lundi, avril 6, 2026
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Port de Kribi : Le trafic de conteneurs bondit de 308,9 % entre 2018 et 2025

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Le Port de Kribi confirme sa montée en puissance dans le paysage logistique d’Afrique centrale. Entre 2018 et 2025, le trafic des conteneurs y a connu une progression spectaculaire, passant de 135 820 EVP à 555 398 EVP, selon des données compilées par Pakazure. Sur l’ensemble de la période, cette évolution représente une croissance globale de 308,9 %, avec un taux de croissance annuel moyen estimé à 22,3 %. L’analyse de la trajectoire annuelle met en évidence une dynamique globalement ascendante malgré quelques fluctuations. En 2019, le port enregistre 153 403 EVP, avant une accélération marquée en 2020, où le trafic atteint 239 871 EVP.

L’année 2021 marque un léger repli à 210 042 EVP, dans un contexte international encore perturbé par les effets de la crise sanitaire sur les chaînes logistiques mondiales. La reprise se confirme dès 2022, avec 277 862 EVP, suivie d’un niveau relativement stable en 2023 à 275 063 EVP. La progression reprend ensuite en 2024, où le volume franchit la barre des 300 000 EVP pour atteindre 304 546 EVP. L’année 2025 constitue toutefois un tournant majeur. Le trafic conteneurisé bondit à 555 398 EVP, soit presque le double du niveau enregistré l’année précédente. Cette performance traduit l’accélération de l’activité du terminal à conteneurs et l’augmentation du rôle stratégique de Kribi dans la desserte maritime du Cameroun et de l’hinterland régional.

Cette évolution s’inscrit dans la stratégie nationale visant à positionner Kribi comme un hub portuaire en eau profonde capable d’absorber la croissance des échanges commerciaux et de capter une part plus importante du trafic maritime en Afrique centrale. L’amélioration progressive des infrastructures portuaires, l’extension des terminaux et le développement des corridors logistiques vers les pays voisins contribuent également à renforcer l’attractivité de la plateforme.

 Au regard de cette trajectoire, le port de Kribi apparaît de plus en plus comme un levier majeur de compétitivité pour l’économie camerounaise et un maillon stratégique dans la restructuration des flux commerciaux de la sous-région.

La BAD veut lever 521 milliards FCFA pour la zone industrielle de Kribi

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La Banque africaine de développement (BAD) annonce son implication dans la mobilisation de financements massifs pour accompagner la création d’une zone industrielle adossée au port en eau profonde de Kribi. Selon un communiqué diffusé par l’institution panafricaine, le projet devrait bénéficier d’un montage financier global de 795 millions d’euros, soit un peu plus de 521 milliards de FCFA.

 Le communiqué de la BAD résume ainsi le rôle de l’institution dans la structuration financière du projet. « En qualité de chef de file et principal partenaire stratégique, le Groupe de la Banque s’est engagé à mobiliser l’intégralité du financement public de 411 millions d’euros (269,6 milliards FCFA) et s’est positionné pour accompagner un financement privé de 384 millions d’euros (251,8 milliards FCFA)»,peut-on lire dans ce document. L’annonce intervient quelques jours après le lancement officiel de la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), la société chargée de piloter le développement de cet espace industriel.

La cérémonie s’est tenue le 26 février à Yaoundé en présence de responsables publics, d’investisseurs et de partenaires du projet. Le communiqué de la BAD indique que les actionnaires impliqués dans cette structure sont notamment Africa Global Logistics, Arise Integrated Industrial Platforms et Belmont Investments LTD. Pour la banque multilatérale, la structuration financière du projet repose sur une répartition claire des rôles entre les différents partenaires. « L’État garantit la vision stratégique, la stabilité et l’alignement avec les priorités nationales.

Le secteur privé apporte le capital, l’expertise technique, la rapidité d’exécution et l’innovation. La Banque africaine de développement assure le leadership financier, la structuration des financements et la cohérence d’ensemble », explique Léandre Bassolé, directeur général du bureau régional de développement et d’intégration pour l’Afrique centrale de l’institution, cité dans le communiqué.

La BAD souligne que son engagement vise aussi à attirer d’autres capitaux privés autour du projet. Selon Léandre Bassolé, le financement de cette infrastructure industrielle doit permettre « de catalyser les investissements privés, de créer des emplois durables et de renforcer la compétitivité du pays sur les marchés régionaux et mondiaux ». Le projet de zone industrielle est directement lié au port en eau profonde de Kribi, infrastructure devenue en quelques années l’un des principaux points d’entrée maritime du Cameroun et de la sous-région. L’espace industriel prévu autour du port doit accueillir des unités de transformation et des activités manufacturières orientées vers l’exportation.

Le communiqué de la BAD indique que l’ambition affichée par les promoteurs est de renforcer la transformation locale de matières premières et d’augmenter la contribution du secteur manufacturier à l’économie camerounaise. Le dispositif s’inscrit dans la stratégie nationale de développement du pays ainsi que dans son plan directeur d’industrialisation. Les projections avancées par les promoteurs du projet tablent sur des retombées économiques importantes à long terme.

Les volumes de cacao transformé et exporté pourraient fortement progresser dans les prochaines années. Les estimations évoquent également la création d’au moins 50 000 emplois directs et de près de 150 000 emplois indirects à l’horizon 2040. La BAD indique par ailleurs que son implication ne se limite pas à la structuration financière. L’institution affirme qu’elle apportera également un accompagnement technique au projet, avec un appui aux capacités locales et l’intégration de normes liées à l’efficacité énergétique, à la gestion durable des ressources et à la résilience climatique.

