mercredi, mai 20, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 2

Emprunt: La garantie de la Banque mondiale attendue pour un prêt de 100 milliards FCFA

0

« Cela n’a pas encore été approuvé par notre Conseil d’administration ni signé avec le client ». Par cette mise au point transmise à Défis Actuels, Elizabeth Howton, responsable principale de la communication pour le pôle mondial Pauvreté et Équité à la Banque mondiale, apporte des clarifications au sujet du projet de garantie de 152 millions d’euros — environ 100 milliards de FCFA — sollicité par Natixis auprès de la MIGA afin de couvrir une ligne de financement commercial destinée à l’État du Cameroun.

 L’opération concerne une demande de couverture déposée auprès de la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements), l’institution du Groupe Banque mondiale spécialisée dans les garanties contre les risques liés aux investissements et aux financements dans les économies émergentes. Le mécanisme doit permettre à la banque française Natixis d’accorder au Cameroun une facilité de financement commercial à court terme tout en limitant son exposition au risque souverain. En d’autres termes, Natixis prévoit de mettre à disposition du Cameroun une ligne pouvant atteindre 152 millions d’euros, tandis que la MIGA serait chargée de garantir le remboursement en cas de défaut de paiement.

Cependant, sur la fiche du projet consultée par Défis Actuels, l’opération apparaît toujours avec le statut « Proposed » (« proposé »), malgré une « approval date » fixée au 25 mai 2025. Une formulation qui a pu entretenir la confusion sur le niveau réel d’avancement du dossier. Selon les précisions apportées par Elizabeth Howton, la date d’approbation indiquée au 25 mai 2025 correspond en réalité à la date à laquelle le projet de garantie devait être examiné ou validé par les instances compétentes de la MIGA.

Le maintien du statut « Proposed » signifie toutefois que « le projet a été inscrit au calendrier d’examen ou présenté pour approbation, mais que l’opération n’était pas encore définitivement conclue ou décaissée au moment de la publication ; certaines conditions techniques, juridiques ou financières pouvant encore être en cours de finalisation entre Natixis, la MIGA et le gouvernement camerounais ».

Autrement dit, la ligne de financement n’a pas encore atteint le stade d’une mobilisation effective des fonds. La précision apportée par la Banque mondiale confirme ainsi que la procédure interne n’est pas achevée, alors même que cette opération était présentée comme un instrument destiné à répondre à des besoins immédiats de liquidité de l’État.

UNE LIGNE DE TRÉSORERIE DE COURT TERME POUR TRAVERSER UNE PÉRIODE DE TENSION

D’après les éléments communiqués par la MIGA, l’opération s’articule autour d’un mécanisme de « trade finance », ou financement du commerce international. Les fonds devraient être orientés vers des paiements liés à des secteurs considérés comme prioritaires, notamment l’agriculture, les transports, ainsi que les infrastructures hydrauliques et d’approvisionnement en eau. Concrètement, ce type de dispositif permet à un État de régler rapidement des fournisseurs étrangers, de financer des achats d’équipements ou de services, ou encore d’éviter des tensions de trésorerie sur certaines dépenses jugées urgentes.

 Le ministère camerounais des Finances avait lui-même présenté cette ligne comme une réponse ponctuelle à un déséquilibre de trésorerie attendu au milieu de l’année 2025. En juin 2025, Samuel Tela, directeur de la Trésorerie au ministère des Finances, expliquait que « cette opération de court terme vise à combler un creux de trésorerie entre mai et août, période durant laquelle les sollicitations de décaissements seront fortes alors que les recettes fiscales attendues seront relativement faibles ». Le responsable précisait également que « les fonds tirés de cette ligne de crédit devront être remboursés avant le 31 décembre 2025 ».

À ce stade, ces projections ne sont toutefois pas encore confirmées. Avant tout décaissement, l’opération doit d’abord franchir l’étape décisive de la garantie de la MIGA, dont la validation tarde encore. Le montage retenu confirme d’ailleurs qu’il ne s’agit pas d’un prêt classique d’investissement à long terme, mais bien d’une facilité de liquidité de courte durée. Le document de la MIGA prévoit une maturité maximale d’un an, avec la possibilité de deux prolongations supplémentaires, sous réserve d’un accord conjoint entre Natixis et l’agence de garantie.

La MIGA a classé l’opération dans la catégorie environnementale « FI-3 », réservée aux projets présentant de faibles risques environnementaux et sociaux. Cette classification s’explique par le fait que l’agence ne finance pas directement des infrastructures, mais garantit des transactions commerciales de court terme. Le ministère des Finances devra néanmoins veiller à ce que les opérations couvertes respectent les exigences environnementales, sociales et de droit du travail applicables au Cameroun, ainsi que les restrictions prévues par la MIGA.

