Le produit développé en partenariat avec Mastercard et Access Bank permet d’effectuer des transactions financières sécurisées au-delà du Cameroun.
Orange Money Cameroun et Master card, soutenus par Access Bank, viennent de mettre sur le marché une carte virtuelle dénommée OM Mastercard. La nouvelle carte virtuelle permettra aux utilisateurs d’Orange Money Cameroun de disposer d’une solution de paiement simple, sécurisée et reconnue à l’échelle internationale. Elle est disponible sur la super application Max it au prix de 2 500 FCFA. « Entièrement digitale, elle répond aux nouveaux usages et aux besoins croissants en matière de paiements en ligne, aussi bien sur les plateformes locales que internationales. Cette alliance marque une nouvelle étape dans leur ambition commune de faciliter l’accès aux paiements en ligne et de renforcer l’inclusion financière au Cameroun », commente Orange Money Cameroun.
La carte virtuelle est créée instantanément par l’utilisateur. Elle est rechargeable directement à partir du compte Orange Money, permettant d’effectuer des paiements en ligne 24h/24 et 7j/7, sur des sites web locaux et internationaux, pour divers types de services. Des opérations d’ e-commerce, des Jeux et divertissement ; des abonnements digitaux ; des frais de scolarité ; des réservations de voyages, hébergements ; des formations en ligne ou encore des MOOC Business et publicités digitales etc. Pour Orange Money Cameroun et ses partenaires, cette solution s’inscrit dans la volonté d’accompagner la transformation numérique et de démocratiser l’accès aux services financiers pour le plus grand nombre. Ce sont trois géants qui se sont mis ensemble pour cette initiative. Mastercard et Access Bank, ont une expertise mondiale en matière de paiements numériques sécurisés. Grâce au vaste réseau international d’acceptation de Master- card, cette offre garantit ainsi à Orange Money d’offrir à ses clients des solutions de paiement plus efficaces et plus fluides.
Dans le cadre du partenariat entre Mastercard et UEFA, Orange Money Cameroun offre des cadeaux à ses clients à l’occasion du lancement de cette nouvelle carte. Ceux qui vont acheter la carte pourront gagner des voyages tous frais payés pour la demi-finale et la finale de la UEFA Champions League (Europe) 2026. Pour en bénéficier, il faut soit obtenir la carte sur l’application Max it et de multiplier son utilisation au cours de la période. Soit pour ceux ayant reçu un code de parrainage, inviter vos contacts à saisir leur code de parrainage après l’obtention de la carte. Le parrain ayant obtenu le plus de retour de parrainage se verra offrir le super lot. Les gagnants issus de l’utilisation seront désignés lors d’un tirage au sort qui se fera dès la fin du mois de mars.
Réactions
William NLEMBE, Directeur Général Orange Money Cameroun
« Cette innovation va ouvrir à nos clients à un boulevard d’opportunités »
« Cette innovation en apparence simple va ouvrir à nos clients et à l’ensemble de la population camerounaise un boulevard d’opportunités qui leur échappait jusqu’ici. Je peux synthétiser cet impact en trois grandes dimensions : se former, travailler et se divertir. Si je commence par le premier pilier, sur le plan de la formation, la jeunesse qui représente les deux tiers de notre population pourra grâce à la carte virtuelle OM Mastercard acheter directement des contenus de formation en ligne les plus pointus. Ainsi, un jeune étudiant ou un chercheur pourra désormais suivre un cours de physique nucléaire, d’architecture ou de construction mécanique aux États-Unis pour appuyer des publications sur les dernières avancées en télémédecine, en cybersécurité ou en finance. Grâce à cet accès facilité aux savoirs, chaque jeune pourra réussir au plus haut sommet des compétences et multiplier ses chances de trouver un emploi. Un point de vue sur la deuxième dimension qui s’adresse aux professionnels, la carte virtuelle Mastercard OM apporte une agilité nouvelle. Les professionnels pourront, par exemple, acheter des applications professionnelles pour démultiplier leur productivité, gérer leurs transactions avec leurs partenaires ou alors préparer leur voyage, leur mission, etc. »
« Nous garantissons des transactions en ligne sécurisées »
« C’est le lancement d’un nouveau produit. Un produit qui n’est pas seulement juste une carte, c’est un produit innovant parce qu’il y a de la sécurité derrière. Un produit innovant parce que pour la première fois au Cameroun, on va, nous la start-up, Orange et Access, venir vers le consommateur pour lui donner une carte. On a un peu changé la dynamique. On va ramener des commerçants qui sont un peu partout au monde à travers le réseau Mastercard. Aujourd’hui, on est présent dans plus de 210 pays. Et l’accès à la carte virtuelle Mastercard Orange Money va ouvrir la porte pour faire des transactions en ligne de manière sécurisée parce que derrière cette carte, il y a des outils qui vont nous permettre de bien sécuriser cette carte. Des outils appuyés par la technologie, appuyés par l’intelligence artificielle. Deuxième point, le Cameroun. Pourquoi le Cameroun ? On a choisi ce pays. On connaît bien qu’il y a une population de plus d’environ 30 millions d’habitants. Plus de 55% des gens sont déjà utilisateurs de mobile money. Et la majorité, une grande partie de cette population, sont des jeunes. Et on doit aussi innover et ramener des produits qui parlent aux jeunes. Ces jeunes sont toujours connectés. Ces jeunes sont toujours derrière leur mobile. Donc, c’est à nous de s’adapter pour créer un produit qui est adapté à ces jeunes, qui est proche d’eux, pour pouvoir faire des transactions à l’échelle internationale. »
Elius ASU, Directeur Général Access Bank Cameroun
« Cette carte vient résoudre des problèmes concrets du quotidien »
« Ce lancement ne se limite pas à la présentation d’un nouveau produit. Il s’agit de résoudre des problèmes concrets du quotidien. L’étudiant à Yaoundé qui doit payer un cours en ligne ou s’inscrire à un examen, les parents qui doivent régler les frais de scolarité ou d’inscription à l’étranger, le petit commerçant à Douala qui s’approvisionne en ligne et doit payer ses fournisseurs hors du Cameroun, et bien d’autres encore. Cette carte est bien plus qu’un simple produit bancaire : c’est une porte d’entrée vers le e-commerce, les paiements en ligne sécurisés et une plus grande indépendance financière. Et je peux vous l’assurer, elle aura un impact sur l’économie. Nous avons, et nous le reconnaissons, une économie informelle importante au Cameroun. De nombreuses personnes y gagnent leur vie, y compris des étudiants qui vendent sur Facebook et d’autres plateformes. Cette carte va libérer tout le potentiel de ce secteur. Et bien sûr, c’est également bénéfique pour le gouvernement, car celui-ci peut ainsi comprendre les flux financiers dans le secteur financier. Car lorsqu’on parle du secteur financier, il ne s’agit pas seulement de finance. »
Selon les données présentées par l’administration, l’artisanat contribue à environ 5 % du produit intérieur brut. Un chiffre modeste à l’échelle macroéconomique, mais qui masque un poids social et territorial déterminant. Le secteur représenterait près de 35 % de l’emploi total, avec une forte concentration de jeunes (60 %) et de femmes (45 %), confirmant son rôle de principal amortisseur du chômage et de l’exclusion économique dans un pays à forte croissance démographique.