Grand Prix de l’Écriture Journalistique 2026 : Joël Godje Mana vainqueur à visage humain

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La première édition du concours EuroAfricAward a rendu son verdict ce mardi 10 mars 2026.Au terme d’une compétition acharnée qui a mobilisé des milliers de plumes à travers le continent, c’est le journaliste camerounais Joël Godje Mana qui s’impose comme le grand vainqueur. Portrait d’un « éclaireur des causes silencieuses » dont le projet dédié aux enfants vulnérables a fait l’unanimité.

L’image a fait le tour des réseaux sociaux . Un regard déterminé derrière des lunettes fines, un sourire humble et, en arrière-plan, la silhouette de l’Afrique. Joël Godje Mana vient de graver son nom dans l’histoire du journalisme africain en remportant le prestigieux Grand Prix de l’Écriture Journalistique 2026. Avec plus de 13 500 votes à son actif, il se hisse sur la première marche du podium de l’Afrique Francophone.

De 10 000 candidats à 300

Il faut rappeler que le concours très discret, à évoluer dans un atmosphère très restreint et sélectif pour éviter la corruption.
Le chemin vers ce sacre n’a pas été de tout repos. Il faut rappeler qu’au lancement de cette première édition, ils étaient pas moins de 10 000 candidats sur la ligne de départ. Après une sélection rigoureuse basée sur l’excellence éditoriale et la pertinence des sujets, seuls 300 journalistes sont restés en lice, tous ayant atteint le seuil critique des 300 points requis. C’est au sein de ce cercle restreint que le vote du public et l’évaluation du jury ont finalement plébiscité le projet de Joël Godje Mana, le propulsant au rang de numéro 1.

Le choix du cœur : le journalisme « humanitaire »

Si le projet de Joël Godje Mana a frappé les esprits, c’est avant tout par sa dimension profondément humaine. Dans une ère médiatique où le narcissisme l’emporte parfois sur le fond, le lauréat a choisi une voie singulière . Celle des oubliés. Son projet d’avant-garde se concentre sur la protection et le soutien des enfants vulnérables, notamment ceux privés de leur joie par les affres de la guerre.

Originaire de l’Extrême-Nord du Cameroun, mais profondément lié au Littoral, Joël incarne cette nouvelle génération de journalistes qui refusent d’être de simples spectateurs du malheur. Déjà aperçu dans des zones de conflit au Soudan, au Yémen ou en RDC, il ne s’y rend pas uniquement pour le scoop, mais pour agir en faveur de l’enfance, une mission confirmée par ses engagements auprès de diverses ONG.

Une tête bien faite au service de la paix

Ce succès est le fruit d’un parcours académique et professionnel impressionnant. Titulaire d’un Master en communication digitale de l’Université Française et formé à l’ISTIC-ESSTIC de Yaoundé avec dans son sac un Master en journalisme, Joël a forgé ses armes dans de nombreuses rédactions (Crtv Station de l’Extrême-Nord , Défis Actuels, Afrique54.net, LTM TV, BFMTV, H3TV, 7vieTV, Africa24, DiaspoTV ,2TNRTV etc.). Il a souvent rappelé l’influence de ses mentors, tels que François MBambou, Hervé Tiwa , Baudouin Nyobé ou Jean Mari Molo Olinga, Alain Ghislain Kanga, Junior Haussein qui ont su cultiver en lui cette soif de dénoncer les injustices. Il faut rappeler que son passage en faculté de sciences juridiques et politiques de Yaoundé 2 et en Faculté des sciences humaines de Maroua fait de lui un journaliste pétri de savoir, avec Licence en RI et histoire des faits politique.

Lors d’une intervention remarquée en 2024 au Sénégal sur la RTS, il confiait avec mystère et humilité : « Je me sacrifie pour l’avenir de nos enfants ». Une promesse qu’il tient aujourd’hui par l’excellence de son travail.

Un tremplin pour l’avenir

Le prix, qui lui sera officiellement remis d’ici mai 2026, est à la hauteur de son ambition. Outre un chèque conséquent, Joël Godje Mana bénéficiera d’un sponsoring majeur pour la réalisation d’un grand format documentaire. Ce soutien lui permettra de mettre en lumière, avec encore plus de force, les causes qui lui tiennent à cœur.

Désigné espoir pour le « journalisme de paix » en Afrique, celui qui figurait déjà parmi les 100 journalistes les plus influents du Cameroun en 2022 s’impose désormais comme un modèle pour la jeunesse africaine. En attendant de le voir porter l’initiative Africa Forum Media Peace en Afrique du Sud l’année prochaine, Joël Godje Mana continue de prouver que la plume peut être le plus beau des boucliers pour les plus démunis.

Egalité de genre : La Bvmac et l’IFC font sonner la cloche de l’inclusion financière

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La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac) et la Société financière internationale (IFC) ont pris part, vendredi 6 mars 2026 à Douala, à la cérémonie mondiale « Ring the Bell for Gender Equality », organisée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes. En rejoignant simultanément des dizaines de places boursières à travers le monde, la Bvmac a ainsi réaffirmé son engagement en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation économique des femmes.

Pour Louis Banga Ntolo, directeur général de la Bvmac, cette initiative constitue un signal fort adressé à l’ensemble de l’écosystème financier et entrepreneurial de la sous-région. Portée au niveau international par la Fédération mondiale des bourses (WFE), l’initiative Sustainable Stock Exchanges (SSE) des Nations unies, la Société financière internationale et le Pacte mondial des Nations unies, cette cérémonie, organisée pour la 12ᵉ fois, vise à mobiliser les marchés financiers autour de la promotion des droits économiques des femmes et de leur participation accrue à la gouvernance des entreprises.

