe F. Et ce sont les champions d’Afrique qui donnent le ton en ouvrant le score à la 51ème minute. D’une frappe enroulée, le mancunien Amad Diallo trouve le chemin des filets gardés par Devy Epassy. Les gradins tremblent. Les Éléphants semblent avoir conquis le public de Marrakech.

Mais c’est une joie de courte durée car cinq minutes seulement plus tard, Junior Tchamadeu rétablit l’équilibre en poussant Ghislain Konan à marquer contre son camp. Les Lions indomptables multiplient les offensives, mais butent sur des Éléphants déterminés à ne plus faillir.

Le fruit a tenu la promesse des fleurs. Les deux poids lourds du groupe se neutralisent (1-1) et se partagent les points du match. Maintenant ainsi le contrôle du groupe F avec quatre points chacun. De son côté, le Gabon tombe devant le Mozambique (3-2). Un second faux pas après celui face au Cameroun, signe d’élimination. Les Mambas, eux, ont encore toutes leurs chances de qualification, et peuvent même toujours terminer premiers du groupe. Eux qui signaient leur première victoire en Can, auront à cœur d’offrir à leurs compatriotes une autre moment de bonheur dans la cour des grands. Ce sera contre le Cameroun . Et donc une chaude bataille en perspective. Si le Gabon est déjà éliminé, tout est encore jouable pour chacune des trois autres équipes, de poursuivre la compétition.

Trois pays sont déjà qualifiés pour le second tour : le Nigeria, l’Égypte et l’Algérie. Les Fennecs, champions d’Afrique 2019, atteignent encore le second tour pour la première fois depuis leur sacré.

Régionales: l’élection annulée dans le Mayo-Kani

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Le tribunal administratif de l’Extrême-Nord a annulé partiellement les élections régionales dans le département du Mayo-Kani, par une décision rendue ce 23 décembre 2025. Donnant ainsi raison au Mouvement démocratique pour la défense de la République qui l’avait saisi pour contester son éviction de l’élection ténue le 30 novembre dernier. Me Paulin Djorwe le président de ce parti de la majorité présidentielle a saisi la justice au motif du retrait des listes de son parti des bureaux de vote le jour même de l’élection, alors que son parti avait régulièrement battu campagne dans ce seul département où il était en course.

Dans les colonnes du quotidien L’œil du Sahel, Joseph Manaoda le délégué régional d’Elections Cameroon (Elecam), avait indiqué que des instruments avaient été données depuis Yaoundé de retirer les bulletins du MDR. L’organe technique en charge de l’organisation des élections se fondait sur un arrêt de la Cour suprême annulant une décision du tribunal administratif de l’Extrême-Nord, au sujet du MDR, mais relatif à un autre recours déposé par Tigana Tassi le fils de Dakole Daïssala, fondateur du parti.

C’est qu’initialement les deux factions qui se disputent la présidence du parti, avaient investi des candidats dans le Mayo-Kani. Elecam avait rejeté les deux listes pour double investiture. Les deux parties ont attaqué la décision du conseil électoral. Par deux décisions séparées rendues le 10 octobre 2025, la liste investie par Tigana a été rejeté, lui deniant la légitimité, tandis que celle investie par Me Paulin Djorwe, était réhabilitée et la justice. Le conseil électoral d’Elecam s’était exécuté en adoptant une résolution le 15 octobre 2025 à cet effet. Le mandataire de Tigana fera appel devant la Cour suprême, de la décision rejetant son recours. Décision qui en même temps reconnaissait comme seule liste valable. Le 27 novembre, soit trois jours avant l’élection, la Cour suprême rendra son arrêt annulant la décision ayant rejeté ladite liste. Et c’est en considérant la reconnaissance de la liste Djorwe qu’Elecam a retiré de la course le MDR.

Cela survient alors que la session de plein droit tenue le 16 décembre dernier avait déjà permis d’élire le bureau du conseil régional de l’Extrême-Nord, avec deux élus du Mayo-Kani. C’est dire que si aucune des parties n’attaque la décision du tribunal administratif de Maroua, l’élection sera purement et simplement reprise.

Pour mieux comprendre :

Élection régionale: rifi autour de la liste MDR

Jean-Marie Louis Badga, DG APME : « Nous avons accompagné plus de 1 500 entreprises »

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Jean-Marie Louis Badga, Directeur Général de l'APME

Monsieur le directeur général de l’Agence de Promotion de Petites et Moyennes Entreprises (APME), on s’achemine vers la fin du programme Transfagri, quels sont ls acquis et quelles sont les perspectives ?

