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Energie électrique: 432 milliards investis en 11 ans par Actis dans l’électricité au Cameroun

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L’heure est donc au bilan. Même si, pour le directeur général d’Eneo Cameroon, Amine Homman Ludiye, si Actis a cédé ses parts à l’Etat, rien ne change dans la réalité des opérations, ni dans les missions d’Eneo qui poursuivra sa transformation. Néanmoins, le DG d’Eneo a dressé, le 3 janvier 2026, dans un message à ses équipes, en guise de vœux de Nouvel an 2026, les grandes lignes de l’action du fonds britannique Actis dans le secteur de l’électricité au Cameroun., « Depuis qu’Actis a pris la direction stratégique de l’entreprise, beaucoup a été fait.

Au moment où il cède ses parts à l’Etat, nous pouvons être fiers de ce que l’entreprise a accompli durant ces années symbolisées par des performances concrètes : +20 points de taux d’accès à l’électricité (56% en 2014 – 76% en 2025) ; 432 milliards de F CFA d’investissements pour sécuriser, moderniser et diversifier le service électrique ; 520 milliards de F d’impôts et taxes divers versés à l’Etat ; plus de 2000 jeunes recrutés ; 1000 milliards en commandes auprès d’entreprises camerounaises », a listé Amine Homman Ludiye.

Pour ce qui est de la production, le DG d’Eneo a indiqué que les capacités ont été renforcées. Avec pour preuve, le lancement de la phase 2 des parcs solaires de Maroua et Guider avec pour objectif d’en doubler la capacité. « C’est notre engagement envers les énergies renouvelables et l’amélioration de l’offre dans le Septentrion », a souligné Amine Homman Ludiye, tout en faisant le point sur la contribution de l’entreprise à la production nationale. « Avec 50% des capacités installées du pays, Eneo a produit 60% des 7,3 Gigawattheures d’électricité consommée au Cameroun entre janvier et fin novembre 2025. La centrale de Songloulou seule a généré 31,35% de l’offre nationale et 34% de la couverture du Réseau Interconnecté Sud », a-t-il précisé.

 UNE DISTRIBUTION ENCORE PERTURBÉE

Au niveau de la distribution, Eneo indique que des améliorations, bien que pas encore satisfaisantes pour les consommateurs, ont été enregistrées, notamment pour ce qui du réseau Moyenne tension (MT) avec 19% moins d’accidents sur les grandes lignes, 24% de réduction de la durée des coupures et 23% de baisse de leur fréquence. Selon, le DG, ces progrès sont le résultat d’investissements poursuivis avec la contribution du gouvernement, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. On parle de l’injection de poteaux en béton ou bois neufs, de l’élagage mécanisé des lignes, de la protection des postes, etc.

 Mais ceci ne fait pas oublier les perturbations, durant les mois d’octobre et de novembre, du fait moyens limités et un accroissement de la demande qui pousse les infrastructures au-delà de leurs limites physiques et augmentent les pertes. S’agissant des projections, le DG d’Eneo annonce « l’hybridation des parcs solaires aux centrales thermiques dans des centrales isolées, notamment à Banyo, Touboro et Yokadouma, dont les travaux ont été accélérés en 2025 et qui devraient apporter 3700 kilowatts crêtes de plus dans ces localités en 2026 ».

Autre challenge pour cette année 2026, c’est la lutte contre la fraude endémique qui entrave également lourdement la progression du rendement de distribution. « Nous continuerons à livrer en 2026 une lutte sans merci contre ce fléau », a martelé Homman Ludiye. Pour le DG d’Eneo, « Le gouvernement, conscient de la problématique, a engagé des réformes. Eneo y participe activement. C’est une opportunité de redresser ensemble le secteur de l’électricité. Nous devons y investir toute notre ingéniosité », souligne-t-il, non sans évoquer la transition au sein de l’entreprise.

112 milliards FCFA pour moderniser la gestion budgétaire

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C’est un nouveau programme qui vient donc en appui au Plan stratégique de réformes de la gestion des finances publiques 2024- 2027 validé en octobre 2024. Le Programme d’amélioration de la performance, de la redevabilité et de la transparence (PforR/Impact, financé à hauteur de 112 milliards de FCFA par la Banque mondiale, est donc entré en vigueur depuis le 8 janvier 2026.

Ce, après que le Cameroun ait satisfait les conditions d’effectivité de l’accord de financement, comme le précise le Directeur de Division de la Banque mondiale pour la zone Afrique centrale et Afrique de l’Ouest. Toutes les diligences auraient donc déjà été faites, notamment le recrutement du personnel clé de l’Unité de coordination du Projet et la validation de son manuel opérationnel. Cette nouvelle initiative, explique-t-on, dans une note d’informations publiée récemment par la Direction générale du Budget au ministère des Finances, vise à améliorer la mobilisation des ressources intérieures au Cameroun en mettant l’accent sur l’équité et l’utilisation efficace des ressources publiques pour permettre des améliorations dans les services de base tels que les soins de santé et l’approvisionnement en eau.

 Ce nouveau programme accompagne également la mise en œuvre de plusieurs politiques soutenues par le financement des politiques de développement pour la soutenabilité budgétaire et la croissance inclusive et durable (DPF) pour améliorer la politique fiscale, la gestion du Trésor, augmenter les ressources fiscales pour les municipalités et améliorer la transparence et la surveillance des entreprises publiques.

