Le leadership féminin dans le secteur bancaire, il en faut davantage selon la coach ivoirienne Lady Sonia. Invitée par BGFIBank Cameroun dans le cadre des activités marquant le mois dédié à la femme, la conférencière mondialement reconnue a tenu une rencontre avec les femmes de cette banque le 03 mars dernier à Douala. Elle a motivé ces femmes à modifier leur état d’esprit pour oser. Sa prise de parole a abordé des aspects assez variés du développement personnel de la gent féminine dans ce secteur, des défis et des clés pour briser le plafond de verre.
Confiance en soi, objectifs de carrière, gestion financière… Lady Sonia a appelé les dames de BGFI Bank Cameroun à passer à l’action pour réaliser leurs ambitions. « Je n’étais pas là pour parler de bien-être superficiel. J’étais ici pour traiter de puissance, de positionnement, et de cette audace qui fait trop souvent défaut aux femmes, même à des postes élevés dans la hiérarchie bancaire », a déclaré la coach. Selon elle, trop de femmes attendent d’avoir un certain statut pour investir dans leur propre leadership. Pourtant investir dans son développement personnel, c’est semer les graines d’un avenir prometteur.
La conférencière a été accueillie par Hyacinthe Opira Ongala, Directeur Adjoint de BGFIBank Cameroun. Une présence qui traduit la volonté du top management de ce groupe bancaire à investir dans l’épanouissement personnel et professionnel des femmes. En termes de représentativité, les femmes constituent 60% de l’effectif global de BGFIBank Cameroun, 48% de l’effectif du comité de direction et 56% des postes de responsabilité. Si ces chiffres sont prometteurs, les femmes de BGFIBank sont tout de même invitées à prendre conscience de leur rôle et viser encore plus haut. C’est l’idée forte qui ressort des deux heures d’échanges.
« BGFI Bank a compris a compris une chose : une collaboratrice qui a confiance en elle vaut plus que n’importe quel actif financier. E que la femme qui a confiance en soi est le meilleur actif financier. J’étais là pour parler de puissance, de positionnement et de cette audace qui manque trop souvent aux femmes, même au sommet de la hiérarchie bancaire. Regardez ces femmes brillantes, diplômées, expertes. Mais combien osent briser le plafond de verre sans s’excuser d’exister ? Dans cette salle, l’énergie a basculé. On a déconstruit les codes de l’intellectualisme déconnecté pour revenir à la réalité : une femme qui réussit est une femme qui assume son ambition sans filtre », déclare Lady Sonia.
Il faut dire qu’au-delà de ses ressources humaines, le premier groupe bancaire d’Afrique centrale est engagé depuis années dans l’autonomisation des femmes et du développement de l’entrepreneuriat en Afrique. La Fondation BGFIBank accompagne par exemple chaque année des femmes entrepreneures disposant des projets à fort impact social à travers Women Entrepreneurs Leadership Program (WELP). Plus de 200 femmes ont déjà été formées et accompagnées au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.
La Société de ciment du Cameroun, filiale d’Atlantic Group contrôlé par l’homme d’affaires ivoirien Koné Dossongui, a signé le 19 février 2026 à Yaoundé un avenant à sa convention avec l’Agence de promotion des investissements. Cette modification, qui concerne le projet de cimenterie de Kribi, traduit une montée en gamme technologique et une réévaluation substantielle de l’enveloppe financière initialement prévue. L’avenant signé avec l’Agence de promotion des investissements (API) ne constitue pas une nouvelle convention, mais une révision de celle conclue le 4 août 2021.
Il s’inscrit dans une logique d’optimisation industrielle. Selon Georges Wilson, vice-président d’Atlantic Group, l’évolution du projet résulte d’une amélioration des procédés de production envisagés pour la future unité industrielle. Cette modernisation implique une révision à la hausse du coût global du projet, initialement estimé à plus de 39 milliards FCFA. L’investissement final dépassera donc sensiblement l’enveloppe annoncée en 2021. Implantée dans la zone industrialo-portuaire de Kribi, l’usine bénéficiera d’infrastructures logistiques stratégiques, favorables à l’importation des intrants et à la distribution régionale.
L’avenant ouvre par ailleurs droit à des exonérations fiscalo-douanières sur des périodes allant de cinq à dix ans, couvrant les phases de construction et d’exploitation, conformément à la loi d’avril 2013 sur les incitations à l’investissement privé, révisée en 2017 et en 2025.
1 600 EMPLOIS ET UNE CAPACITÉ D’UN MILLION DE TONNES PAR AN
Les travaux d’aménagement du site de 10 hectares, mis à disposition par le Port autonome de Kribi (PAK), ont débuté le 3 août 2021. La phase de construction de l’usine devrait effectivement démarrer en 2026 pour une durée prévisionnelle de 24 mois.