UNE ÉCONOMIE DE PROXIMITÉ AU CŒUR DES TERRITOIRES
Contrairement aux secteurs extractifs ou à certaines industries capitalistiques, l’artisanat opère au plus près des populations. Présent dans les dix régions du pays, il structure aussi bien les économies urbaines que rurales. En milieu urbain et périurbain, où se concentrent environ 65 % des artisans, il alimente des activités de production, de services et de maintenance indispensables au fonctionnement quotidien des villes. En zones rurales, qui regroupent près de 35 % des acteurs, l’artisanat de transformation agricole, du bois ou du textile joue un rôle clé dans la fixation des populations et la génération de revenus locaux.
Cette dimension territoriale explique pourquoi les pouvoirs publics parlent désormais d’« économie réelle » : l’artisanat transforme directement les ressources locales en biens et services tangibles, sans dépendre massivement des importations. Bois, produits agroalimentaires, textile ou métal constituent la base d’une chaîne de valeur courte, dont les effets multiplicateurs se diffusent rapidement dans les économies locales.
UN SECTEUR STRUCTURANT, MAIS FAIBLEMENT VALORISÉ
Malgré ce rôle central, la valeur économique créée reste limitée par des contraintes structurelles persistantes. L’informalité domine encore largement, rendant difficile la mesure statistique réelle de la production et freinant l’accès au financement bancaire. La productivité demeure faible, en raison d’équipements rudimentaires, d’un accès limité à la formation technique et d’une faible intégration aux circuits commerciaux organisés.
Les villages artisanaux, conçus comme des pôles de production, de formation et de commercialisation, illustrent ce paradoxe. Treize infrastructures sont aujourd’hui fonctionnelles, appuyées par un réseau de 360 Bureaux communaux de l’artisanat. Pourtant, leur rendement économique reste inférieur aux attentes, en raison de taux d’occupation inégaux, de difficultés de gouvernance et d’une monétisation encore limitée des activités.
EMPLOI, INCLUSION ET STABILITÉ SOCIALE
Au-delà des chiffres de production, l’artisanat joue un rôle stratégique dans la cohésion sociale. Il constitue un point d’entrée rapide vers l’auto-emploi, notamment pour les jeunes et les femmes exclus du marché du travail formel. L’apprentissage, souvent informel mais structurant, permet la transmission intergénérationnelle des savoir-faire et le renforcement du capital humain, un objectif central de la SND30. Dans les zones rurales, cette capacité d’absorption de la main-d’œuvre contribue à limiter l’exode vers les grandes métropoles, tout en soutenant les revenus des ménages. À ce titre, l’artisanat agit comme un stabilisateur social, réduisant les pressions sur les infrastructures urbaines et participant à un développement territorial plus équilibré.
UN PILIER APPELÉ À CHANGER D’ÉCHELLE
Conscientes de ces enjeux, les autorités entendent repositionner l’artisanat comme un pilier assumé de la transformation structurelle. La feuille de route 2026-2028 prévoit un renforcement du cadre institutionnel, une accélération de la formalisation, des mécanismes de financement dédiés et une montée en puissance de la digitalisation, notamment via des plateformes de commercialisation en ligne et des outils de marketing numérique.
L’objectif n’est pas de transformer l’artisanat en industrie lourde, mais de consolider son rôle dans l’économie réelle, en améliorant la productivité, la qualité et l’accès aux marchés. À moyen terme, la montée en valeur du secteur pourrait élargir l’assiette fiscale, renforcer la résilience économique des territoires et soutenir une croissance plus inclusive.
Cette émission porte sur un montant final de 750 millions de dollars soit 414.9 milliards FCFA, pour une maturité de sept ans, assortie d’une période de grâce de deux ans. La période de grâce correspond à la phase initiale durant laquelle l’État ne rembourse pas encore le principal de la dette, mais uniquement les intérêts, ce qui allège la pression immédiate sur la trésorerie publique.
Structurée conjointement par Citigroup et Cygnum Capital, l’opération a suscité un intérêt marqué de la part d’investisseurs institutionnels internationaux de premier plan. L’offre globale de prêts a atteint près d’un milliard de dollars, alors que le montant initialement recherché par le Trésor camerounais était de 600 millions de dollars. Le relèvement à 750 millions s’inscrit, selon le ministère des Finances, dans le cadre du plan de financement de l’État pour l’exercice 2026.
Cette sursouscription intervient dans un environnement international caractérisé par des taux d’intérêt élevés, une forte volatilité financière et une sélectivité accrue vis-à-vis des signatures souveraines africaines. Pour Yaoundé, elle traduit une confiance renouvelée des investisseurs dans la capacité du pays à honorer ses engagements financiers, malgré les tensions macroéconomiques mondiales.
Cette annonce officielle vient préciser les informations précédemment rapportées par Bloomberg, qui faisaient état d’une émission obligataire camerounaise de 750 millions de dollars, assortie d’un rendement supérieur à 10 %. À l’époque, les paramètres détaillés de l’opération n’avaient pas été confirmés par les autorités. Le ministère des Finances confirme désormais qu’il s’agit bien d’un placement privé réalisé à Londres, avec une structuration intégrant des outils de gestion du risque financier.
