vendredi, avril 10, 2026
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Litige: des cadres de Bourbon condamnés en France pour corruption au Cameroun

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Gael Bodenes, patron de Bourbon, une société maritime française spécialisée dans les services de support à l'exploration, au développement et à la production des champs pétroliers et gaziers

Le 12 juillet 2024, Gaël Bodénès, patron de Bourbon, un groupe maritime français basé à Marseille (spécialisé dans les services de support à l’exploration, au développement et à la production des champs pétroliers et gaziers), et Laurent Renard, ancien directeur adjoint de la même compagnie, ont été condamnés à 24 mois de prison avec sursis. Le même jour, Christian Lefèvre ancien directeur général de Bourbon a écopé d’une peine de 30 mois de prison avec sursis. Les trois hommes qui doivent en outre s’acquitter chacun d’une amende de 80 000 euros (52,4 millions de FCFA) ont été reconnus coupables de faits de corruption au Nigeria, au Cameroun et en Guinée Equatoriale. En tout et pour tout, 7 hauts responsables de Bourbon ont déjà été condamnés dans cette affaire de corruption, pendante devant la justice française depuis 2012.

Selon le réquisitoire lu par le représentant du ministère public, des employés de Bourbon, Sous la houlette de Gaël Bodénès, qui a d’ores et déjà fait appel de cette décision par le biais de ses conseils qui estiment que «le tribunal a relativisé beaucoup de choses», ont versé aux agents du fisc de ces trois pays, d’importantes sommes d’argent. Au Nigeria, 2 millions de dollars (1,2 milliard de FCFA) ont été versés au directeur des services fiscaux, pour que ce dernier fasse passer le redressement fiscal de l’entreprise de 227 millions de dollars (136,6 milliards de FCFA) à 4 millions de dollars (2,4 milliards de FCFA). Des pots-de-vin d’un montant consolidé de 700 000 dollars (421,3 millions de FCFA) ont également été distribués à des contrôleurs fiscaux nigérians pour les mêmes fins.

Au Cameroun, l’enquête menée par la justice française a révélé que des pots-de-vin de 150 000 euros, soit environ 100 millions de francs CFA, auraient été versés à deux inspecteurs des impôts. Ces sommes auraient servi à faire disparaître une dette fiscale de 11 millions d’euros (7,2 milliards de francs CFA) due par la firme française Bourbon. Pour Akere Muna, avocat et homme politique qui se bat depuis au moins deux ans pour que les officiels camerounais ayant participé à ce scandale de corruption soient trainés en justice, ces accusations ne devraient plus revêtir le manteau du doute. Selon lui, si la justice française a condamné des corrupteurs en France, il est temps qu’au Cameroun les corrompus soient jugés. «Si nous avons des inspecteurs d’impôts véreux, puisque à Marseille on a dit que la corruption était avérée, très rapidement au niveau du Cameroun on devrait commencer les poursuites contre ces inspecteurs. Il faut que la volonté politique de lutter contre la corruption se ressente de façon concrète. Pas de façon timide. L’action ne doit pas seulement se concentrer sur la récupération des prébendes que devaient verser cette société à l’administration fiscale. Et les corrupteurs alors ! C’est cette réticence de poursuivre les camerounais qui ont sollicité ces prébendes qui est incompréhensible. C’est promouvoir l’impunité. C’est ça qui me désole», a-t-il confié à nos confrères de RFI.

 L’ire d’Akere Muna est compréhensible. Comme Défis Actuels vous l’expliquait dans sa parution en kiosque du 24 au 26 juin 2024, une équipe de conseils camerounais missionnée par le ministère des Finances après avoir obtenu l’accord de la présidence de la République, s’est faite admettre comme partie civile dans l’affaire Bourbon. La mission qui leur a été confiée est claire: récupérer les 7,2 milliards de FCFA détournés au détriment du trésor public camerounais et obtenir des dommages et intérêts pour réparer intégralement le préjudice subi. Pourtant, au niveau national, la justice demeure muette.

Climat politique : Bapooh Lipot appelle à la « fermeté » du gouvernement face aux opposants

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Au moment où Yaoundé souffle le chaud et le froid avec le projet de loi portant prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux, « l’Union des Populations du Cameroun apporte son soutien au gouvernement et toutes les institutions régaliennes dans sa dynamique visant à contrecarrer les stratégies mises en place par une certaine opposition satellisée pour déstabiliser le Cameroun et ses institutions », écrit Robert Bapooh Lipot. Dans un communiqué rendu public ce 17 juillet 2024.

