vendredi, mai 8, 2026
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Climat des affaires : Express union charge la Commission nationale de la Concurrence

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Express Union excédé, charge la Commission nationale de la Concurrence

es lecteurs se souviendront que la Commission Nationale de la Concurrence il y a 04 ans dans une affaire opposant 02 entreprises nationales opérant dans le transfert d’argent et bien d’autres activités, a fait preuve d’une diligence sans pareille pour rétablir chacune de ces sociétés dans ses droits. Diligence qui avait été saluée par les uns et les autres au regard des enjeux en cours.

Curieusement, la même diligence n’est pas observée lorsqu’il s’agit d’une affaire opposant une entreprise nationale à une multinationale ; dans ce cas de figure et pour les litiges actuellement pendants dans cette instance, tout est mis en œuvre par cette instance pour saper les entreprises nationales, voire détruire le tissu économique national alors que les griefs portés à son attention sont fondés et ne sauraient traîner pour être résolus. Les errances de la CNC sont légions et se traduisent par ce qu’on pourrait qualifier de : laxisme complice de la Commission Nationale de la Concurrence.

Pour rappel, depuis pratiquement trois (3) ans, Orange S.A et MTN S.A font feu de tous bois pour asphyxier l’entreprise citoyenne Express Union S.A qui a pourtant saisi en son temps, et sans effet notable, tant les autorités judiciaires qu’administratives ; notamment la Commission Nationale de la Concurrence.

Lorsque le 30 novembre 2017, la Commission Nationale de la concurrence a rendu publique sa décision N° 2017- D-003/CNC portant « recevabilité de la requête de la Société Express Union Fiance SA dans l’affaire contre les sociétés MTN Cameroun SA et Orange Cameroun SA », les dirigeants et clients de Express Union, cette entreprise nationale croyait être parvenue à la fin de la torture financière que leur imposent ces multinationales depuis 2016. C’est en effet à cette période notamment le 07 juin 2016, que MTN Cameroun a suspendu sans raison le menu * 050# notamment l’option « 1 transfert d’argent » pour empêcher à Express Union d’utiliser le code USSD pour le transfert électronique d’argent. L’article 1er de cette décision de la Commission Nationale de la Concurrence stipule « la requête de la Société Express Union Finance SA contre Mobile Téléphone Networks Cameroun SA et Orange Cameroun SA est recevable ».

Du 30 novembre 2017 à ce jour, le dossier n’a pas véritablement évolué au niveau de la Commission nationale e la concurrence où les débats tardent à s’ouvrir. De façon nonchalante la Commission Nationale de la Concurrence en est encore à des échanges de mémoires dont le dernier en date est celui d’Express Union le 15 février 2019. Depuis là, plus rien malgré la relance du Conseil de la société Express Union qui est stupéfait de cette lenteur.

Bataille judiciaire

Sachant être dans un Etat de droit, les dirigeants d’Express Union Finance S.A avaient saisi à date la justice et obtenu gain de cause. En effet, le Tribunal avait vidé son délibéré le 24 janvier 2017 en faveur de Express Union Fiance SA, obligeant MTN Cameroun à rétablir code *050# de Express Union sous astreinte de 500 00 F CFA par jour de retard. Curieusement et contre toute attente, le Menu sera à nouveau suspendu le 31 Mai 2017 après que MTN-Cameroun ait sans raison porter les frais d’accès de 20 francs CFA à 220 francs CFA. En rappel on se souvient que c’est face à cette suspension abusive que Express Union Fiance SA avait le 05 septembre 2017 saisit la Commission Nationale de la Concurrence pour pratiques anti concurrentielle et position dominante.

Une requête conforme à la loi N° 98/13 du 14 juillet 1998 relative à la Concurrence dont l’article 3 indique clairement : « toutes pratiques qui auraient pour effet d’empêcher, de fausser ou de restreindre de manière sensible l’exercice de la concurrence au niveau du marché intérieur sont interdites ».

En effet, MTN-Cameroun et OrangeCameroun en suspendant le portail USSD et en augmentant plus tard le coût d’accès à ce portail violait par conséquent cette loi pour empêcher à Express Union Finance S.A de développer son service Express Union Mobile money.

Ce qui constitue l’infraction de position dominante prévue et punie par la loi du 14 juillet 1998. Pour être plus précis, voici ce que dit l’article 11 de ladite loi : « une entreprise ou un groupe d’entreprises abuse de sa position dominante sur le marché lorsqu’elle s’adonne aux pratiques ayant pour effet de restreindre d‘une manière sensible la concurrence sur ledit marché ».

Il est évident que MTN-Cameroun et Orange –Cameroun, en augmentant à 600% le coût d’accès au portail USSD au détriment de Express union Finance SA usaient de leur position dominante. Toute chose qui porte atteinte à la libre concurrence.

Or après ce constat fait et après avoir admis le 30 novembre 2017 la requête de Express Union Fiance SA, contre MTN et Orange, il ne restait plus à la Commission Nationale de la Concurrence que de sévir, c’est-à-dire d’appliquer la loi N° 98/013 du 14 juillet 1998. Le chapitre II de cette loi traite des sanctions. L’article 24 stipule ; « les infractions aux dispositions de la présente loi peuvent donner lieu aux amendes, aux injonctions de mettre fin aux pratiques incriminées et éventuellement, être assorties d’astreinte et de paiement des dommages et intérêts ».

