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Cardinal Christian Tumi : « On ne peut pas accepter l’impunité »

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Quel commentaire faites-vous, après avoir suivi le discours du chef de l’Etat qui annonce la convocation dès la fin de ce mois, d’un dialogue national visant à mettre un terme à la crise anglophone ?

Je suis satisfait de ce discours. Bien avant ce discours, j’ai dit à des gens que si le président de la République ne convoque pas cette rencontre nationale pour résoudre définitivement le problème du Cameroun anglophone, il n’aurait rien dit. Or il en a longuement parlé [dans ce discours]. Moi je suis très très content.

Qu’est-ce que vous attendez concrètement de ce dialogue ?

Je ne peux pas prédire ce à quoi va aboutir le dialogue tel qu’annoncé. Notre groupe, c’est-à-dire la AGC (Anglophone General Conference, Ndlr.) a déjà analysé la situation. Nous allons remettre les conclusions de nos travaux au Premier ministre qui va présider cette rencontre nationale. Nous avons produit un document de 400 pages dactylographiées et nous allons le lui remettre pour qu’il soit au courant de ce que pensent près de mille anglophones de l’autre côté.

Le dialogue que le président de la République convoque ne concerne pas seulement les anglophones, mais tout le Cameroun…

Mais principalement les anglophones. Il l’a lui-même souligné. Il sait que c’est important. Vous savez que plus des 2/3 de son discours étaient basés sur la situation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. C’est évident que ça concerne surtout les régions anglophones.

Dans son discours, le chef de l’Etat assure également qu’il n’est pas question de faire place à l’impunité, alors que certains séparatistes revendiquent encore la libération de leurs leaders. Qu’en pensez-vous ?

Non, non, non ! On ne peut pas accepter l’impunité. Le désordre ne peut pas être accepté. Que ceux d’entre nous, qui vont à l’encontre des lois du pays se laissent juger par ces mêmes lois.

Etes-vous disposé à participer à ce dialogue ?

Si on juge que je peux apporter une contribution, j’accepterai volontiers d’y prendre part.

Source: Crtv

Crise anglophone : Le dialogue national dès fin septembre

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Paul Biya est sorti de son silence face à la crise sociopolitique qui persiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Et pour la première fois depuis la crise s’est radicalisée, le chef de l’Etat n’a pas durci le ton. Au contraire. Dans un discours inhabituel prononcé à la Nation mardi sur les antennes de la Crtv, le locataire du Palais présidentiel d’Etoudi a évoqué les moyens de mettre non seulement fin aux exactions du mouvement indépendantiste qui sévit dans cette partie du pays, mais aussi de réconcilier tous ces sécessionnistes autoproclamés avec leur République. « J’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois [de septembre] en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation », a déclaré Paul Biya. Selon le chef de l’Etat, le dialogue dont il est question, touchera à des questions d’intérêt national, telles que l’unité nationale, l’intégration nationale, le vivre-ensemble, il ne saurait intéresser uniquement les populations de ces deux régions. « Il aura donc vocation à réunir dit-il, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès ». Concrètement, le grand dialogue national tel qu’annoncé par le président de la République devra s’articuler autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations des régions anglophones, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays notamment : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc.

Dion Ngute, le médiateur

Alors que l’idée d’organiser un grand dialogue national a été émise il y a plusieurs mois par des organisations politiques, la société civile et des Organisations Non Gouvernementales aussi bien au plan national qu’international, ayant pris la liberté de proposer des médiateurs pour ce faire, Paul Biya va cependant rappeler à tous qu’il est le seul capitaine à bord du navire Cameroun. « Depuis la survenance de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, jamais le terme dialogue n’a été autant évoqué, prononcé, voire galvaudé, avoue le chef de l’Etat. A l’interne comme à l’international, chacun y est allé de ses propositions et de ses suggestions. Certaines d’entre elles réalistes, d’autres nettement moins. Les conseils ont afflué. Certains avisés, d’autres intéressés. D’aucuns se sont même risqués à des injonctions ». Ils peuvent tous s’en mordre les doigts. Le président de la République ayant choisi le Premier ministre Dion Ngute pour présider ce dialogue qui réunira espère-t-il, une palette diverse de personnalités : parlementaires, hommes politiques, leaders d’opinion, intellectuels, opérateurs économiques, autorités traditionnelles, autorités religieuses, membres de la diaspora, etc. Seront également invités, des représentants des forces de défense et de sécurité, des groupes armés [pro-sécession sans doute] et des victimes. Même si, « tout le monde ne pourra, et c’est compréhensible, prendre effectivement part à ce dialogue », chacun « aura l’occasion d’y contribuer », promet Paul Biya. Car en amont de la tenue effective de ce dialogue, le Premier ministre, médiateur en chef, mènera de larges consultations, « afin de recueillir les avis les plus divers, qui serviront de sources d’inspiration pour la conduite des débats », poursuit le président. De fait, dit-il encore, des délégations seront également envoyées dans les prochains jours à la rencontre de la diaspora, afin de permettre à celle-ci d’apporter sa contribution à ces réflexions sur la résolution de la crise. Paul Biya sait que le Cameroun aura besoin de tous ses fils pour accomplir ensemble cette mission déterminante pour l’avenir du pays. C’est pourquoi, l’homme du Renouveau tend la perche. « Je voudrais, conclue-t-il, à cet égard en appeler au patriotisme et au sens des responsabilités de tous nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora pour que chacun, où qu’il se trouve, saisisse cette opportunité historique pour contribuer à conduire notre pays sur les chemins de la paix, de la concorde, de la sécurité et du progrès ».