Le Secrétaire général de la faction de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) reconnue par l’Administration territoriale, dénonce « la détermination des leaders d’une certaine opposition à profiter du prétexte des élections présidentielles pour semer le chaos au Cameroun et déstabiliser ses institutions ». Sans citer de noms ; mais cela survient dans un contexte marqué par des remous sur la scène politique nationale. Avec notamment Maurice Kamto le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) qui menace de recourir à la violence s’il est écarté de la course pour la prochaine présidentielle. Et dans une certaine mesure Cabral Libi’i le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) en pleine zone de turbulence, qui est en guerre ouverte contre Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale (Minat) qui a pris fats et causes pour Robert Kona le co-fondateur du parti, qu’il reconnait comme le nouveau président dudit parti.

Face à une telle situation, « l’Etat doit nécessairement opposer la fermeté régalienne fondatrice de la sauvegarde de la paix sociale, de l’unité nationale et la souveraineté du Cameroun», conseille-t-il au gouvernement. En rappelant que « l’unité nationale et la souveraineté sont les piliers sur lesquels repose notre nation», Robert Bapooh Lipot « appelle tous les citoyens à rester vigilants et à s’unir derrière le gouvernement dans cette dynamique, afin de préserver l’intégrité et la souveraineté de notre nation». Non sans promettre son « engagement à travailler pour la stabilité et la prospérité du Cameroun ». Lui qui se pose en successeur politique d’Augustin Frédéric Kodock.

C’est l’une des après voix politiques extérieures au gouvernement, à prendre position après les menaces de Paul Atanga Nji le Minat lors de la Conférence des gouverneurs. Mais surtout, à s’aligner sur les positions rigides de l’Etat.

Législatives et municipales : La Communauté internationale mise en garde contre la menace d’une guerre civile

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Dans une lettre adressée à Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies, au sujet de la prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux, dont le projet de loi déposé à l’Assemblée nationale, a été adopté illico presto, le Dr Benjamin Akih met en garde contre une « potentielle guerre civile au Cameroun». Dénonçant le motif avancé par le pouvoir de Yaoundé, le manque de moyens pour organiser quatre scrutins la même année. « Un souci logistique n’est pas une bonne justification », est formel ce membre de la Coalition des Camerounais anglophones pour le fédéralisme. « Aucune crise ou circonstance grave n’a justifié le report d’élections qui auraient eu lieu au moins 8 mois avant le prochain scrutin. Ils ont désormais été déplacés seulement environ trois mois après les prochaines élections du Conseil régional», fait constater l’auteur de la lettre.

Pour l’activiste dont l’organisation produit régulièrement des sondages au sujet de la prochaine élection présidentielle, et qui constatent à chaque fois que le président Biya ne peut plus gagner face à Maurice Kamto, « les griefs de la population de l’ancien Southern Cameroons sont complexes mais peuvent être résolus de manière durable grâce à une démocratie constitutionnelle efficace accompagnée d’élections compétitives et transparentes ». En dénonçant le fait que « le gouvernement de M. Biya légifère de manière égoïste dans le but d’exclure les partis politiques compétitifs des élections cruciales et de la vie politique active », l’homme pense que « le report des élections municipales et législatives a un impact négatif sur toute tentative de transition du conflit armé dans l’ancien Southern Cameroons vers un processus politique responsable avec de nouveaux porte-parole élus ».

Communauté internationale

Avec la pirouette en cours à Yaoundé, Ben Akih est convaincu que « M. Biya se présentera aux élections à la veille de son 93e anniversaire ». Et « sa candidature dépend du caractère antidémocratique du parti au pouvoir. Mais cela pourrait conduire à une guerre civile», prévient-il. « Nous approchons d’un point d’inflexion dans notre histoire. Cela conduirait à un changement politique crédible ou déclencherait des protestations populaires, voire une guerre civile pour mettre fin à la tragédie de la présidence de Biya», met-il en garde le patron des Nations unies. Et, poursuit-il, « si les circonstances conduisent à une guerre civile, convenons que M. Biya a tiré le premier coup de feu avec cette législation ». Ce qui pourrait compromettre selon lui les chances d’un retour à la paix. Alors « l’ONU et d’autres organisations internationales ayant intérêt à une Afrique stable devraient orienter le pays vers une démocratie constitutionnelle efficace. Cela peut commencer par votre dénonciation de la récente manipulation du calendrier électoral », propose-t-il.

