mardi, mai 19, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 44

Musique: quand les  instruments traditionnels se rencontrent

0

Il y a une sorte de frémissement dans la voix de Sita Ngoumou. 30 ans après, elle ressuscite les œuvres de son défunt père, Pie Claude Ngumu, ethnomusicologue, ancien prélat et spécialiste des instruments de musique traditionnels au Cameroun et en Afrique. Il y avait consacré plusieurs décennies  de sa vie de chercheur et universitaire. Depuis la mise en place de l’espace A(fro)Topos à Yaoundé, un centre culturel et social dédié à la promotion et la recherche sur les cultures et le dialogue entre peuples, elle a lancé en septembre dernier le concept Echantillons diatoniques, une exposition des extraits des  travaux  de recherche documentés de Pie Claude

sur les instruments et leur organologie (étude des instruments et cartographie, Ndlr); en marge de celle-ci est né le projet de mise en dialogue des instruments des plusieurs aires culturelles camerounaises a vu le jour: Traditifusion. Il a fait  quatre mois jusqu’en décembre 2025.

Culturalité

Ce nouveau projet prolonge un sentiment d’équilibre retrouvé et une sorte de contribution au dialogue des cultures au Cameroun. Le projet Tradifusion a réuni des  musiciens François Alima, Ali Kaka et Shei Nfor à même de lui apporter l’harmonie. La conduite et les arrangements ont été confiés  à Aimé Mama, musicien au jeu fin  connu pour ses explorations pratiques sur la fusion des sons et des instruments. Cette formule à quatre donne une virtuosité imparable. Des sons qui se tissent pour une sorte de vibration symphonique sur la scène. Rien ne les prédestinait à cette rencontre. Sauf les instruments de musique traditionnelle. Ils les ont pour chacun en passion. François Alima, Ali Kaka et Shei Nfor mis en résidence de création avec leurs instruments, ne cherchent pas simplement la bonne note et l’échelle des notes. Ils font un brassage des univers culturels. Ils confrontent la Garaya, le Tshali soudano-sahélien au Mvet de la grande forêt équatoriale Fang-Béti et à la Sanza, à la flûte royale des Grassfields. Nous sommes purement dans le tressage des nœuds des aires culturelles du Cameroun. C’est l’esprit du projet Tradifusion. Une rencontre des instruments reflétant la diversité sonore et culturelle camerounaise ainsi que les prémices d’un dialogue culturel.

Spectaculaire

En décembre dernier lors de la soirée concert de restitution à l’espace A(fro)Topos, face à un public conquis par les sonorités, Sita Ngoumou indique que les errances du titre réfèrent « à une sorte d’exploration du dialogue des instruments et du rapprochement des cultures.» Cette fusion des musiques est aussi une démonstration des génies. Ils ont fait du collage du bon ménage de leurs sonorités. Le Goni, la flûte et le Mvet qui canalisent le rythme ou encore la sanza et le pied de la voix de Shei Nfor. Le public se lève tout conquis et exulte ce mélange. Au rouler du Mvet et la fine histoire de François Alima, la transposition vers un autre ailleurs se vit. Pendant près d’une heure, on ne vit pas des chansons mais un spectacle nourri par une belle mise en scène. Nous sommes dans une sorte de retour au pays des ancêtres. A chaque moment, l’instrument cherche sa bonne gamme pour entrer en synchro avec l’autre culture. Ce spectacle est conçu par Aimé Mama qui l’achève par une invite endiablée au son du public. Aussi vers une mise en feu sous les arbres du tempo de fin. C’est là que l’appel de l’équipe de A(fro)Topos se fait. La suite du projet? « L’année 2026 est consacrée à la promotion et à la diffusion de ce spectacle», rassure Aimé Mama. Les professionnels invités à cette restitution tels Chembifon Muna, diffuseur et exploitant des spectacles, ont fait des retours en vue d’une tournée du projet.

Pie Claude Ngumu

L’espace A(fro)Topos reprend les ingrédients des travaux du Dr Pie Claude Ngumu (1931-1993). Précurseur de l’introduction des instruments de musique traditionnelle dans la célébration de la liturgie catholique au Cameroun, en tant que prélat, il a créé sa chorale «la maîtrise des chanteurs à la croix d’ébène» qui accompagnait le culte du Mendzang Beti. Ses cultes à la célèbre paroisse St Paul de Ndzong Melen dans les années 60-70. On parle d’un répertoire riche de plus de 100 chansons composées et qui nourrissent la liturgie catholique au Cameroun. Après sa vie de prêtre, il entre activement dans la fonction publique camerounaise où il fit près de 30 ans de  carrière en occupant entre autres des postes de directeur de la culture, conseiller technique au ministère de l’Information et de la culture et co-directeur artistique du concept ‘’les fleurs musicales du Cameroun’’ en 1983 aux côtés du célèbre Manu Dibango. Décédé en 1993 des suites de maladie à Yaoundé, il restera dans les oubliettes 30 ans après son décès en 2023, sa famille et ses amis ont mis sur pied un Lab culturel pour perpétrer son œuvre.

Avec Eyangi Boka

Grands projets d’infrastructures : 150 milliards FCFA de dettes à payer dès 2026 pour des projets déjà livrés

0

Électricité : 75 milliards FCFA à trouver pour payer les factures de NHPC

Selon une annexe à la loi de finances 2026 consacrée au suivi des grands projets d’investissement, l’État doit réunir environ 75 milliards FCFA afin de régler des factures d’électricité émises par Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), l’exploitant du barrage hydroélectrique de Nachtigal. Ce besoin de trésorerie concerne essentiellement les factures d’août à décembre 2025, restées impayées par Eneo, le concessionnaire en charge de la production et de la distribution de l’électricité au Cameroun.

Depuis l’entrée en exploitation commerciale du barrage, le 18 mars 2025, l’État s’est engagé contractuellement à garantir le paiement de l’énergie produite, dans le cadre d’un partenariat public-privé de type concessif. Dans les documents budgétaires, le ministère des Finances rappelle clairement la nature de cet engagement :« En vue de réaliser le projet selon une approche PPP de type concessif, l’État s’est formellement engagé auprès de NHPC à se substituer au concessionnaire ENEO en cas d’incapacité de ce dernier à acheter l’énergie produite par le barrage de Nachtigal. » Cet engagement repose sur le mécanisme dit du « Take or Pay », qui oblige l’acheteur à régler l’électricité mise à disposition, qu’elle soit effectivement consommée ou non.

Le texte précise que ce risque commercial est supporté par l’État à travers « un engagement financier mensuel initial de FCFA 10 milliards (réhaussé à FCFA 15 milliards) dans l’hypothèse où ENEO serait dans l’incapacité d’honorer le paiement des factures de son fournisseur NHPC ». À ce jour, NHPC a déjà adressé à Eneo des factures cumulées estimées à 64 milliards FCFA. Sur ce montant, l’opérateur n’a réglé que 12,5 milliards FCFA, laissant un arriéré de 51,5 milliards FCFA. Ce gap a temporairement été comblé par l’État grâce à une lettre de crédit ouverte auprès de Société Générale Paris.