LES ATTENTES DU PROGRAMME

Au niveau de son incidence opérationnelle dans la modernisation des finances publiques, ce programme est principalement attendu sur la hausse significative du taux de télédéclaration et de paiement de l’impôt ; l’augmentation des recettes de la TVA et de l’impôt sur les sociétés ; la publication systématique des états financiers audités des entreprises publiques. Mais aussi, l’intégration du climat et du genre dans la gestion budgétaire des départements ministériels ; le rapatriement des fonds publics détenus par les comptes commerciaux au profit du compte unique du Trésor et l’amélioration de la reddition des comptes dans les formations sanitaires publiques « Sa particularité tient principalement au fait que chaque décaissement des fonds repose sur la réalisation des résultats préalablement identifiés dans l’accord de financement.

Sur le plan financier, ce sont près de 200 millions de dollars (près de 112 milliards de F) qui seront mis à disposition à taux concessionnel sur 4 ans sur les 300 millions (près de 168 milliards) identifiés dans le plan stratégique de réformes de la gestion des finances publiques », peut-on lire dans le document. Cette initiative est lancée alors qu’un projet similaire dans le secteur de l’énergie (PforR Energie) est en cours de mise en œuvre depuis 2024.

 « En plus de doter l’État de ressources additionnelles lui permettant de remplir ses rôles clés et améliorer la responsabilité dans l’utilisation de ces ressources, Impact soutiendra les efforts du Cameroun pour gérer ses finances publiques de manière plus sensible au climat et au genre », expliquait Henri Fortin, chef d’équipe de cette opération au moment de son approbation par la Banque mondiale en mars 2025.

Le magicien…

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Il aura tenu sa réputation de chef imprévisible, forgée au long de ses bientôt quarante-quatre ans de magistrature suprême. Quand bien même il annonçait, le 31 décembre 2025, sur le ton de la confidence, la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale « dans les prochains jours », il n’aura pas poussé la clarté jusqu’au bout, installant les ministres – toujours en fonction, mais déjà en sursis – dans un suspense intenable, et tenant le pays tout entier en haleine.

Une telle conjoncture politique critique ne pouvait que favoriser l’expression des conjectures les plus débridées, et accentuer, jusqu’à leur radicalisation, les luttes de positionnement commencées avant les phases décisives de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, dans la perspective des rétributions attendues sur fond de redistribution des cartes.

Cette épreuve politique et ce supplice psychologique qu’il inflige à ses partisans et à ses alliés vient rappeler à ceux qui l’auraient oublié, que le président Biya, même éventuellement contrarié dans son périmètre privé par des batailles de clans que se livrent ses proches pour le contrôle du casting de l’équipe gouvernementale en gestation, tient à demeurer le démiurge redoutable qui tente d’échapper aux manipulations. Va-t-il tenir le pari d’être le seul et vrai maître du jeu ?

 Quoi qu’il en soit, l’on se rappellera de cette confession urbi et orbi, totalement décomplexée et parfaitement assumée de Jacques Fame Ndongo, membre du bureau politique, secrétaire national à la communication du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le 7 avril 2010 à Ebolowa : « Nous sommes, toutes et tous, mutatis mutandis, des créations et des créatures politiques de S.E.M. Paul Biya, le président de la République. En effet, Dieu nous crée métaphysiquement ; nos géniteurs (père et mère) nous créent biologiquement, et le chef de l’État nous crée politiquement ».

Dans notre contexte, cette généalogie politique énoncée par un insider du bloc gouvernant est marquée au coin du bon sens, ainsi qu’en attestent les trajectoires des figures élitaires du « Renouveau », dont l’irruption sur la scène, le parcours et l’espérance de vie publique sont décidés – ou à tout le moins validés – par le « chef central ».

Au demeurant, l’observateur attentif ne s’étonnera guère du choix tactique opéré par le président de la République, de détenir l’exclusivité des initiatives et de confisquer la plénitude de l’exercice du pouvoir de définition de l’agenda politique du pays, d’en imposer le rythme et la cadence des événements significatifs. Il en est ainsi des échéances électorales, dont il fixe les dates à l’avenant dans une stratégie manipulatoire revêtue d’un certain légalisme. Il en est de même de la conduite des réformes institutionnelles. Tirant prétexte et avantage du principe de progressivité, pendant de longues années, le chef de l’État a démontré son peu d’empressement à assurer la mise en place des institutions prévues dans la Constitution du 18 janvier 1996, comme on l’aura vu avec le sénat, le conseil constitutionnel, l’approfondissement du processus de décentralisation, etc.

 Les tournures stylistiques mobilisées pour cette entreprise dans les discours présidentiels sont devenues familières, qui replacent les dossiers en instance au cœur des enjeux du moment, tout en se projetant vers des horizons incertains. L’usage des expressions telles que « bientôt », « dans un avenir proche » ou « progressivement » témoigne de cette logique de dissimulation et de procrastination. Le recours à la formule « dans les prochains jours » pour annoncer la formation d’un nouveau gouvernement s’inscrit dans cette gestion du temps politique par Paul Biya.

Il convient néanmoins de prendre garde à investir l’équipe gouvernementale attendue d’une mission impossible : résoudre efficacement, et dans l’urgence, les problèmes auxquels fait face notre pays. De fait, les deux premières prises de parole postélectorales du président déclaré vainqueur de la compétition électorale du 12 octobre dernier n’auront brillé ni par un volontarisme politique engageant, ni par le caractère réaliste des projections, ni par la dimension innovante des annonces devant marquer le septennat inauguré le 6 novembre 2025. L’on peine en effet à repérer dans le discours de prestation de serment, et dans le traditionnel message de fin d’année, un souffle inspirant et rassurant, ou plus radicalement une vision à la mesure des défis cruciaux qui nous interpellent aujourd’hui et demain, en lieu et place de quelques poncifs éculés et de recettes désuètes.

