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Industrie : Alain Blaise BATONGUE devient administrateur directeur général de MSMI AFRICA S.A.

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Un changement de gouvernance s’opère au sommet de Multi Services Maintenance Industrielle (MSMI AFRICA S.A.). Réunie en Assemblée générale extraordinaire le 19 novembre, la société a acté la nomination d’Alain Blaise Batongue en qualité d’Administrateur Directeur Général. La décision est entrée en vigueur le 5 janvier 2026, marquant l’ouverture d’une nouvelle phase dans la trajectoire de ce groupe industriel.

Un profil d’exception pour une ambition continentale

Le choix d’Alain Blaise Batongue à la tête de ce fleuron industriel n’est pas anodin. Figure bien connue du monde des affaires et des médias, le nouvel ADG apporte avec lui une expérience multisectorielle impressionnante. Ancien Directeur de publication du quotidien Mutations, ancien Secrétaire Exécutif du GICAM et, plus récemment, Directeur des Affaires Institutionnelles chez Orange Cameroun, M. Batongue est reconnu comme un stratège international chevronné.

Sa mission est claire : insuffler une nouvelle dynamique de croissance, renforcer la gouvernance et consolider le positionnement de MSMI AFRICA S.A. non seulement au Cameroun, mais également dans toute la sous-région CEMAC.

Un binôme de choc au sommet

Pour mener à bien cette transformation, Alain Blaise Batongue travaillera en étroite collaboration avec Madame Augustine Audrey NGO YETNA CHICOT, fondatrice de l’entreprise et désormais Présidente du Conseil d’Administration. Figure emblématique de l’industrie africaine, Mme Ngo Yetna Chicot a su imposer MSMI comme une référence pendant plus de deux décennies.

Ce tandem « expérience-vision » s’appuiera sur un mixage entre cadres expérimentés et jeunes talents issus des grandes écoles nationales et internationales.

MSMI : Le « SAMU » de l’industrie camerounaise

Fondée en 2003 et implantée au cœur de la zone industrielle de Douala-Bassa, MSMI AFRICA S.A. est bien plus qu’une simple entreprise de maintenance. Surnommée le « SAMU de l’industrie », elle intervient 24h/24 dans des secteurs critiques tels que :

 * L’industrie lourde et le pétrole

 * Le BTP et la construction navale

 * L’agro-industrie et les mines

 * L’aéronautique et la santé

Dotée d’ateliers de pointe et certifiée par le prix KAIZEN International 2020, l’entreprise se distingue par sa capacité à répondre à des exigences de production sérielle et complexe (tours, fraiseuses, mortaiseuses, etc.).

Vers une industrialisation durable

À travers cette restructuration, MSMI AFRICA S.A. réaffirme son engagement envers l’innovation et la transmission des savoirs. L’entreprise se positionne comme un partenaire stratégique de l’État, classée comme telle par le Ministère en charge de l’Industrie, avec pour objectif ultime de contribuer durablement à l’industrialisation du continent africain.

Finances publiques : quand le coût des prêts d’infrastructures étouffe le budget de l’État

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Les chiffres contenus dans l’annexe à la loi de finances 2026 consacrée à l’évolution des grands projets d’investissement, publiée par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, montrent que 7 579 milliards de FCFA ont été mobilisés pour financer les grands projets d’infrastructures. Les transports concentrent la part la plus importante avec 3 580 milliards de FCFA, suivis de l’énergie à hauteur de 2 068 milliards. L’eau a absorbé 779 milliards, le développement urbain 399 milliards, l’habitat 272 milliards et les technologies de l’information et de la communication 480 milliards, selon ce document officiel.

Mais cette ambition a un revers budgétaire de plus en plus visible. Toujours d’après la même source gouvernementale, le service de la dette publique extérieure, qui s’établissait à 293 milliards de FCFA en 2020, a presque triplé pour atteindre 824 milliards de FCFA en 2024. Cette charge est aujourd’hui dominée par les dettes bilatérales hors Club de Paris qui représentent 40 %, devant les créanciers multilatéraux à 22 %, les bilatéraux du Club de Paris à 21 % et les créanciers commerciaux à 18 %.

Sur l’ensemble de la période récente, l’État camerounais a déboursé environ 2 600 milliards de FCFA en principal et intérêts pour honorer sa dette extérieure, selon l’annexe à la loi de finances 2026 du Minepat. Un effort financier considérable « qui a réduit les marges de manœuvre budgétaires et accentué les tensions sur les ratios de soutenabilité de la dette ».

 RENFORCEMENT DU COÛT DE LA DETTE

Les données officielles indiquent qu’entre 2010 et 2020, le taux d’intérêt moyen pondéré est passé de 1,03 pour cent à 3,58 pour cent. Une hausse qui, selon l’analyse du ministère de l’Économie, « alimente un écart défavorable entre le taux d’intérêt réel et la croissance économique, contribuant à une augmentation rapide du ratio dette sur produit intérieur brut et à une fragilisation de la soutenabilité à long terme ».

À ce renchérissement s’ajoute un risque de refinancement de plus en plus marqué. Toujours selon les chiffres du Minepat, l’échéance moyenne de remboursement est passée de 36 ans en 2010 à 19,5 ans en 2020. « Cette contraction des maturités complique la gestion de trésorerie de l’État et accroît le risque d’accumulation d’arriérés, voire de défaut de paiement vis-à-vis des créanciers », souligne le Minepat.

