mercredi, mai 20, 2026
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Le Groupe BGFIBank dépasse l’objectif de 6000 milliards de total bilan au 1 er semestre 2025

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 A près de 7 milliards de FCFA, ce montant en hausse de 17% par rapport au 31 décembre 2024 vient renforcer la solidité du profil de la banque qui s’annonce sur le marché financier sous régional.

  C’est un profil encore plus aguerri que le groupe bancaire BGFIBank va proposer à ses potentiels investisseurs dans sa démarche de faire son introduction à la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC).  Les résultats de la holding au premier semestre 2025 sont en nette progression.  D’après les chiffres publiés au terme de son conseil d’administration tenu le 14 août 2025 dernier, un dynamisme croissant est enregistré sur l’ensemble de ses quatre métiers que sont, la Banque de financement des entreprises, la Banque commerciale, la Banque privée et gestion d’actifs et les services financiers et l’assurance.

Le groupe revendique une situation nette de 690 milliards de FCFA et une trésorerie nette à 1 300 milliards de FCFA, en croissance de 70% ainsi qu’un résultat net consolidé de 56 milliards de FCFA en hausse de 34% par rapport au résultat net réalisé à la même période en 2024. S’agissant des dépôts de la clientèle, ils ont atteint 4 269 milliards de FCFA. Soit une hausse de 10%.  Les crédits à la clientèle de la banque eux s’établissent à 3 434 milliards de FCFA, en légère augmentation par rapport à fin juin 2024.

Le produit net bancaire connait également une forte progression estimée à plus de 24% comparé au 30 juin 2024 avec 198 milliards de FCFA enregistrés. « Cette croissance est soutenue par une bonne performance de la marge nette d’intermédiation (+32% par rapport au 30 juin 2024) couplée à l’accélération des opérations de hors-bilan », commente la banque.

La holding annonce par ailleurs un total bilan de 6 957 milliards de FCFA, en hausse de 17% par rapport à fin juin 2024.  Un chiffre au-dessus de l’objectif de 6000 milliards projeté par la banque.  Pour BGFIBank, « Cette performance traduit la robustesse du modèle du Groupe et sa capacité à mobiliser ses expertises pour répondre aux besoins de ses clients dans un environnement compétitifFort de ces résultats, le Groupe BGFIBank réaffirme sa détermination à poursuivre son rôle dans le financement des économies africaines. Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la préparation de son futur Projet d’Entreprise 2026-2 030, qui fixera le cap stratégique pour les cinq prochaines années ».

Premier groupe bancaire dans la zone Cemac, BGFIBank consolide ainsi des résultats positifs d’années en années.  Entre 2019 et 2023, son produit net bancaire est passé de 175 milliards de FCFA à 302 milliards de FCFA tandis que le bénéfice net a progressé de 20,5 milliards de FCFA à 95,8 milliards de FCFA. Des données décisives pour les potentiels investisseurs au moment où le groupe envisage d’ouvrir 10% de son capital à la BVMAC. L’opération initialement prévue en juillet 2025 est désormais suspendue du fait d’un recours en justice initié par un groupe d’actionnaires qui émettent des réserves sur l’opportunité d’une introduction en bourse. Notamment avec la nomination du PDG du groupe au poste de ministre des Finances au Gabon.

 Verbatim

 Henri Claude OYIMA, PDG BGFIBank

 « Nous reprendrons le cours normal de l’introduction en bourse »

« L’affaire a été portée devant le tribunal. Mais pour nous, ce n’en est pas un. Nous sommes parfaitement sereins, car nous disposons de tous les éléments pour démontrer que la procédure s’est déroulée dans les règles. Pour être transparent, le 25 juin 2025, nous avons tenu une assemblée générale extraordinaire avec trois points à l’ordre du jour : l’arrêté des comptes sociaux et consolidés de l’exercice 2024, la séparation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général que je cumulais, et enfin, l’introduction en bourse de notre maison mère, BGFI Holding Corporation. Cette décision ne date pas d’hier ; elle a été actée dès 2019. La pandémie de Covid-19 en 2020 avait simplement contraint le conseil à suspendre temporairement le projet. En 2025, le dossier a été réactivé, et je me réjouis de l’accueil très favorable du marché. Cette opération nécessitait plusieurs ajustements statutaires, notamment une révision de la gouvernance et une augmentation de capital. Or, certains actionnaires présents en salle ont, après coup, remis en cause la comptabilisation de leurs votes.

Je rappelle qu’une assemblée générale se tient selon un cadre strict : un bureau composé de scrutateurs, de commissaires aux comptes, et tout est filmé. Nous avons les enregistrements ; nous savons qui a voté, et comment. Pour nous, il n’y a pas de sujet. Ce que nous voyons aujourd’hui relève davantage de la gesticulation. Tout cela sera évacué rapidement, et nous reprendrons le cours normal de l’introduction en bourse. Je le répète : je suis totalement serein car cette opération se fera. »

Inclusion Financière : Comment bancariser les exclus du système financier

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Le 14 août 2025, la ville de Kribi dans le département de l’Océan, région du Sud, a servi de point de départ à une initiative qui place les zones rurales et les couches sociales vulnérables au cœur des priorités publiques. La première édition de la Caravane de l’Inclusion Financière et de la Protection des Consommateurs des Services Financiers a réuni autorités, établissements bancaires, acteurs de la microfinance et élus locaux, autour d’un même objectif, celui d’amener les services financiers là où ils n’existent pas encore, ou pas encore suffisamment développés.

