lundi, avril 6, 2026
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Faro et Déo: 03 agents de l’Etat enlevés

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Nadège Nganjo, directrice de l’école primaire de Gadjiwan, près de Mayo-Baléo, une certaine Yong, enseignante dans la même école, et Cyrille Mbah, chef du poste forestier de Kontcha, ne sont plus libres de leurs mouvements depuis le 12 mars dernier. Les deux premières parties de Mayo-Baléo pour Kontcha, ont été enlevés par des inconnus, en même temps que Kentourè Ousseini, le moto-taximan qui les conduisait. Quant au chef du poste forestier, le nommé Cyrille Mbah avait disparu peu avant. A bord de sa moto, l’homme parti de Tignère, n’est jamais arrivé à destination.

Selon le quotidien L’œil du Sahel, des rançons sont demandées pour les enseignants et le chef du poste forestier. « La directrice m’a appelé avec un numéro Orange inconnu, sûrement celui des ravisseurs, pour me faire part de la situation et dit que les ravisseurs réclament 15 millions Fcfa par personne. J’ai déjà informé le délégué départemental du Faro et Déo et le sous-préfet de Mayo-Baléo », indique l’inspecteur d’arrondissement, dans les colonnes de L’œil du Sahel.

Enclavement

Quant au chef du poste forestier, l’on apprend que le délégué départemental des Forêts et de la Faune (Minfof) du Faro et Déo, a adressé au Minfof, un courrier dans lequel il écrit que « le jeudi 12 mars 2026, aux environs de 13h, M. Mbah Cyrille, chef de poste de contrôle forestier et de chasse de Kontcha, qui a quitté Tignère seul à bord de sa moto… vêtu d’un pantalon jeans bleu, d’un polo forestier vert et d’un blouson militaire (tenue demi-saison), après la réunion d’information sur l’exploitation du Prunus africana du 10 mars 2026, a été intercepté et enlevé par des ravisseurs dans un lieu non encore identifié de l’arrondissement de Kontcha… La rançon exigée pour la libération de notre collaborateur s’élève à 50 millions Fcfa, payable dans un délai impératif de trois jours à compter d’aujourd’hui, 13 mars 2026 ». Rien n’est indiqué au sujet du moto-taximan.

Les enlèvements avec demande rançon se multiplient depuis quelques mois dans ce département de la région de l’Adamaoua connu pour son enclavement. Des centaines de kilomètres séparent Ngaoundéré la capitale régionale, de nombreuses villes de la région, et particulièrement de Tignère. Le mauvais état de la route est un terrain fertile pour l’insécurité.

Transport maritime : GULFCAM relance le cabotage entre Kribi et Douala

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La compagnie maritime GULFCAM SAS a officiellement annoncé la relance de ses opérations de transport maritime destinées à faciliter l’acheminement des conteneurs entre les ports de Kribi et de Douala. L’annonce a été faite lors d’une conférence de presse tenue vendredi 6 mars 2026 au Centre des Affaires Maritimes de Bonanjo, à Douala. À cette occasion, les responsables de l’entreprise ont présenté leur projet de mise en service d’un système de cabotage maritime domestique dédié au transport de conteneurs.

 Selon Jean Perrial Nyodog, président de GULFCAM SAS, cette initiative vise à proposer une alternative plus rapide, plus sûre et plus économique au transport routier actuellement utilisé entre les deux infrastructures portuaires. GULFCAM SAS est née de la fusion entre Camship–CLGG, compagnie nationale héritière de CamshipLines, et Gulfin S&T Co, entreprise spécialisée dans la distribution et le transport maritime de produits pétroliers.

Dotée d’un capital de 4,67 milliards de FCFA, la nouvelle entité a repris l’ensemble des activités des deux sociétés, notamment le transport maritime, l’agence maritime, le transit de fret ainsi que la distribution et l’import-export de produits pétroliers. Les dirigeants de l’entreprise soulignent que cette nouvelle structure s’appuie sur plus de 35 années d’expérience dans le transport maritime international, notamment dans l’acheminement de conteneurs, de marchandises diverses et de vracs solides tels que le clinker et le gypse.

RÉDUIRE LA CONGESTION ROUTIÈRE

Selon Jean Perrial Nyodog, la relance du cabotage maritime répond avant tout aux difficultés croissantes liées au transport des conteneurs par la route entre Kribi et Douala. Actuellement, plus de 60 % des conteneurs débarqués au port de Kribi sont acheminés vers Douala par camions, via les routes nationales N°7 et N°3. « Ces axes routiers n’ont pas été conçus pour supporter un tel volume de trafic de conteneurs », a-t-il expliqué, évoquant la dégradation accélérée des routes, l’allongement des délais de transit et l’augmentation des risques d’accidents. Le transfert d’une partie de ce trafic vers la mer devrait ainsi alléger la pression sur les infrastructures routières tout en améliorant l’efficacité logistique du corridor Kribi–Douala.

UN MODÈLE DE SERVICE À DEUX VOLETS

Le service, commercialisé sous la marque CAMSHIP, fonctionnera selon un modèle en deux segments. Le premier concernera le cabotage domestique, permettant de transporter vers Douala des conteneurs déjà dédouanés à Kribi ainsi que des marchandises provenant des industries locales, destinées au marché national ou aux pays voisins. Le second segment portera sur les opérations de transbordement, avec l’ambition de faire de Kribi un hub logistique pour la redistribution des conteneurs vers les ports nationaux et ceux de la sous-région. Cette stratégie devrait renforcer le positionnement du port en eau profonde de Kribi comme plateforme maritime régionale.