Mais cette ligne de garantie est désormais totalement consommée. Résultat, les factures couvrant les mois d’août à décembre 2025 n’ont toujours pas été honorées, ce qui explique le besoin immédiat de 75 milliards FCFA mis en avant dans les documents budgétaires. Pour éviter une accumulation d’arriérés et des tensions récurrentes sur le budget, le ministère des Finances indique avoir engagé des discussions avec Société Générale Cameroun et plusieurs établissements bancaires locaux, en vue de mettre en place un mécanisme de garantie financière plus durable.

UN PROJET STRATÉGIQUE, MAIS DES CONTRAINTES STRUCTURELLES

Cette pression financière survient alors que le barrage de Nachtigal est présenté comme une pièce maîtresse de la politique énergétique nationale. D’une capacité installée de 420 MW, l’infrastructure est censée couvrir près de 30 % de la demande électrique du pays. Le projet, porté par NHPC — une coentreprise associant EDF, la Société financière internationale (SFI) et l’État camerounais — a nécessité un investissement global de 786 milliards FCFA. Dans la pratique, cependant, l’évacuation de toute l’énergie produite reste limitée. Si la ligne de transport de 225 kV reliant Nachtigal à Yaoundé est opérationnelle, celle destinée à Douala, principal pôle industriel du pays, n’est pas encore achevée.

 Une situation qui accentue le déséquilibre entre production disponible et consommation effective. Ces risques avaient été clairement identifiés par les partenaires techniques et financiers. Dans son rapport de la septième revue du programme économique et financier, publié en juin 2025, le Fonds monétaire international soulignait déjà que le dispositif contractuel de Nachtigal faisait peser des risques budgétaires non négligeables sur l’État camerounais. Le FMI rappelait notamment que « les charges liées à l’exploitation de la centrale exerceront des pressions supplémentaires sur les finances publiques, l’État étant juridiquement tenu de se substituer à Eneo en cas de défaillance »

Barrage de Memve’ele : l’État camerounais doit encore 16 milliards FCFA à Sinohydro

Trois ans après sa mise en service officielle, le barrage hydroélectrique de Memve’ele, n’a pas encore fini de révéler ses zones d’ombre. Outre des performances techniques inférieures aux attentes, le projet traîne un contentieux financier avec son principal constructeur, l’entreprise chinoise Sinohydro. D’après une annexe à la loi de finances 2026 consacrée au suivi des grands projets d’investissement publics, l’État camerounais reste redevable de 16 milliards de FCFA à Sinohydro.

Cette somme correspond au solde non réglé des travaux de bitumage de la route d’accès au barrage, réalisés en préfinancement par l’entreprise chinoise pour un coût total évalué à 27 milliards de FCFA. Le document, élaboré par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), précise que cette composante n’était pas intégrée dans la convention de financement initiale du projet Memve’ele. À ce jour, seuls 11 milliards de FCFA ont été effectivement versés, laissant subsister un arriéré conséquent.

 Plus préoccupant encore, lors de l’élaboration du budget 2026 du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), cette dette n’a été budgétisée qu’à hauteur de 1,3 milliard de FCFA. Une dotation jugée largement insuffisante, qui rend improbable un règlement intégral de la créance à court terme et prolonge l’exposition de l’État à des engagements hors bilan. Ces tensions financières viennent s’ajouter aux contre-performances opérationnelles du barrage. D’une puissance installée théorique de 211 MW, Memve’ele n’injecte en moyenne qu’environ 150 MW dans le Réseau interconnecté Sud (RIS), bien en deçà des projections initiales.

 Avec un investissement global estimé à près de 450 milliards de FCFA, l’ouvrage n’a jamais fonctionné à plein régime depuis son entrée en exploitation. Les autorités expliquent cette situation par le faible débit du fleuve Ntem, aggravé par des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, qui limitent la capacité de production de la centrale. Dès 2022, les premières alertes avaient été lancées. En période d’étiage, notamment entre janvier et février, la production de Memve’ele chutait drastiquement, atteignant à peine 30 MW aux heures de pointe du soir, avant de tomber à zéro le reste de la journée, selon les données alors communiquées par les acteurs du secteur électrique.

Autoroute Kribi-Lolabé : 33 milliards FCFA d’arriérés à régler à CHEC

L’exploitation de l’autoroute Kribi-Lolabé pourrait peser davantage sur les finances publiques dès 2026. Selon une annexe au projet de loi de finances de l’exercice 2026 consacrée à « l’évolution des grands projets d’investissement », l’État camerounais devra mobiliser une enveloppe globale de 33 milliards de FCFA afin de s’acquitter des loyers dus à China Harbour Engineering Company (CHEC), partenaire privé du projet.

 Ce montant cumule à la fois des arriérés accumulés depuis la mise en service de l’infrastructure et les loyers contractuels à verser au titre de l’année budgétaire 2026. D’après le document officiel consulté dans le cadre de la préparation budgétaire, le contrat de PPP prévoit le paiement de loyers pour un montant total de 270 milliards de FCFA sur une durée de 30 ans. Or, depuis le démarrage de l’exploitation, l’État n’a versé que 2 milliards de FCFA, alors que près de 20 milliards étaient déjà exigibles. Il en résulte un passif de 18 milliards de FCFA, « ne disposant d’aucune couverture budgétaire sur l’exercice 2025 », précise la même source. À ces impayés s’ajoutent les loyers dus pour 2026, évalués à 15 milliards de FCFA.

En agrégeant les deux composantes, le besoin de financement lié à l’autoroute atteint donc 33 milliards de FCFA dès l’an prochain. L’annexe budgétaire indique par ailleurs que le ministère des Travaux publics (MINTP) « s’est engagé à prendre en charge une partie de ce besoin dans le cadre de la préparation de son budget ». Une récente concertation entre les parties prenantes a permis de passer en revue les facteurs à l’origine de l’écart persistant entre les recettes de péage et les charges d’exploitation.

Selon l’analyse officielle, le trafic demeure inférieur aux prévisions initiales, en raison notamment de « la lente occupation de la zone industrielle du Port autonome de Kribi », du retard accusé par la phase 2 du port, de « l’absence des entreprises minières attendues », d’une connectivité encore limitée, du non-démarrage de certains axes structurants et surtout de « la faible production d’électricité », identifiée comme un frein majeur à l’industrialisation de la zone.

 Face à cette situation, le MINTP a recommandé la transmission formelle du montant à prévoir pour couvrir les charges d’exploitation, qualifiées de « point critique du montage financier ». Le ministère évoque également la possibilité de faire évoluer le cadre contractuel, y compris par une transformation du PPP en contrat de marché public, afin de mieux encadrer les engagements financiers de l’État.

Pour rappel, le contrat de partenariat public-privé de l’autoroute KribiLolabé a été signé le 30 décembre 2020 entre le gouvernement camerounais, représenté par les ministres des Finances et des Travaux publics, et l’entreprise chinoise China Harbour Engineering Company. Il porte sur le financement partiel, la conception, l’exploitation et la maintenance d’un linéaire de 38,5 km, complété par 4,94 km de voies de raccordement, sur une période de 30 ans. Dans ce schéma, CHEC, également en charge de la construction via un contrat EPC, est rémunérée sous forme de loyers calculés à partir des recettes de péage collectées pour le compte de l’État, ce dernier conservant la fixation des tarifs. Le financement des travaux repose sur un prêt de 226,95 milliards de FCFA, complété par un préfinancement privé de 66,61 milliards de FCFA, charges financières comprises.

