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Cameroun : à 44% du PIB au 3e trimestre, la dette publique reste soutenable

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Le niveau d’endettement du Cameroun continue donc de croître. Selon la note de Conjoncture mensuelle de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), l’encours de la dette du secteur public, au 30 septembre 2025,  s’élève à 14 591 milliards de FCFA, représentant 43,9% du PIB. Soit une hausse de 0,8% par rapport au mois d’août 2025. Mais, ce niveau d’endettement reste pratiquement stable en glissement trimestriel, tout en affichant une progression annuelle de 2,6%, précise la CAA. La structure de cette dette met en évidence une concentration significative au niveau de l’administration centrale, qui en détient 93,3%, contre 6,5% pour les entreprises et établissements publics et 0,2% pour les Collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Précisément pour l’administration centrale, à fin septembre 2025, l’encours de la dette directe s’établit à 13 613 milliards de FCFA, correspondant à 41% du PIB. Cette dette connait une baisse de 0,9% en glissement mensuel. Mais, elle reste stable sur le trimestre, tout en progressant de 3,3% en glissement annuel. La structure de cette dette demeure dominée par les emprunts extérieurs, qui en représentent 62,9%, principalement contractés auprès de bailleurs bilatéraux et multilatéraux. La dette intérieure, pour sa part, constitue 37,1% de l’encours total.

952 milliards pour les établissements et entreprises publics

Pour ce qui est des établissements et entreprises publics, la dette directe, au 30 septembre 2025,  s’élève à 952 milliards de FCFA, soit 2,9% du PIB. Elle enregistre un repli de 0,6% en variation mensuelle, se stabilise sur un trimestre et se contracte significativement de 6,6% en glissement annuel. Par ailleurs, les passifs conditionnels explicites de l’État sont estimés à 4 897 milliards de FCFA, soit 14,7% du PIB. Ce volume demeure stable en glissements mensuel et trimestriel, mais baisse de 0,1% en glissement annuel. Ces passifs, selon la CAA, correspondent aux investissements cumulés réalisés dans le cadre des Partenariats public-privé (PPP), illustrant le recours non négligeable et statique depuis plusieurs mois à ce type de montage financier pour le développement des infrastructures, sans alourdir l’endettement direct de l’État.

Enfin, la dette des Collectivités territoriales décentralisées (CTD’s) reste marginale, s’établissant à 26 milliards de FCFA. Elle est constituée à 60,8% de dette flottante et 39,2% de dette bancaire directe. Selon la CAA, des efforts continus sont déployés pour améliorer la comptabilisation et la traçabilité de cette dette, notamment à travers une collaboration renforcée entre les ministères des Finances, celui de la Décentralisation et du développement local, et le Comité national des finances locales, et la poursuite de collecte des informations auprès des collectivités.

Les principaux créanciers du Cameroun

Les principaux créanciers multilatéraux du Cameroun sont la Banque mondiale (IDA et BIRD), qui détient 42,4% de la dette multilatérale, soit 23,1% de la dette extérieure totale ; le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD et FAD), qui représente 24,5% de la dette multilatérale, soit 13,4% de la dette extérieure totale ; et le Fonds monétaire international (FMI), avec 21,2% de la dette multilatérale, soit 11,6% de la dette extérieure totale, hors allocation des Droits de tirages spéciaux (DTS). Pour sa part, La dette bilatérale se chiffre à 2 591,6 milliards de FCFA, soit 7,8% du PIB. La Chine en constitue le premier détenteur, avec 63,4% de cette composante, soit 19,2% de la dette extérieure totale, confirmant sa place de premier partenaire bilatéral. La France suit avec 26,1% soit, 7,9% de la dette extérieure totale.

Violences post électorales : dégâts et moyens d’indemnisation des entreprises pillées

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Alors que plusieurs enseignes commerciales ont été vandalisées dans le cadre des manifestations de ces derniers jours, des interrogations sur la couverture de ces sinistres par les compagnies d’assurance s’imposent.

Douala, 31 octobre 2025, les rues où grouillent d’habitude du monde sont presque vides, sous un silence pesant.  Dans le troisième arrondissement de la ville, épicentre des manifestations populaires qui ont eu lieu ces derniers jours, les activités économiques reprennent timidement. Quelques commerces fonctionnent à guichet fermé au milieu des traces de chaos laissées partout. Des vitrines de plusieurs magasins brisées, des comptoirs et poubelles renversées… « Nous avons ouvert ce matin pour essayer d’évacuer les œufs ci par ce qu’on ne sait pas ce qui va arriver les prochains jours. Ça ne sera plus mangeable si la boutique reste longtemps fermée, on va tout perdre », renseigne Patrick Ngan, tenancier d’une supérette en nouant le fil autour d’un alvéole d’œufs.