Le promoteur de la plateforme English Cameroon for a united Cameroon rappelle avoir écrit déjà en mars dernier à Antonio Guterres, sur la situation critique du Cameroun. Avec les multiples élections prévues, et qui pour lui devraient contribuer à décrisper les crises sociopolitiques et préparer le terrain d’un retour à la paix : « j’ai exprimé l’optimisme que ces élections pourraient accélérer la résolution du conflit dans l’ancien Southern Cameroons en produisant un gouvernement à l’esprit fédéraliste. J’ai exprimé mes inquiétudes quant au risque que le gouvernement de M. Biya manipule le calendrier électoral et recoure à la fraude et à l’intimidation pour maintenir son parti au pouvoir », relève-t-il.

La lettre actuelle est envoyée en copie à plusieurs dirigeants du monde comme Emmanuel Macron le président de la République française, Patricia Ecosse la Secrétaire générale du Commonwealth, Ursula Von Der Leyen la présidente de la Commission de l’Union européenne, Moussa Faki Mahamat le président de la Commission de l’Union africaine, Molly Phée le Secrétaire adjoint aux Affaires africaines au Département d’Etat américain.

Investissements: Parkings en silo, immeubles…les grandes ambitions immobilières du PAD

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Cyrus-Ngoo, le Dg du Port autonome de Douala

A l’image de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) qui prend des participations dans divers projets d’investissement, qui lui assurent des dividendes supplémentaires, le Port autonome de Douala (PAD) songe également à diversifier ses sources de revenus. Il y a un domaine qui l’intéresse particulièrement. Il s’agit du secteur de l’immobilier. C’est du moins l’aveu qu’a fait Jacques Yepmou, directeur délégué de la Régie du patrimoine immobilier (RPI) de cette place portuaire. C’était à Douala, les 11 et 12 juillet derniers, lors d’une rencontre avec la presse économique camerounaise.

Reprise du patrimoine de l’ex-Onpc pour le valoriser

L’ambition du PAD se décline sous deux principaux volets. Tout d’abord, il est impérieux, a souligné Jacques Yepmou, qu’il reprenne possession des actifs résiduels de l’Office national des ports du Cameroun (Onpc) qui d’après lui, sont essentiellement «des propriétés immobilières bâties». Ces derniers sont au centre d’une querelle judiciaire qui oppose le PAD au Cabinet Atou S.A, la structure commise à leur gestion et bien d’autres, depuis plus de 10 ans. Selon deux décrets du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) signés le 16 novembre 2021, qui transfèrent au Port autonome de Douala (PAD) lesdits actifs, ils sont constitués d’un terrain domanial sis à Douala Ve, au quartier Bepanda (cité du port) et de 23 titres fonciers. Cette décision, rappelle ce département ministériel, est conforme au décret présidentiel du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port autonome de Douala.

A en croire Jacques Yepmou, l’entreprise qui l’emploie est résolument engagée à mettre en valeur ces possessions, en procédant notamment à la réhabilitation de certaines bâtisses qui d’après lui, sont dans un état précaire. Elle pense également à les céder en mode partenariats public-privé à des prestataires qui sont résolument engagés à construire du neuf sur des terrains nus. Les potentiels investisseurs intéressés par ce patrimoine, se proposent également de raser les constructions existantes afin d’ériger de nouvelles, beaucoup plus modernes. «Ces bâtiments, les plus jeunes ont au moins 40 ans. Or il n’y a pas eu d’entretien. Celui qui gère (Cabinet Atou, ndlr) ces actifs résiduels, il ne modernise pas, il ne construit pas, il n’entretient pas. Tout cela est en décrépitude. Aujourd’hui il faut rebâtir complètement. Il y a tellement de partenaires qui sont capables de reprendre cela, détruire, construire du neuf, exploiter, nous verser quelques redevances et nous rétrocéder ça 25 ou 30 ans plus tard», a-t-il révélé.

Actuellement, de telles ambitions ne peuvent se concrétiser parce que le cabinet Atou a saisi la justice pour s’opposer au processus de mutation des titres fonciers engagés par le PAD après le décret présidentiel susmentionné. «Pour avoir accès à ces titres fonciers, nous avons demandé à la conservation foncière de procéder à leur mutation de l’ex Onpc pour le PAD. Le problème qui se pose est que le cabinet qui gérait ses actifs a saisi le juge de céans pour lui demander de faire une péréquation sur ces sites. Quand il y a une péréquation sur une propriété, vous ne pouvez pas la vendre ou la céder à quelqu’un sous la forme d’un bail emphytéotique», indique Jacques Yepmou, qui précise par ailleurs que la procédure est pendante devant la Cour Suprême.

