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Perspectives : BGFIBank trace sa boussole 2030 et précise ses priorités stratégiques

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À Douala, le rendez-vous annuel des cadres dirigeants du Groupe BGFIBank n’a pas seulement marqué l’ouverture de l’exercice 2026. Il a surtout permis de projeter l’institution dans une nouvelle phase de son développement. Pour la troisième année consécutive, la capitale économique camerounaise a servi de cadre à ces échanges de haut niveau, confirmant sa place stratégique dans le dispositif régional du groupe.

Durant trois jours, les discussions ont mobilisé les principaux décideurs autour d’un objectif commun : définir un fil conducteur clair et cohérent pour améliorer durablement la productivité, la performance et la qualité de service du Groupe BGFIBank. Une réflexion transversale, nourrie par les contributions des filières Commerciale, Engagements et Qualité, mises en exergue au cours de ces assises. 2026,

UNE ANNÉE DE TRANSITION STRATÉGIQUE

Face à la presse, le Président-Directeur Général du Groupe, Henri-Claude Oyima, a tenu à replacer ces travaux dans leur contexte. L’année 2026 marque, selon lui, un tournant décisif, avec la clôture du précédent projet d’entreprise « Dynamique 2025 ». Un cycle stratégique qui a permis au groupe de consolider ses acquis, d’améliorer ses fondamentaux et de renforcer sa position de leader dans la zone CEMAC.

« 2026 est une année charnière pour le Groupe BGFIBank », a souligné le PDG, avant de présenter les contours du nouveau projet d’entreprise 2026-2030, baptisé « BGFI 30 » ou « B30 ». Ce plan quinquennal entend inscrire l’institution dans une dynamique de performance renforcée, en phase avec les exigences croissantes du secteur bancaire et financier.

QUATRE PILIERS POUR RENFORCER L’EFFICACITÉ GLOBALE

Au cœur de « BGFI 30 » se trouvent quatre piliers structurants, tous orientés vers un même objectif : le renforcement de l’efficacité opérationnelle du Groupe. Il s’agit de l’efficacité organisationnelle, de l’efficacité du capital humain, de l’efficacité des ressources et de l’efficacité commerciale. Pour Henri-Claude Oyima, ces axes stratégiques traduisent la volonté du groupe d’optimiser son fonctionnement interne tout en consolidant sa capacité à créer de la valeur pour ses clients et partenaires. « L’objectif de ce projet d’entreprise, c’est le renforcement de l’efficacité opérationnelle du Groupe BGFIBank, qui a aujourd’hui plus de 55 ans d’existence », a-t-il rappelé.

Cette longévité, a insisté le PDG, repose sur une constante : la recherche permanente de l’excellence. Une exigence qui irrigue l’ensemble des métiers du groupe et qui constitue, depuis 1971, l’un des principaux facteurs de sa résilience et de sa croissance.

LE CLIENT AU CŒUR DE LA DÉMARCHE

Au-delà des concepts stratégiques, l’excellence prônée par BGFIBank se traduit avant tout par une attention particulière portée au client. Pour le management du groupe, mettre le client au centre des préoccupations n’est pas un slogan, mais une réalité opérationnelle qui guide les choix et les investissements.

Dans cette optique, le Cameroun apparaît comme un terrain privilégié pour le déploiement de cette vision. « Le Cameroun est un pôle de croissance pour le Groupe BGFIBank », a souligné HenriClaude Oyima, mettant en avant le potentiel économique du pays et son rôle dans la stratégie régionale du groupe. L’ambition affichée est claire : accompagner les clients avec davantage de services, plus de proximité et une valeur ajoutée renforcée.

VINGT PRIORITÉS POUR CONCRÉTISER LA VISION 2030

En complément des quatre piliers, « BGFI 30 » s’appuie sur vingt priorités stratégiques, destinées à traduire la vision du groupe en actions concrètes. Ces priorités couvrent l’ensemble des métiers et visent à « magnifier l’excellence », selon les termes du PDG, afin d’offrir une expérience client toujours plus qualitative.

L’objectif final demeure inchangé : être durablement aux côtés des clients, leur proposer les meilleures solutions financières et développer une approche relationnelle fondée sur la confiance et la performance. Une ambition qui, au Cameroun, se vérifie déjà depuis près de quinze ans, à la faveur d’une présence bancaire en constante évolution.

UN HOMMAGE AUX FEMMES ET AUX HOMMES DU GROUPE

En conclusion de cette séquence stratégique, Henri-Claude Oyima a tenu à saluer l’engagement des collaborateurs du Groupe BGFIBank. Pour le PDG, la solidité et la crédibilité de l’institution reposent avant tout sur le professionnalisme, le dévouement et la rigueur de ses équipes.

À travers « BGFI 30 », le Groupe BGFIBank se dote ainsi d’une boussole claire pour les années à venir. Une trajectoire ambitieuse, assumée, et résolument tournée vers l’efficacité, l’excellence et la satisfaction durable de ses clients, dans un environnement financier en pleine mutation.

Stratégie : le Groupe BGFIBank lance « BGFI 30 », son projet d’entreprise 2026-2030

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Depuis plus d’un demi-siècle, le Groupe BGFIBank s’impose comme l’un des piliers du paysage financier africain, et singulièrement de la zone CEMAC. Fondé en 1971, le groupe n’a cessé d’élargir son champ d’actions, bâtissant progressivement une offre globale et intégrée couvrant la banque commerciale, la banque d’investissement, les services financiers spécialisés ainsi que les assurances. Une diversification stratégique portée par une présence aujourd’hui étendue à 12 pays, parmi lesquels le Cameroun, le Gabon, le Congo, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, la France ou encore le Sénégal.