Nouveau siège Fécafoot : Samuel Eto’o humilie l’Etat du Cameroun

0
Le nouveau siège de la Fécafoot.

« Le 13 mai de l’an 2026, l’immeuble siège de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a été inauguré par le Dr Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (Caf), en présence de Monsieur Eto’o Fils Samuel, président de la Fécafoot ». Tel est le message inscrit sur la plaque commémorative du nouvel immeuble siège de l’instance faîtière du football camerounais inauguré ce 13 mai à Yaoundé au carrefour Warda, en plein cœur de Yaoundé. Au regard des usages protocolaires en vigueur en pareille circonstance, la plus haute personnalité présente à cette cérémonie, est le président de la Caf. Et pourtant, la cérémonie était présidée par Joseph Dion Ngute, Premier ministre de la République du Cameroun ; en présence du ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Et pourtant, aucune mention des représentants de l’Etat du Cameroun n’est visible sur cette plaque commémorative.

Tsinga a purement et simplement ignoré Joseph Dion Ngute qui représentait pourtant le président de la République. Et le choix porté sur le Premier ministre Joseph Dion Ngute, pour représenter le président de la République à l’événement, avait déjà célébré par les partisans de l’exécutif de la Fécafoot. Dans le cadre d’une polémique sur la question. Dans un premier temps, la veille, un document signé du directeur du Cabinet civil (Dcc) du président de la République, indiquait que le Minsep représentera Paul Biya. Aussitôt, les réseaux sociaux se sont mis à s’agiter. Les communicants officieux de la Fécafoot ont brocardé ce choix. Plus tard dans la soirée, un autre document signé du même Dcc désignera le Premier ministre pour la mission. Quelques instants après, les mêmes sources proches de la présidence de la République, viendront contredire le premier document ; même si les lanceurs d’alertes dédiés à la cause d’Etoudi, se contrediront sur le sujet. Toujours est-il que ce sera finalement, Joseph Dion Ngute que l’on verra à Warda, présidant la cérémonie.

La plaque commémorative du nouveau siège de la Fécafoot. Le représentant de l’Etat oublié.

Hypocrisie

Et Samuel Eto’o ne manquera pas de se plier en quatre pour encenser la personne de Dion Ngute : « Monsieur le Premier ministre, cher papa, merci d’être l’homme d’Etat que vous êtes… Je vais vous expliquer la différence entre un homme d’Etat et un politicien. Le politicien pense constamment à l’élection. L’homme d’Etat pense au bien-être des Camerounais. Vous êtes un homme d’Etat papa. Et merci d’être un  homme d’Etat. Et je sais pourquoi je le dis, et vous le savez», a-t-il fait un clin d’œil au chef du gouvernement. Laissant planer l’énigme, mais ceux qui suivent la chronique du football depuis quelques années, notamment depuis l’installation de l’ancien capitaine des Lions indomptables à la Fécafoot, savent qu’en parlant du politicien, l’homme fait allusion à Narcisse Mouelle Kombi avec qui il est en conflit ouvert sur la gestion de l’équipe nationale fanion de football du Cameroun, les Lions indomptables. Le ministre de tutelle qui a tenté en vain d’interrompre le processus électoral ayant abouti à la réélection de Samuel Eto’o.

Et pourtant, Samuel Eto’o dont les partisans couvrent le Pr Mouelle Kombi d’injures au quotidien, au vu et au su de tous, a su jouer le jeu de l’hypocrisie, en convoquant le communautarisme pour faire des yeux doux à son ennemi. «Son excellence monsieur le ministre des sports, cher aîné Sawa, nous l’avons fait. Les enfants venus de l’eau l’ont fait ! Nous l’avons fait ensemble. L’histoire retiendra qu’un père et un fils venus de Douala ont réalisé ceci. Nous partirons un jour, peu importe ce qui a pu se passer ou ne pas se passer, mais nous l’avons fait. Excellence, merci », a-t-il déclamé à l’intention du Minsep.

Pose de la première pierre du nouveau siège de la Fecafoot le 13 novembre 2012.

