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Mondial 90 : Le cadeau de Paul Biya divise

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Trente ans après l’annonce, Paul Biya a enfin donné une suite à la promesse qu’il a faite aux Lions indomptables après leur épopée de la coupe du monde 1990. Le président de la République a ordonné à la Société immobilière du Cameroun (SIC) d’offrir 22 logements aux ambassadeurs du Cameroun à l’expédition italienne. Une lettre du ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) Narcisse Mouelle Kombi aux joueurs ayant pris part à cette compétition, les en informe. Un ouf de soulagement pour les fauves d’Afrique centrale qui avaient forcé le respect du monde du football en terre italienne en neutralisant l’Argentine championne du monde d’entrée (1-0) sur un but de François Omam Biyik, avant de terminer sa marche en quarts de finale face à l’Angleterre (3-2). Paul Biya qui avait assisté à l’étouffement de Diégo Maradona en match d’ouverture, retournait dans un pays qu’il a laissé à feu et à sang. Le ballon rond ayant en partie réconcilié le pays en proies aux revendications politiques de la mouvance démocratique. Les héros d’Italie 90 seront reçus au Palais présidentiel pour être décorés, avec la promesse d’une maison pour chacun. Il aura fallu attendre trente ans. C’est une récompense qui arrive trente ans après, alors que nombre de ces héros sombrent dans la misère. Trois sont déjà décédés : Louis Paul Mfédé, Benjamin Massing et Stephen Tataw quelques jours après l’aboutissement du dossier. Alors qu’au sein de l’opinion, l’on dénonce cet « oubli », les bénéficiaires n’y voit que du positif : « Nous ne pouvons qu’être contents, c’est une reconnaissance suprême», a salué Roger Milla qui était de l’expédition. « Nous savions que le chef de l’Etat allait tenir cette promesse qu’il avait faite. Le chef de l’Etat n’oublie jamais de répondre quand un dossier est sur sa table», croit l’ambassadeur itinérant à la présidence de la République. L’auteur des deux doublés qui ont qualifié le Cameroun pour le second tour et pour les quarts de finale au micro d’Olympia sports, une émission produite et présentée par Bonney Philippe, sauvé déjà il y a une vingtaine d’années par Paul Biya, reconnaît tout de même sur le poste national que « nous avons profité de le 30ème anniversaire de cette Coupe du monde pour lui écrire afin de relancer le dossier».

Les entraîneurs à la touche

Entre temps, les entraîneurs sont abandonnés dans les annales de l’oubli. Les techniciens locaux qui ont accompagné Valeri Nepomniashchi n’auront rien. « On ne peut pas récompenser les joueurs en oubliant les entraîneurs qui ont contribué au succès de l’expédition », regrette un chroniqueur sportif. « En son temps, le ministre Joseph Fofé voulait que les entraîneurs soient aussi récompensés, mais certains au sommet de l’Etat n’étaient pas d’accord. Sauf qu’après le Mondial le ministre Fofé a été affecté comme ambassadeur en Centrafrique, et après il est décédé. Le dossier a été enterré…», rapporte cet ancien reporter de la radio nationale. Michel Kaham, Jules Frédéric Nyongha et Jean Pierre Sadi n’auront donc rien. Des sources ont attribué à Jules Nyongha et Michel Kaham une lettre adressée au président de la République pour solliciter réparation du tort. «C’est faux ! », crache Michel Kaham joint au téléphone. Avant de philosopher : « je ne confirme pas et je n’infirme pas. Comment a-t-on pu faire une telle division entre les acteurs d’une victoire ? On ne revient pas sur ce dossier. Nous sommes des adultes et nous sommes passés à autre chose».