« Pour que les marchés financiers soient sains et servent véritablement les intérêts des consommateurs que nous sommes, des institutions de contrôle et de régulation robustes sont indispensables. (…) Ensemble, bâtissons un système qui protège, inclut et fait grandir », a déclaré le maire de Kribi, Guy Emmanuel Sabikanda, appelant à une finance éthique et inclusive. Dans son discours officiel, le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye, qui présidait la cérémonie, a souligné que cette caravane constitue « un véritable plan d’action, une feuille de route ambitieuse qui nous invite à repenser nos approches, innover constamment et nous adapter aux réalités de nos populations ».

Il a rappelé l’existence d’un arsenal réglementaire déjà mis en place par les autorités monétaires et régionales – Cobac, Cima, Orac ou encore Cosumaf – pour protéger les consommateurs et diversifier les produits financiers. Mais, a-t-il reconnu, « force est de constater qu’il manque aujourd’hui une plateforme unique de mutualisation, de communication et d’échange ». La caravane vise précisément à combler ce vide, en offrant un espace de dialogue pour transformer les textes en « véritables leviers de développement ».

LES BANQUES MOBILISÉES POUR LE SECTEUR AGRICOLE

L’un des volets les plus marquants de ce lancement a été la place réservée au financement agricole dans les deux panels de discussion organisés pour la circonstance. Dans un pays où une grande partie de la population vit de l’agriculture, faciliter l’accès des producteurs aux services financiers revient à bancariser massivement les Camerounais. La Régionale Bank l’a bien compris. Lors du lancement, l’établissement de crédit qui possède un guichet agricole, a détaillé sa stratégie qui ne se limite pas « à une simple bancarisation des producteurs. Il s’agit d’un accompagnement global », a expliqué un responsable de la banque, citant l’application mobile Ananas Money, un service de digital banking.

L’Union des mutuelles financières de développement (Mufid Union) a flairé le filon de l’or blanc. « Pour nous, le coton est la filière la plus sûre au Cameroun en termes de remboursement des prêts, car elle est bien organisée. On sait quand on produit et on sait quand les cotonniers sont payés », a expliqué Jean Baptiste Djomako, directeur général de Mufid Union, lors d’un atelier tenu après la cérémonie officielle.

Le dispositif mis en place permet même aux producteurs d’ouvrir des comptes, sur lesquels leurs remboursements sont directement prélevés dès le versement de la récolte. « La MUFID leur a permis de créer des comptes. Ainsi, quand leur argent est payé par la Sodecoton, les remboursements sont prélevés automatiquement selon les conventions de prêt », a détaillé M. Djomako. Une méthode qui sécurise les crédits et favorise l’adhésion des producteurs au système bancaire formel.

 Malgré les efforts des banques et institutions de microfinance, la question de l’accessibilité et de la compréhension des conditions de prêt reste un défi majeur. Lors des échanges, les responsables de coopératives, GIC et jeunes entrepreneurs de Kribi et ses environs ont exprimé leurs difficultés à obtenir des financements. « Comment obtenir un crédit ? Comment financer nos projets ? » Ces interrogations, récurrentes lors des discussions, montrent que la vulgarisation des mécanismes bancaires est encore insuffisante, y compris dans une ville comme Kribi Le parcours de la caravane prévoit des étapes dans l’Est et le Sud-Ouest avant un grand forum de clôture en septembre à Yaoundé.

Yaoundé-Kribi : la route où l’on compte les trous et les milliards perdus

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Départ de Yaoundé en fin d’après-midi, à 16h30 précises, depuis la gare routière de Mvan. A l’agence de voyages Transcam, « VIP complet », m’annonce-t-on au guichet. Je me rabats donc sur un bus standard, direction la côte. L’option la plus courte – passer par Ebolowa et Akom 2 – est vite écartée. La route promise en 2011 par le président Paul Biya lors du Comice agropastoral d’Ebolowa n’a toujours pas vu le jour. Ce détour s’avérerait impraticable. Reste donc la Nationale 3 jusqu’à Édéa, puis la Nationale 7 vers Kribi. À l’intérieur, les passagers prennent place avec leurs sacs, vivres, et casques audio vissés sur les oreilles. Les discussions se font discrètes. Peut-être savent-ils déjà ce qui nous attend.

Sortir de Yaoundé ne prend pas longtemps. Mais rapidement, la route se transforme. Le tronçon Yaoundé-Édéa, qui fait partie de l’axe vital reliant la capitale politique à Douala, n’a plus rien de la vitrine qu’un pays en route vers l’« émergence » aimerait montrer. « Champ de mines », l’expression me traverse l’esprit à chaque cahot. Les nids de poule, profonds et alignés comme les impacts d’un bombardement, obligent le conducteur à ralentir ou à slalomer. Parfois, l’évitement est impossible. Le bus s’engouffre dans un trou puis, un autre, et encore un autre, dans une sorte de valse rythmée, ou le partenaire est le dossier d’un siège auquel s’agrippe fortement chaque passager.

