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Nord-Ouest : 14 civils massacrés à Ndu par des séparatistes

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C’est aux environs de 5 heures du matin, alors que les populations étaient encore plongées dans le sommeil, que des hommes armés — présumés être des miliciens ambazoniens — ont pris d’assaut la localité de Gidado-Mbandfun. Cette incursion est d’ores et déjà considérée comme la plus meurtrière enregistrée dans l’arrondissement de Ndu depuis le basculement de la crise anglophone en conflit armé.

Outre le lourd bilan humain, les assaillants ont laissé derrière eux un paysage de désolation : habitations et véhicules incendiés, bétail abattu et biens matériels pillés.

Le spectre des représailles

Si les mobiles officiels de cette barbarie restent à déterminer, plusieurs sources locales évoquent une opération de représailles. Les combattants séparatistes accusaient la communauté Mbororo de « collaboration » avec les forces de défense et de sécurité.

Cette attaque survient en effet quelques jours après une opération militaire d’envergure menée le 6 janvier dernier. Celle-ci s’était soldée par la neutralisation de 12 séparatistes, dont le redouté « General Bansaah », chef de guerre mystique opérant dans les secteurs de Ndu et de la Bui. Ce groupe armé était soupçonné d’avoir orchestré l’enlèvement et l’assassinat de l’honorable Abe Michael Ndra, député de la circonscription de la Donga Mantung Ouest.

La réaction ferme des autorités

Le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Adolphe Lele L’Afrique, a fermement condamné cet acte lors d’une intervention sur les ondes de la CRTV. Il a confirmé le bilan de 14 victimes, précisant le profil des défunts : un homme, six femmes et sept enfants âgés de 2 à 11 ans. Quatorze autres blessés sont actuellement pris en charge dans les structures sanitaires de Ndu et Nkambe.

> « Le Chef de l’État a prescrit des mesures urgentes pour restaurer la sécurité afin de garantir la protection de tous, et particulièrement celle des communautés Mbororos », a déclaré le Gouverneur, tout en appelant à une collaboration accrue entre les populations et les forces de l’ordre pour « traquer et traduire en justice les auteurs de cet acte terroriste ».

« Ndu est fatigué de ces tueries incessantes »

Le maire de la commune de Ndu, Abdou Kanfon Borno, a exprimé son indignation face à ce qu’il qualifie de « génocide contre les Peuls ». Dans un communiqué poignant, l’édile a révélé que l’attaque a quasiment décimé la famille d’un certain Alhadji Tadibo (décédé il y a deux mois des suites d’une précédente attaque), emportant sa mère, ses deux épouses et ses cinq enfants.

« Il est décourageant de voir impuissamment notre population civile périr dans des circonstances aussi troublantes », a déploré le magistrat municipal, exhortant les élites et les forces vives à s’interroger sur l’avenir de la communauté.

Liste des victimes identifiées

Parmi les victimes recensées au moment de mettre sous presse, figurent de nombreux mineurs :

 * Enfants : Raihana Tadi (2 ans), Mohamadou Aminou Dairou (2 ans), Nana Khadija Amadou Tadi (6 ans), Asmau Amadou Tadi (9 ans), Basirou Jubairou (10 ans), Mohamadou Gaddafi Ali (11 ans).

 * Adultes : Aboubacar Amadou Tadi (17 ans), Jamilatou Amadou Tadi (21 ans), Ladifatou Tura (29 ans), Bibba Alhadji Tadi (39 ans), Hajara Alhadji (48 ans), Adama Suli (50 ans), Alhadji Juli (60 ans) et Adama Alhadji (70 ans).

Ce massacre s’ajoute à la longue liste des tueries de masse ayant endeuillé les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017, rappelant les tragédies d’Egbekor, Kumba ou encore Akwaya.

Manassé Jr. Ndongo

Commentaire

Ndu : Quand la barbarie se drape dans la cause séparatiste

Le massacre de Gidado-Mbandfun n’est pas seulement une tragédie humaine de plus dans la crise anglophone ; il illustre la mutation profonde d’un conflit politique vers une confrontation communautaire aux conséquences imprévisibles.

Le piège de la « collaboration »

Depuis le début de la crise en 2017, la communauté Mbororo (éleveurs nomades et semi-nomades) se retrouve prise entre deux feux. Traditionnellement perçue comme proche de l’administration centrale par son mode de vie et ses structures sociales, elle est devenue, aux yeux des groupes séparatistes, une « cinquième colonne ». En accusant les Mbororos de renseigner les forces de défense, les milices armées justifient l’injustifiable : le ciblage délibéré de civils, incluant des nourrissons et des personnes âgées.

La tactique de la terre brûlée

L’élimination du « General Bansaah » et de son gangrène en partie décimé par l’armée le 6 janvier dernier a manifestement laissé un vide que ses lieutenants tentent de combler par la terreur. Dans la rhétorique séparatiste, l’échec militaire doit être compensé par une démonstration de force contre les « maillons faibles » du tissu social. En frappant la Donga Mantung, un département qui a souvent montré une résistance certaine aux mots d’ordre de désobéissance civile, les assaillants cherchent à briser la résilience locale par un traumatisme collectif.