Tous ces maux à l’intention des hauts représentants de l’Etat venus rehausser l’éclat de cette cérémonie ; pour à la fin ignorer l’Etat du Cameroun sur la plaque commémorative de l’immeuble inauguré. Le sulfureux patron du football camerounais n’a d’ailleurs pas su faire la part belle dans l’éloge qu’il prononce à l’endroit d’Iya Mohamed dont l’emprisonnement est perçu comme un forfait causé par le régime de Yaoundé. En louant l’initiative de ce prédécesseur qu’il a persécuté en son temps. « Monsieur le Premier ministre, représentant personnel du chef de l’Etat, Iya Mohamed voyait bien plus loin que son époque. Il est à l’origine de ce beau rêve. Il a vu juste. Il avait compris ce dont l’histoire de notre football avait besoin ; une administration à la hauteur des performances des Lions indomptables », vantera-t-il celui qu’il avait pourfendu des années durant ; et notamment sur le projet de siège moderne : l’homme dénonçait le choix des « bureaux » là où « les footballeurs manquent des terrains dignes», sur les antennes de Canal 2 international.    

Parlant ainsi d’un homme en prison, officiellement pour « détournement de deniers publics », mais que l’accusation n’a pas pu confondre, y compris avec ses témoins qui se sont parfois retrouvés à disculper l’accusé. Cet ancien directeur général de la Sodecoton combattu hier, avec le soutien de mains obscures tapis dans l’ombre du pouvoir, est ainsi finalement vu comme un messie, devant le représentant de celui qui tient officieusement la main de cette justice que d’aucuns disent manipulée. Samuel Eto’o s’est battu pour que l’Etat du Cameroun soit au premier rang de la cérémonie qui a fait déplacer le président de la Caf, sans donner à cet Etat la place mémorable qui lui revient.

En rappel, la première pierre de l’immeuble avait été posée le 13 novembre 2012 par Iya Mohamed. Il aura fallu quatorze ans pour voir le projet aboutir.

Bamenda : ADC injecte 700 millions FCFA pour remettre l’aéroport à niveau

0

Pendant près de quatre mois, Aéroports du Cameroun (ADC S.A.) a engagé une opération de remise à niveau de l’aéroport de Bamenda pour un coût global estimé à 700 millions de FCFA. Selon les informations communiquées par l’entreprise publique, 31 projets ont été exécutés entre le 6 janvier et le 21 avril 2026 afin de redonner un minimum de fonctionnalité à cette infrastructure fermée à l’exploitation depuis 2020, dans un contexte marqué par la crise sécuritaire dans les régions anglophones.

Les travaux engagés ont concerné aussi bien les infrastructures visibles par les passagers que les équipements techniques nécessaires à l’exploitation de la plateforme. ADC indique avoir procédé au rafraîchissement des peintures de l’aérogare, à la réfection de plusieurs blocs toilettes, à la réhabilitation des équipements hydrauliques et des systèmes d’éclairage, mais aussi au marquage des chaussées aéronautiques et à l’entretien des pistes.

L’entreprise évoque également le nettoyage général du site, l’entretien des espaces verts ainsi que la remise en état du salon VIP et de certains équipements d’assistance au sol. Une série d’interventions qui visait autant à améliorer l’image de la plateforme qu’à garantir des conditions minimales d’accueil et de sécurité.

Pour ADC, les travaux réalisés ont aussi permis de préserver les installations existantes. L’entreprise affirme avoir atteint un taux d’exécution de 100 % sur l’ensemble des projets engagés, entièrement financés sur ses ressources propres. « Ces travaux auront permis de préserver les infrastructures existantes et de redonner temporairement à l’Aéroport de Bamenda un niveau de fonctionnalité compatible avec les exigences d’exploitation aéroportuaire », conclut la société aéroportuaire.

L’État camerounais boucle le rachat de la Société Générale et la renomme General Bank of Cameroon

0

C’est à l’hôtel Hilton de Yaoundé que s’est achevé, ce mardi 12 mai 2026, l’un des plus importants dossiers financiers qu’ait eu à gérer l’État camerounais depuis une décennie. Devant les représentants du Groupe Société Générale, le Gouverneur de la BEAC, les autorités de régulation et les cadres du ministère des Finances, Louis Paul Motaze, ministre des Finances, a présidé la cérémonie solennelle de Closing marquant la clôture définitive de l’acquisition, par l’État du Cameroun, des actions détenues par le groupe bancaire français dans le capital de sa filiale locale. « Cette opération ouvre une nouvelle phase pour la désormais ancienne filiale du Groupe Société Générale au Cameroun, qui exercera désormais sous la nouvelle dénomination sociale de : « General Bank of Cameroon » », a annoncé le ministre Louis Paul Motaze.

UN PROCESSUS D’UN AN, AU BOUT D’UN RETRAIT STRATÉGIQUE FRANÇAIS

Tout commence au tournant de 2023-2024, lorsque le Groupe Société Générale engage une réorientation stratégique profonde, décidant de se retirer progressivement de plusieurs marchés africains pour se recentrer sur ses activités européennes et asiatiques. Depuis mi-2023, le groupe vend ses filiales africaines une à une, du Maroc au Congo, en passant par la Guinée et le Cameroun. Face à ce mouvement, Yaoundé choisit d’agir. Selon une correspondance du ministre des Finances consultée par la presse, l’État du Cameroun a officiellement signifié à Société Générale sa volonté d’exercer son droit de préemption sur le rachat de sa filiale camerounaise, rendant ainsi caduc l’accord de principe que le groupe français avait avec Coris Bank International.