Par Arthur Wandji

Crise anglophone: Paul Biya convoque un grand dialogue national (Discours intégral)

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Paul Biya, discours du 10 septembre 2019

Camerounaises, Camerounais,
Mes Chers compatriotes,
Depuis près de trois ans, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de notre pays sont en proie à une crise, qui met en péril la sécurité et le bien-être des populations qui y vivent, mais a également de profondes conséquences sur l’ensemble de la communauté nationale.
Cette crise, faut-il le rappeler, est née des revendications corporatistes des Avocats et des Enseignants, qui réclamaient la traduction en langue anglaise des Actes Uniformes OHADA et la préservation de la spécificité du système judiciaire et du système éducatif anglo-saxon dans les deux régions.

Dès le départ, fidèle à une option qui m’est chère, j’ai instruit l’instauration d’un dialogue entre le Gouvernement et les organisations syndicales en vue de trouver des réponses appropriées à ces revendications. Les mesures qui ont été prises par le Gouvernement à l’issue de ces concertations, sont allées bien au-delà des revendications de départ. Qu’il me soit permis d’en énumérer quelques unes :
– la traduction en langue anglaise des textes OHADA a été effectuée. Ces textes sont désormais disponibles dans nos deux langues officielles ;
– une Section de la Common Law a été créée à la Cour Suprême, afin de connaitre des pourvois formés contre les décisions des juridictions inférieures, dans les affaires relevant de la Common Law ;
– au plan de la formation des Magistrats, une Section de la Common Law a été créée à l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature. Cette mesure a été accompagnée d’un programme de recrutement des Auditeurs de justice et des Greffiers d’expression anglaise ;
– par ailleurs, un recrutement spécial d’Enseignants bilingues a été mis en œuvre dans l’Enseignement secondaire ;
– au plan judiciaire, un arrêt des poursuites a été ordonné en faveur de certaines personnes interpellées dans le cadre de ces revendications ;
– Une Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du Multiculturalisme a été créée, afin notamment d’examiner en profondeur l’ensemble des sources de frustrations de nos compatriotes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Par la suite, des décisions ont été prises pour accélérer le processus de décentralisation, avec en prime la création d’un Ministère dédié. Les prochaines élections régionales serviront à parachever ce processus, en permettant à nos compatriotes, sur l’ensemble du territoire national, de participer pleinement à la gestion de leurs affaires au niveau local.
Mes Chers compatriotes,
Malgré ces efforts du Gouvernement, des mouvements radicaux, principalement inspirés de l’étranger, ont récupéré et dévoyé les revendications corporatistes. Ils ont ainsi ourdi un projet sécessionniste avec pour but, la partition de notre pays. A cette fin, ils ont constitué et financé des groupes armés qui ont causé un lourd préjudice aux populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Le monde entier a été témoin des atrocités commises par ces groupes armés : mutilations, décapitations, assassinats des éléments des Forces de Défense et de Sécurité, des autorités administratives et des civils sans défense, destructions des infrastructures et édifices publics, incendie des écoles, des hôpitaux, etc.

Je voudrais saisir la présente occasion, pour réitérer mes condoléances les plus sincères et celles de la Nation tout entière à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans le cadre de cette crise. J’adresse également un message de réconfort aux blessés et à toutes les autres victimes à divers titres. Je leur donne l’assurance qu’ils peuvent compter sur la solidarité du Gouvernement de la République et sur celle de la Nation tout entière.
Mes Chers compatriotes,
Les exactions des groupes armés ont poussé des milliers de nos compatriotes à se réfugier dans les autres régions du pays, voire, pour certains, dans des pays voisins où ils sont réduits à la précarité.
Face à ces actes intolérables, les Forces de Défense et de Sécurité ont pris des mesures énergiques, souvent au péril de leur vie, pour assurer leur devoir de protection des citoyens et de leurs biens.
A l’heure actuelle, ces mesures commencent à porter leurs fruits avec l’amélioration de la sécurité et la reprise progressive des activités économiques dans les deux régions.
Mes Chers compatriotes,
Depuis la survenance de cette crise, je n’ai ménagé aucun effort, avec l’aide de Camerounaises et de Camerounais de bonne volonté, pour rechercher les voies et moyens d’une résolution pacifique de celle-ci.
Dans un souci d’apaisement, j’ai même décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires pendantes devant les tribunaux militaires contre 289 personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de cette crise.
Dans le même ordre d’idées, j’ai adressé une offre de paix aux membres des groupes armés, en les invitant à déposer les armes et à bénéficier d’un processus de réintégration dans la société. A cet effet, un Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration a été créé. Les Centres Régionaux de Désarmement accueillent progressivement de nombreux ex-combattants qui acceptent volontairement de déposer les armes. Nous allons continuer à déployer les efforts nécessaires pour que ce processus soit pleinement opérationnel.
Au plan humanitaire, j’ai décidé du lancement d’un vaste plan d’assistance à nos compatriotes éprouvés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. J’ai également créé un Centre de coordination de l’action humanitaire chargé de mettre ledit plan en œuvre. Je voudrais à cet égard, dire merci aux partenaires internationaux qui nous accompagnent dans cette initiative.
Mes Chers compatriotes,

