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Electricité : Eneo rassure les chefs d’entreprises sur l’offre énergétique

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 En visite  à la  centrale hydroélectrique d’Edéa,  l’un des principaux contributeurs à la production nationale d’électricité, une délégation du patronat camerounais a été édifiée sur les travaux de modernisation des infrastructures pour répondre notamment à la demande industrielle estimée à environ 400 mégawatts.

Le courant passe entre les industriels et les acteurs du secteur de l’électricité  après une « haute tension » observée en février dernier du fait de nombreux délestages.  Une  délégation conduite par le Président du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) était  à la centrale hydroélectrique d’Edéa le 21 juin 2024. Ces hommes d’affaires ont ainsi pu apprécier les travaux de modernisation des infrastructures, notamment  au sein de cette unité de production considérée comme l’une des plus importantes du pays.

  La centrale d’Edéa est en effet  dotée d’une  capacité installée de 276 MW, pour une offre globale nationale de 1500 MW. En activité depuis les années 50, cette centrale  est encore à ce jour,  selon Eneo, « en excellent état de marche ». C’est également le constat fait par le Gecam.  « Nous partons d’ici satisfaits. Malgré son ancienneté, cette usine a su se moderniser, en mettant en place des pratiques d’amélioration continue, en assurant une maintenance régulière et de haut niveau. Nous adressons nos encouragements au Gouvernement et à l’entreprise ENEO »,  a indiqué Celestin Tawamba.

 Cette visite était aussi l’occasion pour Eneo de faire le point sur les enjeux et les problématiques de ce secteur névralgique pour l’économie. « Edéa illustre à suffisance les efforts d’ENEO pour maintenir et développer les outils de production à sa charge mais aussi améliorer la distribution de l’électricité. Le GECAM incarne la force industrielle et la force économique du Cameroun. Il est donc tout naturel qu’ENEO s’ouvre, pour expliquer ses réalisations et défis, et comprendre également les contraintes des membres du GECAM», a déclaré Amine Homman Ludiye, le Directeur Général d’Eneo.

  Les membres du Gecam ont  pu être édifiés sur les différents chantiers visant à répondre aux besoins actuels et futurs. Les chefs d’entreprise ont cependant été rassurés sur les efforts visant à satisfaire notamment la demande industrielle estimée à environ 400 mégawatts à court terme et  à plus de 700 mégawatts moyen terme.   Les besoins des industries devront être comblés en partie grâce aux premiers mégawatts de Nachtigal, mais aussi le renforcement des investissements sur le réseau de Douala en coursL’autre chantier majeur qui s’étend entre 2024-2026, c’est le gouvernement la réalisation des projets de transport et de distribution dans le cadre du Programme Axé sur les Résultats (PforR) financé par la Banque Mondiale. Ces projets permettront d’augmenter les capacités de transformation des postes existants de 2898 à 3136,9 MVA.

Il faut dire que  la question de l’électricité est cruciale pour les entreprises.Une enquête menée par le Gicam  en 2022, a révéléqu’après l’inflation, l’énergie électrique était la contrainte majeure pour 64%, d’entreprises.

Réaction

 Célestin Tawamba, président du Gecam

 « Nous avons compris que la problématique de la production d’énergie est presque résolue »

« Nous  avons visité la mère des barrages. Ça nous a  permis encore de mieux comprendre la problématique de l’énergie au Cameroun qui est fondamentale pour le développement et l’émergence du Cameroun. Nous avons d’abord pris  note de ce que cette usine bien qu’elle soit ancienne a su se transformer et se mettre au niveau, d’améliorer avec un entretien régulier,  capacité de maintenance de haut niveau.  Nous partons d’ici satisfaits. Malgré son ancienneté, cette usine a su se moderniser, en mettant en place des pratiques d’amélioration continue, en assurant une maintenance régulière et de haut niveau. Nous adressons nos encouragements au Gouvernement et à l’entreprise ENEO. Une fierté personnelle aura été de voir des patriotes très dévoués. Nous avons également compris que la problématique de l’alimentation de l’énergie en termes de production est presque résolue au regard de la demande actuelle et des projets en cours, et que les enjeux liés aux réseaux de transport et de distribution devraient être résolus. Ces éléments contribueront à améliorer notre plaidoyer et à mieux soutenir les pouvoirs publics dans la recherche des solutions. De plus, ils permettront de rassurer les investisseurs quant à la prise en main de la problématique de l’énergie, pour favoriser l’attractivité du Cameroun dans les années à venir.  »