À terme, la cimenterie affichera une capacité annuelle de production d’un million de tonnes. Le projet pourrait générer environ 1 600 emplois directs et indirects, entre la phase chantier et l’exploitation industrielle. Au-delà des chiffres, l’enjeu porte sur la structuration d’un écosystème local de sous-traitance, de logistique et de services techniques. Cette nouvelle unité viendrait porter à dix le nombre de cimentiers opérant sur le marché camerounais, un peu plus d’une décennie après la fin du monopole historique de Cimencam, filiale de Lafarge Holcim Maroc Afrique (LHMA).
Après 48 années de domination, Cimencam avait vu sa position remise en cause avec l’arrivée de Dangote Cement Cameroun en 2015, ouvrant la voie à une multiplication des investissements privés dans le secteur.
UN MARCHÉ EN SURCAPACITÉ RELATIVE, MAIS DES PRIX SOUS TENSION
Depuis la libéralisation du marché, plusieurs opérateurs ont renforcé le tissu industriel : Cimaf, Medcem Cameroun, Mira Company, Cimpor Cameroun, Central Africa Cement, Sinafcam Sarl et Yousheng Cement. Les capacités nationales cumulées approchent désormais 12 millions de tonnes par an, alors que la demande était estimée, il y a quelques années, autour de 8 millions de tonnes. Cette surcapacité apparente ne s’est toutefois pas traduite par une baisse significative des prix.
À Douala et Yaoundé, le sac de ciment de 50 kg oscille encore entre 5 100 et 5 300 FCFA. Les industriels et les pouvoirs publics invoquent principalement la dépendance à l’importation du clinker, composant essentiel du ciment, dont les coûts logistiques et énergétiques pèsent lourdement sur les structures de prix. Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, évoque régulièrement des soupçons d’« entente illicite » entre producteurs, dans un contexte où la concurrence peine à produire les effets attendus sur les tarifs au consommateur.
ATLANTIC GROUP, UN CONGLOMÉRAT EN EXPANSION AU CAMEROUN
Le projet de Kribi confirme la stratégie de diversification sectorielle d’Atlantic Group au Cameroun. Le conglomérat est déjà présent dans la finance à travers AFG Bank Cameroun et AFG Assurances Cameroun, issues respectivement de la transformation de Banque Atlantique et Atlantique Assurances. Il opère également dans l’agro-industrie avec Atlantic Cocoa, contribuant à la valorisation locale du cacao.
En Afrique, Atlantic Group déploie ses activités dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, avec une présence structurée dans la banque, l’assurance, l’agro-industrie et désormais les matériaux de construction. La montée en puissance du projet cimentier de Kribi s’inscrit ainsi dans une logique d’intégration industrielle régionale, adossée à des investissements lourds et à une stratégie d’ancrage durable sur les marchés à forte croissance.
À travers cette nouvelle étape, le groupe de Koné Dossongui confirme son ambition : s’imposer comme un acteur panafricain de référence, capable de conjuguer finance, industrie et transformation locale au service des économies nationales.
La principale institution de microfinance de la sous-région CEMAC, Ntarinkon Cooperative Credit Union (NtaCCUL), a annoncé la redistribution de plus de 4 milliards de FCFA d’intérêts à ses membres. Selon les responsables, ce montant provient du taux d’intérêt de 6 % appliqué sur l’épargne. L’institution a également franchi une étape majeure dans son processus de transformation numérique afin de faciliter davantage les transactions de ses membres.
Ces annonces ont été faites à l’occasion de la 39e Assemblée générale annuelle (AGA) tenue le dimanche 1er mars 2026 au stade municipal de Bamenda. La rencontre a rassemblé les membres du conseil d’administration, le personnel dirigeant, des autorités traditionnelles et administratives, ainsi que des milliers de sociétaires. La présidente du Conseil d’administration, Barrister Akumah Bih Miranda, a annoncé que les membres pourront désormais utiliser les cartes GIMAC. Elle a qualifié cette avancée numérique de « tournant stratégique », renforçant la position de la coopérative parmi les principales credit unions de la sous-région CEMAC. Elle a précisé que la première phase de la digitalisation est achevée. Selon elle, le code USSD et l’application de banque en ligne sont opérationnels depuis 2024, et l’introduction des cartes GIMAC vient compléter ce dispositif numérique.
Les membres peuvent solliciter et obtenir ces cartes dans toutes les agences et les utiliser dans les banques commerciales et établissements de microfinance à travers la zone CEMAC. Le Directeur général, Ade Muma Divine, a indiqué que les cartes GIMAC permettront aux membres d’effectuer des opérations sans nécessairement se rendre dans les agences de la NtaCCUL, mais plutôt via n’importe quel guichet automatique disponible. Il a souligné que les sociétaires pourront effectuer des retraits dans d’autres banques et institutions de microfinance grâce à cette carte.
CENTRES DE SERVICES SPÉCIALISÉS
La présidente du Conseil d’administration a également révélé la création de centres de services spécialisés dans toutes les agences pour accompagner les membres dans l’utilisation de l’application NtaCCUL, de la plateforme USSD et des services liés aux cartes.