La vulnérabilité de la dette est également accentuée par l’exposition au risque de change. Le ministère de l’Économie relève que les variations défavorables du taux de change face au dollar ont entraîné une hausse de 420 milliards de FCFA de l’encours de la dette publique entre juin 2021 et juin 2022. Une dynamique qui renchérit mécaniquement le service de la dette libellée en devises étrangères.

Ces facteurs combinés ont pesé sur les indicateurs macroéconomiques. Selon l’annexe à la loi de finances 2026, le ratio dette extérieure sur PIB est passé de 21,8% en 2015 à 26 % en 2025, portant le ratio global dette sur PIB à environ 40 %. Dans le même temps, le risque de surendettement du Cameroun est passé de modéré à élevé depuis 2017, d’après l’évaluation officielle reprise dans le document budgétaire.

 DES CRÉANCIERS GOURMANDS

 Le financement des infrastructures a reposé sur 3 410 milliards de FCFA mobilisés auprès des bailleurs multilatéraux, 625 milliards auprès des pays du Club de Paris, 2 621 milliards auprès des créanciers bilatéraux hors Club de Paris et 864 milliards auprès des créanciers commerciaux, d’après l’annexe à la loi de finances 2026. Les financements multilatéraux, historiquement concessionnels, ont perdu en attractivité depuis que le Cameroun est passé en 2015 au statut de pays à financement mixte auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

Le document du Minepat souligne que cette évolution a réduit l’accès aux ressources à faible coût des guichets IDA et FAD, au profit de prêts aux conditions plus onéreuses. Le recul progressif des créanciers du Club de Paris s’explique, selon l’analyse officielle, par la montée en puissance des bailleurs émergents et par la stratégie de diversification du portefeuille de dette. Dans ce contexte, les créanciers bilatéraux hors Club de Paris, au premier rang desquels la Chine, ont pris une place centrale.

L’État camerounais a contracté environ 2 523 milliards de FCFA auprès de l’EximBank of China entre 2010 et 2025, mêlant prêts semi concessionnels et financements commerciaux, faisant de Pékin le principal créancier extérieur du pays, selon les données du ministère. Enfin, le recours aux créanciers commerciaux s’est intensifié à partir de 2015 et surtout entre 2017 et 2024. Ces financements, caractérisés par des taux élevés et des maturités courtes, ont permis de boucler le financement des infrastructures mais au prix d’une pression accrue sur le service de la dette, comme le souligne l’annexe à la loi de finances 2026.

 Au fil des années, l’endettement a ainsi changé de visage. Plus coûteux, plus risqué et moins flexible, il pèse désormais lourdement sur les finances publiques camerounaises.

Crédit rural décentralisé : 1,2 milliard FCFA à mobiliser via les caisses coopératives pour financer l’agriculture

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C’est un nouveau levier de financement de l’agriculture rurale. Le PCRD.  Il repose sur un principe central, rapprochant le financement des lieux de production agricole. Concrètement, l’État camerounais choisit de s’adosser à un réseau de microfinance coopérative déjà implanté sur l’ensemble du territoire, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur le système bancaire classique, peu présent en zone rurale et généralement peu adapté aux profils des petits exploitants.

Les documents de partenariat ont été signés par le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, et le directeur général de Camccul, Jonas Tieutchou le 8 janvier 2026 à Yaoundé. Sur le plan financier, les projections avancées par Camccul font état de plus de 1,2 milliard de francs CFA de crédits qui devraient être accordés aux bénéficiaires, ainsi que d’un peu plus de 1,5 milliard de francs CFA d’épargne mobilisée.

Pour le Ministre Mbairobe, « Cette convention s’inscrit parfaitement dans la Stratégie nationale de développement, qui encourage le renforcement des secteurs à fort impact socio-économique, essentiellement agricoles ». Le dispositif prévoit de travailler avec des établissements de microfinance légalement reconnus, afin de garantir la viabilité financière et institutionnelle du projet sur le moyen terme.

Selon le Minader, le projet a été conçu pour répondre à cinq contraintes majeures qui limitent la productivité agricole. Il s’agit de l’accès au crédit, du financement des intrants et de la diversification des cultures, du déficit d’infrastructures rurales. De faire également face à la faible culture de l’épargne et l’insuffisance de compétences techniques chez les producteurs et les opérateurs de microfinance.

Le dispositif combine crédit et épargne, deux instruments rarement articulés dans les politiques agricoles locales. L’épargne est ici pensée comme un mécanisme de résilience face aux chocs économiques — climatiques ou conjoncturels — mais aussi comme une source de financement interne des investissements agricoles. Cette approche vise à réduire la dépendance des producteurs aux financements extérieurs tout en sécurisant les opérations de crédit.

Pour Emmanuel Madiembe, coordonnateur du PCRD, l’enjeu est macroéconomique autant que social. L’agriculture demeure l’un des principaux piliers de l’économie camerounaise : elle emploie une part importante de la population active et contribue directement à la sécurité alimentaire et à la croissance. Les chiffres de la Banque mondiale en donnent la mesure : près de 20 % du produit intérieur brut provient de ce secteur, qui mobilise environ 60 % de la population active. Autrement dit, plus d’un Camerounais sur deux tire ses revenus de la terre, faisant de l’agriculture le premier employeur du pays.

Toutefois, l’accès limité à des financements adaptés reste un frein majeur, en particulier pour les petits producteurs et les communautés rurales, qui peinent à satisfaire les exigences des banques commerciales.