Coût de la vie : Ngaoundéré reste la ville la plus chère du Cameroun, l’inflation y atteint 7,7% en mai

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Dans le détail, le chef-lieu de la région de l’Adamaoua, Ngaoundéré, enregistre le taux d’inflation le plus élevé au mois de mai, atteignant 7,7 %. Cette région est régulièrement en tête de liste des villes les plus chères. Toutefois, le taux d’inflation a légèrement reculé de -0,3 % par rapport au mois d’avril, où il était de 8,0 %. Suivent dans ce classement les villes de Maroua à l’Extrême-Nord, Douala dans le Littoral et Ebolowa au Sud, avec respectivement 7,6 %, 6,6 % et 6,3 %. Bertoua, principale ville de l’Est, occupe la cinquième place avec 6,0 %. La capitale politique, Yaoundé, et Bafoussam, le chef-lieu de la région de l’Ouest, occupent la sixième place avec un taux d’inflation de 5,6 %. La ville de Buea dans le Sud-Ouest suit de près avec 5,5 %, puis Garoua et Bamenda ferment la marche avec des taux d’inflation respectifs de 5,4 % et 4,0 %.

Selon l’Institut national de la statistique (INS), l’inflation enregistrée en 2023 est la résultante de plusieurs facteurs. Au niveau national, par exemple, on cite la réduction des subventions sur les prix des hydrocarbures, les perturbations climatiques et les défis sécuritaires, en particulier dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Dans un contexte où le conflit Russo-ukrainien et les tensions au Proche Orient perdurent, avec des conséquences inflationnistes potentiellement persistantes, l’INS recommande au gouvernement de réduire davantage la dépendance extérieure du Cameroun et d’accélérer la politique de transformation structurelle de l’économie. « Un levier essentiel pour accroître l’offre diversifiée de produits agricoles est le développement des unités de production et la facilitation de l’accès aux intrants agricoles tels que les engrais chimiques, les herbicides, les semences, etc., ainsi que le soutien à la production agricole », propose l’INS dans son rapport relatif à l’évolution de l’inflation en 2023 et perspectives pour 2024 publié en février dernier.

Centrale d’Edea : plus de 100 milliards investis en 20 ans

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 Ces fonds ont été utilisés pour la rénovation et le renouvellement des équipements nécessaires à l’amélioration de l’efficacité opérationnelle de cette centrale vieille de plus de 60 ans.

La centrale hydroélectrique d’Edéa est la plus vieille du pays.  Mais, ses installations anciennes sont selon Eneo, «  en excellent état de marche ».  Ce, grâce à divers chantiers engagés continuellement sur le site.  Aujourd’hui, cette centrale  est parmi celles qui contribuent le plus  à  l’offre énergétique du pays.  « Depuis 2004, jusqu’à aujourd’hui, c’est à peu près de 100 milliards qui ont été investis pour maintenir et transformer l’usine d’Edéa », indique Amine Homman Ludiye,  le Directeur Général d’Eneo.

Les travaux ont consisté  entre autres à la réhabilitation et au renforcement des équipements. Il a notamment été question de l’acquisition des outils et équipements visant à renforcer l’efficacité opérationnelle de cette centrale. C’est par exemple le cas de la rénovation des groupes turbo alternateurs, du remplacement de l’ouvrage à hausses mobiles par un évacuateur des crues classiques à vannes segments.  Ces chantiers ont par exemple nécessité la mobilisation de 75 milliards de FCFA en 2008 dans le cadre d’un projet  qui concernait aussi le barrage de Songloulou. Ces travaux avaient notamment permis à l’usine d’Edéa d’augmenter ses capacités  qui tournaient seulement autour de 11 mégawatts.  La  production annuelle de cette usine est finalement  passée de  102, 8 gigawatts-heures pour atteindre plus de  300 gigawatts-heures  à partir de 2011.   Et depuis lors,  cette centrale apporte une forte contribution au réseau électrique. Elle ne sert plus seulement à alimenter Alucam qui captait plus de 90% de sa production. D’autres clients industriels, mais aussi les ménages en tirent  désormais un grand profit.

