Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou vient d’ordonner la mise en liberté du journaliste de Brand Kamga. La nouvelle vient de tomber. Mais l’affaire n’est pas terminée. Le journaliste de Naja TV est attendu devant cette même juridiction le 17 février prochain « pour la poursuite des débats ».
C’est une première victoire pour ce journaliste qui a séjourné en prison un peu plus de deux semaines, depuis le 20 janvier dernier. Pour « tentative d’enlèvement d’une mineure». Victime que le journaliste dit ne pas connaître. L’homme qui enquêtait sur une affaire amoureuse entre une Camerounaise et un « blanc », se retrouvera derrière les barreaux, poursuivi par la dame qui se trouve actuellement en exil. Abandonnant l’enfant qu’elle présente comme étant la cible du journaliste.
Malgré les critiques et dénonciations des journalistes et défenseurs des droits de l’homme, l’homme qui avait été placé en détention, y est resté deux semaines.
L’expert en politiques publiques nous livre son analyse sur ce qui est considéré comme un bras de fer entre le gouvernement et le Port Autonome de Douala sur l’activité de scanning de marchandises et son incidence sur l’économie.
Après diverses sorties contradictoires des membres du gouvernement, le premier ministre a récemment tranché l’affaire de scanning au port de douala en donnant instruction de maintenir le contrat de SGS. Une position qui rejoint celle précédemment exprimée par le ministre Finances vis à vis du PAD qui a préféré l’ignorer. Comment comprendre cette affaire ?
L’Autorité portuaire, sous la direction de son directeur général Cyrus Ngo’o, soutient que le contrat de dix ans liant la PAD à SGS a expiré le 31 décembre 2025. Il invoque un décret présidentiel de 2019 conférant au PAD l’autonomie sur son domaine portuaire et lui permettant de désigner un nouvel opérateur. Le PAD a mandaté Transatlantic DSA pour prendre le relai à compter du 1er janvier 2026, arguant que les équipements de SGS ne répondent plus aux exigences du commerce moderne. Le PAD ambitionne d’étendre le contrôle à 100 %, incluant les véhicules et les marchandises en vrac, une tâche qui, selon elle, serait mieux gérée par la nouvelle société. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, s’est fermement opposé à cette transition. Le ministère privilégie les recettes à la prévisibilité dans la gestion des opérations portuaires. En effet, il doit obtenir un montant précis auprès du gouvernement pour financer les nombreux projets. Le MINFI soutient que le compte à rebours de dix ans n’a commencé qu’en 2022, avec la livraison complète du matériel. De plus, il affirme que l’autorité portuaire ne peut pas passer outre un contrat signé par l’État (ce qui est vrai et regrettable).
Au Port de Douala, des opérateurs économiques se sont trouvés embarrassés entre les deux plateformes. Celle d’Atlantic et de SGS. D’aucuns ont même parlé de « scanner fantôme » indiquant que SGS continuait de facturer aux expéditeurs des services qu’elle n’effectuait plus. Quelles sont les incidences économiques de cette affaire ?
Naturellement, cela aura des répercussions négatives sur l’économie, bien plus importantes que ce que nous pouvons imaginer actuellement. Sur le commerce et l’économie, lorsque des services essentiels sont interrompus et que les opérateurs commerciaux sont confrontés à l’incertitude quant aux procédures qui devraient être standardisées, les conséquences sont immédiates, coûteuses et néfastes pour l’économie camerounaise et l’ensemble de la région CEMAC. Pour les opérateurs, c’est un véritable cauchemar, car cela peut entraîner une double facturation, augmentant ainsi les coûts. Étant donné que deux entités revendiquent le droit de facturer ce service vital, les importateurs se retrouvent face à un scénario cauchemardesque. Le Cameroun affiche déjà des coûts logistiques parmi les plus élevés d’Afrique (représentant 30 à 40 % du prix final des marchandises). Ce scandale ajoute une surtaxe administrative qui rend les produits et les processus commerciaux camerounais moins compétitifs. Cela peut perturber le contrôle des conteneurs et les goulots d’étranglement créés par ce scandale ne feront qu’aggraver la situation. De plus, si l’autorité portuaire ne reconnaît pas les résultats de contrôle d’un opérateur, les conteneurs restent immobilisés. Le temps d’attente dans le port de Douala peut parfois dépasser vingt jours, entraînant des frais de surestaries importants pour les commerçants.