Autoroute Yaoundé-Douala : 22,5 milliards FCFA encore dus sur la phase 1

Au moment où le gouvernement affine le montage financier de la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, un contentieux budgétaire hérité de la première étape continue de faire surface. D’après une annexe à la loi de finances 2026 consacrée à l’évolution des grands projets d’investissement, l’État doit encore régler un reliquat global de 22,5 milliards de FCFA pour des travaux exécutés en dehors du cadre contractuel de départ. Mise en service en 2021, la première phase de 60 km devait initialement être exploitée et entretenue via un partenariat public-privé (PPP).

Dans cette optique, une procédure de contractualisation avait été engagée avec China First Highway Engineering Company (CFHEC) pour une durée de 30 ans. Avant même la finalisation de ce contrat, l’entreprise chinoise avait toutefois « préfinancé et réalisé des travaux complémentaires jugés nécessaires à la fonctionnalité de l’infrastructure », selon le document budgétaire. La suspension ultérieure du processus de PPP a placé ces investissements dans une zone grise, les rendant « sans fondement juridique formel ». Pour régulariser la situation, un protocole spécifique a été élaboré afin d’organiser le remboursement de ces travaux préfinancés, pour un montant arrêté à 10,5 milliards de FCFA. Faute de mobilisation des ressources en 2025, cette charge a été reportée et doit être intégrée au budget 2026 du ministère des Travaux publics (Mintp), suivant un mécanisme de règlement défini par l’administration.

À cette première ardoise s’ajoute un second ensemble de créances liées à l’exécution même du chantier. Le Mintp fait état de travaux supplémentaires engagés pour achever la section courante de l’autoroute, évalués à 60 milliards de FCFA, ainsi que de travaux de raccordement indispensables à la fonctionnalité globale de l’ouvrage, estimés à 45 milliards de FCFA. Ces prestations n’étaient prévues ni dans le marché initial, ni dans le financement contracté auprès de l’Eximbank of China. Pour encadrer leur prise en charge, un protocole d’accord a été signé le 19 avril 2022 entre le ministère des Travaux publics, le ministère de l’Économie et la CFHEC. Il prévoyait que l’entreprise exécute les travaux, avec un remboursement progressif par l’État via un système de « décomptes différés ».

À la date de référence retenue par l’annexe à la loi de finances 2026, la CFHEC avait transmis des décomptes totalisant 90 milliards de FCFA. Sur ce montant, 78 milliards ont déjà été payés, laissant un solde d’environ 12 milliards de FCFA, également inscrit dans la programmation budgétaire 2026 du Mintp. En additionnant les 10,5 milliards liés aux travaux préfinancés du PPP avorté et les 12 milliards de décomptes différés non soldés, la dette résiduelle de l’État sur la phase 1 atteint bien 22,5 milliards de FCFA.

Ce passif intervient alors que la préparation de la phase 2 s’accélère. Lors d’une revue des projets routiers tenue le 14 avril 2025, le ministère des Travaux publics a présenté un document intitulé « Construction de l’autoroute Yaoundé-Douala », qui chiffre le coût prévisionnel de cette nouvelle étape à 1 072 milliards de FCFA TTC (environ 899,3 milliards hors taxes). Le tracé projeté porte sur 141 km d’axe principal et près de 40 km de bretelles d’interconnexion.

Port de Douala : transatlantic D S.A lance les activités de scanning des marchandises

0

Dans le cadre d’une concession avec le Port Autonome de Douala, l’entreprise a démarré les opérations dont les principaux enjeux sont la centralisation des données mais aussi l’alignement aux normes internationales en matière de sécurité et de sûreté portuaire.

Comme annoncé depuis plusieurs semaines, Transatlantic D SA a repris le 2 janvier 2026, les activités de scanning au port de Douala assurées depuis 2015 par la Société générale de surveillance (SGS), dans le cadre d’un contrat de partenariat public-privé avec l’État du Cameroun. Contrairement à son prédécesseur qui se limitait aux conteneurs, Transatlantic D effectuera des opérations d’inspection 100% scanning. En d’autres termes, toutes les marchandises passant par le port sont inspectées. Ceci, tant à l’importation qu’à l’exportation et quel que soit leur mode de conditionnement.  C’est ce que prévoit le contrat de concession qui lie Transatlantic D S.A au Port Autonome de Douala (PAD).

 La durée de la concession avec rétrocession des actifs est de 25 ans. Le concessionnaire doit acquérir les équipements et aménager les autres ouvrages nécessaires. Il s’agit notamment de 08 scanners, répartis à hauteur de 02 pour les conteneurs à l’import ; 02 pour les conteneurs à l’Export ; 01 pour les cargaisons RoRo ; 01pour les cargaisons de bois en conventionnel et 02 scanners de backup. L’investissement total est estimé à 192,9 milliards FCFA. Le Port de Douala percevra une redevance fixe annuelle forfaitaire de 150 millions de FCFA à raison de 50% au terme du premier semestre et 50% au terme du second semestre. Une redevance variable moyenne de 7% du Chiffre d’affaires annuel sur toute la durée de la concession est aussi prévue. Elle est structurée à hauteur de 3.3% du chiffre d’affaires annuel du concessionnaire Hors Taxe de la 1ere à la 10 année d’exploitation. Ce montant sera égal à 9.3% du Chiffre d’affaires annuel Hors taxe de la société Concessionnaire à partir de la onzième année d’exploitation jusqu’au terme de la Concession.

A travers les opérations d’inspection non intrusive des cargaisons , le PAD  compte s’aligner sur les meilleures normes internationales en matière de sécurité et de sûreté portuaire. Il est question de doter le port de Douala d’équipements de scanning des marchandises de dernière génération, afin d’implémenter un système de contrôle de tout le trafic import/export, en cohérence avec la politique générale de l’Etat en matière de sécurisation des frontières et du territoire national.

Déjà présent au port de Kribi, Transatlantic D annonce que ses opérations de scanning au port de Douala seront « exceptionnellement et temporairement » effectuées à titre gratuit pendant cette phase de mise en service.

