mardi, mai 19, 2026
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Dibombari : plus de 2500 hectares de la Socapalm restitués à l’Etat

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La concession foncière de la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) à Dibombari dans le département du Moungo, région du Littoral, passe de 11 210 hectares à 8 643 hectares. L’entreprise agro industrielle vient de procéder à une restitution d’une superficie de 2 566 hectares   à l’État du Cameroun. Les services cadastraux ont présenté le rapport issu des travaux de délimitation foncière sur le site de la Socapalm-Dibombari, à l’issue d’une concertation tripartite tenue le 21 janvier 2026. Cette tripartite était composée des autorités administratives, des élus locaux, des autorités traditionnelles, des élites et les représentants des communautés riveraines et des responsables de la Socapalm.

L’ initiative émane de la Socapalm dans le cadre d’un processus de clarification foncière engagé depuis 2017 à la suite de diverses dénonciations des communautés pour accaparement de leurs terres.  Ce processus mené avec l’appui du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf), visait à réaliser une expertise foncière impliquant les autorités locales et les représentants des communautés riveraines pour une clarification définitive des droits fonciers. Ce qui a abouti à la régularisation des concessions, avec la délivrance de titres fonciers définitifs sur certains sites dans la région du Littoral et pour d’autres, la restitution de certaines parcelles dans le domaine de l’État du Cameroun.

 Des tensions sociales

La Socapalm ne cache pas que son action vise à clarifier les différends fonciers avec les communautés locales. « Cette démarche globale vise à renforcer la confiance, à sécuriser le foncier de l’État. Elle vise aussi à favoriser une cohabitation harmonieuse entre l’entreprise, les communautés riveraines et les autorités. Cette restitution volontaire des surfaces non exploitées constitue le point de départ d’’un processus qui s’étendra progressivement à l’ensemble de nos plantations » indique l’entreprise. 

Dans les plantations, les tensions sociales sont régulières. La manifestation la plus récente est celle d’Edéa, dans le département de la Sanaga-maritime où des femmes se sont mobilisées le 23 janvier dernier, protestant contre l’opération de replanting des palmeraies.

Bauxite de Minim Martap: Camrail et Camalco sécurisent le rail et ouvrent la voie aux exportations de bauxite dès 2026

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Un pas décisif vient d’être franchi dans le développement du projet de bauxite de Minim Martap, dans la région de l’Adamaoua. Camrail, concessionnaire du chemin de fer camerounais, et Camalco, filiale locale de la junior minière Canyon Resources, ont annoncé le 26 janvier 2026 la conclusion d’un accord stratégique portant sur la préparation et le renforcement du réseau ferroviaire destiné au transport du minerai vers le port de Douala.

Rendu public à travers un communiqué conjoint, cet accord marque une étape contractuelle clé pour l’ouverture effective du corridor logistique reliant le gisement de Minim Martap aux installations portuaires. Pour les deux partenaires, il s’agit d’un préalable indispensable à la mise sur le marché international de la bauxite camerounaise. « Cette étape permet d’enclencher le processus de lancement des travaux de renforcement de certains tronçons du réseau, afin de favoriser la montée en régime du projet », soulignent Camrail et Camalco.

5 milliards FCFA pour préparer les exportations

Concrètement, l’accord donne corps à l’investissement anticipé annoncé dès octobre 2025 : 5 milliards de FCFA (environ 7 millions de dollars) seront mobilisés pour la remise en état de sections critiques de la voie ferrée entre Makor, dans l’Adamaoua, et Douala. L’objectif affiché est clair : rendre possible le transport de la bauxite de Minim Martap dès 2026.

Cet investissement intervient en amont du Plan quinquennal n°2 (PQ2) de Camrail, dont l’entrée en vigueur est attendue au premier semestre 2027. Il cible prioritairement les zones les plus sensibles du réseau afin de sécuriser la phase initiale d’exportation et d’accompagner la montée en charge progressive du projet minier.

Pour Camalco, la dimension ferroviaire est centrale dans l’équation économique du projet. « Le rail est l’artère vitale du projet Minim Martap. Sceller cet accord avec Camrail était l’étape indispensable pour déverrouiller le potentiel de notre gisement de classe mondiale », a déclaré Rana Patrap Singh, directeur général de Camalco, exprimant sa confiance dans la capacité de Camrail à relever le défi logistique.

Une montée en puissance à 10 millions de tonnes par an

Au-delà de ce premier investissement, Canyon Resources, via sa filiale Camalco, prévoit d’engager sur la période 2026-2029 près de 47 milliards de FCFA (85 millions de dollars) supplémentaires. Ces financements doivent permettre une montée en puissance progressive de la production, avec un objectif de 10 millions de tonnes de bauxite par an.