A Yassa, à l’entrée est de la ville, des hommes physiquement bien bâtis sont assis sur la piste d’une station-service pourtant fermée. Ils se tiennent prêts à repousser une éventuelle menace. C’est l’une des rares stations ayant résisté aux émeutes.  Tradex, Bocom, Nepturne oil, ont été prises pour cibles. Sur chaque kilomètre, au moins une station-service a été vandalisée et présente désormais un visage grisé. Les infrastructures ont pris la coloration des fumées sous l’effet des incendies.  Pompes à terre, véhicules calcinées, boutique pillée, les dégâts sont visibles. Si le montant des préjudices n’a pas encore été officiellement avancé, le groupement des professionnels du pétrole estime que chaque station-service détruite entraîne la perte de 20 emplois directs.

Des pertes matérielles aussi considérables ont été enregistrées par diverses entreprises dont des établissements financiers, des grandes surfaces, des boulangeries et même des sociétés de télécommunications. Congelcam, principal importateur de poissons, a vu l’une de ses agences   pillée par les assaillants. Certains employés avancent que plusieurs centaines de cartons de poisson ont été dérobés, en plus des quantités qui gisaient dans les congélateurs. Le matériel de conservation des produits a lui aussi été vandalisé.

Quels recours pour les dommages subis ? La question se pose au regard d’importants dégâts matériels et humains occasionnés par ces mouvements nés de la contestation des résultats de l’élection présidentielle. Les avis des experts convergent.  Difficile d’obtenir réparation d’un tel préjudice auprès des compagnies d’assurance. Ces entreprises peuvent cependant engager la responsabilité de l’Etat, nous confie un dirigeant d’assurance. Dans ce cas de figure, il faudra saisir la justice administrative pour obtenir cette responsabilité de l’Etat, garant de la sécurité publique.

Interview

 Ijeoma Vanessa MBOULE, cadre d’assurance

« Il faut créer un fonds national de garantie des risques exceptionnels »

L’expert nous éclaire sur les dispositions légales en matière de dommages occasionnés par des émeutes et nous livre une analyse sur l’état de l’assurance au Cameroun et ses perspectives.

 Plusieurs entreprises et même des édifices publics ont vu leurs enseignes vandalisées ces derniers jours dans le cadre des manifestations populaires. Ce type de risque est-il couvert par les compagnies d’assurance ?

En principe, non. L’article 38 du Code CIMA Edition 2019 stipule que ‘’L’assureur ne répond pas, sauf convention contraire, des pertes et dommages occasionnés, soit par la guerre étrangère, soit par la guerre civile, soit par des émeutes ou par des mouvements populaires.  Lorsque ces risques ne sont pas couverts par le contrat, l’assuré doit prouver que le sinistre résulte d’un fait autre que le fait de guerre étrangère ; il appartient à l’assureur de prouver que le sinistre résulte de la guerre civile, d’émeutes ou de mouvements populaires’’ En effet, le code CIMA ne traite pas directement des risques politiques en tant que tels, mais il encadre les assurances en tenant compte de leur aggravation et de certaines exclusions spécifiques. Il impose notamment une déclaration de toute circonstance nouvelle qui aggrave le risque (article 15) et exclut les dommages causés par la guerre, les émeutes ou les mouvements populaires, sauf convention contraire. L’assureur n’indemnise que les dommages résultant d’un risque expressément garanti par le contrat. Les émeutes, mouvements populaires, grèves ou actes de vandalisme sont en général exclus des garanties standards, que ce soit dans les polices incendie, multirisque professionnelle ou automobile.

Toutefois, certaines entreprises prévoyantes peuvent souscrire une extension de garantie “Émeutes et mouvements populaires”. Cette clause complémentaire permet de couvrir les pertes matérielles causées par des troubles civils ou des actes de vandalisme, à condition qu’elle figure clairement dans la police d’assurance.

En cas de couverture, quelles procédures pour obtenir une indemnisation et comment analysez-vous la situation actuelle de nos entreprises et administrations en matière d’assurance ?

Lorsqu’un sinistre survient, l’assuré doit respecter la procédure légale prévue par son contrat. Le code CIMA stipule que l’assuré a une obligation légale de déclarer tout sinistre à son assureur rapidement et avec exactitude, conformément aux clauses du contrat. Cette déclaration doit être accompagnée de preuves matérielles : photographies, procès-verbaux de police, devis ou factures de réparation, etc. Cependant, si la garantie “émeutes” n’a pas été souscrite, l’assureur n’a aucune obligation d’indemniser, même si le dommage est réel.

Cette situation met en évidence un déficit de sensibilisation et de prévention dans la culture assurantielle nationale. Beaucoup d’entreprises se limitent à des garanties minimales, sans anticiper les risques politiques, sociaux ou climatiques auxquels elles sont exposées.

Les administrations publiques, quant à elles, sont encore très peu engagées dans une véritable politique de gestion préventive des risques.

Comment peut-on prévenir ce type de situation, tant pour les entreprises privées que pour les administrations publiques ?

A mon avis, je pense que la prévention repose sur trois piliers essentiels :

L’évaluation proactive des risques : chaque entreprise ou institution devrait réaliser un audit annuel de ses risques pour identifier les menaces liées à son environnement. L’adaptation des contrats d’assurance : il est crucial d’ajuster les polices en y intégrant des extensions spécifiques (émeutes, actes de vandalisme, pertes d’exploitation, catastrophes naturelles, etc.). Le partenariat public-privé : il serait pertinent de créer un fonds national de garantie des risques exceptionnels, à l’image de certains pays de la zone CIMA, afin d’offrir une protection globale aux infrastructures publiques et privées lors de crises majeures.