C’est dans ce contexte que le choix de Camccul prend une dimension stratégique. La faîtière fédère un réseau national d’institutions de microfinance coopératives, caractérisées par leur proximité avec les populations rurales et leur connaissance des réalités locales. Le partenariat vise à capitaliser sur cette expertise pour faciliter l’accès des agriculteurs et des acteurs du monde rural à des services financiers formels, tout en renforçant la synergie institutionnelle entre l’État et les structures financières coopératives.

Au-delà du financement direct, le PCRD prévoit un volet de renforcement des capacités. Il s’agit notamment de former les agriculteurs à la gestion financière et d’accompagner les opérateurs de microfinance afin d’améliorer l’évaluation des risques agricoles, souvent perçus comme élevés par les institutions financières. Le projet ambitionne également de soutenir la modernisation de l’agriculture par le financement des chaînes de valeur agricoles, depuis la production jusqu’à la commercialisation.

Une attention particulière est portée à l’inclusion financière des jeunes et des femmes en milieu rural, catégories largement sous-représentées dans l’accès au crédit formel. Cette orientation répond à un double enjeu : favoriser le renouvellement générationnel dans l’agriculture et renforcer l’autonomie économique des femmes, qui jouent un rôle central dans les systèmes de production vivrière.

À travers le PCRD, le Cameroun formalise ainsi un choix de politique publique : utiliser la microfinance coopérative comme vecteur d’inclusion financière rurale, dans un contexte où la transformation agricole passe autant par l’accès aux capitaux que par l’ancrage territorial des outils financiers.

Solde de l’Etat : plus de 1753,5 milliards de FCFA payés par le Minfi aux agents publics en 2025

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« Depuis le 1er janvier 2025, l’Application Informatique de Gestion Logique des Effectifs et de la Solde (AIGLES) est donc entrée en production effectiveDepuis cette date, l’ensemble des salaires des agents publics est calculé et versé de manière régulière, continue et sécurisée, sans aucune interruption ».Cette précision du ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph Le illustre des progrès enregistrés grâce à l’application AIGLES dans la gestion de la solde des agents publics au Cameroun. La masse salariale est donc maîtrisée, se vante le Minfopra. La preuve, de janvier à décembre 2025, le ministère des Finances  (Minfi) a versé à l’ensemble des personnels qui émargent au budget de l’Etat du Cameroun, la somme globale de 1753.585.976.559 FCFA. Et, plus de 503.000 agents publics, personnels à solde globale et pensionnés perçoivent désormais leur solde mensuelle dans des délais maîtrisés, avec une fiabilité accrue et une parfaite lisibilité. Selon Joseph Le, « La paie est aujourd’hui entièrement adossée aux données de carrière, garantissant la cohérence entre la situation administrative et la situation salariale, tout en assurant la traçabilité complète des opérations. Les primes et indemnités sont attribuées automatiquement, conformément à la réglementation en vigueur, contribuant ainsi à une meilleure maîtrise de la masse salariale ».

Autres avantages liés à la mise en œuvre de l’application AIGLES

D’un coût global du projet estimé à 5,8 milliards de FCFA, donc 4, 8 FCFA pour l’intégrateur SIMAC et 955 millions de FCFA pour AFREETECH, l’assistant à la maîtrise d’ouvrage, AIGLES, informe-t-on, a également introduit une innovation majeure : l’automatisation intégrale de plusieurs actes de carrière, notamment les avancements d’échelon, les avancements de classe et les titularisations, générés automatiquement, avec effet financier immédiat. Ainsi, depuis janvier 2025, aucun dossier physique n’est requis pour le traitement de ces actes automatisés. Cette avancée a permis de réduire à moins de 25 % le taux d’erreurs et de diminuer de 70 % le temps consacré à la gestion de la carrière et des anomalies liées aux effets financiers. Par ailleurs, plus de 15.000 actes de carrière hors avancement ont été traités, couvrant l’ensemble du cycle de vie des agents publics, du recrutement à la retraite, en passant par les promotions, la discipline et les récompenses, précise le Minfopra.

Entre autres résultats significatifs apportés par AIGLES, l’on notre, une stabilité éprouvée de cette application, exploitée sans interruption majeure depuis 12 mois consécutifs, confirmant sa robustesse technique, sa fiabilité opérationnelle et sa capacité à soutenir des charges critiques en continu ; la mise en production effective de 14 modules prévus. Ce qui représente 83,24 % de réalisation de l’ensemble du projet ; la formation des administrations utilisatrices, avec un taux de couverture avoisinant 80%. Les sessions relatives aux modules de biométrie et d’archivage électronique étant en phase finale de déploiement. Mais aussi,  le traitement intégral et continu de la solde de janvier à décembre 2025, couvrant l’ensemble des agents publics, des pensionnés et des personnels à solde globale, avec un niveau de précision, de régularité et de fiabilité jamais atteint jusqu’ici. Et,  à ce jour, l’effectif total des personnels actifs de l’Etat, hors mis les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) est de 271.129 agents publics.

L’on note également, la sécurisation avancée de la signature électronique des actes de carrière, grâce à l’intégration de l’Infrastructure à Clé Publique (PKI) de l’ANTIC, garantissant l’authenticité, l’intégrité et la valeur juridique des actes administratifs produits ; le traitement automatique de plus de 250.686 avancements d’échelon et de classe, générés sans intervention humaine et assortis systématiquement d’effets financiers appliqués le même mois, illustrant l’efficacité des règles de gestion et la performance du système ; plus de 6.417.351 connexions enregistrées sur le portail AIGLES (portailaigles.gov.cm), offrant aux agents publics un accès sécurisé, permanent et rapide à leurs informations professionnelles et salariales.