Qu’est ce qui bloque donc l’application de cette disposition ? Qu’est ce qui justifie le laxisme de la Commission Nationale de la Concurrence ? Pourquoi ne veut-elle pas sévir ? Y at-il des complicités entre la Commission Nationale de la Concurrence et ces multinationales ? Dans tous les cas, à Express Union, on attend l’application de la loi de 1998. Notamment de l’article 25 qui indique clairement que « lorsque la Commission nationale de la Concurrence conclut qu’une entreprise abuse de sa position dominante au sens des dispositions de l’article 11 de la présente loi, elle ordonne à celleci de mettre fin aux pratiques mises en cause ». Traduction : MTN et Orange doivent mettre fin à la concurrence déloyale vis-à-vis de Express Union Finance non sans payer les dommages et intérêts conséquents.

Bataille judicaire, bataille administrative

Il faut reconnaître que Express Union a à ce jour exploré les voix de recours nécessaires notamment la CNC et la justice. Ainsi, la Cour d’Appel du Centre avait condamné MTN-Cameroun « aux dépens » le 20 juillet 2018. L’extrait de plumitif de l’audience de référés de cette Cour stipule en son arrêt N° 454/REF du 20 juillet 2018/ « statuant publiquement, contradictoirement à l’égard des parties, en chambre civile de référé, en appel, en collégialité et à l’unanimité, en la forme : reçoit l’appel. au fond : se déclare compétent. déclare l’action de la société express union recevable. Confirme l’ordonnance entreprise. Condamne l’appelante aux dépens ». On pourrait donc se demander qu’attend donc la CNC pour sévir ?

Accès libre aux codes ussd : le Cameroun en retard

Le portail USSD *050# est le code qui permet à tout utilisateur des services d’Express Union Mobile Money d’accéder au réseau de tous les opérateurs de téléphone mobile contre paiement des frais d’un SMS (c’est-à-dire au plus 20 francs). Mais depuis 2017, MTN Cameroun et Orange Cameroun multiplient des techniques pour empêcher aux clients d’Express Union Mobile Money de faire leurs opérations de transfert. Une manière pour ces multinationales de protéger leurs intérêts et de faire la concurrence déloyale à Express Union, car venu faire la téléphonie mobile, MTN et Orange se sont lancés dans le transfert d’argent sans qu’on ne sache sous quelle base juridique cette mutation a été faite.

Que fait le gouvernement pour protéger les entreprises locales ?

En pareille circonstance, la mission première de l’Etat devrait être de protéger l’entreprise locale face à la concurrence déloyale des multinationales. Notre voisin, le Sénégal l’a si bien compris. En effet, selon Abdou Karim Sali, DG de l’ARTP, le codes USSD jusqu’ici détenus et exploités au Sénégal par les opérateurs de téléphone sont désormais ouverts à tous en particulier les fournisseurs de service à valeur ajoutée. L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) du Sénégal qui a procédé récemment à la cérémonie de lancement à Dakar entend par cette décision « renforcer la concurrence dans le secteur des télécommunications ; en particulier, sur le segment de la téléphonie mobile ».

Toujours au Sénégal et dans le souci d’assainir la Concurrence, l’ARTP a procédé l’annulation des bonus des paiements marchands depuis le 08 Juillet dernier ; avec cette mesure, l’ARTP met ainsi fin aux pratiques anticoncurrentielles des opérateurs de téléphonie mobile qui consistaient à offrir des bonus au client qui a payé sa facture via le mobile money et qui entraient en conflit avec les règles de la concurrence. Il est grand temps pour le Cameroun de copier ce bel exemple qui ne vient pas de loin, dans ce monde où la dématérialisation est effective.

Jean Luc Fassi

E-commerce : Pourquoi Afrimarket a été mis en liquidation judiciaire

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Afrimarket en liquidation judiciaire (ph.Sikafinance)

Après dix ans d’activités en Afrique dont le Cameroun, la start up française spécialisée dans le e-commerce a demandé au tribunal de commerce de Paris sa mise en liquidation judiciaire. Cette décision s’est imposée aux fondateurs Rania Belkahia et Jeremy Stoss après le retrait de nouveaux investisseurs du processus de levée de fonds en fin juillet dernier. A cela s’ajoute la prédominance de la licorne du e commerce africain Jumia et la tension de trésorerie. En effet, Afrimarket voulait réunir des fonds pour assurer son extension sur le continent et résister à Jumia qui avait levé près de 200 millions de dollars lors de son entrée à la bourse de New York en avril dernier. « Dans le courant de l’année dernière, nous avons commencé à chercher des investisseurs pour un tour de table de 20 millions d’euros et nous sommes entrés en discussions avec plusieurs fonds. Nous étions en due-dil (process d’audit pré-levée) avec plusieurs acteurs. Deux d’entre eux se sont positionnés dans la dernière ligne droite, mais nous ont lâché au milieu de l’été. Le principe d’une start-up est que si on ne la finance pas, elle s’arrête », explique Rania Belkahia, cofondateur d’Afrimarket. Et de reconnaître : « Je comprends que les investisseur soient frileux à propos du e-commerce en Afrique, reconnaît Rania Belkahia. Il y a des marges faibles, des problèmes opérationnels qui peuvent faire perdre de l’argent. Et puis nous étions dans une situation complexe avec un acteur [Jumia, qui a levé 200 millions d’euros en avril 2019, ndlr] prenant de l’avance après avoir levé plusieurs centaines de millions, ce qui suscite la peur du winner takes ».