En définitive, ces récents événements rappellent que l’assurance n’est pas une simple formalité administrative, mais un levier stratégique de résilience et de continuité économique. Il est à noter que la note circulaire de la FANAF du 10 octobre 2025 vient rappeler de manière claire la volonté de renforcer la cohérence et la crédibilité du marché africain de l’assurance face aux risques politiques et connexes. En rendant obligatoire l’application des nouvelles clauses PVT FANAF2025, applicables à compter du 1er janvier 2026, la Fédération marque un tournant stratégique dans la gestion des risques politiques, des actes de terrorisme et de sabotage.

Cette directive s’inscrit dans une logique d’harmonisation régionale et de protection renforcée des assurés et réassureurs. Elle appelle les compagnies, courtiers et souscripteurs à faire preuve de rigueur contractuelle et d’anticipation, afin d’éviter toute confusion et de garantir une meilleure couverture face aux risques émergents.

En somme, cette initiative de la FANAF traduit une maturation du marché africain des assurances, où la gouvernance, la conformité et la prévention deviennent des leviers essentiels de résilience économique et sociale.

Crise post-électorale : Le message de paix de Mgr Kleda

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Dans une déclaration rendue publique ce 1er novembre 2025, Mgr Samuel Kleda, archevêque métropolitaine de Douala, invite « [invite] tous les responsables de notre pays [à] réfléchir en profondeur sur les conséquences de la situation actuelle». Parlant des manifestations des nombreux citoyens à travers le pays, et la répression violente des forces de défense et de sécurité, depuis quelques jours. « L’élection présidentielle du 12 octobre 2025 s’est présentée pour nous, Camerounais et Camerounaises, comme le ‘’kaïros’, le moment favorable pour écrire une nouvelle page de notre histoire : le changement. Nous avons pour une très large majorité, exprimé ce désir, cette volonté, cette aspiration profonde de notre cœur et de notre âme, par le choix massif du candidat, du leader que nous avons estimé capable de rassasier cette brande faim et d’étancher cette immense soif du peuple camerounais », relève-t-il. C’est que, «  de nombreux citoyens s’attendaient à un avenir meilleur, ont eu la ferme conviction que leur choix n’a pas été respecté», souligne le prélat qui avait lui-même exprimé le vœu du changement.

Le prince de l’église catholique romaine regrette que les « manifestations à caractère pacifique» des mécontents aient connu « de graves dérives à travers des actes de vandalisme, de pillage, de vol, aux conséquences graves sur la vie matérielle et économique de beaucoup de personnes innocentes». Mais aussi, la destruction de biens publics et les violences verbales et physiques et autres intimidations. Mgr Kleda qualifie cela de « déplorable et condamnable».  

Interminables crises électorales

Pour le prélat, « le Cameroun ne devrait pas être une terre d’affrontements entre le pouvoir et le peuple après chaque élection présidentielle». Faisant certainement allusion aux élections de 1992 qui ont enregistré des morts dans des affrontements liées à la revendication de la victoire volée par Ni John Fru Ndi, et de 2018 qui a vu les « marches blanches» de Maurice Kamto aboutir à des morts, incarcérations et emprisonnements de la part du régime accusé de «fraude électorale. « La démocratie ne s’accommode pas de coups de canons, des menaces, des arrestations arbitraires et des intimidations des citoyens qui ont une pensée contraire» ; et « on n’organise pas une élection pour tuer les concitoyens ; on ne gouverne pas un peuple par les armes». Le chef religieux, enseigne que, « aucun gouvernement au monde ne peut gouverner sans le peuple, l gouverne pour le peuple, et il a pour devoir de l’aimer et de répondre à ses aspirations légitimes et profondes, comme le recommande l’apôtre Paul : ‘’soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité mais par dévotion ;non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles des troupeaux qui vous sont confiés ».

Mgr Samuel Kleda invite la nation à « se pencher sérieusement sur les origines profondes de ce malaise». Mais déjà, l’homme mentionne la faim et la misère du peuple, le chômage qui est à « 74% » et la pauvreté à « environ 37,7% ». Ajoutant que « plus de 6 millions de Camerounais sont sur la route de l’exil ou de l’immigration étrangère». Citant ainsi le Centre d’études stratégiques d’Afrique. En attendant que le message parvienne à ses destinataires, Mgr Samuel Kleda dit que « l’apaisement et la préservation de la paix et de la stabilité dans notre pays aujourd’hui passent par une prise de conscience collective de ces différentes crises qui minent notre pays et engendrent la souffrance et la misère des Camerounais, et la ferme volonté d’y apporter des solutions appropriées ».   