Les médaillés d’or de Sydney aux abois

Si les techniciens de l’épopée italienne minimisent la portée de la discrimination, les autres générations de Lions indomptables s’y accrochent. Parmi les champions d’Afrique 2000 et 2002, et surtout les médaillés d’or olympiques. « Ça nous fait penser qu’il faut que nous aussi, nous attendions trente ou quarante ans quand certains d’entre nous seront déjà morts, pour pouvoir recevoir quoi que ce soit, comme reconnaissance de l’Etat», redoute Serge Branco, médaillé d’or des Jeux olympiques. « Quand je pense que notre consœur championne olympique Françoise Mbango a reçu une maison et une voiture de fonction pour sa médaille olympique, je me demande, pourquoi ce ‘’deux poids, deux mesures’’ ?», condamne celui qui salue pourtant le geste de Paul Biya. « S’il en est ainsi, moi j’aurais trois maisons ! Tous les anciens Lions n’ont pas eu le même parcours». Roger Milla intervient : «Qu’ils fassent leurs demandes. Les jeux olympiques c’était en 2000 ». En face, on essaie de calmer le jeu. Nul ne se risque à riposter à l’attaque du Vieux Lion. De toutes les façons, Serge Branco qui n’a pas voulu laisser le fer se refroidir avant de le battre a vite trouvé le moyen de trouver des accointances entre sa génération et celle des héros de 90. « Il n’y a pas de conflit entre générations. Nous respectons les aînés ; ils ont créé le Calif pour défendre leurs droits. C’est tout à fait légitime. On est content pour eux, on est d’accord avec eux. Nous aussi avons le droit de défendre les nôtres», reconnaît le porte-parole officieux des héros de Sydney 200. « C’est un problème d’après-carrières. Certains d’entre nous sont dans la précarité et dans dix ou quinze ans, nous serons dans la même situation que celles de certains de nos aînés de 1990 », recadre-t-il. «J’aimerais plutôt qu’on ait ce débat pour voir comment nos héros, les héros nationaux, après leurs fins de carrières, à leurs fins de vie, ne se retrouvent dans la précarité et ne meurent pas comme de petits chiens ? », tempère-t-il en rejetant la question de la reconnaissance de la nation.

Justice : Paul Biya intègre les magistrats du Common law au corps de la magistrature

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Désormais, les auditeurs de justice issus de la première promotion de la section Common law font partie intégrante du corps de la magistrature du Cameroun. Un décret du président de la République a été signé ce jour pour les besoins de la cause. Il s’agit de la première promotion de ce corps formé par l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam). C’était l’un des points importants du Conseil supérieur de la magistrature qui s’est tenu ce 10 août 2020.

C’est une réponse à la crise anglophone qui sévit depuis 2016 dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. D’autant plus que parmi les problèmes posés par les syndicats d’enseignants et avocats d’obédience anglo-saxonne figurait en bonne place l’étouffement du système judiciaire anglo-saxon par le système francophone. Après avoir fourni la traduction anglaise du traité de l’Ohada aux avocats, le gouvernement a ouvert une section du Common law tant à l’Enam qu’à la Cour suprême du Cameroun en 2018.

Par la même occasion, tous les autres magistrats formés à l’Enam et qui n’avaient pas encore été pris en solde, ont rejoint le corps de leur profession.

Investissements: le marché financier de la Cemac victime de ses coût élevés

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Le marché financier de la Cemac victime de ses coût élevés