L’on n’oublie pas aussi la mise en paiement des décomptes des prestataires, désormais fondée sur la qualification et la recette de 14 modules fonctionnels, contre 9 en 2024, traduisant une amélioration notable de la qualité, de la complétude et de la conformité des livrables. Ainsi, les deux prestataires ont déjà reçu 3.217.767.363 FCFA. Le reste à payer est de 2.628.053.648 FCFA. Les prochains décomptes sont en cours de validité, au niveau de l’instance compétente ; la génération automatique de 2.801 dossiers de prépension, avec une prise en charge immédiate par le système, démontrant la réactivité de AIGLES dans l’anticipation et la gestion des fins de carrière. Et, à ce jour, l’on compte 157.245 pensionnés, et lors de ses 12 premiers mois de fonctionnement, l’application AIGLES a procédé au traitement de 3.243 actes de mise à la retraite et de 1.080 actes de régularisation, assurant une gestion rigoureuse, transparente et équitable des droits à pension des agents publics.

Mais également, le traitement de 872 actes de titularisation, contribuant à la sécurisation des parcours professionnels et à la consolidation des carrières au sein de l’administration publique, la signature de plus de 500 décrets d’intégration directement dans AIGLES, réduisant significativement les délais de traitement, etc.

Les perspectives pour l’année 2026

Pour le Minfopra, les priorités majeures pour cette année 2026, porteront sur finalisation et la pleine opérationnalisation des modules de biométrie et d’archivage électronique, dont les travaux sont déjà très avancés dans les trois sites pilotes retenus pour cette première phase, à savoir: le Minfopra, le Minfi et le Consupe. Leur mise en service effective dans ces administrations, précise-t-on, permet de renforcer la fiabilité des données, de sécuriser davantage les processus administratifs et de moderniser durablement la gestion des dossiers des agents publics.

Par ailleurs, le Minfopra dit avoir l’ambition d’étendre progressivement le dispositif biométrique à l’ensemble du territoire national, afin de disposer d’un outil de contrôle des présences objectif, moderne et efficace. Cette extension, vise notamment à lutter résolument contre l’absentéisme au poste, véritable fléau qui fragilise la performance de l’administration camerounaise, et porte atteinte à la qualité du service public. Ainsi, pour le Minfopra,  l’année 2026 s’annonce comme une étape déterminante de consolidation, d’optimisation et d’élargissement des acquis de AIGLES, pour une administration publique plus moderne, plus performante.

A Yaoundé, la « Kamerun Haus » expose les artefacts camerounais conservés en Allemagne

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Nichée derrière le collège technique Charles Atangana à Bastos, la Kamerun Haus a accueilli le 10 janvier dernier, diplomates, autorités culturelles, chercheurs et chefs traditionnels pour le vernissage de l’exposition « Les 11 musées et les trésors royaux du Cameroun ». La rencontre marque un moment significatif dans le long dossier de la restitution des biens culturels camerounais conservés en Allemagne, estimés à près de 40 000 objets selon les sources officielles.

L’exposition ne présente pas physiquement ces œuvres, absentes du territoire national depuis plusieurs décennies. Elle en reconstitue cependant la trajectoire à travers des archives, des photographies historiques et des récits documentés. Une manière de rendre visibles des objets dispersés, tout en inscrivant leur retour dans un cadre diplomatique désormais assumé.

Représentant le ministre des Arts et de la Culture, l’inspectrice générale Ngeh Rekia Nfunfu a rappelé l’enjeu éducatif de l’initiative. « Nous savons tous que l’éducation culturelle et artistique est essentielle pour les jeunes. Elle offre des opportunités inestimables de développement intellectuel, émotionnel et social », a-t-elle déclaré, soulignant le rôle des institutions culturelles dans la transmission de l’histoire et des valeurs.

Présent au vernissage, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun, Christian Sedat, a réaffirmé l’engagement de son pays dans le processus de restitution. « Pour moi, ici à Yaoundé, l’une de ces priorités est d’assumer cette responsabilité historique au Cameroun et d’accompagner les démarches liées aux questions de restitution. Nous sommes un partenaire engagé sur ces sujets », a-t-il indiqué. Cette position s’inscrit dans l’évolution récente de la politique culturelle allemande, marquée par un travail approfondi sur la provenance des collections publiques, c’est-à-dire l’histoire précise de l’acquisition des objets.

Cartographier un patrimoine dispersé

Ouverte jusqu’au 28 mars, l’exposition propose une cartographie détaillée du patrimoine camerounais conservé dans onze musées allemands. Les collections présentées couvrent les quatre grandes aires culturelles du Cameroun : Fang-Béti, Sawa, Grassfields et Soudano-sahéliens. Textiles, masques rituels, instruments de musique, manuscrits, armes, outils, tabourets et trônes royaux composent entre autres cet ensemble.

Des documents d’archives et des photographies anciennes rappellent les voyages de chefs traditionnels camerounais en Allemagne durant la période coloniale. Ils replacent les objets dans leur contexte d’extraction, souvent marqué par la contrainte et la domination, sans recourir à une mise en scène spectaculaire.

Autorités traditionnelles et diplomatie culturelle

La cérémonie a réuni les chefs traditionnels des quatre aires culturelles, aux côtés de représentants des ambassades d’Allemagne et de Suisse. Leur présence a donné une dimension symbolique forte à l’événement. Les objets évoqués ne sont pas de simples pièces muséales, mais des éléments porteurs de mémoire et d’autorité sociale.