Selon l’étude de faisabilité définitive présentée en septembre 2025, le gisement de Minim Martap disposerait d’un potentiel estimé à plus de 144 millions de tonnes. Le projet afficherait une valeur nette actuelle de 468 milliards de FCFA (835 millions de dollars), une marge de rentabilité avant impôts de 29 % et des flux de trésorerie annuels projetés à près de 97,5 milliards de FCFA.

Un minerai attractif et un enjeu stratégique pour le Cameroun

La qualité du minerai constitue l’un des principaux atouts du projet : avec une teneur moyenne de 51 % d’alumine et seulement 2 % de silice, la bauxite de Minim Martap bénéficierait d’une prime de 10 à 15 dollars par tonne sur le marché international. Dans un contexte de demande mondiale en hausse estimée à 3,5 % par an, ces caractéristiques renforcent l’attractivité du gisement, suscitant l’intérêt d’investisseurs institutionnels, dont la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), selon des sources proches du dossier.

Autre avantage mis en avant : l’existence d’une infrastructure ferroviaire déjà opérationnelle reliant l’Adamaoua au port de Douala. Cet atout logistique positionne Minim Martap comme l’un des projets miniers les plus avancés du pays et comme un maillon stratégique de la future chaîne de valeur bauxite–alumine–aluminium que le Cameroun ambitionne de structurer.

Avec la sécurisation progressive du rail et l’engagement financier conjoint de Camrail et Camalco, le projet de Minim Martap entre ainsi dans une phase opérationnelle décisive, où la logistique apparaît plus que jamais comme la clé de la valorisation minière et industrielle du sous-sol camerounais.

Les Etats de la Cemac peinent à mettre en œuvre les réformes économiques

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Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), réunis, le 22 janvier dernier à Brazzaville au Congo, pour un sommet extraordinaire, ont une fois de plus adopté un train de mesures. Celles-ci visant à réduire les vulnérabilités des économies et à limiter les risques pouvant peser sur la stabilité monétaire et financière de la sous-région.

Mais, rien ne garantit la mise en œuvre effective de ces mesures dans de brefs délais. Car, depuis 2016, un total de 37 réformes ont déjà été adoptées visant à renforcer les équilibres internes et externes de la sous-région et à créer les conditions d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois. Mais seules 4 ont été réalisées, 5 sont non réalisées et 28 sont en cours de réalisation, selon la matrice de suivi des résolutions et décisions de la Conférence des chefs d’Etat de la Cemac, présentée lors des sessions extraordinaires du Conseil des ministres de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) et l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), le 21 janvier dernier à Brazzaville.

Parmi les mesures non réalisées, il y a celle de la session extraordinaire du 10 septembre 2025, exhortant les Etats membres de la Cemac à honorer leurs engagements vis-à-vis de la Banque de Développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) pour lui permettre de renforcer la performance de ses interventions.

Mais également, celle exhortant les États membres à appliquer intégralement le mécanisme de liquidation et de recouvrement déjà approuvé par les instances décisionnelles de la Communauté, s’agissant de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), pour le financement de la Communauté. Il y a aussi l’instruction donnée à la Commission de la Cemac de déclencher le processus de son retour à Bangui à très court terme.

Et enfin, l’instruction donnée au président de la Commission à mettre en place une structure communautaire de contrôle de qualité des produits du cru de la Cemac et s’assurer des mesures de facilitation de la circulation desdits produits, notamment par la mise en place effective des postes-frontières.

Des actions envisagées dans le cadre de l’accélération de la stratégie communautaire d’import-substitution à travers la définition du cadre juridique et institutionnel du laboratoire de contrôle de qualité des produits du cru et la construction des postes frontière.

 RETOUR À BANGUI DU SIÈGE DE LA COMMISSION DE LA CEMAC

C’est l’une des recommandations de la Conférence des chefs d’Etat déjà réalisées. Le retour de la Commission de la CEMAC à son siège de Bangui a donc été déclenché. Les membres du gouvernement de la Commission et la majorité du personnel sont déjà à Bangui ; précise-t-on.

Egalement mise en œuvre, l’instruction donnée aux responsables entrants et sortants des institutions communautaires à procéder, dans les plus brefs délais, à la passation de service selon les meilleures pratiques en la matière. Cette passation de service entre les responsables entrants et sortants des institutions communautaires a été faite dans les délais.

Aussi, la prestation de serment des nouveaux responsables de la Commission a été faite dans les délais, et ce, conformément aux dispositions en vigueur, comme cela a été instruit lors de la 15ème session ordinaire du 17 mars 2023.