Réactions

Cyrille AYINDA, directeur adjt de l’exploitation RTC

 « Le nouveau système permet un gain de temps »

« Vous voyez que le scanner maintenant est à côté des opérations. On n’a plus à faire le rallye dans le terminal pour aller passer de l’autre côté pour  le scan. Dès que le conteneur est déchargé, immédiatement il subit le scan et il va dans le stack. Vous pouvez imaginer  les gains. Un gain de temps, un gain en termes de tout ce qu’on a comme usure, le sol, les engins qui vont de l’autre côté. Et puis les informations sont disponibles en temps réel, que ce soit dans le système pour avoir un traitement des autres partenaires ou alors pour tous ceux qui agissent dans la chaîne, afin que chacun puisse faire son travail en temps réel. Ici, il n’y a pas un risque de pouvoir perdre un conteneur, il n’y a pas un risque de pouvoir rater un conteneur. Et à la fin  des opérations sur un navire donné, immédiatement, nous faisons avec tous les partenaires un maching pour voir s’il y a eu un loupé ou pas. Et vous voyez maintenant que c’est le scan qui vient vers le conteneur. Dans aucun port au monde, ce n’est pas le conteneur qui va vers le scan. Là, ça montre que nous voulons être attractifs. Vous avez été avec moi ici pendant 30 à 45 minutes, vous voyez bien que ça tourne. Il n’y a pas de ralentissement. On décharge, on scanne et on stack. »

Emmanuel TAGNE, informaticien Translantic

«  Il y a une rapidité dans la transmission de l’information »

« Aujourd’hui Transatlantic, expert dans les opérations de scanning, s’est déployé pour sa première journée de travail au terminal à conteneurs RTC de Douala. On a mis sur pied un dispositif assez impressionnant en un scanner mobile de dernière génération qui est là. Les instructions sont claires, un véhicule est censé rouler à 5 km heure et le scan va nous produire une image exploitable. On a un scanner de réserve à côté, on a des opérateurs extrêmement  formés, on a des analystes d’images très bien formés qui peuvent détecter ou non des suspicions. On a un processus bien clair, bien établi et on a même misé sur la sécurité parce qu’hormis le  scanner, il faut aussi penser au rayonnement. On a mis une glissière de plus de 2 mètres avec  une épaisseur de plus de 50 cm de béton armé qui permettra justement d’absorber le rayonnement et un trait qui sera déversé par le scanner. Le  chargement d’images, l’application d’images est instantanée, les valeurs de scan sont instantanées. Une fois que le conteneur est passé et que le scan est validé, tous les acteurs reçoivent directement l’information. Donc on a aussi misé sur la disponibilité de l’information et la  rapidité de transmission de l’information. Depuis ce matin, on a plusieurs opérations déjà effectuées et les informations sont disponibles chez le partenaire RTC. Les exportations peuvent  être faites en temps réel et en temps opportun. On voit le gain de temps. On a au passage d’un camion, une minute de chrono de scan. Dès que le camion arrive, il est scanné en une minute. Donc on gagne un temps énorme et on fait du 100% scanning. Vous voyez que tout est dégagé, le cahier est dégagé, les stations sont dégagées. Donc le scanner prend extrêmement moins de temps que par le passé et on continue dans l’amélioration. »

François BAMBOU : «l’impunité est un facteur d’aggravation du tribalisme et des discours de haine»

0
FRANÇOIS BAMBOU, Président de ONE NATION, association pour l'élimination du tribalisme et la promotion du vivre-ensemble

Défis Actuels : Monsieur le Président, le Chef de l’État a dénoncé avec une fermeté inédite la prolifération des discours de haine dans l’espace public. Comment analysez-vous cette prise de position ?

François BAMBOU : Nous assistons effectivement à un moment charnière. Pour la première fois avec une telle clarté, le tribalisme est nommé pour ce qu’il est réellement : non pas une simple dérive verbale ou un excès de langage, mais un dispositif méthodiquement mis en œuvre pour fracturer la société et pour affaiblir l’unité nationale.

 Ces derniers temps, One Nation observe sur le terrain une montée constante des discours tribalistes, qu’ils se manifestent dans certains médias, sur les réseaux sociaux ou dans l’espace politique. Ces appels à la haine ne sont pas anodins : ils visent à dresser les Camerounais les uns contre les autres et à créer des lignes de fracture artificielles entre communautés. Les conséquences de cette propagation sont déjà tangibles : tensions au sein de la société, repli identitaire, méfiance accrue entre citoyens, et une augmentation des conflits locaux parfois mineurs mais révélateurs d’une fragilisation du lien social.

Si elle n’est pas endiguée, cette dynamique peut mener à des crises sociales plus graves et à la remise en cause du pacte républicain lui-même. Lorsque le Chef de l’État évoque les discours tribalistes et de haine comme une menace contre « les fondements mêmes de notre pays », il acte une réalité que beaucoup feignaient d’ignorer. Ces discours ne relèvent pas de la liberté d’opinion ; ils constituent une atteinte directe au vivre-ensemble et à la cohésion nationale. En ce sens, le Président de la République opère un changement de paradigme : la lutte contre la haine tribale devient une priorité nationale, et la tolérance est terminée pour les entrepreneurs de la division.

Défis Actuels : Le Chef de l’État établit un lien direct entre le désordre social et un sentiment d’impunité. En quoi cette impunité nourrit-elle spécifiquement le tribalisme au Cameroun ?

François BAMBOU : L’impunité est le carburant du tribalisme. Elle libère la parole toxique et banalise l’appel à la haine sur des bases ethniques ou régionales. Lorsqu’un individu peut insulter ou stigmatiser une communauté entière, ou même appeler à la violence, voire au meurtre sans jamais être inquiété par la justice, c’est l’autorité même de l’État qui est fragilisée. Ce laisser-faire a installé l’idée dangereuse que tout est permis ou, plus grave, que certains seraient au-dessus de la loi en raison de leur statut, de leurs lieux de résidence ou de leurs réseaux.

Les victimes, qui se recrutent dans toutes les communautés, ne se sentant plus protégées, se replient alors sur des solidarités identitaires, alimentant un cercle vicieux de méfiance, de radicalisation et de surenchère haineuse. Exactement l’effet recherché par les instigateurs des discours de haine. En annonçant une reprise en main vigoureuse et la fin de l’impunité, le Chef de l’État s’attaque à la racine du mal. Car, sans sanctions judiciaires systématiques, visibles, rapides et proportionnées contre les incitations à la haine, le vivre-ensemble demeure une incantation morale sans effet réel sur les comportements.

Les appels à la retenue et à la tolérance, aussi légitimes soient-ils, deviennent inopérants lorsqu’ils ne sont pas adossés à la force de dissuasion de la loi et de la jurisprudence. Dans ce contexte, l’absence de réponse judiciaire est interprétée comme une permission tacite, ce qui encourage la récidive. À l’inverse, la sanction exemplaire rappelle que la liberté d’expression trouve sa limite dans le respect de l’autre et la protection du vivre-ensemble. En sanctionnant les discours tribalistes, la République ne réprime pas une opinion ; elle protège l’ordre public et la paix civile.

Défis Actuels : Le Cameroun est souvent présenté comme une mosaïque culturelle exceptionnelle. Pourtant, cette diversité devient parfois source de tensions. Où se situe, selon vous, la véritable faille ?

François BAMBOU : Il faut d’abord partir d’un fait trop souvent occulté dans le débat public : au quotidien, les Camerounais vivent ensemble sans heurts majeurs. Dans les quartiers, les villages, les lieux de travail et à travers les mariages intercommunautaires, la coexistence pacifique est une réalité concrète et profondément enracinée. C’est ce que veut protéger le Chef de l’État en sonnant la fin de l’impunité, et c’est cette harmonie que veulent détruire les propagateurs de discours haineux.