En effet, depuis sa création en 2013, Afrimarket avait misé 50 millions d’euros dont 20 millions en quatre levées de fonds, le reste en concours bancaire et en réinvestissement de chiffre d’affaires. A partir de 2018, alors que la start-up parisienne atteignait un chiffre d’affaire de 30 millions d’euros, ses fondateurs ont cherché à lever 20 millions d’euros supplémentaire pour renforcer sa croissance. En 2019 Afrimarket était devenue à la fois une marketplace, une plateforme de paiement en ligne et de logistique, avec ses livreurs sa flotte de véhicules.

Présent en Côte d’ivoire, au Sénégal, au Mali, au Cameroun et au Bénin, cette mise en liquidation judiciaire d’Afrimarket va fait perdre près de 250 emplois dans le monde. « La priorité est maintenant d’accompagner les salariés pour la suite, ils ont été formés au e-commerce et disposent d’une valeur forte sur le marché l’emploi », souligne Rania Belkahia.

Par Ghislaine Ngancha

Agroindustrie: L’Apme promeut le made in Cameroon

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Le constat est clair. 80 % des Petites et Moyennes Entreprises et Très Petites Entreprises (TPE) ont du mal à fidéliser leurs clients ou en à recruter de nouveaux. De même que 50 % de promoteurs de ces entreprises gèrent eux-mêmes l’aspect commercial, la production, l’administration et les finances de leur structure. Et, plus de 75 % des échecs commerciaux n’ont aucun rapport avec la qualité des produits de l’entreprise mais des problèmes de visibilité que connaissent ces structures. Ces chiffres révélés jeudi dernier à Douala lors du lancement du programme Compack-Q par l’Agence des Petites et Moyennes Entreprises (Apme) présentent la situation inquiétante dans laquelle se trouve les Très Petites et Petites Entreprises Camerounaises.

C’est donc améliorer la visibilité commerciale et marketing du made in Cameroon pour une meilleure compétitivité et pour juguler ces maux que l’Apme a entrepris de former les promoteurs de PME et TPE aux bonnes stratégies de marketing afin d’être plus offensifs sur le marché local et international. Ceci à travers le programme Compack-Q qui vise à soutenir la visibilité marketing et commerciale des produits locaux sur le marché. Il a également pour but d’accompagner les PME du secteur agroindustriel à fort potentiel de croissance et de création d’emplois en vue d’améliorer la qualité des produits, l’identité visuelle des produits grâce aux opérations de packaging/design, l’émergence et le développement d’une industrie locale d’emballages structurée et compétitive.

Ainsi, la centaine d’entrepreneurs ayant pris part à cette session de renforcement des capacités ont pu être outillé sur l’adoption du marketing viral (exploitation des réseaux sociaux pour donner de la visibilité aux produits) ; l’influence du rythme de la consommation par le conditionnement ; l’élaboration et la diffusion des supports de la présentation de la structure ou de sa production ; l’analyse des retours de marché et la veille concurrentielle. « Le produit doit se retrouver dans un environnement entrepreneurial qui est lisible c’est-à-dire structuré et organisé. Il faut mettre en pratique certaines règles simples en fonction de la structure du marketing qui se base essentiellement sur des piliers que sont le produit, le prix, la distribution, la promotion et la communication », Emmanuel Mbeleck, expert marketing et consultant à l’Apme.

L’Apme envisage également de connecter dans les prochains jours, les entrepreneurs au numérique dans le but de leur rapprocher de leur client. Ceci en les outillant aux Nouvelles Technologies et de l’Information et de la Communication. « Lorsque vous entrer dans les supermarchés, nos produits n’ont pas encore la place qu’ils devraient avoir. Nous allons avoir des accompagnements en entreprise sur la qualité, le marketing et l’emballage. Nous allons aider nos PME a avoir des produits normalisés, à pouvoir faire des analyses de qualité et améliorer leurs parts sur le marché local », a fait savoir Josué Bikon, chef de division et du développement de la restructuration des PME.

Par Ghislaine Ngancha

Chan 2020 : Un comité d’organisation francophone et sans footballeurs

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Chan 2020: L'organisation est une affaire de bureaucrates

A quatre mois du démarrage du Championnat d’Afrique des nations (Chan), le Pr Narcisse Mouelle Kombi a signé une décision constatant la composition du Comité d’organisation du tournoi final. Au premier regard, le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) se partagent le « bifteak », presqu’équitablement. Ignorant les techniciens de terrain et les anciens footballeurs camerounais dont la réputation est établie à travers le monde. Aucun ancien Lion indomptable, ni footballeur d’envergure n’a frappé à l’œil de ceux qui avaient la charge de désigner leurs représentants au sein du Comité.