 Également, la décision de la Conférence de surseoir à la nomination du Secrétaire général de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) conformément aux principes d’équité et de non-occupation concomitante, par des ressortissants d’un même Etat membre, de deux postes de premiers dirigeants des institutions de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), a été respectée.

Et, la Conférence a décidé de la nomination de Marcel Ondele, de nationalité congolaise, au poste de SG et de Patricia Danielle Manon, de nationalité gabonaise, au poste de SG adjoint de la COBAC.

 TOUJOURS EN COURS DE MISE EN ŒUVRE….

De nombreuses autres réformes sont toujours en cours de réalisation. C’est le cas de la réforme du cadre de coopération monétaire entre la Cemac et la France. La Conférence a en effet désigné Denis Sassou N’Guesso, président en exercice entrant de la CEMAC, à l’effet de conduire à son terme la réflexion entamée, en liaison avec le gouverneur de la BEAC et le président de la Commission. A propos, informe-t-on, la BEAC a saisi le président en exercice pour recueillir ses orientations et proposer un calendrier de mise en œuvre des actions proposées.

Une autre réforme en cours de mise en œuvre porte sur la question des fonds RES, la Conférence a, à propos au cours de la session extraordinaire du 10 septembre 2025, réaffirmé le mandat confié au gouverneur de la BEAC pour poursuivre les négociations en cours, au nom des États membres. Et, les discussions se sont poursuivies en octobre 2025 à Washington, en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale. Aucun consensus n’a été trouvé sur les points de divergence relatifs au rapatriement des fonds RES et à l’immunité d’exécution de la BEAC, apprend-on.

 Egalement, la Conférence a invité le président dédié au Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (PREF-Cemac) à bien vouloir accélérer la mise en œuvre des réformes économiques prioritaires prévues dans la troisième phase du PREF-Cemac pour opérer une réelle transformation structurelle vers l’industrialisation des économies de la Cemac, et renforcer le cadre macroéconomique de la sous-région.

 Et, dans le cadre de la deuxième génération PREF-Cemac, ainsi que des mesures additionnelles de relance économique adoptées lors de la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État tenue à Yaoundé, le 16 décembre 2024, la Conférence a invité les États membres à accélérer les réformes structurelles pour tirer pleinement profit du potentiel de croissance de la sous-région, et à approfondir l’intégration physique et commerciale de la Cemac.

 Toujours attendu, les effets de l’appel lancé par la Conférence à une allocation plus importante des ressources de IDA du Groupe de la Banque mondiale en faveur de la sous-région, pour réduire le déficit important des infrastructures sociales de base de la zone. Tout comme l’exhortation faite aux partenaires au développement à une mobilisation plus forte des ressources financières pour soutenir la transformation structurelle des économies de la sous-région.

 Mais aussi, l’exhortation de la Conférence aux autres Etats à conclure, dès que possible, des programmes formels avec le FMI afin de bénéficier de son appui, ainsi que de celui des autres partenaires techniques et financiers. Pour le Gabon, le programme adossé au MEDC conclu en juin 2021 a expiré en juillet 2024 et n’a pas été renouvelé. Pour le Guinée Equatoriale, le programme de référence a été mis en place le 17 juillet 2024 pour une durée de 12 mois. Les Autorités nationales poursuivent des discussions avec les services du FMI pour valider les 1ère et 2ème revues, etc.

Le Fonds routier sollicite Ecobank pour lever des fonds pour l’entretien des routes

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Le 20 janvier 2026, l’Administrateur du Fonds routier du Cameroun, Aubin Essaïe Moussa, a reçu à Yaoundé une délégation d’Ecobank Cameroun conduite par Sylvestre Ouattara, responsable du pôle CEMAC du groupe bancaire. Officiellement, l’audience visait à « explorer des pistes de collaboration » entre les deux institutions.

 Selon les informations communiquées par Ecobank Cameroun à l’issue de la rencontre, la banque entend mettre à profit son expertise acquise auprès de Fonds d’entretien routier (FER) en Côte d’Ivoire, pour accompagner le Cameroun dans la mobilisation de ressources longues destinées à la réhabilitation et à l’entretien des infrastructures routières. Dans ce domaine, Ecobank jouit d’une solide expérience.