La faille n’est donc ni culturelle ni naturelle, elle est creusée méthodiquement par des compatriotes qui espèrent en tirer quelques avantages, sans mesurer les risques auxquels ils exposent la nation. La diversité camerounaise ne produit pas spontanément la division ; elle est cyniquement exploitée par des acteurs de tous bords qui ont fait du repli identitaire un outil de conquête ou de conservation du pouvoir. Certains politiciens cherchent à se constituer des fiefs à bon marché en enfermant les citoyens dans des appartenances ethniques transformées en camps politiques. À cette instrumentalisation s’ajoutent les marchands de la haine qui prospèrent en abreuvant des compatriotes de discours xénophobes et en désignant des ennemis intérieurs.

Les réseaux sociaux ont enfin offert un terrain idéal à des activistes qui, à l’abri de l’anonymat numérique, s’emploient à attiser les tensions. One Nation le dit clairement : la diversité n’est pas le problème. Le problème, ce sont ceux qui la manipulent délibérément pour fracturer une société qui a déjà prouvé sa capacité à vivre unie.

 Défis Actuels : Quelles mesures concrètes attendez-vous du gouvernement pour traduire cette lutte contre l’impunité en actions tangibles ?

François BAMBOU : Nous attendons une tolérance zéro réelle, structurée. L’arsenal juridique existe, notamment à travers le Code pénal et les lois relatives à la cybersécurité et à la cybercriminalité. Le véritable défi réside désormais dans l’effectivité de la réponse judiciaire. La justice doit être le pivot central : sans décision judiciaire ferme, aucune action répressive ne peut produire d’effet durable.

Concrètement, cela implique une implication résolue des parquets. Les procureurs de la République doivent s’autosaisir systématiquement des faits de discours tribalistes, sans attendre de plainte formelle, et sans considération de statut ou d’influence des auteurs. Les décisions de justice doivent être rapides et rendues publiques afin de produire un effet dissuasif réel. C’est dans ce cadre que la Police et la Gendarmerie nationales doivent être pleinement mobilisées comme premières lignes de détection et d’enquête, qu’il s’agisse de faits commis dans l’espace public ou sur les plateformes numériques.

L’ANTIC a, pour sa part, un rôle stratégique à jouer dans la veille numérique et la traçabilité des contenus haineux. La haine tribale en ligne ne doit plus être considérée comme un simple débordement, mais comme une infraction susceptible de troubler gravement l’ordre public. Enfin, la création d’un Observatoire national de lutte contre le tribalisme permettrait de structurer durablement cette action et d’en évaluer l’efficacité.

Défis Actuels : Le Chef de l’État annonce clairement la fin de la complaisance. Que doit changer concrètement cette nouvelle fermeté dans les comportements et dans l’espace public ?

François BAMBOU : Elle doit provoquer un choc salutaire. Chacun doit comprendre qu’en 2026, le discours tribaliste ou de haine n’est plus une opinion tolérée mais une infraction sanctionnée. Les auteurs de discours de haine doivent intégrer une réalité simple : leurs propos auront désormais des conséquences judiciaires.

Cette fermeté doit assécher l’écosystème de l’impunité. Les plateaux de télévision, les tribunes politiques et surtout les réseaux sociaux ne peuvent plus être des zones de non-droit où l’on insulte ou menace des communautés entières sans réponse de l’État. La loi doit s’appliquer avec la même rigueur à tous. Pour One Nation, la véritable pédagogie commence avec la sanction. Lorsque les discours tribalistes cesseront d’être rentables politiquement, médiatiquement ou symboliquement, ils reculeront. C’est à ce prix que l’espace public redeviendra un lieu de débat républicain, et non un champ de bataille identitaire.

Assainissement du fichier solde: le Minfi pourrait suspendre 20 000 fonctionnaires de solde dès ce mois de janvier

0
Motaze www.newsducamer.com
Louis Paul MOTAZE www.newsducamer.com

C’est un séisme administratif qui secoue actuellement les couloirs feutrés de la fonction publique camerounaise. Entre effervescence bureaucratique et vent de panique, le ministère des Enseignements secondaires (Minesec) et plusieurs autres départements ministériels sont en état d’alerte maximale. En cause : une opération « mains propres » sur le fichier solde, pilotée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, qui menace de suspendre la rémunération de près de 20 000 agents publics dès ce mois de janvier 2026.

L’ONDE DE CHOC AU MINESEC : 5 000 ENSEIGNANTS SUR LA SELLETTE

 Au ministère des Enseignements secondaires, l’ambiance est électrique. La ministre Nalova Lyonga ne cache plus son inquiétude face à l’urgence signalée par le ministère des Finances (Minfi). Selon nos informations, environ 5 000 enseignants, sur un contingent global de 20 000 absentéistes ciblés à l’échelle nationale, sont soupçonnés d’avoir déserté les salles de classe tout en continuant de percevoir indûment leurs émoluments. Pour la patronne du Minesec, le problème est double.

 Au-delà du préjudice financier, c’est un véritable « casse-tête » pédagogique : des milliers de postes demeurent vacants, privant les élèves d’encadrement. Face à cette hémorragie, notamment vers le Canada qui reste la destination privilégiée de ces « expatriés clandestins » de la fonction publique, Nalova Lyonga envisage de saisir le Premier ministre pour solliciter un recrutement massif afin de remplacer numériquement ces déserteurs.

 L’INNOVATION TECHNOLOGIQUE : LE CROISEMENT DES FICHIERS FRONTALIERS

 Si cette opération est qualifiée de « phase 2 » du Comptage Physique des Personnels de l’État (Coppe), elle se distingue par une méthode de traque totalement inédite et redoutablement efficace : le croisement des données du fichier solde avec les registres des mouvements aux frontières. Jusqu’ici, les « fonctionnaires fantômes » profitaient du manque de communication entre les administrations.

Désormais, le Minfi exploite les données migratoires collectées dans les aéroports et postes frontaliers. En clair : si un agent est enregistré à la sortie du territoire sans ordre de mission ou mise en disponibilité officielle, et qu’aucun mouvement d’entrée n’est enregistré dans les mois qui suivent, l’alerte est automatiquement donnée. Ce « tournant technologique » permet de débusquer ceux qui mènent une double vie à l’étranger — souvent en Europe ou en Amérique du Nord — tout en conservant leur salaire camerounais comme une « rente de secours ».

UNE HÉMORRAGIE FINANCIÈRE DE 46 MILLIARDS DE FCFA

 Les chiffres consolidés par les services de Louis Paul Motaze donnent le tournis. Une liste provisoire de 12 000 agents a déjà été formellement identifiée, représentant une perte sèche annuelle de 46 milliards de FCFA pour le Trésor public. Pour l’ensemble des 20 000 cas suspectés, l’incidence financière pourrait frôler les 50 milliards de FCFA. La répartition par ministère montre l’ampleur systémique du phénomène.

 En tête de course, le ministère des Enseignements secondaires enregistrerait 5 000 cas de désertion (le plus gros contingent); Santé Publique : 2 500 déserteurs (médecins et infirmiers partis monnayer leurs compétences à l’extérieur); Enseignement Supérieur : 1 500 salariés fantômes; Éducation de Base : 500 cas; Sûreté Nationale (DGSN) : 400 cas; Relations Extérieures, Sports, Justice, Primature et Présidence : environ 1 400 cas cumulés.