L’évolution des activités des marchés de la dette souveraine dans la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) affiche une domination écrasante du marché monétaire sur le marché financier. Selon les statistiques de la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac), on note l’essor des émissions de titres de dette souveraine sur le marché monétaire. On observe aussi un allongement de la maturité des Obligations du Trésor Assimilables (OTA) qui se rapproche de celles des Obligations émises sur le marché financier régional. En 2019, les États membres de la Cemac ont mobilisé 3 121, 48 milliards de FCFA par adjudications organisées par la BEAC (marché monétaire) et 126, 34 milliards de FCFA par syndication sur le marché financier régional. (Figure histogramme). L’aversion au marché financier manifestée par les États de la CEMAC s’explique par la recherche des capitaux à moindre coût. En tant qu’agent économique et compte tenu de la conjoncture économique actuelle, les États se doivent de trouver des ressources financières à bas coût et rapidement disponibles pour faire face à d’importants besoins de trésorerie. Le marché des titres publics organisé par la Beac offre aux États un guichet adapté à leurs besoins de trésorerie. En effet, le cadre réglementaire y autorise des émissions de longues maturités, la célérité de traitement et de réponse aux besoins de financement s’étendent généralement sur quelques jours contre plusieurs semaines sur le marché financier. L’existence d’une contrepartie certaine, essentiellement les banques réduit le risque de l’assèchement des liquidités. On comprend alors mieux, le choix du Cameroun, premier émetteur de la CEMAC de se recentrer sur le marché monétaire. Les autres États de la sousrégion ont suivi la même démarche. L’État du Cameroun a préféré le marché monétaire de la CEMAC pour réaliser des émissions d’OTA d’un montant de 240 milliards de FCFA relatifs au financement des projets d’investissement de l’exercice 2019. Selon Samuel Tela, Directeur de la Trésorerie, la structuration faite par des fonctionnaires du ministère des finances et le recours au marché monétaire a permis à l’État de réaliser une économie de 4,8 milliards de FCFA. Cette performance a d’ailleurs été récompensée par l’octroi de la médaille de Chevalier de l’Ordre de la Valeur à l’équipe des fonctionnaires du ministère des finances l’ayant réalisé. Les États justifient l’abandon du recours au marché financier régional pour financer leurs investissements par le coût élevé d’accès aux capitaux et la durée de la mise à disposition des fonds sollicités. On apprend du Directeur de la Trésorerie du Cameroun qu’en s’adressant au marché financier et en confiant l’arrangement des émissions sus citées à des intermédiaires boursiers, l’État aurait payé en frais financiers, 2,2% du montant global des émissions. Le calcul économique fait par les États de la CEMAC met en évidence le coût élevé des opérations sur le marché financier régional. Les agents économiques s’accordent pour dire que la nouvelle grille tarifaire publié le 10 Mars 2020 par la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (Cosumaf) reste dissuasive pour le recours au marché financier régional. Pour preuve, l’atonie qui caractérise ce marché, que ce soit pour les émissions (marché primaire) ou pour les transactions boursières (marché secondaire). En 2019, le marché financier régional n’a enregistré que deux émissions obligataires pour un montant total de 128,34 milliards de FCFA. Il s’agissait d’une émission de dette souveraine du Gabon dénommé « EOG 6,25% net 2019-2024 » d’un montant 126,34 milliards de FCFA et d’une émission obligataire de l’entreprise SAFACAM « SAFACAM 6% HT 2019-2022 » d’un montant de 2 milliards de FCFA. Selon certains experts, l’élaboration de cette grille tarifaire ne s’est pas appuyée sur le calcul du coût de revient d’une émission sur le marché financier qui devrait être plus bas que celui du financement bancaire. On y note aussi la multiplication des coûts liés à des prestations qui pourraient être agrégées pour diminuer les lignes de dépenses à la charge de l’émetteur. Les proportions des taux indiqués par la grille tarifaire du marché financier régional devraient inciter les agents économiques à recourir au marché financier pour leurs besoins en financement, et mettre les intermédiaires boursiers au travail dans la recherche et la réalisation de plusieurs émissions. Au moment où la deuxième phase du projet de fusion des marchés financiers de la Cemac est engagée, et dont l’objet porte sur le développement et la promotion du marché financier régional unifié, il nous semble impérieux d’examiner sérieusement les coûts d’accès aux capitaux sur la place boursière. On pourrait citer l’exemple du marché financier de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (Ueoma qui, malgré son dynamisme, continue de travailler à la réduction des coûts d’accès aux capitaux.

Par Junior Matock ( Défis Actuels 501)

Fonds de solidarité : Motaze fixe les modalités de fonctionnement

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fonds de solidarité : Motaze fixe les modalités de fonctionnement

Alors que les voix s’élèvent au sein de l’opinion pour réclamer plus de transparence dans la gestion du fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales, le ministre des Finances a tenu à apporter des clarifications. Celles-ci sont relatives aux modalités d’organisation, de fonctionnement et de suivi évaluation dudit fonds.

Organisation

A travers une circulaire signée le 22 juillet le Minfi souligne qu’un compte d’affectation spécial intitulé « Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales » est mis sur pied. Il a pour objet la « prise en charge des besoins liés à la lutte contre la pandémie du coronavirus au Cameroun, ainsi que ceux liés aux interventions de l’Etat, dans le cadre de l’atténuation des conséquences économiques, financières et sociales de cette pandémie, et des mesures de régulation sociale prises par le gouvernement ».