Avec la position stratégique du port de Douala, quel impact sur le commerce régional ?
Le commerce régional sera fortement impacté par cette crise administrative. Douala est vitale pour le Tchad et la République centrafricaine, pays enclavés, ce qui rend la recherche d’une solution d’autant plus urgente. Si cette instabilité persiste, il faut s’attendre à ce que certaines cargaisons soient détournées vers les ports de Kribi ou de Cotonou, accélérant ainsi le désengagement de Douala et fragilisant son rôle de plaque tournante régionale pour des millions d’entreprises. Cette affaire envoie par ailleurs un message alarmant aux investisseurs et aux partenaires internationaux.
Cela peut paraître paradoxal au regard de l’immensité des besoins au niveau local. Mais, les Collectivités territoriales décentralisées (CTD) peinent donc à consommer l’intégralité des fonds qui leur sont transférées pour financer leurs projets d’investissement.
Selon le constat fait par le ministère des Finances (Minfi), dans le document annexe relatif à la décentralisation de la loi de finances 2026, le niveau d’exécution de la Dotation générale de la décentralisation (DGD), volet investissement reste en dessous de 90% de la dotation programmée, ce qui correspond à un report de charges sur les exercices suivants d’au moins 10 milliards de FCFA au terme de chaque exercice budgétaire pour la prise en charge des dépenses des projets contractualisés mais dont les travaux n’ont pas été achevé au cours de l’exercice, ce qui correspond à un montant cumulé de 50 milliards de FCFA en 5 ans.
Le Minfi explique cette situation s’explique par certaines difficultés qui impactent le taux d’exécution des projets programmés. Notamment la maturité insuffisante de certains projets inscrits dans le budget d’investissement public (BIP) des CTD ; l’appropriation insuffisante des procédures relatives au code des marchés publics et sur la maturation des projets d’investissement public par certains acteurs de la chaine de l’exécution des projets du BIP dans les CTD.
Mais également, la lourdeur du processus de correction des erreurs sur les autorisations de dépenses en particulier quand la correction nécessite une annulation de l’autorisation de dépenses ; la crise sécuritaire dans certaines régions qui ralentit le rythme d’exécution de certains projets et impacte l’engouement des entreprises à soumissionner aux appels d’offres et la collaboration insuffisante entre les exécutifs communaux et les services déconcentrés concernés.
DES MESURES CORRECTIVES MISES EN PLACE
Pour pallier ces difficultés et accompagner les CTD pour une exécution optimale de la DGD volet investissement, l’on apprend que des mesures sont entreprises. Notamment, pour stimuler les CTD à l’exécution optimale de leur dotation, le MINEPAT a institué en 2025 les « Awards des communes modèles dans l’exécution des projets financés par la DGD volet investissement ». Tout comme l’on a introduit le critère de performance dans l’exécution dans la nouvelle méthodologie de répartition des ressources transférées aux CTD.
Pour endiguer les effets de la crise sécuritaire dans certaines régions, le MINEPAT accorde un appui financier sécuritaire aux cadres de concertation pour la bonne exécution des projets dans les régions concernées pour faciliter le suivi de l’exécution des projets ; pour optimiser la préparation des projets sélectionnés. Aussi, des renforcements de capacités au profit des CTD sont envisagés dans le cadre de la vulgarisation du décret de 2025 sur la maturation des projets pour une meilleure appropriation du processus de maturation. La réforme sur la méthodologie de répartition des CTD, précise-t-on, devrait permettre d’envisager sur un triennat une prévisibilité des ressources dont pourrait être bénéficiaire une CTD.
Cela permettrait aux CTD dimensionner le portefeuille et les coûts des projets à préparer en adéquation des projections de dotations. Pour une fluidité dans la modification des autorisations de dépenses, les dispositions de la circulaire du Minfi sur l’exécution du budget en matière de modification des autorisations de dépenses des CTD, informe-t-on, ont été améliorées pour permettre la modification des autorisations de dépenses au niveau local à l’exception de certains cas exceptionnels, notamment les cas nécessitant absolument une annulation de l’autorisation de dépenses ou en cas de changement de projet.