Fidèle à sa tradition managériale, le Groupe BGFIBank réunit régulièrement ses principaux décideurs afin d’anticiper les mutations du secteur bancaire et d’adapter en permanence son modèle économique. C’est dans cette logique que s’est tenue à Douala, pour la troisième fois consécutive, la Convention des Cadres Dirigeants du Groupe, sous la houlette de son Président Directeur Général, Henri-Claude Oyima.

UNE CONVENTION STRATÉGIQUE AU CŒUR DES ENJEUX DE PERFORMANCE

Pendant quatre jours, près de 140 cadres dirigeants et experts métiers venus de l’ensemble des filiales ont pris part à des travaux de fond visant à consolider la performance globale du groupe. L’édition 2026 de cette convention revêtait un caractère tout particulier : il s’agissait non seulement de définir les priorités stratégiques de l’exercice en cours, mais aussi de marquer le lancement officiel du nouveau projet d’entreprise 2026-2030, baptisé « BGFI 30 », ou « B30 ».

Ce nouveau plan stratégique se veut une réponse structurée aux défis contemporains du secteur financier : intensification de la concurrence, exigences accrues des clients, pression réglementaire, transformation digitale et nécessité de renforcer la solidité financière des établissements bancaires.

DES SÉMINAIRES MÉTIERS ALIGNÉS SUR UNE VISION COMMUNE

En marge de la convention des cadres dirigeants, les séminaires des filières Commerciale et Engagements ont également tenu leurs assises autour du thème central :« Agilité commerciale et discipline financière : les leviers de notre efficacité 2030 ». Ces travaux ont mis l’accent sur la nécessité de concilier conquête commerciale, qualité du portefeuille et maîtrise des risques, dans un environnement économique marqué par l’incertitude et la volatilité.

L’objectif est clair : renforcer l’efficacité commerciale tout en préservant la solidité financière qui fait la réputation du groupe. Parallèlement, la filière Qualité a conduit des réflexions approfondies sur le thème : « Optimisation de la qualité de service et expérience client ». Dans un contexte où la relation client devient un facteur clé de différenciation, le Groupe BGFIBank entend placer l’excellence opérationnelle et la satisfaction client au cœur de son modèle de croissance.

« BGFI 30 », UN PROJET STRUCTURÉ AUTOUR DE QUATRE PILIERS

 Le nouveau projet d’entreprise 2026-2030 repose sur quatre piliers stratégiques majeurs, conçus comme les moteurs de la performance durable du groupe :

● L’efficacité organisationnelle, visant à simplifier les processus, renforcer la gouvernance et accroître la réactivité des structures ;

● L’efficacité du capital humain, à travers le développement des compétences, la valorisation des talents et le renforcement de la culture de performance ;

● L’efficacité des ressources, orientée vers une meilleure allocation du capital, l’optimisation des coûts et l’intégration des outils digitaux ;

● L’efficacité commerciale, centrée sur la croissance rentable, l’innovation produit et la qualité de la relation client.

Avec « BGFI 30 », le groupe affiche clairement son ambition : consolider son leadership régional tout en préparant activement l’horizon 2030.

UN GROUPE PRIVÉ, LEADER RÉGIONAL ET TOURNÉ VERS L’AVENIR

Détenu à 100 % par des actionnaires privés, BGFI Holding Corporation est aujourd’hui le premier groupe financier de la zone CEMAC. Leader sur son marché domestique au Gabon, il occupe également des positions de référence au Congo et dans plusieurs autres pays d’implantation. Le groupe emploie près de 3 000 collaborateurs et s’appuie sur des marques fortes dans la banque commerciale, le financement des entreprises, la banque privée, la gestion d’actifs, ainsi que les services financiers spécialisés et les assurances.

 Depuis 1971, BGFIBank accompagne une clientèle diversifiée, allant des institutions aux grandes entreprises, en passant par les particuliers haut de gamme et les PMEPMI à fort potentiel. Une longévité bâtie sur des valeurs constantes : l’exigence, l’excellence et la confiance.

À l’aube de ses 55 ans de présence auprès de sa clientèle, le Groupe BGFIBank, à travers BGFI Holding Corporation, réaffirme sa volonté de poursuivre une croissance responsable et durable. La convention de Douala et le lancement de « BGFI 30 » apparaissent ainsi comme une étape clé dans la trajectoire d’un groupe résolument engagé à façonner la banque africaine de demain.

Hydrocarbures Transfrontaliers: Le Cameroun et la Guinée équatoriale scellent un accord historique

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La Guinée équatoriale et le Cameroun ont officiellement acté, le mardi 3 février 2026 à Malabo, l’exploitation conjointe de leurs gisements d’hydrocarbures situés en zone frontalière. L’accord d’unitisation du projet du champ gazier Yoyo-Yolanda a été signé au Palais du Peuple, sous la présidence du Vice-président Equato-guinéen, S.E. Nguema Obiang Mangue, en présence de hautes autorités des deux pays et des principaux opérateurs pétroliers concernés. Le Cameroun y était représenté par le ministre des Mines, Fuh Calistus Gentry qui séjourne en République de Guinée Équatoriale depuis le 1er février 2026 pour une visite de travail.