Dans ces conditions, espérer que notre salut réside dans la seule formation d’un gouvernement, portée par un slogan (« grandeur et espérance ») fût-il traversé par un souffle d’inspiration biblique, relèverait de l’esprit de magie, dont parle le philosophe Fabien Eboussi Boulaga lorsqu’il affirme : « Nous sommes tous imbus de magie. En quoi consiste celle-ci ? À croire que pour obtenir un effet, une transformation souhaitée, il faut et il suffit d’opérer sur les signes qui le représentent ou qui l’évoquent. L’homme magicien par excellence est celui qui, d’une simple signature, s’octroie des millions de francs, qui accède à une vie des contes de mille et une nuits. C’est l’homme qui, d’une seule parole, peut vous rendre riche ou misérable. Nos chefs d’État sont des rois thaumaturges et magiciens» (1).

La magie en 2026 au Cameroun ? C’est de croire que les échecs accumulés en plus de quatre décennies seront liquidés à la faveur d’un décret. C’est de se résoudre à accepter que nommer les problèmes c’est les résoudre, et que désigner les maux c’est doter les mots d’un pouvoir de résolution, c’est-à-dire venir à bout du bricolage et de l’inertie, s’attaquer avec succès à la pauvreté, au sous-emploi, à la mal-vie. Là réside la tragédie qui nous accable !

(1) Fabien Eboussi Boulaga, Lignes de résistance, Éditions Clé, Yaoundé, 1999, p. 54.

Le MINPMEESA et MSMI s’unissent pour l’insertion professionnelle des jeunes diplômés

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L’audience avait un double objet. D’une part, la présentation officielle d’Alain Blaise Batongue, récemment nommé administrateur directeur général de MSMI. D’autre part, un échange sur les formes de coopération possibles entre l’administration et un acteur industriel privé confronté, comme beaucoup d’autres, à la rareté de compétences immédiatement opérationnelles sur le marché du travail.

Fondée en 2003 à Douala, MSMI intervient dans la maintenance industrielle et la fabrication mécanique, deux segments clés pour une économie qui ambitionne de transformer localement ses matières premières. L’entreprise est aujourd’hui présente dans des secteurs aussi divers que l’agroalimentaire, le textile, l’industrie lourde, le pétrole, la mécanique navale ou encore les activités ferroviaires. Cette diversité d’interventions suppose des profils techniques qualifiés, souvent difficiles à recruter dans un contexte où les formations restent majoritairement théoriques.

C’est sur ce point que l’expérience de MSMI attire l’attention des pouvoirs publics. Sous l’impulsion de sa présidente du conseil d’administration, Ngo Yetna Augustine Audrey, l’entreprise a progressivement investi dans la formation interne et l’accompagnement de jeunes ingénieurs. Le principe est simple : articuler l’enseignement universitaire, les incubateurs académiques et l’entreprise, afin de réduire le décalage entre diplôme et emploi. Concrètement, des étudiants et jeunes diplômés sont exposés aux réalités de la production industrielle, aux contraintes de la maintenance des équipements et aux exigences de qualité propres aux chaînes de valeur industrielles.

Madame Ngo Yetna intervient notamment comme ressource au sein de l’incubateur de la Faculté de génie industriel de Douala. L’objectif n’est pas de se substituer à l’université, mais de compléter la formation académique par des compétences pratiques : lecture de plans mécaniques, mécano-soudure, organisation de la maintenance ou encore respect des normes industrielles. Autant de savoir-faire rarement maîtrisés à la sortie de l’université, mais indispensables pour une insertion rapide dans l’industrie.

Cette approche répond à un déficit structurel largement documenté au Cameroun : chaque année, des milliers de diplômés issus des filières scientifiques et techniques peinent à accéder à un emploi qualifié, tandis que les entreprises industrielles dénoncent un manque de profils adaptés. En internalisant une partie de l’effort de formation, MSMI tente de sécuriser ses besoins en compétences tout en contribuant à l’employabilité des jeunes.

La dimension sociale de ce modèle n’est pas absente. L’entreprise met également en avant l’intégration des femmes dans des métiers industriels traditionnellement masculins. Sans discours militant, la stratégie repose sur l’élargissement du vivier de compétences disponibles, dans un contexte où la pénurie de techniciens et d’ingénieurs qualifiés constitue un frein à la montée en gamme de l’industrie locale.

Sur le plan macroéconomique, l’intérêt de l’administration pour ce type d’initiative s’inscrit dans une logique plus large de développement industriel endogène. Le Cameroun cherche à renforcer ses capacités de transformation locale et à réduire sa dépendance aux importations de biens manufacturés. Cette ambition suppose un capital humain adapté, capable d’exploiter, de maintenir et de faire évoluer les outils industriels.

Au-delà du cadre national, le profil international de la direction de MSMI confère à cette expérience une portée plus large. Présente dans des réseaux liés aux projets stratégiques des BRICS et impliquée dans les échanges Russie–Afrique, l’entreprise se positionne comme un point de contact entre les standards industriels internationaux et les réalités locales de formation et d’emploi.

L’audience entre le MINPMEESA et MSMI n’a pas débouché sur des annonces chiffrées, mais elle illustre une orientation : faire de l’entreprise un acteur central de la formation des compétences industrielles. Dans un pays où l’emploi des jeunes demeure l’un des principaux défis économiques et sociaux, ce modèle, fondé sur l’articulation entre université, incubateurs et industrie, apparaît comme une réponse pragmatique aux limites actuelles du système de formation.

