Rentrée scolaire : Le gouvernement met en garde les enseignants OTS

Une communication gouvernementale en perspective de la reprise des classes a mis un point d’honneur sur la crise qui a secoué l’année dernière.

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« Le temps n’est (…) pas au chantage, à une certaine surenchère de mauvais aloi, que certains veulent attiser, à travers de nouvelles revendications à la fois intempestives et inopportunes». Dans son mot liminaire à la conférence de presse conjointe des ministères en charge du secteur éducatif et de la gestion du territoire, René Emmanuel Sadi a tenu à interpeller les enseignants sur une éventuelle perturbation de la rentrée scolaire à venir. Faisant allusion à des bruits de menaces de reprise du mouvement On a trop souffert (OTS) qui a perturbé l’année scolaire précédente. Les enseignants en général, et particulièrement ceux du secondaire, avaient arrêté les cours pendants plus d’un mois, pour exiger l’amélioration de leurs conditions de travail. Faisant découvrir à l’opinion nationale et internationale leur misérable situation. Avec des enseignants exerçant pour le compte de l’Etat sans salaire pendant des décennies, des enseignants qui ont terminé leur carrière sans percevoir leurs rétribution, des salaires payés au compte-gouttes, des avancements et reclassements bloqués, des enseignants non logés, réhabilitation des enseignants suspendus en raison de leur absence de leurs postes d’affectation du fait des menaces terroristes dans les régions de l’Extrême nord, du Nord-ouest et du Sud-ouest),…  La dette globale que l’Etat devait à ceux qui sont à la base du développement de la Nation s’élevait à 181 milliards FCFA (frais de rappels, avancements, allocations familiales, et autres primes).

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Malgré les menaces et intimidations des autorités étatiques, ces milliers d’enseignants avaient tenu bon, imposant à leurs ministères d’origine et à la Fonction publique de se réveiller pour traiter des centaines de milliers de dossiers en quelques semaines. Mais les revendications des enseignants n’avaient pas intégralement été satisfaites. Du coup, les plus extrémistes qui n’avaient pas pu faire perdurer la grève, entendent relancer le mouvement à l’occasion de la rentrée scolaire. « Le gouvernement est parfaitement conscient de l’enjeu, et entend parachever  sous peu, les mesures individuelles résiduelles qui subsisteraient ici et là», a promis le ministre de la Communication (Mincom), porte-parole du gouvernement.

Garanties

A l’occasion, René Sadi a passé en revue les différents actes posés par le gouvernement, pour résoudre la crise. «Certes tout n’est pas encore parfait, et la satisfaction n’est pas encore totale à date, mais ce qui a été fait mérite d’être salué et apprécié à sa juste valeur », reconnaît-il. Mais « je puis donner l’assurance que le gouvernement continuera sur cette lancée, afin que plus que par le passé, la communauté éducative nationale bénéficie de toute la considération et les attentions qui lui sont dues, en sa qualité de levier stratégique de développement de la Nation », souligne-t-il. En ce qui concerne les enseignants des zones en crise sécuritaire, outre leur reprise en solde, le gouvernement annonce que « pour la nouvelle année, des dispositions particulières ont été prises, afin de  garantir le bon déroulement, non seulement de la rentrée, mais aussi de l’intégralité de l’année scolaire 2022-2023 ». Soulignant au passage que déjà, « le bilan de l’année scolaire 2021-2022 présente des résultats globalement satisfaisants, avec une amélioration appréciable des taux de réussite dans les principaux examens officiels ». Du coup, le porte-parole du gouvernement peut «appeler vivement au sens de responsabilité de citoyenneté et de patriotisme de tous les acteurs et parties prenantes à l’entreprise éducative nationale, pour créer et consolider de concert, les conditions les meilleures pour une rentrée scolaire sereine, à l’abri des perturbations, dans un milieu stable et propice à la transmission et à l’acquisition du savoir ».

En rappel, la rentrée scolaire 2022-2023 est prévue le 5 septembre prochain sur l’étendue du territoire national. Selon les chiffres donnés par le gouvernement au cours de la conférence de presse conjointe de ce 30 août 2022 qui a vu aux côtés des René Sadi, les présences de Laurent Serge Etoundi Ngoa de l’Education de base (Minedub), de Nalova Lyonga des Enseignements secondaires (Minesec) et de Christian Edoa Effa le Secrétaire général du ministère de l’administration territoriale (Minat), la carte scolaire 2022 présente dans le secteur du primaire, plus de 22 mille établissements scolaires dont plus de 14 mille du public et 8000 privés. Et dans le secondaire, en 2021, les chiffres parlent de 3273 établissements dont 2153 publics et 1120 privés. Au service de l’école publique, 90 845 enseignants au primaire et 93 773 au secondaire, au titre de l’exercice budgétaire 2022.

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