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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR PRIVÉ : Le Cameroun durcit les règles et suspend les nouvelles homologations

Réunie le 27 août 2026 à Yaoundé, la 32e session de la Commission nationale de l’enseignement supérieur privé (CNESP) a arrêté une série de mesures destinées à mieux encadrer les institutions privées d’enseignement supérieur. Suspension des nouvelles demandes d’homologation, délai de trois mois pour l’ouverture effective des formations, harmonisation des cycles universitaires et contrôle renforcé des établissements figurent parmi les principales résolutions adoptées.

Réunie le 27 août 2026 à Yaoundé, la 32e session de la Commission nationale de l’enseignement supérieur privé (CNESP) a arrêté une série de mesures destinées à mieux encadrer les institutions privées d’enseignement supérieur. Suspension des nouvelles demandes d’homologation, délai de trois mois pour l’ouverture effective des formations, harmonisation des cycles universitaires et contrôle renforcé des établissements figurent parmi les principales résolutions adoptées.

Le Cameroun resserre le dispositif de régulation de son enseignement supérieur privé. La Commission nationale de l’enseignement supérieur privé (CNESP) a décidé de surseoir à toute nouvelle demande d’homologation, dans l’attente de l’adoption des textes d’application nécessaires à l’encadrement du secteur. La décision figure parmi les principales résolutions de la 32e session de cette instance, tenue le 27 août 2026 au ministère de l’Enseignement supérieur, à Yaoundé.

Présidés par le Professeur Bikoi Félix Nicodème, les travaux ont réuni le représentant du Premier ministre, Chef du gouvernement, les membres statutaires de la Commission, les collaborateurs du ministre d’État, les invités spéciaux ainsi que les membres du Secrétariat technique.

Les échanges ont notamment porté sur le suivi des résolutions de la 31e session, tenue le 26 août 2025, les cas de dysfonctionnement dans les institutions privées d’enseignement supérieur (IPES), l’examen des dossiers de demande et les questions relatives à la tutelle académique.

COUP D’ARRÊT AUX NOUVELLES HOMOLOGATIONS

La mesure la plus significative concerne les demandes d’homologation. La CNESP a décidé de suspendre toute nouvelle procédure d’homologation, en attendant la mise en place du cadre réglementaire approprié.

Dans le même temps, un comité ad hoc devra être constitué. Il réunira notamment l’Inspection générale des services (IGS), l’Inspection générale des affaires administratives (IGA), la Direction des enseignements et du développement de l’enseignement supérieur (DDES), la Direction des affaires juridiques (DAJ), les recteurs des universités d’État ainsi que les promoteurs des IPES.

Cette structure aura pour mission d’encadrer les établissements déjà homologués et de formuler des propositions concrètes au ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo. L’objectif affiché est ainsi de clarifier la situation des établissements existants avant toute nouvelle extension du dispositif d’homologation.

TROIS MOIS POUR RENDRE LES FORMATIONS OPÉRATIONNELLES

La CNESP a également fixé un délai aux institutions privées d’enseignement supérieur ayant conclu une convention avec une université d’État. Désormais, les IPES disposent de trois mois après la signature de la convention avec l’université de tutelle et sa validation par le ministre d’État pour introduire une demande d’autorisation d’ouverture des formations concernées.

Passé ce délai, la convention sera considérée comme caduque. Cette disposition vise notamment à éviter que des conventions de tutelle restent sans suite pendant de longues périodes alors que les formations concernées ne sont pas effectivement engagées dans le processus d’autorisation.

La Commission a par ailleurs décidé de réactiver le cadre de concertation ANIPES-CONCU, créé le 21 septembre 2024, pour traiter les questions liées à la tutelle académique.

UN ÉTAT DES LIEUX GLOBAL DES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS

Sur le terrain de l’évaluation et de l’éthique, la 32e CNESP a demandé l’élaboration d’un tableau synoptique de la situation réelle et globale des institutions privées d’enseignement supérieur. Ce document devra être soumis à l’examen de la prochaine session de la Commission.

Il devra notamment permettre d’identifier les établissements dont le fonctionnement est conforme à la réglementation en vigueur. Une fois évalué par la CNESP et approuvé par le ministre d’État, ce tableau sera transmis aux différentes universités de tutelle.

Celles-ci devront à leur tour disposer d’une information claire sur la situation des établissements placés sous leur supervision, afin d’améliorer l’information des usagers. Cette mesure pourrait contribuer à une meilleure lisibilité de l’offre privée d’enseignement supérieur, dans un environnement où la multiplication des établissements et des formations rend nécessaire une information plus transparente sur leur statut réglementaire.

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LES SANCTIONS SOUS ADMINISTRATION SÉQUESTRE REQUALIFIÉES

La Commission a également décidé, dans le cadre de la mise en œuvre des résolutions de la 31e CNESP, de requalifier les sanctions de « mise sous administration séquestre » en « mise sous régie intéressée ». Cette évolution intervient dans le cadre du dispositif de suivi des établissements présentant des dysfonctionnements et traduit la volonté de la tutelle de préciser les modalités de prise en charge des institutions concernées.

La Commission a également demandé la saisine du ministre d’État par l’IGS, l’IGA et la DDES afin de travailler à l’harmonisation des cycles de formation au sein des universités d’État.

LE RAPPEL DES CONDITIONS D’ACCÈS À LA LICENCE PROFESSIONNELLE

Autre point important : la CNESP demande aux universités d’État de respecter strictement les prescriptions du communiqué radio-presse n° 2600397/MINESUP/SG/DDES/ESUP du 21 août 2026. Celui-ci précise que l’admission en licence professionnelle est conditionnée par l’obtention du BTS, du HND, du DEUG, du DUT ou d’un titre jugé équivalent.

Le rappel de cette exigence intervient alors que les autorités cherchent à harmoniser les conditions d’accès et les parcours de formation dans l’enseignement supérieur. Pour la CNESP, l’application uniforme de ces dispositions doit contribuer à davantage de cohérence dans les parcours académiques.

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VERS UN ASSAINISSEMENT DU SECTEUR

À travers les résolutions de cette 32e session, la Commission nationale de l’enseignement supérieur privé affiche une volonté de resserrer le contrôle institutionnel et académique du secteur privé. L’enjeu est à la fois réglementaire et académique : il s’agit de mieux distinguer les établissements conformes aux normes de ceux qui présentent des dysfonctionnements, de clarifier les responsabilités des universités de tutelle et d’éviter l’ouverture de nouvelles formations sans que les conditions réglementaires soient réunies.

La prochaine CNESP devra notamment examiner le tableau global de la situation des IPES et les propositions issues du comité ad hoc chargé d’encadrer les établissements déjà homologués.

Ces mesures interviennent dans un contexte de croissance continue de l’offre privée d’enseignement supérieur au Cameroun. Pour les pouvoirs publics, le défi est désormais de concilier l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur avec le maintien des exigences de qualité, de conformité réglementaire et de lisibilité des diplômes délivrés.

Par Jean Luc FASSI
Défis Actuels du 04/09/2026

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