Pour un suivi optimal des projets, un nouveau décret sur les comités de suivi participatif de l’exécution physico-financière des projets d’investissement a été signé en 2025. Ce décret intègre désormais les régions dans le dispositif des comités de suivi, mais réorganise surtout les instances chargées de suivre au niveau local l’investissement public des CTD.
Le communiqué signé le 26 janvier 2026 par Louis Paul Motaze, Ministre des Finances (MINFI), n’est pas qu’une simple formalité administrative. C’est un véritable plan de relance qui s’adresse à un secteur privé souvent étouffé par la pression fiscale et à un secteur public local en quête de second souffle. En étendant cette mesure aux créances nées jusqu’au 31 décembre 2023, le gouvernement ratisse large.
L’un des points saillants de cette annonce concerne les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) et les entités parapubliques. Historiquement, de nombreuses mairies et entreprises d’État croulent sous le poids de dettes fiscales accumulées sur des décennies, rendant leur gestion quotidienne complexe, voire paralysée par des saisies sur comptes. En proposant un abattement de 60 % assorti d’un étalement de paiement sur 12 mois, le MINFI offre une porte de sortie honorable.
Pour une commune, éponger plus de la moitié de sa dette fiscale signifie : Retrouver une capacité d’autofinancement pour les projets locaux (écoles, routes, santé), assainir les relations avec le Trésor Public, régulariser la situation des employés municipaux dont les cotisations et retenues sont parfois bloquées. C’est un signal fort envoyé vers la décentralisation : l’État central accepte de renoncer à une partie de ses recettes pour laisser de l’air aux instances locales.
Le climat des affaires au Cameroun vient de recevoir un signal positif de la part du Ministre des Finances. Par un communiqué radio et presse daté du 26 janvier 2026, le Ministre des Finances (MINFI) a annoncé que les dispositions de la Loi de Finances 2026 reconduisent, en les améliorant, les facilités de paiement des dettes fiscales. Une décision qui s’inscrit dans la continuité des réformes entamées en 2024.
La principale innovation de cette année est l’extension du champ d’application. Alors que les précédentes mesures étaient plus restrictives, la transaction spéciale s’étend désormais aux dettes fiscales émises jusqu’au 31 décembre 2023. Cette décision ne se limite pas à une simple prolongation calendaire. Le législateur a également procédé à une révision à la hausse des taux d’abattement, notamment pour les dossiers les plus complexes, montrant ainsi une volonté de l’État de solder définitivement les vieux contentieux qui encombrent les tiroirs de l’administration.
LE DÉTAIL DES MESURES : QUI GAGNE QUOI ?
Le dispositif est segmenté pour répondre à la diversité des situations critiques rencontrées par les opérateurs économiques et les entités publiques. Sur le front judiciaire, la priorité est au déblocage des situations pendantes. Ainsi, pour les contribuables dont les dossiers sont actuellement devant les Tribunaux Administratifs ou la Cour Suprême, l’État propose un abattement exceptionnel de 80 %. L’objectif est clair : désengorger les tribunaux et permettre aux entreprises de sortir de l’incertitude juridique en échange d’un paiement du reliquat (20 %) sur une période maximale de 6 mois.
Concernant le secteur public et parapublique c’est une véritable bouffée d’air frais qui est promise aux collectivités territoriales décentralisées et autres entités publiques concernées. Les mairies (CTD) et les entreprises d’État traînent souvent de lourds arriérés. Pour ces entités, un abattement de 60 % est accordé sur les arriérés non contestés, avec un étalement de paiement généreux sur 12 mois. Quant au secteur privé on peut considérer que la main tendue du ministre des Finances est un véritable soutien à la compétitivité. Pour leurs arriérés non contestés, elles bénéficient d’une réduction de 50 % de la dette, également étalable sur un an.
UNE STRATÉGIE DE « GAGNANT-GAGNANT »
Si cette mesure ressemble à un cadeau fiscal, elle est en réalité une stratégie de recouvrement pragmatique. Pour l’État, il vaut mieux recouvrer 20 % ou 50 % d’une créance rapidement que de maintenir 100 % d’une dette « pourrie » que l’entreprise ne pourra jamais payer. Pour les chefs d’entreprises, c’est l’occasion de nettoyer leurs bilans comptables, d’améliorer leur notation auprès des banques et de retrouver une capacité d’investissement. En période de pression inflationniste, cette réduction de la charge fiscale est un levier de compétitivité non négligeable.