Financement extérieur : le Minfi prospecte les 3608 milliards FCFA du fonds italien pour l’Afrique

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Le Cameroun souhaite rejoindre la liste restreinte des pays africains éligibles au Plan Mattei, un programme d’investissement italien de 5,5 milliards d’euros sur trois ans, destiné à financer des projets de développement dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, des infrastructures, de la santé et de la formation. L’information a été confirmée le 28 octobre 2025 à Yaoundé, à l’issue d’une audience accordée par le ministre des Finances Louis Paul Motaze à Filippo Scammacca del Murgo, ambassadeur d’Italie au Cameroun, en fin de mission diplomatique.

 Selon le ministère camerounais des Finances, la rencontre a permis de dresser le bilan d’une coopération bilatérale jugée « riche et dense », marquée ces quatre dernières années par un renforcement des échanges économiques, éducatifs et scientifiques. Mais surtout, elle a servi de cadre pour évoquer l’inscription envisagée du Cameroun au Plan Mattei pour l’Afrique, une initiative stratégique de Rome, présentée par la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni en janvier 2024, puis officialisée le 5 décembre 2024 à Rabat, en marge de l’Africa Investment Forum.

Cette coopération envisagée intervient à un moment où le Cameroun cherche activement des financements pour plusieurs programmes stratégiques nationaux. Parmi eux, le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026, doté de 1 336 milliards de FCFA, vise à réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires en stimulant la production locale de blé, riz, maïs, lait, poisson, sorgho et mil. Ce plan entend mobiliser plus de 1000 milliards de FCFA pour la sécurisation et l’aménagement des périmètres hydroagricoles, ainsi que 203,5 milliards de FCFA pour la transformation et la commercialisation des produits locaux.

Parallèlement, Yaoundé mise sur le Compact Énergétique National, une stratégie estimée à 12,5 milliards de dollars américains, dont 6,4 milliards USD attendus du secteur privé d’ici 2030, afin d’électrifier huit millions de personnes supplémentaires et de moderniser le système énergétique. Le gouvernement projette de porter la capacité installée à 3 000 MW, d’hybrider ses centrales thermiques et hydroélectriques avec le solaire, et de promouvoir l’accès à une énergie « fiable, abordable et propre ».

Les besoins de financement concernent également les infrastructures routières, notamment le projet de rocade de Yaoundé, dont la première phase nécessite encore 111 milliards de FCFA pour être bouclée. D’un coût global de 1 264 milliards de FCFA, cette autoroute périphérique de 85 kilomètres vise à désengorger la capitale et à soutenir le développement urbain. Ces différents chantiers s’inscrivent dans des domaines – agriculture, énergie, infrastructures et formation – qui correspondent précisément aux priorités du Plan Mattei.

 Le Plan Mattei est géré par la Cassa Depositi e Prestiti, équivalent italien de la Caisse des dépôts et consignations, en lien avec le cabinet de la Première ministre. L’enveloppe de 5,5 milliards d’euros est répartie entre 3 milliards provenant du Fonds italien pour le climat et 2,5 milliards issus du budget de l’aide publique au développement, Pour financer ses actions, l’Italie s’appuie sur un partenariat étroit avec la Banque africaine de développement (BAD), désignée comme partenaire financier stratégique.

Lors des Assemblées annuelles de la BAD en mai 2025 à Abidjan, plusieurs responsables, dont Gauthier Boulard, conseiller spécial du président Akinwumi Adesina, ont salué « une évolution stratégique, passant d’une approche d’aide à une approche de partenariat ». Déjà, des pays comme le Congo et l’Angola bénéficient de ce dispositif.

Produits semi-transformés : hausse des exportations de pâte et de beurre de cacao

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Les chiffres illustrent cette double réalité. D’après le Minepat, le Cameroun a exporté en 2024 près de 61 527 tonnes de pâte de cacao, pour une valeur de 210 milliards FCFA, contre 97 milliards FCFA en 2023. Soit une progression de 115,5 % en valeur et 24,5 % en volume. La même tendance s’observe pour le beurre de cacao : 24 819 tonnes exportées, évaluées à 99 milliards FCFA contre 56 milliards FCFA un an plus tôt, soit une hausse de 78,6 % en valeur et 4,2 % en volume. Ces produits semi-finis, issus de la première étape de la transformation industrielle du cacao, sont utilisés à l’international dans la fabrication du chocolat, des confiseries ou des cosmétiques. Cette montée en puissance traduit une modification de la structure industrielle nationale.

Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), la production nationale commercialisée s’est élevée à 266 725 tonnes à la clôture de la campagne le 15 juillet 2024. Mais la répartition de cette production entre exportation et transformation locale évolue. Les volumes destinés à la transformation intérieure reculent de 14 215 tonnes, soit 18 % de moins que l’exercice précédent. En cause : le ralentissement du broyage, étape cruciale qui consiste à réduire les fèves torréfiées en pâte avant leur séparation en beurre et en poudre.

Le recul de cette activité s’explique par des contrastes entre opérateurs. Les entrées de cacao brut augmentent nettement chez NEO Industry (+3 714 tonnes), Atlantic Cocoa (+2 170 tonnes), Chococam (+524 tonnes) et Africa Processing Company (+117 tonnes), tandis que Sic-Cacaos, acteur historique, enregistre une baisse de près de 10 920 tonnes. Cette redistribution du volume de fèves transformées illustre un changement de rapport de force au sein de la filière.