UNE CROISSANCE SOUTENUE MALGRÉ UN CONTEXTE DIFFICILE
Malgré les défis sécuritaires et économiques persistants dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi que d’autres contraintes nationales, la NtaCCUL a enregistré une croissance régulière en 2025. D’après le rapport de gestion présenté lors de l’AGA, le nombre de membres est passé de 104 107 en 2024 à 117 213 en 2025, soit une progression de 13 %.
Au total, 13 106 nouveaux membres ont été enregistrés au cours de l’exercice. L’épargne totale a connu une hausse significative, passant de 56,08 milliards de FCFA à 66,8 milliards de FCFA, soit une augmentation de 19 %. Les parts sociales ont progressé de 11 %, atteignant 3,81 milliards de FCFA.
La direction a rappelé que les parts constituent le socle de la solidité financière de la coopérative et a encouragé les membres à actualiser leurs contributions afin de maintenir les ratios réglementaires. Il a également été indiqué que 53 membres sont décédés au cours de l’année, avec des indemnisations versées aux ayants droit pour un montant total de plus de 16 millions de FCFA. Réagissant à l’augmentation du nombre de sociétaires, le Directeur général a attribué cette progression à la confiance construite au fil des années. Il a précisé que l’AGA a été délocalisée au stade municipal en raison de l’affluence croissante, le site précédent ne pouvant plus contenir les plus de 117 000 membres.
MAINTIEN DU TAUX D’INTÉRÊT DE 6 %
L’un des temps forts de l’Assemblée générale a été l’annonce du maintien du taux d’intérêt de 6 % sur l’épargne. En 2025, la coopérative a versé 4,25 milliards de FCFA d’intérêts à ses membres. Pour 2026, le même taux a été budgétisé, représentant plus de 4,52 milliards de FCFA. La direction a souligné que le maintien de ce taux traduit la stabilité financière de l’institution et son engagement à récompenser la fidélité et la confiance de ses membres.
EXPANSION ET INVESTISSEMENTS STRUCTURANTS
Au-delà de la digitalisation, la NtaCCUL a enregistré d’importantes réalisations infrastructurelles en 2025. Les agences de Limbé et de Ngaoundéré, devenues opérationnelles en 2024, ont été officiellement inaugurées, contribuant à l’accroissement du nombre de membres et des activités. Une nouvelle agence à Bonamoussadi, à Douala, est entrée en service en février 2026. L’agence de Buea a bénéficié d’une rénovation avec une modernisation de sa façade, tandis qu’un terrain acquis à Bertoua a été clôturé en prélude à la construction d’un immeuble de trois étages.
La coopérative a également acquis un véhicule Prado Land Cruiser pour renforcer ses opérations. Par ailleurs, huit nouveaux guichets automatiques sont prévus en 2026 afin d’accompagner le déploiement des services bancaires numériques. Sur le plan de la gouvernance et de la conformité, la NtaCCUL a obtenu un score de 15 sur 16 aux principaux ratios prudentiels évalués par la COBAC, consolidant ainsi sa réputation en matière de respect des normes réglementaires. La direction a indiqué que l’institution demeure la seule credit union ne faisant l’objet d’aucune injonction de la commission bancaire.
RÉÉLECTION DE LA PRÉSIDENTE DU CONSEIL
L’Assemblée générale a également procédé au renouvellement des instances dirigeantes, notamment le Conseil d’administration, le Conseil de surveillance, le Comité électoral et les délégués Rainbow. Après un mandat d’un an, Barrister Akumah Bih Miranda a été réélue présidente du Conseil d’administration pour un mandat de trois ans, avec plus de 1 900 voix face à ses deux adversaires.
À l’issue du scrutin, elle a présenté les acquis de 2025, notamment en matière de digitalisation et d’autonomisation des femmes, comme fondement de son nouveau mandat. Elle a exprimé sa volonté de rendre pleinement opérationnel le programme de digitalisation et d’encourager les membres à s’approprier les cartes GIMAC. Elle a également annoncé un soutien accru aux entreprises dirigées par des femmes, affirmant son engagement en faveur de l’autonomisation économique des femmes et des couches moyennes.
La direction a remercié les membres pour leur résilience et leur fidélité, assurant que la NtaCCUL poursuivra sa dynamique d’innovation, de stabilité et d’expansion malgré les défis nationaux. Des membres de longue date, tels que Nyamboli Clement et Lum Matilda, ont témoigné que la coopérative leur a permis de mettre en place des activités génératrices de revenus durables.
En 2025, les transferts des Camerounais établis à l’étranger ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur cinq ans, la moyenne annuelle tourne autour de 450 milliards. Ce volume dépasse certaines enveloppes mobilisées par l’État sur les marchés financiers. Pourtant, l’essentiel de ces fonds continue de financer la consommation courante des ménages, santé, scolarité, loyers ou soutien familial.