Plus de deux heures plus tard, halte à Pouma, dans la Sanaga-Maritime. L’aire de repos et ses échoppes neuves, offrent toilettes, brochettes, grillades, alcools et boissons chaudes, sous un ciel qui nous arrose de fines goutes de pluie. C’est ici que la route se rappelle qu’elle est aussi un lieu de théâtre. En effet, plus loin, un incident inattendu nous cloue sur place. Un automobiliste bloque la circulation, garé en travers de la route, accusant un camion de lui avoir endommagé son véhicule. Il refuse de bouger tant qu’un constat n’est pas établi. Au téléphone, il réclame la venue d’un tiers pour « assister » la scène. Les phares des véhicules forment un théâtre improvisé dans ce coin perdu, jusqu’à ce qu’il se décide, enfin, à libérer la voie. Résultat, il est déjà plus de 22h quand nous atteignons Édéa. Le plus dur est pourtant à venir.

LA NATIONALE 7 : DU NID DE POULE AU CRATÈRE

Le tronçon Édéa-Kribi – 110,05 km officiellement – est une expérience en soi. Ici, le mot « nid de poule » ne suffit plus. Il s’agit de véritables cratères, capables de faire tanguer un autocar de plus quarante places comme une chaloupe sur une mère agitée. Parfois, le conducteur marque un temps d’arrêt, observant l’obstacle comme un joueur d’échecs jauge une position difficile. Quand il se décide à passer, l’inclinaison du bus est telle que les passagers sursautent, agrippant leur siège.

À l’arrière, un groupe d’Ivoiriens, embarqués à Yaoundé, commente bruyamment la situation. « C’est ça la route pour une ville touristique ? » lance l’un. Son voisin renchérit, puis tous deux se rabattent sur leur dialecte, ponctué de rires sonores, en découvrant que certains les écoutent. Peut-être un réflexe de prudence.

 A Nomayos, un contrôle mixte police-gendarmerie avait tenté de leur soutirer quelques billets, malgré des papiers en règle. Ont-ils cédé ? Mystère, mais l’un d’eux pestait encore : « Quel type de gendarme on met comme ça en route ! » Ils descendent avant Kribi, à environ 35 kilomètres. Le bus poursuit son avancée au ralenti. Minuit quarante-cinq : nous arrivons enfin.

 UN AXE STRATÉGIQUE EN LAMBEAUX  

Cette route n’est pas seulement l’accès privilégié aux plages et aux hôtels de Kribi, c’est un corridor économique vital. Le port autonome de Kribi, devenu un hub régional, dépend largement de cet axe pour l’acheminement des marchandises. Pourtant, son état est un frein majeur à la fluidité et à la sécurité du trafic. Conscients de la situation, les pouvoirs publics ont multiplié les interventions d’urgence. En septembre 2024, le ministère des Travaux publics a attribué à l’entreprise camerounaise Somaf un marché de 3,5 milliards de FCFA pour traiter en urgence les points critiques de la Nationale 7. « Dès vendredi 13 septembre, il faudra attaquer avec la grave concassée 0/31,5 compacté », a prescrit le Mintp.

Objectif, rendre la circulation praticable en attendant la réhabilitation complète. Ce n’était pas la première fois. En janvier 2022, l’entreprise française Razel avait déjà mené un chantier d’entretien sur 105 km pour près de 2 milliards de FCFA. En deux ans, l’État aura dépensé environ 5,2 milliards pour maintenir cette route en vie. Une rustine sur un pneu usé jusqu’à la corde.

LE GRAND CHANTIER EN ATTENTE

Pourtant, un projet de réhabilitation est bel et bien sur les rails… du moins sur le papier. Le 24 février 2025, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a lancé un appel d’offres international pour sélectionner les entreprises qui reconstruiront la route. Les offres devaient être déposées au plus tard le 30 avril 2025. Pas d’envoi électronique : les candidats doivent déposer physiquement leur dossier, accompagné d’une garantie d’un milliard de FCFA pour le lot 1 (Carrefour Édéa/Kribi – Pont de Bivouba, 57 km) ou de 1,35 milliard pour le lot 2 (Pont de Bivouba – Kribi, 53,05 km, incluant un échangeur au carrefour de l’autoroute Kribi-Lolabé). Les critères sont stricts. Expérience avérée dans les chaussées au Béton bitumineux à module élevé (BBME) avec géogrilles de renforcement, capacité technique à recycler et réutiliser les couches existantes. Chaque lot doit être exécuté en 24 mois.

UN PROJET AUX FINANCEMENTS FRACTIONNÉS

 La réhabilitation de l’axe Édéa-Kribi s’inscrit dans le cadre du projet d’aménagement des routes de désenclavement de la zone industrielle et portuaire de Kribi (Parzik). Coût global : 141,27 milliards de FCFA (215,69 millions d’euros). Déjà, une première tranche de 114 millions d’euros (74,7 milliards de FCFA) est acquise.

La seconde, environ 26 milliards de FCFA (39,629 millions d’euros), attend encore d’être décaissée. Le 14 janvier 2025, le président Paul Biya a signé un décret autorisant le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à signer un accord de prêt avec la Banque africaine de développement (BAD) pour cette tranche, approuvée par le Conseil d’administration de la BAD… depuis le 22 juin 2022. Quatre ans après l’annonce du projet, la patience reste de mise. Le Programme d’investissement prioritaire 2024 mentionne un démarrage en 2023, mais le chantier n’a toujours pas commencé.