Les nouveaux transformateurs, souvent portés par des capitaux camerounais ou régionaux, ciblent prioritairement les marchés d’exportation où la demande de pâte et de beurre est soutenue, notamment en Europe et en Asie. Ils profitent d’un environnement de prix favorable et d’un appétit croissant des multinationales pour des approvisionnements diversifiés en produits intermédiaires, face à la concentration des grands broyeurs mondiaux. Mais cette évolution révèle aussi une vulnérabilité.

La dépendance du pays à l’égard des exportations de semi-finis, plutôt qu’à une transformation intégrée jusqu’au chocolat, traduit la difficulté à franchir les paliers supérieurs de la chaîne de valeur. Les infrastructures énergétiques et logistiques, la qualité de la maintenance industrielle et la disponibilité du capital technique limitent encore la montée en gamme du secteur.

Subvention dérisoire à la presse privée : le président des éditeurs de journaux dénonce une honteuse humiliation des médias

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La colère couvait depuis plusieurs semaines dans les milieux de la presse privée. Elle a éclaté mercredi à Yaoundé, lors de la 7ᵉ session de la Commission chargée d’examiner les dossiers de subvention à la presse privée, tenue au ministère de la Communication (MINCOM).

Présidée par le secrétaire général du ministère, le Pr Félix Zogo, représentant le ministre René Emmanuel Sadi, la rencontre a vite tourné à l’indignation après la révélation du montant alloué à la presse cette année : moins de 100 millions de FCFA.

« Un jour noir pour la presse privée »

Invité à préciser la somme exacte, le directeur du développement des médias privés et de la publicité au MINCOM, Ngankak Kisito, a d’abord esquivé la question avant d’admettre, sous la pression des journalistes, que le montant « tourne autour de 100 millions de FCFA, voire moins ».

Une annonce qui a fait bondir Kristian Ngah Christian, par ailleurs éditeur du quotidien The Guardian Post, le seul journal du pays à paraître sept jours sur sept. « C’est un jour noir pour la presse privée camerounaise », a-t-il lancé, avant de dénoncer une « aide honteuse et insignifiante ».  « Vous ne pouvez pas parler de subvention à la presse privée et être vous-mêmes gênés d’en divulguer le montant. Cela prouve que même les autorités du ministère sont conscientes du caractère dérisoire de la somme », a-t-il martelé.

Une presse traitée comme « orpheline et ennemie de l’État »

Fort de près de 30 ans d’expérience dans le métier, Ngah a exhorté le gouvernement à reconnaître enfin la presse comme le quatrième pouvoir et à lui accorder le respect et les moyens correspondants. « Il faut cesser de traiter la presse privée comme une orpheline ou une ennemie de l’État », a-t-il averti, appelant les autorités à s’inspirer de pays voisins comme le Gabon, le Tchad ou le Sénégal, où les subventions se chiffrent en milliards de francs CFA.

Une aide publique à la presse en chute libre

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la subvention publique à la presse privée, qui atteignait autrefois 250 millions de FCFA, est tombée à 56 millions en 2023, et à moins de 100 millions cette année, pour plus de 600 organes (journaux, radios et médias en ligne). Le représentant des médias en ligne à la Commission, Janvier Njikam, s’est lui aussi indigné : « Chaque année, le montant baisse. Que représente 350 000 FCFA de subvention annuelle pour un organe de presse ? C’est une insulte ! Le gouvernement doit arrêter de se moquer de la presse privée. »

Les instructions du Premier ministre ignorées

Cette situation intervient alors même que, lors du Conseil de cabinet de mai dernier, le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait donné instruction aux ministres de la Communication et des Finances d’œuvrer ensemble à revaloriser la subvention. Selon des sources internes au MINCOM, le ministre de la Communication aurait effectivement saisi son homologue des Finances. « Mais jusqu’à ce jour, aucune réponse n’a été reçue », confie un haut responsable sous anonymat.

Critères d’éligibilité

Interrogé par la presse, le secrétaire du Comité technique de la subvention, Ngankak Kisito, a précisé que les critères d’évaluation des dossiers restent les mêmes que les années précédentes : respect des obligations fiscales et sociales, régularité de la production, et promotion de l’emploi décent. Il a toutefois assuré que « le gouvernement est conscient des difficultés économiques que traverse la presse et continuera à plaider pour un soutien accru ». Au total, 54 dossiers ont été examinés lors de cette session : 49 journaux privés et cinq médias en ligne.

Une politique d’asphyxie de la presse privée ?

Malgré les discours sur le rôle crucial des médias dans la démocratie, les actes du gouvernement traduisent une politique de marginalisation. Alors que la presse privée assure plus de 80 % de la production d’information nationale, elle continue d’être maintenue dans une précarité structurelle, dépendante d’aides symboliques et sélectives.

La colère des éditeurs, cette fois, pourrait bien marquer le début d’une revendication collective pour la dignité et la survie du quatrième pouvoir au Cameroun.