LA DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTS EN PREMIÈRE LIGNE
Le Ministre Louis Paul Motaze précise que ces avantages ne sont pas automatiques. Les contribuables doivent manifester leur intérêt en introduisant une demande formelle auprès du Directeur Général des Impôts (DGI). L’administration fiscale se dit prête à « accompagner de façon permanente » les usagers dans cette démarche. Le message est on ne peut plus clair : la main est tendue, mais il appartient aux redevables de la saisir avant que les procédures de recouvrement forcé ne reprennent leur cours normal.
L’heure est à la rigueur au Ministère de la Santé Publique (Minsanté). Pour l’exercice 2026, l’administration centrale s’est dotée d’une feuille de route budgétaire claire : passer d’une consommation passive des crédits à une performance mesurable sur le terrain. La cérémonie de lancement, qui a réuni l’ensemble des acteurs de la chaîne budgétaire, a servi de cadre à une mise à niveau technique sur les nouvelles dispositions de la Loi de finances.
DES INNOVATIONS POUR UNE EXÉCUTION SÉCURISÉE
Le budget 2026, arrêté à la somme de 388 912 000 000 FCFA, intègre plusieurs réformes majeures. Des experts ont exposé les nouvelles règles en matière de fiscalité, de procédures douanières et de contractualisation publique. L’objectif est double : harmoniser les pratiques pour éviter les blocages administratifs et garantir une utilisation régulière et sécurisée des fonds publics.
UN ACCENT PARTICULIER A ÉTÉ MIS SUR LE BUDGET D’INVESTISSEMENT PUBLIC (BIP)
Tirant les leçons de l’exercice 2025, le Minsanté entend optimiser la gestion de ses projets d’infrastructure en corrigeant les lenteurs et en exigeant le strict respect des délais contractuels.
GOUVERNANCE : LA PRIME À LA PERFORMANCE
Dans son allocution, le Dr Malachie Manaouda a réaffirmé sa vision du budget comme un « levier stratégique de transformation ». Le Ministre a insisté sur la responsabilité des ordonnateurs et des responsables administratifs. Sa ligne de conduite est désormais tracée : un soutien sans faille aux équipes performantes, mais une tolérance zéro face aux dérives de gestion. « Je prône une collaboration franche entre les structures sanitaires et l’administration centrale pour que chaque franc investi se traduise par une amélioration de la santé de nos populations », a-t-il souligné.
CAP SUR LES RÉSULTATS TANGIBLES
Au-delà des chiffres, l’ambition affichée pour cette année 2026 est de produire des résultats visibles. Les responsables sectoriels se sont engagés à transformer ces ressources en actions de proximité. L’enjeu n’est plus seulement d’afficher un taux d’exécution comptable élevé, mais de garantir que les investissements publics génèrent un progrès sanitaire réel pour l’ensemble des citoyens camerounais.
Dans son annexe sur la loi de finances 2026, relatif à l’évolution des grands projets d’investissement, le ministère des Finances donne des précisions sur les ressources budgétaires qui seront affectées à la mise en œuvre des grands projets au titre de l’exercice 2026. Ces dotations budgétaires d’une valeur d’environ 660,4 milliards de FCFA qui représentent un peu plus du tiers du budget d’investissement public et, permettront l’achèvement d’un bon nombre de grands projets et le démarrage de quelques grands projets annoncés par le Chef de l’Etat dans ses adresses à la Nation du 31 décembre 2022, 2023 et 2024.
Le ministère des Finances précise rappelle que cet effort de budgétisation s’effectue malgré le contexte marqué par l’impact des crises sécuritaires à l’Extrême-Nord, au Nord-Ouest et au Sud-Ouest, de la guerre en Ukraine et très prochainement du conflit israélo-palestinien sur les recettes de l’Etat.