Pour le ministère des Finances, la question n’est plus de mesurer l’importance de ces flux mais d’en modifier l’usage. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les transferts de la diaspora ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards. C’est un volume supérieur à certaines lignes de financement classiques. Cependant, ces fonds sont majoritairement orientés vers la consommation ou l’assistance sociale. Ce sont des flux utiles, mais qui n’alimentent pas suffisamment l’investissement structurant », a déclaré le directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Moh Sylvester Tangongho, dans le cadre d’un entretien accordé à Défis Actuels.
La réponse envisagée prend la forme d’un emprunt spécifiquement destiné aux Camerounais établis à l’étranger. Le mécanisme reste, sur le plan financier, classique. L’État émettrait des titres que les membres de la diaspora pourraient souscrire depuis leur pays de résidence. En échange des fonds prêtés, ils percevraient un intérêt sur une période déterminée, avec remboursement du capital à l’échéance.
Autrement dit, la diaspora prêterait directement à l’État, comme le font déjà les investisseurs institutionnels ou les banques, mais dans un cadre qui lui serait dédié. « La différence avec un emprunt ordinaire tient au public ciblé et aux modalités adaptées. Les montants minimums pourraient être calibrés pour rester accessibles. Les canaux de souscription seraient digitalisés afin de permettre une participation depuis l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Afrique centrale. Les fonds levés seraient affectés à des projets identifiés, infrastructures, énergie, aménagement urbain ou financement de PME, avec un reporting dédié », souligne un expert.
« Notre réflexion consiste à canaliser une partie de ces ressources vers des instruments dédiés, comme les Diaspora Bonds. Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs. », souligne Moh Sylvester Tangongho.
UN AUTRE MOYEN POUR FINANCER LE BUDGET DE L’ETAT
À ce stade, cet outil revêt une importance capitale au regard de la trajectoire budgétaire du pays. Le budget 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, avec un besoin de financement global estimé à plus de 3 100 milliards pour couvrir le déficit et le service de la dette. En 2025, ces besoins atteignaient 2 326,5 milliards. En 2024, ils dépassaient 1 500 milliards.
Dans ce contexte, l’emprunt diaspora apparaît comme une pièce supplémentaire dans l’architecture de financement. Il ne se substitue pas aux marchés régionaux ni aux bailleurs extérieurs. Il vise à réduire la dépendance à ces canaux en mobilisant une épargne déjà existante. Si une fraction seulement des 650 milliards transférés chaque année était captée sous forme de titres, l’impact sur la structure de financement pourrait être significatif, ne serait-ce qu’en diversifiant la base d’investisseurs. L’exemple sénégalais illustre une autre voie de mobilisation.
En 2024, les transferts de la diaspora y ont atteint 2 211 milliards de FCFA, soit près de 12% du PIB. Dakar prépare un fonds immobilier dédié aux Sénégalais de l’extérieur afin de convertir une partie de ces envois en investissements locatifs gérés par des professionnels. Les souscripteurs détiendraient des parts d’un portefeuille immobilier, sans alourdir la dette publique. La logique reste la même, transformer des transferts majoritairement consuméristes en capital productif.
À l’échelle du continent, l’ampleur du phénomène donne la mesure des marges potentielles. Selon la Banque mondiale, l’Afrique a reçu environ 95 milliards de dollars de remittances en 2024, soit plus de 5% du PIB continental. Ces flux dépassent souvent l’aide publique au développement et rivalisent avec les investissements directs étrangers.
« Quand vous voyez le décor que votre présence présente, c’est un aspect qui dégoûte tout le monde». Luc Messi Atangana le maire de la ville de Yaoundé a ainsi planté le décor de sa rencontre avec les commerçants installés à l’Avenue Kennedy ce 3 mars 2026. L’édile de la capitale est venu mettre en garde ces occupants « illégaux » de cet axe très fréquenté de la capitale, contre leur obstination à y demeurer depuis des décennies, contre la volonté des autorités municipales. «Quand je vais vider cet espace dans quelques minutes, vraiment, ne trainez pas ; parce qu’après, lorsqu’il y aura des actions musclées,… », a-t-il prévenu. Accompagné qu’il était, d’une armée de personnes dont la police municipale, la police nationale.
Le premier magistrat de la capitale veut définitivement régler ce problème qui perdure depuis plusieurs décennies. La réputation de ce tronçon entre l’Institut français et le carrefour Intendance, est connue : vols, agressions, trafics divers,… Et malgré les plaintes des victimes, rien ne change. Les commerçants installés sur ce tronçon refusent de quitter. Les occupants de cette place sont accusés à tort ou à raison d’être de connivence avec les hors-la-loi. « Même si tu es témoin d’un acte illicite, tu ne peux pas dénoncer car il y aura retour. Ils te feront la peau. Personne ne pourra te sauver. Si tu essaies, il faut seulement quitter cette zone, voire même Yaoundé», confie un habitué des lieux. Ainsi, les hors-la-loi du coin ont imposé une passivité collective face à leurs forfaits. Tous les délégués du gouvernement s’y sont frottés, et ont fini par abandonner. Même Gilbert Tsimi Evouna dit KJack Bauer qui a réussi la métamorphose de Yaoundé, imposant l’ordre même dans des coins réputés être sous l’autorité des gangs, n’est pas allé au bout de sa logique. L’homme est resté au niveau des menaces. Et même le projet de construction du Marché Ongola près du marché central, « pour recaser les vendeurs à la sauvette», n’a pas été la solution. Beaucoup ont refusé d’y aller.