Au Cameroun, la filière café reste en crise malgré l’envolée des prix

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Les cours du café atteignent des sommets inédits depuis plus d’une décennie. Selon la note de conjoncture économique du premier trimestre publiée par le ministère des Finances, le prix moyen du café arabica s’établit à environ 5000 FCFA le kilogramme (8,6 dollars le kg), en hausse de 26,2 % par rapport au trimestre précédent. Le robusta suit la même tendance, progressant de 12,5 % pour atteindre à environ 3500 FCFA le kilogramme soit 5,6 dollars/kg.

 Sur un an, les cours mondiaux bondissent respectivement de 87,9 % pour l’arabica et 63,9 % pour le robusta. La Banque mondiale anticipe même une hausse moyenne annuelle de 51,2 % pour l’arabica et de 24,6 % pour le robusta en 2025. Cette envolée des prix s’explique, apprend-on, par un ensemble de facteurs structurels et conjoncturels. Les conditions climatiques défavorables au Brésil et au Vietnam, les deux premiers producteurs mondiaux, ont réduit l’offre disponible.

À cela s’ajoutent, indique le document du ministère des Finances, les perturbations logistiques liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’augmentation des coûts de production, notamment celle des engrais, un intrant essentiel pour les cultures de rente. C’est ainsi que l’équilibre entre l’offre et la demande se resserre, poussant les prix vers le haut sur les marchés internationaux.

Mais pour les producteurs africains, cette embellie apparente cache une réalité plus contrastée. Au Cameroun, la hausse des cours mondiaux ne se traduit pas par une amélioration notable des revenus paysans. Selon les projections de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la production nationale de café devrait atteindre 17 600 tonnes en 2025, soit à peine 500 tonnes de plus qu’en 2024, mais toujours inférieure aux 20 500 tonnes enregistrées en 2023. Le contraste est saisissant si l’on remonte aux années 1990, où le pays produisait encore 130 000 tonnes par an. En 2025, la production prévue représenterait donc moins du septième de ce volume.

Selon l’analyse du ministère des Finances, cette érosion s’explique d’abord par le désintérêt progressif des planteurs. Malgré la flambée des cours mondiaux, les prix d’achat au producteur restent faibles. Au 1er octobre 2025, les cours officiels du café publiés par le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC) confirment une stabilité relative sur les marchés. Le café Robusta s’échange à 2 361 FCFA le kilogramme CAF Londres et à 2 247 FCFA FOB Douala, tandis que les prix d’achat dans la zone de production du Mungo oscillent entre 1 800 et 2 000 FCFA le kilo.

De son côté, le café Arabica affiche des valeurs plus élevées, avec un prix CAF à 4 592 FCFA/KG et un prix FOB à 4 426 FCFA/KG. Ces données, issues d’une organisation de référence pour les filières nationales, reflètent les tendances du marché international (CAF Londres) et les conditions locales d’exportation (FOB Douala). Les marges les plus importantes sont captées en aval de la chaîne — par les exportateurs et les négociants internationaux — tandis que les producteurs locaux font face à des coûts de production croissants, à la rareté des intrants et à un accès limité au crédit agricole.

Dans certaines zones caféières, le vieillissement des plantations et la faiblesse des infrastructures rurales aggravent la situation. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, qui modifient les cycles de floraison et réduisent les rendements. Les fortes pluies, les sécheresses prolongées et la prolifération de maladies fongiques compromettent la régularité des récoltes. Ces contraintes réduisent la capacité du Cameroun à tirer parti de la hausse actuelle des cours mondiaux.

Le constat vaut également pour d’autres producteurs d’Afrique centrale et orientale, notamment l’Éthiopie et l’Ouganda, dont les volumes sont en croissance mais dont la part de la valeur ajoutée reste concentrée à l’exportation. Faute de transformation locale et de structuration des filières, les pays africains demeurent dépendants des fluctuations des marchés mondiaux.

Au Cameroun, les chiffres illustrent cette vulnérabilité. La production de 17 100 tonnes annoncées cette année dépasse à peine celle de 16 142 tonnes enregistrées lors de la campagne 2012-2013, alors qualifiée par l’Office national du cacao et du café (ONCC) de « plus mauvaise des cinquante dernières années ». Douze ans plus tard, la situation reste pratiquement inchangée malgré un contexte international porteur. La flambée actuelle des prix du café révèle ainsi une asymétrie profonde entre les marchés mondiaux et les réalités locales.

Pour les producteurs camerounais, l’opportunité demeure théorique tant que les politiques de soutien à la production, à la transformation et à la fixation des prix n’évoluent pas. L’enjeu ne réside plus dans la hausse des cours internationaux, mais dans la capacité du pays à restructurer sa filière caféière afin que la valeur créée à l’international se reflète enfin dans les revenus des planteurs.

 Produits de la pêche INN sur le marché européen : des ONG appellent à des sanctions

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Quinze ans après l’entrée en vigueur du règlement de l’UE sur la pêche Illicite Non déclarée et Non règlementée, une coalition d’organisations internationales révèle que les obligations   à l’importation ne sont pas respectées par certains Etats. 