 Au Cameroun, l’édition 2026 a mis l’accent sur des engagements concrets. Les discussions ont notamment porté sur la place des femmes dans la gouvernance des sociétés cotées, la mobilisation de capitaux en faveur de l’équité et le rôle déterminant des femmes dans la transformation économique et sociale. L’objectif est d’encourager les acteurs du secteur financier à considérer l’égalité des genres non seulement comme une exigence sociale, mais aussi comme un levier stratégique de performance durable et de croissance inclusive. Pour Charlotte Ndaw Sako, représentante régionale de l’IFC pour l’Afrique centrale, cette initiative constitue un appel à l’action.

 S’appuyant sur le thème de la Journée internationale des droits des femmes 2026, elle souligne que trois impératifs doivent guider les politiques publiques et les stratégies des entreprises : les droits, la justice et l’action. « Les droits d’abord, parce que l’égalité se construit sur des cadres juridiques effectifs ; la justice ensuite, parce que l’égalité doit se traduire par un accès équitable aux opportunités économiques et à la gouvernance ; et l’action enfin, parce que l’Agenda 2030 approche et que le temps des intentions sans redevabilité est terminé », a-t-elle indiqué. Les données récentes du rapport Women, Business and the Law 2026 du Groupe de la Banque mondiale rappellent en effet l’ampleur des défis à relever. À l’échelle mondiale, les femmes ne bénéficient encore que de 77 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Environ 2,4 milliards d’entre elles vivent dans des pays où la législation ne garantit pas pleinement leur participation économique.

Plus préoccupant encore, même lorsque les lois existent, leur application reste souvent limitée. Au Cameroun, le rapport met en évidence des indicateurs qui appellent à une mobilisation accrue. Le pays obtient un score de 44,48 sur 100 pour l’indice du cadre légal, 30,83 pour les cadres de soutien et 34,01 pour la perception de l’application des lois. Selon l’IFC, ces chiffres traduisent un déficit d’écosystème capable de transformer les textes juridiques en réalités économiques, notamment à travers des politiques publiques efficaces, des institutions solides et un meilleur accès à la justice.

En s’inscrivant dans l’Initiative SSE des Nations unies, la cérémonie « Ring the Bell for Gender Equality » contribue directement à la réalisation de l’Objectif de développement durable n°5 consacré à l’égalité des sexes. En faisant symboliquement sonner la cloche de l’égalité, la Bvmac et l’IFC entendent ainsi renforcer le rôle du secteur privé et des marchés financiers comme moteurs de la promotion des droits des femmes et d’un développement économique plus inclusif au Cameroun et en Afrique centrale.

Economie numérique : L’Antic place la souveraineté numérique au cœur de sa stratégie 2026

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En 2026, l’enjeu pour l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (Antic) dépasse la seule administration technique du réseau national. Il s’agit désormais d’asseoir l’exercice de la puissance publique dans l’espace numérique et d’en faire un socle de stabilité économique. Sous le thème « Performance, Confiance et Souveraineté Numérique », les cadres des services centraux et déconcentrés ont été invités à considérer la cybersécurité comme un actif stratégique.

 Pour le directeur général, la souveraineté repose sur trois piliers. La maîtrise des infrastructures critiques, la protection des données sensibles et la capacité à anticiper les ruptures technologiques. Cette architecture vise à préserver l’autonomie décisionnelle de l’État face aux menaces cybernétiques tout en consolidant la confiance des usagers dans les services dématérialisés.

Dans un environnement où les transactions financières, les procédures douanières et les services publics migrent vers le numérique, la question de la sécurité devient un déterminant du climat des affaires. La réduction du risque systémique pèse sur la perception des investisseurs, des opérateurs télécoms et des fintech. Une infrastructure numérique vulnérable constitue un frein. À l’inverse, un dispositif robuste agit comme un signal de crédibilité.

En 2026, l’ANTIC entend intensifier ses mécanismes de veille et de réponse aux incidents. L’objectif affiché consiste à transformer la sécurité informatique en levier de croissance pour l’économie numérique nationale. L’agence revendique une logique de défense en profondeur et adopte un modèle de centre d’excellence guidé par l’analyse de risque.

Le passage d’une posture réactive à une posture proactive s’appuie sur un investissement supérieur à 735 millions de FCFA dans le cadre du Projet d’Accélération de la Transformation Numérique au Cameroun. Concrètement, l’enveloppe a permis l’acquisition de technologies de cybersécurité de dernière génération, notamment des sondes de détection avancées et des protocoles de chiffrement souverains destinés à sécuriser les infrastructures étatiques.

Ce renforcement technique s’accompagne d’un effort sur le capital humain. L’agence affiche un taux d’exécution de 95,96% en 2025 contre 91,16% l’année précédente. Une progression que la direction présente comme le signe d’une maturité organisationnelle. Quelques semaines avant cette conférence, la ministre des Postes et Télécommunications avait déjà donné le ton lors de la cérémonie de présentation de vœux. « Des équipements spécialisés viennent d’être mis à la disposition de l’ANTIC afin de renforcer les capacités nationales de prévention et de réponse aux cybermenaces. Nous entendons également multiplier les partenariats pour intensifier les actions de sensibilisation à un usage responsable des réseaux sociaux ainsi qu’à la lutte contre les discours de haine en ligne, tout en poursuivant l’accompagnement des jeunes vers les métiers de la cybersécurité », a-t-elle déclaré.

 Cette déclaration éclaire la dimension économique de la stratégie. En renforçant la prévention et la réponse aux incidents, l’État cherche à sécuriser l’écosystème numérique dans son ensemble. Les plateformes de commerce en ligne, les services financiers digitaux et les administrations dématérialisées dépendent d’un environnement stable. La cybersécurité cesse alors d’être un simple coût de conformité pour devenir une infrastructure productive, au même titre que l’énergie ou les transports.