Au cours de ce séjour en Guinée équatoriale, le ministre Fuh Calistus gentry a visité la raffinerie de gaz naturel Punta Europa. Il s’agit ici d’un pôle industriel majeur de l’Afrique centrale abritant un terminal d’hydrocarbures, une usine de Gaz naturel liquéfié (GNL) qui exporte du gaz pour des champs d’Alba et de Alen. Fuh Calistus Gentry accompagné entre autres par Nathalie Moudiki, haut cadre de la SNH, a également été convié à l’ouverture d’une station Tradex, où il a été reçu par le Viceprésident Equato-Guinéen, Teodoro Nguema Obiang.

Qualifié d’« étape historique » par les parties prenantes, l’accord consacre une volonté politique affirmée de transformer un potentiel géologique partagé en levier commun de croissance, de recettes publiques et d’emplois. Il s’inscrit dans la dynamique impulsée en 2023 par les chefs d’État camerounais et équatoguinéen, soucieux de renforcer leur positionnement comme pôles énergétiques crédibles en Afrique centrale.

UN CADRE JURIDIQUE POUR PRÉVENIR LES CONFLITS ET MAXIMISER LA VALEUR

Devant le Premier ministre équatoguinéen Manuel Osa Nsue, des membres du gouvernement, des représentants du Cameroun, de l’ambassade des États-Unis et des dirigeants de Chevron, de la Société nationale des hydrocarbures du Cameroun (SNH) et de GEPetrol, le Vice-président Nguema Obiang Mangue a insisté sur la portée stratégique de l’accord. « Les succès de cet accord démontrent que la coopération sincère est le chemin le plus direct pour la gestion efficace des ressources naturelles partagées », a-t-il déclaré.

 Concrètement, l’accord d’unitisation permet une gestion rationnelle et équitable du gisement Yoyo-Yolanda, conformément aux standards internationaux. Il complète l’accord bilatéral de 2023 qui avait posé le cadre juridique général de la coopération. En dotant les États et les opérateurs d’un instrument technique précis, le texte vise à sécuriser les investissements, optimiser la production et prévenir d’éventuels litiges futurs, fréquents dans les zones transfrontalières mal délimitées.

UN SIGNAL FORT DANS UN CONTEXTE ÉNERGÉTIQUE SOUS TENSION

Cette avancée intervient alors que les pays producteurs du golfe de Guinée font face à un double défi : le déclin naturel de certains champs matures et la pression croissante pour financer la transition énergétique sans renoncer aux revenus pétroliers et gaziers. Pour le Cameroun, dont la production d’hydrocarbures reste modeste mais stratégique pour l’équilibre budgétaire, l’exploitation conjointe représente une opportunité de stabiliser ses recettes et de valoriser des ressources jusque-là inexploitées.

Pour la Guinée équatoriale, c’est une première historique : jamais le pays n’avait engagé une exploitation conjointe de gisements frontaliers avec un État voisin. La présence de Chevron, acteur majeur du secteur en Afrique centrale, aux côtés des compagnies nationales SNH et GEPetrol, confère au projet une crédibilité opérationnelle supplémentaire. Elle traduit également l’intérêt renouvelé des majors pour des projets juridiquement sécurisés dans une région souvent perçue comme à risque.

UNE COOPÉRATION APPELÉE À FAIRE ÉCOLE

Au-delà de Yoyo-Yolanda, l’accord est observé de près par les autres pays de la sous-région CEMAC, où plusieurs bassins sédimentaires transfrontaliers restent sous-exploités faute de consensus politique et technique. En ce sens, le partenariat Cameroun–Guinée équatoriale pourrait servir de modèle de gouvernance partagée des ressources naturelles, à l’heure où la stabilité régionale et la coopération Sud-Sud redeviennent des priorités. « Le champ Yoyo-Yolanda représente bien plus qu’un gisement : il symbolise la maturité institutionnelle de nos États et notre capacité à transformer un défi géologique transfrontalier en opportunité de prospérité partagée », a résumé le Vice-président équatoguinéen.

Deux mois seulement après la dernière visite de Nguema Obiang Mangue à Yaoundé et ses échanges avec le président Paul Biya, la rapidité de la conclusion de l’accord illustre l’engagement personnel des dirigeants et la convergence d’intérêts des deux pays. Reste désormais le défi de la mise en œuvre effective, attendue par les marchés, les partenaires techniques et les populations riveraines, premières bénéficiaires promises de cette nouvelle ère de coopération énergétique.

Par Yves TCHENANG

Cacao-Café : La campagne 2025-2026 des subventions du FODECC s’ouvre avec une dotation de 4 milliards FCFA

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La campagne des subventions 2025-2026 du Fonds de développement des filières cacao-café (FODECC) est donc officiellement lancée. Le 26 janvier 2026, lors d’une rencontre consacrée à l’évolution de la campagne et aux derniers ajustements techniques pour la finalisation des applications des différents guichets, l’Administrateur du FODECC, Samuel Donatien Nengue, a indiqué que cette nouvelle campagne des subventions 2025, financée par CAFI, (Initiative pour les Forêts de l’Afrique Centrale) démarre avec une cagnotte totale de 4 milliards FCFA, répartie à 40% pour le café (1,6 milliard FCFA) et 60% pour le cacao (2,4 milliards FCFA).

Cette année, la part dédiée au café connaît une hausse significative, répondant aux besoins accrus des producteurs. Et déjà au 26 janvier 2026, un peu plus de 1% de l’enveloppe totale a déjà été consommée, a-t-on précisé. Les commandes continuent d’affluer selon le principe « premier arrivé, premier servi », et la campagne restera active jusqu’à l’épuisement du budget. Pour ce début de campagne, les femmes représentent déjà 37% des bénéficiaires, contre 62% pour les hommes, respectant ainsi les prescriptions du guichet producteurs et les objectifs de couverture équitable.