Transport maritime : Près de 10 tonnes de drogue saisies dans un navire camerounais dans l’océan Atlantique

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La police espagnole a annoncé le 12 janvier dernier avoir réalisée une importante saisie de cocaïne en mer.  Dans un communiqué, les forces de l’ordre rapportent avoir intercepté un navire battant pavillon camerounais en provenance du Brésil qui traversait l’océan Atlantique en direction de l’Europe. Ils y ont saisi 9 994 kg de cocaïne dissimulés dans 294 paquets d’une cargaison de sel.

Au cours de l’opération, 13 personnes de l’équipage ont été arrêtées et la drogue a été saisie, ainsi qu’une arme à feu de petit calibre utilisée pour garder et protéger la cargaison. Cette opération internationale de lutte contre le trafic de stupéfiants par voie maritime a mobilisé le Centre d’analyse et d’opérations maritimes – Stupéfiants (MAOC), l’Agence américaine de lutte contre la drogue (DEA), la Police fédérale brésilienne, l’Agence nationale de lutte contre la criminalité (NCA), ainsi que les autorités françaises et portugaises

Pour la police nationale espagnole, cette saisie en mer est inédite. « Cette opération, baptisée « Marée Blanche », représente la plus importante saisie de cocaïne en haute mer jamais réalisée par la Police nationale. Depuis 1999, date à laquelle le Tammsaare a été intercepté avec 7 500 kilos de cocaïne à son bord, une opération d’une telle ampleur n’avait pas été menée en haute mer », écrit la police espagnole.

L’opération s’est déroulée dans le cadre d’une enquête sur des réseaux criminels internationaux impliqués dans le trafic maritime de cocaïne. L’enquête, coordonnée et dirigée par le Parquet spécial antidrogue de l’Audience nationale et par le Tribunal central d’instruction n° 4, a débuté par la mise en cause d’une organisation multinationale soupçonnée d’exporter d’importantes quantités de cocaïne d’Amérique du Sud vers l’Europe.

Ce n’est pas la première fois que des navires battant pavillon camerounais sont interceptés en mer pour des pratiques illégales.  En février 2025, une enquête relayée par plusieurs médias argentins, indiquait que des chinois dissimulent leur origine en identifiant les bateaux comme appartenant à des pays comme le Vanuatu et le Cameroun pour pêcher dans la zone économique exclusive de l’Argentine. Une stratégie utilisée par des entreprises chinoises pour dissimuler des activités illicites telles que la pêche illégale et le trafic d’êtres humains.

Zone CEMAC : Le Gouverneur de la BEAC dément formellement toute dévaluation du Franc CFA

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“Faux, il n y aura pas de dévaluation du Franc CFA”. C’est en substance ce qui ressort d’une publication officielle faite ce 16 janvier 2026 par le Gouverneur de la Beac (Banque des États de l’Afrique Centrale), Yvon SANA BANGUI. Le spectre d’une dévaluation du Franc CFA en zone CEMAC vient donc d’être vigoureusement balayé, par la plus haute autorité monétaire de la sous region Cemac, la voix la plus autorisée, le gouverneur de la Banque Centrale. Dans une sortie médiatique officielle, le Gouverneur de la BEAC a donc tenu à couper court aux spéculations qui agitaient l’opinion publique ces derniers jours suite à des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux. Pour le patron de la Banque Centrale des six pays de la CEMAC, la stabilité de la monnaie commune n’est ni menacée, ni négociable et, surtout, elle est soutenue par des réalités économiques rassurantes et prometteuses.
Un démenti catégorique fondé sur la stabilité
Face à ces rumeurs et ragots, qui ont suscité inquiétudes, angoisse et panique, le Gouverneur Yvon Sana Bangui a choisi la voie de la transparence pour rassurer les marchés et les citoyens, en montant personnellement en première pour donner la bonne information et faire taire la rumeur. Dans sa déclaration de ce 16 janvier 2026, il rejette fermement l’idée d’un changement de parité, d’une dévaluation : « Contrairement à certaines rumeurs infondées circulant sur les réseaux sociaux, la BEAC tient à réaffirmer avec la plus grande fermeté qu’aucune dévaluation du franc CFA n’est à l’ordre du jour. Notre monnaie, garantie par la coopération avec la France et soutenue par des réserves de change confortables, reste stable et convertible. Les fondamentaux économiques de la CEMAC, bien que marqués par des défis, ne justifient en rien une telle mesure. »
Cette mise au point s’accompagne d’un rappel des missions régaliennes de la Banque Centrale, laquelle se dit pleinement engagée dans le maintien de la stabilité des prix et la supervision d’un système financier qu’elle juge « sain et résilient ».
Des indicateurs rassurants malgré un contexte de crise
Si les rumeurs ont pu trouver un écho, c’est en raison d’un ralentissement passager de la croissance, projetée à 2,4 % en 2025 et d’un léger recul des réserves de change. Toutefois, l’analyse des perspectives économiques 2025-2026 publiées par la BEAC montre une résilience notable. L’inflation, premier baromètre de la santé monétaire, reste parfaitement maîtrisée.
Selon un rapport de la Banque Centrale, « L’inflation reste maîtrisée à 2,2 % en 2025, en deçà du seuil communautaire de 3 %. Elle devrait s’établir à 2,7 % en 2026, reflétant une stabilité des prix préservée. »
Par ailleurs, bien que les réserves de change connaissent une légère contraction, elles couvrent encore 4,2 mois d’importations à la fin 2025 (contre 4,9% un an olus tôt. Ce niveau est jugé sécurisant par les autorités monétaires pour garantir la convertibilité de la monnaie sans recours à une dévaluation.
Une stratégie de riposte monétaire proactive
Loin de rester passive, la BEAC a déjà anticipé les tensions extérieures. Le Comité de Politique Monétaire (CPM) a relevé ses taux directeurs de 25 points de base en décembre dernier pour protéger la monnaie. La Banque Centrale mise également sur un contrôle plus strict des flux : « La Banque Centrale veille également au strict respect de la réglementation des changes et à la centralisation des recettes d’exportation, afin de renforcer la gestion des liquidités extérieures et d’améliorer la transparence des flux financiers. »
Un appel à la responsabilité des États
Si la monnaie est stable, la BEAC prévient toutefois que la politique monétaire ne peut pas tout faire seule. Pour pérenniser cette stabilité, l’institution appelle les États membres (Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, RCA, Guinée Équatoriale) à plus de rigueur budgétaire.
La Banque souligne notamment l’importance cruciale de la coopération internationale : « La Banque Centrale rappelle également l’importance de finaliser les accords avec le FMI pour plusieurs pays de la CEMAC, dont la République centrafricaine et le Tchad, dont les programmes sont actuellement en attente de décaissement, en raison de l’absence d’accord sur les assurances régionales. »
Avec une croissance robuste de 4,6 % attendue pour 2026, le Gouverneur Yvon Sana Bangui exhorte les populations au calme et à la vigilance face aux « fake news ». Le message est clair : le Franc CFA de la zone CEMAC demeure solide et n’est pas exposé à une dévaluation.