 L’ATLANTIC RUNNER II POUR LANCER LES OPÉRATIONS

Pour inaugurer ce service, GULFCAM a mobilisé le navire porte-conteneurs Atlantic Runner II, dont l’entrée en service est annoncée dans les prochains jours. Long de 180 mètres, le bâtiment dispose d’une capacité de 1 100 EVP (équivalents vingt pieds), d’un tirant d’eau de 8,5 mètres et peut atteindre une vitesse de 18 nœuds. Le navire est équipé de quatre grues de bord et exploité par un équipage d’environ 25 marins. D’après Elvis Tchikapa Mba, directeur du transport et des opérations maritimes de la compagnie, une rotation hebdomadaire est prévue dans un premier temps, avec un objectif de trois voyages par mois durant la phase initiale. « Chaque voyage pourra transporter jusqu’à 1 100 conteneurs, soit l’équivalent de la charge d’environ 1 000 camions sur la route », a-t-il précisé.

TARIFS COMPÉTITIFS ET FORMATION DES MARINS CAMEROUNAIS

Le président de GULFCAM assure par ailleurs que ce service maritime sera proposé à un coût inférieur à celui du transport routier, tout en permettant de réduire le délai de livraison entre Kribi et Douala à seulement quelques heures. Au-delà de l’efficacité logistique, l’entreprise prévoit également de former de jeunes marins camerounais à bord de ses navires, dans la perspective de constituer progressivement des équipages majoritairement nationaux. Selon plusieurs experts du secteur, cette initiative pourrait contribuer à renforcer l’industrie maritime camerounaise, tout en améliorant la connectivité commerciale du Cameroun avec les pays de la sous-région d’Afrique centrale.

Le service de cabotage de GULFCAM est ainsi appelé à jouer un rôle stratégique dans la décongestion des axes routiers, l’amélioration de la sécurité et le développement du corridor logistique Kribi–Douala.

Infrastructures routières : Le Cameroun obtient 203,3 milliards FCFA de la BAD pour la route Ngoura II-Yokadouma

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Route en construction en pleine saison des pluies

Le Cameroun bénéficiera d’un financement de 309,93 millions d’euros, soit environ 203,3 milliards de FCFA, accordé par la Banque africaine de développement (BAD) pour la réalisation d’une infrastructure routière dans la région de l’Est. L’information ressort d’un communiqué publié le 9 mars 2026 par l’institution financière panafricaine. Selon ce document, le Conseil d’administration du Groupe de la BAD a validé le 18 février dernier ce prêt destiné à financer la première phase du Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers dans la région de l’Est (PDCBET).

 Le financement doit notamment permettre l’aménagement et le bitumage de la section Ngoura II-Yokadouma, longue de 156 kilomètres. Cette portion s’inscrit sur l’axe Bertoua-Batouri-Ngoura II-YokadoumaMoloundou, qui se prolonge jusqu’à la frontière avec le Congo. « Cette opération traduit l’engagement constant du Groupe de la Banque africaine de développement à accompagner le Cameroun dans la transformation structurelle de son économie. En améliorant la connectivité de la région de l’Est et son intégration aux corridors frontaliers, nous contribuons à libérer le potentiel productif et à renforcer l’intégration régionale en Afrique centrale », explique Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la Banque pour l’Afrique centrale, cité dans le communiqué.

Une région encore peu connectée Le projet cible une région dont l’isolement logistique demeure important. « Avec une superficie d’environ 109 000 km², la région de l’Est représente près de 23 % du territoire national. Pourtant, le taux de routes bitumées y reste limité à environ 6,25 %, tandis que la densité routière atteint seulement 0,70 kilomètre pour 1 000 habitants » selon les données communiquées par la BAD. Dans ce contexte, l’institution financière estime que l’amélioration de cet axe routier pourrait contribuer à lever certains obstacles au développement économique local.

L’absence d’infrastructures adaptées limite en effet la valorisation des ressources agricoles et forestières de cette partie du pays, ainsi que le développement du secteur privé. La future route devrait faciliter la circulation des marchandises entre les zones de production et les centres de commercialisation. Les autorités et leurs partenaires financiers s’attendent également à une baisse des coûts de transport et à une amélioration de l’accès aux marchés.

La BAD indique également que la mise en œuvre du programme pourrait générer au moins 2 500 emplois directs et indirects, notamment au bénéfice des jeunes, des femmes et des groupes considérés comme vulnérables. L’axe Bertoua-Batouri-Ngoura II Yokadouma-Moloundou constitue par ailleurs une voie de communication vers la République du Congo. L’amélioration de cette route doit ainsi renforcer les échanges transfrontaliers et faciliter les flux commerciaux entre les deux pays.

Au total, le portefeuille actuel de la BAD dans le secteur routier camerounais comprend neuf projets actifs, pour un engagement financier global estimé à environ 1,19 milliard d’euros (780,59 milliards de Francs CFA).

Agriculture : 98 milliards de FCFA pour produire 46 700 tonnes de riz en trois ans

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Un investissement de 150 millions d’euros, soit environ 98,4 milliards de FCFA, doit permettre de produire 46 700 tonnes de riz paddy dans le nord du Cameroun au cours des trois prochaines années. Ce volume équivaut à 31 289 tonnes de riz blanchi, selon les projections communiquées par les promoteurs du programme. L’initiative résulte d’un accord signé le 6 mars 2026 entre le gouvernement camerounais, représenté par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, et la société israélienne Ekobell.