De nouveaux investissements immobiliers

En attendant que cette juridiction ne rende sa décision, Le Port autonome de Douala pense d’ores et déjà à bâtir de nouvelles propriétés immobilières. Selon le top management, Elle a entamé des négociations pour acquérir un terrain nu situé à Tsinga, en face de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), dans le deuxième arrondissement de la ville de Yaoundé. Elle compte y bâtir un immeuble. «Nous sommes en train de faire des études. D’après le cabinet que nous avons engagé, ériger un bâtiment avec deux sous-sols, un rez-de-chaussée, R+10, le coût prévisionnel oscille entre 12 et 13 milliards de FCFA. Quant aux études, il faut compter au moins 700 millions de FCFA», a révélé le directeur de la Régie du patrimoine immobilier du PAD. Cette société songe également à bâtir des parkings en forme de silo ou aériens. « Nous sommes également en train de travailler sur un projet de construction de parkings en silo. Nous prévoyons de construire un rez-de-chaussée ou alors un centre commercial, 4 niveaux de parkings avec au-dessus, des bureaux, pour un coût d’investissement qui oscille entre 13 et 15 milliards de FCFA», indique Jacques Yepmou.

Insécurité : la voiture de Ndedy Eyango attaquée par des hors-la-loi

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Ndedy Eyango est-il en insécurité ? L’artiste musicien est-il visé par des hors-la-loi ? Rien n’est pour l’instant certain. Mais la voiture de l’homme a été attaquée par des individus armés non identifiés dans la journée du 16 juillet à Bonapriso, en plein cœur de la ville de Douala.

Le récit des faits est relaté par Ndedy Eyango lui-même :  » Hier (16 juillet 2024) à 22h30, à Bonapriso ( Douala), mon véhicule, dans lequel se trouvaient mon chauffeur et mon assistant, a été la cible d’une attaque par deux individus à moto. Ils ont délibérément causé un accident en percutant l’aile gauche du véhicule, les contraignant à s’arrêter« , commence-t-il. Les auteurs de  »l’accident » ne vont pas perdre du temps :  » Les assaillants, armés de longs couteaux, sont descendus de leurs motos et ont forcé avec violence la portière du chauffeur, lui exigeant de la débloquer. Le poignet a sauté, mais aucune portière n’a été ouverte. Ils ont ensuite tenté de casser la vitre« , poursuit-il. Les occupants du véhicule n’auront la vie sauve que grâce à l’intervention d’un passant:  » Par chance, un véhicule de passage a observé l’agression et a courageusement foncé sur les malfaiteurs, les obligeant à prendre la fuite« , conclut l’artiste.

Ndedy Eyango n’indique pas s’il a saisi la sécurité de l’Etat à la suite de cet incident. S’en remettant à Dieu et invitant à la plus grande vigilance.

Ndedy Eyango est un artiste musicien camerounais dont le talent a éclos au milieu des années quatre-vingt, sous le rythme Makossa. Après avoir explosé, le jeune homme originaire du Moungo s’est envolé pour les État-Unis d’Amérique d’où il a ajouté une corde à son arc, devenant producteur. Le père de « You must calculer » poursuit désormais, avec succès, les deux lièvres à la fois. Revenu au pays, l’homme s’est vu refermer les portes de la Societé civile de l’art musical (Socam) dont il voulait briguer la présidence. Au motif de la double nationalité. Lui qui est détenteur d’un passeport américain.

Bras de fer entre la Cobac et la caisse de dépôts et consignations

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La Commission Bancaire d’Afrique Centrale (Cobac) vient de donner sa position sur ce qu’on peut qualifier de «d’épreuve de force» entre la Caisse de dépôts et consignations (Cdec) et les établissements de crédits au Cameroun. En effet, le gouvernement avait donné un délai de six mois, soit jusqu’au 31 mai 2024 aux établissements de crédit et de micro finance pour transférer les fonds publics et les ressources oisives en leur possession à la Cdec. Mais, plusieurs résistent. Le régulateur du secteur bancaire de la Cemac a récemment demandé aux établissements de crédit de suspendre temporairement le transfert des avoirs en déshérence à la Caisse des dépôts. Le secrétaire général de la Cobac l’a fait savoir dans une correspondance adressée le 11 juillet dernier au directeur général de la Cdec, mais aussi aux associations des établissements de micro finance et des banques.