À Limbé, le message adressé aux partenaires économiques est clair. La souveraineté numérique n’est pas une posture défensive isolée. Elle constitue un facteur d’attractivité et un préalable à la compétitivité. En consolidant ses capacités cyber, le Cameroun cherche à créer les conditions d’un espace numérique fiable, capable de soutenir l’expansion de son économie digitale et de rassurer les investisseurs sur la résilience de ses systèmes.

DISCOURS D’OUVERTURE DE L’HONORABLE SOPPO TOUTE MARLYSE, DOYENNE D’AGE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE DU CAMEROUN

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– Excellences ;

– Mesdames et Messieurs ;

 Qu’il est pénible, l’exercice auquel je suis astreinte en ce moment. Prendre la parole en tant que nouvelle Doyenne d’Age de l’Assemblée Nationale du Cameroun à la suite du décès de notre collègue, l’Honorable Laurentine KOA MFEGUE, épouse MBEDE, qui a tenu avec panache, dès l’entame de la présente législature, le rôle qui m’est désormais dévolu. Je voudrais, avec tout le Bureau d’Age m’incliner devant la mémoire de cette grande dame, de cette parlementaire avisée et lui rendre du haut de cette tribune du peuple souverain, un hommage des plus solennel et bien mérité.

 -Excellences ; 

 – Mesdames et Messieurs ;

 Ensemble, célébrons la mémoire de celle qui restera à jamais pour nous, un modèle, j’allais dire une référence dans cet hémicycle. Veuillons nous lever pour une minute de silence.

Malgré la vive douleur, il est de mon devoir de vous souhaiter, à toutes et à tous, une chaleureuse bienvenue au Palais de Verre Paul Biya, siège de l’Assemblée Nationale du Cameroun, à l’occasion de la présente séance plénière d’ouverture de la première session ordinaire de notre Chambre, pour le compte de l’année législative 2026. Une session qui s’ouvre au moment où les attentes sont nombreuses au sein de l’opinion.

 En effet, après le processus électoral de la Présidentielle du 12 octobre 2025, couronné par la prestation de serment le 06 novembre 2025 de Son Excellence Monsieur Paul Biya, Président de la République réélu, l’agenda politique tel qu’annoncé par le Chef de l’Etat lui-même prévoit, pour le peu que nous savons, la nomination du Gouvernement de la République ainsi que les élections couplées des municipales et des législatives.   

 S’agissant particulièrement des élections couplées, le report de cette double échéance est quasiment acquis. Dans son message, le 10 février 2026, à l’occasion de la célébration de la 60e édition de la fête Nationale de la Jeunesse, le Chef de l’Etat a à cet effet, annoncé un léger réajustement du calendrier électoral. Si le report des élections municipales obéit à un acte réglementaire, à savoir un décret Présidentiel conformément à l’article 170 alinéa 2 du code électoral, pour les législatives il faut une loi votée par l’Assemblée Nationale elle-même tel qu’exigé par l’article 15 alinéa 4 de la Constitution, notre Loi Fondamentale. C’est dire, qu’au-delà de l’ordre du jour habituel, prévoyant entre autres l’élection du Bureau de l’Assemblée Nationale à l’occasion de chaque première session ordinaire de l’année législative, c’est dire qu’au-delà de cet ordre du jour habituel et au regard des délais impartis, la session qui s’ouvre ce-jour, devrait être déterminante quant à la procédure de report des élections attendues.

– Excellences ;

– Mesdames et Messieurs.

 C’est le lieu pour moi de lancer un appel aux différentes formations politiques qui vont postuler pour lesdites échéances. Appel à leur responsabilité pour un meilleur encadrement et une éducation effective de leurs militants pendant la nouvelle période d’attente. Après les joutes post-électorales au lendemain de la Présidentielle du 12 octobre 2025, le Cameroun a besoin d’un climat apaisé à l’occasion des prochaines consultations.

 Grâce aux avancées notables qu’a connu la décentralisation dans notre pays, les communes sont devenues aujourd’hui, toute proportion gardée, de véritables pôles de développement socio-économique dans notre pays. Aussi faut-il tout faire, afin qu’en amont comme en aval, et pendant toute la mandature, la sérénité règne toujours au sein de l’institution communale nationale.

  Il en est de même de l’Assemblée Nationale, creuset de notre démocratie, modèle par excellence de l’expression politique pluraliste. Au regard de ses missions législatives et de contrôle de l’action gouvernementale, l’Assemblée Nationale doit jouir des mandatures engagées et conduites avec la même sérénité. Avec la maturité qui de plus en plus caractérise les compatriotes, je ne doute pas que l’appel de la Doyenne d’Age que je suis, sera entendu.

 Pour terminer, il me plait d’annoncer que notre Parlement accueille au mois de juillet prochain, la 51e session plénière de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF). Un comité d’organisation a été mis sur pieds à l’effet de préparer cet évènement de grande importance. J’invite ainsi les Parlementaires, Sénateurs et Députés ainsi que les personnels impliqués dans l’organisation des travaux d’apporter chacun le meilleur de lui-même afin qu’ensemble, nous relevions cet autre défi qui nous interpelle.

 Enfin, une délégation de parlementaires camerounais vient de séjourner en Belgique. Une visite qu’il faut situer dans le cadre des échanges bilatéraux entre le parlement national et la section de l’Union Interparlementaire de Belgique. La délégation était conduite par notre collègue, EMAH ETOUNDI VINCENT DE PAUL.

– Honorables Députés mes chers collègues ;

 Je vous souhaite de fructueuses délibérations.

 Je déclare ouverts les travaux de la première session ordinaire de notre Chambre pour l’année législative 2026.