Un défi sécuritaire et social

La réponse ne peut être uniquement militaire. Si le déploiement de mesures spéciales annoncé par le Gouverneur Adolphe Lele L’Afrique est une nécessité immédiate, le défi à moyen terme reste la cohésion sociale. Comme l’a souligné avec amertume le maire Abdou Kanfon Borno, la communauté doit « s’interroger sur là où elle a échoué ».

Le risque majeur est désormais celui d’une spirale de vendettas intercommunautaires. Si les populations civiles commencent à se faire justice elles-mêmes ou si une communauté entière se sent condamnée à l’extermination, le conflit pourrait échapper à tout contrôle politique. À Ndu, comme ailleurs dans les régions en crise, l’urgence est à la protection des minorités et à la restauration d’une confiance rompue entre voisins.

L’histoire retiendra que le 14 janvier 2026, à Gidado-Mbandfun, ce n’est pas une idéologie qui a triomphé, mais la barbarie la plus crue, celle qui s’en prend à des enfants de deux ans au nom d’une « cause » qui semble avoir perdu tout sens de l’humanité.

Bornes fontaines publiques : Camwater opte pour une solution de proximité d’accès à l’eau potable

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Rapprocher l’eau potable des populations, notamment les couches les plus vulnérables. C’est ambition que nourrit la Cameroon Water Utilities (Camwater), à travers le projet de construction de 200 bornes fontaines publiques sur toute l’étendue du territoire national. La phase pilote de ce projet est prévue démarrer au second trimestre de cette année 2026. Pour la Camwater, il s’agit de la première phase d’un vaste programme d’implémentation des projets d’alimentation en eau potable à mettre en œuvre au cours des prochaines années. Dans les détails, le projet devrait s’étendre à tout le pays avec 50 bornes pour Yaoundé ; 50 bornes dans la ville de Douala et 10 autres pour des localités dans chacune des 10 régions.

Comme l’explique Blaise Moussa, le directeur général de la Camwater, « La répartition nationale témoigne d’une volonté d’équité territoriale. Les critères d’attribution et d’implantation seront définis par la Camwater, en concertation avec les communes partenaires, afin de garantir une localisation stratégique, au plus près des zones à forte concentration humaine et à forte demande hydrique. Ce projet structurant et tourné principalement vers les populations vulnérables ». Cette initiative dont l’objectif est de réduire la distance entre les points de puisage et les ménages, en ciblant en priorité les zones à forte tension hydrique sera mise en œuvre en liaison avec les communes, en accompagnement des extensions des systèmes d’alimentation en eau potable et des nouveaux branchements en zones urbaines et périurbaines.

Une réponse adaptée aux besoins quotidiens des populations

Blaise Moussa ajoute que « Dans un contexte de croissance démographique soutenue, ces nouveaux ouvrages viendront soulager la pression exercée sur les infrastructures existantes et apporter une réponse adaptée aux besoins quotidiens des populations. Les diligences y afférentes font déjà l’objet d’un suivi personnel du Directeur général. Plus qu’un projet, une promesse tenue. Avec la construction des 200 bornes fontaines publiques et la mobilisation de projets structurants majeurs, la Camwater inscrit résolument l’accès à l’eau potable comme un pilier du développement humain, de la justice sociale et de la stabilité nationale ».

Sur la portée de ce projet, le DG de Camwater précise que « Des millions de ménages seront impactés grâce à ce projet de proximité pensé et exécuté en étroite collaboration avec les collectivités territoriales décentralisées. Il s’agira de rapprocher durablement l’eau potable des ménages, soulager les femmes et les enfants, et offrir un accès sécurisé à une eau de qualité aux couches défavorisées. Nous allons favoriser l’extension du réseau d’eau de la Camwater et les nouveaux branchements vers les zones pauvres en eau afin de satisfaire le maximum de personnes ».

À l’issue de cette phase pilote de six mois, l’opération sera progressivement étendue, en fonction des résultats obtenus, des besoins exprimés par les collectivités territoriales décentralisées et de la disponibilité des ressources, afin de couvrir un nombre accru de zones prioritaires à forte tension hydrique, précise-t-on à Camwater. Pour ce qui est de l’entretien de ces ouvrages hydrauliques, la structure en charge de la production et de la distribution de l’eau potable au Cameroun informe qu’il sera du ressort de l’opérateur de distribution de l’eau, avec la contribution des communes bénéficiaires qui devront participer également à la bonne gestion quotidienne des ouvrages afin de garantir leur pérennisation. « Nous disposons de meilleurs experts hydrauliques qui veilleront par un suivi particulier à l’entretien des bornes fontaines publiques pour le bien-être des populations », rassure-t-on à la Camwater.