Dans son intervention, l’ambassadeur allemand a insisté sur la restitution comme un processus de coopération à long terme entre États, musées et chercheurs, et non comme un geste ponctuel.

De l’inventaire à la restitution

L’exposition de Yaoundé s’inscrit dans un travail institutionnel engagé par l’État camerounais. Le Comité interministériel chargé du dossier a conduit, en octobre 2023, une mission officielle à Berlin pour des échanges techniques avec les ministères allemands des Affaires étrangères et de la Culture. Ces discussions portent sur les modalités concrètes de restitution, attendues à partir de 2026, et sur l’équilibre entre les différentes aires culturelles dans les premières vagues de retour.

Les chiffres avancés s’appuient sur des travaux universitaires récents. Une étude menée par Bénédicte Savoy, professeure à l’Université technique de Berlin, et Albert Gouaffo, professeur à l’Université de Dschang, estime à environ 40 000 le nombre d’artefacts camerounais conservés en Allemagne. « Aucun de ces biens culturels n’a été conçu comme un objet d’exposition pour une vitrine », rappelle Bénédicte Savoy, soulignant leur fonction initiale au sein des sociétés d’origine.

Restituer le sens, pas seulement les objets

Au-delà des aspects juridiques, le débat porte sur la signification des biens. L’historien camerounais Richard Tsogang Fossi explique que de nombreux objets sacrés ont été « ethnographiés et diabolisés » durant la colonisation, perdant leur rôle social et spirituel. Leur retour pose donc la question de leur réintégration symbolique et de la transmission de leur sens aux générations actuelles.

C’est cette approche que défend la Kamerun Haus, qui consiste à restituer d’abord la connaissance, avant le retour physique des œuvres. À terme, les trônes, statues et regalia royaux devraient rejoindre des institutions nationales comme le Musée des rois Bamoun à Foumban.

Kamerun Haus, espace de médiation

Au centre de ce processus de restitution, se trouve le prince Bangoua Legrand Tchatchouang, promoteur de la Kamerun Haus. Membre du Comité interministériel chargé du rapatriement des biens culturels et conseiller du Cameroun auprès du Humboldt Forum de Berlin, il occupe une position d’interface entre institutions camerounaises et musées allemands. « Mon rôle est d’être un pont. Un pont entre les gouvernements et les musées, mais surtout entre ces objets, devenus silencieux dans leurs vitrines, et les communautés au Cameroun qui en ont été séparées », explique-t-il.

Créée en 2015, la Kamerun Haus s’est progressivement imposée comme un lieu de dialogue culturel. Avec l’ampleur prise par le débat sur la restitution, elle est devenue un partenaire de discussion reconnu par plusieurs musées européens. Elle entend également fonctionner comme centre d’éducation culturelle pour les jeunes et comme espace de travail pour les acteurs de la société civile impliqués dans le Comité interministériel.

Le promoteur de la structure a exprimé sa reconnaissance au gouvernement pour son accompagnement et pour l’intégration de la Kamerun Haus dans le dispositif officiel de restitution. « À sa création, la Kamerun Haus était un point de contact central pour représenter la culture du Cameroun. Mais son rôle a évolué avec la prise de conscience et le mûrissement du débat sur la restitution des œuvres d’art issues de contextes coloniaux en Allemagne. Cela nous a conduits à devenir, progressivement, un partenaire de discussion, puis de coopération, pour les chercheurs, les musées, les ministères, les chefferies traditionnelles et les responsables culturels allemands », expliquait le prince Bangoua Legrand Tchatchouang dans une interview accordée à Cameroon Tribune en juin 2022.

 Et de poursuivre : « cette collaboration a débouché sur un échange d’égal à égal, fondé sur la confiance, à travers diverses manifestations et colloques communs organisés en Allemagne et au Cameroun. Tous les participants s’y efforcent de comprendre et de présenter les œuvres d’art coloniales dans leur contexte d’origine et, à terme, de contribuer à éclairer ce chapitre sombre de l’histoire coloniale allemande ».

Les autorités traditionnelles, venues des quatre aires culturelles du Cameroun, ont à leur tour salué le travail engagé et procédé à une bénédiction symbolique des lieux. À Yaoundé, l’exposition de la Kamerun Haus se présente comme un lieu de mémoire et de diplomatie culturelle, mettant en lumière la recomposition des relations entre le Cameroun et l’Allemagne, autour de la reconnaissance du passé colonial et de la préparation progressive du retour du patrimoine national.

Match Cameroun-Maroc : la CAF ouvre une enquête suite au comportement des officiels

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« La Confédération Africaine de Football (CAF) a fermement condamné des comportements jugés inacceptables de la part de certains joueurs et officiels lors des quarts de finale de la TotalEnergies CAF Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025. Une enquête a été officiellement ouverte concernant les rencontres Cameroun–Maroc et Algérie–Nigeria.

La CAF indique avoir recueilli des rapports de match ainsi que des éléments vidéo faisant état de comportements potentiellement contraires aux règlements et à l’éthique sportive. L’ensemble du dossier a été transmis au Jury disciplinaire pour instruction, et des sanctions appropriées seront prises si les personnes mises en cause sont reconnues coupables.

L’instance continentale précise également qu’elle analyse des images relatives à un incident impliquant des membres des médias, qui se seraient comportés de manière inappropriée dans la zone mixte.

La CAF rappelle qu’elle condamne avec la plus grande fermeté tout comportement déplacé, en particulier lorsqu’il vise les arbitres ou les organisateurs des matches. Toute attitude contraire aux standards de professionnalisme exigés lors des compétitions de la CAF fera l’objet de mesures disciplinaires.