Circuit de La dépense

En matière de circuit de la dépense, la circulaire apporte des précisions sur les différents acteurs habilités à intervenir dans la gestion de ce fonds. Il s’agit du Minfi, les autres chefs de département sectoriels, la Caisse Autonome d’Amortissement, les points du « CAS Covid-19 » des différents départements ministériels, le contrôleur financier du circuit allégé et le payeur spécialisé auprès du CAS Covid-19 logé à l’Agence centrale du Trésor pour faciliter les opérations de paiement. La circulaire renseigne que le Minfi est l’ordonnateur principal de ce fonds, en recettes et en dépenses. Les autres chefs de départements ministériels sont quant à eux chargés de la mise en œuvre des activités financées par le CAS Covid-19. Les points focaux sont chargés de la préparation des dossiers qui sous-tendent les demandes des départements ministériels, adressés au Minfi. L’agent chargé des opérations de comptabilité matière enregistre les opérations réalisées dans le cadre dudit fonds. Tandis que le contrôleur financier contrôle la régularité de la dépense, il appose le visa budgétaire préalable sur les projets de bons de commande administratifs, de lettre-commandes, de marchés, de décisions, de conventions et tout autre acte financé sous ressources du CAS Covid-19, etc. En clair, l’ordonnateur principal est le Minfi, et les dépenses sont réglées par le payeur spécialisé auprès du fonds dans un compte séquestre domicilié à la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac).

Suivi-évaluation

Pour ce qui est du suivi-évaluation, les chefs de départements ministériels sont chargés de produire à la fin de chaque trimestre, un rapport sur la mise en œuvre des activités du CAS Covid-19, ainsi que l’évaluation de chaque action conduite et l’impact du programme sur la lutte contre la pandémie. Aussi, à la fin de l’exercice, un compte administratif et un compte de gestion-matières qu’ils transmettent au ministre chargé des Finances. La Caisse Autonome d’Amortissement pour sa part, en sa qualité de comptable public en matière de dépenses sous ressources extérieures, transmet au ministre de l’Economie, avec copie au Minfi, quinze jours après chaque fin du mois, la situation des décaissements effectifs, dédiés à la lutte contre la pandémie, en distinguant les paiements effectués au profit des agences des Nations Unies des autres paiements.

Par Junior Matock ( Défis Actuels 501)

Appui budgétaire : la BAD prête 57,7 milliards au Cameroun

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Appui budgétaire : la BAD prête 57,7 milliards au Cameroun

Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey a signé le 20 juillet dernier, un accord de prêt avec la Banque Africaine de Développement (BAD) d’un montant de 88 millions d’euros, soit environ 57,7 milliards de francs CFA destiné au financement du Programme d’Appui Budgétaire en réponse à la crise du Covid-19.

D’après le communiqué de presse publié à cet effet par le Minepat, « ce programme permettra de contribuer à la lutte contre la pandémie du Covid-19 et à atténuer ses effets socio-économiques néfastes sur les ménages et entreprises en droite ligne de la Stratégie Nationale de Riposte à cette crise multiforme ».

De manière globale, depuis le début de cette crise sanitaire, la BAD s’est positionnée comme l’un des partenaires qui accompagne le Cameroun dans son plan de riposte élaboré pour faire face à cette pandémie. Ledit plan va coûter à l’Etat 479 milliards de francs CFA, dont 296 milliards en 2020. Cette stratégie s’étend sur trois ans et repose sur cinq piliers à savoir : la riposte sanitaire, la résilience économique et financière, l’approvisionnement stratégique, la recherche et la résilience sociale.

Pour financer ce plan de riposte, plusieurs pistes ont été identifiées. Notamment l’appui de la BAD qui devait mettre sur la table 57,7 milliards représentant la première tranche de sa contribution. Dans la même perspective, les autres ressources budgétaires disponibles ou identifiées par l’Etat s’élèvent à 436 milliards de francs CFA. Celles-ci intègrent des ressources déjà reçues de certains Partenaires Techniques et Financiers, notamment le Fonds Monétaire International (135,6 milliards), la Banque Mondiale (25 milliards), l’Union Européenne et le Fonds Mondial (2,6 milliards chacune), la Banque Islamique de Développement (16 milliards), la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (20 milliards), et l’Agence Française de Développement (6,5 milliards). En outre, il est également prévu un Compte d’Affectation Spéciale (CAS) de 180 milliards de francs CFA, soit 43 milliards pour le CAS et 137 milliards en provenance du budget général.

Par Junior Matock

Incendie à la Trésorerie générale : Le Minfi annonce la reprise des activités

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Un des bureau du service administratif de la Trésorerie

Dès ce 27 juillet 2020, les activités reprendront leur cours normal à la Trésorerie générale de Yaoundé. Telle est le résumé d’un communiqué rendu public le 26 juillet dernier par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze. C’était à la suite d’une visite d’évaluation des dégâts causé la veille (24 juillet 2020, Ndlr) par un incendie qui s’est déclaré dans le bâtiment annexe abritant les services de contrôle et du traitement informatique des comptabilités de la circonscription financière régionale.