Dans cette lettre datée du 16 janvier 2025, le ministre Louis Paul Motaze demande au Conseil d’administration de considérer ce courrier comme la déclaration formelle de l’État camerounais d’exercer son droit de préemption, se positionnant ainsi comme acheteur exclusif des actions mises en vente. Le 15 juillet 2025, le groupe bancaire Société Générale et le ministère camerounais des Finances annoncent la conclusion d’un accord portant sur le rachat par l’État du Cameroun de la totalité des parts — soit 58,08 % — détenues par le groupe français dans sa filiale locale. Ce rachat vient s’ajouter aux 25,6 % déjà détenus par l’État, portant sa participation totale à plus de 83 % du capital.

129 MILLIARDS DE FCFA ET UNE VALIDATION RÉGLEMENTAIRE EN BONNE ET DUE FORME

 Le montant de la transaction n’a pas été officiellement dévoilé lors des premières annonces, mais les chiffres ont fini par filtrer. La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a entériné début avril 2026 le passage de la banque sous contrôle public à 83,68 %, pour un montant global de 129 milliards de FCFA, dont 120 milliards de FCFA déjà versés par l’État camerounais. Dans son allocution, le ministre Motaze a salué le rôle déterminant des autorités de régulation — COSUMAF, COBAC et BEAC — dans la conduite de ce processus dans le strict respect des normes et des exigences de transparence. L’institution qui change de mains est loin d’être une coquille vide.

Les fonds propres nets atteignaient 138 milliards de FCFA au 31 mars 2026, et le ratio de couverture des risques s’établissait à 20,5 %, soit presque le double de la norme minimale de 11,5 % fixée pour une banque — plaçant l’établissement parmi les mieux capitalisés de la sous-région CEMAC. L’État camerounais récupère également quelque 250 000 relations clients et une légitimité institutionnelle construite sur plus d’un demi-siècle.

UNE NOUVELLE ÈRE SOUS LE NOM DE « GENERAL BANK OF CAMEROON »

La cérémonie du 12 mai marque aussi le baptême public de la nouvelle identité de l’établissement. Dans son discours, Louis Paul Motaze a annoncé que la banque exercera désormais sous la dénomination sociale de « General Bank of Cameroon ». Présente au Cameroun depuis 1963, après avoir été successivement connue comme Société Générale de Banques au Cameroun (SGBC) puis Société Générale Cameroun (SGC) à partir de 2013, l’institution entame ainsi un troisième cycle de son histoire, cette fois sous pavillon entièrement national.

Le ministre a insisté sur le fait qu’une période transitoire s’ouvrira pour assurer une migration maîtrisée des systèmes d’information et des dispositifs opérationnels de la banque. Cette phase permettra de garantir la continuité des opérations, la maîtrise des plateformes informatiques et l’accompagnement des équipes dans la mise en œuvre des nouvelles organisations.

« Je tiens à rassurer l’ensemble des acteurs économiques et le public que toutes les dispositions nécessaires ont été prises afin d’assurer la continuité des services bancaires, la sécurité des dépôts, ainsi que la préservation des engagements de la Banque vis-à-vis de sa clientèle et de ses partenaires. À cet égard, il convient de relever qu’une période transitoire s’ouvrira à l’issue de cette opération, afin d’assurer une transition progressive, efficace et maîtrisée des systèmes d’informations et des dispositifs opérationnels de la Banque. Cette phase permettra notamment de garantir la continuité des opérations bancaires, la maîtrise des aspects techniques liés aux plateformes informatiques, ainsi que l’accompagnement des équipes dans la mise en œuvre des nouveaux dispositifs organisationnels et technologiques », a tenu à rassurer le ministre Louis Paul Motaze.

STABILITÉ DES DÉPÔTS ET OUVERTURE FUTURE DU CAPITAL

 Soucieux de rassurer clients et partenaires, Motaze a rappelé que toutes les dispositions ont été prises pour assurer la continuité des services bancaires, la sécurité des dépôts et la préservation des engagements de la banque vis-à-vis de sa clientèle. Trois groupes bancaires panafricains se sont déjà positionnés pour entrer dans le capital : BGFIBank, NSIA Bank et Zenith Bank, qui souhaitent profiter de la disposition du gouvernement d’ouvrir le capital de la banque à des partenaires financiers nationaux et/ou internationaux.