 Si ces investissements ont été initiés par AES SONEL, Eneo, filiale d’Actis dit avoir poursuivi  le chantier  en misant plus sur la modernisation de cet ouvrage. C’est ainsi que l’une des fiertés  de cette usine à ce jour  est l’installation de nouveaux équipements de commande de la centrale qui permettent une meilleure capacité de surveillance et d’anticipation.  « Des équipements modernisés d’année en année avec des technologies de pointe dans le cadre des programmes d’investissements d’ENEO visent à garantir que cette infrastructure continue de jouer son rôle essentiel dans la production globale d’énergie du pays », se réjouit  Amine Homman Ludiye.

 En dehors d’Edea,  Eneo contrôle également les centrales hydro électriques de Songloulou et de Lagdo classées parmi les plus grandes du pays. L’entreprise dispose aussi d’une vingtaine de centrales thermiques et solaires pour  une contribution globale de 65% à la production  nationale d’énergie électrique.

 Une fintech camerounaise primée au FIAD

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L’entrepreneuriat camerounais a été honoré lors de la 7ème édition du FIAD au Maroc. En effet, la jeune entrepreneure camerounaise Ako Joëlle Agborndang, PDG de la startup Iclan Innovative a remporté le troisième prix des « Trophées Jeunes Entrepreneurs » décernés par la Fondation Al Mada. La cérémonie de remise des prix a eu lieu lors de la clôture, en présence de près de 2500 participants. La fintech Iclan Innovative lancée en 2018, se consacre dans le secteur de l’éducation. Cette récente reconnaissance lui ouvre des portes, avec un financement d’environ 6,16 millions de FCFA. Ces fonds permettront d’accélérer le développement de la plateforme, renforçant ainsi la sécurité du système de paiement des frais de scolarité au Cameroun, apprend-on. « Cette enveloppe va me permettre d’investir davantage dans notre projet de paiement des frais de scolarité et on va aussi aider les jeunes dont les projets sont en phase d’incubation pour que nous grandissions ensemble », a précisé Ako Joelle Agborndang. Et de poursuivre : « Ce trophée ce n’est pas seulement pour moi, c’est aussi pour toutes les femmes entrepreneures au Cameroun et en Afrique. Cette reconnaissance pour moi c’est le début. Ça m’encourage à faire plus, à digitaliser pas seulement le secteur éducatif, mais aussi explorer d’autres pistes, autant au Cameroun qu’en Afrique. »

Sur le même podium des « Trophées des Jeunes Entrepreneurs », le premier prix, trophée d’or, avec une enveloppe d’environ 15,3 millions de FCFA) est revenu à Henri Diele, de la République du Congo, directeur général de Congo-Plast, start-up évoluant dans le secteur de la protection de l’environnement, et spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques en meubles divers. Youssef Bouyakhf du Maroc a remporté le trophée d’argent avec son entreprise Deepecho, évoluant dans le domaine de la santé. Il empochera la somme de 12,3 millions de FCFA à peu près. Le FIAD, une plateforme d’échanges économiques et commerciaux en Afrique, a réuni pour cette édition plus de 2200 opérateurs économiques, institutionnels et responsables gouvernementaux, provenant de 30 pays africains pour aborder les défis et opportunités liés au développement du continent. La délégation camerounaise était conduite par Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, chargé de la Planification. Le Forum International Afrique Développement (FIAD), qui s’est tenu du 27 au 28 juin 2024 à Casablanca, le chef de la délégation camerounaise a brillamment exposé les opportunités offertes par le Cameroun en tant que terre d’accueil et d’attractivité. Lors d’une plateforme d’échanges animée par un modérateur (Pitch pays), il a mis en avant les réformes majeures entreprises par le gouvernement pour améliorer l’investissement privé au Cameroun. Il a également évoqué les projets structurants en cours dans le pays. Cet échange, d’une durée d’environ 20 minutes, a permis de présenter au monde entier la dynamique économique du Cameroun. Les plateformes de communication du Fonds d’investissement Al Mada.

En marge des travaux du FIAD, qui était sous le thème : « Ici, on investit. », le ministre Paul Tasong a tenu des audiences avec des personnalités de premier plan. Parmi elles, Mohamed EL Kettani, président directeur général du Groupe Attijariwafa Bank, Philippe Richard, directeur général de Lafarge Holcim Maroc Afrique, et Mhammed Chaoudri, PDG. du Groupe Chaoudri. Ces rencontres ont ouvert la voie à d’éventuelles collaborations futures et renforcé les investissements au Cameroun.

Prix Castel 2024 : qui sont les lauréates du cameroun

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 Naomi Dinamona Epse Mbakam et Audrey Clarisse Ekollo Ndome ont pris le dessus sur plus d’une centaine de candidats à cette compétition du groupe Castel qui récompense l’entrepreneuriat agricole.