Comme il était attendu de par le décret présidentiel du 4 juin 2019 portant création, organisation et fonctionnement du Comité d’organisation local du Championnat d’Afrique des nations de football (Chan Total 2020) et de la Coupe d’Afrique des nations (Can Total 2021), c’est le ministre des Sports qui préside ce comité ; avec comme vice-président Séidou Mbombo Njoya, en sa qualité de président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). Issa Hayatou, ex président de la Confédération africaine de football (Caf) agira en conseiller spécial. Comme membres, la Fécafoot a placé trois autres membres du Comité exécutif : ce sont Aboubakar Alim Konaté, Joshua Osih et le colonel Akini Benoit, respectivement 1er, 2ème vice-président et membre dudit Comité. Le Minsep, lui, y a inscrit Zachée Robert Théophile Benga et Miche Dissake Mbarga, respectivement secrétaire général et inspecteur général des services. Le Comité de préparation des Can y est représenté par Jean Claude Etogo et François Félix Ewane. La liste des membres est complétée de fait par les présidents des comités de sites, non encore connus. David Tonye N’Hanack, directeur du tournoi, est rapporteur assure En attendant que la Caf désigne son représentant.

La composition du Comité d’organisation

Comme cela apparaît dans cette équipe, c’est un Comité exclusivement francophone. Si plusieurs de ses membres peuvent s’exprimer en langue de Molière, il reste que tous ces membres sont Francophones de culture et de formation. De même, et comme le veulent les autorités du football camerounais depuis 2014, les footballeurs de métiers assisteront en spectateurs aux travaux de l’organisation de la prochaine fête sportive du football masculin sur le continent. Même Joseph Antoine Bell qui fait partie du Comip-Can, n’a pas bénéficié toujours des faveurs des décideurs de Yaoundé. C’est une affaire de bureaucrates et de politiques. La Caf ayant pourtant attiré l’attention du Cameroun sur l’absence d’anciens footballeurs dans le Comité d’organisation de la « défunte » Can 2019.

Dialogue national : les clés du succès

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Dialogue national : les clés du succès

J’ai la ferme conviction, à cet égard, que le moment est venu de mobiliser toutes les forces positives et constructives de notre pays, à l’intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité. C’est pourquoi, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours, un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation ». C’est en ces termes que le dialogue a finalement été annoncé. Et ce de la bouche la plus autorisée, celle du président Paul Biya. Dans son adresse très inhabituelle du 10 septembre dernier, il a lui-même reconnu que, « Depuis la survenance de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, jamais le terme dialogue n’a été autant évoqué, prononcé, voire galvaudé ». Et d’ajouter que, « A l’interne comme à l’international, chacun y est allé de ses propositions et de ses suggestions. Certaines d’entre elles réalistes, d’autres nettement moins. Les conseils ont afflué. Certains avisés, d’autres intéressés. D’aucuns se sont même risqués à des injonctions. Des initiatives multiples et diverses ont également fleuri. La plupart du fait de personnes de bonne foi, de pays ou d’organisations véritablement soucieux du devenir de notre pays et du bienêtre de nos populations. Qu’il me soit permis de les remercier pour leurs efforts et leurs témoignages d’amitié ». Longtemps scandé, invoqué, imploré, dénié, contesté et redouté, le dialogue est pour ainsi dire désormais acté. La question qui se pose désormais étant : que faire pour qu’il soit un succès ?

De la qualité des préparatifs

 Il est clair que la qualité et partant la « productivité » du grand dialogue national dépendra de la qualité des préparatifs. Par ceux-ci, s’entend la sélection des participants, la préparation des dossiers à traiter durant ce dialogue national et la convocation des acteurs concernés. A cela, il faut indéniablement ajouter les questions d’ordre logistique telles que le transport, la nutrition, le logement, le matériel du secrétariat, les moyens et outils de communication, etc. En effet, entre la date de son annonce et celle de sa tenue future, il s’écoulera à peu près trois semaines seulement. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il reste très peu, voire trop peu de temps. Il est alors impérieux que toutes les parties prenantes et concernées à divers titres puissent pendre toutes les dispositions pour une tenue et une participation optimales, en se mettant immédiatement au travail. Il s’agit surtout pour les organisateurs d’éviter ces maladies bien camerounaises qui voudraient que chaque évènement soit une occasion de pillage des ressources publiques par le biais des surfacturations et autres détournements, de promotion de ses proches, de mise en scène personnelle et de règlements de comptes.

De La qualité des acteurs

Ces préparatifs permettront également à coup sûr de garantir une meilleure qualité des acteurs. Dans son discours, Paul Biya a fait savoir à juste titre et à ce propos que, « présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement, ce dialogue réunira une palette diverse de personnalités : parlementaires, hommes politiques, leaders d’opinion, intellectuels, opérateurs économiques, autorités traditionnelles, autorités religieuses, membres de la diaspora, etc. Seront également invités des représentants des forces de défense et de sécurité, des groupes armés et des victimes ». Avant d’ajouter, comme pour recadrer les uns et les autres : « Tout le monde ne pourra, et c’est compréhensible, prendre effectivement part à ce dialogue, mais chacun aura l’occasion d’y contribuer ». Et comme pour consoler l’immense majorité qui voudrait bien y prendre part, sans pour autant pouvoir le faire, il dira, « en amont de la tenue effective du dialogue, le Premier ministre, chef du gouvernement, mènera de larges consultations, afin de recueillir les avis les plus divers, qui serviront de sources d’inspiration pour la conduite des débats. Des délégations seront également envoyées dans les prochains jours à la rencontre de la diaspora, afin de lui permettre d’apporter sa contribution à ces réflexions sur la résolution de la crise ». C’est ici que se jouera en très grande partie la qualité du grand dialogue national où tout dépendra de la crédibilité des acteurs qui seront convoqués tant pour les consultations préliminaires que les débats à proprement parlé. Et dans ce cadre, une attention particulière devra être portée sur la légitimité de l’élite anglophone qui prendra part au débat. Il est clair que bon nombre d’entre eux, qui occupent pourtant des hautes fonctions, sont vomis par les populations de leurs localités d’origine, certains étant purement et simplement accusés d’avoir très largement contribué à envenimer la situation par leurs paroles et leurs actes. Par ailleurs, des personnalités ayant pignon sur rue et mieux écoutées des populations n’ont jusqu’à présent eu voix au chapitre. Il en est non seulement des leaders des bandes armées, des mouvements sécessionnistes, mais aussi de l’opposition républicaine et de la société civile contestataires. Par conséquent, le gouvernement se doit d’éviter à tout prix un entre soi, fort confortable, entre ceux qui pensent dans le même sens que lui, au risque de se retrouver dans un monologue qui sera assurément improductif.