Pour expliquer cette crise, il a souvent été évoqué un sentiment de marginalisation qu’éprouveraient les populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Je voudrais à cet égard redire à nos compatriotes de ces régions, mais également à ceux des huit autres régions du Cameroun, que la marginalisation, l’exclusion ou la stigmatisation n’ont jamais inspiré l’action des différents Gouvernements que j’ai formés depuis mon accession à la Magistrature suprême de notre pays. Certes, aucune œuvre humaine n’est parfaite et dans un pays en développement tel que le nôtre, confronté à de multiples défis et ne disposant que de ressources limitées, de nombreux besoins restent encore insatisfaits, dans toutes les régions.
Fort du soutien massif que vous m’avez accordé lors de la dernière élection présidentielle, je continuerai à œuvrer sans relâche, avec toutes les filles et tous les fils de notre pays, à relever les multiples défis auxquels nous sommes confrontés pour améliorer le bien-être de nos populations, notamment en matière d’infrastructures, d’approvisionnement en eau et en électricité, de couverture sanitaire et d’emploi des jeunes.

Mes Chers compatriotes,
Le 4 janvier dernier, j’ai procédé à un important remaniement ministériel, avec notamment la nomination d’un nouveau Premier Ministre, Chef du Gouvernement. Le choix de ces responsables a, comme à l’accoutumée, été principalement guidé par leurs qualités humaines et professionnelles, leurs compétences et leur expérience. Je voudrais néanmoins souligner que, fidèle à la politique d’équilibre régional que je n’ai cessé de promouvoir, j’ai choisi un Premier Ministre originaire de la région du Sud-Ouest. Son prédécesseur, qui a quant à lui passé près de dix ans à ce poste clé, était originaire de la région du Nord-Ouest. De fait, depuis le 9 avril 1992, les Premiers Ministres, Chefs du Gouvernement, ont été choisis parmi les ressortissants de ces deux régions.

Malgré cela, certains continueront à parler de marginalisation des populations de ces régions. En fait, il y a lieu de reconnaitre, au plan général, que la nature humaine est ainsi faite qu’il n’y aura jamais assez de postes de responsabilité pour satisfaire toutes les régions, tous les départements, les arrondissements, les villes, villages, familles et citoyens de notre pays. Chaque choix continuera de provoquer de la joie lorsque l’on sera distingué et de la tristesse lorsqu’on ne le sera pas.
Il est cependant indispensable que nos mentalités évoluent sur ce point. S’il est nécessaire de tenir compte de l’équilibre régional dans des pays neufs, à la structuration sociologique diverse tel que le nôtre, il est indispensable de rappeler que les Ministres et autres responsables ne sont pas nommés seulement pour servir leurs régions, leurs villages ou leurs familles, mais l’ensemble de la communauté nationale. Ils doivent être au service de l’intérêt général et non des intérêts particuliers.
C’est pourquoi, depuis mon accession au pouvoir, je n’ai cessé et je ne cesserai de mener, avec acharnement, la lutte contre la corruption et les détournements de fonds publics et de promouvoir la bonne gouvernance.

Mes Chers compatriotes,

Depuis la survenance de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, jamais le terme dialogue n’a été autant évoqué, prononcé, voire galvaudé.
A l’interne comme à l’international, chacun y est allé de ses propositions et de ses suggestions. Certaines d’entre elles réalistes, d’autres nettement moins. Les conseils ont afflué. Certains avisés, d’autres intéressés. D’aucuns se sont même risqués à des injonctions.
Des initiatives multiples et diverses ont également fleuri. La plupart du fait de personnes de bonne foi, de pays ou d’organisations véritablement soucieux du devenir de notre pays et du bien-être de nos populations. Qu’il me soit permis de les remercier pour leurs efforts et leurs témoignages d’amitié.
Il y a toutefois lieu de remarquer que la prolifération de ces initiatives s’est parfois malheureusement appuyée sur des idées simplistes et fausses, procédant de la propagande sécessionniste. Il en est ainsi de la prétendue marginalisation des Anglophones, de la persécution de la minorité anglophone par la majorité francophone, du refus du dialogue par notre Gouvernement au bénéfice d’une solution militaire à la crise ou encore des accusations ridicules de génocide.
S’agissant du dialogue lui-même, la question s’est toujours posée de savoir, Avec qui ?
Les nouvelles technologies de l’information et de la communication et notamment les réseaux sociaux ont malheureusement favorisé l’apparition de leaders autoproclamés, d’extrémistes de tout bord essayant d’asseoir leur notoriété par le biais d’injures, de menaces, d’appels à la haine, à la violence et au meurtre.
Or, tuer des gendarmes ou des civils, kidnapper, mutiler, molester, incendier, détruire des infrastructures publiques, empêcher les enfants d’aller à l’école ou les populations de vaquer tranquillement à leurs occupations n’a jamais été, dans aucun pays au monde, source de légitimité pour représenter ou s’exprimer au nom des populations justement victimes de ces exactions.
En démocratie, seule l’élection confère une telle légitimité.
Mes Chers compatriotes,
Les nombreuses consultations que je n’ai cessé de mener au sujet de cette crise, m’ont permis de prendre la mesure de l’ardent désir des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de retrouver le cours normal de leurs vies, de pouvoir de nouveau, en toute sécurité, exercer leurs activités économiques et sociales, de voir les réfugiés et les personnes déplacées revenir et les enfants retrouver le chemin de l’école. La récente tournée du Premier Ministre dans les deux régions a permis de confirmer ce sentiment.
J’ai la ferme conviction, à cet égard, que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et constructives de notre pays, à l’intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité.
C’est pourquoi, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation.
Le dialogue dont il est question, concernera principalement la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Mais il est évident qu’en cela même il touchera à des questions d’intérêt national, telles que l’unité nationale, l’intégration nationale, le vivre-ensemble, il ne saurait intéresser uniquement les populations de ces deux régions.
Il aura donc vocation à réunir, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès.
Il s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc.
Présidé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, ce dialogue réunira une palette diverse de personnalités : parlementaires, hommes politiques, leaders d’opinion, intellectuels, opérateurs économiques, autorités traditionnelles, autorités religieuses, membres de la diaspora, etc. Seront également invités des représentants des Forces de Défense et de Sécurité, des groupes armés et des victimes.
Tout le monde ne pourra, et c’est compréhensible, prendre effectivement part à ce dialogue, mais chacun aura l’occasion d’y contribuer.
En amont de la tenue effective du dialogue, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, mènera de larges consultations, afin de recueillir les avis les plus divers, qui serviront de sources d’inspiration pour la conduite des débats. Des Délégations seront également envoyées dans les prochains jours à la rencontre de la diaspora, afin de lui permettre d’apporter sa contribution à ces réflexions sur la résolution de la crise.
Je voudrais à cet égard en appeler au patriotisme et au sens des responsabilités de tous nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora pour que chacun, où qu’il se trouve, saisisse cette opportunité historique pour contribuer à conduire notre pays sur les chemins de la paix, de la concorde, de la sécurité et du progrès.