L’Institut français du Cameroun mise sur la co-construction culturelle en 2026

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« Cette saison 2026 se déploie comme une invitation à explorer les liens entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Europe, entre histoires partagées, mémoires entremêlées et futurs à imaginer ensemble », a declaré Muriel Piquet Viaux, directrice de l’IFC Cameroun. Ce choix n’est pas symbolique. Il traduit une volonté institutionnelle de repositionner l’action culturelle française au Cameroun dans un contexte international marqué par la remise en question des modèles classiques de diplomatie culturelle, longtemps fondés sur la diffusion verticale des œuvres et des normes.

Le « Tout-monde », dans la pensée de Glissant, désigne un monde structuré par les relations entre cultures, par les circulations et les interdépendances, plutôt que par l’isolement ou la hiérarchisation. Appliqué à une saison culturelle, ce cadre théorique sert ici de grille de lecture pour interroger les liens entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Europe, ainsi que les héritages historiques et les imaginaires contemporains qui les relient.

Vers la co-construction

La saison 2026 se distingue par une inflexion stratégique claire : la diplomatie culturelle n’est plus présentée comme un outil de rayonnement unilatéral, mais comme un espace de co-construction avec les acteurs locaux. La programmation est conçue comme pluridisciplinaire et participative, associant arts visuels, musique, danse, théâtre, cinéma, littérature, sciences humaines, pratiques numériques, architecture, urbanisme ou encore gastronomie. Cette diversité disciplinaire répond à une logique : croiser les savoirs et les formes artistiques pour rendre accessibles des concepts souvent perçus comme abstraits, tels que la créolisation, l’identité-relation ou l’archipel, notions centrales chez Glissant.

Dans cette perspective, la culture est envisagée comme un levier de dialogue et de médiation. Elle devient un outil de compréhension mutuelle entre sociétés, mais aussi un espace où se discutent des enjeux globaux : diversité culturelle et linguistique, rôle de la jeunesse, liens entre création artistique, savoirs endogènes et écologie.

Une programmation territorialisée

La saison 2026 est structurée autour de trois grandes périodes : janvier-avril, mai-août et septembre-décembre. Les activités se déploient à la fois dans les murs des Instituts français de Yaoundé et de Douala et hors les murs, en partenariat avec quatre acteurs culturels camerounais.

Tout au long de l’année, des expositions sont prévues dans les deux villes, notamment dans le cadre du Cabinet de curiosités. En avril, une exposition consacrée à l’Ensemble national du Cameroun, photographié par Adama Sylla, est annoncée à Douala, tandis que Yaoundé accueillera l’exposition Ville cruelle. Entre juillet et août, l’IFC de Douala présentera Arc-en-ciel monochrome, accompagnée de projections de la collection cinématographique Regards des Outre-mer à Douala et Yaoundé. La même période sera marquée par l’Urbain Arts Festival dans les deux métropoles. D’autres activités sont programmées sur le reste de l’année, dans une logique de continuité plutôt que d’événementialisation ponctuelle.

Jeunesse, participation et espaces publics

Un axe central de la saison concerne la jeunesse camerounaise, considérée non comme simple public, mais comme actrice des dispositifs proposés. Plusieurs projets mettent l’accent sur la participation active et l’appropriation des contenus.

Le projet L’archipel des quartiers, porté par Louise Abomba, transforme les quartiers en espaces de récits partagés à travers des parcours artistiques, balades poétiques, performances interactives et installations éphémères. L’espace public devient ainsi un lieu de création et de dialogue, où les mémoires locales sont mobilisées comme matière culturelle.