Les fonds mobilisés sont destinés en priorité à l’apurement des restes à payer des exercices budgétaires antérieurs, notamment les décomptes liés à certains projets publics jugés prioritaires. Ces restes à payer correspondent à des dépenses engagées par l’État mais non encore réglées, souvent sources de tensions de trésorerie pour les entreprises locales. Selon le ministère, l’opération doit également permettre d’assurer la continuité et l’achèvement de ces projets, tout en sécurisant l’exécution du budget de l’État pour 2026.
Dans le cadre de sa stratégie de gestion prudente de la dette publique, l’État du Cameroun a mis en place, parallèlement à cette émission, un mécanisme de couverture financière de type swap de change dollar–euro. Un swap de change est un instrument financier qui permet d’échanger une exposition en devise contre une autre, afin de se prémunir contre les fluctuations des taux de change. Ce dispositif a permis de ramener le coupon effectif de l’emprunt, une fois converti en euros, à 7,79 %. Le coupon correspond au taux d’intérêt annuel versé aux investisseurs. Cette opération vise à limiter l’exposition du Cameroun au risque de change lié au dollar et à améliorer les conditions financières globales de la dette contractée.
À cette occasion, le ministre Alamine Ousmane Mey a appelé ses collaborateurs à « renforcer la cohérence, l’efficacité et l’impact de l’action publique », dans un contexte marqué par le lancement du nouveau septennat des Grandes Espérances impulsé par le président Paul Biya. Dans un environnement international contraignant, caractérisé par des tensions géopolitiques persistantes et un accès plus coûteux aux financements, le Cameroun affiche une trajectoire macroéconomique jugée résiliente.
La croissance du PIB réel est estimée à 3,9 % en 2025, tirée par le secteur non pétrolier, avec une projection de 4,2 % en 2026. Le gouvernement indique également avoir engagé des mesures visant à accroître la production locale et à contenir l’inflation, avec une perspective de retour vers le seuil communautaire de 3 %. Au cœur des échanges, la réforme de la nomenclature budgétaire de l’État occupe une place structurante. Elle vise à rendre la lecture du budget plus lisible et plus orientée vers les résultats.
Concrètement, il s’agit de mieux relier les ressources allouées aux politiques publiques et aux effets attendus sur l’économie et les territoires. Selon le ministre, le Projet de performance du Minepat pour 2026 traduit « la volonté du gouvernement de consolider les fondements d’une croissance durable, inclusive et résiliente, tout en accélérant la transformation structurelle de l’économie ». L’exécution du Budget d’Investissement Public (BIP) constitue un autre axe central.
Le BIP regroupe les dépenses de l’État destinées aux infrastructures, aux équipements collectifs et aux projets structurants. Le Minepat insiste sur une exécution plus rigoureuse, fondée sur le respect des procédures, le suivi des projets et la coordination entre services centraux et déconcentrés. Pour Alamine Ousmane Mey, « la crédibilité de l’action publique repose sur une planification rigoureuse et un suivi efficace des projets ».
Les arbitrages budgétaires pour 2026 traduisent des priorités clairement identifiées. L’industrialisation est présentée comme un levier de réduction de la dépendance aux importations et de création d’emplois. La promotion de l’investissement privé vise à compléter l’effort public, dans un contexte de marges budgétaires contraintes. La décentralisation, quant à elle, est appelée à renforcer la capacité des territoires à porter des initiatives économiques adaptées à leurs réalités.
La question des financements innovants est également mise en avant. Elle renvoie à la diversification des sources de financement des projets publics, au-delà des ressources budgétaires classiques, afin de soutenir l’investissement dans un contexte de durcissement des conditions d’emprunt. Cette orientation s’accompagne d’un accent sur la gouvernance publique, condition de la confiance des partenaires et des investisseurs.
Les travaux de l’atelier se sont structurés autour de trois thématiques : la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes comme réponse aux chocs climatiques et économiques ; les conditions d’une exécution efficiente du BIP 2026 ; et les mesures incitatives destinées à améliorer la performance des services déconcentrés. Ces échanges ont débouché sur des recommandations visant à améliorer la collaboration interne et l’efficacité globale de l’action publique.
Inscrite dans les pratiques du Minepat, cette rencontre prépare la Conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés. Elle s’impose comme un cadre de concertation technique, où les orientations budgétaires et économiques sont traduites en lignes d’action opérationnelles, au service de la transformation structurelle de l’économie camerounaise.
Contribuer au-delà des 5 % actuellement attribués à l’artisanat dans le produit intérieur brut. C’est autour de cet objectif que s’est tenue, le 28 janvier 2026 à Yaoundé, la conférence annuelle des services déconcentrés du ministère des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA). Les travaux ont porté sur le thème : « La place de l’artisanat dans la réalisation de la SND30 : état des lieux et perspectives », dans un contexte où la Stratégie nationale de développement 2020-2030 cherche à activer des leviers de croissance plus inclusifs et territorialement ancrés.
Concrètement, il s’agissait de dresser un diagnostic réaliste du secteur et d’identifier, à la lumière des orientations de la SND30, les mécanismes permettant de le mettre en mouvement pour une contribution économique accrue. Pour le ministre Achille Bassilekin III, la sous-exploitation persistante de l’artisanat constitue une incohérence stratégique. « Nous ne pouvons pas continuer d’entretenir une sous-exploitation de ce secteur. Certains pays avancés ont précisément pour première industrie l’artisanat parce que l’artisanat se décline en artisanat d’art, mais surtout en artisanat de production et artisanat de service. Et tous ces acteurs contribuent significativement au produit intérieur brut de leurs pays. Et je crois que le potentiel de nos artisans reste encore en deçà de ce qu’ils peuvent offrir en termes d’accélération de la SND30 », a-t-il expliqué.
Cette réflexion s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2026-2028 du MINPMEESA, qui vise une montée en puissance du secteur à travers une mobilisation renforcée des acteurs de terrain. « Il était nécessaire, à l’orée de l’année 2026, avec l’ensemble de nos responsables de terrain mais aussi des artisans, de revenir sur toutes les actions aujourd’hui qui sont requises pour accélérer la dynamique de dynamisation de ce secteur, mais davantage encore mobiliser tous ces acteurs autour de la réalisation des priorités de la SND30 pour que nous puissions avoir une croissance qui soit plus inclusive, avec la contribution des artisans, davantage de création d’emplois et surtout que la richesse de nos terroirs puisse vivre dans sa diversité », a annoncé le ministre.
