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Electricité : Eneo annonce une plateforme digitale dédiée aux clients en 2026

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Le distributeur d’énergie électrique au Cameroun compte renforcer la digitalisation de ses opérations en faveur de l’expérience client. Cette année, l’entreprise envisage de mettre en place une nouvelle plateforme d’inter action avec ses clients.  « Notre nouveau portail d’information et de services, repensé et orienté vers une amélioration de la relation de nos Clients avec Eneo. Il s’agit de www.eneo.cm dont le lancement sera l’un des moments clés du début de 2026 », indique son Directeur Général Amine Homann Ludiye dans son adresse de vœux  de nouvel an à son personnel.

www.eneo.cm contrairement à l’actuel portail Eneocameroon.cm, la nouvelle plateforme est présentée comme innovante.  A travers un assistant virtuel, elle va permettre de répondre à toutes les problématiques récurrentes rencontrées par les clients.  Qu’il s’agisse des questions liées à la facturation, la gestion des compteurs, les branchements, le fonctionnement de l’interface des compteurs prépayés etc. Ce portail aura la particularité d’apporter une solution personnalisée aux clients avec la possibilité pour ces derniers d’y créer leur espace et ainsi avoir plus d’autonomie et de disposer d’un historique pour plus de traçabilité dans le suivi de leurs dossiers.

 En attendant le lancement de cette plateforme, il faut souligner que plusieurs actions ont été menées ces dernières années par Eneo pour améliorer la qualité du service client. En 2022, l’entreprise a créé des unités dédiées pour s’occuper notamment des clients prepaid dans les différentes régions.  Un dispositif qui est venu s’ajouter aux équipes de l’agence en ligne disponibles pour la même cause. L’année dernière, Eneo a également mis jour la foire aux questions/réponses mise à disposition sur son site web. Ce guide formule des questions et des réponses sur les différentes incompréhensions soulevées par les utilisateurs des compteurs prépayés utilisés au Cameroun depuis 2019.

 En dehors du nouveau portail web attendu, en 2026, Eneo compte aussi renforcer son dispositif de cybersécurité pour prévenir d’éventuelles attaques, après des incidents survenus en 2024 sur son réseau informatique.

Cameroun : le secteur de l’électricité pourrait-il disjoncter ?

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EMMANUEL NOUBISSIE NGANKAM, Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale

Le 19 novembre 2025, l’État du Cameroun a procédé à ce qu’il est convenu d’appeler la renationalisation d’ENEO (Energy of Cameroon), en rachetant les 51 % jusque-là détenus par le fonds d’investissement britannique ACTIS. De par cette opération, l’État détient désormais 95 % du capital d’ENEO, qui, faut-il le rappeler, est l’opérateur de référence du secteur de l’électricité au Cameroun, ayant le monopole de la distribution et gérant des unités de production constituées de 44 centrales d’un mix énergétique comprenant l’hydroélectricité, le thermique et le solaire.

Cette renationalisation s’effectue dans un contexte marqué, entre autres, par une crise multidimensionnelle sévère à laquelle le secteur de l’électricité au Cameroun est confronté. Du coup, la question lancinante et de fond est de savoir ce que l’État du Cameroun peut ou va faire pour sauver un secteur névralgique pour la qualité de vie des populations et le développement économique du pays.

En reprenant ENEO, l’État a opéré une intégration verticale d’envergure, concentrant sous sa bannière, à travers quelques-uns de ses démembrements, la production (ENEO), le transport (SONATREL), la distribution (ENEO), la régulation (ARSEL), la gestion des eaux (EDC) et l’électrification rurale (AER). Cette intégration, en elle-même, est une additionnalité des problèmes, chaque entité ayant ses faiblesses longtemps décriées, dont la moindre n’est pas les tares endémiques de la gestion des entreprises publiques.

LE DÉSÉQUILIBRE FINANCIER STRUCTUREL DU SECTEUR, UN FACTEUR DE TENSIONS POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Mais au-delà de cette intégration, le problème majeur est celui du déséquilibre financier structurel d’un secteur devenu un risque de pression effective mais aussi parfois caché pour les finances publiques. Si l’État va débourser 78 milliards de F CFA (environ 119 millions d’Euros) pour acquérir les parts d’ACTIS, cette opération s’accompagne de l’héritage de 800 milliards de F CFA (environ 1,220 milliard d’Euros) de dettes dues par ENEO à divers créanciers à la fin de 2024, dont des fournisseurs, des producteurs indépendants d’électricité, des banques, etc.

Le déséquilibre financier du secteur s’illustre notamment par la situation d’ENEO qui, d’après les chiffres du Ministère camerounais de l’énergie, réalise des revenus mensuels d’environ 30 milliards de F CFA (45,7 millions d’Euros) contre des engagements de près de 50 milliards de F CFA (76,2 millions d’Euros). Cette situation est exacerbée par une tarification gelée par le régulateur ARSEL depuis 2012, obligeant le distributeur à facturer le kWh d’électricité en dessous du prix de revient, la différence devant être compensée par l’État. Rien que pour 2025, cette compensation serait comprise entre 70 et 100 milliards de F CFA.