Le programme Paroles et identités du Tout-monde, développé par The Okwelians, vise à rendre la pensée glissantienne accessible à un large public jeune. Ateliers philosophiques, concours d’éloquence, universités populaires et séminaires en forêts communautaires traduisent des concepts théoriques en outils de réflexion collective. Déployé dans les dix régions du Cameroun, le projet doit aboutir à un Manifeste du Tout-monde camerounais, élaboré autour des questions de cohésion sociale et de transition écologique.

Résidences, transmission et circulation des savoirs

La saison accueille également plusieurs résidences de recherche et de création. Parmi elles, une résidence confiée à Ruben pour une réinterprétation contemporaine du conte musical Pierre et le Loup de Sergueï Prokofiev, présentée à Douala et Yaoundé.
Ces résidences s’inscrivent dans une logique d’hybridation culturelle : il ne s’agit pas seulement de produire des œuvres, mais de créer des espaces de transmission, de dialogue et d’adaptation des formes artistiques à des contextes locaux.

Le projet La parole nomade, porté par Kouam Tawa, illustre cette démarche. Lectures itinérantes, arbres à poèmes, ateliers d’écriture, performances et enregistrements radiophoniques font circuler la parole de Glissant sous des formes accessibles et mobiles, en dehors des cadres institutionnels traditionnels.

Culture, écologie et savoirs endogènes

Avec le Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP), la saison 2026 articule culture, écologie et savoirs traditionnels. Quatre actions sont prévues de Maroua à Limbé, de Yaoundé à Garoua : jardins communautaires inspirés de la philosophie de la Relation, ateliers de permaculture et de médecine endogène, débats inter-lycées et dispositifs numériques de médiation culturelle. Cette orientation élargit le champ de la diplomatie culturelle vers des enjeux environnementaux et sociaux, en lien direct avec les réalités locales.

La saison culturelle 2026 de l’Institut français du Cameroun se présente ainsi comme un dispositif de soft power renouvelé. Elle ne repose plus sur la seule diffusion d’œuvres ou de références culturelles françaises, mais sur la mise en relation de territoires, de mémoires et de pratiques. Dans un contexte international marqué par des crispations identitaires et des urgences écologiques, cette programmation propose une diplomatie culturelle fondée sur la relation, la circulation et l’ancrage local. Elle redéfinit le rôle de l’Institut français non comme simple opérateur culturel, mais comme plateforme de co-production d’imaginaires et de débats, à l’intersection du Cameroun, de la France et d’un espace culturel global en recomposition.

Formation supérieure : le Minesup intègre l’expertise chinoise dans la formation dans les BTP

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La cérémonie s’est tenue à l’hôtel Hilton, dans la capitale politique, en présence de membres du gouvernement, du représentant de l’ambassade de Chine au Cameroun, des recteurs et vice-chanceliers des universités d’État, des responsables des services centraux du ministère, de dirigeants d’établissements d’enseignement supérieur et d’étudiants. L’accord a été paraphé côté camerounais par le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, et côté chinois par Zhao Zongzhi, directeur général technique de la CFHEC, basé à Pékin.

Un dispositif centré sur l’employabilité Au cœur du partenariat entre le Minesup et l’entreprise chinoise, figure un programme de formation professionnelle destiné aux étudiants et jeunes diplômés des universités camerounaises. L’objectif opérationnel est l’amélioration de l’employabilité à travers la « capacitation » des apprenants, c’est-à-dire le renforcement de leurs compétences pratiques, et leur certification dans les métiers liés aux infrastructures routières et de transport. Le dispositif introduit un mécanisme de « double qualification ».

Concrètement, l’étudiant conserve le diplôme académique délivré par son université, tout en obtenant une certification professionnelle délivrée par la CFHEC. Cette certification, reconnue à l’international, atteste des compétences techniques acquises sur le terrain et vise à faciliter l’insertion professionnelle immédiate après la formation.

 LE MODÈLE PÉDAGOGIQUE 70/20/10

Le programme MINESUP-CFHEC repose sur un schéma d’apprentissage dit « 70/20/10 », largement utilisé dans la formation professionnelle. Il prévoit que 70 % du temps de formation soit consacré à la pratique réelle, notamment sur les chantiers et dans les bureaux d’études, 20 % au mentorat assuré par des ingénieurs et techniciens expérimentés de la CFHEC, et 10 % à des enseignements théoriques ciblés.

 Cette approche vise à réduire l’écart souvent constaté entre la formation universitaire classique et les exigences concrètes des entreprises du secteur du BTP. Les bénéficiaires sont ainsi formés directement dans des conditions proches de celles de l’emploi.

UNE PROGRESSION PAR GRADES PROFESSIONNELS

Le parcours de formation est structuré autour de cinq grades professionnels, allant de l’ouvrier certifié à l’ingénieur certifié. Chaque niveau correspond à un ensemble de compétences validées, permettant une progression graduelle et mesurable. L’intérêt économique de ce système réside dans la standardisation des compétences, facilitant leur reconnaissance par les entreprises locales et étrangères.

Pour les universités, le partenariat implique une adaptation des curricula et un lien plus direct avec l’entreprise, sans remettre en cause le cadre académique existant. Pour les étudiants, il s’agit d’un accès à une formation pratique rarement disponible à grande échelle dans l’enseignement supérieur public.

ENJEUX NATIONAUX ET BESOINS EN MAIN-D’ŒUVRE

La CFHEC est un acteur majeur des infrastructures de transport. L’entreprise compte plus de 25 000 employés, opère dans une vingtaine de pays. Elle est spécialisée dans la construction d’autoroutes, de voies ferrées et de projets de transport urbain.