Bornes fontaines publiques : une solution d’appoint

Dans les grandes agglomérations, la construction des bornes fontaines publiques reste une mesure palliative pour leur approvisionnement en eau potable, en attendant le démarrage effectif des différents projets d’envergure qui vont bientôt démarrer, rassure-t-on à Camwater. Parmi ces projets d’envergure cités par le DG de Camwater, il y la reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé. « En outre, deux autres projets majeurs qui viendront en soutien au projet d’alimentation en eau potable de ville de Yaoundé à travers le fleuve Sanaga (PAEPYS) et le projet d’urgence pour une meilleure intégration du volume d’eau potable du PAEPYS (PUMIP) déjà opérationnels et du Projet de réhabilitation et d’extension de la station de Japoma-Douala, qui vont renforcer significativement le taux de production actuelle », explique Blaise Moussa.

Avant d’ajouter que « Nous avons également une série de projets au profit des autres villes, notamment le Projet d’alimentation en eau potable 9 villes phase 2 (Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Yabassi et Dschang), dont la livraison du chantier est prévue au cours de cette année. Bien d’autres projets sont dans le pipe afin d’améliorer substantiellement l’approvisionnement en eau potable pour tous, en respect du point 6 des Objectifs de développement durable ». Blaise Moussa de conclure  « que le gouvernement, à travers son bras séculier qu’est la Camwater, a mis les bouchées doubles pour améliorer substantiellement l’accès à l’eau potable des populations camerounaises. Nous ne ménagerons ainsi aucun effort, toutes nos équipes sont mobilisées à l’effet de la conduite harmonieuse de toutes ces opérations, au bénéfice des ménages camerounais ».

La campagne de 200 000 nouveaux branchements en cours

Pour la Camwater, c’est une opération d’envergure qui vient compléter efficacement les bornes fontaines publiques, en offrant une solution pérenne aux foyers éligibles au raccordement individuel. La Camwater a en effet engagé une vaste campagne nationale de réalisation de 200 000 nouveaux branchements, destinée à rapprocher le réseau de distribution des ménages, à réduire les branchements frauduleux et à élargir durablement la base des abonnés.

Le projet de construction de 200 bornes fontaines publiques se veut donc pour la Camwater, une approche transitoire qui s’inscrit dans un dispositif cohérent et ambitieux, combinant réponses d’urgence et réformes structurelles, à travers plusieurs projets d’envergure. « Parmi ceux-ci figure le projet de sécurité de l’eau au Cameroun, mis en œuvre sur financement de la Banque mondiale. S’y ajoute le projet PforR (Program for Results), également soutenu par la Banque mondiale, qui introduit une approche innovante fondée sur les résultats, la performance et la bonne gouvernance. Ce mécanisme accélère les réformes du secteur, optimise les investissements et garantit un impact mesurable sur l’accès des populations à une eau potable de qualité », précise Blaise Moussa.

Budget 2026 : Cap sur une croissance inclusive et une discipline budgétaire accrue

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L’année 2026 marque un tournant décisif pour les finances publiques camerounaises. Lors du lancement officiel du budget ce mardi 13 janvier 2026, les grandes orientations de l’État ont été dévoilées, mettant en lumière une stratégie qui tente de concilier relance économique et rigueur de gestion.

UN BUDGET EN FORTE EXPANSION MALGRÉ LES VENTS CONTRAIRES

Le montant global du budget de l’État pour 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, ce qui représente une augmentation significative de 14 % par rapport à la loi de finances rectificative de 2025, soit une hausse de 1 080,5 milliards de FCFA. Cette enveloppe se décline en un budget général de 8 683,9 milliards et des Comptes d’Affectation Spéciale (CAS) évalués à 132,5 milliards. L’objectif affiché par les autorités est ambitieux : « le renforcement de la dynamique de croissance économique inclusive, à travers notamment, la transformation industrielle du tissu productif et l’amélioration des conditions de vie des populations ». Pour y parvenir, le gouvernement mise sur la Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030 (SND30), tout en veillant à maintenir « le niveau d’endettement sur une trajectoire viable, en cohérence avec les critères de convergence de la Sous-Région CEMAC ».

DES INNOVATIONS MAJEURES POUR PLUS DE TRANSPRENCE

La circulaire d’exécution, signée le 31 décembre 2025 par le Ministre des Finances, ne se contente pas de fixer des chiffres ; elle introduit des réformes structurelles profondes. Parmi les innovations les plus marquantes, on note l’application intégrale de la Nomenclature budgétaire de 2019, qui entraîne la suppression des anciens « chapitres communs » au profit de dotations spécifiques pour les dépenses accidentelles et imprévisibles.