 Les régions concernées sont le Nyong et Mfoumou, dans la région du Centre ; tout le Grand Sud ; une partie de l’Ouest ; Mémé et Lebialem dans le Sud-Ouest ; Mentchum, Mbui dans le NordOuest et toute la région de l’Est. Pour l’accès des partenaires et le suivi du processus, l’Administrateur du FODECC a précisé que les représentants du Fonds international de développement agricole (FIDA), de la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) et du projet pilote d’appui à l’intensification durable de l’agriculture et à la transition Agro-écologique (PAIDATA) dûment identifiés, auront un accès direct à l’évolution du processus, garantissant transparence et suivi rigoureux des subventions.

Mais déjà, signale-t-on, certains producteurs rencontrent des difficultés pour s’enregistrer dans les zones dites « black zones », en raison de l’absence ou de l’insuffisance des partenaires techniques et financiers du FODECC, notamment les agro-dealers et les EMF/Banques. Cette situation a conduit à une sensibilisation accrue des acteurs dans le cadre de cette campagne.

En rappel, lancé en 2021, le guichet producteurs est un mécanisme qui permet aux producteurs de cacao et/ou de café des différents bassins agricoles du pays de rentrer directement en possession des subventions gouvernementales de masse ou à la carte. Pour ce faire, il suffit pour le producteur d’enregistrer ses données au FODECC et de déposer sa quote-part de 60% dans une institution financière. Il recevra en contrepartie sa subvention à hauteur de 30 à 40% de l’investissement, en l’occurrence un bon d’achat pour l’acquisition des plants, des intrants agricoles, des produits phytosanitaires, des équipements et des machines agricoles, ainsi que des infrastructures de soutien à la production.

En 2023 par exemple, le FODECC a annoncé avoir distribué 6,3 milliards de FCFA de subvention aux producteurs, ce qui leur a permis de générer un chiffre d’affaires global de 15,8 milliards de FCFA. Le guichet ambitionne à terme d’injecter 50 milliards de FCFA dans les filières cacao et café en 5 ans afin de booster la production.

Le déficit commercial recule de 69 milliards FCFA au troisième trimestre 2025

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Les échanges commerciaux entre le Cameroun et le reste du monde s’établissent à 1 945,7 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025. Les données publiées le 29 janvier 2026 dans la note de conjoncture économique font apparaître un léger ralentissement par rapport au trimestre précédent, avec un recul de 24,3 milliards. Cette évolution traduit une diminution ponctuelle des flux. Sur un an en revanche, la tendance reste orientée à la hausse, les échanges progressant de 33,4 milliards en glissement annuel.

Au-delà de cette évolution globale, les échanges hors hydrocarbures offrent une lecture plus structurante. Leur valeur atteint 1 385,2 milliards de FCFA au troisième trimestre. Le repli trimestriel est marqué, avec une baisse de 164,2 milliards FCFA. En glissement annuel, ces échanges progressent de 97,4 milliards, traduisant l’élargissement progressif de la base commerciale du pays au-delà du pétrole et du gaz.

Recomposition progressive du commerce extérieur

Sur les neuf premiers mois de 2025, cette recomposition apparaît plus nettement. La valeur totale des échanges augmente de 401,8 milliards pour atteindre 6 218,8 milliards de FCFA. Hors hydrocarbures, la hausse est encore plus soutenue, avec une progression de 733,6 milliards, portant les échanges non pétroliers à 4 704,7 milliards. Ces évolutions traduisent une contribution croissante de secteurs comme l’agriculture, l’agro-industrie, la transformation du bois et certaines branches manufacturières, dans un contexte de recherche de valeur ajoutée locale et de diversification des débouchés extérieurs.

La balance commerciale met toutefois en évidence les fragilités persistantes de cette transition. Au troisième trimestre 2025, le déficit se réduit de 69,1 milliards par rapport au trimestre précédent pour s’établir à 726,6 milliards de FCFA. Cette amélioration résulte d’une baisse des importations de 46,7 milliards combinée à une hausse des exportations de 22,4 milliards. Le taux de couverture progresse ainsi de 3,2 points pour atteindre 45,6 pour cent.

Déficit hors hydrocarbures : un redressement encore insuffisant

Hors hydrocarbures, le déficit recule également, de 92,9 milliards, pour s’établir à 733,4 milliards. Le taux de couverture gagne 0,3 point et atteint 30,8 pour cent, un niveau encore faible mais en amélioration sur le trimestre. En glissement annuel en revanche, la situation se dégrade. Le déficit commercial se creuse de 174,4 milliards et le taux de couverture recule de 9,6 points. Hors hydrocarbures, le déficit augmente de 102,1 milliards tandis que le taux de couverture baisse de 3,4 points.

Importations : recul des volumes, contrastes sectoriels

Les importations de biens s’élèvent à 1 336,1 milliards de FCFA au troisième trimestre 2025, en recul de 46,7 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’explique par une diminution des volumes importés et un repli des prix des principaux produits achetés. Hors hydrocarbures, les importations diminuent de 128,6 milliards pour s’établir à 1 059,3 milliards. Les reculs les plus importants concernent notamment les poissons de mer congelés, l’aluminium et ses ouvrages, les engrais, le riz, les appareils pour la téléphonie ainsi que le blé et le méteil. À l’inverse, les achats de carburants et lubrifiants, de machines et appareils mécaniques, d’huiles et de produits sidérurgiques progressent, traduisant des besoins soutenus en intrants énergétiques et industriels.