Les jours comptés
Luc Messi Atangana qui avait déjà réussi à réduire l’occupation de ce boulevard en instaurant une circulation alternée sur les deux côtés de la route à double sens, veut en finir. Et lance une dernière mise en garde avant l‘assaut. « J’étais déjà ici il y a plusieurs mois ; je vous ai parlé des problèmes qu’il y a dans cette zone. Quand vous regardez les trottoirs, les parpaings, les planches que vous mettez chaque jour, vous êtes installés de façon désordonnée. Les commerçants, les passants, bref toutes les personnes qui passent ici, qu’elles soient en voiture ou à pied, sont régulièrement agressées, volées, blessées même. Ils n’arrivent pas à marcher », dénonce-t-il. Et de rappeler qu’«il y a touteune place au Marché Ongola réservée aux ‘’sauveteurs’’. Il n’y a pas de marché ici ». Mieux, « il y a le Marché Mokolo, le Marché Ongola, le marché central où il y a également un très grand espace pour les vendeurs à la sauvette», a-t-il souligné.
L’avenue Kennedy un jour de fortes pluies
En tout cas, « il y a des règles pour vivre en ville. Si vous ne pouvez pas remplir ces règles, vous rentrez au village», a-t-il assené aux occupants de l’A1venue Kennedy. Et déjà, des gros bras de la Communauté urbaine ont commencé à libérer l’espace en détruisant des comptoirs de fortune qu’ils ont trouvés. Les jours sont comptés peut-être cette fois-ci. Ce serait peut-être l’occasion de résoudre tous les problèmes causés par la promiscuité dont les inondations, conséquences de l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux usées et de l’écoulement des eaux du cours d’eau Mfoundi.
À Maroua, capitale régionale de l’Extrême-Nord, le gouvernement camerounais et le Groupe de la Banque africaine de développement ont officiellement lancé le mois dernier le programme « Bâtir les capacités et les compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun » CAP2E.
La cérémonie s’est tenue en présence de Midjiyawa Bakary, gouverneur de la région, représentant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, de Mouhamed Gueye, chef de Division du capital humain, de la jeunesse et du développement des compétences, représentant le directeur général de la Banque pour l’Afrique centrale, du président du Conseil régional, du maire de Maroua, ainsi que de plusieurs responsables sectoriels et opérateurs privés.
Le programme repose sur trois piliers. Le renforcement de la formation technique et professionnelle. L’appui au développement économique et à l’entrepreneuriat. La mise à niveau des infrastructures sociales de base. « Ce programme vise à apporter des solutions concrètes à un certain nombre de défis majeurs un chômage élevé des jeunes, une inadéquation entre la formation et les besoins du marché, une fragilité socio-économique persistante, des infrastructures insuffisantes et une forte vulnérabilité aux effets du changement climatique », a déclaré Midjiyawa Bakary.
22 CENTRES DE FORMATION POUR CHANGER L’ÉCHELLE
Le CAP2E prévoit la construction et l’équipement de 22 centres de formation technique, technologique et professionnelle. Près de 30 000 jeunes fréquentent déjà ces établissements. L’objectif est d’augmenter les effectifs d’au moins 20 pour cent, soit 6 000 apprenants supplémentaires dont 40 pour cent de filles. Au-delà des chiffres, l’enjeu porte sur l’adéquation entre l’offre de formation et la demande du secteur privé. Le programme ambitionne de développer des cursus alignés sur les besoins du marché local afin d’améliorer l’employabilité.
La dynamique productive ne se limite pas à la formation. Dix infrastructures collectives et marchandes seront construites au bénéfice des opérateurs privés. Marchés et centres de services communs doivent renforcer les chaînes locales de valeur. Parallèlement, 1 400 petites et moyennes entreprises bénéficieront d’un accompagnement financier et non financier. Le volet social comprend la réhabilitation de 15 hôpitaux, dix écoles et quatre centres de santé, avec une approche sensible au genre et intégrant la résilience climatique.