– Vive l’Assemblée Nationale ;

– Vive Son Excellence, Monsieur PAUL BIYA, Président de la République, Chef de l’Etat ;

– Pour que vive le Cameroun, notre cher et beau pays.

 Je vous remercie !

Session Parlementaire : Rajeunissement des bureaux et révision constitutionnelle au menu

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Ce 10 mars 2026 est jour de rentrée parlementaire au Cameroun. L’Assemblée nationale et le Senat reprennent leurs activités dans le cadre de la session de mars. Et, il est de coutume dans les usages parlementaires au Cameroun, la session du mois de mars est prioritairement consacrée au renouvellement des bureaux des deux chambres du parlement.

Et, au regard de la longévité aux postes de présidents desdits chambres, et surtout de leur état de santé, l’opinion est en droit de se demander si Marcel Niat Njifenji et Cavaye Yeguié Djibril seront reconduits à leurs postes respectifs. Surtout que les deux personnalités ont brillé par leur absence à la dernière cérémonie de présentation des vœux au président de la République. Une absence qui peut paraitre inédite, surtout quand on connait l’assiduité dont on toujours fait montre ces deux personnalités à ces rendez-vous au Palais.

Marcel Niat Njifenji par exemple, président du Sénat depuis la création de l’institution en 2013, est fréquemment absent des sessions. Âgé de 91 ans, il n’est pas apparu lors de certaines cérémonies protocolaires récentes, notamment la présentation des vœux au chef de l’État en janvier, et ne préside presque plus les plénières de la chambre haute du parlement.

 La situation est comparable à l’Assemblée nationale, dirigée sans discontinuité depuis 1992 par Cavaye Yeguié Djibril, âgé de 86 ans. Pour la première fois, en janvier, le député de Mada, dans l’Extrême-Nord n’a pas présenté ses vœux au chef de l’État lors de la cérémonie dédiée. Dans ce contexte, l’élection pour le renouvellement des bureaux des deux chambres sera particulièrement observée dès ce 10 mars.

 VA-T-ON RAJEUNIR LES BUREAUX DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE ET DU SENAT ?

Un autre élément et non des moindres à prendre en compte s’agissant du renouvellement attendu des bureaux de l’Assemblée nationale et du Senat, c’est le rajeunissement annoncé par le président de la République, Paul Biya lui-même, au cours de ses dernières sorties, notamment, les discours de prestation de serment en novembre 2025, celui du 31 décembre de la même année, et même celui du 11 février dernier. Paul Biya a toujours annoncé le rajeunissement des institutions de la République.

 Le président de la République va-t-il tenir ses promesses, et donner du sang neuf au parlement, notamment en remplaçant les actuels présidents de l’Assemblée nationale et du Senat par des personnalités plus jeunes. Mais d’un point de vue plus large, le rajeunissement qui pourrait intervenir dans les bureaux de ces deux chambres parlementaires ne concerne pas que les présidents. Les différents postes à pouvoir dans les bureaux de ces institutions, sont autant d’enjeux politiques non négligeables au sein de l’opinion publique.

Mais, pour qui ce qui est particulièrement des présidents de l’Assemblée nationale et du Senat, l’on ne serait pas surpris que ces derniers soient reconduits à leurs postes respectifs, quand on connait la confiance renouvelée à plusieurs reprises d’Etoudi à l’endroit de ces deux personnalités. Sauf qu’il n’est pas exclu que la redistribution du « gâteau national », avec notamment le remaniement ministériel annoncé et tant attendu, tout comme la nomination à des postes de directeurs généraux dans les entreprises publiques, commence par le parlement. Mais, Paul Biya reste le seul maître du jeu politique, et tous les regards convergent vers lui.

LA MODIFICATION CONSTITUTIONNELLE TOUJOURS ATTENDUE

L’autre enjeu de cette session parlementaire du mois de mars 2026, c’est la probabilité d’une modification constitutionnelle. Dans ses derniers discours, Paul Biya lui-même a annoncé à maintes reprises, la réforme des institutions. D’aucuns supputent même déjà la possible création d’un poste de Vice-président qui pourrait remplacer le président de la République en cas de vacance au sommet de l’Etat. Mais, il faut reconnaitre que cette modification de la constitution est annoncée depuis plusieurs années, sans que cela ne se traduise dans les faits.

La session de mars 2026 pourrait également permettre de valider le calendrier électoral, le budget et les ajustements techniques nécessaires, afin d’éviter la surcharge électorale de 2025, suite au report des élections législatives et municipales à 2026. Le mandat des députés, initialement attendu à échéance en février 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mars 2026. Cette prorogation découle d’un texte promulgué, le 24 juillet 2024, fixant la nouvelle date d’expiration du mandat, à compter du 10 mars 2025, au 30 mars 2026. Sans nouvelle prorogation, la convocation du corps électoral devrait intervenir dans les délais prévus par le Code électoral.

L’article 148 dispose en effet que « l’élection a lieu au plus tard quarante (40) jours avant l’expiration du mandat des députés ». Dans l’analyse, une rentrée parlementaire au 10 mars peut être donc être interprétée comme le signal d’une nouvelle prorogation du mandat des députés, afin d’aligner les législatives sur les municipales. Le mandat des conseillers municipaux a lui aussi été prorogé, jusqu’au 31 mai 2026, selon un décret du 24 juillet 2024. Le Cameroun ayant privilégié, dans le passé, l’organisation d’élections couplées (législatives/municipales), l’hypothèse d’un renouvellement de l’Assemblée nationale avant la fin du mandat des conseils municipaux est donc peu probable.