 Marcel Ondélé explique que cette démarche vise à clarifier la nature et à définir les modalités de conservation, de gestion, voire de restitution de ces avoirs avant toute action de transfert. Car, selon lui, il n’existe pas de cadre réglementaire communautaire qui définit les modalités de ces transferts. La Cobac, ajoutet-il, a engagé des travaux pour instituer un cadre réglementaire. Celui-ci va permettre de «préserver la stabilité financière dans la Cemac, de maîtriser les risques opérationnels liés à la conservation et la gestion de ces valeurs, ainsi que les risques de contentieux entre les institutions nationales, les institutions financières et les titulaires de ces avoirs ou leurs ayants droit», écrit Marcel Ondele.

 La sortie du secrétaire général de la Cobac ne semble pas préoccuper outre mesure, Richard Evina Obam. Pour toute réponse, le directeur général de la Caisse de dépôts et consignations s’est contenté de rappeler la légalité des actions menées par la Cdec depuis son opérationnalisation. Il a par ailleurs insisté sur le fait que ces dernières sont encadrées par des actes pris par l’Etat du Cameroun, en conformité avec les principes fondateurs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Pour finir, il a annoncé que les transferts des fonds oisifs détenus par les banques vers la Cdec vont se poursuivre. Pour marquer sa détermination, il a une fois de plus invité les établissements de crédit retardataires à se conformer à cette exigence.

De la résistance

Cette nouvelle interpellation de Richard Evina Obam arrive dans un contexte où plusieurs entreprises traînent à faire le transfert des fonds vers la Cdec. Le DG de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) dont les avoirs sont aussi concernés, avait fait savoir qu’il était difficile de se plier à cette exigence. Dans un courrier daté du 14 mai 2024, le DG Alain Noël Mekulu Mvondo s’adresse aux Directeurs généraux des banques. Il accuse la caisse de dépôts d’exercer des pressions sur les dépôts de la Cnps logés dans ces banques. Il ajoute que la démarche de la Cdec « s’effectue sous une forme loin de toute forme élémentaire, comme si les fonds de la Cnps appartiennent à la Cdec ». Pour le Directeur général de la Cnps, il faudrait au préalable, « une éventuelle collaboration financière entre la Cnps et la Cdec ». Ce qui devrait permettre de fixer les obligations des parties, les échéanciers etc…. Au 1er juillet 2024, seules quelques entreprises se sont conformées. Ce, malgré les mises en demeure adressées par le DG de la Cdec aux établissements financiers en juin dernier.

 Richard Evina Obam, indiquait que ces entreprises ont bénéficié de plus de 15 ans d’un moratoire et qu’il procéderait au recouvrement forcé si rien ne change. «Je voudrais rappeler que la Cdec a été créée en 2008 et les organes sociaux mis en place en 2023. Cela a conféré aux banques et autres acteurs, 15 ans d’un moratoire de fait. En plus, il y a un délai supplémentaire, car si l’on s’en tient au décret, c’est 6 mois après la nomination des dirigeants de la Cdec, donc c’est en juillet 2023 que cette exigence de transfert aurait dû entrer en vigueur.», avait-il écrit. Les avoirs oisifs dévolus à la Cdec sont estimés à environ 1500 milliards de FCFA au Cameroun et autour de 2500 milliards de FCFA en zone Cemac. Des montants jugés colossaux par plusieurs experts financiers qui favorisent un transfert progressif au risque de déséquilibrer le système financier sous-régional.

Panique : le préfet du Mfoundi veut chasser les opposants virulents de Yaoundé

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Emmanuel Mariel Djikdent ne veut plus d'opposants extrémistes à Yaoundé

Quelques jours après les menaces du ministre de l’Administration territoriale (Minat) à l’endroit des opposants, le préfet du Mfoundi vient de passer à l’offensive. « Est susceptible d’être frappé d’une interdiction de séjour dans le département du Mfoundi pour une durée déterminée, toute personne qui : appelle au soulèvement contre les institutions de la République ; qui outrage dangereusement les institutions ou celui qui les incarne (par tout moyen de communication suivi dans le département du Mfoundi ; qui entreprend des manœuvres pouvant entraîner des troubles graves à l’ordre public ». C’est la substance de l’arrêté signé ce 16 juillet par Emmanuel Mariel Djikdent, préfet du département du Mfoundi.

Un message qui survient au moment où la scène politique nationale est agitée par des secousses préélectorales. Dans un contexte marqué par l’imminence d’une très probable prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux. Une manœuvre du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, déjà acté par l’assemblée nationale. Et qui n’attend plus que la validation par le Conseil constitutionnel et enfin sa promulgation par le président de la République. Ce qui devrait compliquer la participation de Maurice Kamto et du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) à la prochaine élection présidentielle. Le parti du leader de fait de l’opposition ayant boycotté les dernières consultations, et ne dispose donc d’aucun élu. Même si des universitaires spécialistes du droit public, laissent croire que le chemin reste ouvert pour l’homme arrivé 2ème à la dernière consultation électorale en 2018. Et qui occupe la scène politique depuis lors.