Cette situation financière est d’autant préoccupante que les défauts de paiement d’ENEO et de l’Etat vis-àvis de NHPC créent un risque important sur la capacité du secteur à attirer de futurs investissements. Plus préoccupant encore, la dégradation continue de la situation financière du secteur a conduit à l’utilisation quasi complète de la Lettre de Crédit garantie par la Banque mondiale dans le cadre du projet Nachtigal. Il est impérieux pour le gouvernement de reconstituer les montants tirés sur la Lettre de Crédit qui s’élèvent en novembre 2025 à plus de 85 millions d’euros (56 milliards de FCFA).

 Face à une telle situation, marquée, entre autres, par une crise de trésorerie de l’État et des finances publiques tendues, le régulateur ARSEL pourrait-il résister davantage à une hausse des tarifs ? Quelles en seraient les conséquences sur le plan social et sur la compétitivité des entreprises, alors même que l’épineux problème de la fourniture d’électricité, en quantité comme en qualité, reste prégnant ?

À titre d’illustration, dans son dernier tableau de bord de l’économie publié en novembre 2025, le GECAM (Groupement des Entreprises du Cameroun) révèle que 83,6 % des chefs d’entreprise considèrent l’insuffisance et les perturbations de la distribution de l’énergie électrique comme la principale faiblesse de l’environnement des affaires au Cameroun.

DES INADÉQUATIONS DANS LA PROGRAMMATION ET LA PLANIFICATION DES INVESTISSEMENTS

S’agissant justement de la fourniture d’énergie électrique, l’entrée en pleine activité en mars 2025 de la centrale hydroélectrique de Nachtigal, avec ses 420 MW, devait accroître la capacité installée d’environ 30 %, sonnant ainsi la fin durable des délestages et autres rationnements de la fourniture d’électricité. Si Nachtigal, dans sa conception et son montage en PPP (Partenariat Public-Privé), constitue l’un des meilleurs exemples de ce qui se fait en Afrique dans le secteur de l’énergie, c’est sans compter avec les réalités du contexte camerounais, caractérisé par des choix de programmation et de planification des investissements qui, avec le temps, se sont avérés inadéquats.

En aval de la production d’électricité, le maillon de transport, géré par une entreprise publique, la Société Nationale de Transport de l’Électricité (SONATREL), présente des défis et accumule un déficit d’investissement, ce qui en fait un point de blocage à surveiller. Le réseau n’est pas en mesure de supporter toute l’énergie produite, notamment celle du producteur indépendant NHPC (Nachtigal Hydro Power Company), opérateur du barrage de Nachtigal. Bien plus, le contrat d’achat d’électricité produite par Nachtigal est assorti d’une clause « Capacity Payment », dont le principe, proche de celui du « Take or Pay », consiste à payer le producteur NHPC en fonction de la puissance disponible de la centrale et non de l’énergie produite effectivement.

Cette clause diffère de « Energy payment », qui rémunère l’électricité produite. En d’autres termes, Nachtigal ayant une puissance disponible de 420 MW, cette énergie doit être intégralement payée, même si, en raison des défaillances du réseau de transport et de distribution, le dispatcheur SONATREL exprime des besoins parfois avoisinant 200 MW (seulement). Or, l’un des préalables cardinaux du « Capacity Payment » est la solidité du réseau de transport et de distribution, capable d’absorber toute la puissance installée aux heures de pointe.

Cette clause, qui avait un double objectif de garantir, d’une part, la disponibilité en continu de la puissance installée et, d’autre part, la viabilité financière du système, se trouve au centre d’une controverse que l’État, devenu client de NHPC (du fait de la reprise d’ENEO), devra régler au plus vite. Pour les spécialistes du secteur, sans le mécanisme de « Capacity payment », il aurait été impossible de mobiliser les 800 milliards de F CFA nécessaires au financement de Nachtigal.

Du fait de la reprise d’ENEO par l’État, devenu off-taker (acheteur d’énergie), ce qui aurait dû être une simple caution de garantie devient un engagement décisif et une dépense récurrente insoutenable à long terme, sans réforme en profondeur du secteur. Outre l’exécution des engagements contractuels, l’État devra investir massivement afin de corriger les défaillances du réseau de transport et de distribution, dans un contexte de contraintes budgétaires.

DES RISQUES SUR LE PROJET DE BARRAGE DE KIKOT ET LE COMPACT ÉNERGÉTIQUE DU CAMEROUN

L’exécution intégrale du contrat d’achat d’électricité (PPA – Power Purchase Agreement) est d’autant impérieuse qu’une défaillance aurait des implications sur les autres projets en cours de préparation notamment le barrage de Kikot de 500 MW dont le montage est calqué sur Nachtigal avec pratiquement les mêmes acteurs dont l’énergéticien EDF (Electricité de France) et les mêmes partenaires financiers notamment le Groupe de la Banque mondiale et la Banque Africaine de Développement entre autres.