Exportations : hausse trimestrielle portée par les hydrocarbures

Les exportations atteignent 609,5 milliards de FCFA au troisième trimestre, en hausse de 22,4 milliards par rapport au trimestre précédent. Cette progression est portée par l’augmentation des volumes exportés, malgré une baisse des prix. Les ventes hors hydrocarbures reculent toutefois de 35,6 milliards pour s’établir à 325,9 milliards sur le trimestre. Les hausses concernent principalement le gaz naturel liquéfié, les huiles brutes de pétrole et les bois sciés, tandis que les exportations de cacao brut, de coton et de savons enregistrent des replis notables.

Sur l’ensemble des neuf premiers mois de l’année, le déficit commercial atteint 1 588,9 milliards de FCFA, en aggravation de 112,6 milliards sur un an. Hors hydrocarbures, il s’établit à 1 779,5 milliards, un niveau quasiment stable avec une hausse limitée à 0,3 milliard. Dans l’ensemble, ces données traduisent une économie camerounaise engagée dans une diversification progressive de ses échanges extérieurs, mais encore contrainte par une forte dépendance aux importations et une base exportatrice non pétrolière en phase de consolidation. La progression annuelle soutenue des échanges hors hydrocarbures constitue néanmoins un signal de fond, indiquant que l’agriculture, la transformation locale et l’industrie manufacturière prennent progressivement plus de place dans le commerce extérieur, malgré des à-coups conjoncturels encore visibles.

Finances publiques : La dette du Trésor public envers les banques remonte de 139 milliards FCFA

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La note de conjoncture économique au 30 septembre 2025, publiée par la Direction générale du Budget, fait état d’une détérioration de la Position nette du Trésor (PNT) de 139 milliards FCFA. La PNT mesure la position globale de l’État vis-à-vis du système bancaire — banques commerciales, Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et institutions comme le FMI. Lorsqu’elle se dégrade, cela signifie que le Trésor accroît son endettement auprès de ces acteurs.

Dans le détail, l’évolution observée à fin septembre 2025, d’après la DGB du ministère des Finances, résulte de trois mouvements simultanés. Le Trésor a d’abord nettement accru ses emprunts auprès des banques commerciales, pour un montant supplémentaire de 333,7 milliards FCFA. Dans le même temps, l’encours dû au FMI a progressé de 13,1 milliards FCFA. À l’inverse, l’État a réduit son recours au financement direct auprès de la BEAC, son exposition envers la banque centrale reculant de 207,8 milliards FCFA.

D’après la note de conjoncture susmentionnée, le solde de ces évolutions aboutit à une hausse nette de 139 milliards FCFA de la dette du Trésor vis-à-vis du système bancaire. D’un point de vue macroéconomique, la baisse de l’exposition envers la BEAC est généralement perçue comme plus orthodoxe, mais elle est compensée par un recours accru aux banques commerciales, dont les financements sont en principe plus coûteux.

 Cette tendance haussière est également observée sur le segment des créances. Le rapport du Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, publié le 14 octobre 2025, révèle que les créances nettes du secteur bancaire sur l’État du Cameroun se sont établies à 2 147,6 milliards FCFA en mai 2025 puis à 2 087,8 milliards FCFA en juin 2025, ce qui correspond à des hausses respectives de 4,1 % et 5,3 % en glissement annuel.

Selon la BEAC, cette remontée s’explique par « la persistance des besoins de financement public et le succès des émissions de titres publics sur le marché sous-régional ». Autrement dit, le Trésor continue de mobiliser le système bancaire local, notamment à travers des émissions de titres publics, pour couvrir ses besoins de trésorerie. Cette dynamique met fin à une tendance baissière amorcée depuis juin 2024, qui n’avait été interrompue que par un léger rebond de 3,4 % en juillet 2024, toujours d’après les données du CPM de la BEAC. Les perspectives budgétaires pour l’année en cours, militent pour le renforcement de l’exposition de l’Etat auprès des banques.

En effet, d’après les données du projet de loi de finances, le gouvernement prévoit de mobiliser 3 104,2 milliards FCFA par endettement, contre 2 326,5 milliards FCFA précédemment, soit une hausse de 777,7 milliards FCFA. La structure de financement annoncée confirme le rôle central du système bancaire dans cette stratégie. Les tirages sur prêts projets devraient représenter 826,7 milliards FCFA, tandis que les emprunts extérieurs atteindraient 1 000 milliards FCFA. Dans le même temps, les banques locales devraient être sollicitées à hauteur de 589,7 milliards FCFA.

Transport aérien : le Cameroun ouvre son ciel à Qatar Airways

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Par décret signé le 29 janvier 2026, le président de la République, Paul Biya, a ratifié l’accord bilatéral de transport aérien conclu le 16 janvier 2025 à Doha entre le Cameroun et l’État du Qatar. Ce texte établit désormais le cadre juridique autorisant Qatar Airways à desservir le territoire camerounais, ouvrant ainsi une nouvelle ère pour la connectivité aérienne du pays. Cette ratification fait suite à l’adoption, en décembre 2025, par l’Assemblée nationale, de la loi habilitant le chef de l’État à valider cet accord.

L’ambition affichée par les autorités est claire : créer un environnement juridique attractif pour les grandes compagnies internationales, densifier le réseau de liaisons aériennes et positionner le Cameroun comme une plateforme régionale mieux connectée aux grands hubs du Moyen-Orient et de l’Asie.