Le projet prévoit le développement de 10 000 hectares de riziculture pluviale dans plusieurs zones agricoles des régions septentrionales. Dans la région du Nord, les sites identifiés comprennent notamment Sirdjam et Pola. Mbé, dans la région de l’Adamaoua, figure également parmi les localités retenues pour accueillir les nouvelles superficies cultivées. Les informations communiquées par les porteurs du projet indiquent qu’environ 8 000 producteurs devraient être impliqués dans la mise en œuvre du programme.

Les activités attendues concernent aussi bien la production que les opérations de collecte, de transport et de transformation du riz. Selon les estimations avancées par les promoteurs, les 31 289 tonnes de riz blanchi attendues pourraient représenter près de 18 % de la production nationale actuelle de riz blanchi de qualité supérieure. Cette initiative intervient dans un contexte où le riz occupe une place importante dans les importations alimentaires du pays. Les données publiées par l’Institut national de la statistique montrent que le Cameroun a dépensé 318,6 milliards de FCFA pour importer cette céréale en 2024.

Ce montant correspond à 6,4 % de l’ensemble des importations enregistrées au cours de l’année. Les statistiques de l’INS indiquent également que cette facture a augmenté de 58,6 % en un an. Des variations apparaissent toutefois sur des périodes plus courtes. La note de conjoncture économique du deuxième trimestre 2025 publiée par le ministère des Finances signale ainsi une diminution de 14,2 milliards de FCFA des importations de riz par rapport au trimestre précédent. Conscient du poids de cette céréale dans la facture alimentaire du pays, le Cameroun s’est doté d’une stratégie nationale de développement de la filière riz.

 Celle-ci prévoit une montée progressive de la production nationale, qui devrait passer de 140 710 tonnes en 2024 à 460 000 tonnes en 2027, selon les projections contenues dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025- 2027.

 À plus long terme, cette stratégie fixe un objectif de 750 000 tonnes de riz à l’horizon 2030. Les estimations associées à ce niveau de production évoquent un taux d’autosuffisance pouvant atteindre environ 97 %.

Emprunts de l’Etat auprès de la diaspora : Crise de confiance, double nationalité : ces blocages des « diaspora bonds »

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Face à l’augmentation rapide des besoins de financement du budget et à la pression croissante sur le marché financier régional de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le gouvernement envisage de mobiliser l’épargne de ses ressortissants établis à l’étranger à travers un emprunt obligataire dédié. L’idée consiste à émettre des titres spécifiquement destinés à la diaspora camerounaise. Les souscripteurs prêteraient directement de l’argent à l’État, en échange d’un rendement et d’un remboursement à échéance. Sur le papier, le mécanisme n’a rien d’exceptionnel.

Dans la pratique, la réussite d’une telle opération dépend d’un élément moins technique : La confiance. Lorsque Défis Actuels évoquait déjà cette piste dans un précédent article, les réactions reçues de lecteurs vivant à l’étranger donnaient le ton. « On ne prête pas à un État en qui on n’a pas confiance », écrivait l’un d’eux. Un autre allait plus loin en affirmant qu’« on ne prête pas à un État voyou ». Ces commentaires, au-delà de leur virulence, traduisent une question centrale.

Le Cameroun dispose-t-il aujourd’hui du niveau de confiance nécessaire pour convaincre sa diaspora de financer son budget ?

LA DOUBLE NATIONALITÉ, UN SYMBOLE QUI PÈSE

 Parmi les revendications régulièrement exprimées par les Camerounais de l’étranger figure la question de la double nationalité. Beaucoup considèrent que l’absence de reconnaissance juridique constitue un obstacle symbolique à leur engagement économique dans le pays. Le sujet avait déjà été abordé lors du Grand Dialogue national de 2019. Parmi les premières propositions adoptées par la Commission consacrée à la diaspora figuraient notamment la double nationalité, la représentation des Camerounais de l’étranger au Parlement, la création d’un ministère dédié et la structuration institutionnelle de la diaspora.

Mais plusieurs années plus tard, la mise en œuvre de ces recommandations reste attendue. Interrogé sur cette question, le directeur général du Trésor, Moh Sylvester Taghongho reconnaît que le sujet revient régulièrement dans les échanges avec les expatriés. « La question de la double nationalité a été présentée comme un frein. La préoccupation a été soulevée à plusieurs reprises par la diaspora. Certains membres de la diaspora estiment que l’absence de reconnaissance formelle de la double nationalité crée une forme d’incertitude symbolique ou juridique », indique-t-il.

 L’administration financière rappelle toutefois que, d’un point de vue strictement technique, la nationalité ne conditionne pas la participation à un investissement financier. « L’investissement financier ne dépend pas nécessairement de la nationalité. Si un Camerounais de la diaspora souscrit à un emprunt via une structure juridique ou un intermédiaire financier, la question de la double nationalité n’est pas déterminante », précise Moh Sylvester Tangongho. Un argument juridique qui ne règle pas nécessairement la dimension politique du débat.

 LA CONFIANCE CE FACTEUR DÉTERMINANT

En dehors de la double nationalité, l’une des principales faiblesses réside dans l’absence d’une politique cohérente de structuration de la diaspora. Contrairement à plusieurs pays africains, les relations entre l’État et ses ressortissants à l’étranger reposent encore largement sur des initiatives ponctuelles, souvent portées par différents ministères sans véritable coordination. « Cette distance institutionnelle nourrit un sentiment d’éloignement au sein de nombreuses communautés expatriées. Pour certains membres de la diaspora, l’État camerounais apparaît avant tout comme un acteur administratif lointain, rarement engagé dans un dialogue structuré avec ses ressortissants établis hors du territoire », souligne un ressortissant de la diaspora qui a requis l’anonymat.