Nintcheu, Kamto, Cabral,…

C’est que Maurice Kamto qui a mis en garde le régime de Yaoundé contre une prorogation du mandat des députés et des conseillers municipaux, ne s’est pas contenté d’assurer qu’il sera candidat sous la bannière de son parti, mais menace de perturber le pays si ses droits civils et politiques sont encore piétinés. Promettant même de mettre sa vie en gage pour la transition politique au Cameroun. Lui qui est déjà passé par la case prison en 2018, puis une assignation à résidence surveillée en 2020. Lui que le député Jean Michel Nintcheu a déjà brandi comme le candidat unique de l’opposition pour la prochaine présidence, sous la chapelle de l’Alliance politique pour le changement (APC), une coalition qui donne des insomnies à Paul Atanga Nji le Minat, qui a d’ores et déjà interdit les coalitions politiques au Cameroun.

Et ce sont justement les dernières sorties du Minat qui nourrissent les menaces de l’opposition. Outre Jean Michel Nintcheu et Maurice Kamto, Cabral Libi’i lui aussi n’est pas passé par quatre chemins pour opposer des menaces aux menaces du Minat qui tente de le déchoir de la présidence du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn), au profit de Robert Kona qui avait librement cédé le parti au candidat arrivé 3ème à la dernière présidentielle.

C’est donc une scène politique déjà en ébullition plus d’un ana avant la prochaine élection, qui met en transe le Minat. Lors de la dernière Conférence des gouverneurs, Paul Atanga Nji avait clairement menacé de représailles Maurice Kamto dont il a fait diffuser la dernière conférence de presse, avant de se lâcher dans un déchaînement verbale d’une rare violence. Garantissant à Maurice Kamto qu’« il va mourir seul », et puis « il n’est pas obligé d’attendre 2025» pour mourir. Lui proposant «les cordes » qui se trouvent dans les quincailleries.

Dans son arrêté, Emmanuel Mariel Djikdent exclut de son projet d’ostracisme les personnes en détention dans les maisons d’arrêt. En clair, les détenus politiques n’ont aucune possibilité de quitter les pénitenciers de la capitale.

Emile NDJELE NKONGO, directeur délégué adjoint de la RTC : «D’ici 2026, nous serons en mesure de traiter un trafic d’un million de conteneurs»

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Emile NDJELE NKONGO, directeur délégué adjoint de la RTC

En termes de délais de passage de marchandises et de traitement des conteneurs, quelles sont les performances ?

Contrairement à ce qui a été dit dans la dernière publication de la Banque mondiale qui a fait les choux gras de la presse, le terminal à conteneurs est performant. Les travaux qui ont été menés par le terminal à conteneurs dans son ensemble ont permis de réduire considérablement les délais au niveau du traitement des navires. Aujourd’hui, il n’y a plus d’attente en rade dû au terminal à conteneurs. C’est totalement nul. Le traitement des conteneurs, qui est l’indicateur clé d’évaluation d’un port, est aujourd’hui l’un des meilleurs sur la côte ouest africaine. Zéro temps d’attente en rade. Aucun ne peut dire, qu’un navire est arrivé à Douala, a dû attendre des jours, comme ça se faisait dans le passé, avant d’entrer au port de Douala. Au niveau du terminal à conteneurs, cette situation n’existe pas. C’est cet élément clé d’évaluation de performance qui a servi à l’ONG de la Banque mondiale pour établir sa compétitivité portuaire dans le monde entier. Sur cet élément, vous avez vu qu’il n’y a pas de navire en attente de bouée de base, ce qui contredit le classement qui a été établi. En ce qui concerne le temps de traitement des conteneurs, du chargement et du déchargement des camions, cela va de soi. Quand le navire se porte bien, la terre se porte également bien. C’est un ensemble qui se tient. Vous avez constaté un terminal aéré, sans camions en attente, même un vendredi où le volume de livraison est très élevé : plus de 3000 conteneurs en moyenne par semaine. De la même manière, nous recevons les conteneurs pour les exportations avec une grande fluidité. Ce facteur visuel, sans entrer dans les statistiques que nous publions, témoigne amplement de la fluidité des opérations au terminal à conteneurs du Port de Douala, contrairement à ce qui peut être entendu ailleurs. Vous voyez un tarmac totalement dégagé, mais si vous consultez les statistiques, le marché camerounais est largement approvisionné et il n’y a pas de rupture. Les marchandises entrent et sortent sans encombre. Ce sont les conséquences immédiates des travaux engagés par le PAD au niveau du terminal à conteneurs. Il existe des projets prévus, notamment pour prolonger le terminal.