UN MARCHÉ AÉRIEN EN PHASE DE REPRISE ET DE STRUCTURATION

Après le choc de la pandémie de Covid-19, le marché du transport aérien camerounais connaît une reprise progressive. Avant la crise sanitaire, les aéroports du pays enregistraient plusieurs millions de passagers par an, avec Douala et Yaoundé concentrant l’essentiel du trafic. Depuis 2022, la fréquentation est repartie à la hausse, portée par la reprise des vols internationaux, la montée en puissance du fret aérien et le retour progressif des voyageurs d’affaires et de la diaspora.

Le segment du fret, en particulier, gagne en importance, notamment pour l’exportation de produits agricoles à forte valeur ajoutée, de produits halieutiques et de marchandises urgentes. L’arrivée d’un acteur majeur comme Qatar Airways, reconnu pour la performance de sa division cargo, pourrait renforcer cette dynamique et offrir de nouvelles opportunités aux exportateurs camerounais.

 UNE POLITIQUE D’ACCORDS AÉRIENS ÉLARGIE

L’accord avec le Qatar s’inscrit dans une série de conventions bilatérales signées ou réactivées ces dernières années par le Cameroun afin de libéraliser progressivement son espace aérien. Le pays a ainsi conclu ou actualisé des accords avec plusieurs États d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient, favorisant l’entrée de compagnies étrangères et l’augmentation des fréquences de vols.

Cette stratégie vise à stimuler la concurrence, améliorer la qualité de service et, à terme, contribuer à la baisse des coûts pour les voyageurs. Elle s’aligne également sur les principes du Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), auquel le Cameroun a adhéré, et qui promeut la libre circulation des services aériens sur le continent.

DES RETOMBÉES ÉCONOMIQUES ET INSTITUTIONNELLES ATTENDUES

Au-delà du transport de passagers, le gouvernement anticipe des effets positifs sur le commerce, le tourisme et les partenariats stratégiques. Dotée d’un réseau couvrant plus de 170 destinations à travers le monde, Qatar Airways est perçue par les autorités comme un puissant levier d’intégration du Cameroun aux grands flux aériens internationaux. Une visibilité accrue, une meilleure connectivité et une ouverture renforcée sur les marchés mondiaux : autant d’enjeux qui placent cet accord au cœur de la stratégie nationale de développement du transport aérien.

BEAC-Etats-Unis: Le gouverneur SANA BANGUI réaffirme l’exigence du rapatriement des recettes d’exportation

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Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a reçu en audience, le 30 janvier 2026 au siège de l’Institution à Yaoundé, Madame Sarah Troutman, Sous-Secrétaire adjointe au Bureau des affaires africaines du Département d’État des États-Unis d’Amérique. La délégation américaine comprenait également John Robinson, Chargé d’Affaires a.i. à l’Ambassade des États-Unis au Cameroun, et Madame Theresa Sondjo, Chargée des affaires économiques et financières.

Les échanges ont porté sur la situation économique et financière de la CEMAC, les perspectives d’investissements des entreprises américaines dans la sous-région, la réglementation des changes, ainsi que l’état d’avancement des discussions relatives au rapatriement des fonds de remise en état des sites pétroliers et miniers (FONDS RES).

UNE SITUATION MACROÉCONOMIQUE SOUS CONTRAINTES EXTÉRIEURES PERSISTANTES

Les discussions ont permis de dresser un état des lieux de la conjoncture macroéconomique de la CEMAC, marquée par une croissance modérée, des besoins sociaux et infrastructurels élevés et des marges de manœuvre budgétaires contraintes. La position extérieure de la zone demeure sous pression, en raison notamment du niveau des importations, des transferts de dividendes et du service de la dette. Dans ce contexte, la question des réserves de change apparaît plus que jamais centrale. Leur consolidation constitue une priorité stratégique, clairement réaffirmée par la Conférence des Chefs d’État de la CEMAC, qui a appelé à un strict respect de la réglementation des changes et à un meilleur rapatriement des recettes d’exportation, en particulier dans les secteurs extractifs.

 RAPATRIEMENT DES RECETTES : UN ENJEU DE SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE

S’agissant de la réglementation des changes, le Gouverneur a rappelé que les Chefs d’État ont arrêté des orientations claires visant à garantir que les recettes générées par les exportations contribuent effectivement au renforcement de la position extérieure commune. Dans ce cadre, un accord spécifique a été conclu avec les entreprises du secteur extractif, prévoyant le rapatriement partiel des recettes d’exportation à hauteur de 35 %. Une rencontre entre les parties est prévue aux États-Unis en avril prochain pour poursuivre les discussions.

En attendant, la BEAC a souligné que cette mesure ne procède pas d’une logique de contrainte arbitraire, mais répond à un impératif macroéconomique : préserver la stabilité du franc CFA, sécuriser les capacités d’importation de la sous-région et renforcer la crédibilité financière de la CEMAC. Le Gouverneur a réaffirmé la volonté de la Banque centrale de poursuivre un dialogue constructif avec les entreprises concernées, afin de mettre en place des mécanismes durables, équilibrés et compatibles avec les exigences opérationnelles des investisseurs, tout en respectant les décisions souveraines des États membres.

INVESTISSEMENTS : DIVERSIFICATION ET CONFIANCE À LONG TERME

Sur le volet des investissements, Yvon Sana Bangui a mis en avant les importantes potentialités économiques de la CEMAC et invité les entreprises américaines à élargir leur présence au-delà des secteurs pétrolier et gazier. L’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les mines solides, les services et l’économie numérique offrent, selon lui, des opportunités significatives, à même de soutenir une croissance plus inclusive et résiliente. Cette diversification est d’autant plus nécessaire que les flux d’investissements directs étrangers connaissent un ralentissement dans la sous-région, dans un environnement international marqué par un resserrement des conditions financières.