 Au-delà de cette opération, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur du renforcement de la résilience du secteur financier camerounais, de l’amélioration du climat des affaires et du développement d’un système bancaire moderne, compétitif et inclusif, capable d’accompagner la transformation structurelle de l’économie nationale.

Nécrologie: le colonel Kalkaba Malboum est mort

0

La nouvelle est tombée comme un couperet. Kalkaba Malboum n’est plus. Le président du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) s’est éteint ce jour à Yaoundé, à 75 ans. L’homme préside aux destinées du Cnosc depuis 25 ans. C’est une grosse perte pour le mouvement sportif national et même le Comité international olympique tout simplement, tant l’homme avait des galons sur la scène sportive internationale.

Originaire de la région de l’Extrême-Nord, cet officier supérieur de la gendarmerie nationale aura droit à une prière mortuaire à la mosquée d’Etoudi à Yaoundé, puis suivra l’inhumation au cimetière de Soa, dans la banlieue de Yaoundé, selon la tradition musulmane. Nous y reviendrons.

Mouvement: Martial Bissog rejoint Bapooh Lipot

0

Martial Bissog est désormais militant de l’Union des populations du Cameroun (UPC). L’ancien journaliste n’est même pas un simple militant ordinaire. Par une décision de Robert Bapooh Lipot signée ce 12 mai 2026, l’homme est nommé « conseiller spécial du secrétaire général, chargé des Relations internationales et de la formation».

Le nouvel élu aura dans son cahier de charge la mission d’élaborer des stratégies en vue de façonner des offres de formation politique et de conquérir de nouveaux électeurs tant sur la scène nationale qu’internationale.

Initialement connu comme journaliste, Martial Louis Bissog a depuis quelques années emprunté le chemin politique. Après avoir annoncé son intention de briguer la magistrature suprême, on l’avait vu lancer en 2017 aux côtés de Jean Daniel Ngos, le G18, une coalition de partis politiques dits de l’opposition, en vue de  »mutualiser » les forces pour prendre le pouvoir en 2018. « Les partis de l’opposition pour renverser le système actuel, doivent ensemble regarder dans la même direction et faire confiance à un leader plus fort, capable conduire le G-18 à Etoudi. C’est possible », soutenait-il. Convaincu qu’il était que, « avec l’esprit et les idées, on peut déplacer les montagnes, l’histoire du Cameroun doit être réécrite par ses dignes fils ».

L’ épreuve était passée, sans une coalition de l’opposition. Paul Biya a encore gagné, avec le concours non pas du G18, mais du G20 dont Bapooh Lipot et Jean de Dieu Momo étaient membres. Avec en face comme candidat le plus coriace Maurice Kamto. Sept ans après, Paul Biya a encore gagné, avec en face cette fois-ci Issa Tchiroma, un candidat porté par une coalition difficilement identifiable, mais davantage soutenu par un conglomérat de leaders politiques et d’opinion. Bapooh Lipot et un certain nombre de leaders politiques se revendiquant autrefois du G20 faisaient partie des soutiens de Paul Biya.

Désormais, c’est dans les rangs de l’UPC reconnue par l’administration territoriale que Martial Bissog fera ses classes. L’après Biya se prépare plus que jamais. Mais en attendant, ce sont les législatives et les municipales qui s’annoncent. Bapooh Lipot compte sur ce nouvel allié pour préparer ces futures échéances.

Le temps ne joue certainement pas en faveur de l’homme sur qui Bapooh Lipot compte pour former ses militants et élaborer des stratégies innovantes pour mieux façonner ses réseaux d’influence à l’international et conquérir de nouveaux militants et sympathisants hors des frontières nationales. Mais le maçon sera jugé au pied sur mur.

Pouma: sacrifié par grand-mère pour 500 fcfa

0

Un enfant de 10 ans, scolarisé au Groupe Scolaire Bilingue (GSD) de Pouma, dans la region du littoral Cameroun,a succombé à ses blessures après avoir été torturé par sa grand-mère et son oncle. Le mobile de ce crime, commis au cœur d’une cellule familiale censée être protectrice, est une somme dérisoire de 500 francs CFA. Ce drame, qui n’est pas un fait isolé, met en lumière des largesses des mécanismes de protection de l’enfance au Cameroun.

Le calvaire du jeune garçon n’a pas été soudain. Selon des témoignages concordants, l’enfant subissait des sévices réguliers. Des sources internes à l’établissement catholique GSD rapportent que le psychologue de l’école avait formellement alerté la mère, installée à Douala, sur l’extrême danger que courait son fils.