 Naomi Mbakam : de l’électricité à l’agro-alimentaire

 Elle vient de décrocher le 1er prix Castel pour son projet entrepreneurial. Pourtant, rien ne présageait son statut actuel.Ingénieure du génie électrique diplômée de l’Ecole Nationale Polytechnique de Yaoundé Naomi Dinamona epse Mbakam s’est lancée dans l’entreprenariat tout à fait soudainement.  « Je n’avais jamais imaginé que je vendrais des aliments pour bébé. Cette idée m’est totalement venue du digital lorsque je donne naissance à ma fille qui s’appelle leelou. Quand elle a six mois, je me rends en grande surface pour acheter son repas et je ne trouve pas de petits pots  de bouillie locale pour elle.  Je décide alors que je ferai ses petits pots moi-même », raconte-t-elle.  Après plusieurs commandes nées de ses publications  sans calculs sur les réseaux sociaux,  Naomi voit là un  véritable besoin. C’est ainsi qu’elle développe petit à petit  sa marque d’aliments  spécialisés pour bébé et se taille une clientèle majoritairement connectée à ses comptes sur les réseaux sociaux. Elle lui donne le nom de Leelou baby food. Lancée en 2020, l’entreprise  compte déjà un réseau de plus de 25000 bébés nourris par cette gamme composée de plus de 80 produits. Il s’agit entre autres de  yaourts ; bouillies ; compotes de fruits et mono légumes.

Grâce au prix Castel, elle décroche  la somme de 15 000 € soit environ 10 millions de FCFA. Elle va également bénéficier d’un parrainage et  d’un programme de coaching. Cet accompagnement va lui permettre de réaliser le projet de développement de son entreprise.Naomi Mbakam compte en effet passer à la semi-Industrialisation du processus de production.

Audrey Clarisse EKOLLO NDOME : promouvoir la transformation du poisson

 Celle qui remporte le deuxième prix Castel 2024 au niveau du Cameroun est  une jeune entrepreneure qui pense social.  Audrey Clarisse Ekollo Ndome est promotrice d’Acquaki,entreprise spécialisée dans la production et la transformation de poissons.  Créée en 2021, elle ne se limite pas à la commercialisation. Audrey souhaite surtout autonomiser les femmes en les encourageant à s’intéresser à cette activité. A Dibombari, localité située dans le département du Moungo, région du Littoral, son entreprise  contribue quotidiennement à l’indépendance financière des femmes et des jeunes filles qui représentent déjà 80% de son effectif. Acquaki entend introduire progressivement plus de femmes et de jeunes filles dans la production et la transformation de poissons,  avec un capital matériel fourni par Acquaki. Notamment des alevins et des aliments, principaux intrants de la production de poissons.

«Nous souhaitons à travers le projet Acquaki, inspirer et contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’agri preneurs et d’entrepreneurs soucieux de concilier enjeux économiques et sociétaux

Acquaki ambitionne de s’arroger 20% du marché de la commercialisation de poissons frais et fumés dans les grandes et moyennes surfaces, les hôtels et les restaurants du Cameroun et exporter au moins 40% de sa production en 5 ans.  Ceci, grâce à son approche de marché qui est de mettre à disposition des consommateurs,  des poissons frais et fumés hors des marchés classiques répondant aux besoins de qualité et de sécurité de la moyenne et la haute classe.   Ce sont des poissons fumés déjà nettoyés et désarêtés pour faciliter leur préparation.

 Audrey Clarisse Ekollo Ndome  va recevoir un montant de 10 000 € (6,5 millions de FCFA), en plus d’un programme de coaching.

Tissu économique : 16,28 % des nouvelles entreprises se tournent vers la transformation locale

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D’après les données actualisées du ministère des Petites et Moyennes entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, le tissu de l’économie camerounaise compte 393 166 PME, dont 19 651 ont vu le jour en 2023. Concernant les Organisations de l’Économie Sociale (OES), 3865 d’entre elles ont été créées la même année. Ces entreprises naissent dans un contexte marqué par la mise en œuvre de la politique d’import-substitution, qui consiste à réduire les importations. Cependant, quelles sont les contributions de ces nouvelles entreprises dans la réduction de la dépendance du Cameroun aux importations ? À en croire Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), la priorité est accordée au secteur primaire (agriculture, pêche, mines), notamment la transformation locale des matières premières. Il est urgent « d’accorder une grande priorité à la transformation des matières premières locales, afin de gagner en valeur ajoutée et de réduire les importations de biens et services, tout en augmentant l’offre des exportations », a indiqué le membre du gouvernement lorsqu’il présidait en septembre 2022, le Comité national de suivi-évaluation de la mise en œuvre de la SND-30.