Mais au-delà de Kikot, une défaillance sur Nachtigal mettrait en péril toute la stratégie du secteur de l’électricité du Cameroun, cristallisée dans le Pacte National pour l’Energie du Cameroun (Compact Energétique), qui comporte un ensemble de réformes visant à soutenir le développement du secteur de l’énergie dans les 5 prochaines années et à fournir un accès à l’électricité à environ 8 millions de camerounais d’ici 2030. Il ambitionne de mobiliser 12,5 milliards de dollars, dont 6,5 milliards provenant du secteur privé. Le Cameroun pourrait, en conséquence, ne pas être éligible aux opportunités de la Mission 300, programme lancé par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) visant à fournir de l’électricité à 300 millions d’africains d’ici 2030.

Autre défi et pas des moindres, comment redéfinir la contribution des centrales thermiques dont le prix du KWh est 3 fois supérieur à celui de l’hydro, dans le mix énergétique notamment la centrale thermique à gaz de Kribi (216 MW) et la centrale à fuel lourd de Douala/dibamba (88 MW) conçus pour produire en base alors que dans le contexte camerounais dominé par l’hydroélectricité, le thermique devrait être un appoint en période de pointe. Faut-il le rappeler, le britannique Globeleq, propriétaire des deux centrales thermiques, est porteur d’une créance de plus de 137 milliards de F CFA auprès d’ENEO et de l’État du Cameroun. Au regard de tous ces défis et bien d’autres, le secteur de l’électricité au Cameroun pourrait disjoncter, entraînant avec lui l’ensemble de l’économie, compte tenu de la place centrale de l’énergie électrique dans la réalisation des ambitions de développement du pays. L’État, redevenu acteur principal du système, est au pied du mur, la souveraineté énergétique n’étant pas un objectif en soi.

Par Emmanuel Noubissie Ngankam Analyste Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale enoubissie7897@gmail.com

Le Cameroun réduit la redevance forestière annuelle pour encourager l’exploitation durable

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L’annonce figure dans la circulaire relative à l’exécution du budget, signée le 31 décembre 2025 par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé. Le dispositif distingue deux catégories d’opérateurs. Les entreprises titulaires d’un titre d’exploitation bénéficient d’une réduction de 25 %, tandis que celles disposant d’une certification de gestion durable obtiennent un abattement porté à 35 %. Selon le ministère des Finances, l’objectif est d’encourager des pratiques forestières conformes aux standards environnementaux.

Un secteur marqué par des pertes structurelles de recettes

Cette mesure intervient dans un contexte de fortes fragilités fiscales. L’Agence nationale d’investigations financières (ANIF) rappelle, dans un rapport publié en 2021, que l’exploitation forestière et faunique illégale génère un manque à gagner annuel estimé à près de 33 milliards de FCFA pour l’État camerounais. Ce chiffre est mentionné dans une correspondance de mars 2019 du ministre de l’Administration territoriale appelant à des poursuites disciplinaires et pénales.

Cependant, selon plusieurs organisations non gouvernementales, l’exploitation clandestine ne constitue pas la principale source de pertes. Des pratiques opérées par des acteurs légalement installés pèseraient davantage sur les finances publiques, notamment la sous-déclaration des volumes de bois produits et exportés. En minorant les quantités, certains exploitants réduisent artificiellement leur chiffre d’affaires déclaré et, par ricochet, leurs obligations fiscales.

Le cas vietnamien, révélateur des failles

Un rapport conjoint publié en 2020 par l’Environmental Investigation Agency (EIA) et le Centre pour l’environnement et le développement (CED) documente ces mécanismes. Entre 2014 et 2017, les écarts de déclaration sur les exportations de bois camerounais vers le Vietnam auraient entraîné une perte de plus de 170 milliards de FCFA pour le Trésor public.
Le document établit un différentiel de 308 millions de dollars américains entre les montants déclarés par les exportateurs camerounais et ceux enregistrés par les importateurs vietnamiens sur la même période. Il décrit également des transactions financières souvent réalisées en espèces, reposant sur des déclarations erronées, et évoque des pratiques allant de l’évasion fiscale à la violation des règles d’exportation.

Incitation ou renoncement fiscal ?

Pour les analystes budgétaires, la question centrale demeure l’efficacité réelle de l’abattement sur la RFA. Dans un secteur où les pertes documentées dépassent largement 170 milliards de FCFA sur quelques années, la réduction d’un prélèvement direct pose la question d’un possible affaiblissement des recettes publiques. D’autant que les principaux gisements de fraude relèvent moins de l’exploitation « sauvage » que de stratégies de contournement opérées au sein même du secteur formel.

Télécommunications: l’ART renforce son contrôle de la qualité de service téléphonique

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Deux plateformes de contrôle de la qualité de service (Quality of Service – QoS) ont été rétrocédées à l’Agence de régulation des télécommunications (ART). Des dispositifs qui viennent renforcer la supervision des réseaux de communications électroniques au Cameroun.