Malgré ces orientations et les dispositifs déjà engagés, l’artisanat camerounais demeure marqué par un paradoxe structurel. Riche en savoir-faire, porteur d’identité culturelle et doté d’un potentiel économique reconnu, il reste marginal dans la création de valeur nationale. Sa faible contribution au PIB traduit une sous-valorisation persistante des talents et des ressources disponibles.
Les villages artisanaux, pensés comme des pôles intégrés de production, de formation et de commercialisation, n’ont pas encore atteint leur pleine capacité. Ils souffrent de faibles taux d’occupation, d’une animation irrégulière, de déficits de gouvernance et d’une monétisation encore limitée des activités, peinant ainsi à jouer leur rôle de catalyseurs économiques et sociaux.
Dans ce contexte, l’artisanat apparaît plus que jamais comme un secteur transversal et stratégique pour l’emploi et l’inclusion sociale. À l’heure où le processus de décentralisation s’accélère, le défi consiste à faire migrer l’artisanat d’un espace majoritairement informel vers un écosystème productif structuré, formalisé, digitalisé et résolument orienté vers les marchés, condition indispensable pour en faire un pilier crédible de l’économie réelle et de la mise en œuvre effective de la SND30.
A côté de la dotation générale de la décentralisation, la fiscalité locale est l’une des principales sources de revenus pour les Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Et pour l’exercice 2026, si l’on en croit les prévisions faites par le ministère des Finances, dans son document annexe relatif à la décentralisation de la loi de finances 2026, c’est précisément un montant d’environ 497,81 milliards de FCFA qui devrait être mobilisé au profit des CTD au cours de cet exercice budgétaire.
Dans les détails, les prévisions de recettes fiscales à mobiliser par la Direction générale des impôts (DGI) au profit des communes pour l’exercice 2026 sont évaluées à 391,8 milliards de FCFA, soit une augmentation de 53,7 milliards de FCFA (+15,9%), par rapport aux estimations de 2025 qui étaient de 38,1 milliards de FCFA en 2025. Quant au niveau régional, pour la première année de mise en œuvre effective du panier fiscal prévue par la nouvelle loi portant fiscalité locale en faveur des régions, les prévisions de recettes se situent à 117,8 milliards de FCFA.
Le Minfi prévoit ici une montée en puissance progressive de l’Impôt général synthétique qui devrait connaitre une évolution de l’ordre de 40%. Les Centimes additionnels communaux (CAC) devraient également connaitre une progression de 15% du fait notamment de la pleine application de la disposition de la nouvelle loi sur la fiscalité locale instaurant des CAC sur les droits d’accises ad valorem et les droits d’accises spécifiques.
Pour ce qui est des prévisions de ressources fiscales à mobiliser par la Direction générale des douanes (DGD) pour le compte des CTD en 2026, la mobilisation de ces recettes fiscales se fera uniquement au profit des communes, la DGD n’ayant pas de compétence en matière d’administration des impôts, taxes et redevances des régions. Pour l’exercice 2026, les prévisions s’élèvent à 94,0 milliards de FCFA, en progression de 7,5 milliards de FCFA (+8,7%) par rapport aux estimations à fin 2025 de 86,5 milliards de FCFA. Cette progression, précise-t-on, découle de l’institution des CAC sur les droits d’accises dont la plus-value en 2026 est projetée à 3,3 milliards de FCFA.
1 476,7 milliards de FCFA mobilisés entre 2020 et 2024
La tendance de mobilisation des recettes fiscales est donc haussière. Les recettes fiscales mobilisées par la DGI et DGD qui se situent à un montant global de 1 476,7 milliards de FCFA sur la période 2020 et 2024, ont connu une évolution de 80% sur la période de référence, passant ainsi de 206,5 milliards de FCFA en 2020 à 372,7 milliards de FCFA en 2024.
Les recettes fiscales collectées par la DGI sont passées de 164,4 milliards de FCFA en 2020 à 290,9 milliards de FCFA en 2024, soit une évolution de FCFA 126,5 milliards (+76,9%). Les recettes fiscales collectées par la DGD au profit des CTD, quant à elles, notamment les CAC et le droit d’accises spécial destiné à l’enlèvement et au traitement des ordures, sont passées de 42,1 milliards de FCFA en 2020 à 81,8 milliards de FCFA en 2024, soit une hausse de 39,7 milliards de FCFA (+94,2%).
S’agissant de la répartition des recettes fiscales, sur la période 2020-2024, c’est un montant global de ressources fiscales de l’ordre de 579,3 milliards qui a été réparti à l’ensemble des communes au titre de la péréquation. Les ressources de péréquation ont en effet connu une évolution positive sur la période référence, passant de 92,4 milliards de FCFA en 2020, à 142,4 milliards de FCFA en 2024. Les CAC demeurent la principale ressource de péréquation avec un poids estimé de 67,8%, en suite viennent le droit d’accises spécial et le droit de timbre automobile, représentant respectivement 21,5 % et 5,7%.
Tout comme les pertes en vies humaines, les accidents de la circulation causent de nombreuses pertes économiques au pays. Selon une estimation faite par le ministère des Transports, le Cameroun perd 800 milliards de FCFA par an du fait des accidents de la circulation. Première cause de mortalité chez les jeunes de moins de 25 ans, ces accidents de la circulation font également 4000 personnes handicapées chaque année.
Et pour infléchir la courbe des accidents de la circulation, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngallé Bibéhè, a présenté un plan de riposte 2026 contre ce fléau pour cette année 2026. Tout comme les nombreux projets inscrits sur la feuille de route de ce département ministériel au cours de cet exercice budgétaire 2026. Pour Jean Ernest Massena Ngallé Bibéhè, « Les exigences demeurent élevées et impliquent une mobilisation accrue et une exigence renforcée dans l’action publique, en vue de confirmer notre secteur comme catalyseur de la prospérité économique et sociale de notre pays ».
Parmi les autres projets inscrits dans la feuille de route du ministère des Transports au cours de cet exercice budgétaire 2026, l’on cite notamment, la modernisation des infrastructures aéroportuaires, le démarrage de la phase d’exécution et de la construction de la ligne de chemin de fer Mbalam-Kribi, l’aménagement d’une zone industrielle intégrée d’environ 2000 hectares au port de Kribi, la construction d’un terminal minéralier et la construction d’autres quais au sein de ladite plateforme portuaire. Sans oublier l’intensification des campagnes de prévention et de sécurité routières, et surtout, la modernisation du réseau météorologique national. L’objectif ici étant, précise-t-on, d’améliorer la production des informations météorologiques.