LE COUPERET DE JANVIER 2026 : LA PROCÉDURE CONTRADICTOIRE

 Le ministère des Finances n’a cependant pas choisi la voie de la suspension arbitraire. Une procédure contradictoire a été instaurée. Les administrations concernées disposent d’un délai de 45 jours pour justifier la présence effective de leurs agents. Passé ce délai, et faute de preuves irréfutables (certificats de présence au poste, rapports de performance visés), la suspension de solde sera automatique et irréversible dès le mois de janvier 2026.

Dans les délégations régionales et les lycées, c’est la course contre la montre. Les chefs d’établissements sont sommés de produire des listes précises, sous peine d’être considérés comme complices de cette fraude massive. Vers une intégrité restaurée ? Cette offensive « coup de poing » marque une rupture politique décisive.

En utilisant les données migratoires comme outil de contrôle, le gouvernement affiche sa détermination à éradiquer la fraude salariale. Il ne s’agit plus seulement de traquer les doublons ou les décédés non signalés, mais de s’attaquer au cœur d’un système de corruption qui gangrène l’efficacité de l’État. Pour les observateurs, si le Minfi va au bout de cette logique, l’année 2026 pourrait s’ouvrir sur une fonction publique dégraissée de ses éléments les plus opportunistes, libérant ainsi des marges budgétaires essentielles pour la jeunesse camerounaise en quête d’emplois réels et de postes effectivement occupés.

CAN Maroc 2025 : L’État débloque plus de 504 millions FCFA pour les Lions indomptables qualifiés en quarts

0
TOPSHOT - Cameroon's forward #26 Christian Kofane celebrates scoring his team's second goal during the Africa Cup of Nations (CAN) round of 16 football match between South Africa and Cameroon at Al Medina Stadium in Rabat on January 4, 2026. (Photo by Paul ELLIS / AFP)

Le gouvernement camerounais a ordonné le paiement intégral des primes de qualification et de victoire dues aux Lions indomptables, à la suite de leur succès face à l’Afrique du Sud et de leur accession aux quarts de finale de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies Maroc 2025. L’annonce a été faite ce lundi 5 janvier 2026 à Rabat par le ministre des Sports et de l’Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, s’exprimant au nom de l’État camerounais, sur sa page Meta.

Selon les termes officiels, chaque joueur percevra un montant cumulé de 18 180 000 francs CFA, correspondant aux primes de qualification et aux primes liées aux victoires enregistrées depuis le début de la compétition. Rapporté à l’effectif mobilisé, l’enveloppe globale atteint environ 504 millions de francs CFA, soit près de 770 000 euros, au taux de change en vigueur.

Les primes de qualification rémunèrent le franchissement d’un palier sportif (phase de groupes, huitièmes, quarts de finale), tandis que les primes de victoire sont liées à chaque match remporté. Leur paiement anticipé, en cours de tournoi, reste un signal politique et financier fort, visant à limiter les tensions récurrentes observées par le passé entre joueurs, encadrement et autorités publiques.

Une victoire sportive aux effets économiques immédiats

Sur le plan sportif, le Cameroun s’est imposé 2-1 face à l’Afrique du Sud, ce dimanche 4 janvier à Rabat, lors des huitièmes de finale. Junior Tchamadeu a ouvert le score à la 34ᵉ minute, avant que Christian Kofane ne double la mise dès la reprise, à la 47ᵉ minute.
Source : feuille de match officielle CAF, CAN TotalEnergies Maroc 2025.

Cette victoire qualifie les Lions indomptables pour les quarts de finale, où ils affronteront le Maroc, pays hôte et principal favori du tournoi. La rencontre est programmée dans la même ville de Rabat, selon le calendrier officiel de la Confédération africaine de football (CAF).

Hubert OTELE ESSOMBA: « Et maintenant, le Gouvernement au travail : 3 500 milliards FCFA à trouver ! »

0
Hubert OTELE ESSOMBA, Expert Financier Diplômé

Après sa prestation de serment le 6 novembre 2025 à l’assemblée nationale, le Président de la République doit engager un chantier économique et financier colossal avec le nouveau gouvernement : mobiliser plus de 3 500 milliards de FCFA pour concrétiser ses promesses électorales formulées à Maroua le 07/10/2025. Le défi n’est absolument pas politique, il est essentiellement économique et financier et il a commencé dès le lendemain de sa prestation de serment.

 LE POIDS DU RÊVE : FCFA 3 500 MILLIARDS POUR UN NOUVEAU DÉPART ÉCONOMIQUE

 À Maroua, le Président de la république avait dessiné un plan de développement particulièrement ambitieux que j’ai analysé en confrontant les coûts inhérents à la réalité du terrain et aux projets semblables déjà réalisés ici ou ailleurs. Il en ressort qu’il faudrait mobiliser les sommes suivantes :

  • 1 200 milliards pour les infrastructures (routes, ports, énergie) ;
  • 800 milliards pour l’agriculture et la sécurité alimentaire ;
  • 600 milliards pour l’emploi et la formation des jeunes ;
  • 500 milliards pour la santé et l’éducation ;
  • 400 milliards pour l’industrialisation régionale et la transition énergétique.

Ces montants, s’ils sont concrétisés par des levées de fonds, représentent près de 18 % du PIB national et plus du double du budget d’investissement public annuel actuel, évalué à FCFA 1 600 milliards en 2025. Autrement dit, le Cameroun devra mobiliser l’équivalent de deux budgets d’investissement supplémentaires en cinq ans pour tenir le cap fixé à Maroua. Cela est-il possible ? De mon point de vue, c’est facile sans véritablement alourdir la dette ni faire un dérapage budgétaire.

LA MARGE DE MANŒUVRE BUDGÉTAIRE EST ÉTROITE

Au 30 septembre 2025, la dette publique du Cameroun s’élevait à environ 14 591 milliards de FCFA, soit environ 43,9 % du PIB. Cette dette est majoritairement détenue par l’administration centrale (93,3 %), mais elle inclut aussi des entreprises publiques et des collectivités territoriales. Les restes à payer, bien qu’en réduction, restent un problème à gérer. Le service de la dette a absorbé à lui seul FCFA 1 450 milliards cette année 2025, pendant que la masse salariale frôle FCFA 1 800 milliards, soit près de 60 % des recettes internes. Dans ces conditions, recourir massivement à l’emprunt reviendrait à hypothéquer la stabilité macroéconomique, même si nous sommes loin de la norme communautaire qui n’a aucun caractère scientifique de 70% de la dette/PIB. Le gouvernement doit donc innover financièrement, sans aggraver l’endettement et sans compromettre les engagements pris vis-à-vis du FMI et de la BM. Plusieurs techniques relevant de l’ingénierie financière existent à cet effet et doivent être utilisées.

TROIS LEVIERS RÉALISTES POUR FINANCER SANS S’ENDETTER

a) Mobiliser l’épargne nationale : Le Cameroun dispose d’une épargne financière estimée à plus de FCFA 8 000 milliards logée dans les banques et les institutions de microfinance. Une politique de titres publics ciblés (emprunts thématiques, bons du Trésor verts, obligations pour infrastructures régionales) pourrait canaliser FCFA 300 à 500 milliards par an vers des projets spécifiques.

 b) Dynamiser les Partenariats Public-Privé (PPP): Sur la période 2021-2024, moins de 10 % des projets inscrits en PPP ont été exécutés. Un cadre plus crédible et des garanties de paiement plus solides pourraient attirer entre FCFA 600 et 800 milliards d’investissements privés dans les infrastructures, les zones industrielles et l’énergie.

 c) Valoriser le patrimoine public : Les actifs dormants de l’État (foncier, participations dans des entreprises publiques, concessions minières) représentent potentiellement FCFA 1 000 milliards de valeur économique. Une bonne stratégie de monétisation et de cession partielle d’actifs permettrait de transformer ce capital en ressources liquides sans alourdir la dette.