La cérémonie s’est tenue le mardi 6 janvier 2026 à Yaoundé, sous la présidence de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, en présence du coordonnateur national du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun (PATNUC), du représentant de la Banque mondiale, des dirigeants de l’ART et de partenaires institutionnels.

Ces plateformes, financées dans le cadre du PATNUC avec l’appui de la Banque mondiale, ne constituent pas de simples équipements techniques. Elles introduisent une rupture dans le mode de régulation : le contrôle de la qualité des services ne repose plus sur les seules déclarations des opérateurs, mais sur des mesures indépendantes, continues et exploitables juridiquement.

Concrètement, une plateforme QoS est un dispositif qui permet de mesurer, sur le terrain, la performance réelle des réseaux mobiles et fixes. Elle évalue des indicateurs précis tels que la qualité des appels vocaux, la fiabilité de l’envoi des SMS et la stabilité de l’internet mobile, en 2G, 3G et 4G. Ces données sont collectées selon des protocoles standardisés, comparables aux pratiques des régulateurs européens ou asiatiques.

Lors de la cérémonie, le directeur général de l’ART, le Pr Philémon Zoo Zame, a indiqué que ces outils permettront à l’Agence de « mieux suivre la qualité des services offerts aux citoyens camerounais ». Pour les investisseurs et les observateurs internationaux, l’enjeu est clair : une régulation fondée sur des données mesurées réduit l’asymétrie d’information entre régulateur et opérateurs, et renforce la crédibilité des décisions administratives, notamment en matière de sanctions ou d’obligations d’investissement.

Qualité de réseau et compétitivité économique

S’exprimant après la présentation technique des équipements par le coordonnateur national du PATNUC, Dr Fuaye Kenji Winfred Mfuh, la ministre des Postes et Télécommunications a rappelé que la qualité des réseaux est à la fois un droit pour les usagers et un facteur de compétitivité nationale.  

Dans un pays où les télécommunications soutiennent la bancarisation mobile, le commerce électronique, les services publics numériques et les chaînes logistiques, la qualité de service devient une variable macroéconomique. Appels interrompus, connexions instables ou faibles débits ont un coût direct pour les entreprises et un impact indirect sur l’attractivité du territoire.

Une réponse à des dysfonctionnements persistants

Les désagréments signalés par les usagers, aussi bien dans les métropoles de Yaoundé et Douala que dans les régions septentrionales, ne sont pas nouveaux. Depuis 2022, l’ART a engagé une série d’actions structurantes : organisation d’un atelier national sur la qualité des services, obtention d’engagements d’investissement de plus de 150 milliards de FCFA auprès des opérateurs, concertations techniques régulières, inspections des installations de MTN, Orange, Camtel et IHS, et audit du réseau national de fibre optique.

Cependant, jusqu’à récemment, ces actions reposaient en grande partie sur des audits ponctuels et des rapports techniques. Les plateformes QoS introduisent une capacité de suivi continu, essentielle pour objectiver les écarts entre les obligations contractuelles et la réalité du terrain.

Entre avril et juin 2025, sous la supervision directe du directeur général de l’ART, des opérations de contrôle de couverture et de qualité de service ont été menées dans les régions du Centre, du Sud et du Littoral. Les performances voix, SMS et data ont été évaluées le long de plusieurs axes routiers et dans des centres urbains, selon des indicateurs contractuels précis.

Une régulation opposable aux opérateurs

L’apport majeur des plateformes QoS réside dans la capacité de l’ART à rendre ses constats opposables. Les données certifiées permettent d’identifier les zones de sous-performance, de déclencher des mesures correctrices ciblées et, le cas échéant, d’imposer des sanctions ou des obligations d’investissement supplémentaires.

L’ART distingue, dans son analyse, des facteurs endogènes – liés à la gestion interne des réseaux par les opérateurs – et des facteurs exogènes, tels que les coupures de fibre optique, les contraintes d’accès à l’énergie ou les brouillages radioélectriques. Cette approche permet d’attribuer les responsabilités de manière plus précise.

Opérationnel depuis mars 2023, le PATNUC vise à renforcer les infrastructures numériques, promouvoir l’inclusion, moderniser les services publics et stimuler un écosystème innovant. La rétrocession des plateformes QoS en est une traduction concrète. Elle envoie également un signal aux bailleurs et aux investisseurs : le Cameroun s’aligne progressivement sur des standards internationaux de régulation fondée sur la donnée.

Route Ebolowa–Akom II–Kribi : UK Export Finance donne son accord pour le déblocage d’un financement de 130 milliards FCFA

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Cette tranche, d’un montant de 198,82 millions d’euros, soit environ 130,4 milliards de FCFA, représente 95 % du coût total de la route. Elle s’inscrit dans le cadre de la finalisation de l’accord de prêt entre l’État du Cameroun, Standard Chartered Bank UK et UKEF. D’après le Mintp, l’approbation est assortie de conditions classiques liées à la réassurance et aux exigences environnementales et sociales, mais elle permet désormais d’envisager la signature formelle de l’accord et le démarrage des décaissements au premier trimestre 2026.