 LE GOUVERNEMENT MISE SUR LA PRODUCTION ET LA TRANSFORMATION LOCALE

En ce qui concerne la répartition des nouvelles entreprises par secteur, on retrouve 0,1 % des PME dans le secteur primaire, 20,3 % dans le secteur secondaire et 79,6 % dans le secteur tertiaire. D’après le même document du Minpmeesa, seulement 16,28 % des organisations de l’économie sociale créées en 2023 évoluent dans les activités de transformation, qui sont des piliers de la mise en œuvre de la politique d’import-substitution. 40,26 % évoluent dans le domaine agricole, la proportion du secteur de l’élevage se situe à 19,18 %. Les branches d’activité relatives à la pêche, à la microfinance et autres activités non spécifiées par l’Annuaire se situent respectivement à 4,9 %, 1,64 % et 17,73 %.

 Pour la mise en œuvre de cette politique d’import-substitution lancée en janvier 2021, le gouvernement s’est doté d’une stratégie pour le renforcement de la production locale. C’est dans cette optique qu’un Plan de soutien à la production et à la transformation des produits de grande consommation (riz, maïs, poisson, lait, blé, mil/soja) a été mis en œuvre en vue d’endogénéiser de l’économie nationale. Dans un contexte où, en 2023, les dépenses d’importations ont augmenté de 1,7 % en glissement annuel, atteignant 4 993 milliards de F CFA, selon l’Institut national de la statistique (INS), la réduction de la dépendance du Cameroun aux importations repose sur le développement de la production dans des filières prioritaires de la SND30, telles que le domaine forêt-bois, l’agro-industrie et le textile-confection-cuir, ainsi que le développement d’autres filières à l’instar de l’énergie, du numérique, des mines-métallurgie-sidérurgie, de l’hydrocarbure-pétrochimie-raffinage, de la chimie-pharmacie et celle de la construction.

Meubles et mobiliers : Le Salon du bois et du mobilier veut réduire la dépendance aux importations

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Selon les données de l’Institut national de la statistique sur le commerce extérieur, le Cameroun a dépensé plus de 42,9 milliards de FCFA en 2023 pour l’achat de 49 015 tonnes de meubles et de mobilier. Cette dépense contribue à creuser le déficit commercial, qui s’élève à 2 004 milliards de FCFA, soit une augmentation de 40,3 % par rapport à 2022, selon la même source. Face à la consommation croissante de meubles en bois importés, les transformateurs locaux cherchent à réduire cette dépendance.

C’est dans ce contexte que le Salon du bois et du mobilier « Made in Cameroon » a été initié par l’association « Artisan au Féminin » en 2017, dans le but de promouvoir la transformation locale du bois. L’enjeu est d’améliorer la production artisanale de meubles en bois afin de répondre à la demande, qui se tourne vers les meubles importés. Conformément à la circulaire du chef de l’État, Paul Biya, signée le 23 août 2022, le gouvernement est invité à orienter la commande publique en biens et services vers la production locale, notamment dans la filière bois, en acquérant une part significative des biens et équipements mobiliers des administrations publiques auprès des entités de production locale. Car les meubles en bois font partie de la quatrième transformation de la matière première, selon la décision du ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) du 27 février 2012, qui catégorise les unités de transformation et détermine le degré de transformation des produits bois. Ce domaine représente une source de création de richesses, d’emplois et pourrait contribuer à la réduction de la pauvreté. Malgré les initiatives prises par le gouvernement et les acteurs de la filière, le secteur de l’ameublement n’a pas connu jusqu’ici, un développement significatif.

 VERS UNE FILIERE BOIS PLUS STRUCTUREE ET COMPETITIVE

La 7e édition du Salon du bois et du mobilier, qui se déroule depuis le 22 juin dernier au palais des Congrès de Yaoundé, a pour thème : « Contribuer à la structuration, au développement, à la maturation et à la compétitivité de la chaîne de valeur du bois au Cameroun ». Avec la mise en œuvre de la politique d’import-substitution du gouvernement, « nous voulons faire comprendre que nous avons du mobilier à la hauteur de nos attentes, c’est-à-dire qu’on peut arrêter de faire venir autant de mobilier de l’étranger, mais trouver ici le mobilier qui est à la hauteur », a expliqué Hélène Mapoko Engohe, promotrice du Salon sur les antennes de la CRTV Poste nationale.