En février 2014, Ecobank Capital, la filiale banque d’affaires du groupe, avait structuré et co-arrangé, avec Africa Link Capital, une facilité de financement de 130 milliards FCFA, au profit du Fonds d’Entretien Routier de Côte d’Ivoire. Selon les communiqués publiés à l’époque, cette enveloppe était destinée au financement du programme d’entretien routier 2013- 2015. Ce montage reposait sur un mécanisme de financement structuré, adossé à des ressources affectées au FER ivoirien, notamment la Taxe Spécifique Unique (TSU) sur les produits pétroliers, les vignettes automobiles et certaines licences administratives.

Deux ans plus tôt, en 2012, le même Fonds ivoirien avait déjà mobilisé 25 milliards FCFA auprès d’un consortium de banques locales, parmi lesquelles figurait Ecobank Côte d’Ivoire, selon les déclarations publiques de ses dirigeants lors de la signature de l’accord au ministère de l’Économie et des Finances à Abidjan.

Au Cameroun, les ordres de grandeur sont différents, mais la problématique reste comparable. Selon des données ventilées par des responsables du Fonds routier, l’écart entre besoins et financements demeure considérable. En 2025, le Fonds routier estimait que l’entretien du réseau routier national nécessitait 1 097 milliards de FCFA.

En face, les ressources mobilisées pour la campagne 2025 — Budget d’investissement public (BIP) et Fonds routier — s’élevaient à environ 100 milliards de FCFA, Cet écart limite la capacité de programmation pluriannuelle et contraint l’État à arbitrer entre les axes prioritaires. Dans ce contexte, le recours à des financements structurés, mobilisés auprès du secteur bancaire, apparaît comme une solution de financement nécessaire et impérative.

UNE RÉFORME POUR RESTAURER LA CRÉDIBILITÉ FINANCIÈRE

Cette réflexion intervient alors que le Fonds routier camerounais traverse une phase de restructuration profonde. Le 10 juillet 2025, le président de la République a signé un décret réorganisant cet établissement public à caractère spécial. Le texte remplace le cadre juridique de 2005, jugé inadapté aux défis actuels. La réforme élargit les missions du Fonds routier, autorise le recours à des financements innovants, y compris les partenariats public-privé – ce qui ouvre la porte à des collaborations comme celle envisagée avec Ecobank., et renforce les mécanismes de contrôle, avec des audits semestriels et la certification obligatoire des comptes.

L’objectif affiché par les pouvoirs publics est de restaurer la crédibilité financière de l’institution pour attirer des financements plus conséquents. Pour mémoire, selon un rapport publié en juin 2024 par l’Institut national de la statistique (INS), les pertes liées à la collecte des péages routiers sur la période 2018-2023 atteignent 17,2 milliards FCFA dans 47 postes étudiés. Pour la seule année 2023, le manque à gagner est estimé à 3,43 milliards FCFA, soit près de 28 % des recettes potentielles. En moyenne, les pertes annuelles sont évaluées à environ 4 milliards FCFA

Le Crédit foncier a augmenté de 466% son offre de crédit au 1er trimestre 2025

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Au premier trimestre 2025, le Crédit foncier du Cameroun (CFC) a opéré une percée spectaculaire sur le segment de l’offre de crédit portée par les établissements financiers. D’après le Rapport sur l’évolution des taux débiteurs pratiqués par les établissements de crédit dans la CEMAC, publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à partir des reportings TEG, l’institution publique a représenté 30,39 % des parts de marché sur ce segment, contre seulement 5,37 % au premier trimestre 2024.

 Cela correspond à une hausse relative d’environ 466 % en un an, la part de marché du CFC ayant été multipliée par près de six. Autrement dit, l’établissement est passé du statut d’acteur marginal à celui de deuxième intervenant du marché des établissements financiers en l’espace de douze mois, selon les données arrêtées à fin mars 2025 par la BEAC. Les « taux débiteurs » suivis dans ce rapport correspondent aux taux d’intérêt appliqués par les établissements de crédit lorsqu’ils prêtent de l’argent à leurs clients.

Leur analyse permet d’observer, indirectement, la dynamique de l’offre de crédit et le positionnement des acteurs sur le marché. Dans le même intervalle, ALIOS Finance (SOCCA) reste en tête, mais voit son poids reculer nettement, passant de 63,01 % des parts de marché au premier trimestre 2024 à 42,27 % un an plus tard. PRO-PME Finance enregistre également un repli, de 12,96 % à 8,08 %, tandis que SCE progresse légèrement, de 18,66 % à 19,26 %.

Ce mouvement traduit donc un rééquilibrage marqué du marché au profit du CFC, dans un contexte où la structure des acteurs évolue rapidement. Cette montée en puissance commerciale fait écho à l’amélioration des performances financières de l’établissement sur l’exercice précédent. En 2024, le CFC a dégagé un bénéfice net de 2,2 milliards de F CFA, en progression de 57,1 % par rapport à 2023, selon les données communiquées par l’institution.