Les autorités camerounaises indiquent que les prochaines semaines seront consacrées à la finalisation du plan d’actions de réinstallation, au paiement des indemnisations liées aux emprises et à l’achèvement des études géotechniques complémentaires. Le partenaire technique, ICM Construction Ltd, adjudicataire du marché, a déjà lancé les procédures d’importation des principaux équipements, tout en assurant, selon le ministère, l’entretien de l’axe existant pour maintenir la circulation entre Ebolowa, Akom II et Kribi.

Cette nouvelle annonce s’inscrit dans une longue séquence de promesses. Le projet, évalué aujourd’hui à environ 138,2 milliards de FCFA, avait été évoqué dès 2011 lors du Comice agropastoral d’Ebolowa, lorsque le président Paul Biya s’était engagé devant les populations du Sud à faire construire cet axe stratégique reliant l’hinterland forestier au port en eau profonde de Kribi. Plus récemment, dans son discours de fin d’année du 31 décembre 2023, le chef de l’État affirmait que les discussions avec les bailleurs, longtemps bloquées sur les questions environnementales, étaient « en train d’aboutir », promettant un démarrage effectif des travaux.

Un mois plus tard, le 1er février 2024, une réunion à Yaoundé entre le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, et un responsable de Standard Chartered Bank UK confirmait que seuls 5 % du financement avaient alors été mobilisés, soit environ 6,9 milliards de FCFA, principalement destinés aux études environnementales complémentaires. Ces études conditionnaient l’accès au financement principal garanti par UKEF. Les parties s’étaient engagées à accélérer leur achèvement afin de débloquer le reste des fonds.

Rappelons que c’est le 4 août 2023 que le président Paul Biya a autorisé la signature d’un prêt d’environ 130,4 milliards de FCFA avec Standard Chartered Bank Londres pour la construction de la route. Le 22 août, une autorisation supplémentaire portait sur un crédit de 8 milliards de FCFA destiné au plan de gestion environnementale et sociale, portant le coût global du projet à plus de 138 milliards de FCFA.

RDPC: Eyebe Ayissi neutralise Nga Koumda dans sa dissidence

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Dans une correspondance datée du 05 Janvier 2026, Henri Eyebe Ayissi, chef de la délégation permanente départementale du Comité central du Rdpc pour la Lékié instruit Armand Ongolo, président de la section Rdpc Lékié Ouest 2(Evodoula), de saisir le sous-préfet d’Évoudoula, afin de solliciter l’interdiction d’un meeting annoncé par Jean Marie Nga Koumda, le 10 janvier prochain à Nkolassa.

Un meeting présenté comme une rencontre de remerciement aux militants. Une démarche qui suscite incompréhension et vives critiques au sein du parti au pouvoir dans ce département phare de la région du Centre, lesquels y voient une tentative manifeste d’instaurer l’indiscipline et le désordre dans une section réputée pour sa cohésion.

Le patron départemental du parti au pouvoir fonde sa décision sur deux motifs : le défaut de qualité de l’initiateur de la rencontre, qui ne saurait être considéré comme militant actif de la section Rdpc Lékié Ouest, n’y occupant aucune fonction statutaire et n’y étant pas électoralement inscrit ; et les risques avérés de « troubles à l’ordre public et de tensions sociales » que pourrait engendrer une telle réunion organisée en marge des structures « reconnues » du parti. C’est que, Jean Marie Nga Koumda milite désormais dans la section Rdpc de Yaoundé 2, où il occupe le poste de trésorier, précisément dans le comité de base d’Azegue 3. Et le nom de l’ex député de la Lékié figure à l’école catholique Sacré-Cœur de Mokolo où ses camarades du parti l’ont vu voter lors de la dernière élection présidentielle.

Pour Henri Eyebe Ayissi, cette initiative de meeting que projette l’ancien député, constitue une entorse grave à la discipline et au fonctionnement interne du parti, dans un contexte politique local où la préservation de la cohésion militante demeure « une priorité absolue ». L’intervention d’Eyebe Ayissi conforte Armand Ongolo qui a saisi la hiérarchie du parti, face à la détermination de Nga Koumda qui a toujours clamé sa proximité avec Marafa Hamidou Yaya, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République, aujourd’hui en prison dans le cadre de l’affaire de l’avion présidentiel, de tenir un meeting dans son fief sociologique dont il s’est pourtant éloigné depuis peu.  Une action préventive visant à éviter toute dérive susceptible de fragiliser l’ordre public et l’unité du parti dans un bastion historiquement acquis au Rdpc.

Henri Eyebe Ayissi entend par ailleurs porter le dossier à un niveau supérieur en saisissant le préfet du département de la Lékié. Question de réaffirmer en interne la primauté de la discipline partisane face aux initiatives individuelles jugées déstabilisatrices. Eyebe Ayissi et Armand Ongolo n’entendent pas transiger avec l’ordre, la stabilité et la cohésion au sein du parti dans leur territoire de commandement.

