Dieudonné Lin Onana Ndoh, Directeur général de la Régie du terminal à conteneurs:«Une étude sur le terrain aurait certainement permis d’affiner davantage les conclusions de ce rapport»

La Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence viennent de publier l’Indice de Performance des Ports à Conteneurs dans lequel le port de Douala est classé 370ème sur 405. Le Directeur Général de la Régie du Terminal à Conteneurs, Dieudonné Lin Onana Ndoh apporte des précisions sur ce classement.

Monsieur le Directeur général, quelle appréciation faites-vous du dernier classement des ports par la Banque Mondiale et Standards and Poor’s ?

J’ai pris connaissance du rapport en question, qui vise, selon la Banque Mondiale elle-même, à fournir une évaluation ainsi que des pistes d’amélioration des performances des ports. Toutefois, il convient de souligner que, selon les rédacteurs de ce document, l’approche utilisée repose principalement sur une observation empirique des données existantes, ce qui soulève des interrogations quant à son objectivité. Peut-on réellement évaluer les performances d’un port sans s’y rendre physiquement pour recueillir des informations pertinentes et appropriées pour une appréciation juste ? Nous ne nous rappelons pas avoir été visités par les représentants de cette institution, qui a toujours soutenu le port de Douala-Bonabéri depuis l’indépendance et a largement contribué à son essor. Une étude sur le terrain aurait certainement permis d’affiner davantage les conclusions de ce rapport.

Le Port de Douala est classé 370ème sur 405 ports. Quel commentaire faites-vous de cette place ?

Le Port de Douala-Bonabéri figure effectivement à ce rang dans ledit rapport. Il est catégorisé comme traitant plus de 500 000 unités équivalentes à vingt pieds (TEUs), ce qui constitue un souhait que nous apprécions, mais pour l’instant, le Combinat Portuaire de Douala-Bonabéri traite 380 000 TEUs. Une telle catégorisation suscite naturellement un niveau d’appréciation différent. Le principal critère utilisé par la Banque Mondiale et S&P pour l’évaluation est le temps total de séjour du navire depuis son arrivée en rade jusqu’à son départ après les opérations de manutention. Ce temps est divisé en deux parties : le temps passé en rade et le temps passé à quai. En ce qui concerne le temps passé en rade, plusieurs navires y demeurent le temps nécessaire pour finaliser leur escale à l’exportation ou pour achever la procédure d’enlèvement direct des conteneurs frigorifiques, notamment. Ces temps pris par les bords peuvent malheureusement affecter la performance du port.

Quant au temps passé à quai, le Port de Douala-Bonabéri, étant un port soumis aux marées, est désavantagé. En effet, même après la fin des opérations de manutention, les navires doivent attendre la marée haute pour pouvoir appareiller. Ici également, ce délai d’attente joue au détriment des ports à marées, contrairement aux ports en eau profonde où la situation est plus favorable, car les navires peuvent appareiller directement après les opérations de chargement et de déchargement. Comparer ces deux types de ports selon ce sous-critère ne nous semble pas équitable.

Ce classement fait tout de même croire que le Port de Douala-Bonabéri est en difficulté.

Du tout ! Le Port Autonome de Douala et son combinat portuaire se portent très bien. Seuls des esprits malveillants et des individus de mauvaise foi pourraient penser le contraire. En réalité, le port n’a jamais été aussi prospère. Il est remarquable de constater à quelle vitesse les détracteurs du PAD ont diffusé cette information, nécessitant non seulement une prise de recul pour une meilleure compréhension de l’esprit de ce classement, mais aussi une bonne appréhension de la gestion moderne des ports. Dans ce classement tel qu’il a été publié, ceux qui ont cherché à manipuler ce document ont omis de mentionner que le Port de Douala se positionne devant de grands ports renommés tels que Le Havre en France, Le Cap et Durban en Afrique du Sud, Los Angeles aux États-Unis, Tema au Ghana, Pointe-Noire, Djibouti et Cotonou au Bénin. Devons nous conclure que ces ports sont également confrontés à des problèmes de gouvernance comme une certaine presse marginale a tenté de le suggérer ? Pas vraiment. Connaissent-ils seulement ces places portuaires ?

Jean Luc Fassi

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