 LE DÉFI DE LA CRÉDIBILITÉ FINANCIÈRE

Mais aucun modèle de financement ne tiendra sans crédibilité budgétaire. L’étude sur la perception des investisseurs, conduite par le ministère des Finances dont le patron est l’un des dirigeants les plus diligents et affûtés du pays, doit servir de boussole : le risque Cameroun reste perçu comme « moyen à élevé », du fait des retards de paiement et de la lenteur des procédures. Chaque point de confiance gagné à nouveau peut réduire de 50 à 100 points de base le coût de financement des emprunts souverains. Il nous faut donc de la transparence financière.

UNE ÉCONOMIE À RECONSTRUIRE DE L’INTÉRIEUR

La clé du succès de notre pays réside aussi dans la capacité à créer de la richesse sur le plan domestique, ce qui doit impliquer :

  • Une fiscalité intelligente ciblant la valeur ajoutée réelle et non la simple importation ;
  • Une économie locale de substitution réduisant la dépendance aux importations (estimées à FCFA 6 500 milliards par an) ;
  • Une lutte sans relâche contre les surfacturations, la corruption et les détournements qui engloutissent entre FCFA 200 et 300 milliards chaque année selon les rapports officiels.

Ces montants, bien gérés, représentent déjà un quart du financement des promesses de Maroua. Trouver FCFA 3 500 milliards, ce n’est donc pas seulement une question de chiffres, c’est aussi et surtout une question de discipline, de transparence, d’ingénierie financière et de leadership. Chaque projet devra désormais être adossé à une source claire de financement et à un mécanisme de suivi public. Le temps des annonces est révolu ; celui de la concrétisation et des réalisations commence.

Le Président a prêté serment devant la Nation ; désormais, c’est à l’économie de prêter serment devant les chiffres. La réussite du mandat tiendra à la capacité du Cameroun à prouver qu’il peut se financer lui-même, par la rigueur, l’innovation et la confiance. L’histoire retiendra moins les discours de Maroua que la manière dont le pays aura trouvé et bien utilisé FCFA 3 500 milliards de promesses.

Par Hubert OTELE ESSOMBA, Expert Financier Diplômé

Cameroun-Afrique du Sud: duel à facettes multiples

0

Alors que les Bafana Bafana dominent en termes de victoires, les Lions indomptables jadis entraînés par le technicien adverse, entendent renverser la vapeur.
Le Cameroun et l’Afrique du Sud s’affrontent ce 4 décembre 2025 pour le compte des 8èmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2025. Un duel entre deux nations qui se connaissent s’être déjà affrontées avoir déjà huit fois, avec quatre victoires sud-africaines, contre une seule pour le Cameroun, et trois nuls. Les Bafana Bafana partent donc avec les faveurs des pronostics. Mais le Cameroun qui est allé au Maroc avec une côte de confiance faible, s’est jusqu’ici bien comporté. Au point de susciter de l’admiration pour Hugo Bross,le sélectionneur de l’Afrique du Sud. Lui qui a offert au Cameroun son dernier trophée. C’était en 2017, avant d’être chassé sans autre forme de procès.
« C’est pas parce que j’ai parlé en bien du Cameroun que je ne veux pas gagner le match de demain. je peux vous dire qu’il n’y aura pas de pitié demain. Aucune pitié; moi je veux gagner le match« , assène l’ancien sélectionneur des Lions indomptables. Le talent de cet homme jadis incompris au Cameroun est reconnu par son vis-à-vis camerounais: « Je pense que Hugo Broos c’est un très grand entraîneur, il a remporté la CAN avec le Cameroun en 2017… Je me rappelle de ce séminaire quand nous étions en stage Fifa, il est venu exposer son plan d’action, j’étais le premier à dire que ce monsieur va faire un bon parcours à la Can, même si la majorité des Camerounais n’y croyaient pas. Mais vu sa méthode, sa conviction et le plan d’action qu’il nous a présenté j’ai cru en lui« , salue David Pagou. Pour autant, « nous sommes dans notre bulle donc, aucune pression. Nous avançons tout doucement  », souligne-t-il.


Face à une attaque sud-africaine expérimentée et très dynamique, le Cameroun a une défense qui présente quelques lacunes, notamment dans le marquage et la relance. Mais
​« on est satisfait de notre défense, je crois qu’on est sur la bonne voie. Si on défend bien, on est bien dans un match et le reste peut venir un peu plus tard», croit David Pagou le sélectionneur du Cameroun, conscient de ses imperfections dans ce compartiment. Et l’un des fantassins de ce compartiment l’a également bien compris et sait ce qu’il y a lieu de faire :  »On va juste appliquer ce que le coach va nous demander de faire« , assure Samuel Kotto.

Ce sont donc des retrouvailles aux allures de revanche qui s’annoncent entre Lions indomptables et Bafana Bafana; mieux, entre Hugo Bross et David Pagou et Alexandre Belinga (qui était l’adjoint de Bross en 2016-2017): « Vous savez que c’est un match spécial pour moi, que je vais donner tout ce que j’ai demain. Pas de pitié demain. Vous pouvez être sûrs. Pas de pitié demain. Je dois gagner ce match. C’est tout ce qui compte demain. Donc pas de sentiments, pas d’émotions, rien. Je suis l’entraîneur de l’Afrique du Sud et je veux gagner le match », promet le revanchard champion d’Afrique 2017. Réponse simple de Pagou:  »On est gonflés à bloc pour gagner cette merveilleuse équipe  ». Place au jeu sur le terrain.

Carlos Baleba : l’étoile des Lions indomptables

0

La Confédération africaine de football (Caf) a rendu publique l’équipe type du premier tour de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2025. Dans ce onze sélectionné sous la forme du 2-5-3, figure un seul camerounais : Carlos Baleba. Le milieu défensif camerounais aura été donc aux yeux des experts de la Caf le meilleur des 24 équipes en course depuis le 21 décembre dernier, l’un des trois meilleurs milieux défensifs. Le meilleur à positionner comme dans l’axe. Aux côtés du Tunisien Ali Abdi et du Marocain Mazraoui. Le Maroc est le seul pays à aligner dans ce onze deux joueurs : outre Mazraoui, il y a le milieu offensif Brahim. Le Nigérian Lookman est l’autre milieu offensif. L’attaque est une affaire du Sénégal (avec Sadio Mané), de la Côte d’ivoire (avec Amad en pointe) et de l’Algérie avec Ryad Mahrez. En défense, on retrouve le duo Tapsoba (Burkina Faso) et Tuanzebe (Rdc) ; pendant que l’Egyptien El Shenawy garde les buts.