Pendant les 5 années de ce projet, nous avons accompagné plus de 1 500 entreprises et nous avons offert des services de l’ordre de 3 500 services soit au moins quatre services par entreprise. Nous avons pendant ce temps apporté une contribution significative au développement ce ces entreprises agroalimentaires et les effets sont palpables.

Nous allons continuer avec les coaches qui accompagnent ces entreprises à faire en sorte que les acquis soient pérennisés. A travers ces résultats, nous pouvons dire que nos PME produisent en quantité et en qualité et progressivement, leurs produits se retrouvent dans la grande distribution parce qu’ils sont certifiés. Il y a là un apport substantiel de ce programme dans le développement économique de notre pays.

Vous avez mis un accent sur le prêt d’honneur qui est également mis en œuvre dans le cadre de ce programme…

Oui. Le prêt d’honneur est une particularité de ce projet, c’est un financement particulier qui est à taux zéro, sans garantie et donné par une communauté à l’instar de Obala (région du Centre  et Bafoussam (Région de l’Ouest). C’est un comité qui est constitué de toutes les forces vives de cette localité. Nous avons des banquiers, les communes et je crois les grandes entreprises. C’est cette communauté qui identifie les porteurs de projets au sein de la communauté et c’est l’appartenance à cette communauté qui fait la première garantie. Aujourd’hui nous somme à 52 projets. C’est une initiative qui est à ses débuts mais qui fait des résultats très importants et ce qui est important à noter c’est que au sein de ces comités, nous avons des institutions de financement qui progressivement accompagnent et complètent le prêt d’honneur par ces crédits bancaires. Avec l’éducation financière qui est donnée à nos PME, elles commencent à s’habituer à la finance moderne.

Un an avant la clôture du projet, quelles sont les projections ?

Nous avons des activités que nous menons sur le terrain. Nous avons 200 entreprises qui vont continuer à être coachées par l’Agence de promotion des PME par des programmes de pérennisation de ce processus. Nous avons déjà des catalogues de services et nous allons continuer dans le cadre de l’Agence de promotion des PME à accompagne les entreprises agroalimentaires sur toute l’étendue du territoire national.

Nous avons un nouveau programme de sécurité alimentaire qui sera mis en œuvre dans au moins 6 régions. Le programme Transfagri va être pérennisé et les acquis sont là, les consultants sont accrédités les services vont continuer à être octroyés aux PME agroalimentaires.

Programme Transfagri : Plus de 1 500 emplois déjà générés en 5 ans

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Le bilan de cette initiative qui prend fin en 2026 a récemment été fait à Yaoundé par Jean-Marie Louis Badga, directeur général de l’Agence de promotion des PME.

Le Programme intégré de valorisation et transformation des produits agricoles et agroalimentaires (Transfagri) a récemment présenté à Yaoundé la capitale camerounaise, l’état global de ses activités sous la composante 1 intitulée « Services non financiers aux entreprises » mises en œuvre en 2025 par l’Agence de promotion des Petites et moyennes entreprises (APME).

La réunion présidée par Achille Bassilekin III, ministre des PME avait pour objectif de présenter les réalisations effectuées, les résultats obtenus ainsi que les difficultés rencontrées par le programme.

A titre de rappel, la composante 1 du programme Transfagri vise à améliorer les capacités d’intervention de l’APME auprès des Petites et moyennes entreprises, de la branche agroalimentaire ainsi que sa couverture géographique et à développer les PME du secteur agricole et agroalimentaire.

Dans l’ensemble, le rapport présenté à Yaoundé souligne une dynamique positive dans la mise en œuvre des activités du programme Transfagri, avec des avancées notables au profit des PME et de l’écosystème entrepreneuriale. Ledit rapport identifie également des pistes d’amélioration visant à renforcer l’impact du programme et à consolider sa durabilité.

Selon le ministre des PME, l’ année 2025 a été marqué par l’intensification des offres de formation, l’accompagnement technique et de coaching, principalement au profit des entrepreneurs du secteur agroalimentaire.

Jean-Marie Louis Badga, DG APME : « Nous avons accompagné plus de 1 500 entreprises »

Monsieur le directeur général de l’APME, on s’achemine vers la fin du programme Transfagri, quels sont ls acquis et quelles sont les perspectives ?

Pendant les 5 années de ce projet, nous avons accompagné plus de 1 500 entreprises et nous avons offert des services de l’ordre de 3 500 services soit au moins quatre services par entreprise. Nous avons pendant ce temps apporté une contribution significative au développement ce ces entreprises agroalimentaires et les effets sont palpables.

