Robert Bapooh Lipot : « Même en 15 ans, les députés du PCRN ne pourront jamais faire ce que Bapooh Lipot a réalisé»

L’homme qui continue de revendiquer le leadership de l’UPC parle des enjeux au sein du parti des Crabes, à l’aune d’un nouveau mouvement unitaire au sein du parti.

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Robert Bapooh lipot croit-il vraiment à l'unité de l'UPC?

Des voies s’élèvent pour appeler à une union des Upécistes, vous-même l’avez évoqué, comment l’entrevoyez-vous ?

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Tôt ou tard nous devons assumer totalement nos responsabilités devant l’histoire. D’où notre détermination à œuvrer pour qu’il n’y ait plus jamais un congrès aligné ou identifié à une tendance. C’est une réflexion d’ordre général.

M. Bapooh Lipot est-il disposé éventuellement à s’effacer pour laisser le secrétariat général à un autre ?

Vous savez, notre logique est qu’il faut susciter une dynamique d’ensemble. Et c’est au terme de cette dynamique d’ensemble que devant le grand collège de l’Union des populations du Cameroun, le destin des uns et des autres sera déterminé. Nous n’avons pas opéré un coup-d’état pour être à la tête de l’Upc. Certains parmi vous étaient au Palais des Congrès, lors du 6ème Congrès de l’UPC qui a eu lieu les 29 et 30 septembre 2012, occasion au cours de laquelle nous avons été portés à la tête de ce parti. Nous sommes un peu gênés de voir que le soleil qui a brillé en 2013 et qui a conduit au retour de l’UPC dans les institutions républicaines, sous notre conduite, à l’assemblée nationale et dans les mairies, et au sénat aujourd’hui, que ce soleil soit un peu assombri sur un angle ; mais nous travaillons pour que les upécistes retrouvent l’orgueil d’appartenir à ce grand parti qu’est l’UPC. Et si le destin décide autrement un jour, qui sommes-nous pour nous opposer au destin ? Nous croyons au destin, nous croyons au verdict des urnes. Mais mais notre devoir est que le verdict des urnes soit l’expression des militants et non un cercle de règlement de comptes. Voilà pourquoi nous travaillons à casser l’option des états-majors visant à prendre en otage l’Upc, et ramener ce parti à la base pour que dès la base pour que de la base, il y ait une dynamique, une puissance qui pourra expulser du corps de l’UPC toutes les options qui ne cadrent pas avec ses idéaux.

« Le MRC n’a pas gagné l’élection présidentielle de 2018 »

Vous semblez parler un peu comme les militants du Mrc?

Je ne parle pas comme les militants du MRC. Les élections présidentielles de 2018, comme cela a toujours été le cas, ont été organisées en toute transparence. Je sais de quoi je parle. Et pour revenir à cette aspérité que vous mettez en évidence, il faut être sincère avec les Camerounais. La sincérité voudrait qu’on reconnaisse ici qu’à l’instant T où je parle, il y a un seul parti qui est implanté sur toute l’étendue du territoire du Cameroun et qui est à même de remporter une élection présidentielle au Cameroun : c’est le Rdpc. Le reste c’est une vue de l’esprit. Je suis au regret de vous le dire. Le MRC n’a pas gagné l’élection présidentielle de 2018. Ça a été une stratégie qui visait un soulèvement populaire et la prise du pouvoir par la rue. Mais ça a n’a pas abouti et il faut se rendre à l’évidence que c’est du passé et aller de l’avant.

Mais au sein de l’UPC, vous ne reconnaissez pas les résultats des élections…

Maintenant, au sein de l’UPC, nous disons que l’UPC ne peut pas être un parti d’états-majors qui ont des calculs particuliers, qui ont un lien avec leur propre égo et leur propre ambition. Il faudrait donc que les dignitaires du parti vous aient accordé leur soutien. Et qui est dignitaire à l’UPC ? Ce sont les dirigeants du parti à la base ! Moi qui vous parle, s’il y a un congrès de l’UPC aujourd’hui, mon statut de secrétaire général de l’UPC ne me confère pas immédiatement le statut de délégué au congrès. Il faut que je rentre dans ma section, que le président du comité central me note et m’envoie à la section et que la section me présente comme délégué au Congrès. Voilà pourquoi ceux qui veulent contourner pour venir unir, veulent prendre le pouvoir par le sommet. Nous avons été portés à la tête de l’UPC par la base. Et nous croyons à la dynamique des sections.

« vous ne verrez plus jamais (le Pcrn) dans ce fief »

Que faites-vous pour reconquérir ne serait-ce que ce bastion occupé par le PCRN ?

Sillonnez aujourd’hui le Nyong et Kelle et la Sanaga maritime, vous allez voir que tout le monde est à l’œuvre pour le retour de l’Upc. Même en 15 ans, les députés du PCRN ne pourront jamais faire ce que Bapoo Lipopt a réalisé pour les populations. En un mandat j’ai construit 18 salles de classe. Vous m’avez vu avec une voiture neuve un jour ? Tout ce que j’ai eu et même au-delà, ce que j’avais comme moyens personnels, j’ai investi pour le bien-être des populations. On ne peut pas être leader politique si on n’a pas l’esprit sacrifice. Et particulièrement pour les zones comme le Nyong et Kelle comme la Sanaga maritime. Le leadership élitiste ne cadre pas avec le Nyong-et Kelle et la Sanaga maritime. Je puis donc vous dire que le vrai code de ce mandat que ce parti a eu dans notre fief a un petit nom, c’est « bye bye Lucky luke ». Ça veut dire que vous ne verrez plus jamais ce parti dans ce fief. ça a été une coïncidence malheureuse et le Nyong et Kelle et la Sanaga maritime, voire même tout le Cameroun, est upéciste. Vous-mêmes qui êtes devant moi, il n’y a aucun journaliste au Cameroun qui ne soit upéciste ; pas sur le plan parti politique, mais sur le plan Vision du Cameroun. D’où l’émergence d’un slogan, « le Cameroun c’est le Cameroun». Pourquoi ? Parce que quels que soient les enjeux, les Camerounais vont toujours s’entendre sur l’essentiel. Et cet essentiel c’est que nous sommes un et indivisible. Mais certains politiques non éclairés et qui ne connaissent pas la réalité de notre pays et qui se trouvent dans une certaine opposition, travaillent aujourd’hui pour diviser les Camerounais, sans véritablement les connaître. Qui peut dire l’appartenance ethnique de nos enfants ? Il y a une ethnie dehors maintenant qui est l’ethnie des sans ethnie, une famille du voisin qui ne connaît même pas nos manipulations politiciennes.
Propos recueillis par Ludovic Ngouéka

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