 LE RETOUR : MÊME COMBAT

Après deux jours à Kribi pour suivre la caravane du Minfi, il est temps de rentrer. Cette fois, un bus affrété spécialement nous ramène. L’ambiance est plus animée. Discussions, éclats de rire, partages de photos. Mais la route, elle, reste la même. Les files interminables de camions près de la station de pesage, les ralentissements forcés, les cratères évités de justesse… autant d’obstacles qui retardent notre arrivée à Yaoundé à plus d’une heure du matin, pour un départ peu après 19h. Ce voyage, au-delà des kilomètres avalés, est un condensé des contradictions camerounaises.

Des ambitions de hub maritime et touristique, un port moderne flambant neuf, mais desservi par une route qui oblige les autocars à « réfléchir » avant chaque trou. En attendant les 141 milliards de FCFA promis pour la réhabilitation, l’État colmate à coups de milliards chaque saison des pluies. Au fond, cette route raconte une histoire que connaissent bien les voyageurs d’Afrique centrale, celle d’infrastructures essentielles, usées avant même d’être remplacées, et dont la réparation tarde, faute d’un alignement parfait entre financement, procédures et volonté politique.

Rupture : Léon Theiller Onana démissionne du Rdpc

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Léon Theiller Onana et le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), c’est fini. «…Aujourd’hui, devant l’histoire, notre conscience collective, je démissionne du Rdpc avec effet immédiat », a annoncé le conseiller municipal de la commune de Monatélé, ce jour depuis la France. « Pendant longtemps j’ai cru à tort qu’il était possible de changer les choses de l’intérieur. J’ai servi le Rdpc, arpentant nos villes et campagnes, j’ai vu la sueur des paysans qui nourrissent la nation. J’ai vu les mains tailleuses des artisans abandonnés, le courage des mères qui accouchent parfois sous la lampe tempête, j’ai vu l’audace de notre jeunesse, j’ai vu un peuple debout, mais un Etat à genoux, un Etat absent. J’ai réclamé la jeunesse, le renouveau, l’alternance ; on m’a répondu par le mépris, par la manipulation et par la peur. Face  l’inertie, nous avons proposé la normalité républicaine par les voies judiciaires. La justice, hélas ! est devenue un instrument entre les mains du pouvoir, et les institutions, ses complices», dénonce-t-il.

La démission de Léon Theiller Onana fait suite au rejet de sa candidature à l’élection présidentielle du 12 août 2025. L’élu local du parti au pouvoir avait déposé sa candidature en dénonçant la légitimité de Paul Biya, investi par le comité central du parti, au motif que le congrès devant renouveler cette légitimité du président, « candidat naturel » du parti à l’élection présidentielle, ne s’est pas réuni depuis 2011. L’homme qui avait déjà attaqué son parti en justice, avait dénié à Jean Nkuété le secrétaire général, la qualité de représenter le parti devant la justice. Et devant le conseil constitutionnel, Léon Theiller Onana a essayé en vain d’invalider la candidature de Paul Biya à cette élection.

Ici la vidéo de la démission

Par ailleurs, l’homme récusait l’âge de Paul Biya (92 ans), pour être encore reconduit à la tête du pays. « Je refuse cette mascarade parce que je suis du côté du peuple», déclare-t-il. « Cette décision est un acte de foi, un acte de foi en notre peuple dans sa capacité et sa dignité à forger son propre destin. C’est la fidélité à l’héritage de ceux qui ont tout sacrifié pour notre liberté», a-t-il martelé. Evoquant le souvenir des martyrs camerounais et africains, notamment Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Nelson Mandela, qui ont donné de leurs vies, pour une Afrique libre et unie. « N’avons-nous pas trahi leurs combats ?», se demande-t-il. Pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain, Léon Theiller Onana appelle les 11 concurrents de Paul Biya à faire front commun : «respectueusement j’appelle les 11 candidats retenus à s’unir. Il n’y a pas trois options, il n’y en a que deux : soit vous vous coalisez pour un candidat unique de l’opposition qui incarnera les aspirations du peuple, soit vous vous retirez collectivement de cette mascarade dont l’issue évidente est la proclamation de la victoire de Paul Biya». Pour le nouvel opposant, « l’une ou l’autre option est à même de rendre justice au peuple camerounais. Toute autre attitude ne servira qu’à cautionner la forfaiture qui se prépare au grand jour». Lui, dit se tenir désormais du côté du peuple.

Extrême-Nord: 11 personnes enlevées par des hommes armés à Waza

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This image taken from video released late Friday evening, Oct. 31, 2014, by Boko Haram, Abubakar Shekau, centre, the leader of Nigeria's Islamic extremist group denies agreeing to any cease-fire with the government and says more than 200 kidnapped schoolgirls all have converted to Islam and been married off. In the new video released late Friday night, Abubakar Shekau dashed hopes for a prisoner exchange to get the girls released. "The issue of the girls is long forgotten because I have long ago married them off," he said, laughing. "In this war, there is no going back," he said in the video received by The Associated Press in the same way as previous messages. (AP Photo/Boko Haram)/LON801/726736296905/1411011337

Depuis le 13 août dernier, plusieurs familles sont sans nouvelles des leurs. En effet, 11 personnes ont été enlevées sur la route nationale N°1, alors qu’elles voyageaient à travers un bus de la compagnie de transport Touristique Express. Des hommes armés ont profité du mauvais état de la route entre Maroua et Kousséri, dans la région de l’Extrême-Nord, pour imposer un arrêt du véhicule, avant d’en prendre le contrôle. C’était dans la localité de Zigague, dans la soirée du 12 août.

