Dr Roger Etoa, «Nous avons dépisté plus de 300 cas positifs au PAD depuis mars 2020 »

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Le directeur du Centre médico social du Port Autonome de Douala parle de la campagne de vaccination au sein de cette entreprise et de la stratégie globale mise en place pour faire face au covid 19.

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Les personnels du Port Autonome de Douala viennent de se faire vacciner à la faveur d’une campagne interne qui a été lancée le 20 septembre dernier. Pouvez-vous nous décliner la stratégie qui sous-tend cette opération ?

C’est une émanation du plan de riposte nationale contre le covid. Il faut aussi savoir que le port est une zone de frontières. Nous sommes une porte d’entrée et une voie de sortie des  menaces sanitaires telles que le Covid. Le plan de riposte a démarré avec plusieurs mesures, notamment de prévention primaire c’est-à dire pour lutter contre la contamination, des mesures de prévention secondaires telles que les dépistages contre le covid. Nous avons une unité  autonome de dépistage et nous dépistons en moyenne une trentaine d’agents par jour  dans la stratégie fixe  et un peu plus en stratégie avancée. C’est-à-dire que lorsqu’une personne  est déclarée  positive dans une direction, nous dépistons toute la direction.  Pour la stratégie de prévention tertiaire qui est la prise en charge du traitement précoce, nous appliquons les protocoles  nationaux de lutte contre le covid. Le dernier axe est le renforcement du système de santé portuaire. Ce plan nous a permis  d’équiper par exemple le centre médico social d’un bon plateau technique. Nous avons développé un système d’adduction en oxygène pour être autonome en cas de débordement des formations sanitaires. Comme la communauté scientifique a ajouté une nouvelle arme contre le covid à savoir la vaccination, nous avons également intégré cet axe dans le plan de riposte de l’entreprise en mettant en place  cette campagne. 

Quels étaient l’objectif et la cible de cette campagne ?

Nous avons trois cibles préférentielles. Les personnes vulnérables, à savoir des personnes qui ont des co morbidités. La deuxième cible, les personnes qui voyagent fréquemment. Le personnel du port est un personnel très mobile  donc il fallait qu’ils aient cette précaution. Troisièmement, les personnes volontaires. Nous avons dénombré environ 300 personnes capables d’avoir des co-morbidités donc c’est une campagne ciblée et nous ciblons environ ces 300 personnes. Le directeur général du port a instruit qu’un système de dépistage soit mis en place.Donc nous dépistons fréquemment et depuis le début de la pandémie, nous avons dépisté en moyenne 365 cas positifs depuis mars 2020. Ce chiffre est élevé par ce que la stratégie est de faire un dépistage intensif, de détecter précocement les cas pour les prendre en charge à temps et donc ça varie également en fonction des vagues. Depuis le début de la pandémie, nous avons eu 4 décès  qui étaient précoces, ce qui a motivé la mise en place de ce plan de riposte.

La campagne vient de s’achever, comment évaluez-vous cette action ?

 Nous avons eu quelques difficultés. La première c’est la réticence des agents. Les agents  du PAD vivent au sein de la société camerounaise qui est majoritairement hostile à la  vaccination et pour cela ils énoncent un certain nombre de  motifs.  Que les vaccins ne sont pas sains, que c’est un plan des occidentaux pour exterminer les africains et cela est favorisé par l’Infodémie. Une épidémie de fake news répandue sur les réseaux sociaux qui touchent même les personnes intellectuelles bien avisées. Pour déconstruire ces informations, nous essayons soit de façon réactive quand une information circule dans les réseaux sociaux, d’apporter rapidement la bonne information ou alors  nous organisons de façon planifiée des séances  d’information et d’éducation communication par groupe, par unité de travail pour essayer d’apporter la bonne information sur la vaccination et plus principalement du covid19. La deuxième difficulté est logistique. Nous n’avons malheureusement pas eu tous les types de vaccins; Sinopharm, Astrazeneca et Johnson and Johnson. En ce moment Astrazena est en rupture donc nous avons eu uniquement deux types. Or, il y avait des personnes qui avaient déjà commencé avec Astrazeneca. Aussi, la logistique pour se déplacer à l’intérieur du port qui est très vaste. Le Directeur Général a abrogé cela en mettant un certain nombre de moyens de locomotions  pour que nous puissions faire des campagnes itinérantes pour trouver les agents où ils sont.

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