Investissements : le fonds émirati SGC Investment Group souhaite investir 44 473,5 milliards de FCFA au Cameroun

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Ce sont des investissements colossaux qu’annonce le fonds émirati d’investissement financier, SGC Investment Group au Cameroun. 79,5 milliards de dollars, soit environ  44 473,5 milliards de FCFA à investir au Cameroun au cours des 10 prochaines années. Surtout, avec la particularité que ces financements répondent aux normes de la finance islamique, donc, pas d’intérêt et pas de garantie. Ce qui de l’avis du Pr Kelly Mua Kinsley, le vice-président Afrique SGC Investment Group, « c’est une structure de financement qui est vraiment adaptée à nos besoins et très compétitive dans la mesure où, il n’y a pas de taux d’intérêt. Vous savez ce que ça veut dire par rapport aux termes et conditions que nous connaissons dans le marché financier mondial pour mobiliser de la ressource ». Ce compatriote qui est par ailleurs un haut responsable au ministère des Finances, a fait une présentation sur les perspectives et le déploiement de l’agenda de la mission de SGC Investment Group au Cameroun, lors de leur conférence de presse du 5 janvier 2026 à Yaoundé.

Revenant sur le montant jugé quelque peu colossal des investissements à réaliser au Cameroun, le Pr Kelly Mua Kinsley a précisé que « La capacité de financer n’est pas un problème, c’est pas du jour au lendemain, j’ai entendu parler du budget, ce n’est pas les ressources qu’on va mobiliser en un jour pour financer les projets en un an, mais c’est un plan qui va être dévoilé et exécuté au fur et à mesure pour les 10 prochains années et dans divers secteurs ». Et déjà, a-t-il indiqué, « Depuis un an, on travaille avec la liste des projets priorités qui ont été pré identifiés par le ministère de l’économie. C’est sur la base de ces projets bancables qu’ils ont pu faire un choix éventuellement pour les projets qu’ils vont financer ». Et ce sont « des projets qui ont déjà atteint un certain niveau de maturité ».

Aussi, indiquera le Pr Kelly Mua Kinsley, « le choix des projets n’est pas décidé au hasard. C’est un fruit de la maturation des projets. C’est pour cela qu’ils ont tablés uniquement sur des projets bancables. Aujourd’hui, ils ont manifesté l’intérêt d’aller au-delà des projets avec les souverains pour travailler avec les entités publiques et aussi des entités privées. C’est pour cela que les grands investisseurs du secteur privé seront aussi présents, et ont souhaité rencontrer, d’où la demande du roadshow qui aura lieu mercredi à l’hôtel Hilton ».

Après l’audience que leur a accordée le Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute,  suivi d’une séance de travail avec le Minepat, le 6 janvier 2026, l’agenda de la mission de SGC Investment Group au Cameroun prévoit le mercredi 7 janvier 2026, un road show à Yaoundé, tout comme d’autres audiences avec d’autres membres du gouvernement et la signature d’un mémorandum d’entente (MOU). Lors de sa séance de travail avec le Minepat, la mission que conduit Imran Saeed, Ceo de SGC Investment Group, a présenté les différentes options de financement qu’offre ce groupe. Pour sa part, Alamine Ousmane Mey a insisté sur les besoins de financement du secteur privé camerounais, tout en recommandant au groupe émirati d’entrer en discussions avec les banques commerciales dans l’optique d’aboutir à l’ouverture à des lignes de crédit, pour financer le secteur privé.

 Egalement, le Minepat a invité le groupe émirati à accompagner le gouvernement, à travers des partenariats public-privé, dans la mise en œuvre de son plan de développement du secteur de l’électricité. Notamment à travers la construction des barrages hydroélectriques, mais également, l’énergie solaire. Pour Alamine Ousmane Mey, le secteur de l’énergie électrique est un des secteurs prioritaires de la Stratégie nationale de développement du Cameroun à l’horizon 2030. L’énergie électrique étant un secteur stratégique dans la marche du pays vers l’industrialisation. Un exemplaire de ce document de planification a d’ailleurs été remis au groupe émirati par le Minepat

Cette mission économique, rappelle-t-on, est structurée autour de quatre piliers clés : la mobilisation de capitaux privés et institutionnels internationaux ; le financement d’infrastructures prioritaires : transport, énergie, eau, santé, éducation, urbanisme, agro-industrie, numérique, logistique, industrie, habitat ; la structuration de projets selon les standards internationaux (bancabilité, risk allocation, ESG, conformité) ; la gouvernance et transparence alignées sur les standards internationaux.

Patnuc: 28,33 milliards FCFA pour une transformation numérique réussie

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Au cours des 5ème et 6ème sessions du comité de pilotage de Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc) tenues les 22 et 23 décembre 2025 à Yaoundé, les membres ont adopté de nouvelles stratégies en vue d’accélérer la transformation numérique au Cameroun en 2026. C’est l’année décisive pour mieux mener ce projet avant sa boucle en 2027.