Selon des informations glanées auprès de sources dans l’Extrême-Nord, les hors-la-loi qui ont fait descendre tous les passagers du véhicule, les ont dans un premier temps emmenés tous dans une destination inconnue, avant de relâcher les femmes; pour ne garder que les hommes, au nombre de 11. Depuis lors, l’on n’a aucune novelle de ces derniers. Si le chauffeur a été libéré, ses biens lui ont été retires. On apprend par ailleurs que les ravisseurs ont confisqués les documents personnels dudit chauffeur qui s’appellerait Modibbo, et ont enregistré son numéro de téléphone.

Si aucune revendication n’a encore été faite, beaucoup soupçonnent la secte terroriste Boko Haram d’être l’auteure de cet enlèvement.

Cameroun-France : Confessions inachevées de Macron

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Dans un courrier adressé à son homologue Camerounais, Emmanuel Macron, président français, a reconnu officiellement que la France a mené une guerre au Cameroun contre les indépendantistes, entre 1945 et 1971. Avouant que « les autorités coloniales et l’armée française ont exercé des violences répressives de nature multiple au Cameroun ». Dans « une guerre qui s’est poursuivie au-delà de 1960, année de l’Indépendance, avec l’appui de la France aux actions menées par les autorités camerounaises indépendantes ». Parlant de l’Union des populations du Cameroun (UPC). Dans son courrier, Emmanuel Macron reconnaît avoir fait usage de méthodes jadis appliquées en Algérie et en Indochine : « recours à la torture, ratissages massifs, arrestations préventives, rafles, déplacements de populations… », écrit Emmanuel Macron. Et d’ailleurs le Haut-Commissaire Pierre Mesmer, arrivé en 1957 sortait tout droit d’Algérie.

Cérémonie de remise du rapport de la commission mixte au président français. (Ph. RFI)

Plus important, la France a reconnu également la responsabilité de la France dans la mort de quatre leaders indépendantistes camerounais : Ruben Um Nyobè, Paul Momo, Isaac Nyobè Pandjock et Jérémie Ndéléné. « Les travaux de la Commission se sont penchés sur certains épisodes spécifiques de cette guerre, d’opérations militaires menées sous commandement français des quatre leaders indépendantistes Isaac Nyobè Pandjock (17 juin 1958), Ruben Um Nyobè (13 septembre 1958), Paul Momo (17 novembre 1960) et Jérémie Ndéléné (24 novembre 1960). Il me revient d’assumer aujourd’hui le rôle et la responsabilité de la France dans ces événements ».

William Bechtel, Félix Moumié,Ernest Ouandié,…

Emmanuel Macron n’est pas clair sur les cas de deux poids lourds du « parti historique » : Félix Roland Moumié (premier président de l’UPC) assassiné à Genève le 3 novembre 1960 par empoisonnement au thallium et Ernest Ouandié (vice-président de l’UPC), dernier leader upéciste fusillade le 15 janvier 1971 à Bafoussam. Pour le premier cas, des sources historiques accusent William Bechtel, agent des services secrets français d’en être l’auteur. Le second a été fusillé alors que le Cameroun avait acquis son indépendance : Ahmadou Ahidjo.

Emmanuel Macron s’appuie sur le rapport de la commission mixte mise sur pied en 2023 conjointement avec Paul Biya du Cameroun, pour faire la lumière sur la période trouble qui a marqué la lutte indépendantiste au Cameroun. Rapport dont la rédaction a été coprésidée par l’historienne française Karine Ramondy et l’artiste camerounais Blick Bassy. Ce rapport remis le 29 janvier 2025 au président Macron et quelques jours plus tard à Paul Biya, est diversement apprécié : des voix s’élèvent au Cameroun pour dénoncer des insuffisances ; comme le génocide perpétré en pays Bamiléké et Bassa. Mais la France qui a financé les recherches et la rédaction duit rapport, s’en félicite. Cependant, Emmanuel Macron reste muet sur d’éventuelles réparations. Chose qu’exige le Cameroun officieux. Un pas est certainement fait, mais du chemin reste à faire.

Au premier rang, les leaders de l’UPC tués lors de la lutte d’indépendance: Abel Kingué (vice-président), Ruben Um Nyobè (SG), Félix Moumié (président) et Ernest Ouandié (vice-président). (Ph. TV5)

Jadis protectorat allemand, le Kamerun a été cédé à la Société des Nations (SDN) pour en assurer le mandat, puis à l’Organisation des Nations unies (ONU) pour en assurer la tutelle. La France et la Grande-Bretagne ont assuré la gestion de ce territoire divisé à parti du fleuve Moungo, avec la France à l’est et la Grande-Bretagne l’Ouest. De son côté, la France a tenté d’assimiler le territoire à une colonie.