Une attention particulière est désormais portée à l’équité sociale. Comme le souligne le document de présentation, « les crédits budgétaires alloués aux dépenses marquées comme sensibles au genre ne peuvent pas faire l’objet de virement pour l’exécution d’autres types de dépenses ». C’est une avancée majeure pour la sécurisation des ressources dédiées à l’autonomisation des femmes. De plus, pour soutenir directement la jeunesse et l’entrepreneuriat féminin, un Fonds Spécial de 50 milliards de FCFA a été créé pour l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi jeune.

UNE DISCIPLINE DE FER FACE AUX RISQUES

L’exécution de ce budget ne sera pas sans embûches. Le gouvernement identifie plusieurs risques exogènes, notamment la « persistance de la crise russo-ukrainienne et des tensions au Moyen-Orient », ainsi que la « baisse durable des cours mondiaux des matières premières exportées par le Cameroun en particulier, le pétrole brut ». Au niveau interne, l’insécurité dans certaines régions et les aléas climatiques pèsent également sur les prévisions.

Pour pallier ces risques, la réduction du train de vie de l’État reste un leitmotiv. Les orientations sont fermes : « pour les dépenses de fonctionnement, les mesures budgétaires demeurent axées sur la réduction du train de vie de l’État ». En parallèle, le gouvernement prévoit une « mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières, dans le respect de la soutenabilité de l’activité économique, tout en évitant des distorsions économiques préjudiciables au développement et à la compétitivité des entreprises ».

LA CLÉ DU SUCCÈS RÉSIDE DANS L’APPROPRIATION

En fin de compte, la réussite de cet exercice budgétaire dépendra de la rigueur de chaque acteur. Comme l’explique ce cadre du Minfi, « le budget 2026 est exécutoire et sa mise en œuvre interviendra dans un contexte difficile. La circulaire d’exécution du budget ainsi que son annexe […] doivent ainsi faire l’objet d’une bonne appropriation par l’ensemble des acteurs. C’est à cette seule condition que le budget de l’Etat et ceux des autres entités publiques pourront permettre de relever les nombreux défis qui leur sont attachés. ». Entre ambition industrielle et prudence fiscale, le Cameroun trace sa route pour 2026 avec l’espoir que cette injection massive de capitaux dans l’économie réelle produise les effets escomptés sur le quotidien des populations.

Marchés publics : comment l’État entend sécuriser la dépense publique en 2026

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L’environnement réglementaire reste marqué par trois évolutions majeures : la poursuite de la vulgarisation des nouveaux textes, l’obligation de catégorisation des entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP), et la transition vers la passation des marchés par voie électronique à travers la plateforme Coleps (Cameroon Online E-Procurement System). Cette plateforme permet la soumission et le traitement en ligne des offres, avec pour objectif de réduire les délais, de limiter les interventions humaines et de renforcer la traçabilité des procédures.

Parmi les rappels jugés structurants figure l’obligation faite aux maîtres d’ouvrage et maîtres d’ouvrage délégués de mettre à jour, en lien avec le Minmap, leurs plans de passation des marchés et leurs journaux de programmation. Cette exigence s’applique notamment en cas d’inscription de nouveaux projets ou de modification de projets existants, afin d’éviter les ajustements tardifs qui perturbent l’exécution budgétaire en cours d’exercice.

La Cirex 2026 fixe également des échéances strictes. La signature des marchés devra intervenir au plus tard le 30 avril 2026. Le recours à l’exécution des travaux en régie, c’est-à-dire réalisés directement par l’administration sans entreprise privée, reste autorisé mais soumis à une autorisation préalable du ministre des Marchés publics. Les marchés passés par entente directe, communément appelés gré à gré, sont encadrés par une date butoir : les demandes d’autorisation devront être déposées avant le 15 octobre 2026. Les demandes d’actualisation des dossiers, elles, sont limitées au 15 août 2026.

L’APPROCHE HIMO AU CŒUR DE LA COMMANDE PUBLIQUE

Autre point mis en avant est l’intégration des approches à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). Inscrites dans la loi de finances 2026, ces méthodes privilégient le recours à la main-d’œuvre locale, en particulier les jeunes et les femmes, plutôt qu’aux équipements lourds. L’objectif est de favoriser l’emploi direct dans les communautés et de renforcer l’impact social des projets publics, tout en réduisant les coûts liés à la mécanisation excessive.

Conformément au décret de 2014, elles doivent être prises en compte dès la maturation des projets, au moment de la passation des marchés et durant l’exécution des travaux. Le Minmap a par ailleurs insisté sur les mesures de promotion des matériaux locaux et des petites et moyennes entreprises. Les marchés dits « réservés » sont désormais destinés aux artisans, aux PME nationales, aux organisations communautaires de base et aux organisations de la société civile. Les seuils sont clairement définis. Ils sont fixés à 15 millions de FCFA pour les très petites entreprises et artisans, 30 millions pour les organisations communautaires, et 50 millions pour les PME.

Les critères d’évaluation tiennent compte de la localisation du soumissionnaire et de ses références, avec une prise en considération de l’expérience du promoteur lorsque l’entreprise est récente.