Le programme mobilise 89,2 milliards de francs CFA sur cinq ans, de 2025 à 2030. Il est mis en œuvre à travers le mécanisme de Financement axé sur les résultats, une première au Cameroun et en Afrique centrale. Ce dispositif conditionne les décaissements à l’atteinte d’objectifs vérifiés. Il complète les projets d’investissement classiques et les appuis budgétaires. « Le Financement axé sur les résultats repose sur un partenariat renforcé entre la Banque et le gouvernement, fondé sur la performance et les résultats vérifiables. Il améliore l’efficience des dépenses publiques en liant l’endettement aux réalisations effectives, tout en favorisant la coordination multi-bailleurs autour d’un cadre commun de résultats », a souligné Gueye. La logique est claire. L’endettement doit produire des effets mesurables sur l’emploi, la formation et la résilience territoriale.
OBJECTIF INSERTION ET STABILISATION ÉCONOMIQUE
À l’horizon 2029, le CAP2E vise un taux d’insertion professionnelle de 80% pour les diplômés formés et la création de 5 000 emplois. Soixante pour cent seront destinés aux jeunes, quarante pour cent aux femmes, avec une part significative d’emplois verts. Pour une région marquée par le chômage massif des jeunes, l’insécurité passée et la vulnérabilité climatique, l’enjeu dépasse la statistique. Il s’agit d’ancrer une reconstruction productive durable.
« Le programme “Bâtir les capacités et les compétences pour l’employabilité et l’entrepreneuriat dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun” n’est pas simplement un programme de financement. C’est un levier de transformation, un instrument de résilience et une opportunité historique pour notre région. Sa réussite dépendra de notre capacité collective à travailler en synergie, à respecter nos engagements et à placer les résultats au cœur de notre action », a conclu Alhadji Magra Massaou, coordonnateur du Programme spécial de reconstruction et de développement de la région de l’Extrême Nord, agence d’exécution du CAP2E.
Le lancement officiel de ce programme est couronné par un atelier organisé du 17 au 19 février 2026 à Maroua pour renforcer les capacités des structures de mise en œuvre et mobiliser les parties prenantes. Une délégation mixte Banque – PSRDREN et MINEPAT a ensuite visité les futurs établissements bénéficiaires.
Le Groupe de la Banque africaine de développement mise sur le capital-risque pour densifier l’offre de financement des jeunes pousses technologiques en Afrique francophone. Son Conseil d’administration a validé un engagement de 6,5 millions d’euros, soit environ 4,2 milliards de FCFA, dans le fonds Saviu II, un véhicule dédié aux start-up en phase d’amorçage et de première levée institutionnelle.
Dans le détail, l’institution panafricaine mobilise 4,5 millions d’euros en fonds propres et 2 millions d’euros supplémentaires sous forme de tranche de couverture en première perte pour le compte de la Commission européenne, dans le cadre du programme Boost Africa. Ce mécanisme vise à absorber une partie du risque initial afin d’attirer d’autres investisseurs privés sur des marchés jugés encore fragiles. Saviu II, deuxième fonds géré par Saviu Partners, prévoit d’investir des tickets compris entre 500 000 et 3 millions d’euros dans une vingtaine d’entreprises.
La cible est clairement orientée vers des modèles B2B à forte composante technologique ou numérique, opérant à un stade où l’accès au financement demeure l’un des principaux goulots d’étranglement. Au moins 60% des engagements du fonds seront concentrés sur les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et centrale, dont le Cameroun, le Bénin et le Mali. Pour ces trois marchés, l’enjeu dépasse la simple injection de capitaux. Il s’agit de structurer un segment intermédiaire du financement, entre les subventions d’incubation et les tours de table plus conséquents menés par des fonds internationaux.
Au Cameroun, où l’écosystème numérique s’est densifié autour de la fintech, de l’agritech et des services aux entreprises, l’arrivée de capitaux dédiés à l’amorçage pourrait fluidifier le passage du prototype au déploiement commercial.
Au Bénin, les jeunes entreprises technologiques bénéficient d’un environnement réglementaire en mutation, mais restent confrontées à la rareté des investisseurs locaux capables d’accompagner les premiers tours institutionnels.
Au Mali, malgré un contexte sécuritaire complexe, des initiatives numériques émergent dans les services financiers et les solutions logistiques, avec un besoin marqué d’investisseurs prêts à prendre des positions minoritaires.
Le fonds entend également réserver une enveloppe spécifique au pré-amorçage. Les interventions se feront majoritairement sous forme de participations minoritaires, souvent en co-investissement avec des studios de start-up, des incubateurs ou d’autres acteurs de l’écosystème.
Cette approche collaborative vise à mutualiser l’expertise opérationnelle et à limiter l’exposition au risque sur des projets encore jeunes. Saviu II pourra par ailleurs co-investir en Afrique de l’Est, à condition que les sociétés ciblées envisagent une implantation durable sur les marchés ouest-africains francophones.
Cette logique régionale ouvre des perspectives d’intégration pour les start-up du Cameroun, du Bénin et du Mali, susceptibles de bénéficier de passerelles commerciales et technologiques au-delà de leurs frontières nationales.