Du bilan fait dans ce ministère de l’exercice budgétaire 2025 qui vient de s’achever, l’on cite au rang des acquis, la production de 459 299 titres de transport, de l’organisation de 11 410 opérations de contrôles routiers, la reprise progressive de la mobilité aérienne avec un trafic passager estimé aujourd’hui à près de deux millions de passagers. Le trafic global de fret dans les ports autonomes de Douala et de Kribi qui enregistre une progression de 3%, etc.
Dr. Tumenta F. Kennedy, Senior Economist and CEO, African Business Information Bank (AfricanBIB)
Défis Actuels : Comment évaluez-vous le coût économique global de la crise anglophone sur les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis 2017, notamment en termes de perte de production et d’investissement ?
Dr Tumenta F. Kennedy : Évaluer le coût depuis 2017 revient à pratiquer une autopsie macroéconomique sur un organisme encore vivant. Nous faisons face à une perte agrégée estimée à plus de 2,5 milliards de dollars (environ 1 500 milliards de FCFA) en croissance du PIB non réalisée. Avant 2016, les régions du NWSW représentaient près de 20 % du PIB du Cameroun. Aujourd’hui, cette contribution a été littéralement dévorée par l’insécurité. Mais la « perte de production » ne se limite pas à des récoltes non effectuées ; elle concerne l’effondrement total du principal produit d’exportation du Nord-Ouest : l’éducation. Pendant des décennies, le Nord-Ouest était la « Mecque de l’éducation » en Afrique centrale. Nos établissements techniques, professionnels et secondaires attiraient des capitaux de toute la zone CEMAC. Ce secteur a subi une refonte complète — ou plutôt un démantèlement systématique. Fermer les écoles, ce n’est pas seulement perdre des frais de scolarité ; c’est détruire une économie de services à plusieurs niveaux (logement, restauration, transport) qui faisait vivre des milliers de ménages. L’investissement a fui, car le capital est lâche : il ne reste pas là où le son de « l’atara » (les coups de feu) sert de réveil matinal.
Défis Actuels : Les grandes entreprises agro-industrielles comme la CDC et PAMOL ont vu leurs activités gravement perturbées. Quelles ont été les implications macroéconomiques et sur l’emploi au sens large ?
Dr Tumenta F. Kennedy : La CDC était le deuxième employeur du Cameroun après l’État. Son quasi-effondrement constitue une défaillance catastrophique du filet de sécurité national. Nous parlons de plus de 20 000 emplois directs menacés et de près de 100 000 moyens de subsistance affectés. Sur le plan macroéconomique, cela crée une « Secondary Region Strain ». Lorsque ces entreprises se sont effondrées, la base fiscale s’est évaporée. Plus grave encore, le chômage n’est pas resté local : il s’est transformé en un déplacement massif de la main-d’œuvre vers le Littoral et l’Ouest, comprimant les salaires dans ces zones et surchargeant les infrastructures urbaines. Le quasi-effondrement de ces entreprises a décapité la classe moyenne industrielle du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, transformant des contribuables productifs en personnes déplacées internes (IDPs) dépendantes de l’aide.
Défis Actuels : Les cultures de rente comme le cacao, le caoutchouc, la banane et l’huile de palme ont connu un déclin brutal. Qu’est-ce que cela signifie pour les recettes d’exportation du Cameroun et les revenus ruraux ?
Dr Tumenta F. Kennedy : Cela signifie que le Cameroun a perdu son avantage compétitif sur le marché mondial des matières premières. Le Sud-Ouest à lui seul représentait autrefois près de 45 % de la production nationale de cacao. Le phénomène des ghost towns et l’insécurité dans le « bush » ont transformé les zones rurales en cimetières économiques. Il faut aussi considérer le « Diaspora Dividend Diversion ». Historiquement, les diasporas établies aux États-Unis, en Europe et en Asie envoyaient des millions de FCFA en transferts de fonds, destinées au développement rural, aux projets agricoles et aux « country homes » dans le Nord-Ouest. Ce capital est désormais détourné. Au lieu de financer des unités de transformation à Ndop ou Kumbo, il sert à louer des appartements à Douala ou à acheter des terrains à Yaoundé. L’écart de richesse entre zones rurales et urbaines n’est plus un fossé : c’est un canyon. Le revenu rural est passé de la « subsistance » à la « survie », ce qui représente une régression économique de cinquante ans.
Défis Actuels : Quelle est l’ampleur de la destruction de l’économie locale informelle/des PME, et pourquoi est-elle sous-estimée ?
Dr Tumenta F. Kennedy : Les évaluations officielles se concentrent sur les bilans des grandes entreprises, faciles à suivre. Elles ignorent complètement l’économie culturelle, touristique et des rites traditionnels, qui constituait le cœur battant du Nord-Ouest. Les festivals, funérailles et mariages traditionnels n’étaient pas de simples rites : c’étaient de véritables événements qui drainaient énormément de liquidités. Un seul Cry-Die (funérailles) dans un village pouvait injecter des millions de FCFA dans l’économie locale en un week-end. L’effondrement de cette économie du « familyhood » est dévastateur. Nous assistons aussi à l’émergence d’une « Kidnapping Industry ».
C’est la forme la plus perverse d’économie informelle : un « Negative Multiplier ». Lorsqu’une famille paie une rançon de 5 millions de FCFA, ce capital est soustrait à l’usage productif (frais de scolarité, stock commercial) pour être remis à des acteurs non productifs. C’est un mécanisme dde dépossession de de richesse qui cible les rares entrepreneurs restants, créant un climat où la réussite visible devient un danger mortel. Le paysage entrepreneurial est ravagé. De nombreux entrepreneurs, notamment ceux perçus comme appartenant à un groupe régional ou linguistique particulier, ont été ciblés et contraints de fuir. Ils ont abandonné maisons et actifs productifs, laissant derrière eux chômage et chaînes d’approvisionnement brisées. Ce vide ne paralyse pas seulement le présent ; il constitue un avertissement terrifiant pour tout futur investisseur, paralysant l’économie locale.
Défis Actuels : Le conflit a déclenché une fuite des capitaux humains et financiers. Quels sont les risques à long terme pour la reconstruction post-crise ?
