Dénouement : Les régionales passées, Paul Biya libère Kamto

La soldatesque qui avait assigné à résidence surveillée l’opposant, a vidé les lieux ce jour.

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A la suite de certains de ses militants et sympathisants libérés ces derniers jours, Maurice Kamto vient de retrouver sa liberté d’aller et venir. Du moins, le domicile du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a été libéré de la soldatesque qui y campait depuis le 22 septembre, jour de lancement d’un mouvement de boycott de l’élection des conseillers régionaux. Dans un communiqué rendu public ce 8 décembre 2020 par René Emmanuel Sadi, la tenue effective de l’élection du 6 décembre est perçue comme une victoire sur Maurice Kamto et son pari qui envisageraient « un mouvement insurrectionnel ». Le porte-parole du gouvernement reste peu clair sur la situation de l’opposant assigné à résidence surveillée depuis plus de deux mois : « Le gouvernement porte par ailleurs à la connaissance de l’opinion qu’avec la tenue effective des élections régionales, et le calme qui règne dans le pays, il a été décidé du réajustement des mesures prises pour mettre en échec le mouvement insurrectionnel lancé par le MRC le 22 septembre 2020 », écrit René Sadi. Toujours est-il que les hommes armés ont vidé les lieux et Maurice Kamto peut enfin quitter son domicile s’il le souhaite. L’axe qui mène au domicile de l’opposant à partir de la rue principale de Santa Barbara ayant été libéré des barrières policières y installées depuis la date de début de la campagne électorale. Tout l’air d’un aveu que le candidat arrivé second à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 hante le régime de Yaoundé. Neutralisé qu’il était, l’homme ne pouvait perturber la tenue de l’élection du 6 décembre qui parachève le dispositif institutionnel au Cameroun.

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L’épée de Damoclès pend toujours

Il est clair que la libération de Maurice Kamto était conditionnée par la tenue de cette élection. Pour autant, « les procédures judiciaires engagées contre les meneurs et les organisateurs de ce mouvement insurrectionnel se poursuivront néanmoins», précise-t-il. Avec une possible libération progressive des uns et des autres « en considération de leur degré d’implication et de la menace qu’ils représentent pour la société ». Mais l’épée de Damoclès continue de peser sur la tête du leader du MRC ainsi que de son parti dont « la situation…continue de faire l’objet d’un examen attentif par les instances judiciaires et administratives », assure René Sadi.

Les élections passées, « le gouvernement félicite les Forces de défense et de sécurité qui ont fait preuve de professionnalisme et de fermeté dans la mise en application des mesures idoines décidées par le Chef de l’Etat en vue du déroulement approprié du scrutin ». Et invite tous les acteurs nationaux « à la mise en œuvre des conseils régionaux et notamment le statut spécial prévu dans les régions du Nord-ouest et du sud-ouest, conformément aux résolutions du Grand dialogue national ».

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