Le communiqué signé par le Minfi souligne à cet effet que « grâce à l’intervention prompte des militaires de garde et des sapeurs-pompiers, l’incendie a été maîtrisé vers 00 heure 20 minutes ». Le constat fait état de « destruction d’un certain nombre de matériels et de documents physiques », indique le communiqué. Pour rassurer l’opinion, le Minfi a ajouté que « des mesures sont en train d’être prises pour un remplacement dès ce jour, 25 juillet, des principaux matériels et équipements ainsi que du rétablissement par les services compétents de Eneo du circuit électrique ». Bien plus, peut-on lire dans ce document, « une enquête par les services compétents permettra de déterminer les causes exactes de cet incendie », a écrit Louis Paul Motaze.

Il convient de rappeler que le Minfi a signé le 11 juin 2020 un arrêté portant création d’une paierie générale et des paieries spécialisées auprès de certains départements ministériels. Au total, le Minfi a procédé à la création de 16 nouvelles paieries générales et spécialisées. La paierie générale qui voit ainsi le jour est assignataire des opérations de plusieurs administrations que sont la présidence de la République et ses services rattachés ; les services du Premier ministre et ses services rattachés ; les organes institutionnels, et trois départements ministériels (Finances, Economie, Travail). Les 15 paieries spécialisées prendront en charge entre un et trois départements ministériels. Ceci, en dehors des ministères et administrations qui, depuis mai 2011, ont déjà chacun leur paierie spécialisée (Ministère de la Défense, Délégation générale à la sûreté nationale, et les ministères en charge des Travaux publics, de l’Eau, des enseignements secondaires et de l’éducation de base). Cette reconfiguration vise à terme, selon des cadres du Minfi, de parvenir à un payeur par ministère pour décongestionner non seulement le circuit de paiement mais aussi la paierie générale. En effet, comme l’explique d’autres sources, la paierie générale gérait environ 80 % des opérations budgétaires de l’Etat avant la création des six premières trésoreries spécialisées. Avec l’arrêté de jeudi dernier, le flux va diminuer de 20 % encore, pour être à 60 %.

Par Junior Matock

Téléphonie mobile : L’arrivée de Camtel inquiète la concurrence

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Camtel veut ouvrir une nouvelle page

Le 12 mars 2020, le gouvernement par les mains du ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel) a remis à Camtel trois conventions de concession pour l’établissement et l’exploitation de réseaux de communications électroniques fixe, mobile et de transport, à couverture nationale et ouverts au public. Trois documents qui font de l’entreprise publique, le quatrième opérateur de téléphonie mobile au Cameroun. Avec ses nouveaux attributs en effet, l’opérateur historique des télécommunications régularise sa situation sur le plan juridique et réglementaire en sa qualité de fournisseur des services de communications électroniques. Une position qui suscite un certain émoi auprès des opérateurs existants, qui non seulement craignent une guerre des prix en perspective, mais surtout une concurrence déloyale de la part de Camtel, présentée comme «juge et partie».

La question a été soulevée le 20 juillet 2020, lors d’une session extraordinaire du Cercle de Concertation Permanente Public-Privé du Secteur des Postes et Télécommunications (Cppt) à Yaoundé. «Les opérateurs existants ont dû payer un droit d’entrée, fait remarquer Jean Melvin Akam. En ce qui nous concerne, MTN a payé un droit d’entrée assez élevé : 75 milliards de francs CFA». «Or Camtel a obtenu une licence sans payer le moindre frais. Nous considérons la gratuité de la licence sur les services mobiles comme un élément de concurrence déloyale. Nous avons payé 75 milliards qui apparaissent dans la structure de nos coûts. Camtel ne va pas supporter les mêmes dépenses dans la structuration de ses coûts. Donc, avant de commencer à courir, Camtel a un avantage sur les autres opérateurs. Du coup, elle peut avoir des prix beaucoup plus bas parce qu’elle n’a pas à supporter ces 75 milliards», s’indigne le General Manager Regulatory and Corporate Affairs de MTN Cameroon. Si certains spécialistes pensent que ce dernier a raison sur le fait que Camtel ne devrait rien payer en vue de l’exploitation des réseaux de communications électroniques fixe, mobile et de transport à couverture nationale, au sein du ministère des Postes et Télécommunications, l’on y voit au contraire un effet bénéfique sur la concurrence. «Le fait pour Camtel de ne pas avoir payer de droit, comme la loi le dit en parlant de concession de plein droit, est un avantage pour tous les opérateurs ; parce que cela permettra de déterminer les coûts d’accès à l’infrastructure à un niveau faible. Il n’y aura pas un coût à déterminer par rapport à la licence. Et donc, tous les opérateurs pourront en bénéficier», a expliqué un haut cadre de l’opérateur historique des télécommunications.