Au cours de cette session parlementaire qui s’inscrit dans un contexte de transition politique potentielle, rendant le rôle du parlement particulièrement déterminant, les débats pourront également porter sur l’approfondissement de la décentralisation, incluant le renforcement des compétences des collectivités territoriales décentralisées et l’amélioration de la transparence dans la gestion des ressources locales. Sur le plan économique, la stabilité économique et financière pourrait également être au menu des parlementaires ce mois de mars.

Face à un contexte économique difficile, avec la faible diversification, la dépendance aux matières premières, la session de mars pourrait aborder la question de la gestion de la trésorerie de l’État, la lutte contre la corruption et la promotion de l’entrepreneuriat pour stimuler l’économie. L’on pourrait aussi voir adopter des lois visant à combler les déficits infrastructurels (énergie, eau, télécommunications) et à réduire la pauvreté, qui reste élevée dans le pays.

Parlement : La session de la rupture dans la continuité ?

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Les trois premières personnalités du pays, gages du destin du pays

Ce 10 mars s‘ouvre la première session ordinaire de l’année à l’assemblée nationale et au sénat. C’est une session particulièrement attendue, en raison du contexte politique du pays. Si la session de mars est connue pour être celle du renouvellement du bureau exécutif, elle n’a que très rarement préoccupé les analystes. D’autant plus que la ligne directrice du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir à la majorité obèse, dicte souvent un statu-quo. En dehors des cas de décès qui nécessitent des remplacements, ce sont exactement les mêmes personnes que l’on reprend au terme des élections du bureau. L’enveloppe scellée du président national du parti, généralement adressé par la voix du secrétaire général du Comité central, organisant les postes, en prévoyant les postes à accorder aux autres partis présents dans la chambre. La loi imposant que tous la composition du bureau exécutif reflète celle de l’institution.

C’est ce mécanisme qui a permis à Cavaye Yeguie Djibril de conserver le perchoir de l’Assemblée nationale depuis 1992, avec Hilarion Etong comme premier vice-président. Jean Bernard Ndongo Essomba a régulièrement occupé le poste de président du groupe parlementaire jusqu’à sa mort ; avant d’être remplacé par l’ancien ministre Roger Mélingui. Dans un jeu d’alliances et d’équilibres sociopolitiques, Paul Biya a ainsi pu organiser les positions de pouvoirs. Depuis qu’il a fait changer Fonka Chan Lawrence en 1992, et après le passage éclair de Sadou Hayatou à la primature en 1991, le chef de l’Etat a ainsi réservé l’Immeuble Etoile aux régions de tradition anglo-saxonnes, l’Assemblée nationale au Grand-ord et notamment à l’Extrême-Nord, fille aînée du Renouveau. Lui-même étant du grand groupe Beti, originaire du Sud du pays. Tout comme Ayang Luc, toujours originaire de l’Extrême-Nord, a été maintenu à la présidence du Conseil économique et social depuis 1983 ; jusqu’à sa mort en 2025. Il n’a pas encore été remplacé. Avec l’institution du Sénat, Marcel Niat Njifenji, originaire de la région de l’Ouest, s’en est vu confier la présidence. Devenant ainsi la seconde personnalité de la République, avec pouvoir d’assurer la vacance du pouvoir en cas de nécessité. Et malgré les caprices sanitaires des uns et des autres, Paul Biya les a maintenus à leurs postes respectifs.

Que de morts

Des signaux d’un vaste mouvement au sein de l’appareil de l’Etat sont perceptibles. Si Paul Biya a jusqu’ici opéré par des surprises, ne laissant presque jamais la possibilité à l’opinion d’anticiper sur ses actes ou même de deviner ses intentions, il reste que ces dernières années ont laissé découvrir un leader accroché à son pouvoir mais qui semble de plus en plus perdre ses habitudes. Ainsi, pour une grande première, l’homme au pouvoir depuis le 6 novembre 1982 a achevé un mandat sans remanier son gouvernement. Lui qui en a fait plus d’une trentaine en 43 ans de pouvoir. Au lendemain de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, le président réélu a nommé le 4 janvier (en réalité un léger remaniement) l’équipe actuelle dirigée par Joseph Dion Ngute. Au cours du mandat, quatre ministres et assimilés sont décédés : Adoum Gargoum (ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, le 8 mars 2021), Alim Hayatou (secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé publique, le 5 avril 2021), Clémentine Ananga Messina (ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et du développement rural, le 5 août 2022), Gabriel Dodo Ndoke (ministre des Mines et du développement technologique, en janvier 2023). Aucun d’eux n’a été remplacé. Et en prélude à la dernière élection présidentielle tenue le 12 octobre 2025, deux autres ministres ont démissionné, pour se présenter contre leur ancien allié gouvernemental : Issa Tchiroma (ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle) et Bello Bouba Maïgari (ministre du Tourisme et des loisirs). Ils n’ont jamais été remplacés. A chacun de ces postes, Paul Biya a fait nommer des intérimaires pour officier es qualité.

Promesse

Au cours de son discours à la jeunesse le 10 février dernier, l’homme a encore surpris en annonçant (ce qu’il n’a jamais fait), un remaniement ministériel « dans les prochains jours », en promettant aux jeunes et aux femmes plus de responsabilités. Ces « prochains jours » n’arrivent pas toujours depuis plus d’un mois. Renouvelant un engagement déjà pris le 6 novembre lors de son investiture, sans en donner acte lors des élections régionales du 30 novembre suivant.

Entre temps, les élections municipales et législatives initialement prévues en 2025, ont été renvoyées en 2026. A ce jour, alors qu’il était attendu le 10 février pour annoncer une date pour les municipales, Paul Biya a glissé au détour de son adresse à la jeunesse, que le calendrier électoral connaîtra un léger réajustement. Pas plus. Aucun texte n’a clairement procédé à ce réajustement. Les municipales ne pouvant plus être renvoyées que dans un délai de trois mois.