Le jour du drame, le seuil de l’horreur a été franchi. Dos lacéré, plaies béantes, cris étouffés sous les coups . Le voisinage décrit une scène de torture qui a duré plusieurs heures. Malgré les signaux d’alerte envoyés par ses camarades et le corps enseignant, l’intervention nécessaire n’est jamais venue.

L’inertie coupable

Ce drame pose une question brutale : où était les autorités de la localité après un signalement et des alertes? Le Ministère des Affaires Sociales (MINAS) et le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) disposent pourtant de délégations d’arrondissement dont la mission est la veille et l’assistance aux personnes vulnérables.

Sur le terrain, le constat est celui d’une vacuité opérationnelle. Entre le manque de travailleurs sociaux de proximité et l’absence de structures d’accueil d’urgence, les alertes de maltraitance s’échouent souvent sur le mur de l’indifférence bureaucratique. Les projets dits « de protection » se multiplient au sommet, mais leurs effets ne descendent que rarement jusqu’aux enfants dans les metropoles, au pire dans des zones rurales comme Pouma.

Un arsenal juridique sans bras armé

Le Cameroun n’est pourtant pas dépourvu de lois. Signataire de la Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) et de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, le pays dispose également d’un Code Pénal révisé durcissant les peines contre les violences faites aux mineurs.

Cependant, dans la pratique, la culture de l’omerta familiale et la lenteur des procédures judiciaires garantissent une impunité quasi totale aux bourreaux domestiques. Tant que les « Affaires Sociales » resteront une administration perçue comme « décorative » par les populations, la loi ne sera qu’une coquille vide. Bienqu’on a vu le cas « petit Matice » corrigé.

Un futur assassiné

Le cas de Pouma est le symptôme d’une société en décomposition où la vie humaine semble avoir perdu sa valeur marchande la plus basique. Plus qu’un simple fait divers, c’est un cri d’alarme . Le peuple camerounais ne peut plus se contenter d’une indignation numérique.

L’urgence est aujourd’hui à la reddition de comptes. Les autorités doivent clarifier l’utilisation des fonds alloués à la protection de l’enfance et garantir que justice soit faite de manière exemplaire.

 Le Minpostel et One Nation unissent leurs forces contre les discours tribalistes

0

« Nous prenons un train en marche qui a été lancé depuis plusieurs années par le ministère des Postes et Télécommunications pour promouvoir un usage responsable des réseaux sociaux », a déclaré François Bambou, président de One Nation, lors de la signature de la convention de partenariat avec le Ministère des Postes et Télécommunications du Cameroun. À travers cet accord conclu à la veille de la 54e édition de la Fête nationale du 20 mai 2026, célébrée sous le thème « L’unité nationale, pilier de notre défense et socle du développement du Cameroun », l’association spécialisée dans la lutte contre le tribalisme et les discours haineux rejoint officiellement la coalition nationale pilotée par le Minpostel pour promouvoir un usage citoyen et responsable des plateformes numériques.

Mais One Nation ne vient pas seulement appuyer une campagne institutionnelle. L’organisation apporte un dispositif déjà structuré, pensé pour intervenir directement dans l’écosystème numérique où prospèrent les contenus stigmatisants et les tensions communautaires. « Nous avons des formations, nous avons des campagnes en ligne également. Nous préparons des capsules digitales qui sont faciles à distribuer sur Internet », a précisé François Bambou. Capsules vidéo courtes, contenus viraux, sensibilisation numérique, ateliers de formation et campagnes ciblées sur Facebook, TikTok, WhatsApp ou encore les plateformes communautaires constituent désormais l’ossature opérationnelle de cette stratégie.

L’enjeu est de combattre les discours haineux sur leur principal terrain de diffusion : les réseaux sociaux eux-mêmes. « Notre principal canal d’expression, c’est effectivement les réseaux sociaux également », a insisté le président de One Nation. Dans un contexte marqué par la montée des contenus tribalistes, des campagnes de stigmatisation et des affrontements verbaux en ligne, notamment sur Facebook qui revendique plusieurs millions d’utilisateurs au Cameroun, les autorités publiques et les acteurs associatifs cherchent désormais à déplacer la bataille de la cohésion nationale vers le cyberespace.

Une mission précise dans la coalition

Au sein de la coalition nationale, One Nation occupe un créneau bien défini. L’association ne couvre pas l’ensemble du champ de la cybersécurité. Elle concentre son action sur un segment précis, celui des discours de division. « Notre particularité, c’est que nous luttons contre le tribalisme, les discours stigmatisants, les discours discriminants. C’est essentiellement cela qui est notre apport dans cette lutte du Minpostel en faveur de l’usage responsable des réseaux sociaux », a souligné François Bambou.