Par ailleurs présidente de l’association « Artisan au Féminin », elle poursuit : « tous les métiers de la filière bois, notamment les ébénisteries et les forestiers, ainsi que ceux qui sont impliqués dans la première coupe, doivent collaborer avec nous pour déterminer comment nous approvisionner. L’ensemble des professions est représenté ici. Il s’agit d’un moment d’échange au sein de cette chaîne de valeur ». Le Salon qui s’achève le 2 juillet prochain présente une variété de meubles « Made in Cameroon », avec différentes qualités, finitions et styles. En plus des meubles, ce rendez-vous annuel propose également des objets d’art en bois ainsi que des compléments d’ameublement.

Barrage de Nachtigal: 60 Mw disponibles à l’usine mais pas pour les populations

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«Depuis ce soir (11 juin 2024, ndlr), le groupe 1 de Nachtigal est officiellement en exploitation et disponible pour le réseau du Cameroun». Cette annonce a été faite il y a deux semaines par Fréderic Labrosse, chef d’équipe d’exploitation du projet de construction du barrage hydroélectrique de Nachtigal, dans la région du Centre. Cette dernière est intervenue 1 mois après la sortie de Gaston Eloundou Essomba, le ministre de l’Eau et de l’Energie qui, à cette occasion, a annoncé le démarrage du premier groupe de cette infrastructure énergétique. A ce stade, soulignait alors le membre du gouvernement, le Réseau interconnecté Sud (RIS), qui couvre sept des 10 régions du Cameroun, bénéficiait d’ores et déjà de 60 MW d’énergie supplémentaires. Bien qu’il se voulait certainement rassurant après de nombreux reports de lancement, Gaston Eloundou Essomba n’a pas été totalement franc. En effet, selon Fréderic Labrosse «Le groupe était encore en cours d’essai même s’il produisait par moment». Cela fait donc 17 jours, que le premier des quatre groupes du barrage de Nachtigal produit en continue 60 MW. «Il est maintenant reconnu officiellement par Sonatrel comme prêt pour l’exploitation, sa capacité de production a été démontrée aujourd’hui (14 juin 2024) à Eneo, notre client, il est maintenant exploité par la Nachtigal Hydro Power Company (Nhpc)», a ajouté Fréderic Labrosse. La phase de démonstration s’est conclue par la signature d’un certificat de capacité entre Eneo et Nhpc.

Des défis à relever

Le premier groupe de l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal a certes la capacité de libérer la totalité de sa puissance, toutefois, cette dernière est régulée par la Société nationale de Transport d’électricité (Sonatrel.). «Le premier groupe est disponible et produit en fonction de la demande de Sonatrel», a précisé Frédéric Labrosse. Les demandes faites à Nhpc par cette entreprise à capitaux publics sont certainement en deçà de ses capacités de production. Du moins si l’on s’en tient à l’allocution prononcée par Amine Homman Ludiye, directeur général d’Eneo, à l’occasion de la cérémonie de signature du certificat susmentionné. Ce dernier a semblé indiquer que Sonatrel ne possède pas, pour le moment, des infrastructures capables de transporter l’énergie électrique produite par le premier groupe du barrage de Nachtigal. «Une nouvelle étape commence. Celle de l’accélération de l’extension et de la modernisation des réseaux de transport et de distribution afin de nous assurer que la demande existante et à venir, notamment celle des grands clients industriels du pays sera satisfaite par cette nouvelle offre d’énergie», a-t-il déclaré.

La desserte de nouveaux quartiers

Eneo n’est pas en reste. Entreprise concessionnaire de la production, de la distribution et de la vente de l’énergie électrique au Cameroun, elle connait tout aussi bien un déficit en termes d’infrastructures de qualité, adaptées à la distribution de l’électricité provenant de Nachtigal. Pour y remédier, l’entreprise a annoncé qu’elle a entamé «la construction des réseaux de distribution d’électricité à partir du poste source de Nyom». Elle prévoit également  «de valoriser une fraction de l’énergie produite par le barrage de Nachtigal à travers un programme ambitieux de construction de nouvelles grandes lignes de distribution publique dont 6 sont déjà construites», a révélé Homman Ludiye. En outre, Eneo annonce qu’elle va investir huit milliards de FCFA pour la desserte des nouveaux quartiers périphériques et villages de Yaoundé, ainsi que pour l’amélioration de la qualité de service à Obala et dans la Lékié.