Commerce International : le Guichet unique de 3ème génération face au défi de la cybersécurité

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Le commerce international et l’import-export spécifiquement reposent aujourd’hui sur des infrastructures et des processus hautement digitalisés. Si cette évolution permet une plus grande rapidité et une meilleure traçabilité des échanges, elle expose aussi les entreprises à des menaces cybernétiques de plus en plus sophistiquées.

La dématérialisation des procédures au Guichet unique du Commerce extérieur du Cameroun (GUCE) a permis la mise en place d’une infrastructure digitale de haute qualité. Celle-ci facilite les opérations sur la place portuaire certes, elle ne met pas pour autant les entreprises à l’abri des menaces cybernétiques.

La digitalisation, les applications numériques ainsi que les évolutions technologiques y relatives ont permis au cours des dernières décennies une plus grande rapidité et une meilleure traçabilité des échanges. Dans un contexte où les flux d’informations sont essentiels au bon fonctionnement des opérations, la cybersécurité devient un enjeu stratégique incontournable.

Le Guichet unique de 3ème génération est une réponse à cette menace. Les entreprises et les acteurs du commerce international manipulent quotidiennement des données hautement sensibles et vitales pour leurs activités. Il s’agit notamment des informations financières, les contrats, les fichiers clients et fournisseurs ou encore des informations commerciales. Il y a donc lieu de garantir la protection de ces informations hautement sensibles.

Toute fuite ou vol de ces données pouvant avoir des conséquences désastreuses sur la compétitivité et nuire gravement à la réputation des entreprises victimes de cybercriminalité. De même, se prémunir contre les fraudes bancaires et les piratages de comptes devient une nécessité pour éviter des pertes financières, étant donné que les transactions internationales impliquent souvent des montants considérables et des échanges complexes.

 Au-delà des transactions, la fiabilité des documents commerciaux est un autre enjeu clé. Factures, connaissements, certificats d’origine sont autant de pièces cruciales dans le commerce international. Toute altération ou falsification de ces documents peut entraîner des litiges et compromettre la confiance entre les parties prenantes. Assurer leur authenticité et leur intégrité est indispensable pour sécuriser les opérations et prévenir la fraude. Mais au-delà des informations échangées, c’est l’ensemble des infrastructures qui doivent être sécurisées. Ports, aéroports, plateformes logistiques, systèmes de communication : tous ces éléments constituent des points névralgiques du commerce mondial. Toute attaque visant ces infrastructures peut provoquer des perturbations majeures et ralentir l’ensemble de la chaîne logistique.

Face à ces défis, la gestion proactive des risques devient essentielle. Il ne suffit plus d’attendre une attaque pour réagir, mais bien d’anticiper les menaces, d’évaluer les vulnérabilités et de mettre en place des mesures de protection adaptées. Parmi les risques les plus courants, on retrouve entre autres la fraude documentaire qui consiste à falsifier des documents pour détourner des marchandises ou des fonds ; le piratage de données avec des cybercriminels cherchant à voler des informations sensibles pour de l’espionnage industriel ou du chantage ; le phishing sous forme d’e-mails frauduleux usurpant l’identité de partenaires commerciaux ou d’organismes officiels pour soutirer des informations confidentielles.

Dans un environnement où la digitalisation est devenue la norme, la cybersécurité n’est plus une option, mais une nécessité absolue. La mise en œuvre du Guichet unique de 3ème génération représente un saut technologique dans l’amélioration du service du GUCE et la sécurité des opérations. La technologie moderne mise en œuvre garantit une constante mise à jour afin d’améliorer la performance de sécurité. Des mesures de sécurité elles-mêmes renforcées par l’utilisation de protocoles sécurisés et l’intégration de modules d’authentification et de certification des données.

Programme C2D : Plus de 600 000 habitants protégés contre les inondations à Douala

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« Lorsqu’il pleuvait, le quartier était régulièrement confronté à des inondations. On fuyait ce quartier, on ne voyait plus que les toitures, les maisons étaient complètement submergées. Je dis merci, parce que ce drain nous a vraiment sauvés », raconte Michel Tchamaleu, habitant du lieu-dit Sic Cacao, un quartier populaire situé dans le 5e arrondissement de Douala. Malgré ses 70 ans révolus, sa mémoire reste marquée par les images d’un passé où, à chaque saison des pluies dans la capitale économique, les habitants vivaient littéralement les pieds dans l’eau dans ce quartier. « On était comme des poissons, comme des animaux aquatiques. On souffrait énormément ici. Depuis la mise en place de ces grands travaux, les constructions ont explosé dans le quartier.

Les gens construisent, parce qu’avant, dès qu’il pleuvait un peu, il fallait fuir, aller se réfugier ailleurs. », poursuit le septuagénaire. Pour lui, la différence est spectaculaire. Certes, il reconnaît que la construction du drain a suscité quelques critiques, « c’est vrai que ça n’a pas été creusé en profondeur », mais les effets positifs l’emportent largement. « Quand il pleut beaucoup, l’eau traverse par ce pont-là. Il y a encore un peu d’eau, mais rien à voir avec ce qu’on vivait avant. » Robert, un autre riverain, se souvient lui aussi des années noires. « Il y a quelques années, quand j’étais encore tout petit, une grosse pluie avait vraiment frappé la population ici. Beaucoup de maisons ont été détruites, et malheureusement, des enfants sont même morts. Mais aujourd’hui, on n’a plus ce genre de problème. Il y a plus des inondations ici. »