Cette spécialisation répond à un constat que le ministre des Postes et Télécommunications a lui-même posé avec gravité lors de la cérémonie. Sans citer nommément le membre du gouvernement, son discours a dressé un tableau préoccupant de la situation dans l’espace numérique camerounais. Selon lui, certains messages, vidéos et commentaires ne visent plus simplement à exprimer une opinion. Ils cherchent à humilier, à exclure, à opposer ou à dresser les citoyens les uns contre les autres. Et lorsque ces discours prennent une coloration communautaire, ethnique, linguistique ou régionale, le danger change de nature. Le tribalisme en ligne devient alors, selon ses termes, « un facteur de fragmentation sociale » qui transforme les appartenances identitaires en instrument de confrontation et de division.

Former, prévenir, mobiliser

Au-delà des capsules digitales, One Nation déploie un programme de formation qui cible plusieurs publics en même temps. Jeunes, élèves, étudiants, professionnels des médias, leaders communautaires et organisations de la société civile font tous partie des cibles identifiées dans la convention signée avec le Minpostel. Les actions comprennent des séminaires, des ateliers, des campagnes de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, des leaders religieux et des activités éducatives en milieu scolaire et universitaire. L’association conduit ces initiatives depuis plusieurs années, bien avant la formalisation de ce partenariat institutionnel.

La convention signée le 12 mai 2026 donne à ces actions un cadre officiel et un appui de l’État. Le Minpostel s’engage à intégrer One Nation dans la coalition nationale, à lui apporter un soutien institutionnel dans ses opérations de sensibilisation et à l’accompagner dans ses actions de plaidoyer contre les discours haineux. En contrepartie, One Nation met à la disposition du ministère son chronogramme annuel d’activités pour assurer la coordination de l’ensemble du dispositif.

Une conviction partagée au sommet

Pour justifier l’urgence de cette mobilisation, le ministre des Postes et Télécommunications a convoqué une parole ancienne mais toujours d’actualité. Celle du président de la République Paul Biya, prononcée à Douala le 24 février 1983. « L’unité nationale, notre unité nationale, si chèrement acquise, si jalousement préservée, doit rester la première de nos préoccupations. Car cette unité est le préalable constant à toute œuvre de construction du Cameroun. Cette unité, qui est celle d’une jeune nation, demeure exposée à des forces centrifuges ou menacée par des manœuvres de division qui ont pour nom tribalisme, népotisme, discrimination de toutes sortes, l’exploitation ou la propagation de fausses nouvelles, la démoralisation, la dramatisation, la provocation et l’intoxication. »

Quarante ans plus tard, ces mots résonnent différemment. Les plateformes numériques n’existaient pas en 1983, mais les dérives qu’elles amplifient aujourd’hui portent les mêmes noms. C’est précisément ce continuum que la coalition nationale, avec One Nation désormais en son sein, entend rompre. L’approche revendiquée est avant tout préventive et pédagogique. Il ne s’agit pas de dénoncer les dérives après coup, mais d’agir en amont, d’éduquer et de responsabiliser les internautes camerounais avant que le mal ne soit fait.

Nécrologie : Fin du film pour Basseck ba Kobhio

0

Le monde du cinéma africain est en deuil. Bassek ba Kobhio est mort ce 12 mai 2026 à Yaoundé, des suites de maladie. L’annonce de cette nouvelle porte l’estampille des Ecrans noirs dont il était le délégué général. Le cinéaste et réalisateur était âgé de 69 ans.

Né en 1957 à Nindjé, Bassek ba Kobhio a fait son temps. Mais en quittant la scène définitivement à 69 ans, l’homme laisse derrière lui une œuvre immense, mais inachevée. Sociologue, philosophe et écrivain à la base, l’homme prolonge ses pensées par l’image réelle. Sango Malo est le plus connu de ses productions. Un classique qui a été regardé par des centaines de millions de spectateurs de par le monde. L’homme signe également Le Silence de la forêt, Le Grand Blanc de Lambaréné, Gouverneurs de la Rosée, qui connaissent également un retentissement international. Dans ses productions portées par les éditions Terre africaine, Basseck ba Kobhio valorise l’Afrique, la raconte avec dignité, en essayant d’en donner une image respectable dans sa spécificité.

Le cinéma camerounais et africain a de la relève.