Irresponsabilité : Un enfant en détresse dans la rue

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Mbouda ce 30 juin 2024. Il est 21h30. Assis sur un banc au siège de l’agence de voyages Mangwa voyages, un garçon pleure. Vêtu d’un gros blouson blanc en laine, le climat froid et presque glacial semble perforer l’épais tissu. L’enfant grelotte. Par moment, entre deux sanglots, l’enfant force une discussion avec un « samaritain » qui vient aux nouvelles : « Je suis abandonné ici depuis une semaine. C’est la 2ème femme de mon père qui est venue me laisser ici et elle est partie. Depuis je dors ici et je ne connais personne», raconte l’enfant qui se présente comme Tsopmo Nguimgo Trésor Peniel.

Une histoire qui affecte les uns et les autres de diverses manières. Une dame vient de lui donner quelques pièces d’argent pour s’alimenter. « Si j’avais assez d’argent, je l’aurais ramené à Yaoundé», lâche un homme, « gêné par la situation». Le reporter essaie de le raisonner : « vous ne pouvez pas directement l’amener à Yaoundé ; il faut déjà que ce qu’il dit soit vraie», intervient-il. Et de se proposer de le conduire à la police ou à la gendarmerie : « j’étais déjà là-bas, il y a un monsieur qui m’a emmené à la police, puis à la gendarmerie, et on m’a demandé de rentrer, et de trouver le moyen de retourner sur Yaoundé», réagit l’infortuné. Indiquant que « notre maison est à Entrée Simbock», assure celui qui dit être le fils d’un certain Pierre Nguimgo, un élément du Bataillon d’intervention rapide (BIR), une force d’élite des Forces de défense camerounaises. Le géniteur de cet enfant qui déclare être admis en classe de 5ème, serait en mission actuellement. Le reporter ne peut forcer une autre tentative dans les services de sécurité, faute de temps.

Les responsables de l’agence de voyage ne s’en émeuvent pas : « je ne suis pas au courant d’une telle situation ici», nie la caissière. Plus tard, un autre responsable de l’agence dira que « il faut prendra ça avec des pincettes. On connaît déjà cet enfant ; il n’est pas vraiment clair». Raison pour laquelle l’enfant ne bénéficie pas d’une attention particulière de ses « tuteurs ». Pour autant, « ça nous fait mal de le voir ici», se montre-t-il sensible. Les voyageurs s’apitoyant sur son sort.

Au-delà des raisons justifiées ou pas, il s’avère que l’infortuné qui séjourne ici depuis le 24 juin 2024, est un mineur qui devrait bénéficier de la protection sociale. Du coup, la responsabilité est collective. Lui, clame: «Je veux rentrer à Yaoundé».

Zleca: quel bilan 5 ans après

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deposito aduanero

 Par Henri KOUAM, Directeur CEPI

Introduction

Le libre-échange est-il bénéfique pour les pays en développement ? Après tout, l’accord commercial du Cameroun avec l’Union européenne a entraîné des pertes importantes pour l’autorité portuaire et le gouvernement. Au cours des six premiers mois de 2023, le Cameroun a perdu un total de 8,6 milliards de francs CFA en recettes douanières en raison de la mise en œuvre de son accord de partenariat économique (APE). Cela représente une augmentation de 61 % par rapport à la même période en 2022, selon les données fournies par la Direction générale des douanes.

Malgré cela, il est clair que le libre-échange améliorera le niveau de vie des Camerounais et réduira les prix des denrées alimentaires. Avant de plaider en faveur du libre-échange, nous devons tout d’abord comprendre les progrès réalisés dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Dans cet article, nous examinons les progrès réalisés jusqu’à présent dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine et nous illustrons les principaux protocoles conclus. Le raisonnement est simple : pour défendre le libre-échange, il faut d’abord le comprendre.

“Nous ne pouvons pas plaider en faveur du libre-échange si nous ne le comprenons pas. Même si les ports et la législation nationale sont en train d’être modifiés pour s’adapter à l’ALEAC, il est important de faire le point sur la situation après cinq ans”

Le 19 février 2023, l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) a adopté trois nouveaux protocoles à l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine, portant sur l’investissement, les droits de propriété intellectuelle et la politique de concurrence, ce qui place cette zone bien au-dessus des autres accords de libre-échange.