De la qualité des thèmes abordés

S’agissant des sujets à aborder, Paul Biya a fait savoir que : « Il s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc. ». Ainsi dit, c’est en même temps tout et rien à la fois. Le diable se trouvant dans les détails. Il appartient alors à ceux en charge de l’organisation de veiller à ce que dans chacun de ces domaines sus-évoqués, que l’on aborde effectivement les points les plus préoccupants, en évitant d’escamoter les sujets et surtout les positions qui fâchent. C’est à cette condition que l’on sera sûr que les résolutions qui seront prises intéresseront les populations car ayant de la pertinence à leurs yeux et de l’efficience dans leurs vies.

De la qualité des résolutions

Concernant ces résolutions, tout dépendra également des mécanismes de leur adoption. Pour cela, il conviendra de laisser tout le monde exprimer in extenso ses points de vue, les justifier et en juger de la pertinence, non sur la base des appartenances partisanes ou ethniques, mais uniquement sur la qualité des arguments qui les accompagneront et surtout sur la possibilité de ceux-ci de contribuer à la résolution de la crise. Pour cela, une bonne dose d’honnêteté et d’humilité seraient la bienvenue de la part du gouvernement très souvent arrogant au point de nier les réalités les plus évidentes. D’autre part, ces résolutions ne devront pas être de simples suggestions ou recommandations, de véritables directives coercitives qui engageront toutes les parties prenantes et intéressées à la crise anglophone. De même, celles-ci devraient préciser strictement leur période de mise en oeuvre. Au risque de se retrouver avec un simple chapelet de bonnes intentions.

De la qualité des institutions

Pour justement garantir la bonne exécution des résolutions, et par-là le succès de ces assises, tout dépendra également de la nature des institutions en charge de leur implémentation. Comme au sortir de la tripartite en 1991, la très grande majorité des résolutions qui y seront adoptées devront être traduites en lois ordinaires et constitutionnelles. Une très faible marge devant être laissée aux textes règlementaires tels que les décrets et autres arrêtés. Ceci pour leur accorder toute la force symbolique et juridique nécessaires, eu égard à la nature hautement historique de la crise.

Par Moussa Njoya, politologue ( Défis Actuels No 419)

Mamadou Mota écope de 2 ans de prison

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Le sort de Mamadou Mota est désormais connu, il vient d’être condamné à deux ans d’emprisonnement ferme par le Tribunal de Première Instance d’Ekounou. Le numéro deux du parti de Maurice Kamto a été reconnu coupable, lundi dernier, de « rébellion en groupe », lors des mutineries qui sont survenues à la prison centrale de Kondengui le 22 juillet dernier. Mamadou Mota est ainsi condamné après un procès qui aura duré moins d’un mois. Après cette sentence, Le militant du MRC a dénoncé un procès politique. « Je ne suis pas un rebelle, lors de la mutinerie de la prison, j’avais été appelé par le régisseur pour apaiser les détenus anglophones » , a-t-il expliqué à nos confrères de Jeune Afrique. Olivier Bibou Nissack porte-parole de la coalition et ses alliés ont martelé que tout au long de ce procès les prisonniers anglophones n’ont eu de cesse de dire que Mamadou Mota n’était pas de la manifestion. « Malgré cela, il a été condamné sans aucun élément de preuve qui l’accable » , a déploré un membre de sa famille . Ses avocats n’ont pas aussi manqué d’exprimer leur mécontentement suite à cette décision. « N o u s allons interjeter appel de ce jugement, car aucune preuve n’a é t é apportée pour soutenir l’accusation » , a annoncé Me Emmanuel Simh, avocat des condamnés du MRC. Selon Sosthène Médard Lipot, le chargé de la Communication du MRC, un appel a été déposé d’ores et déjà à la Cour d’Appel du centre. Interpelé en juin pour avoir organisé une manifestation en vue de dénoncer le hold-up électoral et demander la libération de Maurice Kamto et des autres partisans du MRC arrêtés au début de l’année, Mamadou a été écroué à la prison de Kondengui. Dans la matinée du 22 juillet, de nombreux détenus de la crise anglophone et du MRC ont entamé une manifestation à l’intérieur de la prison de Kondengui, ils revendiquaient l’amélioration de leurs conditions de vie et la diligence de leur procédure. Dans une vidéo virale, l’on pouvait apercevoir Mamadou Mota au milieu des manifestants, jouant le rôle d’interprète entre les prisonniers anglophones et les autorités de l’administration pénitentiaire. Pendant ces émeutes, une partie de ce pénitencier a été incendiée, obligeant les forces de l’ordre et les sapeurs-pompiers à intervenir.