Des experts en politiques économiques, des professionnels des marchés financiers, des entrepreneurs et des leaders industriels ont mis en lumière les réformes et mécanismes d’investissement à même de dynamiser le monde des affaires, consolider la résilience du secteur privé et favoriser une croissance économique inclusive au Cameroun et dans la sous-région CEMAC. C’était à l’occasion de la 4e édition du Business Summit et de la soirée de distinction organisés par le journal économique L’Économie, le jeudi 26 février.
Les échanges ont porté sur la transformation économique stratégique, le développement des marchés financiers et l’entrepreneuriat féminin. Les organisateurs ont présenté cette rencontre comme une contribution au dialogue économique structuré, visant à rapprocher décideurs publics, investisseurs et entrepreneurs. En combinant débats de fond et célébration de l’excellence entrepreneuriale, l’événement a réaffirmé le rôle croissant des plateformes économiques privées dans l’orientation des réflexions sur les trajectoires de développement et l’évolution de l’écosystème financier africain.
LES MARCHÉS FINANCIERS COMME MOTEUR DE CROISSANCE
Un panel consacré aux marchés financiers en tant que levier de développement durable a constitué l’un des temps forts de la rencontre. Les échanges, modérés par François Gaël Mballa, ont réuni Abdoulaye Mouchili, Serges Mathieu Kompou, Janvier Clément Tsitsi et Franky Bunang. Les intervenants ont souligné l’urgence, pour les économies d’Afrique centrale, d’opérer une transition des modèles de financement fortement dépendants de l’endettement vers des systèmes de marchés de capitaux plus robustes, capables de mobiliser des investissements de long terme. Malgré les réformes réglementaires récentes dans la zone CEMAC, les marchés boursiers demeurent sous-exploités, principalement en raison d’un déficit de culture financière et d’une faible propension à l’investissement, tant chez les entreprises que chez les particuliers.
Les panélistes ont relevé que les acteurs économiques continuent de privilégier les instruments bancaires traditionnels, alors que les opportunités offertes par les marchés financiers et les sociétés de gestion d’actifs restent insuffisamment comprises par le grand public. Selon eux, le renforcement de l’éducation financière et la promotion d’une véritable culture de l’épargne constituent des préalables indispensables à l’élargissement de la base d’investisseurs et à la diversification des sources de financement des entreprises. Abdoulaye Mouchili a, pour sa part, insisté sur l’importance des mécanismes de notation financière pour améliorer la transparence et renforcer la confiance des investisseurs.
La mise en place d’un système local de notation permettrait, selon lui, une meilleure évaluation des risques, une réduction des coûts d’emprunt pour les entreprises et les États, ainsi qu’une attraction accrue des flux de capitaux vers les économies régionales. Les professionnels de la gestion d’actifs ont également expliqué que l’allocation stratégique de portefeuille constitue un outil efficace de préservation de la valeur en période de pressions inflationnistes. Ils ont fait valoir que certains instruments financiers offrent actuellement des rendements compétitifs, susceptibles de dépasser les taux d’inflation observés dans la sous-région.
LEADERSHIP FÉMININ ET ENTREPRENEURIAT EN DÉBAT
Un autre panel a mis en exergue le leadership féminin et l’entrepreneuriat, soulignant le rôle croissant, mais encore insuffisamment reconnu, des femmes dans la prise de décision économique. Des dirigeantes et entrepreneures telles qu’Ingrid Obouh Fegue, Al-Nita Mouen et Rita Metaiyim ont partagé leurs parcours, rappelant que le leadership repose avant tout sur la capacité à influencer, inspirer et transformer. Elles ont soutenu que les femmes apportent des qualités distinctives, notamment l’empathie, la résilience et l’aptitude à la résolution collaborative des problèmes, des compétences particulièrement pertinentes dans les environnements économiques contemporains.
Toutefois, malgré les avancées enregistrées, elles ont reconnu que les femmes demeurent sous-représentées dans les postes stratégiques, en raison de barrières sociétales persistantes, d’un déficit de visibilité et parfois d’autocensure. Les intervenantes ont appelé les femmes à investir davantage le champ entrepreneurial, à renforcer leur confiance en elles et à oser davantage la prise de risque. Elles ont également plaidé pour une solidarité accrue entre professionnelles afin de favoriser un progrès collectif. L’importance du mentorat, de l’éducation et des programmes institutionnels de soutien en faveur des jeunes filles et des entrepreneures en devenir a été particulièrement soulignée.
Les discussions tenues lors de la masterclass ont porté sur l’innovation réglementaire et les dynamiques financières régionales. Les experts ont analysé les politiques susceptibles d’accélérer l’entrepreneuriat et de renforcer la résilience économique en Afrique. Tous ont convenu que la collaboration entre régulateurs, investisseurs et acteurs du secteur privé demeure essentielle pour libérer le potentiel de financement des petites et moyennes entreprises, véritable colonne vertébrale de la croissance économique. L’accent a également été mis sur l’innovation, l’accès numérique au savoir et le développement des compétences, conditions nécessaires pour permettre aux entrepreneurs de s’imposer dans un environnement de plus en plus mondialisé.