Mes Chers compatriotes,
La propagande des sécessionnistes a voulu présenter les décisions de justice récemment rendues à l’encontre d’un certain nombre de nos compatriotes, dans le contexte de cette crise, comme un obstacle au dialogue envisagé.
Il n’en est rien. Je voudrais d’ailleurs en profiter pour préciser que le respect de la règle de droit et la lutte contre l’impunité constituent les piliers de la consolidation de l’Etat de droit, à laquelle nous aspirons tous. Fouler aux pieds la règle de droit et assurer l’impunité à certains citoyens, aboutiraient à préparer le lit de l’anarchie.
Il est donc fondamental, à ce stade, de dissiper les rumeurs selon lesquelles, l’on peut tranquillement piller, violer, incendier, kidnapper, mutiler, assassiner, dans l’espoir qu’un éventuel dialogue permettra d’effacer tous ces crimes et assurera l’impunité à leurs auteurs.
Une telle façon de penser ne peut qu’encourager la perpétuation des violences dans les régions en crise et même en susciter dans les régions où il n’y en a pas, ainsi que nous l’enseigne l’expérience vécue par plusieurs pays dans le monde.
Il est toutefois vrai que dans le cadre d’un dialogue, d’un processus de paix ou de réconciliation nationale, il puisse être envisagé l’éventualité d’un pardon, dans certaines conditions.
Il est tout également vrai qu’aux termes de notre Constitution, le Chef de l’Etat est habilité à user d’un droit de grâce.
C’est d’ailleurs fort de cette habilitation que j’ai adressé, lors de ma récente prestation de serment, une offre de paix aux membres des groupes armés.
Je voudrais solennellement réitérer en ce jour cette offre. Ceux qui volontairement déposent les armes et se mettent à la disposition des centres de DDR, n’ont rien à craindre. Leurs camarades qui s’y trouvent déjà peuvent en témoigner. En revanche, ceux qui persisteront à commettre des actes criminels et à violer les lois de la République, feront face à nos Forces de Défense et de Sécurité et subiront toute la rigueur de ces mêmes lois. Il en est de même des promoteurs de la haine et de la violence qui, confortablement et impunément installés dans des pays étrangers, continuent à inciter au meurtre et aux destructions. Qu’ils sachent qu’ils devront tôt ou tard rendre des comptes à la Justice.
J’en appelle justement aux pays qui abritent ces extrémistes. S’ils se soucient réellement de la situation des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qu’ils agissent contre ces criminels. La plupart n’ont plus la nationalité camerounaise, mais ils passent leur temps à collecter des fonds pour perpétrer des actes terroristes au Cameroun, à commanditer des incendies, des kidnappings et des assassinats et à lancer des mots d’ordre pour empêcher les enfants d’aller à l’école et les citoyens de vaquer tranquillement à leurs occupations.
Mes Chers compatriotes,
La communauté nationale tout entière fonde de grands espoirs sur les assises que je viens d’annoncer. Elle espère y voir l’opportunité pour nos frères et sœurs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de tourner cette page particulièrement douloureuse, d’oublier leurs souffrances et de retrouver une vie normale. Elle espère également voir notre pays poursuivre résolument sa marche vers le progrès, grâce à une réflexion féconde sur les voies et moyens de créer les conditions d’une exploitation optimale des ressources naturelles et du formidable potentiel humain que recèle notre pays. Nous devons donc tous œuvrer à leur succès.