LE RÉGIME DES CAUTIONS EST RENFORCÉ

Sur le volet de l’exécution, les consultations par anticipation sont autorisées sous conditions, notamment l’existence d’un plan de travail annuel ou d’un journal de projets. Toutefois, aucun visa budgétaire ne peut être accordé sans financement effectivement disponible. Le régime des cautions a été renforcé.

Les cautions de soumission, de bonne exécution et de retenue de garantie doivent désormais être consignées à 100 % auprès de la Caisse des dépôts et consignations (CDEC). Seules les avances de démarrage sont consignées à hauteur de 40 %. L’absence de récépissé entraîne l’élimination du soumissionnaire, et des mécanismes de vérification de l’authenticité des cautions sont mis en place, y compris pour les soumissions en ligne.

RECETTES NON FISCALES : CLARIFICATION DES FRAIS LIÉS AUX MARCHÉS PUBLICS

Enfin, le département en charge des Marchés publics a précisé le cadre des recettes non fiscales liées aux marchés publics. Il s’agit notamment des frais de catégorisation des entreprises, des frais d’acquisition des certificats électroniques nécessaires à l’utilisation de Coleps, des frais d’examen des recours et de ceux relatifs à la levée de suspension des acteurs de la commande publique. Ces frais sont désormais encadrés par des plafonds définis par la loi de finances.

À travers ces rappels et ajustements, l’administration des marchés publics entend resserrer les règles de gestion, réduire les marges d’interprétation et mieux sécuriser l’exécution du budget 2026, dans un contexte où la maîtrise des procédures conditionne directement l’efficacité de la dépense publique. Dans le cadre de sa mission régalienne visant à garantir le bon fonctionnement du système des marchés publics, le ministère des Marchés publics (Minmap) entend maintenir son accompagnement technique auprès des acteurs tout au long de l’exercice 2026. « Le MINMAP continuera, comme par le passé, à accompagner les acteurs afin que la passation et l’exécution des marchés publics soient optimales au cours de l’exercice 2026 à travers les cinq principaux piliers de performance », a déclaré Théophile Tsala Eloundou, conseiller technique n°2 du ministère, lors de sa présentation.

 Ces piliers incluent la finalisation et la signature des textes d’application du Code des marchés publics, la poursuite de la professionnalisation des intervenants du secteur, l’appui à la dématérialisation des procédures via la plateforme Coleps, le renforcement des contrôles sur la passation et l’exécution des marchés, ainsi qu’un durcissement des sanctions à l’encontre des pratiques irrégulières et des acteurs reconnus coupables de manquements.

Lancement du budget 2026 : une hospitalité sous le signe de la reconnaissance à Ngaoundéré

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C’est dans une atmosphère de solennité que Monsieur le Maire de la Ville de Ngaoundéré, Bobbo SALIHOU, s’est exprimé à l’ouverture des travaux de lancement du budget de l’État pour l’exercice 2026. Souhaitant la bienvenue au Ministre des Finances et à sa délégation, l’édile a exprimé sa profonde gratitude pour le choix porté sur le chef-lieu de l’Adamaoua pour abriter cet événement de portée nationale.

Au-delà des civilités d’usage, Bobbo SALIHOU a tenu à saluer la résilience du management financier du pays. Dans un contexte mondial marqué par des chocs économiques successifs, il a loué les efforts constants du Ministre pour maintenir le cap de la croissance et soutenir les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD). Pour le Maire, le message est clair : la décentralisation n’est plus un projet, mais une réalité « résolument et irréversiblement en marche ».

LES GRANDS DÉFIS DE L’ADAMAOUA

 Si l’heure était à la célébration de la coopération État-communes, le Maire s’est fait le porte-voix des aspirations profondes des populations locales. Deux axes prioritaires ont été mis en exergue pour catalyser le développement régional :

  • Le pôle énergétique et logistique : Avec une demande pressante pour la relance des chantiers des barrages hydroélectriques et le démarrage effectif du projet de port sec de Matari, infrastructure jugée cruciale pour le désenclavement et le dynamisme commercial de Ngaoundéré.
  • Le pôle institutionnel : La nécessité de renforcer l’offre en services publics et de construire des résidences de fonction pour les autorités administratives, municipales et régionales.

 INNOVER MALGRÉ LA RARETÉ DES RESSOURCES

 Malgré un contexte budgétaire qu’il a qualifié de « s’amenuisant », Bobbo SALIHOU a présenté un bilan honorable des réalisations municipales visant à améliorer le cadre de vie des citoyens. Ce tour d’horizon des acquis a servi de base à l’énoncé de doléances spécifiques visant à renforcer les moyens d’action des élus locaux. En concluant son propos, le Maire a souhaité des travaux fructueux aux participants, rappelant que l’avenir économique de la « ville château d’eau » du Cameroun se joue aujourd’hui dans la rigueur et l’ambition de ce nouveau budget.