                                Série de Condamnation
D’autres détenus du MRC ont aussi écopé des peines d’emprisonnement ferme à la suite de Mamadou Mota. Wilfried Siewe et Serges Branko Nana, ont respectivement été condamné à deux et trois ans d’emprisonnement ferme, pour rébellion en groupe. Dr Ngono et quatre autres militants ont quant à eux été déclarés non coupables. L’activiste et animateur radio Mancho BBC écroué dans le cadre de la crise anglophone a lui aussi été condamné à deux ans d’emprisonnement ferme. Ces séries de condamnation tombent alors que vient de s’ouvrir devant le Tribunal Militaire le procès de Maurice Kamto et 91 autres accusés du MRC et de sa coalition.

Du timing des décisions publiques au Cameroun

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Le 20 aout dernier, les leaders sécessionnistes Sisiku Ayuk Tabe et compagnie se sont vus condamnés à la prison à vie. Ceci à la veille de la rentrée scolaire et pour laquelle une intense campagne de communication, « back to school », avait été engagée pour le retour à la normalité de l’école dans la zone anglophone. Résultat des courses, une rentrée scolaire marquée par de vifs affrontements armés et un exode massif des populations de la zone anglophone.

Face à cet état de choses, les questions font florès, et dont la principale est : pourquoi maintenant ? Plus généralement, c’est la question de l’opportunité des décisions publiques, notamment présidentielles, au Cameroun qui se pose.

Etre et demeurer le maitre du temps

De tout temps, une constance demeure, le président Paul Biya tient comme à la prunelle de ses yeux, à être et demeurer le démiurge, une sorte de « dieu », architecte de l’univers, de créateur, animateur du monde.  Aussi, il tient à démontrer à tout moment que c’est lui le seul et unique maitre de ses de décisions, et c’est la société, toute entière qui dépend de lui, et non le contraire. Tout n’ayant de sens et de puissance que de par le président.

Et le moins que l’on puisse dire est que ses collaborateurs et son entourage ont compris et intériorisé cette règle du jeu. Aussi, la meilleure façon de retarder une décision, de décaler un remaniement, voire de maintenir un haut responsable en place, alors que tout militait pour son départ, ou encore de bloquer l’ascension d’un bel promis, est d’organiser des « fuite ». C’est ainsi qu’il faut analyser et comprendre, les différents « articles » et autres « unes » paraissant çà et là et qui se sont donné pour principale activité, les listes des futurs « gouvernements » ou des probables « prisonniers ».

Paul Biya veut ainsi à tout prix démontrer qu’il est le seul maitre à bord de l’avion Cameroun, qu’il dirige au gré de son entendement, de ses ambitions et même de ses humeurs. Pas question pour lui de céder aux pressions des populations, de ses partenaires et même de ses collaborateurs. Pour lui, les urgences sont à l’hôpital et seule la préservation de sa toute-puissance est et demeure sa principale préoccupation.

Surtout qu’en outre, il veut aussi apparaitre comme un thaumaturge, un faiseur de miracle, qui prend toujours l’assistance au dépourvu, dans une forme de contre-pied permanent. Il aime bien à apparaitre là où on ne l’attend pas et à disparaitre là où on l’attend. L’imprévisibilité est ainsi devenue le mode de gouvernement du Cameroun. Une dynamique recherchée et pleinement assumée, et dont le pouvoir central et principal s’en fait sa principale caractéristique.

Mais il faut dire que cette volonté de gouverner seul, cette solitude du pouvoir est loin d’être l’apanage de Paul Biya seul. On la retrouve chez bien de chefs d’Etat à l’instar de De Gaulle, que Roger-Gérard Schwartzenberg décrit en ces termes dans « Le principe de solitude » : «  Défiant envers  les assemblées, distant envers les partis, l’Elysée se condamne lui-même à la solitude. Car, faute de dialogue, avec les élus ou avec ses propres partisans, que lui reste-t-il pour communiquer avec le pays ? (…) Ainsi va le pouvoir suprême, coupé d’autres relais, mono-informé, donc sous-informé ».

Cependant, ce caractère solitaire du pouvoir est renforcé chez Paul Biya par sa trajectoire monastique au séminaire. Le prêtre, bien qu’étant le « père » de tous, est et se doit d’être, avant tout, un homme seul.

Récompenser les fidèles, punir les dissidents et ignorer les tièdes

Le moins que l’on puisse dire est que les nominations sont le lieu d’expression, ultima ratio, de cette volonté de toute-puissance du président.

A cet effet, la logique de désignations des personnalités aux hautes fonctions, et ce souvent dans des périodes critiques, tourne essentiellement autour des rapports que celles-ci semblent entretenir avec lui, et surtout des comportements qu’elles affichent envers lui.