Au Cameroun, elle a réalisé les phases 1 et 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala et intervient également sur l’axe Yaoundé-Nsimalen. Dans ce contexte, le partenariat répond à un besoin structurel : disposer d’une main-d’œuvre nationale qualifiée pour accompagner la multiplication des grands projets d’infrastructures, conformément aux orientations de développement à long terme du pays, notamment la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).

 Du point de vue économique, l’accord s’inscrit dans une logique de substitution progressive de compétences locales aux expertises importées, avec des effets attendus sur l’emploi, les revenus des ménages qualifiés et la durabilité des investissements publics et privés dans les infrastructures.

Cameroun: ces risques qui pourraient freiner la croissance de l’économie en 2026

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Selon les prévisions du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), la bonne tenue de l’économie camerounaise devrait se poursuivre avec une croissance de 4,2% en moyenne sur la période 2026-2027. Néanmoins, relève le Minepat dans son Programme d’investissement prioritaire (PIP), lequel présente les projets majeurs que le gouvernement souhaite mettre en œuvre sur les trois prochaines années, malgré les perspectives favorables de l’économie camerounaise en 2026, ces projections demeurent dépendantes de plusieurs facteurs susceptibles de perturber le cadre macroéconomique et écarter sensiblement les principaux indicateurs des objectifs recherchés. Parmi les principaux risques identifiés par le Minepat, il y a la baisse de la demande extérieure.

 Comme le relève le Minepat, les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) pour l’année 2025 annoncent une difficile reprise de l’économie mondiale. En effet, la croissance devrait stagner dans les pays avancés (1,9% en 2025 contre 1,7% en 2024) comme dans les économies émergentes et en développement (4,2% sur les deux années). Les tensions géopolitiques mondiales, notamment au Moyen-Orient, ainsi que la guerre commerciale en cours, pourraient s’aggraver et/ou perdurer, perturbant davantage les chaînes d’approvisionnement, notamment en Asie et en Europe, des zones qui représentent 80 % des exportations du Cameroun.

INFLATION ÉLEVÉE, CHANGEMENTS CLIMATIQUES…

Un niveau encore élevé d’inflation représente un autre risque sur la bonne santé de l’économie camerounaise en 2026. En 2025, l’économie camerounaise devrait continuer à faire face à des niveaux encore élevés des prix à la consommation, prévient le Minepat. En effet, les prévisions tablent sur une inflation à 4%, toujours supérieure au critère de convergence de la CEMAC. Toutefois, cette évolution est en baisse sensible par rapport aux niveaux des années antérieures, induisant des effets minorés sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Il y a également, la dégradation des conditions climatiques.

Lesquelles se dégradent avec la récurrence des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations) perturbant l’agriculture, l’élevage et les infrastructures, et aggravant la situation sanitaire dans certaines régions du pays. Selon le Minepat, les prévisions annoncent une pluviométrie normale à excédentaire le long de la côte et dans une partie Sud du pays, et des hausses de températures dans plusieurs localités, en particulier pendant la nuit. Ainsi, l’on devrait s’attendre cette année encore à subir les conséquences des changements climatiques.

Entre autres risque, le Minepat annonce la restriction des transactions financières internationales à court terme. Après la dernière évaluation du GAFI en février 2025, le Cameroun est resté sur « liste grise » malgré les avancées enregistrées. Afin d’éviter une dégradation de la situation, le pays doit poursuivre la mise en œuvre du plan d’actions arrêté avec le GAFI. En effet, le non-respect de ces engagements pourrait exposer le pays à être considéré à haut risque, et se voir inscrire sur la « liste noire ».

Cette situation, prévient le Minepat, serait de nature à conduire les banques étrangères à réduire, voire à suspendre les transactions avec leurs correspondants au Cameroun et freiner, ipso facto, l’entrée Investissements directs étrangers (IDE). L’accroissement de la dette publique représente également un risque. Selon le Minepat, le volume des intérêts de la dette n’a cessé de croître pour atteindre un niveau de 8% des recettes totales sur l’année 2024, l’un des ratios les plus élevés de la dernière décennie. Cette situation s’explique par des échéances de remboursement de plus en plus volumineuses, en raison de la maturité de plusieurs engagements ; une augmentation du coût de l’endettement.

En effet, les taux d’intérêts sur les bons du Trésor du Cameroun ont plus que doublé entre 2020 et 2024, passant de 2,67% en 2020 à 6,33% en 2024, soit une augmentation de plus de 100%, constate le Minepat. En outre le Taux de la facilité marginale de prêt (TFMP) et le Taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) sont restés relativement élevés. Parallèlement, les besoins de financement identifiés pour le triennat 25-27 se situent à 5 167 milliards FCFA, un montant sensiblement élevé qui devrait soutenir la mise en œuvre de la SND30.

 LES DÉFIS DU TRIENNAT 2026-2028

Au regard de ces risques, le Minepat indique comme principaux défis pour le triennat 2026-2028, la poursuivre la mise en œuvre des principaux projets de deuxième génération, qui couvrent plusieurs secteurs infrastructurels, à l’instar des projets d’aménagement hydroélectrique de Kikot, de Chollet dans le secteur énergétique. Toutefois, précise le Minepat, le durcissement des conditions financières mondiales consécutivement à l’inflation générée par la crise du Covid19 et la guerre en Ukraine contraignent fortement la mise en œuvre de ces projets. Il y a également, la promotion de l’Import-substitution, à travers l’accélération de la mise en œuvre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH).