Les reformes sur la transformation numérique devraient être un levier majeur pour un nouveau positionnement dans l’amélioration des conditions de vie des Camerounais. La présence du Patnuc devrait se faire sentir partout avec une communication de ses activités. Une forte présence sur le terrain qui va rassurer le public et les partenaires du gouvernement dans ce projet de transformation numérique. En filigrane, le comité de pilotage présidé par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et télécommunications (Minpostel) accorde le dos large au Dr  Winfred Mfuh Fuaye Kenji et son équipe. Ils devront sans relâche créer des activités afin de parvenir à un réel maillage sur le terrain de leurs actions.

Budget et ambitions

Au titre du budget de l’exercice 2026,le Patnuc dispose d’une enveloppe globale de 28 milliards 333 millions 770 mille 365 Fcfa pour être la colonne vertébrale d’une accélération numérique du Cameroun. La connectivité devrait être effective dans les secteurs stratégiques de notre pays. « L’année 2026 est une année importante pour l’atteinte de nos objectifs. La transformation numérique devrait être accélérée ; car nous allons toucher des points qui permettront cette accélération (…). Nous souhaitons mettre à la disposition du public un accès gratuit à internet au sein des aéroports internationaux et nationaux du Cameroun, conformément aux standards et bonnes pratiques internationales », indique la Minpostel. Elle met donc en pratique ce qu’avait déjà demandé le gouvernement lors de la mise en œuvre de ce projet. Ce vaste déploiement devrait également toucher les écoles, les collectivités territoriales décentralisées, les hôpitaux, les populations de tous bords. Ces lieux annoncés sont censés « reconnecter » les citoyens, surtout les jeunes et les femmes, les personnes en situation de handicap afin qu’ils bénéficient de plusieurs services de l’Etat et d’être économiquement productifs et rentables. Sur la touche de la stratégie du rendement et de la multiplication des valeurs, on prévoit investir sur des formations destinées à environ 75.000 agents de l’Etat sur la transformation numérique, la signature de près de 50 accords de partenariats des organisations des producteurs professionnels et les agritech pour l’utilisation des solutions numériques agricoles. Ce plan de déploiement sera aussi marqué par le coup de pouce à au moins 20 000 producteurs de la part du gouvernement des bons d’achats électroniques des intrants agricoles. Pour honorer des engagements déjà pris par l’Etat et pour investir dans de nouveaux réservoirs de l’amplification de la connectivité, la colonne vertébrale de ce budget est constituée également de la formation des agences gouvernementales, sur la cybersécurité ou encore les réseaux informatiques, l’octroi à  la formation en cyber sécurité, des activités dédiées à la sécurité des réseaux, la formation sur la sécurité informatique des agences gouvernementales, la signature d’au moins 50 partenariats productifs entre les organisations des producteurs professionnels et les agritech pour l’utilisation des solutions numériques agricoles et l’octroi des intrants agricoles par bons d’achats électroniques à au moins 20.000 producteurs.

Une connectivité nationale

Crée en 2021 et lancé officiellement en 2023 sous la tutelle du Minpostel, le Patnuc est un projet financé par la Banque mondiale pour cinq ans, avec un budget de lancement de 55 milliards de Fcfa, afin de « renforcer l’inclusion numérique et l’utilisation des solutions agricoles numériques par certains acteurs des chaines de valeur agricole » pour rattraper le retard numérique de notre tissu économique.

Dans sa réponse à l’efficacité de l’équipe du Patnuc, Minette Libom Li Likeng se dit confiante à un bon retour en force de ce projet qui travaille, mais ses actions sont peu connues. Des dispositions sont prises pour renforcer les ressources diverses dont a besoin le projet.

La thérapie proposée par le Gecam pour amortir les impacts de la crise post-électorale

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La crise post-électorale survenue au Cameroun au lendemain de l’élection présidentielle d’octobre 2025 a donc eu des impacts certains sur les entreprises au Cameroun. Des impacts évalués par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), dans son  rapport  d’évaluation et de plaidoyer publié au mois de décembre 2025.

De cette évaluation, il ressort globalement que cette crise post-électorale a entraîné « une contraction moyenne du chiffre d’affaires de 33,5 % des entreprises installées au Cameroun, correspondant à une perte directe estimée à 202,2 milliards de FCFA (soit environ 0,6 % du PIB 2025), dont 160,5 milliards imputables à la seule ville de Douala. Les finances publiques ont également été affectées, avec un manque à gagner fiscal immédiat évalué à 43,3 milliards de FCFA, principalement au titre de la TVA et de l’Impôt sur les Sociétés », peut-on lire dans ce rapport.

Face à cette situation de crise, le Gecam dans son plaidoyer envers les pouvoirs publics, a identifié un certain nombre de mesures de relance pour assurer la viabilité des entreprises affectées par cette crise post-électorale. Et prioritairement, les chefs d’entreprises souhaitent voir mises en place des mesures fiscales d’urgence. Notamment, des allègements ciblés, un moratoire sur les contrôles et un report des échéances afin de soulager la trésorerie des entreprises. Cette demande, précise-t-on, unanime signifie que pour l’immense majorité des entreprises, la menace vient du risque de contentieux avec l’administration fiscale.