Mes Chers compatriotes,
Au fil du temps, nous avons su tirer parti de notre formidable diversité linguistique et culturelle, du talent de nos filles et de nos fils, de nos efforts et de nos sacrifices méritoires, pour bâtir un pays solide et une Nation forte. Ensemble nous avons relevé de nombreux défis et remporté d’innombrables victoires. Nous avons prouvé que lorsque nous sommes unis, il n’y a pas de difficulté que nous ne puissions surmonter, d’obstacle que nous ne puissions franchir. Nous l’avons prouvé hier. Nous le prouverons encore aujourd’hui et demain. L’avenir de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se trouve au sein de notre République.
Le Cameroun restera un et indivisible.
Vive le Cameroun !

actualité sociopolitique: Paul Biya s’adresse à la nation

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Budget 2020 : Paul Biya fixe les priorités

Paul Biya s’adresse a Paul Biya s’adresse à la nation ce 10 septembre 2019. Le président de la République, via son Cabinet civil, annonce qu’il va parler à son peuple. Après la fausse note d’il y a deux jours. En effet samedi dernier, des sources crédibles avaient annoncé un discours du chef de l’État à la nation. Le dispositif spécial traditionnell pour ce genre de circonstances, avait déjà été préparé, et les équipes spéciales de la Crtv mobilisees pour le tournage, puis à la dernière minute, l’événement a été purement et simplement annulé.

De quoi parlera-t-il? Nul ne peut le deviner avec exactitude. Toujours est-il que la prise de parole de Biya, 37 ans au pouvoir, est rare et est calquée sur les grands moments de la vie de la nation, notamment le 31 décembre et le 10 février à l’occasion de la fête nationale de la jeunesse. Et exceptionnellement lors de grands événements nationaux et internationaux qu’abrite le pays.

Comme en 2008, la nation traverse une période de tensions, avec de nombreuses crises sociopolitiques, et en l’occurrence les revendications sécessionnistes dans les regionq du Nord-ouest et du Sud-Ouest depuis un peu plus un peu plus de 3 ans. Le chef de l’Etat qui a d’abord durci le ton face aux mecontents, a fini par ceder en promettant un dialogue qui s’est qui s’est grippé avant même d’avoir commencé. Entre temps, la communauté internationale exige l’ouverture des pourparlers entre  Yaoundé et les séparatistes.

L’Etat investit 3,157 milliards pour l’éducation dans le NOSO

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Les pouvoirs publics veulent reconstruire les écoles qui ont été saccagées durant la crise anglophone qui sévit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest depuis plus de 3 années. A cet effet, ils viennent de débourser une enveloppe d’un montant d’un peu plus de 3 milliards de francs CFA. Ainsi donc : 982 millions de francs CFA ont été débloqués pour la reconstruction des salles de classe au Nord-Ouest et 712 millions de francs CFA dans le Sud-Ouest, et 855 millions de francs CFA pour les établissements du privé, a déclaré Laurent Serges Etoundi Ngoa ministre de l’Enseignement secondaire, au sortir d’une conférence de presse qu’il a donné la veille de la rentrée du 02 septembre dernier. Laurent Serges Etoundi Ngoa a ajouté qu’une somme de 354 millions FCFA a été allouée en vue de subventionner les écoles dans le Nord-Ouest et 253 millions FCFA, dans le Sud-Ouest. Calcul fait, l’enveloppe déboursée par l’Etat s’élève à 3,157 milliards de franc CFA.
Si les montants alloués traduisent le souci des pouvoirs publics de relancer l’école dans les zones en conflit, ceux-ci restent néanmoins insuffisants au regard de ce qu’il faut investir pour couvrir tous les dégâts causés par la guerre. L’Unicef pense qu’il faudrait au moins 20 millions de dollars, soit environ 11 milliards de FCFA pour répondre efficacement à l’urgence scolaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au courant de l’année scolaire 20192020. L’organisation onusienne en charge de l’éducation, avait indiqué que de nombreux enfants au Cameroun n’ont pas mis les pieds dans une salle de classe depuis trois ans. En raison de l’interdiction de l’éducation par des groupes armés non étatiques et des attaques, et que plus de 80 % des écoles ont été fermées, touchant plus de 600 000 enfants. L’Unicef prône un retour à la normalité et « plaide pour que les écoles et les salles de classe puissent offrir aux enfants des espaces sûrs pour apprendre, pour être avec leurs amis et pour retrouver un sentiment de normalité dans leur vie ». Toby Fricker porte-parole de l’Unicef avait confié lors d’un point de presse donné à Genève que « L e s e n f a n t s e t le u r s familles souffrent au milieu de la violence armée et fuient la violence, les attaques contre leurs maisons et leurs écoles, les enlèvements, la violence sexuelle et le recrutement dans les groupes armés ». Il avait par ailleurs émis le vœu de son organisation de participer aux efforts du gouvernement camerounais, pour assurer aux jeunes des régions affectés par le conflit, un avenir meilleur.
Joseph Essama

Procès Kamto : les médias triés sur le volet

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Les journalistes de la presse nationale et internationale se sont massivement rendus au Tribunal militaire de Yaoundé vendredi dernier pour assurer la couverture médiatique du procès historique de Maurice Kamto et ses alliés. Malheureusement, ils ont été interdits d’assister au procès. « Je suis arrivé au Tribunal militaire aux environs de 8 heures 30 minutes. Les forces du maintien de l’ordre et de sécurité vont me demander de m’identifier. Demande à laquelle je vais poliment satisfaire. Ayant franchi le portail, un second niveau de contrôle s’impose à moi. Je me soumets une fois de plus à cette exigence. Tout poliment, mon interlocuteur me fait savoir que le nom de mon média ne figure pas sur la liste des médias autorisés à couvrir le procès.