Selon le Minepat, un effort substantiel est fait pour fournir des dotations budgétaires conséquentes en faveur de la mise en œuvre efficace de chacune de cette initiative. Aussi, il faut accélérer l’opérationnalisation de la SNI. Dans ce cadre, poursuivre la mise en œuvre des plans de reconstruction du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de l’Extrême Nord, qui mobilise déjà des ressources évaluées à 1200 milliards de FCFA. Des moyens qui restent cependant insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins. Tout comme il faut renforcer l’autonomie économique des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) et consolider le processus de décentralisation, par une augmentation des ressources d’investissement transférées aux CTD.

A côté des ressources transférées qui ont augmenté de 10,1% en 2025 et qui représentent 17% du montant total des ressources internes ordinaires affectées à l’investissement public, les CTD bénéficient, avec la mise en œuvre de la nouvelle loi portant fiscalité locale, d’une augmentation importante des ressources fiscales, pour leur permettre de mieux exercer les compétences qui leur sont transférées au niveau local, pense le Minepat.

 ACCÉLÉRER LES TRAVAUX EN COURS, OPTIMISER LA GESTION FONCIÈRE…

Entre autres défis qui interpellent le Cameroun pour le triennat 2026-2028, il y a la nécessité d’accélérer les travaux en cours pour lever tous les préalables nécessaires à la mobilisation des fonds verts, à l’effet d’améliorer la performance du Cameroun en la matière. Selon le Minepat, la Facilité pour la durabilité et la résilience a permis des avancées significatives avec la prise en compte des problématiques climat dans les instruments budgétaires. Egalement, il faut accélérer les investissements dans le secteur de l’énergie afin d’atteindre le plein potentiel. La capacité installée de production d’électricité au Cameroun est passée de 1 529 MW en 2020 à 2 219 MW en 2025.

Pour le Minepat, l’on est encore loin de la cible de la SND30 (5 000 MW). Enfin, il faut optimiser la gestion foncière. Les travaux engagés pour la formulation d’une politique foncière doivent prendre en compte l’urgente nécessité de la sécurisation foncière pour les opérateurs privés à l’effet d’améliorer le climat des affaires. L’accélération des acquisitions foncières pour les investissements d’envergure est également une priorité, précise le Minepat.

Lolodorf accueille les premières Journées Culturelles NLAR MBVUMBO du 26 au 28 février 2026

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Placée sous le signe de la célébration, de la transmission et de la valorisation du patrimoine culturel, cette rencontre ambitionne de mettre en lumière l’identité MBVUMBO dans toute sa diversité. Au-delà de l’aspect festif, les JCNM 2026 se veulent un véritable cadre de cohésion communautaire, de rayonnement culturel et de mobilisation collective en faveur du développement local.

Selon les organisateurs, plus de 1 500 participants sont attendus à Lolodorf à l’occasion de cet événement inédit. Un afflux qui témoigne de l’intérêt croissant pour la préservation des cultures locales et du besoin de renforcer la mémoire historique ainsi que le sentiment d’appartenance au sein des communautés. Les Journées Culturelles NLAR MBVUMBO entendent ainsi contribuer à la consolidation de la solidarité intergénérationnelle et à une meilleure visibilité de la culture MBVUMBO, tant au niveau local que national et international.

Pour Jean Max Bind Timbi, président du Comité technique d’organisation, cette première édition marque « une étape décisive dans la structuration et la transmission du patrimoine culturel MBVUMBO ». Il souligne que « les JCNM constituent un espace d’expression, de dialogue et de partage, où les traditions rencontrent les enjeux contemporains du développement ».

Le programme annoncé est particulièrement riche et diversifié. Les festivités s’ouvriront par un culte œcuménique, symbole de rassemblement et de communion, suivi d’un grand carnaval marqué par le défilé des villages, des antennes et des associations. L’un des temps forts sera la Tribune des Chefs, dédiée à l’histoire des villages et à la transmission des récits fondateurs, afin de perpétuer la mémoire collective et les valeurs ancestrales.

Le public pourra également découvrir des expositions culturelles et artisanales, savourer la gastronomie locale à travers des stands et des concours culinaires, et assister à une soirée culturelle d’ouverture agrémentée de concours de langue MBVUMBO. Des danses traditionnelles, des contes et du théâtre populaire viendront enrichir cette immersion au cœur des traditions.

Les Journées Culturelles NLAR MBVUMBO feront aussi une large place à la réflexion et à la production intellectuelle. Un colloque scientifique est prévu autour du thème : « Origine et avenir du peuple MBVUMBO ». Cette rencontre académique réunira chercheurs, universitaires et acteurs culturels, avec pour objectif d’analyser les racines historiques du peuple MBVUMBO et de réfléchir aux perspectives de son développement dans un monde en mutation.

À cela s’ajoutent une foire agricole et artisanale, des jeux traditionnels, une élection Miss & Master NLAR MBVUMBO, une soirée de trophées et de distinctions honorifiques, un match de gala, une marche sportive, des visites historiques et une soirée de gala de clôture. Autant d’activités qui traduisent la volonté des organisateurs de faire des JCNM un événement fédérateur, inclusif et durable.

À travers cette initiative, les promoteurs des Journées Culturelles NLAR MBVUMBO entendent inscrire la culture au cœur du développement local, en la considérant comme un levier de cohésion sociale, de transmission des savoirs et de dynamisation économique. Lolodorf se positionne ainsi, le temps de trois jours, comme une vitrine vivante du patrimoine MBVUMBO et un carrefour d’échanges culturels ouvert sur l’avenir.

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