 Plusieurs États membres ne procèdent à aucun contrôle adéquat des lots de produits de la mer en provenance de pays à haut risque, omettant systématiquement de vérifier les certificats de capture destinés à prouver que le poisson a été pêché légalement. C’est ce que dévoile un rapport publié par EU IUU Fishing Coalition, composée de cinq organisations non gouvernementales qui promeuvent le leadership de l’Union Européenne (UE) dans l’amélioration de la transparence et de la gouvernance mondiales dans le domaine de la pêche afin de mettre fin à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN).

 Ce document note une faible mise en œuvre du règlement de l’UE sur la pêche INN entre 2020 et 2023.  Pendant cette période, seuls 0,29 % des quelque 800 000 certificats de capture reçus de pays tiers ont été vérifiés auprès des États du pavillon, et seulement 0,01 % ont été refusés. L’ l’Italie n’a vérifié qu’un seul certificat de capture par an. Le Portugal en a vérifié cinq par an, refusant seulement deux cargaisons. Conséquence, le marché européen a dû accueillir des produits associés à des crimes contre l’homme et l’environnement.«Cette situation est aggravée par le non-respect généralisé par certains États membres de leur obligation légale d’inspecter au moins 5 % des débarquements directs effectués par des navires non européens. Le cas le plus préoccupant est celui des Pays-Bas, qui continuent de recevoir d’importants volumes de produits de la mer provenant d’États du pavillon à haut risque, dont la Russie, sans pour autant respecter cette exigence minimale en matière d’inspection », explique Thomas Walsh, coordinateur de EU IUU Fishing Coalition.

L’UE est le plus grand importateur mondial de produits de la mer, dont 69 % proviennent de pays tiers.  Mais les principaux importateurs, l’Italie et le Portugal, n’ont pratiquement effectué aucun contrôle de vérification et n’ont refusé pratiquement aucune importation, selon le rapport.   Ce qui favorise le « contrôle shopping », qui consiste à acheminer les produits de la mer illégaux vers le marché européen en passant par les points d’entrée les moins contrôlés. « Ces faiblesses créent des lacunes dangereuses dont profitent les opérateurs illégaux. Quinze ans après l’entrée en vigueur du règlement INN de l’UE, bien qu’il ait eu de multiples effets positifs, les États membres ne font toujours pas assez pour protéger les consommateurs, les pêcheurs licites et nos océans. Chaque défaillance dans le contrôle des importations à haut risque est une invitation directe adressée aux opérateurs illégaux, chaque faille sape les efforts des pays qui prennent leurs responsabilités au sérieux », souligne Steve Trent, fondateur d’EJF.

La Coalition composée de EJF, d’Oceana, de The Nature Conservancy, du Pew Charitable Trusts et de WWF EU recommande à la Commission européenne de demander des comptes aux États membres en engageant des procédures d’infraction à l’encontre de ceux qui manquent à leurs obligations. Elle propose également d’améliorer la transparence en publiant des données complètes sur la mise en œuvre et en encourageant un renforcement des rapports afin d’identifier les mauvais élèves.

Cacao : l’abondance de l’offre mondiale fait chuter les prix au Cameroun

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Il y a encore quelques mois, le kilogramme de cacao s’achetait à environ 6000 FCFA au bord des champs camerounais. La donne a radicalement changé. Sur le marché actuel, les prix se sont repliés : entre 2 639 et 2 839 FCFA au Port autonome de Douala, et 2 400 à 2 700 FCFA dans les bassins de production. Ces chiffres, publiés par le Système d’information des filières (SIF), l’outil national de suivi en temps réel des prix agricoles, rapporté par Cameroon Tribune, le quotidien à capitaux publics, confirment une tendance baissière des prix. Une situation d’autant plus préoccupante que la campagne cacaoyère 2025-2026 s’ouvrait le 7 août 2025, dans la localité de Mbankomo, bassin de production de la région du Centre, sur des projections optimistes.

 Les autorités avaient fixé une fourchette de 3 200 à 5 400 FCFA le kilogramme. Aujourd’hui, les producteurs constatent un écart important entre les prévisions et la réalité du marché. En cause, la forte exposition du cacao camerounais aux cours internationaux, déterminés principalement à la Bourse de Londres, où se joue l’essentiel de la valorisation mondiale de la fève. Sur le plan international, la République démocratique du Congo (RDC) connaît une évolution similaire. Le prix du kilogramme de cacao y a chuté de 3,84 %, passant à environ de 3700 FCFA à 3650 FCFA au 6 octobre 2025, selon un communiqué du ministère congolais du Commerce extérieur.

Ce recul prolonge une tendance observée depuis septembre, marquée par plusieurs semaines consécutives de baisse. Le mouvement illustre un rééquilibrage du marché mondial après trois campagnes déficitaires qui avaient soutenu les prix à des niveaux historiquement élevés, notamment au Cameroun où le prix de la fève dépassait 6000 FCFA le kilogramme, il y a quelques mois. Les analystes des marchés des matières premières anticipent désormais un excédent global de 186 000 tonnes pour la campagne 2025-2026, supérieur aux 142 000 tonnes de la saison précédente.