Une entreprise a obtenu un prêt de Eximbank pour réaliser l’un de ces projets. Pourriez-vous nous fournir davantage d’éléments sur la conduite de ce projet ?

Je peux vous dire une chose : le port de Douala, en prenant le terminal à conteneurs en 2020, s’est engagé dans une modernisation du terminal. Le directeur général du PAD a annoncé l’extension du terminal à conteneurs. Un grand chantier va bientôt démarrer, pour lequel les protocoles d’accord ont déjà été signés avec les partenaires. Ce projet vise à prolonger de 250 mètres linéaires le quai additionnel, portant ainsi la capacité linéaire du terminal à conteneurs à un minimum de 1000 mètres. L’objectif est de positionner le terminal à conteneurs parmi les installations modernes. Il était difficile d’imaginer par le passé qu’un terminal à conteneurs puisse avoir une longueur de quai de 1000 mètres. Si vous parcourez les ports de la côte ouest africaine, vous constaterez que ce type de terminaux est rare. En plus de cette extension, nous disposerons d’environ huit hectares supplémentaires de surface. Trouver de telles surfaces n’est pas aisé, mais nous y parviendrons. De plus, avec le passage au tour RTG (Rubber-Tired Gantry) en mode de manutention moderne, la capacité de stockage et de traitement du terminal à conteneur augmentera considérablement, soit au moins de 50 %. D’ici à 2026, nous serons en mesure d’accueillir et de traiter aisément un trafic d’un million d’unités équivalentes vingt pieds (TEU). Pour une place portuaire comme Douala, nous anticipons déjà la dynamique économique de développement du Cameroun.

Vous avez présenté le système intégré le Navis N4. Comment fonctionne-t-il, est-il vraiment opérationnel et quel est son impact ?

 Le N4 n’est pas visible à l’œil nu. C’est un système intégré. C’est un peu comme l’intelligence artificielle qui se cache derrière toutes ces machines que vous voyez. Ces machines fonctionnent à travers ce système. Aujourd’hui, nous avons 32 000 conteneurs. Lorsqu’une personne vient les chercher, comment les repérer ? c’est comme des buchettes d’allumettes dans une boîte d’allumettes. Ces conteneurs se ressemblent, et comment les identifier et les livrer au moment où on le demande ? C’est cette intelligence artificielle qui accomplit ce travail. Le résultat en termes de performance dont je viens d’évoquer, est en partie dû à cet outil.

 Sur les conteneurs frigorifiques dont le sujet a défrayé la chronique avec l’un de vos importateurs de poisson, quelle solution avez-vous trouvée pour que le problème de congestion qui a fait qu’ils aient des poissons pourris soit résolu ?

 Aujourd’hui, il n’y a pas d’odeur de poissons pourris au terminal. Derrière nous, il y a des packs de conteneurs frigorifiques. Nous avons appelé tous les partenaires au respect scrupuleux des dispositions réglementaires. C’est cette raison qui a prévalu sur toutes les passions et les conséquences qui ont suivi. Les dispositions réglementaires voudraient que les produits halieutiques, très sensibles aux différents maillons de la chaîne du froid, soient enlevés immédiatement dès que le navire touche le terminal, afin de garantir le respect de la chaîne du froid. Ces conteneurs, qui proviennent parfois de très loin, notamment d’Amérique latine, conservent les produits pendant au moins deux mois. Vous pouvez imaginer la sensibilité de ce type de produit. C’est pourquoi l’État du Cameroun, par l’intermédiaire du ministère du Commerce, a mis en place une réglementation spécifique en 2015. Nous avons appelé tous les partenaires à travailler dans ce sens et à respecter cette réglementation. Le résultat que vous constatez aujourd’hui, notamment avec un terminal fluide, en est la preuve. En 2024, nous importons autant de conteneurs pour le même client qu’en 2023. Il n’y a pas de conséquences négatives, car nous avons encouragé les partenaires à agir de manière raisonnable et civique. C’est là notre stratégie, et elle n’est pas une invention du RTC. On sait que le Port de Douala approvisionne le Tchad et la République Centrafricaine (RCA).