Pour toute information complémentaire :

communications@cafonline.com

CAF – Division de la Communication»

Régie de remorquage du PAD : 4,8 milliards FCFA de recettes fiscales et 5,4 milliards FCFA de redevances en 5 ans

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Voici 5 années que le Port Autonome de Douala (PAD) a repris en main les activités de remorquage autrefois gérées par le français Boluda. Après le départ de cet ancien concessionnaire en 2020, le PAD a mis en place la Régie Déléguée de Remorquage (RDR), société anonyme filiale du PAD. En cinq années d’exploitation, les performances de cette entreprise sont évaluées. D’après les données communiquées par le PAD, la RDR affiche des résultats positifs.

Au 31 décembre 2025, le chiffre d’affaires de la RDR S.A. a atteint 7,263 milliards, soit plus du double de celui de 2020. Bien plus, entre 2021 et 2025, les redevances cumulées reversées au PAD s’établissent à 5,4 milliards, contre 7 milliards pendant toute la durée de la concession. Ces redevances représentent donc plus de 70% de ce qu’a versé l’ex-concessionnaire pendant 17 années d’exploitation, souligne le PAD.

Dans le même temps, on enregistre une contribution aux recettes de l’État à hauteur de 4,879 milliards, en termes d’impôts et taxes. Globalement, c’est une embellie qui a été affichée d’année en année dès la reprise de la gestion de l’activité de remorquage par le PAD. En effet, sous la période de l’ancien concessionnaire, l’activité générait un chiffre d’affaires de 3,389 milliards, pour 587 millions de redevances reversées au PAD.

Dès 2021, date de la création de la Régie déléguée du Remorquage, le chiffre d’affaires a atteint 4,345 milliards de FCFA. Soit une progression de 28% en une année tandis que les redevances sont passées à 1,2 fois le montant versé par le passé. Ces résultats sont le fruit du modèle de gouvernance, selon le Directeur PAD, Cyrus NGO’O, Président du Conseil d’Administration de la Régie du Remorquage S.A qui a présidé le 9 janvier 2025, la cérémonie de célébration des 5 ans de cette filiale du PAD.

Plusieurs réformes ont été mises en place pour assurer la performance de la RDD. Il en est par exemple de la modernisation de l’outil de production qui était caractérisé par une vétusté. Un investissement d’environ 11,655 milliards de FCFA a été mobilisé pour l’acquisition de deux remorqueurs chez Damen Shipyards Gorinchem. Les équipements ont accosté au port de Douala l’année dernière.

« Ces performances ont été soutenues par une politique volontariste de modernisation »

CYRUS NGO’O, Directeur Général du Port Autonome de Douala

« Le délai moyen de manœuvre a été réduit, le taux de disponibilité de la trottinette s’est amélioré et les incidents lourds ont connu une baisse significative en renforçant ainsi la sécurité des opérations portuaires. Ces performances ont été soutenues par une politique volontariste de modernisation des équipements, notamment à travers l’acquisition de deux remorquages neufs et la maintenance des anciens, dont la capacité d’extraction accrue est conforme aux standards internationaux. Ces investissements permettent d’améliorer la sécurité des manœuvres, d’optimiser la productivité des équipes et de renforcer la fiabilité du service rendu aux usagers du port. L’impact de ces avancées dépasse le seul pays natif de la Régie. Elle contribuent directement à la compétitivité du port de Douala-Bonabéri en réduisant les temps d’escale, en améliorant la prévisibilité des opérations et en offrant aux amateurs et aux chargeurs un service de qualité qui répond aux exigences du commerce maritime moderne. Je tiens également à souligner la synergie stratégique entre la Régie du remorquage et celle en charge du dragage, autre pilier fondamental de la normalisation portuaire. Le maintien permanent des tirants d’eau, la réduction des interruptions dues à l’ensablement et la maîtrise des coûts d’entretien national constituent des attributs essentiels pour la fluidité et la sécurité de la navigation. »

« Ces résultats sont le fruit des choix stratégiques assumés »

EDWARD CHUYEH MBUNKUR, Directeur Délégué de la régie de Remorquage

« Il me tient particulièrement à cœur d’affirmer que la région de Remorquage SA est fière de faire pleinement partie de la success story du Port autonome de Douala. Par notre action quotidienne, par la qualité du service rendu et par notre contribution à la sécurité et à la fluidité des opérations portuaires, nous assumons avec responsabilité notre rôle dans la dynamique de performance, de modernisation et de compétitivité qui caractérisent aujourd’hui notre port. Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard. Ils résultent des choix stratégiques assumés, d’investissements structurels et d’un accompagnement constant. Cette cérémonie se veut à la fois un moment de gratitude, de partage et de projection vers l’avenir. Elle ouvre une nouvelle étape, placée sur le signe de l’amélioration continue de la modernisation et du renforcement de notre contribution à la compétitivité du port de Douala-Bonabéri. »

Projet Minim Martap : Canyon Resources veut porter sa participation au capital de Camrail à 35%

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Les discussions avancent donc au sujet de la signature d’un contrat en vue d’assurer le transport des minerais de bauxite extraits de Minim Martap vers le port de Douala. Le préalable pour assurer l’effectivité de ce transport étant la remise en état de sections clés de la voie ferrée entre Makor (Adamaoua) et Douala, une opération dans laquelle Canyon Resources SA compte investir 7 millions de dollars (environ 5 milliards de FCFA). Et dans un communiqué publié, le 8 janvier 2026, la société australienne a confirmé que ses discussions avec Camrail, continuent de progresser et sont désormais bien avancées.