Parmi ces grands projets à parachever, certains sont portés par le ministère de l’Eau et de l’Energie. C’est le cas avec le barrage de Memve’ele dont sur un montant total des arriérés estimés à 85 milliards de FCFA, une allocation d’environ 2,7 milliards de FCFA devrait être mise à disposition au cours de cet exercice budgétaire. Pour le cas de l’usine de l’usine de pied et des lignes d’évacuation du barrage de Lom Pangar, 5,5 milliards de FCFA sur un coût total de 73 milliards de FCFA devront être affectés à ce projet.
Parmi les autres projets portés le MINEE, l’on cite le Projet d’interconnexion des réseaux électrique du Cameroun et du Tchad (PIRECT) ; la construction de la ligne 400Kv Nachtigal-Bafoussam ainsi que les ouvrages connexes ; le projet de renforcement et stabilisation des réseaux de transport d’électricité de la ville de Yaoundé ; le projet de renforcement et stabilisation des réseaux de transport d’électricité de la ville de Douala ; les lignes 225Kv Ebolowa-Kribi et 90Kv Mbalmayo-Mékin phase I ; le projet d’électrification de 200 localités par système solaire photovoltaïque au Cameroun (tranche 2 de 62 localités) ; le projet d’électrification rurale et d’accès à l’énergie dans les zones sous-desservies (PERACE).
Mais également, le projet de sécurité de l’eau potable ; le projet d’alimentation en eau potable de 09 villes, le projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Douala ; le projet de reconfiguration du système d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé ; la station d’adduction d’eau potable à Japoma ; le mégaprojet d’approvisionnement en eau potable de Douala ; le programme de réformes du secteur de l’électricité au Cameroun (PforR) et Programme d’appui au redressement du secteur de l’électricité au Cameroun (PARSEC).
5 MILLIARDS FCFA À INJECTER DANS L’AUTOROUTE YAOUNDÉ-DOUALA
Les travaux supplémentaires et de raccordement du projet de l’autoroute Yaoundé-Douala, phase I figurent en place parmi les grands projets portés par le ministère des Travaux publics et qui bénéficieront des allocations budgétaires au cours de cet exercice budgétaire 2026. Ainsi, selon l’annexe de la loi de finances 2026, relatif à l’évolution des grands projets d’investissement, le ministère des Finances prévoit une dotation de 5 milliards de FCFA à ce projet. 7,5 milliards de FCFA devront être mis à disposition pour la construction route Bachenga-Ntui Yoko-Lena-Sengbe-Tibati ; 2,9 milliards de FCFA pour la réhabilitation de la route Babadjou Bamenda.
Parmi d’autres portés par le MINTP, l’on cite l’autoroute YaoundéDouala (phase2) ; le bitumage de la route Ekondo-TiTTI Mudemaba ; l’aménagement de l’Entrée Est de Douala (phase II) ; le programme d’appui au secteur du transport phase 3 (Ring Road) ; la réhabilitation de la route Mora-Dabanga Kousseri ; la route Olounou-Oveng-Frotière Gabon ; la réhabilitation de la route Edéa-kribi ; la réhabilitation de la route Maroua Moutouroua-Magada-Guidiguis. Mais également, la route Ebolowa-AkomII-Kribi ; la construction de la voie expresse Lolabé (port de Kribi)-Campo et la réhabilitation de la route Ngaoundéré-Garoua.
LA SECTION URBAINE DE L’AUTOROUTE YAOUNDÉNSIMALEN À LANCER
Parmi les grands projets inscrits sur la feuille de route 2026 du ministère de l’Habitat et du développement urbain (MINHDU), il y a la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Et environ 16 milliards de FCFA issus du BIP devraient être affectés à ce projet au cours de cet exercice budgétaire. Il y a également, le projet de construction de la voie de contournement de la ville de Yaoundé qui devrait absorber environ 6 milliards de FCFA.
L’on n’oublie pas la conception/réalisation de 10 000 logements et leurs équipements socio-culturels à Yaoundé et ses environs (phase 1) ; la phase pilote de construction de 1675 logements sociaux et équipements collectifs connexes à Olembe / Yaoundé et Mbanga Bakoko / Douala et le projet de mobilité urbaine de Douala. Pour le compte du ministère des Transports, il y a la phase 2 du port en eau profonde de Kribi, qui devrait se voir alloué 3,4 milliards de FCFA du BIP au cours de cet exercice budgétaire.