Dans ces conditions, la solvabilité du pays sur les marchés financiers ou la solidité de sa signature souveraine ne suffisent pas toujours à convaincre des investisseurs individuels. Le diaspora bond repose sur une logique différente de celle des marchés internationaux. « Il sollicite une relation affective et politique avec le pays d’origine. Lorsque cette relation est fragilisée, l’instrument financier perd une grande partie de son efficacité », rappelle un expert des marchés financiers.

UNE MANNE FINANCIÈRE ENCORE ORIENTÉE VERS LA CONSOMMATION

Les chiffres disponibles montrent pourtant que le potentiel financier existe. Selon les données du Trésor, les transferts des Camerounais de l’étranger ont atteint environ 650 milliards de FCFA en 2025. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards de FCFA. Des montants qui dépassent certaines ressources que l’État mobilise habituellement sur les marchés financiers. Mais ces flux restent largement destinés à la consommation des ménages restés au pays. Santé, scolarité, loyers, soutien familial ou dépenses quotidiennes absorbent l’essentiel des fonds. « Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, les transferts de la diaspora ont atteint environ 650 milliards de FCFA. Sur les cinq dernières années, la moyenne annuelle se situe autour de 450 milliards. C’est un volume supérieur à certaines lignes de financement classiques. Cependant, ces fonds sont majoritairement orientés vers la consommation ou l’assistance sociale. Ce sont des flux utiles, mais qui n’alimentent pas suffisamment l’investissement structurant », explique Moh Sylvester Tangongho, directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire.

UNE PISTE EXPLORÉE FACE À -LA PRESSION BUDGÉTAIRE

La réflexion intervient dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint. Le budget de l’État pour 2026 s’élève à 8 816,4 milliards de FCFA, avec un besoin de financement global estimé à plus de 3 100 milliards de FCFA pour couvrir à la fois le déficit et le service de la dette. Un an plus tôt, ces besoins atteignaient 2 326,5 milliards de FCFA, contre un peu plus de 1 500 milliards en 2024.

Dans ces conditions, les autorités cherchent à diversifier leurs sources de financement. « Notre réflexion consiste à canaliser une partie de ces ressources vers des instruments dédiés, comme les Diaspora Bonds. Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs », indique Moh Sylvester Tangongho. Sur le plan technique, le dispositif envisagé reste proche des émissions obligataires classiques.

Les titres seraient accessibles depuis l’étranger, avec des procédures de souscription digitalisées et des montants minimums adaptés aux particuliers. Selon un expert proche du dossier, les fonds pourraient être orientés vers des projets identifiés dans les infrastructures, l’énergie, l’aménagement urbain ou le financement des PME, avec un reporting spécifique destiné aux investisseurs.

LE CONTRASTE AVEC D’AUTRES PAYS

Plusieurs pays africains ont engagé ces dernières années une stratégie plus structurée pour mobiliser leurs diasporas. En Côte d’Ivoire, le gouvernement a signé en mars 2025 une convention entre le ministère chargé des Ivoiriens de l’extérieur et la Banque nationale d’investissement (BNI). L’objectif consiste à faciliter l’accès des expatriés à des solutions de financement pour leurs projets dans le pays.

 Le dispositif prévoit notamment des produits bancaires adaptés à la diaspora, des mécanismes d’accompagnement pour les porteurs de projets ainsi que des actions d’éducation financière.

Le pays a également multiplié les initiatives de dialogue direct avec ses ressortissants à l’étranger. Fin mai 2025, le CEPICI a organisé un roadshow à Lyon, Paris et Bruxelles pour présenter les opportunités d’investissement aux Ivoiriens installés en Europe. Selon une enquête du projet ENGAORA, citée lors de ces rencontres, 95,9 % des Ivoiriens vivant à l’étranger déclarent vouloir contribuer au développement de leur pays, à condition de disposer d’informations fiables et d’un accompagnement institutionnel. Le Sénégal s’est engagé encore plus loin dans cette stratégie.

 Le 18 septembre 2025, le gouvernement sénégalais a lancé un emprunt obligataire destiné à sa diaspora pour un montant de 300 milliards de FCFA. Les obligations proposées sont accessibles à partir de 10 000 FCFA et offrent des taux d’intérêt compris entre 6,40 % et 6,95 %, pour des maturités allant de trois à dix ans.

Plusieurs États africains cherchent aujourd’hui à mobiliser les ressources financières de leurs ressortissants établis à l’étranger. Le Nigeria a levé 300 millions de dollars en 2017 via un diaspora bond coté à Londres, une opération qui a dépassé les attentes malgré un contexte pétrolier difficile. Le Kenya prépare également une émission destinée à lever jusqu’à 500 millions de dollars d’ici 2026, tandis que le Burkina Faso envisage de mobiliser environ 366 millions d’euros auprès de sa diaspora.

UN DIALOGUE INSTITUTIONNEL À CONSTRUIRE

Au moment où le Cameroun envisage sérieusement de recourir aux diaspora bonds, la question de la confiance reste donc centrale. Les autorités financières en sont conscientes. « Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs », reconnaît Moh Sylvester Tangongho. La transparence et l’attractivité des mécanismes ne suffiront pourtant pas si le dialogue politique n’est pas engagé.