Ainsi, ce qui prime avant toute chose dans le choix des hommes c’est la « loyauté » envers le chef. L’efficacité, la probité et même la légitimité étant souvent sacrifiés sur cet autel de la démonstration de son obséquiosité vis-à-vis du président. C’est ainsi qu’il faut comprendre les nominations des ministres Paul Atanga Nji et Nalova Lyongha, alors que tout militait pour leur mise à l’écart, notamment à cause de leur activisme dans le cadre de la crise anglophone, et dans un contexte où il fallait calmer le jeu, en sacrifiant les radicaux et autres extrémistes.

Paul Biya met ainsi un point d’honneur à récompenser les fidèles. Le pendant inverse étant qu’il ne lésine également sur aucun moyen pour punir les dissidents. En effet, au-delà de son apparence affable voire avenante, le président de la république met un point d’honneur à punir, et ce le plus durement possible, tous ceux qui, ayant été avec lui, ont pris le large. La trahison étant impardonnable pour lui, il est plus facile pour Paul Biya de nommer un opposant de longue date, qu’un ancien de la maison qui s’est retourné contre lui. Surtout que par cette « éloge de la trahison » au sein de l’opposition, fait de retournements de veste des opposants radicaux, à la Jean De Dieu Momo, le président renforce son pouvoir. Pour ceux qui ont osé l’affronter, après avoir partagé sa proximité, la misère est souvent le meilleur des mondes, tandis que la prison est souvent la destinée.

Dans ce contexte, pas question de jouer les grands esprits et de vouloir faire dans la nuance. Les « tièdes » ne sont ainsi nullement admis à la table du « seigneur ». C’est ainsi que certains « fervents militants » qui veulent souvent se désolidariser par « logique » et veulent faire montre d’une certaine « rationalité » sont très souvent surpris de ne jamais voir leurs noms figurer dans les listes de nommés. Ils sont tout simplement ignorés du fait de leur absence de « solidarité » et de « soutien » systématique et automatique aux actions du gouvernement et du président, quitte à expliquer l’inexplicable. Le ridicule devant être le cadet des soucis.

Préserver des intérêts particuliers

Les décisions publiques au Cameroun semblent être ainsi nimbées par des considérations liées aux particuliers. Que l’on soit dans le domaine des investissements publics, des réformes administratives et structurelles ou encore des nominations, le principal déterminant semble obéir à la volonté de préserver des intérêts particuliers.

C’est ainsi qu’une route est refaite ici, tandis qu’une artère plus importante pour les populations est délaissée, juste pour faire plaisir à un proche ou un « ami » du président. Un haut responsable notoirement incompétent et malhonnête est maintenu en poste du fait de sa grande proximité avec le « pouvoir suprême ». Un texte de loi, telle que celle régissant les entreprises publiques, est ostensiblement violé parce qu’il est hors de questions de congédier certains directeurs, et porter atteinte ainsi aux intérêts de certains affidés. Il e, est ainsi de certaines procédures et affaires judiciaires qui sont bloquées pour ne pas toucher à certaines personnes concernés par le dossier.

L’intérêt général est ainsi sacrifié au profit des intérêts particuliers. Il s’en suit une patrimonialisation de l’Etat qui va en s’accentuant au jour le jour, et qui fonde tous les travers et manquements dans le management de la chose publique.

Classe bondée : le fardeau des enseignants

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La surpopulation scolaire n’est pas sans conséquence, non seulement elle joue des sales tours à la qualité des enseignements, mais aussi elle affecte la réception auprès des apprenants. Mais ce sont les enseignants qui en pâtissent le plus. « On est parfois obliger de crier pour que tout le monde entende, ou d’expliquer la même chose plusieurs fois pour s’assurer que tous les élèves ont compris », explique Aude Sake, enseignante d’anglais. « Il est évident du coup qu’on est dans l’impossibilité de suivre tous les élèves à la fois, à cause de leur nombre trop élevés », poursuit-elle. « Lors des évaluations on est embarrassé, car il faut surveiller plusieurs dizaines de personnes. Les élèves profitent du fait qu’on est seul pour tricher et en trichant, cela ne nous permet pas d’évaluer la progression de nos élèves. Après l’évaluation, il n’est pas aussi aisé de corriger plusieurs copies et de préparer les cours en même temps ». « Certains enseignants qui n’ont pas la conscience professionnelle bâclent leur travail dans ce cas », note-elle. Si dans les lycées, les enseignants dans ce genre de cas ne font face qu’à leur conscience professionnelle, dans les collèges privés, les enseignants ils ont une autre pression, car ils sont tenus par les résultats et sont obligés de se surpasser pour éviter d’être blâmés par les préfets des études.