Fiscalité : sécuriser les recettes et protéger le Made in Cameroon en 2026

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Structurées autour de cinq axes majeurs, ces nouvelles mesures visent à adapter l’action douanière aux priorités nationales, dans un contexte de contraintes budgétaires et de recherche d’une meilleure efficacité de la dépense publique.

 Le premier axe concerne la santé publique, l’accès à l’eau et à l’énergie verte. Des aménagements tarifaires sont introduits afin de faciliter l’importation d’équipements, d’intrants et de technologies destinés aux secteurs sanitaires, hydrauliques et énergétiques. L’objectif est de réduire le coût des projets publics et privés dans ces domaines, tout en soutenant les politiques nationales d’amélioration de l’offre de soins, d’accès à l’eau potable et de transition énergétique. Ces mesures s’inscrivent dans une logique d’allègement ciblé, sans remettre en cause l’équilibre global des recettes douanières.

Le deuxième axe porte sur l’import-substitution et la valorisation des ressources naturelles. La Loi de Finances 2026 introduit des ajustements visant à décourager certaines importations concurrentes de la production locale, tout en encourageant la transformation sur place des matières premières. À travers des droits différenciés et une taxation mieux calibrée, les autorités entendent soutenir les filières industrielles locales, réduire la dépendance extérieure et améliorer la balance commerciale. Cette orientation rejoint les objectifs de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui fait de l’industrialisation un levier central de croissance.

 L’emploi des jeunes constitue le troisième pilier des nouvelles mesures douanières. Des dispositifs incitatifs sont prévus pour les entreprises créatrices d’emplois, notamment celles qui investissent dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. L’approche retenue vise à utiliser l’outil douanier comme un instrument d’accompagnement des politiques d’insertion professionnelle, en réduisant certains coûts d’entrée pour les opérateurs économiques engagés dans la formation et l’emploi des jeunes.

 La lutte contre la fraude et la sécurisation des recettes forment le quatrième axe. La Loi de Finances 2026 renforce le cadre juridique applicable aux contrôles douaniers, au traitement des marchandises saisies et à la retenue douanière des personnes. Ces dispositions visent à améliorer la traçabilité des opérations, limiter les pertes de recettes et renforcer l’autorité de l’administration face aux pratiques frauduleuses, qui continuent de peser sur les finances publiques.

Le cinquième axe concerne l’engagement du pays à appliquer le Code des douanes harmonisé de la CEMAC révisé et le Tarif extérieur commun. Cette harmonisation vise à limiter les distorsions entre États membres, faciliter la circulation des marchandises et renforcer la crédibilité du pays au sein des espaces CEMAC et CEEAC.

Café : la campagne 2025/2026 s’ouvre dans un contexte d’embellie

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Les signaux sont donc au vert pour le café. Son marché sur le plan international connait actuellement une embellie des cours sur les marchés internationaux, du fait notamment d’une demande en forte croissance, face à une offre en retrait, contrariée par les aléas du changement climatique. Egalement, au plan national, l’on note un relèvement significatif de la production commercialisée, qui est passée de 10 592 à 11 637 tonnes entre les campagnes 2023/2024 et 2024/2025, soit un rebond de 9,8%. Une tendance contraire au déclin connu ces dernières années de la production nationale du café.

À l’origine de cette réalité, selon les acteurs, se trouvent non seulement les effets néfastes des changements climatiques, mais aussi et surtout, le désintérêt des producteurs, qui sont refroidis par des prix d’achat jugés très bas. Cette conjonction de facteurs a pour conséquence de plomber la production nationale. Il faut rappeler que le Cameroun ciblait une production de 16 000 tonnes (+45%) au cours de la campagne 2024-2025, comme l’avait annoncé le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, lors de la 4e session du comité de pilotage du projet de relance de la filière café tenue le 20 mars 2025 à Yaoundé. Donc visiblement, cet objectif n’a pas été atteint pour ce qui est de la production commercialisée qui tourne encore autour de 12 000 tonnes.

S’agissant des prix au producteur, ils ont suivi la même tendance haussière. Ces prix ont progressé de 2 375 à 2 854 FCFA/kg, pour ce qui est de l’arabica et de 1 500 à 1 959 FCFA/kg, en ce qui concerne le robusta, représentant une hausse de 20,16 et 30,6%. Au-delà donc de la consolidation des acquis, il s’agit pour le gouvernement, au cours de cette nouvelle campagne, de mettre le curseur sur le renforcement de la transformation et de la consommation locales dans le droit fil de la SND30 et afin de tirer le meilleur parti des opportunités de marché offertes par la Zone de libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAF).

Le MINFI lance un budget axé sur la décentralisation et l’import-substitution

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Après Buea, c’est Ngaoundéré qui a servi de cadre, le 13 janvier 2025, à la traditionnelle cérémonie de lancement du budget de l’État. Autour du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, étaient réunis des représentants du ministère de l’Économie, du ministère des Marchés publics, ainsi que les autorités administratives, municipales et traditionnelles de la région de l’Adamaoua.