La création d’un ministère dédié, la représentation parlementaire, la reconnaissance de la double nationalité, la structuration de la diaspora camerounaise. Autant de chantiers qui, s’ils étaient ouverts, enverraient un signal fort à ceux qui hésitent encore à investir dans leur pays d’origine. Le chemin est encore long. Mais l’urgence budgétaire pourrait accélérer les prises de conscience.

Dans un contexte où les besoins de financement de l’État atteignent des niveaux inédits, avec un budget 2026 de 8 816,4 milliards de FCFA et un endettement croissant, la mobilisation de l’épargne de la diaspora apparaît comme une piste trop prometteuse pour être négligée. Encore faut-il que ceux qui sont appelés à prêter se reconnaissent dans les institutions auxquelles on demande de faire confiance.

Des escrocs ciblent les pèlerins camerounais en Arabie saoudite

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Dans un communiqué publié le 8 mars 2026, le consulat général du Cameroun à Djeddah alerte sur plusieurs cas d’escroquerie signalés par des ressortissants camerounais présents dans les villes saintes. Des plaintes ont été enregistrées contre des compatriotes installés à La Mecque, Médine et Djeddah. Selon les informations recueillies par la représentation diplomatique, ces individus se présentent comme démarcheurs ou facilitateurs auprès des pèlerins. Ils promettent d’obtenir un visa plus rapidement, de réserver un hôtel à moindre coût ou d’organiser certains aspects du séjour. Une fois les sommes d’argent versées, les prestations n’arrivent jamais.

 Le consulat indique que ces faux intermédiaires « se présentent indûment comme démarcheurs ou intermédiaires ». Le communiqué précise qu’« après perception des sommes d’argent, ils disparaissent ou ne fournissent aucune prestation, causant ainsi un préjudice financier et moral aux victimes ». Pour de nombreux pèlerins, la perte peut être importante. Les services proposés concernent généralement l’hébergement, les déplacements ou certaines formalités administratives. Dans un contexte où le séjour dans les villes saintes représente déjà un investissement financier important, ces arnaques aggravent les difficultés des victimes.

Le consul général du Cameroun à Djeddah, Oumarou Nchare, rappelle que ces pratiques relèvent d’infractions pénales. Il indique qu’elles sont « réprimées aussi bien par la législation camerounaise que par les lois en vigueur au royaume d’Arabie saoudite », lesquelles prévoient des sanctions sévères contre les auteurs de fraude. Face à la multiplication des signalements, les autorités consulaires appellent les fidèles à la prudence. Elles recommandent de ne traiter qu’avec les agences officiellement agréées par le ministère camerounais de l’Administration territoriale pour l’organisation du pèlerinage. Toute personne victime ou témoin d’une escroquerie est invitée à se rapprocher du consulat afin de signaler les faits et d’obtenir une assistance.

Cette mise en garde intervient alors que la campagne de la Oumrah du mois de ramadan bat son plein. Près de 3 000 Camerounais sont attendus cette année dans les villes saintes, selon les données du consulat. Un premier contingent de 474 pèlerins est arrivé le 5 mars à Djeddah. Le consul général s’est rendu au terjminal Hadj de l’Aéroport international Roi Abdulaziz pour accueillir officiellement le groupe. Devant les fidèles, le diplomate a rappelé les consignes de vigilance fixées par le gouvernement camerounais. Il a également insisté sur le respect des recommandations du ministère des Relations extérieures et de l’ambassade du Cameroun en Arabie saoudite.

Ces appels à la prudence interviennent dans un contexte régional marqué par des tensions au Proche et au Moyen-Orient. Les autorités camerounaises demandent ainsi à leurs ressortissants présents dans la région de respecter strictement les dispositions prises par les autorités saoudiennes. Au-delà des questions de sécurité, le consul général a insisté sur la dimension spirituelle du voyage. L’accomplissement de la Oumrah reste « un acte de foi », a-t-il rappelé, tout en invitant les pèlerins à élever des prières pour « la stabilité et la paix au Cameroun ».

Pour Yvon Sana Bangui, la taxe sur le mobile Money freine l’inclusion financière

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« Plutôt que taxer le digital, il faut taxer l’usage du cash ». C’est par cette formule que le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui, a résumé sa position lors d’un sommet de haut niveau consacré à l’interopérabilité des paiements tenu le 9 mars 2026 à Kigali, au Rwanda. Le responsable de la banque centrale y représentait la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

 La rencontre était organisée par le Fonds monétaire international et la Banque nationale du Rwanda avec l’appui du Global Finance and Technology Network. Elle a réuni plusieurs banques centrales d’Afrique subsaharienne autour des enjeux de paiements transfrontaliers et de finance numérique.

LA CEMAC MET EN AVANT SES AVANCÉES

Devant les décideurs financiers africains et internationaux, Yvon Sana Bangui a présenté l’expérience de la CEMAC en matière d’intégration financière. Le gouverneur a notamment cité les progrès réalisés avec la plateforme GIMAC Pay qui permet l’interopérabilité des paiements dans la zone. Il a également annoncé l’adhésion prochaine de la BEAC au Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS).

Ce raccordement au système panafricain vise à faciliter les règlements transfrontaliers en monnaies locales, réduire les circuits informels et préserver les réserves de change de la sous-région. Pour la banque centrale, ces mécanismes doivent renforcer la fluidité des échanges financiers et accompagner l’intégration économique au sein de la CEMAC.