Toujours en guise de réponse aux craintes que suscite l’arrivée de Camtel sur le marché de la téléphonie mobile, la même source révèle que sur le segment de l’interconnexion, c’est l’opérateur public «qui demande auprès des autres opérateurs qui sont dans une position de force. Car Camtel arrive avec 20 ans de retard». Même l’opérateur historique des télécommunications garde un monopole naturel en ce qui concerne le segment de marché des infrastructures de transport. «Il n’y a pas d’exclusivité dans la loi camerounaise, explique le même interlocuteur. Il est dit que pour opérer sur le segment de transport, il faut une concession. Et pour attribuer cette concession, il existe des conditions bien établies ; soit c’est à travers un appel d’offres, soit c’est le gouvernement qui décide d’accorder la concession à un opérateur. Tout est prévu dans les textes. Mais, comme partout ailleurs, l’infrastructure est retenue par un monopole naturel». Au Minpostel l’on assure à cet effet qu’une bonne régularisation de l’accès de tous les opérateurs à l’infrastructure de transport permettra de porter les services de communication électronique à un coût abordable. L’un des éléments essentiels étant que Camtel respecte les cahiers de charges qui accompagnent les concessions à elle remises notamment les indicateurs de qualité de service contenus dans les cahiers des charges et conformes aux normes internationales.

Pour mémoire, les trois nouvelles concessions octroyées à l’opérateur public des télécommunications sont relatives à : l’établissement et l’exploitation d’un réseau de communications électroniques mobiles à couverture nationale ouvert au public, liés aux technologies d’accès 2G, 3G et 4G ; l’établissement et l’exploitation d’un réseau de communications électroniques fixes à couverture nationale ouvert au public par des accès filaires ; et l’établissement et l’exploitation d’un réseau de transport de communications électroniques, y compris des stations d’atterrissage de câbles sousmarins et des téléports vers les réseaux à satellites. Les concessions octroyées rentrent donc dans le cadre de la stratégie du gouvernement, visant à accompagner l’opérateur public dans sa mue vers la compétitivité et la sauvegarde des intérêts nationaux en matière de communication électronique.

Par Arthur Wandji

Bamendjou : Djeukam Tchameni et Hilaire Kamga au secours du roi Sokoudjou

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Djeukam Tchameni, éternel opposant

Le 18 juillet dernier, Sa Majesté Jean Rameau Sokoudjou, roi de Bamendjou a reçu dans son palais royal, plusieurs « acteurs sociaux et politiques du Cameroun en vue de dégager un consensus minimal qui puisse aider le pays à sortir de la crise multidimensionnelle dans laquelle il est empêtré ». Informé sur le tard de cette rencontre, le préfet des Hauts-Plateaux n’est pas passé par quatre chemins pour accuser le roi de Bamendjou d’avoir violé la loi sur les réunions et manifestations publiques. « Il me revient que vous avez organisé et présidé dans votre chefferie, une concertation publique non déclarée…en violation de la loi n° 054 du 19 décembre 1990. De plus au mépris des dispositions pertinentes du décret n°77/245 du 15 juillet 1977, portant organisation des chefferies traditionnelles, vous avez mis en péril l’ordre public et la légalité », écrit, Ousmanou Yampen, préfet des Hauts-plateaux, dans une correspondance adressée au roi de Bamendjou. Avant de mettre en garde : « aussi ai-je l’honneur de vous mettre fermement en garde qu’en cas de récidive, je prendrai toutes mes responsabilités ».

Indignations

Aussitôt publiée, cette correspondance du préfet a suscité l’indignation de plusieurs citoyens qui estiment que les propos utilisés par le préfet sont discourtois. Le combattant des libertés Djeukam Tchameni a condamné « le ton arrogant et irrévérencieux utilisé par le préfet pour s’adresser à une autorité traditionnelle respectable et respectée, qui de surcroit est suffisamment âgée pour être son père ». S’adressant au préfet, Hilaire Kamga a estimé quant à lui que « Les mots utilisés dans votre courrier, dont le caractère humiliant indique à suffisance votre posture dédaigneuse à l’endroit de l’un des rares sages que le Cameroun a encore le privilège de disposer, sont non seulement choquants mais aussi révélateurs de votre intention clairement exprimée de faire mains basses sur nos libertés ». Pour l’association des jeunes dynamiques de Bamendjou, « cette mise en garde est un affront direct à l’endroit du peuple Bamendjou par l’entremise de son chef supérieur traditionnel ».