Cette amélioration s’explique principalement par une baisse du coût du risque, c’est-à-dire des charges liées aux créances susceptibles de ne pas être remboursées. L’année 2023 avait été marquée par d’importantes provisions supplémentaires recommandées par la COBAC et par des ajustements comptables, qui avaient pesé sur le résultat.

 À fin 2024, les fonds de financement et de garantie du CFC s’établissent à 259,20 milliards de F CFA, en léger retrait par rapport à fin 2023, une évolution liée à l’écart entre les contributions collectées et celles effectivement affectées

Le Cameroun lève 414 milliards FCFA sur les marchés financiers internationaux

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LOUIS PAUL MOTAZE, Ministre des Finances

Le Cameroun a effectué un retour peu médiatisé sur le marché financier international. Selon des informations rapportées par Bloomberg ce mardi 27 janvier 2026, l’État a émis une obligation d’un montant de 750 millions de dollars, soit environ 414 milliards de FCFA, sur une maturité de cinq ans, avec un rendement de 10,125 %. Contacté par News du Camer pour confirmer officiellement cette levée de fonds ainsi que ses paramètres détaillés, le ministère des Finances n’avait pas encore répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.

Toutefois, selon des informations relayées par des médias locaux spécialisés, l’opération aurait été structurée avec Citigroup comme arrangeur principal. Le closing serait attendu le 30 janvier, et le coût final pour le Trésor camerounais devrait être affiné après la mise en place d’un swap de devises dollar–euro. Ce mécanisme de couverture vise à convertir l’exposition en dollars vers un coût équivalent en euros, afin de limiter le risque de change sur la durée de vie du titre.

Cette nouvelle levée intervient moins de deux ans après une autre opération internationale menée par le Cameroun dans un format différent. En 2024, l’État avait opté pour un placement privé plutôt qu’un eurobond classique par appel public à l’épargne. Cette transaction, réalisée avec l’appui de Citigroup Global Markets Ltd comme agent de placement et de Cygnum Capital Middle East comme arrangeur, s’était soldée par une mobilisation d’environ 335 milliards de FCFA. Le rendement consenti à l’époque atteignait 10,75 %, déjà considéré comme élevé.

Comme en 2024, le niveau du taux obtenu cette année traduit la perception du risque par les investisseurs. Les conditions de marché internationales restent dominées par des taux d’intérêt en dollars élevés et une sélectivité accrue vis-à-vis des émetteurs africains notés dans la catégorie spéculative. Des responsables impliqués dans l’opération précédente soulignaient déjà que ces niveaux reflètent avant tout les références de marché sur lesquelles s’échangent les titres camerounais existants, dans un environnement où les investisseurs se montrent de nouveau disposés à s’exposer aux signatures à haut rendement, souligne Bloomberg.

Le pays est classé B- par S&P Global Ratings, une notation située dans la catégorie spéculative, au même niveau que plusieurs autres économies émergentes confrontées à des coûts d’emprunt élevés. Parallèlement, les autorités doivent composer avec des impératifs de gestion budgétaire et de dette intérieure. Des analystes estiment que les recommandations de partenaires financiers, notamment en matière d’apurement plus rapide de certains arriérés, peuvent également peser sur le calendrier et les choix de financement extérieur.

Avec 600 tonnes de semences, l’Irad relance la filière blé au Cameroun

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A Wassandé, une commune située dans le département de la Vina, à 88 kilomètres de Ngaoundéré chef-lieu de la région de l’Adamaoua, la moisson du blé a officiellement démarré le 23 janvier 2026. C’est une résultante d’un processus agricole entamé en août 2025 avec la mise en terre de semences dites de « pré-base » sur ce site agro-écologique de 1 800 hectares. Le constat est fait lors de la descente sur le terrain du gouverneur de l’Adamaoua, Kildadi Taguieke Boukar, en compagnie du directeur général de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad), le Dr Noé Woin, et du chef de centre de Wakwa, le Dr Venasius Lendzemo Wirnkra. L’enjeu est de reconstruire, par étapes, une chaîne semencière nationale capable de soutenir la relance du blé, dont le coût des importations a atteint 214 milliards de FCFA en 2024 selon l’Institut national de la statistique (Ins).

L’Irad vise la collecte de 600 tonnes de semences de base. Ces graines ne sont pas destinées à la consommation. Elles servent à ensemencer, lors de la prochaine campagne, environ 6 000 hectares afin de produire des semences dites « certifiées », celles que les agriculteurs utilisent pour le blé marchand. La progression suit une logique stricte : des semences souches issues de la recherche, à la pré-base, puis à la base, avant la certification.