UN PROGRAMME FINANCÉ À HAUTEUR DE 11,81 MILLIARDS FCFA

Les inondations sont des souvenir s pour grâce au projet de drainage pluvial de douala, financé par le contrat de désendettement et de développement (C2D). Le volet assainissement, financé à hauteur de 11,81 milliards FCFA, a permis l’aménagement de 35,26 km de drains bétonnés et le reprofilage de 13,54 km de canaux dans la capitale économique. Les travaux comprennent également 49,92 km de voies de desserte, 40 passerelles, 95 ponts et dalots, ainsi que 13 rampes d’accès pour l’entretien. En parallèle, plus de 16 000 arbres ont été plantés le long des ouvrages, contribuant à l’embellissement urbain et à la préservation de l’environnement. Le programme ne s’est pas limité à l’assainissement. Le volet d’amélioration du cadre de vie, doté de 15,43 milliards FCFA, a apporté des changements visibles dans plusieurs quartiers. On y compte 5,5 km de voies pavées, 3,25 km de parcours santé, 264 lampadaires solaires, 22 places publiques, 5 terrains multisports, 5 aires de jeux pour enfants, des toilettes publiques, des stations de parcours santé et des aires de stationnement. Ces équipements ne sont pas de simples ornements, dans les zones de Mbanya, Kondi ou Bonabéri, ils sont implantés à proximité des drains, offrant des espaces de loisirs sécurisés et modernes, tout en assurant une meilleure gestion des eaux pluviales.

CROISSANCE DES PETITS COMMERCES ET L’AUGMENTATION DE LA VALEUR FONCIÈRE

Le projet « bénéficie directement à plus de 600 000 habitants », selon le programme C2D. plusieurs quartiers de Douala bénéficient d’aménagements visant à améliorer les infrastructures et les conditions de vie des habitants. À Douala 4ᵉ, les interventions concernent notamment Bonassama, Bonambappé et Bessekè, avec un impact attendu pour environ 2 284 riverains, ainsi que Bonamokano et Nkomba, touchant près de 2 780 personnes. Les travaux s’étendent également à Douala 3ᵉ et 5ᵉ, dans les secteurs de l’Hôpital Général, Cité des Palmiers, Nyala et Logbaba, où 2 620 habitants sont concernés. Enfin, à Douala 1er, le Carrefour Leclerc voit lui aussi des aménagements ciblés, bien que de moindre ampleur, avec environ 150 bénéficiaires directs.

Dans les quartiers concernés, la mobilité s’est améliorée, les risques sanitaires liés aux eaux stagnantes ont reculé, et de nouvelles opportunités économiques ont émergé. « Depuis que les travaux sont terminés, il y a beaucoup de nouvelles maisons. Avant, il n’y avait rien », souligne Michel Tchamaleu. Les habitants évoquent aussi la croissance des petits commerces et l’augmentation de la valeur foncière. Le renforcement de neuf comités d’hygiène et de salubrité a permis d’ancrer de nouvelles pratiques. « Pour les ordures, on les emballe dans des sacs et on les dépose au parc, à l’entrée du quartier. On ne veut pas que les gens jettent leurs déchets n’importe où », insiste Michel. Serge Bikok, acteur local de la sensibilisation, confirme : « On a mis des plaques pour indiquer aux gens d’attendre les collecteurs et de ne plus jeter les ordures dans les drains. Avant, on retrouvait des déchets partout. ».

LE RENFORCEMENT DE L’ÉCLAIRAGE PUBLIC

Si les habitants saluent unanimement les avancées enregistrées dans leur quartier, ils expriment également des attentes précises pour améliorer leur cadre de vie. Parmi les priorités figurent le renforcement de l’éclairage public pour sécuriser les rues la nuit, la multiplication des bacs à ordures afin de limiter les dépôts sauvages, l’entretien régulier des drains pour prévenir les obstructions, ainsi que l’extension des infrastructures sociales telles que les écoles et les centres de santé. Ces revendications traduisent une volonté collective de consolider les acquis et d’inscrire durablement ces transformations dans une logique de développement inclusif.

UNE VILLE MIEUX PRÉPARÉE AUX DÉFIS CLIMATIQUES

 À Douala, où les précipitations intenses et soudaines font partie du quotidien, les inondations représentaient un fléau récurrent. Les infrastructures du C2D constituent désormais un bouclier efficace contre ces aléas, tout en contribuant à un développement urbain plus harmonieux. Pour Robert, la transformation est évidente. « Aujourd’hui, on n’a plus de problèmes. Les marécages ne posent plus de souci. », dit-il. Michel, lui, voit dans ces travaux le signal d’une nouvelle ère pour son quartier : « On est plus à l’aise maintenant. Plus des inondations. » Reste à relever un dernier défi : maintenir cet élan, entretenir les ouvrages et répondre aux nouveaux besoins générés par ce renouveau.

 Camair co : péril sur un nouvel envol après plusieurs perturbations

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  A la suite de plusieurs désagréments dans son service, la compagnie aérienne nationale dit travailler à l’amélioration de ses performances opérationnelles. Mais cette ambition reste plombée par des défis structurels.