Ouvrant la cérémonie, le ministre des Finances a tenu à rappeler le sens politique et économique du choix de l’Adamaoua pour abriter le lancement du budget 2026. « Le choix de l’Adamaoua pour lancer le budget 2026 n’est ni anodin ni circonstanciel. Il traduit la volonté ferme et constante du Président de la République, Son Excellence Paul Biya, de promouvoir un développement équilibré du territoire national », a-t-il déclaré, soulignant la contribution spécifique de chaque région à l’édification du Cameroun émergent. Insistant sur le rôle stratégique de la région, Louis Paul Motaze a relevé que « l’Adamaoua constitue un véritable trait d’union entre le septentrion et les régions méridionales de notre pays », avant d’ajouter qu’elle est « à la fois un espace de brassage humain et culturel, un carrefour économique stratégique et un pilier majeur de la souveraineté alimentaire nationale », grâce à son potentiel agro-pastoral reconnu.

 Abordant les grandes orientations du budget 2026, le ministre a indiqué que celui-ci repose prioritairement sur « une mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières dans le respect de la soutenabilité de l’activité économique », tout en veillant à préserver la compétitivité des entreprises. Le budget met également l’accent sur « l’accélération de la mise en œuvre du plan intégré d’import-substitution agro-pastoral », le renforcement de l’offre énergétique et la restauration de l’équilibre financier du secteur de l’électricité, notamment à travers le rachat des actions d’Actis.

 Sur le plan des infrastructures, il est prévu de « développer les infrastructures de transport et de désenclavement des bassins de production, y compris la réhabilitation des voiries urbaines », tout en poursuivant la reconstruction des régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord, sans négliger la lutte contre les changements climatiques.

Au plan social, Louis Paul Motaze a annoncé la poursuite des efforts en faveur de la formation technique et professionnelle, du relèvement du plateau technique des hôpitaux, du renforcement des infrastructures scolaires de proximité et de la protection du pouvoir d’achat des ménages vulnérables, à travers notamment l’intensification du projet des filets sociaux. « Une attention particulière est accordée à la promotion des jeunes et des femmes », avec la création d’un fonds spécial dédié à l’autonomisation économique des femmes et à la promotion de l’emploi jeune.

Enfin, en matière de gouvernance, le budget 2026 marque « une étape décisive dans la consolidation de la fiscalité locale », avec le transfert effectif de certaines recettes fiscales aux collectivités territoriales décentralisées, afin de renforcer leur autonomie financière et d’approfondir le processus de décentralisation.

Pour mémoire, le budget de l’État du Cameroun pour l’exercice 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, en hausse de 14% par rapport à l’exercice précédent. Les ressources internes attendues sont évaluées à 5 887,0 milliards de FCFA, tandis que les charges de l’État, hors remboursement du principal de la dette, sont projetées à 6 210,5 milliards de FCFA. Le déficit budgétaire ressortirait ainsi à 1,7 % du PIB, contre 0,8 % en 2025.

Louis Paul Motaze : « Renforcer l’investissement public productif et préserver les équilibres macroéconomiques »

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Mesdames et Messieurs, Je suis particulièrement honoré et profondément heureux de me retrouver ce jour à Ngaoundéré, capitale de la Région de l’Adamaoua, pour procéder au lancement solennel du budget de l’État et des autres entités publiques au titre de l’exercice 2026.

Le choix porté sur l’Adamaoua pour accueillir cette cérémonie nationale n’est ni anodin ni circonstanciel. Il traduit la volonté ferme et constante du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, de promouvoir un développement équilibré du territoire national. Région de transition et de convergence, l’Adamaoua constitue un véritable trait d’union entre le septentrion et les régions méridionales de notre pays. Elle est à la fois un espace de brassage humain et culturel, un carrefour économique stratégique et, surtout, un pilier majeur de la souveraineté alimentaire nationale. Son potentiel agro-pastoral en fait une région clé pour la stabilité économique, sociale et même sécuritaire du Cameroun.

Je voudrais adresser mes félicitations aux autorités locales pour la maturité dont elles ont fait preuve pour préserver cette stabilité dans le contexte sécuritaire post-électoral. Permettez-moi de vous exprimer également ma gratitude pour l’accueil chaleureux réservé à ma délégation. Je me réjouis de la présence massive des acteurs de la chaîne budgétaire, témoignant de l’intérêt porté à la gestion rigoureuse des finances publiques.

La cérémonie de ce jour s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement technique assuré par le Ministère des Finances, en collaboration avec d’autres départements ministériels (Minepat, Minmap, Minddevel), pour une exécution optimale des lois de finances.

La loi de finances 2026 s’inscrit dans la continuité de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030. L’objectif est la consolidation des finances publiques tout en garantissant la mise en œuvre des priorités fixées par le Président de la République pour le prochain septennat. Il s’agit également d’une mobilisation optimale des recettes internes non pétrolières sans créer de distorsions préjudiciables aux entreprises.