 L’objectif étant de porter sa participation au capital de Camrail de 9,1% actuellement à environ 35%, au plus tard au premier trimestre 2026. Selon le communiqué de Conyon Resources, cette montée en puissance permettrait à la compagnie de « réduire davantage les risques associés à sa stratégie logistique mine-port ». Une priorité assumée par la compagnie minière qui se prépare à lancer l’exploitation de son gisement de bauxite de Minim-Martap dans la région de l’Adamaoua, dès le mois de février 2026.

Comme le précise ce communiqué, le démarrage de l’exploitation minière à Minim Martap est prévu pour février 2026, après l’arrivée du mineur de surface au port de Douala attendue en décembre 2025. La livraison du matériel roulant notamment les wagons Camalco commandés auprès de Texmaco Rail & Engineering Limited, est annoncée pour le premier trimestre 2026, avec une mise en service ciblée au début du deuxième trimestre.

 47 MILLIARDS DE FCFA D’INVESTISSEMENTS ATTENDUS POUR LA PÉRIODE 2026-2029

Déjà, dans un communiqué conjoint publié, le 6 octobre 2025, les deux partenaires précisaient qu’ « Afin de faciliter le démarrage des opérations au début de 2026, Camalco investira initialement 7 millions de dollars dans la réhabilitation des sections clés du réseau ferroviaire, dès la signature du contrat de transport de bauxite avec Camrail ».

Cet investissement préliminaire s’inscrit en amont du Plan quinquennal n°2 (PQ2) de Camrail, attendu pour entrer en vigueur au premier semestre 2027. Il vise à renforcer les zones les plus sensibles de l’infrastructure, afin d’accélérer le lancement des exportations du minerai vers le port de Douala. Egalement, Camalco SA prévoit de poursuivre ses investissements sur la période 2026-2029, à hauteur de 85 millions de dollars (près de 47 milliards de FCFA), pour garantir une montée en puissance de la production jusqu’à 10 millions de tonnes de bauxite par an.

La présence d’une infrastructure ferroviaire déjà opérationnelle reliant Minim Martap au port de Douala, indique-t-on, renforce encore l’attractivité du projet, présenté comme l’un des piliers de la future filière aluminium du Cameroun. Pour Canyon, le rail représente l’axe central d’évacuation du minerai depuis Minim Martap jusqu’aux installations portuaires de Douala.

En renforçant sa présence au capital de Camrail, la société cherche à mieux maitriser ses coûts de transport, à sécuriser ses capacités d’acheminement et à s’impliquer plus directement dans le réseau ferroviaire stratégique sur lequel repose l’ensemble de sa chaîne logistique.

Cette implication logistique concerne notamment le projet de modernisation PQ2, dans lequel Camrail joue un rôle clé. Au Cameroun, ce programme porte en priorité sur la rénovation du corridor ferroviaire Douala-Yaoundé et Belabo-Ngaoundéré.

Modernisation : 7 500 milliards FCFA mobilisés en 15 ans pour renforcer les infrastructures

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le Dsce a permis d'amorcer de grands projets infrastructurels

D’après l’annexe consacrée à l’évolution des grands projets d’investissement jointe à la loi de finances 2026, un document élaboré par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, les engagements financiers cumulés de l’État entre 2010 et 2025 atteignent 7 579 milliards de FCFA. Les chiffres officiels du Minepat montrent que l’essentiel de ces financements repose sur des prêts non concessionnels.

Sur l’ensemble de la période étudiée, ceux-ci représentent 5 398 milliards de FCFA, contre 2 181 milliards de FCFA pour les prêts concessionnels. Selon la même source, près de 3 580 milliards de FCFA ont été consacrés aux routes, aux autoroutes et aux infrastructures portuaires. L’énergie arrive en deuxième position avec 2 068 milliards de FCFA mobilisés. Les investissements dans l’eau atteignent 779 milliards de FCFA, tandis que le développement urbain, l’habitat et les télécommunications ont respectivement bénéficié de 399 milliards, 272 milliards et 480 milliards de FCFA.

RÉALISATIONS

Dans le secteur des transports, la mise en service du port en eau profonde de Kribi est citée comme un tournant pour la façade maritime du pays. Sur le réseau routier, des autoroutes ont été partiellement livrées, notamment la phase I de l’axe Yaoundé Douala longue de 60 kilomètres, dont les travaux se sont étalés sur près de dix ans. Les axes Kribi Lolabé et Yaoundé Nsimalen figurent également parmi les projets structurants, avec pour ce dernier la livraison d’une section de rase campagne de 23 kilomètres après huit années de travaux, la section urbaine étant attendue à l’horizon 2030, selon les informations officielles.

Toujours d’après le Minepat, plus de 3 000 kilomètres de routes ont été construits ou réhabilités pour relier les bassins de production agricole aux centres urbains et aux pays voisins. Dans l’énergie, le barrage de Lom Pangar, mis en service avec une capacité de retenue estimée à six milliards de mètres cubes d’eau, est présenté comme un ouvrage clé pour la régulation du fleuve Sanaga. Selon les données reprises dans l’annexe à la loi de finances 2026, cette infrastructure a permis d’augmenter d’environ 120 mégawatts la production des centrales existantes et de sécuriser le développement de nouveaux barrages en aval, dont Nachtigal.