Phase I : Commerce des marchandises, des services et règlement des différends

Bien que le commerce dans le cadre de l’accord soit autorisé, les négociations se poursuivent sur divers points tels que les listes tarifaires, les règles d’origine, les lignes directrices sur les recours commerciaux et les engagements en matière de services pour les cinq secteurs prioritaires de la libéralisation (transports, communications, services financiers, tourisme et services aux entreprises). La première phase a été achevée, mais des pays comme le Cameroun doivent supprimer les politiques qui empêchent unilatéralement les réseaux étrangers d’entrer sur le marché camerounais. Les Nations unies estiment que l’internet est cher au Cameroun et la concurrence pourrait changer la donne.

« Promouvoir le commerce intra-africain sans libéraliser des secteurs clés comme la communication ralentira le rythme de l’intégration, augmentant les prix de l’internet pour les consommateurs et leurs espoirs d’un développement plus rapide seront anéantis par le protectionnisme et le manque de volonté de s’adapter à la concurrence”.

Phase II : droits de propriété intellectuelle, investissements et politique de concurrence

Les négociations pour la phase II ont commencé et ont été perturbées par la pandémie de COVID-19, ce qui a entraîné des retards. Toutefois, les négociations visant à conclure les protocoles en suspens de la phase II sont bien avancées et devraient être achevées prochainement. La phase II a été achevée et approuvée par l’Assemblée générale de l’UA.

Phase III : Commerce numérique et participation des femmes et des jeunes au commerce

Les négociations pour la phase III commenceront dès l’achèvement de la phase II, qui est toujours en cours de négociation et devrait être prête d’ici la fin de l’année 2024. Les femmes et les jeunes ont tendance à être marginalisés dans l’espace politique, mais la ZLECA cherche à changer cela. Nous ne pouvons pas oublier que l’Afrique est le continent dont la population est la plus jeune au monde. En 2023, environ 40 % de la population était âgée de 15 ans ou moins, contre une moyenne mondiale de 25 %.Il est essentiel de veiller à ce que les jeunes à court d’argent puissent commercer efficacement dans le cadre de la ZLECA, mais au- delà des protocoles, cela implique de les sensibiliser aux procédures d’exportation, de vulgariser le financement du commerce et de permettre activement la communication entre les jeunes exportateurs et les agents commerciaux. Cependant, ce protocole est la première étape pour s’assurer que les jeunes ont une chance d’exporter.

Il faudra féliciter les gouvernements africains et l’AU pour les progrès réalisés jusqu’à présent. Les bases du libre-échange sont désormais posées et les pays pourront bientôt commencer à commercer pleinement dans le cadre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA). Maintenant que les bases du commerce ont été jetées et que l' »Initiative pour le commerce guidé » est opérationnelle, l’Afrique est prête à commencer à commercer avec des droits de douane nuls.

« Les pays doivent veiller à ce que les entreprises et le secteur privé soient bien informés des procédures commerciales prévues par la zone de libre-échange continentale africaine. Après tout, c’est le secteur privé, et non le gouvernement, qui accélèrera la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ».

Conclusion

Tout en restant heureux et enthousiastes face à cette perspective, nous devrions savoir où nous en sommes. Après tout, nous ne pouvons pas promouvoir quelque chose que nous ne comprenons pas. Quoi qu’il en soit, une chose mérite d’être rappelée. Le libre-échange stimulera le développement économique de l’Afrique, soutiendra la croissance des revenus réels et favorise le développement inclusif. Cependant, cela ne sera pas possible sans des politiques quantifiables qui cherchent à améliorer les compétences des individus, des entreprises et des groupes pour assurer une compétitivité plus rapide et plus grande à moyen terme. L’absence de mesures quantifiables pourrait compromettre l’accélération du commerce sans droits de douane et l’intégration des chaînes de valeur.

Les bases ont été posées avec la finalisation des protocoles commerciaux ; nous devons maintenant comprendre ce qu’ils signifient pour nous au niveau local, adapter les règlementations et la législation le cas échéant, et créer un cadre permettant aux entreprises et aux particuliers de commercer efficacement. La zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ne sera pas mise en œuvre si nous ne comprenons pas comment nos barèmes tarifaires sont appliqués. Le libre-échange concerne les personnes, mais pour que les gains en termes de développement deviennent une réalité, les Africains doivent le comprendre et s’impliquer dans sa mise en œuvre.

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