Egalement, un soutien financier est nécessaire, à travers la mobilisation de mécanismes de financement, incluant subventions et lignes de crédit, avec une attention particulière portée aux Très petites entreprises (TPE). Car, explique le Gecam, près de 95 % des entreprises n’ont bénéficié d’aucun soutien extérieur, la résilience observée à ce stade repose essentiellement sur la mobilisation des ressources propres, une situation difficilement soutenable à moyen terme en l’absence de mesures d’appui supplémentaires.

 Dans le domaine des infrastructures et de la sécurité, le patronat souhaite la réhabilitation des outils de production endommagés et le renforcement de la sécurisation des zones économiques. Et comme mesure d’apaisement logistique, le Gecam propose la suspension temporaire des contrôles routiers sur les principaux corridors afin de rétablir la fluidité des échanges.

Pour le Gecam, face à cette crise d’une sévérité exceptionnelle pour le secteur privé, avec près d’un tiers du tissu productif formel en situation de vulnérabilité critique, une réponse rapide, concertée et cohérente apparaît indispensable afin de contenir les effets de la crise et de transformer cette période de fragilité en une opportunité de réformes structurelles au service de la compétitivité et de la stabilité durable de l’économie camerounaise.

Crise post-électorale : plus de 300 milliards FCFA de pertes pour les entreprises et le Trésor public

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Le Gecam vient de rendre public son rapport d’évaluation et de plaidoyer sur les conséquences économiques de la crise post-électorale. Selon cette étude conduite entre le 6 novembre et le 2 décembre 2025 auprès 289 entreprises, représentant un poids économique significatif avec un chiffre d’affaires cumulé de 4 825 milliards de FCFA, la crise a provoqué une contraction moyenne de 33,5 % du chiffre d’affaires. En valeur absolue, les pertes commerciales sont estimées à 202,2 milliards de FCFA, soit environ 0,6 % du PIB projeté pour 2025. À elle seule, la ville de Douala concentre près de 160,5 milliards de FCFA de manque à gagner

À ces pertes d’exploitation s’ajoutent des destructions matérielles massives. D’après le Gecam, 24 entreprises interrogées ont subi des dommages directs – vols, incendies ou vandalisme – pour un montant estimé à 91,5 milliards de FCFA (sur 15 entreprises ayant fourni les informations lors de l’enquête quantitative), principalement dans le commerce et la distribution. En intégrant ces destructions et le manque à gagner fiscal immédiat évalué à 43,3 milliards de FCFA, notamment sur la TVA et l’impôt sur les sociétés, l’addition pour l’économie atteint 337 milliards FCFA milliards de FCFA.

L’impact sectoriel est particulièrement marqué dans les activités dépendantes de la mobilité et de la demande intérieure. L’hôtellerie et la restauration ont vu leur chiffre d’affaires chuter de 53,4%, tandis que la construction, l’industrie et l’énergie enregistrent des reculs compris entre 40 % et 45 %. Le rapport souligne que ces contre-performances se sont propagées à l’ensemble de la chaîne productive via des ruptures logistiques majeures, notamment dans l’agriculture (86%) et l’industrie (74%).

Le patronat pointe également une flambée généralisée des coûts. Les entreprises déclarent une inflation moyenne de 20 % sur leurs intrants durant la période de crise, un taux qui dépasse 30 % dans l’agriculture, sous l’effet combiné des pénuries, des ralentissements du transport et des contrôles routiers. Trois entreprises sur quatre affirment avoir connu un arrêt total de leurs activités à un moment donné entre le 26 octobre et le 5 novembre 2025, période correspondant à l’intensification des troubles après la proclamation des résultats électoraux.

Cette paralysie a rapidement débouché sur une crise de trésorerie. 44% des entreprises interrogées indiquent ne plus être en mesure d’honorer leurs obligations fiscales, 44% leurs charges sociales, et 40 % déclarent des difficultés à rembourser leurs échéances bancaires. Le Gecam alerte sur le fait qu’environ 30% du tissu productif formel se trouve désormais dans une situation de vulnérabilité critique, avec un risque réel de faillites en chaîne si aucun soutien rapide n’est mis en place.

Sur le plan social, les premières conséquences sont déjà visibles. Environ 17 % des entreprises ont procédé à des réductions d’effectifs dans les semaines ayant suivi la crise. Au-delà des suppressions d’emplois, « 56 % des structures signalent une dégradation notable du climat social et du fonctionnement interne. La perception du climat des affaires demeure largement préoccupante : 81 % des entreprises qualifient la situation de fragile, critique ou très préoccupante. Dans ce contexte, le moral des dirigeants apparaît fortement affecté, avec 39 % exprimant un sentiment de pessimisme ou de détresse, proportion atteignant 50 % dans le secteur de l’hôtellerie-restauration », peut-on lire dans le rapport.

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