« Nous dépensons des centaines de milliards pour importer des produits que nous pouvons produire chez nous. La progression sur le terrain est nette », indique le Dr Noé Woin. En trois ans, le site a déjà généré plus de 1 000 tonnes de semences de base, ensuite transmises aux coopératives par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour multiplication dans les différentes zones agro-écologiques du pays.

Rendements et mécanisation

Le rendement actuel du site est estimé à environ quatre tonnes à l’hectare. « C’est un chiffre indicatif, car nous travaillions jusqu’ici avec un matériel agricole limité », précise le directeur général de l’IRAD. La situation évolue avec l’arrivée d’équipements modernes acquis grâce au financement public : moissonneuses-batteuses et semoirs destinés à améliorer la densité de plantation et la régularité des cultures. La hausse de productivité est attendue dès la prochaine campagne. Après la récolte, apprend-on, les semences seront stockées en chambres froides afin de préserver leur pouvoir germinatif avant leur remise en terre à la saison des pluies.

La relance du blé bénéficie d’un appui financier étalé sur cinq ans. Depuis juillet 2022, l’État a prévu 10,3 milliards de F CFA pour développer la filière. À ce jour, environ 3 milliards ont été investis, notamment pour moderniser Wassandé et diffuser les pratiques culturales. Pour cette année, la deuxième tranche de 4 milliards issue de la subvention présidentielle est accordée cette année à l’institut sera transférée à l’Irad, pour le développement de la production de blé, rentrant dans le cadre de la mise en œuvre du Piisah.

Sur le terrain, le gouverneur de l’Adamaoua a salué les résultats observés : « Nous sommes heureux de voir que la relance du blé est effective. Nous saluons la détermination de l’IRAD. »

Recherche variétale et chaîne de valeur

Les laboratoires de l’Irad disposent aujourd’hui de plus de 100 variétés dérivées, issues de croisements entre le blé local et des lignées d’Éthiopie, du Kenya ou d’Afrique du Sud. Certaines variétés bouclent leur cycle en deux mois, un atout pour l’adaptation aux contraintes climatiques.

Au-delà des champs, l’institut cherche à structurer l’aval de la filière. L’appel est lancé aux opérateurs économiques pour investir la transformation. Un projet de mini-unité de meunerie est en préparation, avec un laboratoire d’analyse intégré pour le contrôle de la qualité de la farine. L’objectif est de réduire durablement la dépendance aux importations, en reliant production semencière, culture et transformation locale.

Yaoundé: Lutte de positionnement de ministres autour de l’insalubrité

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Le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme (Minhdu), Célestine Ketcha Courtes, a remis aux mairies de Yaoundé 1er et Yaoundé 5, deux balayeuses mécaniques. C’est dans le cadre de la lutte contre l’insalubrité dans la ville de Yaoundé qui semble défier le gouvernement et les autorités de la ville malgré leurs discours et efforts. La preuve, la ville croule sous le poids des ordures qui ont colonisé plusieurs carrefours et axes routiers, y compris dans des quartiers huppés de la ville. Beaucoup d’espoir reposent sur ce geste de la Minhdu pour tordre le cou à cette insalubrité ambiante. Contrairement aux méthodes manuelles généralement usitées, les balayeuses permettent un nettoyage rapide et efficace des voiries car elles réduisent le temps d’intervention et augmentent la surface traitée quotidiennement.

Les balayeuses offertes par la Minhdu

Cela survient trois jours après que Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale a remis du matériel de nettoyage pour les sept communes de la capitale. Le Minat annonçait par ailleurs le lancement d’une campagne de lutte contre l’insalubrité dans les grandes villes du pays, notamment Douala et Yaoundé. Une campagne que le Minat dit être instruite par Paul Biya lui-même, face à l’ampleur des ordures ménagères dans les rues de Yaoundé. Le Minat brisait ainsi les barrières des compétences :  »L’heure n’est plus au débat sur qui doit faire quoi », a-t-il lancé. Pour justifier son engagement dans un domaine qui relève de la compétence des mairies et du Minhdu. De quoi sortir sa collègue de ce qui s’apparentait à du laxisme.