Dr Tumenta F. Kennedy : Le risque le plus terrifiant est la « Dette Psycho traumatique ». Nous formons une génération de « wounded wealth ». Selon le Babungo Integrated Mental Health Care Center (BIMEHC) à Ndop, la prévalence du PTSD, de l’anxiété et des maladies liées aux traumatismes explose. Des familles ont abandonné des centaines de patients souffrant de troubles mentaux dans ces centres.
On ne peut pas bâtir une économie moderne avec une main-d’œuvre psychologiquement brisée. Le traumatisme est un frein à la productivité qu’aucun prêt du FMI ne peut corriger. Nous assistons à la perte d’une génération. Des milliers d’enfants déplacés ont passé des années sans scolarité. À leur retour, beaucoup deviennent des « displaced babysitters » dans des villes comme Douala ou Yaoundé, ne pouvant suivre que des cours du soir tout en travaillant la journée. La « fuite des cerveaux » est devenue une « Hémorragie des cerveaux ».
Les enseignants, ingénieurs et médecins qualifiés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest enrichissent désormais les économies du Littoral, de l’Ouest ou de pays occidentaux (États-Unis, Europe, Moyen-Orient, Asie). La relance ne nécessitera pas seulement la reconstruction des bâtiments, mais une politique sans précédent de réattraction des populations. Sans réponse à la Kidnapping Industry et aux cicatrices psychologiques, la « Post-Crisis Recovery » restera un slogan vide dans une région vidée de sa substance productive. Nous ne perdons pas seulement de l’argent ; nous perdons l’âme même de notre productivité. La fuite du capital humain est une dette que l’avenir aura du mal à rembourser.
Plus de 38 milliards de FCFA de pertes pour la CDC depuis 2019
La CDC, première agro-industrie du pays hors administration publique et deuxième employeur national, a payé un tribut très lourd à l’insécurité. Entre 2019 et 2021, ses pertes ont atteint 38,7 milliards de FCFA, tandis que ses effectifs ont chuté de 22 000 à environ 15 000 employés selon la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques (CTR). L’arrêt complet de la filière banane depuis septembre 2018 et le fonctionnement seulement partiel des filières huile de palme et caoutchouc ont fortement comprimé son chiffre d’affaires, qui avait déjà reculé de 60,9 % entre 2016 et 2018. Pamol Plantations Plc, acteur majeur de l’huile de palme dans le Sud-Ouest, n’a pas été épargnée, enregistrant des pertes de 83,9 % de son chiffre d’affaires sur la même période, en grande partie en raison de la fermeture de ses installations face à l’insécurité.
En 2024, l’entreprise affichait un déficit record de 3,8 milliards FCFA, contre 757 millions l’année précédente, conséquence directe de l’arrêt prolongé de ses activités et de l’usure de son outil de production. Face à cette situation qui menaçait non seulement la stabilité économique des zones concernées mais aussi la survie de ces entreprises, le gouvernement camerounais a entrepris une série d’actions concrètes.
Un accord signé le 17 septembre 2025 entre l’État, FedhEn Capital, Société Générale Capital Securities Central Africa, Société Générale Cameroun, CCA Bank et AFG Bank a permis de solder 15,7 milliards de FCFA d’arriérés de salaires – partie d’une dette totale de 35,7 milliards de FCFA accumulée entre 2018 et 2022 – due à près de 20 000 employés de la CDC. Parallèlement, l’État a annulé en 2024 environ 24 milliards de FCFA de cotisations sociales, allégeant significativement la trésorerie de la CDC.
Au total, 59 milliards de FCFA de dettes fiscales et sociales ont été effacés, contribuant à une transition vers un résultat net positif de 45,4 milliards de FCFA pour l’exercice 2024. Ces efforts ont permis à la CDC de sortir d’une période prolongée de pertes et d’amorcer une trajectoire de stabilisation. Sur le plan de l’investissement et de la modernisation, le gouvernement, représenté par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, a été habilité à signer avec la Standard Chartered Bank de Londres un crédit commercial de 7,1 millions d’euros (environ 4,6 milliards de FCFA) destiné à financer la fourniture et l’installation de nouvelles usines pour la production d’huile de palme, de margarine et de transformation de l’hévéa, filières jugées stratégiques pour diversifier et renforcer l’appareil productif de la CDC.
Cette opération s’inscrit dans un ensemble plus large de financements orchestrés par la Standard Chartered Bank, qui avait déjà sécurisé un crédit acheteur de 71,7 millions d’euros garanti par Bpifrance, portant l’enveloppe totale à près de 78,8 millions d’euros (51,8 milliards FCFA). Destinés à moderniser les unités industrielles de la CDC, ces financements permettront l’installation d’équipements modernes, la valorisation des matières premières locales, la réduction de la dépendance aux importations et la stimulation de l’emploi dans des zones durement touchées.
Des pertes de plus de 800 milliards FCFA pour les entreprises
Dans un rapport sur l’impact économique de la crise anglophone publié en 2022, la Banque mondiale indique que la poursuite du conflit jusqu’en 2025 entraînerait une baisse d’environ 9 % du PIB national. À horizon 2030, la contraction serait encore plus marquée au niveau régional : la richesse produite dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest chuterait d’environ 60 %, tandis que le bien-être des ménages à l’échelle du pays reculerait de plus de 5 %, toujours selon les estimations de la Banque mondiale.
Toujours selon la Banque mondiale, rackets enlèvements contre rançon et assassinats ciblés ont touché des chefs d’entreprise, des salariés et toute personne perçue comme disposant de ressources, notamment dans des villes comme Bamenda, Buea et Kumba, d’après les sources citées dans. Dans plusieurs localités, des opérateurs économiques déclarent devoir verser des contributions informelles pour poursuivre leurs activités ou mener des projets, comme la construction d’un bâtiment, sans être pris pour cible. Ce climat a favorisé la fuite d’acteurs clés du commerce, en particulier des grossistes qui approvisionnaient les marchés locaux. Leur départ a désorganisé les circuits d’approvisionnement et contribué à la hausse des prix à la consommation relevée dans le rapport.