DES DISCUSSIONS EN COURS AVEC LES COMPAGNIES PÉTROLIÈRES

Concernant les compagnies pétrolières, le Gouverneur a rappelé que les discussions se poursuivent conformément aux orientations de la Conférence des Chefs d’État. Une rencontre tenue en octobre 2025 à Washington a permis d’examiner des approches innovantes proposées par la BEAC et les États, visant à concilier les impératifs de sécurité financière de la zone et les contraintes opérationnelles des entreprises. La BEAC et les États membres entendent poursuivre l’exploration de nouvelles modalités d’accompagnement, avec l’appui d’expertises internationales, afin d’aboutir à des solutions mutuellement bénéfiques et conformes au cadre réglementaire communautaire.

VERS UNE NOUVELLE ÉTAPE DU DIALOGUE

À l’issue de l’audience, le Gouverneur a réaffirmé la disponibilité de la BEAC et des États membres à poursuivre les échanges avec les compagnies pétrolières américaines, lors de discussions prévues en avril prochain à Washington. Il a invité Madame Sarah Troutman à y prendre part et salué le rôle que les autorités américaines pourraient jouer pour faciliter un aboutissement positif. Le Gouverneur a enfin salué la qualité du dialogue avec la délégation américaine et réitéré l’engagement de la BEAC à promouvoir un environnement macroéconomique stable, crédible et attractif, condition indispensable à la mobilisation des investissements et au développement durable de la CEMAC.

 Affaire Scanning : les industriels dénoncent le double paiement imposé aux entreprises

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Le Syndicat des Industriels du Cameroun appelle les autorités à rétablir la cohérence entre les décisions administratives et recommande notamment la création d’un compte séquestre auprès d’une institution agréée, permettant aux entreprises de déposer les frais de scanning contestés sans que ceux-ci ne conditionnent l’enlèvement des marchandises.

Après un mois d’imbroglio au sujet des activités de scanning des conteneurs au Port de Douala, les industriels disent payer le prix fort. Le Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam) fait savoir que les perturbations observées sur la plateforme portuaire de Douala-Bonabéri ont des conséquences opérationnelles et financières qui affectent directement ses membres, les entreprises industrielles.

 Ce groupement fait notamment allusion à « la facturation et le paiement effectifs des frais de scanning auprès de l’opérateur Transatlantic SA; le  maintien, dans les systèmes douaniers, de l’exigibilité de frais de scanning au profit de l’opérateur SGS Scanning Cameroun SA dont les installations ne sont plus opérationnelles ; l’impossibilité d’obtenir la mainlevée et l’enlèvement des conteneurs sans s’acquitter de ces deux charges cumulatives, entraînant surestaries, pénalités, retards d’approvisionnement et perturbations majeures de la production ». Conséquence, des charges financières supplémentaires sont enregistrées par les entreprises. Ce qui selon le président du Syndustricam est une situation « anormale, injustifiée et économiquement insoutenable, dans un contexte déjà marqué par de fortes contraintes fiscales, logistiques et financières pesant sur l’industrie nationale ».

Le syndicat appelle les autorités compétentes à rétablir « sans délai la cohérence entre les décisions administratives, les dispositifs techniques et les systèmes de paiement ». Ceci, afin de mettre un terme immédiat au double paiement imposé aux entreprises.  Dans le communiqué signé le 02 février dernier par son président Samuel Kondo, deux propositions sont émises à titre transitoire.  En premier lieu, la mise en place d’un mécanisme de consignation ou de compte séquestre auprès d’une institution agréée, permettant aux entreprises de déposer les frais de scanning contestés sans que ceux-ci ne conditionnent l’enlèvement des marchandises. En deuxième lieu, la reconnaissance formelle d’un régime de force majeure administrative, ouvrant droit à la levée des pénalités, à la neutralisation des surestaries et à la suspension des exigences devenues matériellement ou juridiquement non exécutables pendant la période de crise.

Les perturbations sont nées au port de Douala après la signature d’un contrat entre le PAD et Transatlantic pour les opérations de scanning jusque-là assurées par SGS qui elle avait signé son contrat avec le gouvernement. Le contrat de cette dernière datant de 2015 pour une durée de 10 ans était selon le PAD arrivé à son terme. Mais l’opérateur n’a pas accepté de quitter les lieux estimant être encore dans ses droits. Après des semaines de tractations, le premier ministre  a instruit le maintien de SGS, car, la validité de son contrat courrait à partir de la fin de l’installation de tous ses équipements, notamment le quatrième conteneur. « Le quatrième conteneur ayant été installé en 2022, c’est de là où naît la date à partir de laquelle on peut compter les dix ans. Donc le gouvernement a signé, un contrat avec SGS en 2015, qui a pris effet  en 2022, et c’est un contrat qui court jusqu’en 2032. », a indiqué le ministre des Transports Jean-Ernest Massena Ngalle Bibehe au sortir de la réunion d’urgence avec le premier ministre le 30 janvier dernier.

Finances publiques : le FMI salue la stabilité budgétaire du Cameroun, mais appelle à des arbitrages

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Au sortir d’une séance de travail avec Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, Christine Dieterich, cheffe de la délégation du FMI, a posé les termes d’un dialogue qu’elle présente comme technique et pragmatique. « Nous avons tenu notre première réunion entre la mission du FMI et le ministère de l’Économie. Le ministre et moi avons eu des échanges très utiles et très fructueux, centrés sur les principales questions sur lesquelles nous devrons nous concentrer au cours de cette mission », a-t-elle indiqué, précisant que la mission s’inscrit dans le cadre de consultations macroéconomiques générales avec le gouvernement.