Cet excédent provient principalement de la montée en puissance de la production de l’Equateur, un pays de l’Amérique latine, désormais estimée à plus de 650 000 tonnes métriques. Si ces prévisions se confirment, apprend-on, l’Équateur pourrait devenir le deuxième producteur mondial, dépassant le Ghana, acteur traditionnel de premier plan derrière la Côte d’Ivoire. Cette progression latino-américaine bouleverse l’équilibre du marché. L’abondance de l’offre exerce une pression à la baisse sur les cours mondiaux, qui ont perdu près d’un tiers de leur valeur depuis le début de l’année. Les prix de référence devraient, selon les projections, se stabiliser autour de 3 000 dollars la tonne à moyen terme.

Cette correction marque la fin du cycle haussier observé entre 2022 et 2024, période où les problèmes climatiques en Afrique de l’Ouest et les perturbations logistiques avaient réduit l’offre mondiale, faisant grimper les prix. Cette situation a profité à la fève camerounaise, qui a contribué à une reprise économique modeste, avec une croissance du PIB passée de 3,2 % en 2023 à 3,5 % en 2024, selon la Banque mondiale.

La volatilité des cours reste désormais la principale caractéristique du marché. Plusieurs facteurs structurels y contribuent : d’une part, la variabilité climatique qui influence directement la productivité des vergers ; d’autre part, la demande mondiale fluctuante, affectée par le ralentissement économique dans plusieurs régions consommatrices. S’y ajoutent les contraintes de la chaîne d’approvisionnement mondiale, dont les coûts logistiques demeurent instables malgré l’amélioration du transport maritime.

Pour le Cameroun, cette conjoncture internationale réduit la marge de compétitivité d’une filière pourtant en croissance. Entre août 2024 et juillet 2025, le pays a commercialisé 309 528 tonnes, contre 266 710 tonnes l’année précédente — une progression de près de 16 %. Mais cet effort d’augmentation de volume n’a pas suffi à compenser la dépréciation des prix mondiaux. Les revenus à l’exportation risquent donc de se contracter malgré la hausse des tonnages.

Éléonore Caroit : « Nous suivons minute par minute avec le centre de crise» 

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Le président sortant du Cameroun, Paul Biya a été déclaré réélu pour un 8ème mandat,…cette annonce n’a été suivie d’aucune réaction officielle de la France, aucun message de l’Elysée, qu’est-ce qui se passe ?

Nous restons attentifs à la situation. Nous avons comme vous, observé les différents événements qui se sont déroulés. Nous restons très attachés aux élections démocratiques inclusives, à ce que la société civile soit écoutée. Nous attendons de voir ce qui va se passer, de voir la situation.

Est-ce que la France est embarrassée par l’annonce de la réélection de Paul Biya ?

Non, je ne dirais pas ça, nous ne faisons pas de l’ingérence dans la politique nationale des différents Etats africains, en revanche, nous sommes très attentifs à ce que les processus se déroulent de manière ordonnée, démocratique surtout. Nous suivons la situation très vivement en tant que ministre des Français de l’étranger. Je serai aussi très attentive à la sécurité de nos compatriotes partout où ils sont.

Bien entendu, mais on entend très souvent des annonces de résultats suivies de félicitations d’homologues de chefs d’Etats ; quand le chef de l’Etat Emmanuel Macron va s’exprimer sur cette réélection de Paul Biya ?

Je n’ai pas cette information. Il le fera quand il le jugera opportun, s’il s’exprime d’ailleurs sur ce sujet. Mais au Cameroun comme ailleurs, en Côte d’ivoire, comme dans d’autres pays de la sous-région, comme je vous le disais, nous restons très attentifs à ce que les processus démocratiques soient respectés et puis surtout à garder de bonnes relations avec les sociétés civiles, avec les peuples t avec l’Afrique en général.

Je vous vois très prudente en tant que ministre de Français de l’étranger ; un mot sur les tensions qui ont entouré l’annonce des résultats, notamment les violences qui ont éclaté à Garoua et Douala ; est-ce que vous êtes inquiète des Français qui sont installés au Cameroun ?

En tout cas, je suis la situation de très près, et comme vous le savez, nous avons une diplomatie qui est extrêmement rapide et qui est assez réactive et qui a avant et après tout à cœur la situation de nos compatriotes. Donc nous suivons minute par minute avec le centre de crise, avec nos postes attentifs à l’évolution de la situation, et vous verrons s’il y a lieu de s’inquiéter.

Mais ce n’est pas le cas pour l’instant si je vous comprends bien. Une consigne de prudence à l’intention des Français installés au Cameroun, qui nous écoutent. A l’heure où je vous parle et selon les informations dont je dispose à ce stade, pas d’alarme particulière si ce n’est la prudence qui est évidemment de rigueur dans ce type de processus électoraux et de transition, mais évidemment cela peut changer très rapidement. Nous serons très attentifs et nous resterons en lien étroit avec nos citoyens. Il y a près de 6000 inscrits, mais je sais qu’il y en a un peu plus; je profite pour dire, ‘’Français de l’étranger, inscrivez-vous sur les listes électoraux, ça permet de mieux vous protéger’’…

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