L’on cite également, le projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor rail/route Douala-N’Djaména ; le projet de renouvellement de ligne Bélabo-Ngaoundéré ; le projet de réhabilitation des aéroports de Bertoua, Kribi et Tiko, parmi les projets inscrits sur la feuille de route du MINT en 2026.
« Je tiens à rappeler un fait : le Cameroun fait partie des pays les moins endettés d’Afrique. Ce n’est pas une affirmation gratuite. Allez voir les chiffres, comparez, interrogez-vous sur le niveau d’endettement des pays africains et regardez où se situe le Cameroun. Certains estiment peut-être que nous ne devrions plus nous endetter du tout. Franchement, moi aussi, j’aimerais que nous n’ayons plus besoin de nous endetter. Mais soyons cohérents : ce sont parfois les mêmes qui dénoncent l’endettement qui se plaignent de l’état des routes, qui disent qu’il est inadmissible de circuler sur des axes aussi dégradés. Or, ces infrastructures ont un coût. Tous les pays s’endettent pour investir. L’essentiel est de le faire de manière maîtrisée.
Et jusqu’ici, le Cameroun n’a jamais été en défaut de paiement. Cela veut dire que nous honorons nos engagements. Bien sûr, nous pouvons toujours être plus rigoureux, améliorer la gestion, faire mieux. Mais aujourd’hui, notre dette reste soutenable. C’est d’ailleurs pour cela que nous faisons mieux que le critère de convergence de la CEMAC, fixé à 70 % du PIB.
Dans notre stratégie nationale de développement (SND30), nous avons même choisi de nous imposer une discipline plus stricte : ne pas viser 70 %, mais rester autour de 50 %. Et, en réalité, nous sommes encore en dessous de ce seuil. On me dira : le vrai problème, ce n’est pas la dette, c’est l’usage qui est fait de l’argent emprunté. C’est une question légitime.
Mais dans la vie, on a souvent tendance à ne voir que ce qui ne marche pas. Il faut aussi regarder ce qui fonctionne. Je reviens de Brazzaville, où j’ai représenté le Chef de l’État à un sommet, et plusieurs personnes m’ont dit qu’aujourd’hui, on peut prendre le bus à Brazzaville et arriver à Yaoundé par la route. Cela, c’est le résultat de l’investissement financé par la dette. Les 420 mégawatts fournis par Nachtigal, c’est aussi le fruit de ces financements. »
« Contribuer au développement industriel du Cameroun en transformant localement la matière première. » Cette ligne directrice, formulée par Hayssam El Jammal, lors de la visite d’imprégnation organisée le 30 janvier à Douala par Press Eco au sein des installations de Prometal, dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Pendant plusieurs heures, les journalistes économiques ont parcouru les unités de production du groupe avant un échange approfondi avec la direction, centré sur les choix industriels, les contraintes structurelles et les perspectives du secteur manufacturier camerounais.
La visite s’ouvre à Progaz, première usine de fabrication de bouteilles de gaz domestique au Cameroun. Lancée en 2024, l’unité s’inscrit dans une double ambition : réduire la dépendance aux importations et donner un contenu industriel tangible au label « Made in Cameroon ». Dès l’entrée dans le vaste hangar, le regard est happé par la cadence régulière des machines et le ballet précis des opérateurs. L’acier arrive sous forme de plaques. Il est découpé, puis embouti pour donner naissance aux deux demi-coques cylindriques qui formeront la bouteille. Ces éléments sont ensuite assemblés par soudure, avant de passer par un traitement thermique destiné à renforcer leur résistance à la pression. La chaîne se poursuit par une série de contrôles rigoureux : tests d’étanchéité, vérification de la conformité aux normes, inspection visuelle.
Ce n’est qu’au terme de ce parcours que la bouteille est peinte notamment en bleu, vert et orange, marquée et prête à être mise sur le marché. Elle mobilise des procédés industriels exigeants, où la qualité de la matière première et la maîtrise technique sont directement liées à la sécurité des utilisateurs. Avec une capacité annuelle d’environ 600 000 bouteilles, l’usine dépasse la demande nationale estimée à 450 000 unités. Pour Prometal, Progaz constitue ainsi un maillon stratégique. Elle illustre concrètement une politique de substitution aux importations, dans un pays qui dépendait encore largement de l’extérieur pour ce type d’équipement, et pose les bases d’une production locale appelée à structurer durablement le marché.