Lorsque je fais montre de ma surprise, ce dernier me réponds : je suis désolé gars, on n’y peut rien. Non seulement nous ne pouvons pas accéder à la salle d’audience, nous ne sommes non plus autorisés à attendre à l’extérieur », raconte Florentin Tiokeng du quotidien Mutations. Le jeune journaliste dénonce un cas de « violation du droit du journaliste d’accéder à l’information. De cette violation, découle une seconde, celle du droit au public d’avoir accès à l’information. Pas besoin de rappeler que ces droits sont garantis notamment par la Charte de Munich et la déclaration universelle des droits de l’Homme auxquelles est Etat partie », écrit-il. Emmanuel Ntap de VOA Afrique qui n’a lui non plus, pu entrer dans la salle d’audience est resté posté à l’entrée principale. Il a voulu faire son direct à quelques mètres à l’extérieur, mais un commissaire de police lui a imposé de se diriger vers l’Avenue Kennedy.  Haman Mana, directeur de publication du quotidien Le Jour, est entré dans la salle, mais a été sommé de quitter les lieux parce que « mon nom figurait sur une liste des personnes interdites de se rendre au procès », confie-t-il à Lambert Fotso un autre journaliste qui tentait lui aussi d’entrer.

Si les journalistes de la presse nationale privée et de la presse internationale ont été refoulés, les journalistes de la chaine nationale Crtv, et de quelques médias privés ont eu accès à la salle d’audience.  La plupart des médias éconduits se sont donc contentés de couvrir l’ambiance pas très habituelle qui régnait aux alentours du Tribunal militaire de Yaoundé. Au cours de la conférence donnée par les avocats de Maurice Kamto et ses alliés, au sortir de ce procès, la défense a dénoncé une tentative « de priver l’opinion publique d’un droit fondamental qui lui est reconnu par les textes nationaux et internationaux ». Il faut noter qu’en dehors des journalistes, quelques avocats n’ont pas accédé à la salle. La présidente par intérim du MRC, Tiriane Noah et plusieurs cadres de son parti se sont aussi vus priver l’accès à la salle d’audience où se déroulait le procès.

Procès Kamto : sécurité renforcée et militants déterminés

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Des centaines de policiers, gendarmes et militaires ont été mobilisés vendredi dernier pour assurer la sécurité du procès qui oppose la coalition du MRC au ministère public. Au lieu-dit carrefour intendance, l’on pouvait voir une escouade d’hommes en tenue faire le guet. Tout autour d’eux, un camion anti-émeute et des véhicules de gendarmerie et de police, prêt à démarrer. Mais ce cordon sécuritaire n’a pas dissuadé les partisans du président du MRC. C’est autour de six heures du matin que les partisans de Maurice Kamto ont commencé à affluer vers le tribunal militaire. Malheureusement, plusieurs ont été stoppés par la police qui s’y était postée plus tôt. « Ils ont rebroussé chemin et ont fait foule sous le chapiteau du grand restaurant qui fait face au tribunal militaire », raconte un policier. Au fur et à mesure que l’heure avançait, d’autres militants venaient se joindre à eux et l’on commençait à entendre les militants crier : « libérez Kamto, libérez Kamto ». Tout de suite, quelques badauds venaient aussi se joindre au mouvement. Dans la masse, l’on pouvait voir Sosthène Médard Lipot le secrétaire national à la communication du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun. Mais c’est autour de 10h que la tension commençait vraiment à monter dans les rangs des partisans de Maurice Kamto.

Certains militants lançaient des mots provocateurs  » libérez Kamto, gouvernement de voleur » ou encore  » vous avez volé notre victoire ». Mais toute cette ambiance se passait dans l’ordre jusqu’au moment où la police a traversé pour venir provoquer les manifestants. » Ils ont traversé armes au poing pour nous provoquer, nous nous sommes assis à même le sol et nous avons levé les bras. Un policier nous a dit de rentrer parce que le procès a été renvoyé, nous avons dit que même si le procès a été renvoyé, nous voulons d’abord voir notre président. Puis un d’entre eux a voulu arracher le téléphone de notre camarade sous le prétexte que ce dernier filmait la manifestation. Notre camarade lui a opposé une vive résistance et ses collègues se sont rués sur lui, nous n’avons pas laissé faire et nous nous sommes interposés », raconte un militant du MRC.