Nous allons continuer avec les coaches qui accompagnent ces entreprises à faire en sorte que les acquis soient pérennisés. A travers ces résultats, nous pouvons dire que nos PME produisent en quantité et en qualité et progressivement, leurs produits se retrouvent dans la grande distribution parce qu’ils sont certifiés. Il y a là un apport substantiel de ce programme dans le développement économique de notre pays.

Vous avez mis un accent sur le prêt d’honneur qui est également mis en œuvre dans le cadre de ce programme…

Oui. Le prêt d’honneur est une particularité de ce projet, c’est un financement particulier qui est à taux zéro, sans garantie et donné par une communauté à l’instar de Obala (région du Centre  et Bafoussam (Région de l’Ouest). C’est un comité qui est constitué de toutes les forces vives de cette localité. Nous avons des banquiers, les communes et je crois les grandes entreprises. C’est cette communauté qui identifie les porteurs de projets au sein de la communauté et c’est l’appartenance à cette communauté qui fait la première garantie. Aujourd’hui nous somme à 52 projets. C’est une initiative qui est à ses débuts mais qui fait des résultats très importants et ce qui est important à noter c’est que au sein de ces comités, nous avons des institutions de financement qui progressivement accompagnent et complètent le prêt d’honneur par ces crédits bancaires. Avec l’éducation financière qui est donnée à nos PME, elles commencent à s’habituer à la finance moderne.

Un an avant la clôture du projet, quelles sont les projections ?

Nous avons des activités que nous menons sur le terrain. Nous avons 200 entreprises qui vont continuer à être coachées par l’Agence de promotion des PME par des programmes de pérennisation de ce processus. Nous avons déjà des catalogues de services et nous allons continuer dans le cadre de l’Agence de promotion des PME à accompagne les entreprises agroalimentaires sur toute l’étendue du territoire national.

Nous avons un nouveau programme de sécurité alimentaire qui sera mis en œuvre dans au moins 6 régions. Le programme Transfagri va être pérennisé et les acquis sont là, les consultants sont accrédités les services vont continuer à être octroyés aux PME agroalimentaires.

CCA Bank, trajectoire d’une banque camerounaise devenue référence régionale

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La banque était représentée ce jour par sa nouvelle directrice générale, Alvine Désirée Tiwoda. Pour le jury, cette distinction ne relève pas d’un symbole institutionnel, mais d’une lecture chiffrée d’une transformation structurelle menée sur sept ans dans un environnement bancaire fortement concurrentiel, dominé par des groupes occidentaux et ouest-africains.

En 2018, le Crédit Communautaire d’Afrique n’était encore qu’un établissement de microfinance de 2ᵉ catégorie. Cette catégorie, dans la réglementation de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), autorise principalement la collecte de dépôts et l’octroi de crédits de faible montant. Le top management engage alors une mutation décisive : l’obtention de l’agrément de banque commerciale. Ce changement de statut permet d’élargir l’éventail des activités — collecte de dépôts à grande échelle, financement des entreprises, opérations de commerce international — et d’accéder à un marché bancaire plus vaste et plus structuré. Cette décision constitue le socle du repositionnement de CCA Bank dans le paysage financier camerounais.

Croissance bilancielle et montée en puissance financière

Les données présentées lors de la cérémonie EcoMatin illustrent l’ampleur de la transformation. Selon Emile Fidieck, directeur de publication d’EcoMatin, le total du bilan de CCA Bank est passé de 221,5 milliards de FCFA en 2018 à 837 milliards de FCFA en 2024. Les dépôts ont progressé de 201 milliards de FCFA à 660,453 milliards sur la même période.
Les crédits à l’économie — c’est-à-dire les financements accordés aux ménages et aux entreprises — sont passés de 82,5 milliards de FCFA à 368 milliards de FCFA. Le résultat net a suivi une trajectoire comparable, évoluant de 1,9 milliard de FCFA en 2018 à 20,2 milliards de FCFA en 2024. « En 2025, CCA devrait dépasser le seuil de 20 milliards de FCFA de bénéfices nets », a précisé Emile Fidieck lors de la remise du prix.

Expansion territoriale et proximité clientèle

Cette performance financière s’est accompagnée d’une politique active de maillage territorial. Le réseau de la banque est passé de 42 agences et 50 guichets automatiques en 2019 à 57 agences et 69 guichets automatiques en 2025. Cette expansion vise à capter une clientèle plus large, dans un marché où l’accès physique aux services bancaires demeure un facteur de compétitivité. CCA Bank gère aujourd’hui plus de 700 000 comptes actifs et emploie plus de 800 collaborateurs, contre 550 quelques années plus tôt. Cette progression des effectifs reflète l’élargissement des activités et la montée en gamme des services proposés.