UNE CRITIQUE DE LA FISCALITÉ SUR LE MOBILE MONEY

Mais l’intervention du gouverneur a surtout été marquée par un diagnostic critique sur les politiques fiscales appliquées aux paiements numériques. Yvon Sana Bangui estime que la multiplication des taxes sur les transactions de Mobile Money agit comme une « régulation parallèle » qui pénalise les usages numériques et ralentit l’inclusion financière. Dans plusieurs pays de la sous-région, les opérations de transfert ou de retrait sont soumises à différents prélèvements.

Au Cameroun par exemple, une taxe de 0,2 % s’applique sur la valeur des transferts et retraits depuis janvier 2022. La loi de finances 2025 a ajouté un droit spécifique de 4 francs CFA par transaction. Les opérations liées aux jeux de hasard sont désormais taxées à hauteur de 1 %. Selon certaines estimations relayées par le Fonds monétaire international, ces mesures ont parfois fait augmenter les coûts de transaction jusqu’à 400 % pour certaines opérations. Pour la BEAC, cette pression fiscale sur le digital peut freiner l’adoption des paiements électroniques et réduire leur contribution à l’inclusion financière.

TAXER LE NUMÉRAIRE POUR ENCOURAGER LE DIGITAL

 Face à cette situation, le gouverneur a avancé une orientation différente. Il propose de déplacer la fiscalité vers l’usage du cash considéré comme un vecteur d’opacité et de fraude. L’idée consiste à instaurer des droits de timbre sur les paiements en espèces et des malus fiscaux pour les acteurs économiques qui continuent de privilégier les règlements en numéraire. Un tel mécanisme viserait à rendre les paiements électroniques plus attractifs que les transactions en liquide. La BEAC estime que cette stratégie favoriserait la traçabilité des flux financiers, limiterait l’économie informelle et renforcerait la transparence des transactions.

L’INCLUSION FINANCIÈRE ENCORE INCOMPLÈTE

 La question fiscale intervient dans un contexte où l’inclusion financière progresse mais reste inégale. Au Cameroun, le taux de bancarisation classique oscille entre 24 et 28 % ces dernières années. Selon le gouvernement, le taux global d’inclusion financière atteint environ 45 % selon certaines estimations pour 2021 et aurait dépassé 50 % en 2023 grâce à la microfinance et au Mobile Money.

Les services de paiement mobile représentent aujourd’hui le principal moteur d’accès aux services financiers avec une couverture de plus de 67 % des adultes. La stratégie nationale de finance inclusive pour la période 2023-2027 fixe toutefois un objectif plus ambitieux. Les autorités visent un taux d’inclusion de 65 % de la population adulte avec une attention particulière pour les zones rurales, les femmes, les jeunes, les très petites entreprises et les acteurs de l’économie sociale.

ENJEU ÉCONOMIQUE ET TERRITORIAL

 Pour les pouvoirs publics, l’élargissement de l’accès aux services financiers doit également soutenir le développement économique local. La mobilisation de l’épargne permettrait de mieux financer les activités productives, notamment dans des régions à fort potentiel économique du Cameroun où l’agriculture, le tourisme, l’exploitation du bois ou les activités minières offrent d’importantes perspectives.

 Les autorités encouragent ainsi l’ouverture de comptes bancaires, la domiciliation des opérations financières et la souscription à des produits d’assurance afin de sécuriser les activités commerciales.

Afriland First Bank s’allie à VISA pour accélérer les paiements numériques

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La cérémonie s’est tenue à la Maison de la First Bank à Yaoundé, en présence des dirigeants des deux institutions, ainsi que de partenaires et de clients. Prenant la parole, le directeur général adjoint d’Afriland First Bank Cameroun, Hervé Dieudonné Ayissi, a rappelé que la collaboration entre les deux organisations ne date pas d’hier.

Selon lui, les relations tissées au fil des années avec VISA ont progressivement contribué à faire évoluer les moyens de paiement disponibles sur le marché camerounais. « Cette collaboration s’est progressivement affirmée comme un pilier de notre engagement en faveur de la modernisation des moyens de paiement dans notre pays. Grâce à ce partenariat durable, des solutions de paiement fiables et accessibles ont été mises à la disposition d’un marché camerounais toujours plus exigeant », a déclaré le dirigeant.

 Le nouvel accord doit désormais permettre d’accélérer l’usage des solutions de paiement électroniques et de soutenir l’inclusion financière. Il prévoit également d’élargir l’offre de services destinée aux particuliers, aux entreprises et aux administrations. Pour le groupe américain Visa, ce partenariat avec Afriland First Bank s’inscrit dans la volonté de renforcer sa présence sur les marchés africains, où les paiements numériques connaissent une progression rapide. « Il y a encore quelques années, dans plusieurs de nos pays – et le Cameroun ne fait pas exception – effectuer un paiement, ouvrir un compte ou envoyer de l’argent était souvent complexe. Il fallait se déplacer, accomplir de nombreuses formalités, parfois attendre longtemps. Aujourd’hui, avec un simple geste, un clic, une carte ou même directement depuis son téléphone, ces actions sont devenues plus simples et plus sûres », a déclaré Inès Amani, Country Manager de VISA Cameroun.

La responsable explique que ce partenariat repose sur un principe de co-construction avec la banque camerounaise, afin de développer des solutions adaptées aux réalités locales. « Certes, nous sommes le leader mondial du paiement numérique, mais nous ne venons pas imposer des modèles. Nous venons co-créer, avec les équipes d’Afriland First Bank, des solutions adaptées aux réalités locales et régionales, conformes aux standards internationaux de sécurité et tournées vers l’avenir », a-t-elle indiqué.