Atanga Nji engagé la préfectorale dans la lutte contre l’insalubrité

Visite du pape

Ce réveil subit des autorités de la République, aux allures de concurrence, survient à quelques jours de l’arrivée du pape François à Yaoundé. Le guide suprême de l’église catholique romaine sur la terre est annoncé au Cameroun le 3 février prochain. Du coup, beaucoup soupçonnent une campagne intéressée. D’autant plus que les pleurs, plaintes et complaintes des Yaoundéèns au sujet de la dictature de la poubelle sont un refrain  »séculaire », mais semblent ne pas toucher les cœurs des dirigeants. Depuis lante je des états généraux des ordures ménagères organisés par le Minhdu n’ont pas eu de suite. Du moins dans les semaines qui suivaient cette grand-messe organisée tambour battant par Célestine Ketcha Courtes. Jusqu’à ce début d’année.

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Yaoundé et Douala : Atanga Nji lance la guerre contre l’insalubrité

Recettes budgétaires : 1155,6 milliards FCFA collectés par la douane en 2025

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La Direction générale des douanes (DGD) a mobilisé 1 155,6 milliards de FCFA de recettes budgétaires en 2025, d’après les chiffres communiqués ce lundi 26 janvier 2026, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la douane. Ce niveau correspond à un taux de réalisation de 101,7 % par rapport à l’objectif annuel fixé à 1 136,2 milliards de FCFA, soit une plus-value d’environ 20 milliards de FCFA.

Comparé à 2024, le rendement progresse de 9,4 %, ce qui représente une hausse en valeur absolue proche de 100 milliards de FCFA. Cette évolution intervient dans un contexte décrit comme marqué par de fortes tensions économiques internationales et des contraintes sur les échanges commerciaux.

S’exprimant lundi 26 janvier 2025, le directeur général des Douanes, Edwin Fongod Nuvaga, a déclaré : « en matière fiscale, je tiens à exprimer ma profonde satisfaction quant aux performances de la direction générale des douanes au titre de l’exercice 2025, réalisée dans un contexte économique international marqué par de fortes turbulences. Au cours de cette année, l’environnement tant mondial que national a été caractérisé par des contraintes significatives, influençant la dynamique des échanges commerciaux et les perspectives économiques. Dans ce contexte exigeant, la direction générale des douanes a su faire preuve d’une grande capacité d’adaptation, d’une résilience résolue et d’une efficacité opérationnelle renforcée. »

Le responsable de l’administration douanière a également insisté sur l’action opérationnelle : « la lutte contre la fraude, la contrefaçon, la sous-évaluation et la contrebande a permis de préserver les recettes de l’État et protéger les entreprises citoyennes. Les statistiques nationales de l’année 2025 témoignent de l’intensité du déploiement de la douane camerounaise en matière de santé publique, protection de l’environnement, de sécurité nationale, protection de l’économie et l’amélioration de la qualité de vie des populations. »

Toujours selon Edwin Fongod Nuvaga, ces résultats reposent sur le travail des services : « un travail quotidien méthodique et patient de nos agents qui collectent quotidiennement le renseignement douanier, analyse les risques, monitorent les opérations de dédouanement de marchandises à l’importation à l’exportation, coopèrent autant avec les autres administrations nationales qu’avec nos homologues étrangers pour une action coordonnée contre la criminalité transfrontalière. La formation continue de nos agents, la modernisation de notre… »

La performance 2025 prolonge une trajectoire haussière observée ces dernières années. En 2024, la DGD avait mobilisé 1 055,9 milliards de FCFA, soit un taux de réalisation de 96,5 % par rapport à l’objectif révisé de 1 094,9 milliards, selon une note d’information publiée le 28 janvier 2025 par les services de communication des Douanes.

En 2023, les recettes collectées s’élevaient à 1 019,8 milliards de FCFA, pour un objectif initial de 973,7 milliards, d’après une note diffusée le 26 janvier 2024, également en marge de la Journée internationale de la douane. L’administration indiquait alors que ce niveau constituait une première historique au-dessus du seuil des mille milliards, résultat attribué au civisme fiscal des partenaires et à la résilience face aux chocs multiples.

Avec l’exercice 2025, c’est donc la troisième année consécutive, depuis 2023, que les recettes douanières camerounaises dépassent la barre des 1 000 milliards de FCFA.

Import-substitution : Les importations de riz baissent de 14,2 milliards FCFA au 2e trimestre 2025

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C’est sans nul doute, le résultat du Plan intégré d’import-substitution agro-pastorale et halieutique (PIISAH) mis sur par le gouvernement. En effet, selon la Note de conjoncture économique du deuxième trimestre 2025 du ministère des Finances, les importations de riz ont baissé de -14,2 milliards, par rapport au trimestre précédent. Parmi les autres produits qui ont connu des baisses de leurs importations au second trimestre 2025, l’on note  les véhicules automobiles et tracteurs (-7,0 milliards) ; les butanes liquéfiés (-6,8 milliards) ; les machines et appareils mécaniques (-6,3 milliards) et les machines et appareils électriques (-6,0 milliards).