Quelles sont les dispositions particulières prises au niveau du terminal à conteneurs pour ces deux pays et par rapport aux autres ports de la sous-région comment Douala évalue ses performances ?

 Le directeur général de la Régie du terminal à conteneurs, M. Dieudonné Onana Ndoh, est actuellement à N’Djamena pour répondre à l’invitation de ce pays frère et participer à un forum des chargeurs. Cette invitation a été lancée en reconnaissance du service rendu par le PAD (Port autonome de Douala). Il s’agit du premier forum organisé par ce pays pour les chargeurs, et le PAD a été convié en raison des efforts déployés pour faciliter les échanges commerciaux. Les résolutions issues des conférences tripartites, organisées tous les deux ans entre ces trois pays, sont également mises en œuvre. Ces mesures visent à garantir la fluidité des marchandises vers ces destinations. Nous continuons d’améliorer ce système d’année en année pour obtenir de meilleurs résultats.

Centre de documentation et des archives : 8000 mètres linéaires déjà traités au PAD

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Le centre d’archivage ultramoderne du PAD joue désormais un rôle important dans sa stratégie de préservation de la mémoire institutionnelle. Une infrastructure qui visiblement vise à rationaliser la gestion des documents, à faciliter leur accès et à garantir leur pérennité. Au cœur de ce nouveau bâtiment, un système d’archivage innovant a été mis en place. Une équipe de 43 archivistes et de documentalistes travaille sans relâche pour classer, indexer et numériser l’ensemble des documents produits par l’entreprise depuis sa création. Tous les documents qui concernent le port sont traités : « Notes, factures, les plans et tout ce qui est financier » énumère Martin Ismaël Fuda Owona, notre guide au sein de l’infrastructure. Lors de notre visite, nous avons pu suivre le circuit de traitement des documents, de leur arrivée au centre jusqu’à leur stockage définitif. Les archives, autrefois éparpillées dans différents services, sont désormais centralisées et organisées de manière méthodique. Chaque document est minutieusement examiné, classé et numérisé afin d’en assurer la conservation à long terme.

Dans la salle de stockage des archives, il existe plusieurs documents datant de 1946 jusqu’à aujourd’hui. « Notre objectif est de garantir la traçabilité de tous les documents produits par l’entreprise », a précisé Martin O. par ailleurs le développeur l’archivage numérique. « Grâce à ce nouveau système, nous pouvons retrouver n’importe quel document en quelques secondes, ce qui représente un gain de temps considérable pour nos collaborateurs. », poursuit-il. Depuis 2016, le Centre de documentation et des archives du Port autonome de Douala a déjà traité une capacité de 8000 mètres linéaires, ce qui correspond à moins d’un tiers de la contenance totale du centre, apprend-on. En plus des archives, le nouveau centre abrite une médiathèque richement dotée. Un temple où les employés peuvent y consulter des ouvrages spécialisés, des revues et des documents numériques pour approfondir leurs connaissances et améliorer leurs compétences. Des espaces de travail collaboratif sont également mis à leur disposition pour favoriser les échanges et le partage d’informations.

La numérisation des documents permet non seulement de gagner de la place, mais aussi de réduire l’impact environnemental en limitant l’utilisation du papier. Les archives numériques sont plus faciles à consulter et à partager, et elles sont moins vulnérables aux dégradations liées au temps et aux manipulations.  

Yaoundé : la Sofavinc en feu

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Des informations concordantes soutenues par des vidéos amateures diffusées sur les réseaux sociaux aux environs de 21h ce 15 juillet font état d’un incendie géant qui s’est déclenché dans les locaux de la Société de fabrication des vins du Cameroun (Sofavinc), sis au quartier Nsam, dans le 3ème arrondissement de la ville de Yaoundé.

L’origine de ce brasier n’est pas encore connue. L’immensité du feu fait redouter d’énormes dégâts pour cette entreprise vinicole appartenant au milliardaire Fokou Bernard et qui produit plusieurs vins consommés localement et dans la sous-région Afrique centrale dont le plus connu est Vinosol.

Ce drame survient à peine une semaine après une autre situation de feu dans le quartier voisin, Efoulan. Un camion citerne a pris feu aux environs de la Chefferie supérieure des Ewondo et a ravagé cinq maisons. Non loin du site où un autre camion citerne de la Société camerounaise de dépôts pétroliers avait pris feu un certain 14 février 1998, emportant des dizaines de vies humaines parmi les personnes qui puisaient du carburant qui se versait du véhicule, pour stocker dans leurs maisons.

Plus de détails dans les prochaines heures.

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