La visite se poursuit dans l’unité consacrée aux produits agricoles. Brouettes, pelles, machettes et autres outils sortent des lignes de production pour alimenter les besoins de l’agriculture, du bâtiment et des usages domestiques. Ici, l’accent est mis sur la robustesse et l’adaptation aux conditions locales. Les journalistes suivent les différentes étapes de fabrication avec les explications de Riad Akhadar le directeur d’Achat. Selon le top management, cette production répond à une demande nationale longtemps satisfaite par des importations à bas coût, souvent de qualité inégale. La stratégie industrielle retenue vise une production locale, adossée autant que possible à des intrants disponibles sur le marché national.
UNE DIVERSIFICATION VERTICALE SOUS CONTRAINTE DE MATIÈRES PREMIÈRES
Au fil des ateliers, le discours managérial se précise. Prometal groupe revendique non pas une diversification tous azimuts, mais une intégration verticale fondée sur la transformation de matières premières locales ou recyclées. Cette approche se retrouve dans les activités agroalimentaires du groupe, développées autour des matières grasses végétales. La production locale de lait concentré sucré en constitue un exemple emblématique. Le Cameroun consomme plus de 30 000 tonnes de ce produit par an, un volume qui était jusqu’à récemment couvert à 100 % par les importations. La mise en service de la première usine nationale de lait concentré sucré permet désormais de répondre largement à la demande intérieure.
Dans le même esprit, une unité de pâte à tartiner a été développée, en raison de l’utilisation de l’huile de palme comme intrant principal. Cette stratégie se heurte toutefois à la disponibilité de la matière première. La production nationale d’huile de palme brute est estimée à environ 200 000 tonnes par an, alors que les besoins du marché oscillent entre 250 000 et 270 000 tonnes. Parallèlement, les capacités industrielles installées dépassent 1,5 million de tonnes, révélant une situation de surcapacité chronique qui fragilise l’équilibre économique des unités de transformation.
SIDÉRURGIE, FERRAILLE ET DÉPENDANCE AUX IMPORTATIONS
Les échanges avec les Hommes de média mettent également en lumière les défis propres à la sidérurgie camerounaise. Plusieurs unités produisent de l’acier à partir de ferraille. Alors qu’en 2010 l’approvisionnement était quasi exclusivement local, plus de 50 % de la matière première est aujourd’hui importée. Cette dépendance accroît les coûts de production et réduit les marges industrielles, dans un contexte où les capacités installées excèdent les besoins du marché national. Pour les produits longs, notamment le fer à béton, la capacité annuelle installée est estimée à 350 000 tonnes pour un marché évalué à environ 260 000 tonnes.
Sur le fil machine, la production locale couvre entièrement la demande nationale et sous-régionale, avec près de 80 000 tonnes par an, auxquelles s’ajoutent environ 7 000 tonnes d’aciers préfabriqués et 8 000 tonnes de câbles électriques.
ALUMINIUM ET INVESTISSEMENTS STRUCTURANTS
La visite a également permis de faire le point sur les projets en cours dans l’aluminium, à travers la filiale ProAlu. Un investissement de 88 milliards de FCFA est engagé pour la mise en place d’unités produisant localement des biens auparavant importés. Le Cameroun dépense chaque année près de 19 milliards de FCFA pour l’importation de câbles électriques, 2,5 milliards pour les transformateurs et environ 8 milliards pour les bobines de tôles en acier. Les nouvelles unités prévoient notamment une production annuelle de 2 000 tonnes de câbles en aluminium et de 6 000 tonnes de câbles en cuivre. L’approvisionnement en matières premières repose sur un partenariat avec Alucam, pour environ 30 000 tonnes de bobines d’aluminium naturel ou prélaqué et 30 000 tonnes de bobines d’acier par an.