S’agissant particulièrement du riz, l’on peut attribuer cette tendance baissière à l’amélioration de la production locale grâce aux effets du PIISAH. Le gouvernement à travers ce plan, ambitionne à moyen terme, de tripler la production nationale de riz. Entre 2024 et 2027, celle-ci devrait passer de 140 710 tonnes à 460 000 tonnes, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027. L’atteinte de cet objectif constituerait une étape déterminante vers la cible de 750 000 tonnes à l’horizon 2030, correspondant à un taux d’autosuffisance estimé à 97 %, conformément à la Stratégie nationale de développement de la filière riz, dotée d’un budget global de 385 milliards FCFA. Pour soutenir une production additionnelle de 30 000 tonnes de riz en 2026, une subvention de 9 milliards FCFA a par exemple été octroyée à la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY) et à l’Upper Nun Valley Development Authority (Unvda).

Mais dans l’ensemble, le Cameroun reste largement dépendant des importations pour l’approvisionnement de la population en biens et denrées de grande consommation. La tendance haussière de ces importations s’est à nouveau réaffirmée au second trimestre de l’année 2025 qui vient de s’écouler. Selon les chiffres indiqués dans la Note de conjoncture économique du deuxième trimestre 2025 du ministère des Finances, 1 382,8 milliards FCFA ont été dépensés par le pays pour importer les biens, soit une hausse de 197,9 milliards de FCFA par rapport au trimestre précédent. La hausse des importations reste principalement portée par les poissons de mer congelés (+37,9 milliards) ; les autres articles textiles confectionnés (+19,9 milliards) ; l’aluminium et ouvrages en aluminium (+18,0 milliards) ; les engrais (+17,8 milliards) et les carburants et lubrifiants (+12,8 milliards).

 Les principaux produits importés au deuxième trimestre 2025 sont les carburants et lubrifiants (12,5% du total des importations) ; les machines et appareils mécaniques (7,1%) ; les machines et appareils électriques (6,3%) ; les poissons de mer congelés (5,9%) ; les véhicules automobiles ; tracteurs (5,3%) ; le riz (5,0%) ; le froment (blé) et méteil (3,9%) ; les produits pharmaceutiques (3,5%) ; les matières plastiques (3,4%) et l’aluminium et ouvrages en aluminium (3,2%).

Baisse des exportations

Selon la Note de conjoncture économique, au deuxième trimestre 2025, la valeur des exportations de biens est de 587,1 milliards de FCFA, en baisse de 531,2 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette baisse, fait-on savoir, est consécutive à la réduction des volumes (-45,6%) des principaux produits vendus et des prix (-7,8%). La réduction des exportations en valeur s’observe essentiellement sur le cacao brut en fèves (-429,5 milliards) ; les huiles brutes de pétrole (-61,2 milliards) ; le gaz naturel liquéfié (-52,4 milliards) ; le coton brut (-11,3 milliards) et l’aluminium brut (-4,9 milliards). A l’inverse, relève-t-on, il y a une hausse est enregistrée sur les ventes de bois scié (+9,5 milliards) ; de savons de ménage en morceaux (+6,3 milliards) ; de café (+4,6 milliards) ; de bananes (y compris plantains) (+4,4 milliards) et de beurre de cacao (+2,2 milliards). Les principaux produits exportés au deuxième trimestre 2025 sont les huiles brutes de pétrole (25,7% du total des exportations) ; le cacao brut en fèves (12,0%) ; le gaz naturel liquéfié (11,9%) ; la pâte de cacao (9,2%) et les bois sciés (6,9%).

Au terme des six premiers mois de l’année et en glissement annuel, les exportations progressent de 215,2 milliards de FCFA pour se situer à 1 705,4 milliards. Cette évolution, explique-t-on est consécutive à l’augmentation des volumes exportés de certaines matières premières. L’accroissement des exportations est principalement tiré par la hausse des ventes de cacao brut en fèves (+334,4 milliards) ; de pâte de cacao (+34,5 milliards) ; de bananes (y compris plantain) (+16,8 milliards), de beurre de cacao (+8,3 milliards) et de café (+4,7 milliards). Cet accroissement est freiné par la baisse des ventes des huiles brutes de pétrole (-154,6 milliards), de gaz naturel liquéfié (-65,4 milliards), de coton brut (-19,1 milliards), des bois sciés (-13,6 milliards) et de bois brut (-5,3 milliards).

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