Sur l’ensemble de la période, environ 1 170 mégawatts de capacités supplémentaires ont été installés, combinant centrales thermiques à gaz et barrages hydroélectriques. Le ministère de l’Eau et de l’Énergie indique qu’en 2024, le taux d’accès à l’électricité atteignait environ 72%, avec un contraste marqué entre les zones urbaines proches de 94% et les zones rurales autour de 40 %. Les télécommunications figurent aussi parmi les secteurs profondément transformés.

Les autorités rappellent que près de 18 000 kilomètres de fibre optique ont été déployés à l’échelle nationale. Le raccordement du Cameroun au câble sous-marin South Atlantic Inter Link, mis en service au début des années 2020, a fortement accru les capacités de transmission internationale.

RATÉS

 Ce tableau n’est toutefois pas exempt de zones d’ombre. Dans les documents officiels, le gouvernement reconnaît que plusieurs projets de première génération ont connu des retards importants.

Trois explications principales sont avancées. La première concerne une préparation jugée insuffisante de certains projets au moment de leur lancement, les cadres réglementaires de maturation n’étant devenus pleinement opérationnels qu’après 2018.

La seconde tient à une maîtrise imparfaite du volume global des engagements, qui a réduit les marges budgétaires disponibles.

 La troisième renvoie aux délais parfois longs observés dans la délivrance des avis de non objection par certains partenaires financiers internationaux, un point régulièrement mentionné dans les rapports administratifs.

Christopher Lamora quitte Yaoundé après un mandat marqué par des projets structurants dans la santé et l’énergie

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Dès sa prise de fonction en mars 2022, Christopher John Lamora avait placé le MINEPAT parmi ses premiers interlocuteurs institutionnels. « Quand je suis arrivé ici au Cameroun en tant qu’ambassadeur, il faisait partie des premiers ministres que je suis venu voir, parce qu’il y a autant de possibilités, autant d’opportunités dans les relations économiques, les investissements, le commerce et le développement », a-t-il rappelé à l’issue de l’audience. Une déclaration qui résume la logique de travail adoptée tout au long de son mandat : inscrire la coopération américaine dans les priorités économiques définies par l’État camerounais.

Sur le plan sectoriel, le bilan fait apparaître plusieurs accords structurants. Le plus significatif concerne la santé publique. Un accord signé avec le ministère de la Santé publique prévoit un engagement financier d’environ 900 millions de dollars américains sur cinq ans. Ces ressources sont destinées au renforcement du système de santé camerounais, notamment à travers l’amélioration des infrastructures, l’accès aux soins et le soutien aux programmes de santé publique. À l’échelle nationale, ce type de financement constitue un apport majeur dans un secteur confronté à des besoins structurels élevés.

Le volet énergétique figure également parmi les dossiers emblématiques du mandat. En 2024, un protocole d’accord a été signé pour la construction d’un barrage sur le fleuve Sanaga, axe stratégique de la production hydroélectrique du pays. Le projet est porté par une entreprise américaine dirigée par un Camerouno-Américain basé aux États-Unis, illustrant l’implication de la diaspora dans les investissements productifs. Sans entrer dans les détails techniques, ce type d’infrastructure vise à accroître les capacités de production d’électricité, un facteur clé pour l’industrialisation et l’attractivité économique du Cameroun.

Les infrastructures rurales ont constitué un autre champ d’intervention. Un protocole d’accord a été conclu avec la société américaine Hoffman pour la fourniture d’équipements lourds destinés à la construction de routes rurales, notamment dans des zones enclavées. Ces équipements – engins de terrassement et de génie civil – sont essentiels pour améliorer la connectivité des bassins de production agricole, réduire les coûts de transport et faciliter l’écoulement des produits vers les marchés urbains.

Au-delà de ces projets précis, l’action de l’ambassadeur s’inscrit dans un cadre plus large de coopération économique et humanitaire. Selon des sources officielles, les États-Unis ont mobilisé plus de 650 millions de dollars d’aide humanitaire bilatérale en faveur du Cameroun depuis 2014, avec un impact direct sur environ 1,4 million de bénéficiaires pour la seule année 2021. Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays atteignaient 366 millions de dollars en 2018, un niveau qui traduit une relation économique réelle, bien que perfectible au regard du potentiel des deux économies.

Dans cette architecture, le MINEPAT apparaît comme un acteur central. Chargé de la planification, de la coordination de l’aide extérieure et de l’orientation des investissements publics, le ministère a servi d’interface entre les priorités nationales et les propositions de coopération américaine. « Le MINEPAT est au centre de tout ça, avec d’autres ministères bien sûr », a souligné Christopher John Lamora, mettant en avant une collaboration qu’il qualifie de « fructueuse » sur l’ensemble de son mandat.

À l’heure de son départ, l’ambassadeur a insisté sur la continuité institutionnelle. Bien qu’il quitte Yaoundé à la fin de la semaine, il affirme que le chargé d’affaires et l’ensemble de l’équipe diplomatique américaine poursuivront le travail engagé avec les autorités camerounaises. Une manière de rappeler que la coopération USA–Cameroun, vieille de près de soixante ans, repose moins sur les personnes que sur des mécanismes institutionnels et des intérêts économiques partagés.

Pour le Cameroun, ce bilan met en lumière une coopération orientée vers des secteurs jugés stratégiques pour la croissance et le développement. Pour les États-Unis, il s’agit de consolider une présence économique fondée sur des projets concrets, des volumes financiers significatifs et un dialogue étroit avec les structures nationales de planification. Un héritage diplomatique mesurable, dont l’impact dépendra désormais de la mise en œuvre effective des accords signés.

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