La surpopulation dans les salles de classe inquiète

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Les effectifs pléthoriques dans les salles de classes des établissements scolaires au Cameroun font craindre. Aussi bien dans les établissements publics que dans le privé, la surpopulation dans les salles de classe a atteint la cote d’alerte. Et ce sont les établissements de référence qui ont la palme d’or des classes les plus peuplées. Au lycée Leclerc de Yaoundé, les classes de 3e, 1ere, et terminale ont en moyenne 90 élèves chacune. « Ce sont les classes les plus pris é e s », confie un senseur en service dans cet établissement. « Certaines salles ont autour de 100 élèves, d’autres en ont un peu moins, environ 9 0 », informe-t-il. Mais la classe qui bat tous les records au Lycée Leclerc, « c’est la 1ere A4 mixte (Espagnol, Allemand et Arabe), elle compte 156 élèves et certains sont assis à même le sol », faute de tables-bancs, alors que d’autres se serrent à trois sur un banc prévu pour deux élèves. Au lycée de Mendong, les effectifs n’atteignent pas la marge de 100 élèves par classe, mais tournent au niveau de 85 élèves. Ce ne sont pas seulement les lycées qui sont concernés par ces effectifs pléthoriques, les collèges sont aussi dans le bain. Si les effectifs sont colossaux dans toutes les classes dans les lycées, au sein des collèges, ce sont les classes intermédiaires qui comptent le plus d’élèves. Au collège Vogt par exemple, le nombre d’élèves dans les classes d’examens ne dépasse pas 70, alors que dans les classes intermédiaires on retrouve des effectifs de 79 élèves comme en 4me F, ou même de 80 élèves. La situation au collège Saint Benoit de Mvolyé est encore plus alarmante. Les effectifs dépassent le taux de 100 élèves dans les classes intermédiaires. La 5eme classique compte 102 élèves. C’est presque le même effectif que l’on retrouve dans les autres classes de 5ème. Mais dans les classes d’examen, le nombre d’élèves est revu à la baisse. Un conseiller d’orientation rencontré explique que les collèges privés ont opté pour ces méthodes parce qu’ils veulent mieux suivre les élèves des classes d’examen, afin d’avoir de bons résultats aux examens officiels, « des résultats qui permettent souvent aux parents d’évaluer la qualité de l’enseignement d a n s la plupart des établissements »
LE taux D’échecs aux examens La cause principale des effectifs pléthoriques dans les établissements, notamment dans les classes de première est liée au taux de réussite qui a été très faible cette année. Le 31 juillet dernier, l’Office du Bac publiait les statistiques des examens du probatoire session de juin 2019. Selon les chiffres rendus publics par le directoire chargé des examens du second cycle de l’enseignement secondaire au Cameroun, le taux de réussite au probatoire s’élevait à 43.82 % seulement. L’office du Bac indiquait que sur 161 267 candidats ayant composé dans l’ensemble du pays, seul 70 678 ont été déclarés admis. Un taux de réussite relativement en baisse par rapport à celui enregistré en 2018 (54.87 %). Au faible taux de réussite scolaire, vient s’ajouter la crise qui sévit dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et qui a poussé 6000 écoles à fermer les portes selon l’Unicef. Cette situation de guerre a aussi mis près de 600 000 enfants en situation de non scolarisation.

Médiation : Dion Ngute peut-il réussir ?

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« Le Premier ministre, chef du gouvernement, mènera de larges consultations, afin de recueillir les avis les plus divers qui serviront de sources d’inspiration, pour la conduite des débats ». Tel un envoi en mission, Joseph Dion Ngute a reçu du président de la République le 10 septembre dernier, le cahier de charges qui devra guider son action dans la conduite du dialogue relatif à la résolution de la crise anglophone qui secoue le pays depuis bientôt trois ans. Autant dire qu’il est coutumier du fait. L’on se souvient que pareil responsabilité lui avait été confiée les 9 et 14 mai derniers, lorsqu’il devait se rendre à Bamenda et Buea, avec pour mission principale « d’apaiser les tensions et de ramener le calme dans ces régions ». Avait-il réussit à cette mission ? Les avis des experts lui sont pour la plupart favorables. Qu’en sera-t-il pour cette autre mission qui lui est confié une seconde fois à peine cinq mois plus tard?

Aristide Nomo, politologue pense que : « c’est de la sous-traitance ». « Monsieur Dion Ngute ne sera que le bras séculier du président de la République dans cette mission », car ajoute-t-il, le véritable patron du dialogue c’est le président de la République. Cependant, argue l’expert, « Joseph Dion Ngute part déjà lotis de cette autorité du Chef de l’Etat transmise de façon solennelle, devant le peuple camerounais, et, désormais, toutes les forces autour du président de la République devront faire allégeance au Premier ministre, ce qui va permettre d’éviter la cacophonie telle que observée récemment ». Pour Bernard P, autre politologue, « le fait de confier aussi solennellement une telle mission à Joseph Dion Ngute est déjà une réussite. En ce sens que le chef de l’Etat a laissé planer l’hypothèse d’une éventuelle grâce qu’il pourrait accorder à certains acteurs de cette crise sociopolitique ».

Par ailleurs, pour Moussa Njoya, autre politologue, la convocation du dialogue est une sorte de « tripartite bis ». Néanmoins, indique-t-il, « Joseph Dion Ngute a les capacités de mener à bien un tel dialogue ». Cependant, nuance-til, « je ne pense pas que c’est à même de mettre un terme à la crise ».

Des craintes tout de même

S’il l’essentiel des spécialistes prédisent une réussite pour la mission qui vient d’être confiée à Joseph Dion Ngute, ils émettent néanmoins des réserves. C’est le cas d’Aristide Nomo qui s’inquiète de la « bonne foi des acteurs qui prendront part à ce débat national », car soutient-il, « lors de la tripartite, il y a eu des acteurs totalement opportunistes qui sont arrivés avec d’autres agendas de positionnement et autres projets centrifuges. Cette fois si, nous avons la situation post-électorale qui prévaut toujours, et les acteurs feront tout pour vouloir imposer leur position dans ce dialogue, afin de se faire une place au soleil ».

Par Arthur Wandji

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