Départs repoussés en pleine nuit, attentes interminables dans les halls, déroutements imprévus, annulations et retards de vol… les usagers de la compagnie nationale de transport aérien Camaico disent leur ras-le bol.  A travers de nombreux messages diffusés sur les réseaux sociaux, notamment après le déroutement d’un vol Garoua–Yaoundé vers Douala considéré comme une énième perturbation enregistrée par la compagnie.  Parmi les voix qui se sont élevées pour motiver ce mouvement d’exaspération, l’artiste musicienne Kareyce Fotso qui raconte ses déboires. 

  Pour un départ prévu à 11h30 de Yaoundé pour Garoua, Kareyce Fotso dit avoir finalement décollé à19h30, sans aucune explication. Quelques jours plus tard, elle subit le même désagrément pour son retour à Yaoundé.  « Après 30 minutes en plein ciel, le commandant annonce une panne. Atterrissage d’urgence à Douala. Nous atterrissons à 14h30 à Douala. Et là, plus rien. Plus d’informations. Plus de Camair-Co. Nous sommes abandonnés dans l’aéroport, livrés à nous-mêmes. On murmure que nous repartirons à 19h… Mais 19h arrive, et toujours rien. Aucun agent Camair-Co en vue. Aucune explication », raconte l’artiste qui a dû emprunter la route. Elle est suivie dans son discours par de nombreux internautes qui relatent des histoires similaires et recommandent à Camair co de fermer si les choses ne fonctionnent pas bien.

 Réagissant par voie de communiqué, la compagnie aérienne présente des excuses à ses passagers et promet une amélioration de la qualité de son service.  Le transporteur explique que « Ces perturbations sont dues à deux collisions aviaires successives ayant affecté la disponibilité de deux de ses aéronefs et contraint à des réajustements majeurs de programme, dont le déroutement d’un vol Garoua–Yaoundé vers Douala », écrit l’entreprise, avant de promettre de travailler à l’amélioration continue de ses performances opérationnelles et la qualité de son service.

 Mais ce nouvel envol de Camair-Co reste toujours incertain d’après plusieurs analyses. La compagnie fait en effet face à plusieurs problèmes structurels.  Avec une flotte de six avions, deux Boeings, deux Embraer brésiliens, un MA60 chinois et sa dernière acquisition, le CRJ 900, un avion de 90 places loué auprès de la compagnie sud-africaine CemAir, la moitié serait hors service. La plupart des appareils de Camair-co enchainent les maintenances.  D’ailleurs même le CRJ 900 nouvellement acquis a dû passer plusieurs semaines hors du tarmac pour des opérations de maintenance et a été remplacé pendant ce temps par un CRJ 200 de 50 places.

 Outre ces difficultés liées à sa flotte, Camair co fait aussi face à une importante dette financière. D’après la Caisse Autonome d’Amortissement, Camair-co et la Sonara concentrent plus de 90% de la dette extérieure des entreprises publiques au Cameroun. Et malgré un plan de relance, l’entreprise peine toujours à décoller.

Zlecaf : UBA Cameroon et Afreximbank renforcent leur lien

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 Au cours d’une rencontre à Douala, les deux entités ont mis un accent sur leurs relations institutionnelles notamment pour la mise en place des innovations en matière de paiements transfrontaliers et les initiatives de financement du commerce intra-africain.

La filiale locale de la banque nigériane UBA Cameroun franchit un autre pas dans la perspective de soutenir la zone de Libre-échange intercontinentale africaine (Zlecaf).  Le Directeur Général de la banque Jude Anele, a reçu à son siège à Douala une délégation de l’African Export-Import Bank (Afreximbank). La délégation d’Afreximbank conduite par le chef des opérations bancaires et plusieurs hauts responsables de la banque dont des représentants de la zone UMOA et du bureau sous régional basé à Yaoundé ont discuté sur la collaboration avec UBA dans le cadre du financement du commerce intra- africain.

Les discussions ont notamment porté sur le renforcement des relations institutionnelles entre les deux entités, via en l’occurrence les innovations en matière de paiements transfrontaliers et les initiatives de financement du commerce intra-africain, conformément aux objectifs de la Zlecaf.

Il faut dire que les deux parties renforcent un lien qui existait déjà. UBA a notamment annoncé le mois dernier le lancement de LEO, son chatbot intelligent basé sur l’intelligence artificielle réalisé avec l’appui d’afreximbank. Cette solution, renseigne la banque, permet d’effectuer des transactions de paiement transfrontalières.  Ce qui va aider les clients de UBA mais davantage les commerçants et entreprises de réaliser des opérations rapides, efficaces et sécurisées à l’échelle du continent, tout en formalisant les flux commerciaux informels et dans le cadre de la Zlecaf. Cette innovation repose sur le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), mis en place en partenariat avec Afrexim Bank. Ce système permet aux particuliers, commerçants et entreprises d’effectuer des paiements en monnaie locale entre les pays africains où les banques centrales ont autorisé l’usage du PAPSS.  Ce service a divers avantages.  Il permet des transferts en quelques secondes seulement, un accès via des canaux en libre-service, des frais de traitement réduits, et aucun coût pour le bénéficiaire.

 « Cette rencontre de haut niveau confirme la volonté de UBA Cameroon et d’Afreximbank de travailler main dans la main pour accélérer la transformation du paysage bancaire africain au service des économies locales », a commenté UBA Cameroun sur ses pages officielles.

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