Entre temps, la session parlementaire qui s’ouvre aujourd’hui pourrait être l’occasion pour les députés de procéder à une rallonge de leur propre mandat. Et tout porte à croire que comme il le fait depuis 2002, Paul Biya qui évoque de plus en plus des tensions de trésorerie, devrait coupler ces deux élections.

Rébellion interne

Dans la préfectorale, la quasi-totalité des préfets et gouverneurs a dépassé l’âge de la retraite, tout comme la plupart des dirigeants de sociétés d’Etat, qui ont fait plus des neufs ans requis dans la loi du 12 juillet 2017. Malgré les critiques et dénonciations, et même la démission du Pr Viviane Ondoua Biwolé (jadis directrice générale adjointe de l’Institut supérieur de management public), Paul Biya est resté de marbre.

Des sources annoncent une modification de la constitution du 18 janvier 1996, et dans la foulée, l’institution d’un poste de vice-président. Lequel devrait être une sorte de levier clair sur lequel le président devrait pouvoir diriger et se faire remplacer en cas d’absence comme c’est plus souvent le cas. Le dispositif actuel présentant une sorte de cafouillage, avec un Premier ministre et un secrétaire général de la présidence de la République qui malgré la définition de leurs missions et compétences, se marchent parfois dessus, comme on l’a vu dans le feuilleton du Port autonome de Douala. Et du côté du Parlement, la primauté n’est pas toujours celle prévue par la constitution. Un poste de vice-président, avec le pourvoi de tous les postes au sein de l’exécutif du parti au pouvoir, devraient indiquer une porte de sortie pour Paul Biya qui, quoi que l’on dise, n’est plus le gage de l’avenir du pays. Le président du Cameroun est officiellement âgé de 93 ans dont 43 passés à la tête de l’Etat. C’est le plus vieux président en exercice au monde.    

Mais en revenant sur la session parlementaire qui s’ouvre ce 10 mars, un changement de cartes tant à la présidence du Sénat que de l’assemblée nationale, donnerait le signe d’un mouvement d’ampleur dans un futur proche. D’autant plus que c’est pratiquement tout l’appareil de l’Etat qui est à refaire au niveau des hommes. Les yeux de l’opinion sont rivés sur le Plateau Atemengue à Ngoa-Ekelle et le mont Nkolnyada où siègent respectivement l’assemblée nationale et le sénat. Entre temps, si les hommes en place se livrent de plus en plus à une guerre ouverte, plusieurs aspirants, notamment les jeunes et les femmes à qui Paul Biya a fait des yeux doux, rongent leurs freins. Las d’attendre, certains dans le camp même du président, se rebellent contre la discipline du parti. N l’a vu lors des élections des exécutifs régionaux dans le Sud et l’Extrême-Nord où le choix de la hiérarchie du parti a été vomi par la base. La balle est dans le camp de Paul Biya.

Lékié : polémique autour de la récupération politique des appuis agricoles de l’État

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Des appuis destinés aux populations agricoles

Dans le département de la Lékié, la gestion et la communication autour des dotations agricoles de l’État suscitent de vives réactions. Plusieurs observateurs dénoncent l’attitude de certaines élites locales accusées de récupérer à leur profit politique les appuis publics destinés aux producteurs. Ces dotations, distribuées dans le cadre des programmes du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), comprennent notamment des semences améliorées, des intrants agricoles et divers équipements destinés à soutenir la production et à améliorer les conditions de travail des agriculteurs. Selon certaines sources locales, ces appuis financés par l’État sont parfois présentés sur le terrain comme des initiatives personnelles ou comme des actions portées par des acteurs politiques locaux, suscitant des critiques au sein des communautés rurales.

Pour plusieurs acteurs du développement local, cette pratique contribue à brouiller la perception des politiques publiques et à détourner l’attention de l’objectif principal de ces programmes : soutenir les agriculteurs et renforcer la production agricole. Face à ces dénonciations, des voix s’élèvent pour appeler à davantage de transparence dans la distribution et la communication autour des appuis du Minader, afin que les populations agricoles de ce département réputé pour son engagement dans le secteur agricole, bénéficient pleinement des initiatives mises en place par l’État.

Conflit Iran–États-Unis–Israël : quels impacts économiques pour l’Afrique

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Par Haiwang Djamo, Analyste de Recherche et Henri Kouam, Directeur Exécutif CEPI

Introduction

Le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis est une menace pour la stabilité économique mondiale. Il faut se rendre à l’évidence que les conflits géopolitiques ne restent jamais confinés à une seule région. Ces derniers se transmettent rapidement aux marchés mondiaux de l’énergie, aux chaînes d’approvisionnement et aux prix des produits alimentaires. Et pour l’Afrique, dont de nombreux pays dépendent encore largement des importations d’énergie et de denrées alimentaires, le prolongement de cette guerre pourrait déclencher un choc économique important. C’est pourquoi, conscientes des risques, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine ont exprimé leur inquiétude face aux conséquences possibles de cette crise pour les économies africaines. En fin de compte, nous avons besoin de stimuler l’entreprenariat et la liberté économique. 

Le risque d’un choc pétrolier mondial

Le Golfe Persique concentre une part importante de la production pétrolière. Le détroit d’Ormuz est une voie maritime pour le commerce du pétrole, où une grande partie du pétrole mondial y transite chaque jour. Environ 17 à 18 millions de barils de pétrole y transitent quotidiennement. Si le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis persiste, cela pourrait perturber le passage des navires et provoquer une hausse rapide des prix du pétrole sur le marché mondial.  