Les axes prioritaires pour 2026 :

  •  Sécurité : Maintien de la veille aux frontières et dans les agglomérations en contexte post-électoral.
  •  Économie : Mise en œuvre du Programme d’Impulsion Initiale (P2I) et du Plan Intégré d’Import-Substitution (PIISAH). Renforcement de l’offre énergétique, rachat des actions d’ACTIS à ENEO, et développement des infrastructures de transport. Reconstruction des régions en crise et lutte contre le changement climatique.
  • Social : Intensification de la formation professionnelle, veille sanitaire, amélioration du plateau technique hospitalier et des infrastructures scolaires. Préservation du pouvoir d’achat, projet Filets Sociaux, promotion du HIMO et de la Politique Nationale Genre.
  • Gouvernance : Accélération de la décentralisation, apurement de la dette intérieure et réforme de la gestion des finances publiques. Une attention particulière est accordée à la promotion des jeunes et des femmes avec la création d’un Fonds spécial pour leur autonomisation économique. La loi de finances 2026 marque aussi une étape décisive pour la décentralisation avec le transfert effectif de certaines recettes fiscales au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).

Concernant le secteur agro-pastoral, pilier de l’Adamaoua, des dispenses fiscales importantes sont prévues, permettant de réduire le coût de l’investissement de près de 30%. Ces mesures incluent des exonérations de TVA sur les intrants et équipements, ainsi que des dispenses de taxe foncière et de patentes pour les premières années d’exploitation.

Chiffres clés et projets pour l’Adamaoua :

  •  L’enveloppe globale de la loi de finances 2026 s’élève à 8 816,4 milliards FCFA, soit une augmentation de 14,0% par rapport à 2025.
  • Le budget alloué à la Région de l’Adamaoua est de 41,2 milliards FCFA.
  •  Projets majeurs : Bitumage de la route Banyo-Mayo Darle-Bankim, Ngatt-Likok et Ngaoundéré-Paro ; désenclavement des zones de production ; construction de lycées, de forages pastoraux et acquisition de kits d’insémination artificielle.

L’exécution du budget s’appuiera sur de nouveaux manuels de procédures et circulaires spécifiques. Je félicite la région pour ses taux de réalisation physique élevés (jusqu’à 97% en 2023). Cependant, des efforts restent à faire sur les délais de contractualisation et le suivi des projets. J’invite tous les acteurs — ordonnateurs, opérateurs économiques, services déconcentrés et élus locaux — à faire preuve de responsabilité, de professionnalisme et de patriotisme économique pour la réussite de cet exercice.

Le lancement du budget n’est pas un simple rituel, mais le socle d’un dialogue de gestion permanent au service du bien-être de nos populations. C’est sur cette note d’espoir que je déclare officiellement ouverts les travaux relatifs au lancement du budget 2026.

Vive la Région de l’Adamaoua ! Vive le Cameroun !

Cameroun-Sénégal: lourdes sanctions de la CAF contre Samuel Eto’o

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Dans une procédure expresse, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a infligé de lourdes sanctions contre Samuel Eto’o Fils le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Le patron du football camerounais est privé de stade lors des quatre prochains matchs du Cameroun. A cela, la Caf ajoute une amende de 20 000 dollars américains, soit un peu plus de 11 millions de francs CFA.

La sanction fait suite au comportement du président de la Fecafoot lors du match des 8ème de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025 qui s’est joué entre le Cameroun et le Maroc (0-3). Si la CAF elle-même a ouvert une enquête sur les faits ayant marqué ce match, elle n’a pas attendu les conclusions de ladite enquête pour frapper durement Samuel Eto’o qui n’avait pas caché son désarroi face à des décisions pour le moins suspicieuses du corps arbitral, en défaveur du Cameroun. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux,l’on peut voir Samuel Eto’o s’en prendre tant à son homologue Faouzi Lekjaa de la fédération royale marocaine de football qu’au président même de la Caf. La Caf n’a pas cru devoir attendre la fin des enquêtes sur d’éventuels comportements soupçonnés d’être  »contraires à l’éthique sportive » dans la gestion de ce match, pour infliger des sanctions contre un des acteurs clés de ce match.

En prenant acte de la décision, la Fecafoot dénonce une décision « dépourvue de toute motivation ». En soulignant « en outre que la procédure expresse aboutissant à cette décision soulève de sérieuses réserves au regard des exigences fondamentales d’un procès équitable ». Et annonce un recours.

Ce n’est pas là première fois que Samuel Eto’o subit de sanctions pareilles. En septembre 2024, le président de la Fecafoot avait déjà été frappé par la FIFA, d’une sanction du genre, six mois de suspension des matchs de la sélection au sujet d’un match de la Coupe du monde junior en Colombie. Samuel Eto’o avait ouvertement contesté l’arbitrage qui au demeurant, défavorisait le Cameroun.

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