Chefferie Bangou : Tchihou Arnaud a la faveur des chefs de 3ème dégré

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Après près de deux ans de tiraillements, le Conseil des sept et neuf notables est sorti de son silence le 21 mars. Pour s’aligner sur les positions du ministre de l’Administration territoriale (MINAT). Paul Atanga Nji qui avait tranché dans le litige qui oppose deux clans au sein de la chefferie supérieure Bangou. En faveur de Sa majesté Tchihou Tayo Arnaud, au détriment de Maurice Gambou (héritier au trône du roi Kemayou Paul Bernard). Le chef choisi par le patron de l’administration territoriale camerounaise est le fils du défunt chef Tayo Marcel qui a régné sur cette chefferie pendant 39 ans et est mort en 2019. Pour le Conseil des notables qui font allégeance à la faction soutenue par l’honorable Théodore Datouo, « Sa Majesté Tchihou Tayo Arnaud a été arrêté publiquement… comme le veulent nos rites coutumiers… le jeune roi a été ensuite présenté officiellement sur l’esplanade de la chefferie devant 25 chefs traditionnels, des membres du gouvernement, des parlementaires, des élus locaux, des étrangers, de nombreuses délégations, de la diaspora et bien sûr de la communauté Bangou d’ici et d’ailleurs ». Précisant que, « aucune entorse n’a entaché la procédure, et nous avons respecté tous nos rites avant, pendant et après». De même que « le premier adjoint préfectoral a présenté officiellement le nouveau roi, après avoir lu son curriculum vitae, ainsi que sa suite dans la tradition». Ce qui de ce fait, ouvrait son « dossier d’homologation [qui] a été transmis au MINAT ».

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Ainsi, ces gardiens du temple disent « ignorer toute autre personne présentée comme chef, à moins que ce ne soit pour un autre village différent de Bangou». Indiquant que « les princes ne participent pas et se mêlent pas de la désignation du roi (SIC)». Mais surtout que, «il n’existe pas de roi sans volonté et onction rituelles des notables qui sont à la fois gardiens, censeurs, porteurs des secrets, des liens de sang et des liens de la terre avec la bénédiction constant des ancêtres ». Avant d’inviter les Bangou à faire allégeance à Tchihou Tayo Arnaud, les notables signataires de la mise au point rappellent que « l’administration ne nous impose pas un chef et n’imposera jamais un chef à Bangou», mais « il constate notre travail et prend simplement acte comme le dit spécialement l’arrêté régissant les chefferies traditionnelles en ses articles 10, 11 et 12 », écrivent-ils. Pour conclure que « la lettre du 15 mars 2022 [du MINAT] n’a rien apporté de plus, ni de moins ».

Sortie du Laa’kam de Maurice Gambou le 9 avril 2019, arrêté le même jour qu’Arnaud Thihou

La chefferie de 2ème degré de Bangou vit une crise depuis le décès le 16 novembre 2018 de Tayo Marcel. L’homme qui a régné pendant 39 ans sur cette chefferie du département des Hauts-plateaux, succédait ainsi à un trône laissé vacant par Sa majesté Kemayou Paul Bernard parti en exil en Guinée en 1967, dans le contexte de la guerre d’indépendance. Le monarque y décèdera en 1985, alors que son frère consanguin Christophe Djomo qui l’avait remplacé l’a précédé dans l’au-delà, laissant le trône à son fils Marcel Tayo . Inhumé au pays de Sekou Touré, la famille royale qui n’a pas organisé les obsèques officielles, n’a pas non plus organisé sa succession. A la mort de Tayo en 2018, deux tendances se sont opposées : une qui exigeait le retour à la lignée antérieure, celle de Kemayou, et une qui s’accrochait sur la lignée Tayo. Avec comme figures de proue respectivement l’ex fonctionnaire international Nana Sinkam, lui-même prince Bangou, et l’honorable Théodore Datouo, vice-président de l’Assemblée nationale, fils du groupement.

La chefferie Bangou attend son monarque

Deux chefs seront arrêtés le 29 janvier 2019, pour subir les rites d’initiation. Le MINAT a tranché le 15 mars en reconnaissant Tchihou Tayo Arnaud. Le 21 mars dernier, la chefferie a été envahie par des partisans de Kemayou, pour s’opposer à l’installation de son « adversaire ». Le conseil des sept et neuf notables (une partie, apprend-on), s’y oppose et souhaite le respect de la décision des institutions républicaines. En attendant, le trône royale demeure « vide ».

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