La remise du prix intervient dans un contexte de transition managériale, marqué par la prise de fonction d’Alvine Désirée Tiwoda à la direction générale. La gouvernance constitue un levier central dans la trajectoire de la banque, notamment pour répondre aux exigences prudentielles et de conformité imposées aux établissements de crédit. Le 19 octobre 2024, CCA Bank a inauguré à Douala un nouvel immeuble siège de 15 étages. Au-delà de l’infrastructure, ce bâtiment matérialise la stabilité financière de l’institution et sa volonté de se projeter à l’international, dans un espace bancaire africain de plus en plus intégré.

Qualité de vie : Une pauvreté extrême dans le Grand-Nord

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Malgré 43 ans de pouvoir et trois derniers mandats marqués par des plans de développement répétés, les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua demeurent les plus pauvres du Cameroun. Selon les dernières données de l’Institut national de la Statistique et de la Banque mondiale, plus de six habitants sur dix y vivent sous le seuil de pauvreté. Enclavement, insécurité, manque d’eau, faible électrification et crise alimentaire rythment le quotidien des populations. Cette situation critique dans le Grand-Nord a contribué énormément à une prise de conscience et à radicaliser les populations contre le régime Biya qu’ils ont soutenu pendant de longues années.

Des statistiques alarmantes

L’arrière-pays des trois régions septentrionales du Cameroun, notamment les régions de l’Extrême‑Nord, du Nord et de l’Adamaoua s’enfonce dans une pauvreté endémique, malgré les promesses et les mandats successifs du président Paul Biya. Selon l’INS, le taux de pauvreté national était de 37,7% en 2022, soit environ 10,1 millions de personnes vivant avec moins de 813 Fcfa par jour. Mais dans les régions du Grand-Nord, les écarts avec le reste du pays sont considérables. En 2022, l’Extrême-Nord affiche un taux de 69,2%, le Nord 61,1% et l’Adamaoua environ 45,1%. Pour l’Extrême-Nord, un rapport de l’INS en 2016 indiquait un taux de pauvreté chronique allant jusqu’à 69,4% dans le département du Mayo‑Danay, tandis que le département du Diamaré affichait environ 48,2%.

Les raisons de ce gouffre sont multiples : enclavement géographique, déficit d’infrastructures de base, insécurité persistante, chocs climatiques répétés. Ces trois régions sont largement isolées : routes dégradées, absence de liaison fluide avec les grands marchés du sud du pays, ce qui limite les débouchés agricoles et l’industrialisation. L’accès à l’eau courante reste très limité dans nombre de localités reculées : selon l’INS, bien que l’accès à une source améliorée d’eau soit monté à quatre personnes sur cinq au plan national, les zones du Sahel reculées restent fortement déficitaires. Le taux d’électrification y est également insignifiant : par exemple, dans le rapport de la 3ème Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 3), la proportion de ménages possédant l’électricité dans certaines zones septentrionales est de l’ordre de 11,8% seulement.

Inondations

Ajoutons à cette situation d’arriération l’impact majeur des inondations extrêmes. Dans les départements du Mayo-Danay et du Diamaré (région de l’Extrême-Nord), des crues ont dévasté des centaines de kilomètres de rizières et détruit des milliers de têtes de bétail et acres de culture. Le rapport INS montre que le département du Mayo-Danay atteignait un taux de pauvreté chronique de 69,4%. Un article paru en 2024 sur le site d’Africanews indique que dans ces mêmes zones, « un total de 459 000 personnes ont été touchées par des inondations et des hectares de culture détruits ». Par ailleurs, la crise alimentaire est aiguë : en 2025, la World Food Programme (WFP) alertait sur près de 2,6 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë entre juin et août, avec l’Extrême-Nord parmi les régions les plus concernées. Dans les départements du Logone et Chari et du Mayo‑Tsanaga, l’activité récurrente de la secte djihadiste Boko Haram et les raids transfrontaliers ont encore aggravé la misère en paralysant toute dynamique économique et la confiance des populations.