Pour l’institution de Bretton Woods, l’un des points saillants du diagnostic porte sur la situation des finances publiques. « Le ministre et l’équipe du FMI sont convenus que l’un des principaux acquis de la politique menée par le Cameroun est la stabilité de sa position budgétaire », a souligné Christine Dieterich, rappelant que cette stabilité joue également un rôle important pour l’ensemble de la sous-région CEMAC, où le Cameroun demeure un acteur économique central. Cette stabilité, qui renvoie à la capacité de l’État à maîtriser son déficit et son endettement, n’épuise toutefois pas les défis.

 La cheffe de mission insiste sur la nécessité d’arbitrages plus fins. « Pour la suite, il sera essentiel de trouver le juste équilibre entre les besoins du pays, les besoins sociaux, qui ont également été soulignés par le chef de l’État, ainsi que les importants besoins en infrastructures », at-elle déclaré. Derrière ces termes, il s’agit de concilier des dépenses sociales destinées à soutenir les populations et des investissements lourds, notamment dans les routes, l’énergie ou les télécommunications, sans fragiliser les équilibres budgétaires.

Christine Dieterich, cheffe de la délégation du FMI en mission au Cameroun

POURSUIVRE UNE POLITIQUE BUDGÉTAIRE STABLE ET SOUTENABLE

La mission a d’ailleurs consacré deux journées à Douala à des échanges avec le secteur privé. « Nous avons passé deux jours à Douala à échanger avec le secteur privé, notamment dans les domaines de l’énergie et des télécommunications », a expliqué Christine Dieterich. Selon elle, « les besoins en investissements sont considérables afin de libérer l’énorme potentiel du Cameroun ». Le message est clair. La croissance future dépendra en grande partie de la capacité à mobiliser des capitaux, publics comme privés, dans des secteurs productifs.

Dans ce cadre, le FMI insiste sur le fait « de concilier les besoins d’investissement et les besoins sociaux avec la nécessité de poursuivre une politique budgétaire stable et soutenable », a-t-elle précisé. Et de poursuivre : « audelà de la stabilité, qui constitue un préalable, le renforcement de la croissance, au service du bien-être et de l’emploi, est véritablement ce dont le Cameroun a besoin pour l’avenir », a conclu la cheffe de mission.

 Sur le plan opérationnel, la mission du FMI, présente à Yaoundé depuis le début de la semaine, a notamment entamé une série de rencontres institutionnelles. Le 2 février 2026, les échanges ont débuté par une séance de travail au Minepat, autour de l’évolution récente de l’économie, des perspectives de croissance à moyen terme, de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 et de la politique budgétaire, y compris la stratégie d’endettement.

La délégation s’est ensuite entretenue au ministère des Finances le même jour avec le Comité technique de suivi (CTS), une instance chargée d’assurer le lien entre les administrations et le FMI. Les discussions ont porté sur les objectifs de la mission, les données demandées aux administrations et la validation du calendrier des réunions sectorielles. Plusieurs administrations financières, fiscales et statistiques y ont pris part, aux côtés de représentants d’institutions régionales.

 REVUE DES PRÉVISIONS DE RECETTES FISCALES ET NON FISCALES POUR 2025-2028

Un autre temps fort a concerné la Banque des États de l’Afrique centrale. Les échanges avec la direction nationale ont porté sur les agrégats macroéconomiques et monétaires, c’est-à-dire les grands indicateurs comme la masse monétaire ou l’inflation, ainsi que sur les réserves de change, le financement de l’économie et le fonctionnement du marché régional des titres publics. Ces éléments sont étroitement liés à la stratégie d’endettement à moyen terme de l’État.

 La mission a également conduit une réunion technique approfondie sur le secteur budgétaire. Les travaux ont examiné les projections de recettes fiscales et non fiscales pour la période 2025-2028, l’évolution des dépenses publiques et du déficit, ainsi que la situation des dépenses exécutées selon des procédures exceptionnelles. Les discussions ont aussi porté sur les projections trimestrielles des dépenses en 2026 et sur l’audit des arriérés intérieurs, ces dettes accumulées par l’État et ses démembrements vis-à-vis des entreprises et fournisseurs.

 En parallèle des échanges avec les pouvoirs publics, le FMI a rencontré les représentants du secteur privé. Le jeudi 29 janvier, la mission a été reçue au siège du Groupement des entreprises du Cameroun Gecam par sa directrice exécutive, Aline Valérie Mbono. Les discussions ont porté sur le climat des affaires et les obstacles à la relance de l’investissement.

 Les chefs d’entreprise ont évoqué l’impact des crises récentes, la nécessité d’une révision du code fiscal et d’une rationalisation de la parafiscalité, ainsi que l’importance des infrastructures et d’un dialogue public-privé plus effectif. La question de l’adéquation entre formation et besoins du marché du travail a également été soulevée.

Ces différentes séquences s’inscrivent dans le dialogue régulier entre le Cameroun et le FMI. L’objectif affiché est d’apprécier la soutenabilité des finances publiques, la cohérence des projections macroéconomiques et l’avancement des réformes budgétaires. Pour les autorités comme pour le FMI, l’enjeu dépasse le simple respect des équilibres comptables. Il s’agit de créer les conditions d’une croissance plus forte et plus inclusive, capable de soutenir l’emploi et de répondre aux attentes sociales, sans compromettre la stabilité financière du pays.

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