À l’échelle nationale, la combinaison de la perte d’emplois et de ces tensions sur les prix a entraîné une baisse du bien-être des ménages mesuré par la consommation réelle, estimée à –3,4 % en 2019 par rapport à un scénario sans crise. Les grandes unités industrielles et de services n’ont pas été épargnées. Une évaluation gouvernementale citée dans le rapport faisait déjà état, dès 2017, d’une baisse de plus de 30 % des performances des entreprises industrielles et de services installés dans les deux régions.
Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM), devenu Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), estimait pour sa part, à mi-2019, que les pertes de chiffre d’affaires cumulées depuis 2016 atteignaient près de 800 milliards de FCFA dans plusieurs secteurs formels. De nombreuses grandes entreprises ont fermé des unités locales ou gelé leurs projets d’investissement, tandis que celles restées en activité ont dû supporter des dépenses supplémentaires liées à la sécurité.
Selon la Banque mondiale, en 2019, le PIB régional était inférieur d’environ 35,2 % au scénario de référence dans le Nord-Ouest et de 27 % dans le Sud-Ouest. L’écart est jugé plus prononcé dans le Nord-Ouest, région plus enclavée et à dominante rurale. Le Sud-Ouest a bénéficié d’une certaine résilience liée à la présence du secteur pétrolier, préservé par les autorités, et à sa proximité avec Douala, grand pôle économique.
Les agro-industries, centrales dans ces deux régions, évoluent dans ce contexte de désorganisation. La perte de jours de travail, les déplacements de populations et l’insécurité ont contribué à l’effondrement de la productivité dans plusieurs filières, selon le rapport. À l’échelle du pays, ces perturbations se traduisent par une baisse estimée des exportations de 5,3 %, un recul de la consommation finale de 3,4 % et une contraction des investissements de 10,2 % par rapport à la trajectoire attendue sans conflit.
La croissance nationale aurait ainsi pu atteindre 4,5 % en 2019, contre 3,8 % effectivement enregistrés. Le marché du travail constitue un autre canal de transmission du choc économique. La Banque mondiale estime qu’environ 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million dans le Nord-Ouest ont été affectés par la crise.
Produits de rente : le Sud-Ouest perd son leadership sur la production du cacao
La crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du SudOuest a donc des répercussions très néfastes sur les filières agricoles et agro-industrielles en général. Cette crise a gravement affecté les produits d’exportation camerounais, notamment les filières cacao, café, banane et huile de palme, en perturbant la production, détruisant les infrastructures (routes, plantations), provoquant la fermeture d’entreprises comme la CDC, et créant un climat d’insécurité qui a réduit drastiquement les exportations et les revenus, avec des pertes se chiffrant en milliards de FCFA pour le secteur agro-industriel.
Particulièrement, pour le cacao et café, les régions anglophones étant des zones de production importantes ; la crise a entraîné une baisse massive de la production et des exportations. Le Sud-Ouest a par exemple perdu son leadership sur la production du cacao de la campagne cacaoyère 2024- 2025. Les données de l’ONCC révèlent d’ailleurs qu’avec seulement 19,9% des achats de fèves au cours de la saison 2024-2025, le Sud-Ouest est de plus en plus menacé sur le podium national de la production cacaoyère par la région du Littoral.
Officiellement, ce dernier bassin de production a enregistré 18,9% des achats de fèves au cours de la dernière campagne, révélant un écart de seulement 1% avec le Sud-Ouest. Pour d’autres produits d’exportation comme les bananes et l’huile de palme, des entreprises majeures comme la Cameroon Development Corporation (CDC) ont vu leurs exportations de bananes chuter de moitié, avec des sites de production réduits, des usines vandalisées et des employés ciblés.
Les conséquences économiques directes étant les pertes en revenus d’exportation (cacao, café) ont été considérables, affectant des milliers d’exploitants agricoles ; la baisse des volumes exportés, notamment pour les produits phares comme le cacao et les bananes ; le ralentissement ou l’arrêt des activités de nombreuses entreprises exportatrices, entraînant une hausse du chômage dans le secteur agricole.
Selon une évaluation de l’impact économique et social de la crise dans les régions anglophones réalisée par la Banque mondiale, cette crise a empêché l’économie camerounaise de profiter pleinement du contexte mondial relativement favorable qui a précédé l’épidémie de COVID-19, et qui comprenait une hausse modérée des prix mondiaux de certains des principaux produits agricoles d’exportation du Cameroun, notamment le cacao, le café et la banane.
Un contexte caractérisé par un modeste rebond des principales exportations agricoles de rente du Cameroun en 2017 et 2018, notamment celles produites dans les deux régions touchées, telles que la banane, le café et le cacao. Toujours selon l’institution de Bretton Woods, le déplacement de populations, la perte de jours de travail et l’effondrement de la productivité de ces secteurs dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ont contribué à une baisse des exportations de 5,3 %, à une baisse de la consommation finale de 3,4 % et à une baisse des investissements de 10,2 % par rapport au scénario de référence.
En conséquence, les performances en matière de croissance ont été inférieures au potentiel, l’emploi s’est contracté et la protection sociale a diminué. La croissance annuelle du PIB aurait été de 4,5 % en 2019, au lieu des 3,8 % enregistrés au cours de cette période. En outre, près de 2 millions de travailleurs dans le Sud-Ouest et 1,2 million de travailleurs dans le Nord-Ouest ont probablement été touchés par la crise.
La fuite des compétences fragilise l’économie du Nord-ouest et du Sud-ouest
L’insécurité persistante dans les régions anglophones du NordOuest et du Sud-Ouest a provoqué un choc humain dont les effets économiques dépassent largement les destructions matérielles visibles. Plus de 580 000 personnes ont été contraintes de se déplacer, souvent de manière pendulaire et temporaire, au gré des épisodes de violence.
Cette mobilité forcée fragilise le marché du travail, désorganise les chaînes de valeur locales et accélère une fuite silencieuse des compétences, au moment même où l’économie nationale en a le plus besoin. Selon le Norwegian Refugee Council (NRC), les incidents violents restreignent directement la capacité des populations à travailler. Les activités de subsistance, le commerce et le fonctionnement des marchés sont régulièrement interrompus.
La conséquence est double : baisse des revenus et renchérissement des denrées de base. Dans ce contexte, les ménages mobilisent toutes les forces disponibles. Filles et garçons s’engagent dans des activités souvent précaires pour soutenir les revenus familiaux. Les femmes se replient majoritairement sur l’agriculture et la vente de nourriture, tandis que les hommes alternent agriculture et petits boulots, endossant un rôle de pourvoyeurs de revenus dans un environnement instable.