Une vive échauffourée s’en est suivie, obligeant les policiers à pointer leurs armes sur les manifestants. Cependant, il n’y a eu aucun tir. Un commandant de gendarmerie et son équipe ont traversé la route pour rejoindre les policiers et ensemble ceux-ci ont obligé les manifestants à battre en retraite. Ils les ont repoussés jusqu’au niveau de l’entrée de l’Etat major de l’armée de l’air. Pendant cette opération, plusieurs personnes dont Sosthène Médard Lipot ont été arrêtés. Autour de 12heures, les militants sont redescendus et se sont de nouveau retrouvés au grand carrefour. Certains d’entre eux commençaient à montrer des signes de fatigue, mais d’autres plus énergiques continuaient à haranguer la foule. De l’autre côté, les policiers se montraient eux aussi exténués par la station debout qu’ils avaient adopté dès les premières heures de la matinée de ce vendredi mémorable. Pendant ce temps le procès commençait à l’intérieur du Tribunal militaire, dans une salle pleine d’hommes et de femmes qui chantaient,  » Nous n’avons qu’un seul président Maurice Kamto, nous sommes là pour lui et nous obtiendrons sa libération ».

Procès Kamto : le film d’une audience sous haute tension

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Le procès de Maurice Kamto ainsi que 91 autres accusés s’est tenu dans une salle exigüe et pleine à craquer ce 6 septembre 2019. Sont venus assister à cette audience, ses militants, les représentants des partis de l’opposition, des ONG et plusieurs activistes partis des quatre coins du pays. Dans cette même salle, une cinquantaine d’avocats. C’est autour de 10 heures 20 minutes que les premiers prisonniers sont arrivés dans un camion, en scandant les chants de leur parti. Une heure plus tard, le véhicule transportant Maurice Kamto et tous les leaders de la coalition a fait son entrée sous forte escorte policière. Paul Eric Kingue, vêtu d’un complet lin blanc est le premier à sortir du car. Il est suivi de Albert Dzongang qui, lors de sa descente est bousculé par un policier qui voulait dire aux prisonniers de ne pas sortir en masse pour éviter que les militants les acclament. Albert Dzongang se montre offensif et lance à ce policier, « lorsque j’étais avec Biya, ce sont des individus comme toi qui me gardaient ». La réponse ferme et sèche, de l’homme politique douche le zèle de cet élément qui est obligé de se ranger. Ensuite sortent Michelle Ndocki, Darling Nguevo, Valsero, Penda Ekoka, Maurice Kamto, puis Alain Fogue arborant un t-shirt blanc sur laquel il est marqué « non au hold up électoral ».

L’intérieur de la salle où se trouvaient les militants commence à surchauffer. Au moment où le premier prisonnier foule l’entrée du prétoire, les militants entonnent des chants en criant « Maurice Kamto président ». Ce soutien galvanise d’avantage tous les prisonniers qui affichent chacun un sourire au coin. 12h 02 minutes, l’audience est lancée et durera moins de 30 minutes. Après les usages protocolaires, le greffier prend la parole pour lire les accusations portées contre Maurice Kamto et les siens. Puis il est interrompu par les avocats de la défense qui suggèrent « aux juges de respecter l’article 302 de la police d’audience pour assurer aux prévenus un procès équitable, une salle plus aérée et plus grande, l’ouverture des audiences au public e t à t o u s le s m é dia s » , raconte Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits de l’homme du Cameroun et en Afrique Centrale (Redhac), présente dans la salle. Au bout de 23 minutes, Christian Penda Ekoka, président du Mouvement AGIR fait un malaise et est transporté de toute urgence à l’hôpital central de Yaoundé. L’audience est suspendue pendant plus d’une heure. Elle reprend autour de 13 h30 et à peine relancée, la présidente du Tribunal militaire de Yaoundé, l’officier magistrat militaire Abaga Mbezoa renvoie le procès au 08 octobre.

Uniffac : le Cameroun perd définitivement sa visibilité

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Séidou Mbombo Njoya s'est laissé effacer par Gustavo Ndong

Le Cameroun ne présidera pas l’Union des Fédérations de Football d’Afrique Centrale (Uniffac). Et pourtant l’ambition n’avait pas manqué au départ. Mais au moment de l’élection tenue le 31 août 2019 à Libreville au Gabon, Séidou Mbombo Njoya, le président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), a jeté l’éponge. Abandonnant ainsi en course, Gustavo Ndong Edu Akumu, le président de la Fédération Equatoguinéenne de Football (Féguifoot). Du coup, le président intérimaire de l’Uniffac a été élu par acclamation. Mais le Cameroun disparaît complètement du bureau de l’instance. D’autant plus que le pays de Séidou Mbombo rentre bredouille de Libreville. La première vice-présidence revient au congolais Jean Guy Blaise Mayolas et la seconde au tchadien Moctar Mahamoud Hamid. Les simples membres sont Célestin Yanindji de la Centrafrique et Domingo Monteiro de Sao Tomé et Principe. Le Gabon se contente d’abriter le siège de l’Uniffac. Seuls le Cameroun et la République Démocratique du Congo ne figurent pas dans le bureau.

Depuis mars 2019, c’est Gustavo Ndong qui assurait la présidence de l’Uniffac, suite à l’interpellation en France de Patrice-Edouard Ngaissona, ex président de la Fédération Centrafricaine de Football, jadis chef rebelle, dans le cadre des troubles sociopolitiques qui ont secoué la Centrafrique ces dernières années. Le poste vacant que l’ex homme fort du football d’Afrique centrale occupait depuis 2017, a été occupé provisoirement par son premier vice-président. Jusqu’à cette élection.