Dans le même temps, Prometal a récemment remis en service une unité existante, équipée depuis 2009 et modernisée pour atteindre une capacité annuelle de 150 000 tonnes. Il ne s’agit pas d’une nouvelle usine, mais d’un redéploiement industriel dans un environnement déjà marqué par la surcapacité. Si l’unité fonctionne aujourd’hui à plein régime, l’accès durable à la matière première demeure la principale contrainte. Les discussions abordent enfin la question énergétique. Les projets de transformation de l’aluminium et des câbles électriques, fortement énergivores, restent conditionnés à la sécurisation de l’approvisionnement en électricité. Le groupe a développé des capacités internes estimées à environ 15 MW, mais reconnaît que l’extension industrielle dépendra de solutions énergétiques plus robustes et pérennes.
UNE IMMERSION AU-DELÀ DE LA VITRINE INDUSTRIELLE
Au terme de la visite, les échanges avec la direction générale ont permis de replacer Prometal dans une trajectoire de long terme, faite d’arbitrages permanents entre ambitions industrielles et contraintes structurelles. Pour les journalistes de Press Eco, cette immersion offre une lecture concrète des enjeux de l’industrialisation camerounaise : substitution aux importations, création d’emplois, mais aussi dépendance persistante aux intrants et nécessité de cohérence entre capacités industrielles, production agricole, ressources minières et énergie.
Qui organisera la CAN féminine 2026 ? A un peu plus d’un mois du coup d’envoi de cette compétition, cette question s’invite encore dans les débats. Ni le Maroc, organisateur désigné, ni la Confédération africaine de football (CAF), n’ont annoncé un quelconque retrait de l’organisation au Maroc, ni un désistement. Et pourtant une rumeur sur la question fait le tour du monde.
Tout est parti d’une sortie « déplacée » de Gayton McKenzie, ministre sud-africaine des sports ce 1er février 2026. Lors d’une soirée de remise de prix aux acteurs du football féminin en Afrique du Sud, a déclaré que l’Afrique du Sud va « accueillir la CAN féminine 2026 ». Ajoutant que « lorsque le Maroc a indiqué qu’il n’était pas prêt, nous avons répondu présents ». Même si la tutelle des sports sud-africains a rétropédalé quelques heures après en indiquant que « le Maroc reste officiellement désigné comme l’hôte de la CAN féminine », il reste que le flou ne s’est pas dissipé sur sa première sortie. Déjà qu’en revenant sur ses propos de départ, Gayton McKenzie a tout de même précisé que « l’Afrique du Sud a exprimé son envie de soutenir la CAF si nécessaire, dans le cas où d’autres dispositions d’accueil pour la CAN féminine 2026 deviendraient indispensables. Ces engagements s’inscrivent dans le cadre de discussions en cours initiées par la CAF alors qu’elle examine diverses options de repli». Laissant ainsi croire que la possibilité d’une organisation de la prochaine CAN par un pays autre que le Maroc, demeure. Cela survient dans un contexte marqué par une brouille née de la finale de la dernière CAN masculine. Ce match qui opposait le Maroc, pays organisateur, au Sénégal, a livré un spectacle des plus inattendus. Entre arbitrage contesté et guéguerres entre adversaires autour de la serviette du gardien sénégalais que des joueurs marocains tentaient de voler, il y a eu cette sortie des joueurs sénégalais du stade, en opposition à un penalty accordé en fin de partie au Maroc. Le match se terminera après une interruption d’une quinzaine de minutes.
Le jury disciplinaire de la CAF a sanctionné les diféfrentes parties, notamment des joueurs sénégalais et marocains, ainsi que leurs fédérations respectives, et Pape Thiaw le sélectionneur sénégalais. Le Maroc qui avait requis la défaite du Sénégal vainqueur finalement, a vu son recours être rejeté. Les tensions nées de ce match ne sont pas encore retombées. Du coup, l’idée d’un désistement peut trouver sa source dans ce contentieux.
En 2015, le Maroc s’était déjà désisté à organiser la CAN à deux mois du coup d’envoi, en raison d’Ebola qui sévissait dans certains pays d’Afrique. e l’épidémie. La CAF avait de justesse pu tenir le tournoi en Guinée équatoriale. Et le Maroc avait été suspendu de la participation à deux phases finales de CAN, avant d’être réhabilité par le Tribunal arbitral du sport (TAS).