UNE ÉCONOMIE ENCORE LARGEMENT DOMINÉE PAR LE CASH

 Si Afriland First Bank mise sur l’accélération des paiements électroniques, c’est aussi parce que le système financier camerounais reste encore fortement marqué par l’usage des espèces et une bancarisation limitée. Lors de la cérémonie, le directeur général adjoint de la banque, Hervé Dieudonné Ayissi, a rappelé que le taux de bancarisation au sens strict avoisine 20 % au Cameroun. En élargissant le périmètre aux institutions de microfinance et aux services de mobile money, l’accès aux services financiers concerne environ 45 % de la population.

Ces progrès n’ont toutefois pas profondément modifié les habitudes de paiement. L’argent liquide demeure de loin le principal moyen de transaction dans l’économie. « De l’avis des experts, 90 à 95 % des transactions se font encore en espèces, que ce soit dans les marchés, le commerce de détail, les transports ou les services de proximité. Même si plusieurs grandes entreprises et l’État ont engagé des chantiers de dématérialisation, les transactions en espèces représentent encore plus de 80 % de la valeur totale des paiements dans notre pays », a expliqué le responsable d’Afriland First Bank.

 Cette prédominance du cash est particulièrement visible dans le secteur informel, qui représenterait près de 70 % du produit intérieur brut selon les estimations évoquées lors de la cérémonie. Dans de nombreuses activités, les paiements électroniques restent encore marginaux. Pour les établissements financiers, cette réalité constitue un frein important à la mobilisation de l’épargne et au financement de l’économie.

L’absence de traçabilité des flux financiers complique l’analyse des risques et renchérit les coûts de transaction. « La faible mobilisation de la ressource financière a un impact significatif sur la capacité des banques à financer l’économie. Elle limite l’accès au financement pour de nombreux acteurs économiques faute de traçabilité des flux », a souligné Hervé Dieudonné Ayissi.

Transport maritime : Digitalisation et gouvernance portuaire au cœur du conclave des ports d’Afrique à Yaoundé

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Il y a des échanges d’expériences sur les nouveaux paradigmes de la gestion portuaire tels que la décarbonisation, la digitalisation, l’autonomisation et surtout la durabilité des villes portuaires », a déclaré Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, ministre des Transports. C’était à l’occasion de la réunion des comités techniques de l’Association de Gestion des Ports de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Agpaoc), tenue du 9 au 11 mars au Palais des Congrès de Yaoundé, experts, gestionnaires portuaires et responsables publics se sont réunis autour d’un objectif commun : réfléchir à l’avenir des ports africains.

 Les échanges portent sur leur évolution dans un environnement maritime marqué par une concurrence internationale accrue, des exigences environnementales renforcées et une transformation numérique en pleine accélération. En ouvrant les travaux, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè a rappelé l’importance de la coopération régionale portée par l’Agpaoc pour relever ces défis. Les travaux des comités techniques s’achèvent ce mercredi avec une ambition partagée. Adapter les ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre aux transformations du commerce maritime mondial et consolider leur rôle dans les échanges économiques de la région.

 LA MODERNISATION AU CŒUR DES ÉCHANGES

Les discussions de cette assise portent sur les transformations que traversent aujourd’hui l’industrie portuaire. Modernisation des infrastructures, fluidité du trafic maritime, digitalisation des procédures administratives et sécurité des opérations figurent parmi les priorités évoquées. Experts portuaires, techniciens et dirigeants venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre confrontent leurs expériences et examinent les outils susceptibles d’améliorer l’efficacité des plateformes portuaires. L’enjeu dépasse la seule gestion technique.

Les ports demeurent les principales portes d’entrée du commerce extérieur des économies de la sous-région. Jean Marie Koffi, secrétaire général de l’Agpaoc, insiste sur cette dimension stratégique. « Il faut avoir une culture d’entreprise, il faut gérer les susceptibilités. Nous parlons de l’interface ville-port, du fait que les marchandises transitent du port vers l’intérieur du pays et même vers l’arrière-pays. La production de carbone à l’intérieur du pays ne doit pas être gérée seulement par le maire mais aussi par l’autorité portuaire », explique Jean Marie Koffi. La question environnementale occupe une place croissante dans les débats. Le fonctionnement des ports influence désormais l’organisation des villes qui les abritent et les flux logistiques vers l’arrière-pays.

Dans ce contexte, la décarbonisation du transport maritime, la gestion des émissions liées aux activités portuaires et l’intégration des infrastructures dans leur environnement urbain apparaissent comme de nouveaux paramètres de gestion. Les participants de la réunion présents à Yaoundé évoquent également l’importance de la digitalisation. L’automatisation des procédures et la dématérialisation des opérations portuaires sont perçues comme des leviers pour réduire les délais, améliorer la traçabilité des marchandises et renforcer la compétitivité des ports africains.