DISTINCTION DES ACTEURS D’EXCEPTION
La rencontre s’est achevée par une soirée de remise de prix célébrant des personnalités et institutions reconnues pour leur innovation, leur leadership et leur impact dans leurs secteurs respectifs. Selon les organisateurs, les lauréats ont été distingués pour des initiatives pionnières ayant contribué à la création d’emplois, à l’inclusion financière, au développement des entreprises et à la transformation économique. À travers ces distinctions, l’objectif affiché demeure la valorisation de l’excellence et la promotion d’une culture de performance, d’éthique et de contribution au développement au sein de la communauté des affaires.
La Afreximbank, banque panafricaine dédiée au financement et à la facilitation du commerce intra-africain, consolide son ancrage au Cameroun. En l’espace de deux années, l’institution a mobilisé plus de 600 milliards de FCFA au profit de l’État et du secteur privé, confirmant son rôle de partenaire financier structurant dans un environnement international marqué par le durcissement des conditions d’accès aux capitaux.
L’annonce a été faite le 19 février 2026 à Douala par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, lors de la présentation du programme de financement de l’État pour l’exercice 2026. Saluant « un partenaire stratégique », le membre du gouvernement a souligné que, depuis 2024, l’institution panafricaine a mis à disposition des facilités cumulées excédant 600 milliards de FCFA. Un engagement qui, selon lui, traduit « une confiance forte et assumée dans le potentiel et la signature du Cameroun », alors que les marchés internationaux demeurent exigeants et sélectifs.
UN APPUI DÉTERMINANT AUX OPÉRATIONS DE L’ÉTAT
Dans le détail, les interventions d’Afreximbank ont jusqu’ici bénéficié majoritairement au Trésor public. Parmi les opérations structurantes figure un swap de devises – conversion d’euros en FCFA – ayant permis à l’État de lever 200 milliards de FCFA par émission de titres publics sur le marché de la BEAC en juin 2025. À cela s’ajoute une garantie accordée au gouvernement pour mobiliser 159 milliards de FCFA auprès des banques locales au cours de la même année.
L’institution a également octroyé trois crédits totalisant 96 milliards de FCFA pour financer le projet d’électrification de 200 localités par systèmes solaires photovoltaïques. Ce soutien s’inscrit dans la stratégie nationale d’amélioration de l’accès à l’énergie et de promotion des solutions renouvelables, en cohérence avec les engagements du Cameroun en matière de transition énergétique. Ces concours témoignent d’un positionnement assumé : accompagner la soutenabilité budgétaire tout en contribuant au financement d’investissements productifs, susceptibles d’accroître la résilience économique du pays.
UNE MONTÉE EN PUISSANCE DANS LE SECTEUR PRIVÉ
Si l’appui à l’État demeure prépondérant, Afreximbank renforce progressivement son exposition au secteur privé camerounais. L’ouverture, en 2021, de son bureau régional pour l’Afrique centrale à Yaoundé a marqué un tournant stratégique dans cette dynamique de proximité. Parmi les dossiers emblématiques figure le projet de construction d’une usine de production de bitume à Kribi, porté par la société All Bitumen PLC. L’institution aurait financé à hauteur d’environ 2 milliards de FCFA les études de maturation du projet, dont l’investissement global est estimé à 161 milliards de FCFA.
Depuis fin 2024, Afreximbank agit en qualité d’arrangeur mandaté, avec pour mission de structurer le financement et de mobiliser d’autres partenaires autour de cette infrastructure industrielle jugée stratégique pour le développement du réseau routier national. Ce rôle d’arrangeur illustre la valeur ajoutée de la banque : au-delà de l’apport en fonds propres ou en dette, elle catalyse des ressources additionnelles et contribue à la bancabilité de projets industriels à fort impact.
UN LEADERSHIP CAMEROUNAIS À LA TÊTE DE L’INSTITUTION
Depuis septembre 2025, Afreximbank est dirigée par le Camerounais George Elombi. Sa nomination à la présidence de l’institution constitue un symbole fort pour le pays, déjà lié à la banque à double titre. D’une part, le Cameroun est actionnaire souverain de l’institution. D’autre part, la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) détient une participation de catégorie B, à hauteur de 700 millions de FCFA.
Ce statut confère au fonds de pension un siège au conseil d’administration, aux côtés d’autres investisseurs africains, renforçant ainsi l’influence camerounaise dans la gouvernance de la banque. À l’heure où le continent mise sur l’intégration économique et la transformation structurelle de ses économies, Afreximbank apparaît, pour le Cameroun, comme un levier financier et stratégique de premier plan.
Dans un communiqué datant du dimanche 1er mars 2026, Felix Mbayu, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures informe sur la menace réelle et l’escalade marquée par une série de rappes aériennes et une intensification des opérations militaires et des actions de représailles impliquant plusieurs pays de la région du Golfe Arabo-Persique. Lire le communiqué.