Alors que des poids lourds du football continental comme Mohammed Salah manquent dans la liste, le jeune Camerounais y a forcé une place. Il était l’un des plus attendus parmi les 28 Lions indomptables qui défendent les couleurs du Cameroun à la 35ème Can qui se joue actuellement au Maroc. Pas parce que Carlos Baléba est un foudre de guerre à la réputation établie, lais parce que le milieu de terrain des Lions indomptables fait partie des rares à avoir déjà u vécu avec la sélection depuis deux ans. Et s’il a péché lors des dernières rencontres des Lions indomptables qu’il a jouées, il a tout de même montré des qualités saluées par nombre d’experts. Doté de qualités techniques avérées, marquées par une aptitude à porter le ballon dans des espaces réduits, à réussir les dribbles, à une lecture de jeu affinée. A ses qualités défensives de par son positionnement, l’homme sait allier des aptitudes offensives qui font de lui un milieu de terrain complet dans son registre. Avec son arrivée l’entrejeu camerounais avait retrouvé sa dynamique de saine concurrence, poussant entre autres Zambo Anguissa, Kunde Mallong, à se surpasser et sortir de leurs zones de confort.

Le regard de la Caf

Une fois jeté à l’eau comme le patron de ce milieu de terrain, Carlos Baleba a su jusqu’ici porter le maillot à lui confié. L’homme a joué les trois matchs du Cameroun. S’il n’a pas marqué, le métronome des Lions indomptables a enregistré un carton jaune. Signe d’une bonne discipline d’un joueur de ce calibre, à un poste aussi délicat et aussi dynamique. « Révélation physique et tactique de cette phase de groupes, Baleba a impressionné par sa maturité. Puissant, infatigable, précieux à la récupération comme à la projection, il a donné du relief au milieu camerounais. Sa capacité à couvrir de larges zones et à imposer un impact constant a marqué les esprits », a écrit la Caf sur son site.

La suite de la Can est une opportunité donnée au sociétaire de Brighton de confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Il reste quatre matchs possibles à chaque pays encore en course pour la succession de la Côte d’ivoire. Des matchs à qualification directe. Tout est possible avec ce garçon né à Douala le 3 janvier 2004. «Nous sommes ici pour gagner la Can», avait-il déjà placé la barre haut, au moment où beaucoup ne vendaient pas chère la peau du Cameroun.

Discours : Paul Biya en déphasage avec les réalités de son pays

0
Paul Biya ce 31 décembre 2025

Comme il est presque de tradition, Paul Biya dans son discours de fin d’année à la nation, a vanté les avancées réalisées par le pays, en relevant l’environnement international qui ne facilite pas toujours la réalisation des objectifs internes : « il est incontestable que des progrès remarquables ont été réalisés dans différents domaines cette année, en dépit de nombreuses contraintes internes et externes», a-t-il déclaré. Mais Paul Biya a prononcé un discours parfois éloigné des réalités de son pays. Et l’un des premiers aspects cités par le chef de l’Etat, est la politique qui a animé une bonne partie de l’année 2025, avec la présidentielle et les régionales. Pour Paul Biya, « l’organisation réussie de l’élection présidentielle, comme celle des régionales, confirme que la démocratie s’est véritablement enracinée dans notre pays ». En soulignant « les soubresauts qui ont suivi l’élection présidentielle », Paul Biya les met au compte « de certains leaders politiques irresponsables », sans les citer. Pour un processus électoral qui aura été émaillé de nombreuses entorses au droit et à l’éthique. Comme l’exclusion de Maurice Kamto et Hilaire Dzipan de la course présidentielle, le jeu trouble du conseil constitutionnel et d’Elecam lors des contentieux électoraux.

L’opposition vilipendée

Se refusant comme à son habitude de reconnaître les défaillances de l’appareil institutionnel, et surtout les multiples cas de violation des droits de l’homme, y compris des morts d’homme dans des situations engageant la responsabilité de l’Etat comme la mort en détention d’Anicet Ekane, les émeutes de Meiganga,… Paul Biya estime qu’« ensemble, nous avons su préserver ce que nous avons de plus précieux : l’unité nationale, la paix et la stabilité ». Au moment même où cette unité nationale et la paix sont troublées par de multiples événements déclenchées parfois par les démembrements de l’Etat. D’ailleurs, aucune compassion pour ses concitoyens morts du fait des services de l’Etat.

L’homme aux coups de gueule n’a pas loupé l’occasion de tancer ses opposants qu’il qualifie de « marchands d’illusions» dont « certains ont soutenu que rien, absolument rien, n’a été fait par le gouvernement en place. Ils vous ont parallèlement promis monts et merveilles et ont prétendu résoudre d’un coup de baguette magique, tous les problèmes auxquels vous êtes confrontés». Avant de s’accrocher sur des facteurs externes pour justifier son échec à pouvoir le faire, lui qui est en poste depuis 1982. « Pour ma part, depuis mon accession à la magistrature suprême, j’ai fait le choix de vous dire la vérité. Je n’ai jamais essayé e dissimuler les difficultés auxquelles nous sommes confrontés du fait principalement d’un contexte international de plus en plus complexe», a-t-il martelé. Affirmant que « ces difficultés entravent la mise en œuvre des projets dédiés à l’amélioration de votre bien-être».     

Les jeunes et les femmes

Un des secteurs où Paul Biya se montre en déphasage avec la réalité, c’est le secteur énergétique, notamment celui de l’électricité. Ici, le chef de l’Etat, sans en donner les chiffres, déclare que « l’offre en énergie électrique a continué de s’accroitre, avec l’entrée en service du barrage de Nachtigal et de nombreuses centrales solaires, principalement dans les régions septentrionales», tout en oubliant le barrage de Bini à arak dont le projet semble définitivement mort, en ignorant le retour en force des délestages. En vantant « la reprise de la société Eneo ce qui constitue une étape décisive dans la restauration de notre souveraineté énergétique et la maitrise de la réforme d’un secteur névralgique, qui nécessite d’importants investissements », Biya ignore le fait que le Cameroun a racheté plus cher l’entreprise chez Actis, alors même que le concessionnaire britannique n’a pas rempli  son cahier de charges, notamment en termes d’investissements.

A l’occasion, l’homme qui vient d’être réélu à la tête de l’Etat, renouvelle sa promesse de campagne électorale, d’accorder plus de place désormais, aux jeunes et aux femmes. Sauf que, quelques semaines après sa prestation de serment, Paul Biya n’a pas donné des suites lors des élections des conseillers régionaux. Le Rdpc, son parti, a raflé les dix conseils régionaux, et n’a concédé aucun poste de président de conseil régional à ces catégories sociales jusqu’ici lésées dans la gestion des affaires publiques. Et d’ailleurs, au sein de son propre parti, des rebellions sont nées du fait de la volonté du comité central de dicter les choix à la base. Ainsi, les conseillers ont parfois dit non au sommet du parti, pour élire leurs candidats.

Pour une rare fois, le président n’a pas insisté sur le secteur névralgique des travaux publics, en ce qui concerne les routes qui ont fait jaser l’année dernière. Se contentant d’indiquer que cette question « est au centre de mes préoccupations, comme les vôtres».  

- Publicité -
Google search engine