Cette insécurité diffuse affecte aussi les segments les plus qualifiés du tissu productif. À Buea, au cœur de Silicon Mountain, l’écosystème numérique camerounais, plusieurs start-ups ont dû renoncer à des contrats internationaux faute de personnel disponible. Churchill Mambe Nanje a ainsi interrompu une mission de marketing digital et remboursé une avance de 1 200 dollars à son client. Le fondateur du moteur de recherche Njorku a, pour les mêmes raisons, décliné un contrat de 8 000 dollars pour le développement d’une application mobile destinée à un client californien.
Ces abandons illustrent une perte de valeur immatérielle : compétences, crédibilité commerciale et opportunités d’exportation de services. La crise sécuritaire, nourrie par les affrontements entre forces de défense et groupes séparatistes revendiquant la création de la République d’Ambazonie, entretient un climat de peur généralisée.
Enlèvements contre rançon, rackets et assassinats ciblés visent employés, entrepreneurs et commerçants perçus comme solvables, notamment à Bamenda, Buea et Kumba. De nombreux acteurs économiques, en particulier les grossistes qui alimentent les marchés, ont quitté les zones à risque, réduisant la productivité des entreprises formelles et informelles.
Pourtant, ces deux régions contribuaient encore à hauteur de 16,3 % du PIB national en 2015, pour une population estimée à 3,5 millions d’habitants. Plus récemment, avec une population évaluée à 3,4 millions d’habitants en 2025, selon l’INS, le Minepat relève que la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest a entraîné, au niveau national, une perte de 0,8 point de croissance du PIB en 2019, puis de 0,3 point en 2020. Ces chocs successifs se traduisent par une perte réelle cumulée de 421,3 milliards de FCFA sur le PIB national entre 2017 et 2020.
Le Sud-Ouest concentre des agro-industries majeures, des activités touristiques et des ressources pétrolières et gazières stratégiques. Le Nord-Ouest repose largement sur l’agriculture, dont la riziculture portée par l’UNVDA.
Selon la Banque mondiale, ces régions assurent une part déterminante des exportations agricoles et de l’emploi rural. La fuite des ressources humaines touche également les services de soutien à la production. Entre 58 % et 90 % des agents de vulgarisation agricole et techniciens vétérinaires auraient quitté leurs zones d’intervention. L’accès aux intrants s’est renchéri, les chaînes d’approvisionnement se sont disloquées et les coûts de transport ont augmenté.
À long terme, cette hémorragie de compétences affaiblit la capacité de rebond des territoires et pèse sur la trajectoire de croissance nationale, bien au-delà des 64 millions de dollars de dégâts matériels déjà recensés.
Après des auditions menées mardi dernier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de sanctionner les deux adversaires de la finale du tournoi : le Maroc et le Sénégal qui ont offert au monde un spectacle déshonorant pour le football africain. Dans un match où les règlements de la Can et de la Fifa ont été bafoués par les deux parties, en y mêlant actes d’antijeu et soupçons de fétichisme.
Pape Thiaw le sélectionneur des Lions de la Téranga qui avait incité ses joueurs à quitter la pelouse en cours de jeu, en protestation contre le penalty sifflé en faveur du Maroc en fin de temps réglementaire, alors qu’un but vient d’être refusé à son équipe, reçoit une « suspension de … cinq matches officiels de la CAF, pour comportement antisportif, violation des principes de fair-play et d’intégrité, et atteinte à l’image du football». Deux de ses joueurs sont également frappés : il s’agit d’Iliman Cheikh Baroy Ndiaye et Ismaïla Sarr, qui écopent chacun d’une suspension de deux matches officiels de la CAF, « pour comportement antisportif envers l’arbitre ».
Le Sénégal à travers la Fédération sénégalaise de football (FSF), écope d’une amende de 300 000 dollars américains, « pour le comportement inapproprié de ses supporters, ayant porté atteinte à l’image du football ». Eux qui se sont révoltés dans les gradins qu’ils ont cassés et menacé d’envahir la pelouse. Et en guise de bonus pour le comportement de ses joueurs et de son staff, la FSS écope de sanctions financières supplémentaires. Si le président de la FSF que le Maroc visait prioritairement pour ses propos rageurs contre la fédération marocaine qui à son sens influence la CAF, sa fédération, elle, n’y échappe pas. Ainsi, le jury disciplinaire de la CAF lui inflige « une amende supplémentaire de 300 000 dollars américains pour le comportement antisportif de ses joueurs et de son encadrement technique, en violation des principes de fair-play, de loyauté et d’intégrité » ; ainsi qu’une autre amende de 15 000 dollars américains « pour faute disciplinairede l’équipe nationale, cinq (5) joueurs ayant reçu des avertissements ».
La requête du Maroc rejetée
Pour ce qui est du Maroc, deux joueurs sont également sanctionnés :Achraf Hakimi et Ismaël Saibari. Les deux « voleurs » des serviettes du gardien sénégalais, écopent respectivement d’une suspension de « deux matches officiels de la CAF, dont un match avec sursis pendant une durée d’un an à…pour comportement antisportif » ; et de trois matchs officiels de la CAF « pour comportement antisportif ». En outre, Ismaël Saibari s’en sort avec une amende de 100 000 dollars américains.
La Fédération royale marocaine de football (Frmf), écope d’une amende de 200 000 dollars américains « pour le comportement inapproprié des ramasseurs de balles du stade », d’une autre de 100 000 dollars américains « pour le comportement inapproprié des joueurs de l’équipe nationale et de l’encadrement technique, ayant envahi la zone d’examen de la VAR et entravé le travail de l’arbitre » ; et d’une troisième de 15 000 dollars américains « pour l’utilisation delasers par ses supporters lors du match ».
Comme on le voit, le jury disciplinaire de la CAF a rejeté la requête du Maroc visant à retirer la victoire au Sénégal. En effet, la Frmf avait accusé le Sénégal d’avoir violé les articles 82 et 84 du Règlement de la CAN qui sanctionnent d’une perte du match par pénalité sur un score de 3-0, l’abandon ou le retrait d’une équipe d’un match non engagé ou en cours. Le Sénégal gardera donc son trophée acquis sur le terrain, sur un but de Pape Gueye. Et les deux équipes s’en sortent presqu’ équitablement avec des charges.