C’est une nouvelle ère qui s’annonce pour l’Afrique centrale. Du moins, à en croire les souhaits émis à Libreville. «Notre sous-région doit reprendre la place qui est la sienne dans l’échiquier du football continental », a lancé le nouvel élu. A cet effet, « je sollicite la participation de toutes les fédérations. J’invite tout le monde à travailler main dans la main, dans l’harmonie pour que l’Uniffac prenne définitivement son envol », a-t-il appelé ses pairs au travail. Rejoignant Constant Omari, le président de la Fédération Congolaise (RDC, Ndlr) de Football (Fécofoot), premier vice-président de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui présidait les travaux en représentant l’instance faîtière du football africain. « Il est temps de quitter les arènes politiques pour parler du développement du football dans la sous-région Afrique centrale. Redonnez à notre sous-région toutes ses lettres de noblesse, car notre sous-région, leader du football continental, ne doit plus être à la traîne », a prescrit Constant Omari. Mais ce nouvel élan se fera sans une main forte du pays qui jusqu’ici demeure le véritable leader de cette sous-région, notamment en termes de représentativité sur la scène continentale et mondiale. Il faudra attendre quatre ans, la durée du nouveau mandat, pour espérer voir le Cameroun parmi les décideurs.

Jeux africains 2019 : objectifs non atteints pour la team Cameroon

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Mandatory Credit: Photo by Mark Schiefelbein/AP/Shutterstock (9582480c) Clementine Meukeugni Noumbissi of Cameroon holds her bronze medal during the medal ceremony for women's 90kg weightlifting at the Carrara Sports Arena during the 2018 Commonwealth Games on the Gold Coast, Australia Clémentine-Meukeugni-Noumbissi-trois-médailles-aura-permis-de-rêver-en-haltérophilie

Si le pays des Lions indomptables termine en apothéose en remportant la finale de volleyball masculin devant le Cap vert (3 sets à zéro), la chasse aux métaux aura été difficile pour les athlètes camerounais engagés aux 12èmes jeux africains qui se sont terminés le 31 août 2019 à Rabat au Maroc. Le Cameroun ramène un total de 28 médailles dont cinq en or, 14 en argent et 9 en bronze. Et ce sont les sports de combat/arts martiaux qui ont permis que l’hymne du Cameroun retentisse en terre marocaine. Quatre fois sur cinq. Et ce sont l’haltérophilie (Clémentine Meukeugni Noumbissi, 87 kg dames), le judo (Hélène Wezeu Dombeu, 57-63kg dames), le karaté (Etienne Martial Nonani Bayomog, -75kg messieurs) et la lutte libre (Joseph Emilienne Essombe Tiako, 53 kg dames) qui ont ainsi arraché chacun le meilleur métal. Le volleyball messieurs ayant in extrémis sauvé l’honneur des sports collectifs sur la plus haute marche du podium.

Sur les 12 disciplines auxquelles étaient engagés les 121 athlètes camerounais, neuf ont pu obtenir au moins une médaille. Et l’haltérophilie a été la plus grande pourvoyeuse de métaux. Outre l’or de Clémentine Noumbissi, la discipline a engrangé huit autres médailles en argent. Le karaté arrive en seconde position avec une en or et quatre en bronze. Talonné de près par le judo et la lutte qui s’en sortent chacun avec une en or, une en argent et deux en bronze. Le volleyball place ses deux formations le volleyball (masculine et féminine) au sommet et au milieu des marches. Les quatre autres disciplines se content chacune d’une seule médaille. Ce sont le football féminin, le tennis de table, le handball et la boxe.

En tout, le Cameroun s’en sort avec 28 médailles dont 5 en or, 14 en argent et 9 en bronze. Soit trois de moins qu’il y a quatre ans. Et pourtant, « on se referait à Brazzaville 2015 ; on voulait faire mieux », envisageait le colonel Kalkaba Malboum. Mieux, « nous voulions être classés parmi les cinq premiers », regrette le président du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc). La délégation que l’homme conduisait se classe 11ème rang sur 42 pays participants. A Brazzaville, le Cameroun avait terminé 8ème avec ses 31 médailles récoltées dont sept en or, huit en argent et 16 en bronze. Seul le nombre de médailles en argent s’est amélioré. Le patron du Cnosc en tire les leçons et promet « que nous allons travailler pour transformer les médailles de bronze et d’argent en de meilleures la prochaines compétitions ». Mais déjà, le Cameroun au fil des ans réduit ses effectifs, et peine toujours à consolider les acquis. Si Wilfried Seyi, boxeur qui était une chance de médaille a pu revenir défendre les couleurs du pays (sans pouvoir remporter de médaille), Auréole Dongmo qui est une habituée des hautes compétitions, n’a pas finalement rejoint la délégation, alors que la lutteuse, régulièrement au podium des Jeux africains, de la Francophonie et du Commonwealth, était annoncée.

Au classement général, l’Egypte domine la compétition en arrachant 273 médailles dont 102 en or, 98 en argent et 73 en bronze. Le Nigeria et l’Afrique du Sud complètent le podium avec respectivement 127 et 87 médailles. Même si elle compte 125 médailles, l’Algérie échoue au piedd du podium pour avoir davantage obtenu du bronze (60, pour 323 en or et 32 en argent). Le pays organisateur connaît la même situation et ferme le tableau des cinq meilleurs. Le Maroc termine avec 109 médailles dont 31 en or, 32 en argent et 46 en bronze.

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