Au sortir de l’événement qui fait mal

Petites leçons de droit

Si Ousmanou Yampen, préfet des Hauts-Plateaux affirme que le roi Sokodjou a violé de façon flagrante les dispositions de loi de 1990 sur les manifestations et réunions publiques, laquelle exige une autorisation préalable avant toute réunion publique, Hilaire Kamga quant à lui estime que le préfet fait une confusion entre audience et réunion publique. « Par quelle alchimie réussissez-vous à transformer en réunion publique une audience, accordée par un roi ? L’un des salons du roi de Bamendjou est-il devenu un lieu ouvert au public ? De quel texte tirez-vous la disposition selon laquelle une audience accordée par un chef dans sa Chefferie est une réunion publique ? », demande-t-il à cet administrateur. Avant de rappeler que « le citoyen Camerounais en la matière (Libertés de réunion) est bien protégé par la législation nationale et internationale, et même par la jurisprudence constante ». Tout en rappelant le cadre dans lequel cette rencontre s’est tenue, Djeukam Tchameni précise que : « la loi N° 90/054 du 19 décembre 1990 n’exige nullement qu’un père, quel que soit son statut ou fonction, déclare à l’autorité administrative une rencontre avec ses enfants »

Par Joseph Essama

UPC : Bapooh Lipot défie la justice

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Bapooh lipot en rebellion contre la justice

Bapooh Lipot ne digère pas de perdre son poste de secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun (UPC). Il y’a quelques jours, et malgré la décision de justice qui le déboute du poste qu’il occupait au sein de cette formation politique, l’ancien député a affirmé qu’il est toujours le secrétaire général de l’UPC. « Le 30 septembre 2012, au palais de Congrès de Yaoundé, j’ai été élu secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun dans un congrès statutaire dont la légalité et la légitimité n’ont jamais été contestées. A ce titre, j’assumerai toujours mes fonctions jusqu’à ce que les militants et militantes de l’UPC, dans un autre congrès statutaire légal, me retirent cette confiance », soutient-il. Joint au téléphone samedi dernier, l’actuel Président du Conseil d’Administration de la Société de Recouvrement des Créances (SRC) n’a pas voulu dire s’il a interjeté appel ou non. Il a plutôt montré une détermination sans conteste, à demeurer au poste qu’il a occupé depuis plus de 8 ans. Se projetant déjà dans l’avenir, il a invité ses adversaires à venir le challenger lors du prochain congrès. « Permettez-moi d’ailleurs d’inviter ces dissidents (la branche Baleguel Nkot) à venir prendre légalement et légitimement ma place lors du prochain congrès légal et statutaire de l’UPC qui se tiendra en 2021. En attendant je demande aux militants et sympathisants de l’UPC de redoubler de vigilance et de fermeté ».

Héritier d’Augustin Frederick Kodock, Bapooh Lipot considère la faction de l’UPC dirigée par son rival Baleguel Nkot comme dissidente et l’accuse de saper l’héritage politique de celui qui l’a moulé sur le plan politique. Le 13 juillet dernier, le Tribunal Administratif de la région Centre avait rendu sa décision sur l’affaire de l’UPC, qui opposait Baleguel Nkot au Ministre de l’Administration Territoriale (Minat). Dans l’expédition de l’ordonnance du sursis, rendue le 10 juillet 2020, le tribunal a suspendu les effets de la décision prise le 17 juillet 2018 par le ministre de l’Administration Territoriale faisant de Robert Bapooh Lipot secrétaire général de l’UPC. Un verdict qui réhabilite Pierre Baleguel Nkot au poste de secrétaire général de l’UPC pour lequel il avait été élu lors du dernier congrès.

Il faut noter que c’est depuis plusieurs années que le parti des crabes est secoué par les batailles internes de leadership. La direction de cette formation politique est notamment disputée par trois personnalités (Robert Bapooh Lipot, Habiba Issa, Pierre Baleguel Nkot). Ces batailles se sont cristallisées à la veille de la dernière élection présidentielle de 2018. Lors des élections législatives et municipales de février dernier, toutes les listes de l’UPC ont été rejetées, au motif que le parti avait présenté deux listes différentes dans toutes les circonscriptions où il a postulé.