Et c’est ce combat qu’il mène à travers les Ecrans noirs, un festival qu’il fonda en 1997. Un festival dédié exclusivement au cinéma africain, un lieu de rencontres, de débat entre amoureux, et de diffusion du 7ème art africain. Ce projet que l’homme a longtemps porté dans le dénuement, dans un environnement où la voix de l’Afrique peinait à se faire entendre. Et du coup, les financements extérieurs étaient sous-tendus par un esprit d’influence. L’homme a résisté. Jusqu’à ce que l’Etat camerounais fasse des Ecrans noirs une œuvre d’utilité publique. Mais l’évolution n’a pas toujours eu le rythme que le fondateur de ce festival agonisant ces dernières années. Si la génération des acteurs de ces années 80 tend à disparaître, le père des Ecrans noirs aura su penser l’avenir. A cette jeune garde formée de reprendre le flambeau pour poursuivre l’œuvre, afin que les Ecrans nours ne séteignent pas définitivement.

MINEPAT : le Grand-Nord comme laboratoire de l’import-substitution

0

La ville de Kousseri a marqué, ce vendredi 8 mai 2026, le point final d’une itinérance ministérielle marathon entamée cinq jours plus tôt sous un soleil de plomb. Conduit par Alamine Ousmane Mey, Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), ce déploiement interministériel de haut niveau dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord n’était pas une simple visite de routine. Il s’agissait d’une opération de concrétisation de la politique d’import-substitution, fer de lance de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), visant à transformer durablement le visage économique du Septentrion.

LA MÉCANISATION : LE BRAS ARMÉ DE L’IMPORT-SUBSTITUTION

Le fil d’Ariane de cette tournée a sans conteste été le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH). De Lagdo à Yagoua, puis à Kousseri, le ministre a présidé des cérémonies de rétrocession d’équipements massives. Le constat est sans appel : l’État passe des paroles aux actes. Des dizaines de tracteurs, des centaines de tricycles et de motocyclettes, ainsi que des tonnes d’intrants agricoles ont été remis directement aux coopératives et aux producteurs locaux. L’objectif est double : réduire la pénibilité du travail de la terre et augmenter les rendements pour combler le déficit de production nationale. À Lagdo, le Ministre a rappelé que cet engagement gouvernemental est « irréversible » dans la quête du bonheur des populations.

L’EAU, MAÎTRE D’ŒUVRE DU DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL

Au-delà des machines, la mission a mis en lumière l’avancée spectaculaire des grands chantiers hydro-agricoles. Le projet Viva-Bénoué dans le Nord et Viva-Logone dans l’Extrême-Nord constituent les poumons de cette nouvelle dynamique. Le mercredi 6 mai, les visites de terrain à Yagoua ont permis d’apprécier la réhabilitation des périmètres irrigués.

Ce sont des milliers d’hectares qui sont désormais protégés des caprices du fleuve Logone grâce à des digues renforcées, permettant ainsi une double campagne rizicole annuelle. Le jeudi 7 mai, le cap a été mis sur Zina, où les stations de pompage et les nouveaux canaux d’irrigation du Plan d’Urgence Triennal (PLANUT) témoignent d’une ingénierie au service du monde rural.

RÉSILIENCE ET MODERNITÉ À LA FRONTIÈRE DU LAC TCHAD

La clôture de la mission à Kousseri a revêtu une dimension particulière, mêlant soutien aux populations vulnérables et innovation scientifique. Sous l’égide du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) et du PDRI-CL, le MINEPAT a procédé à l’inauguration d’un complexe de poissonnerie moderne. Cette infrastructure est appelée à structurer une filière halieutique autrefois informelle, garantissant une meilleure conservation des produits et des revenus plus stables pour les pêcheurs de la zone.

L’innovation n’a pas été en reste avec la rétrocession du Laboratoire de Climatologie et de Météorologie à l’Université de Maroua. Pour Alamine Ousmane Mey, le développement ne peut se faire sans une maîtrise des données climatiques, essentielle pour une agriculture résiliente face aux défis environnementaux du bassin du Lac Tchad.

UN PARTENARIAT INTERNATIONAL CONSOLIDÉ

Tout au long de ce périple de 500 kilomètres, la présence constante des représentants de la Banque mondiale a envoyé un signal fort. La synergie entre le gouvernement camerounais et les partenaires au développement est au beau fixe. Ce soutien technique et financier est le gage de la pérennité des projets engagés.

Au terme de ce voyage, le bilan est éloquent : des milliards de FCFA d’investissements touchant directement le quotidien des paysans. Le Septentrion, longtemps perçu comme une zone de fragilité, s’affirme désormais comme le grenier du Cameroun de demain. Comme l’a souligné le ministre dans son allocution finale, la mobilisation doit rester collective.

Le succès de l’import-substitution ne dépend plus seulement de l’achat des machines, mais de l’appropriation de ces outils par les populations pour transformer chaque hectare en une source de richesse nationale. Le rendez-vous est pris pour les prochaines récoltes, qui s’annoncent d’ores et déjà historiques.

- Publicité -
Google search engine