Une telle situation aurait des effets immédiats sur les économies africaines. La plupart des pays d’Afrique importent du carburant ou des produits pétroliers raffinés (environ 120 millions de tonnes par an). En effet, lorsque le prix du pétrole augmente sur le marché international, les conséquences sont inévitables car le prix du carburant augmente aussi dans les pays africains.

Cette hausse du carburant affecte donc toute l’économie. Les coûts de transport deviennent plus élevés, les prix des produits alimentaires augmentent et les entreprises doivent faire face à des coûts de production très importants. Et au final, ce sont les ménages qui ressentent les effets de cette situation, avec une augmentation du coût de la vie et une baisse du pouvoir d’achat.

Les risques pour la sécurité alimentaire

L’Afrique dépend encore fortement des importations des produits alimentaires. Par exemple, environ 40 % des céréales consommées sur le continent sont importées, tandis que plus de 80 % des engrais utilisés en agriculture proviennent de l’extérieur. La guerre en Ukraine pour ne citer que celle-là, a déjà montré à quel point un conflit international peut provoquer des perturbations importantes sur les marchés agricoles mondiaux.  La crise au Moyen-Orient vas entraine une hausse du coût de l’énergie et du transport maritime et les prix des denrées alimentaires pourraient également augmenter – un risque pour les Africains qui importent presque 40% de ce qu’il consomme. De surcroit, dans de nombreux pays africains, une grande partie des revenus des ménages est consacrée à l’alimentation. Une telle hausse pourrait donc aggraver la pauvreté et accroître les tensions sociales.

Les économies africaines restent structurellement vulnérables aux chocs extérieurs

Les pays africains sont très vulnérables aux chocs extérieurs. Beaucoup de pays font déjà face à des niveaux d’endettement élevés. L’inflation est persistante et la croissance économique est fragile. Dans ce contexte, une hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires pourrait compliquer davantage la gestion macroéconomique. Par conséquent, les gouvernements pourraient être obligés d’augmenter les subventions pour maintenir les prix du carburant à un niveau acceptable. Au Cameroun, l’inflation reste élevée, après 7% en 2023, l’inflation a reculé à 4.5% en 2024 avant d’arriver à 3.1%. Notre dette est très soutenable Parra port a d’autres pays Africains mais, si Iran ferme le Strait et continue de bomber les infrastructures des autres pays, le Camerounais vont payer cher. N’oublions pas que le Cameroun comme tant d’autre ne raffine pas le pétrole qui est utiliser dans les voitures et avions. 

Les africains ne produisent pas beaucoup

À l’heure actuelle, la raffinerie nigériane de Lagos produit 650 000 barils par jour, tandis que les anciennes raffineries publiques de Port Harcourt et Kaduna sont en cours de réhabilitation. D’autres pays comme l’Égypte et l’Afrique du Sud exploitent des raffineries, mais celles-ci ne suffisent pas à répondre à la demande africaine, avec une production de seulement 120 000 à 160 000 barils par jour. 

La plus grande raffinerie d’Afrique du Nord, située en Algérie, n’a qu’une capacité de 350 000 barils par jour. Au total, l’Afrique produit moins de 5 millions de barils par jour de pétrole raffiné pouvant être utilisé dans les vélos et les motos, alors qu’elle en a besoin. L’Afrique importe actuellement environ 120 millions de tonnes de produits pétroliers, pour un montant estimé à 90 milliards de dollars, principalement en provenance du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Europe, sous l’impulsion de l’Afrique du Sud, du Nigeria, de l’Égypte et du Maroc. Étant donné qu’un tiers des pays africains sont menacés par le surendettement, la hausse des prix du pétrole pourrait compromettre une reprise déjà fragile et aggraver l’impact de l’augmentation du niveau d’endettement. 

L’urgence de renforcer la résilience économique via la zone de libre-échange continentale africaine (zlecaf)

Chaque crise mondiale rappelle la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa résilience économique. Le conflit au Moyen-Orient le rappelle encore une fois.  N’est-ce pas une autre occasion d’accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf ? 

En effet, la dépendance du continent aux importations d’énergie, d’engrais et de produits alimentaires rend les économies africaines particulièrement vulnérables aux crises internationales. La ZLECAf pourrait contribuer à réduire cette vulnérabilité en stimulant le commerce intra-africain et en facilitant la circulation des produits agricoles et industriels entre les pays africains.

Le renforcement des chaînes de valeur régionales dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’agro-industrie et l’énergie pourrait également permettre aux pays africains de mieux absorber les chocs extérieurs. Par exemple, une meilleure coopération régionale dans la production d’engrais, la transformation agricole ou encore les infrastructures logistiques pourrait réduire la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.

Recommandations 

Le Cameroun doit investir dans SONARA pour raffiner le pétrole en produits utilisable par les camerounais. Si Dangote l’as fait au Nigeria, nous pouvons aussi le faire avec un peu de volonté. Il faut supporter la mise en œuvre de la ZLECA et la libéralisation des marchés pourrait attirer les investisseurs. Nous n’avons pas besoin de plus d’incitations fiscales car 10 ans sans impôts, zero charge sur les titres fonciers reste louable. Il faut populariser ces mesures pour attirer les investisseurs et trouver une véritable solution au problème de la corruption. 

Conclusion

Les crises géopolitiques ont toujours des répercussions économiques bien au-delà des régions directement concernées. Pour l’Afrique, l’enjeu ne consiste pas seulement à observer l’évolution du conflit, mais à anticiper ses conséquences économiques. Cette crise et toutes celles qui ont précédées devraient donc servir de leçon car, la résilience économique repose avant tout sur la diversification des sources d’énergie, le renforcement de la production locale et l’approfondissement de l’intégration économique régionale. Dans cette perspective, la mise en œuvre effective de la ZLECAf apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la résilience économique du continent. 

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