La guerre continue

Avec cette position de Robert Bapoh Lipot, l’on est loin de penser que les dissensions au sein de l’UPC vont prendre fin dans les prochains jours. Si ces batailles continuent, le parti historique qui ne dispose plus d’élus que ce soit à l’Assemblée Nationale que dans les mairies, verra sa descente aux enfers se poursuivre. Ce d’autant plus que les représentants des différentes branches semblent déterminés à maintenir leur position. Le parti de Um Nyobe a pourtant intérêt à se réconcilier, s’il ne veut pas voir son sort définitivement scellé lors des élections régionales qui s’annoncent.

Par Joseph Essama

Bamendjou : La guerre entre le préfet Yampen et Fo’o Sokoudjou

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Sa majesté Sokoundjou

Dans une lettre adressée au chef supérieur des Bamendjou, le préfet des Hauts-plateaux menace de représailles Sa majesté Jean Rameau Philippe Sokoudjou Chendjou II qu’il accuse de « rébellion » contre l’autorité de l’Etat. « La déclaration préalable de toute manifestation ou réunion politique est une exigence légale à laquelle vous ne vous êtes pas conformé », écrit-il. Le patron de l’Administration territoriale dans les Hauts-plateaux reproche à l’autorité traditionnelle d’avoir « organisé et présidé une concertation politique non déclarée, le samedi 18 juillet 2020, en violation flagrante de la loi N°90/054 du 19 décembre 1990». Yampen Ousmanou estime d’ailleurs que Sa majesté Sokoudjou « a mis en péril l’ordre public et la légalité », en violant et ignorant le décret 77/245 du 15 juillet 1977. Texte qui organise les chefferies traditionnelles au Cameroun. . Pour cet acte « intolérable et incompatibles avec les fonctions d’Auxiliaire de l’administration», l’ex sous-préfet de Yaoundé II qui avait la réputation de mater toute manifestation de l’opposition et de la société civile, ne compte pas se laisser dompter par l’autorité traditionnelle. « En cas de récidive, je prendrais toutes mes responsabilités conformément à l’article 29 du décret précité», promet-il. Un article traitant de la « discipline » des chefs traditionnels. « En cas de faute dans l’exercice de leurs fonctions, en cas d’inefficacité, d’inertie ou d’exactions à l’égard des populations, les chefs traditionnels encourent les sanctions suivantes : rappel à l’ordre, avertissement, blâme simple, blâme avec suspension pendant 3 mois au plus de la totalité des allocations, destitution… ». Le même article précise que « les sanctions disciplinaires qui précèdent ne peuvent être infligées que si le chef a été préalablement appelé à donner des explications sur son comportement, son inefficacité ou son inertie ».

Yampen Ouamsnou veut réduire Fo’o Sokoudjou au silence

La riposte du chef, voisin de Maurice Kamto

En clair, la machine de la répression est enclenchée. Le préfet pourrait la mobiliser la loi contre le chef rebelle qui semble ne pas être disposé à la soumission. « Nous devons éviter de toujours laisser le feu pour souffler sur la cendre. Ce n’est pas parce que nous sommes habitués à n’organiser que les funérailles que tout bruit est synonyme de son de tamtam. Parfois on tape mais c’est plutôt la naissance, et pas toujours le deuil », peut-on lire sur la page facebook dédiée au roi des Bamendjou. Une page qui relaie généralement les sorties du monarque qui n’a jamais caché ses élans contestataires lorsqu’il estime que l’Etat a manqué à son devoir envers le peuple. Le 18 juillet, Jean Rameau Philippe Sokoudjou avait accueilli dans sa chefferie des figures de poids de la contestation au Cameroun telles Hilaire Kamga, Alice Sadjio, Cyrille Rolande Béchon, Serge Espoir Matomba… pour une concertation au sujet de la vie de la nation. Sa majesté Sokoudjou avait déjà été une victime de l’armée coloniale française qui réprimait l’Union des populations camerounaise (UPC) et ses sympathisants. L’homme dirige un village voisin de Baham d’où est originaire Maurice Kamto, l’opposant qui donne des insomnies au régime Biya depuis deux ans.

Ci-dessous, la lettre du préfet

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