UN PARTAGE D’EXPÉRIENCES ENTRE PORTS AFRICAINS

La rencontre se veut aussi un espace d’apprentissage collectif. Les délégations comparent les pratiques et identifient les solutions susceptibles d’être reproduites ailleurs dans la région. Jean Marie Koffi résume cet esprit de coopération. « Entre ce qui se fait pratiquement à Abidjan, ce qui se fait à Douala, ce qui se fait en Sierra Leone, quelle est la bonne pratique que nous devons adopter. Si celle-là produit des résultats parce que nous avons pu l’évaluer, c’est cette dynamique que nous devons impulser. »

Cette logique d’échanges explique la diversité des délégations présentes à Yaoundé. Les travaux réunissent notamment des représentants des autorités portuaires de Sierra Leone, Guinée-Bissau et Liberia, de l’ENAPOR du Cap-Vert, du port de Maputo au Mozambique, du port d’Owendo au Gabon, du port de Malabo en Guinée équatoriale ou encore du port de Luanda en Angola.

 Les ports de Lagos et de Port Harcourt au Nigeria, ceux de Tema et Takoradi au Ghana, les autorités portuaires de Lomé, Dakar, Conakry, Cotonou, Pointe-Noire, Abidjan et San Pedro participent également aux discussions aux côtés des autorités portuaires de Douala et de Kribi au Cameroun.

UN SECTEUR APPELÉ À SE RÉINVENTER

Organisé par l’Autorité portuaire nationale, le conclave intervient dans un contexte où le secteur portuaire de l’Afrique de l’ouest et du centre cherche à renforcer sa compétitivité face aux grands hubs internationaux. La transition écologique, les nouvelles exigences de performance sociale et la nécessité d’une gestion financière plus rigoureuse imposent aux ports africains de revoir leurs modes d’organisation.

Enseignement supérieur : 255 milliards FCFA pour transformer les universités de Bertoua, Ebolowa et Garoua

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Le chantier de modernisation et de construction des infrastructures universitaires dans les villes de Bertoua, Ebolowa et Garoua progresse. Le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Pr. Jacques Fame Ndongo, a présidé le 18 février 2026 à Yaoundé la quatrième session du comité ad hoc chargé du suivi de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’investissement consacré à ces trois institutions universitaires.

Cette rencontre de pilotage stratégique, organisée au Centre national de supervision du Réseau interuniversitaire du Cameroun (RIC) et du développement du numérique universitaire, a permis d’évaluer l’état d’avancement des chantiers, d’identifier les difficultés rencontrées et de définir des mesures correctives afin d’accélérer la livraison des infrastructures prévues.

 UN PROGRAMME STRUCTURANT DE PRÈS DE 255 MILLIARDS DE FCFA

Selon les données communiquées par le ministère de l’Enseignement supérieur, le coût global du programme est évalué à 254,93 milliards de FCFA. Le projet bénéficie du très haut accord du président de la République, Paul Biya, avec un financement inscrit au Budget d’investissement public (BIP) du ministère de l’Économie et de la Planification et du ministère de l’Enseignement supérieur, pour un montant initial d’environ 25,3 milliards de FCFA destinés au lancement des premières phases du programme.

Au-delà de la construction des infrastructures académiques et administratives, le projet prévoit également l’aménagement d’équipements modernes capables d’accueillir simultanément 2 800 étudiants à Ebolowa, 3 520 à Bertoua et 2 320 à Garoua. Ces investissements s’inscrivent dans la stratégie nationale de renforcement du système universitaire camerounais, qui vise à accompagner l’augmentation continue du nombre d’étudiants et à améliorer la qualité de la formation et de la recherche.

ACCÉLÉRER LES TRAVAUX ET LEVER LES BLOCAGES

La réunion présidée par le ministre d’État a rassemblé les recteurs des universités concernées, ainsi que plusieurs responsables des administrations impliquées dans le projet, notamment les représentants du ministère de l’Économie, du ministère des Marchés publics, du ministère des Travaux publics et de la Direction générale du Trésor.

Au terme des échanges, sept résolutions ont été adoptées afin de lever les obstacles qui ralentissent l’avancement des chantiers. Parmi les principales décisions figurent l’ajustement du budget 2026 pour intégrer certains travaux supplémentaires déjà exécutés, la contractualisation d’études complémentaires pour les sites délocalisés et le plaidoyer auprès du ministère des Finances pour accélérer le paiement des décomptes en instance.

 Le comité a également décidé d’adresser des mises en demeure à certaines entreprises en retard sur les chantiers, tout en accordant une ultime prorogation de délais contractuels aux sociétés engagées dans les travaux, afin d’éviter toute paralysie du programme.

 DES UNIVERSITÉS STRATÉGIQUES POUR L’ÉQUILIBRE TERRITORIAL

Créées par décrets présidentiels en janvier 2022, les universités de Bertoua, Ebolowa et Garoua constituent l’une des principales initiatives de l’État pour renforcer l’accès à l’enseignement supérieur dans plusieurs régions du pays. Leur mise en place s’accompagne déjà d’un programme de recrutement d’enseignants et de structuration académique destiné à garantir leur fonctionnement optimal.

À terme, ces établissements devraient contribuer à désengorger les grandes universités historiques du pays et à stimuler la recherche scientifique ainsi que l’innovation dans les régions de l’Est, du Sud et du Nord. Avant de clore les travaux, le Pr Jacques Fame Ndongo a appelé l’ensemble des parties prenantes à redoubler d’efforts pour concrétiser cette vision, rappelant que la réalisation de ces infrastructures universitaires constitue l’une des priorités du chef de l’État pour le développement du capital humain et la modernisation de l’enseignement supérieur au Cameroun.

Si les échéances sont respectées, ces universités devraient progressivement disposer de leurs premières infrastructures propres, marquant une étape décisive dans la structuration d’un réseau universitaire national plus équilibré et mieux adapté aux besoins du pays.

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