Le gouvernement de Paul Biya, après sept mandats successifs, reste pointé du doigt : ces régions fragiles n’ont pas bénéficié de mesures structurelles suffisantes pour casser le cercle vicieux pauvreté-insécurité-vulnérabilité. La Banque mondiale elle-même, dans un rapport sur les régions du Grand-Nord, signalait que la pauvreté rurale dans l’Extrême-Nord se situait à près de 77% en 2019 contre 74% en 2014, soulignant que la centralisation de l’État, la faible gouvernance locale, l’insuffisance des services publics, et les chocs climatiques, étaient autant de freins à l’essor des peuples. En dépit des richesses potentielles (agriculture, élevage, pêche de lac Tchad), les habitants restent condamnés à l’économie de subsistance, sans filet de sécurité ni investissements publics à la hauteur.

Malnutrition

Du Nord à l’Adamaoua, l’accès aux soins pose aussi un défi majeur : dans l’Extrême-Nord, plus de 50 000 enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition aiguë en 2024 selon l’Unicef, tandis que de nombreuses zones sanitaires ont été fermées ou réduites à quelques postes de santé ; la prise en charge est en recul. A la faveur de mandats politiques sans transformation réelle, les régions septentrionales du Cameroun sont en train de perdre la bataille contre la pauvreté. L’isolement géographique, l’absence d’infrastructures, l’insécurité et les chocs climatiques s’additionnent pour condamner des milliers de ménages à une misère chronique. Ces situations connus de tous dans ces régions, ont contribué énormément à la chute du président Paul Biya en 2025.

Avec Saydou Sadjo

NB: Série : « Pourquoi Biya a perdu le Nord

CAN 2025 : Les Panthères du Gabon comme plat d’entrée pour David Pagou

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David Pagou en conférence de presse d'avant-match contre le Gabon

« L’équipe du Cameroun c’est le Cameroun. Avec notre état d’esprit, on n’a peur de rien ». Parole de David Pagou, sélectionneur des Lions indomptables, en conférence de presse d’avant-match ce mardi. Logé dans le groupe F, le Cameroun aura comme adversaires du premier tour le Mozambique, la Côte d’ivoire et le Gabon. Cette dernière équipe est le premier adversaire du Cameroun demain à 21h. Les Panthères du Gabon, sans être véritablement un foudre de guerre sur la scène continentale, sont tout de même l’une des sélections les plus solides du continent. Ils ont d’ailleurs joué les Barrages continentaux de la Coupe du monde 2026, qu’ils ont perdus face au Nigeria. En face, le Cameroun est loin d’être le Lion indomptable des temps anciens. Avec un staff « nouveau », nommé à trois semaines de la compétition, David Pagou et les siens ont écarté tous les cadres de renom, pour ne retenir que des seconds couteaux dont la plupart ne connaît pas la sélection nationale A, encore moins la Coupe d’Afrique des nations (CAN). N’empêche : « Moi je pense que mon équipe est une nouvelle équipe, mais une équipe forte qui est venue à cette compétition pour faire bonne figure», déclare le sélectionneur des Lions indomptables.

Le meilleur entraîneur national de la saison 2024-2025, fait valoir son vécu : « J’ai fait toutes les catégories, je vais simplement appliquer mes principes et faire ce que je sais faire», souligne-t-il. Se refusant à rentrer dans les polémiques sur l’éventualité des interférences de Samuel Eto’o le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), David Pagou se contente d’indiquer que « c’est notre administration, on s’entend bien ». Et d’ajouter que « ensemble, on espère faire de grandes choses». Pagou joue sa crédibilité, les joueurs leur avenir.

Capitanat

Pour ce qui est du capitaine, David Pagou garde encore le secret à 24h du premier match : « demain, on saura exactement qui portera le brassard». Mais le sélectionneur était accompagné en conférence de presse, par Nouhou Tolo. Celui-ci, présenté comme un potentiel capitaine (avec Christian Bassogog et Devy Epassy), garde sa tête sur ses épaules : «C’est le même Nouhou Tolo. Rien n’a changé. Capitaine ou pas, l’état d’esprit reste le même. Je suis toujours le petit qui a voulu tirer le groupe vers le haut. C’est vrai que c’est une nouvelle responsabilité pour moi, mais ça reste toujours le même que vous avez connu », assure-t-il. Un indice ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il qu’avec Bassogog, celui-ci fait partie des plus anciens du groupe, avec moins de temps que son concurrent. Mais il est possible que si l’arrière-droit en cours de reconversion pour la défense centrale, rate l’étoffe, le gardien Epassy plus sûr d’être aligné à tous les matchs, pourrait le récupérer. Les ambassadeurs du Cameroun à cette 35ème Can sont très attendus au Maroc.

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