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Agroalimentaire : le groupe Cadyst rachète les Grands Moulins du Cameroun et du Congo pour 50 milliards FCFA

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Le groupe Cadyst, dirigé par l’industriel camerounais Célestin Tawamba, vient de finaliser le rachat des Grands Moulins du Cameroun et du Congo, deux filiales du groupe français Castel, pour un montant de 50 milliards FCFA. Cette opération stratégique propulse Cadyst au rang d’acteur incontournable du secteur agroalimentaire en Afrique centrale, avec près de 40 % de parts de marché au Cameroun et 32 % au Congo dans les segments de la farine, des biscuits et des pâtes.

Cette acquisition s’inscrit dans une dynamique d’expansion ambitieuse de Tawamba, qui entend intégrer l’ensemble de la chaîne agro-industrielle, de la provenderie à la transformation de produits finis, afin de stimuler la croissance et l’innovation du groupe. Le périmètre congolais, porté par la Société le Grand Moulin du Phare (SGMP), comprend une minoterie inaugurée en 2020 à Pointe-Noire, ainsi qu’une maïserie, des couvoirs et une unité de fabrication de provende.

La cession s’inscrit dans la stratégie de recentrage de Somdia, filiale du groupe Castel, qui souhaite concentrer ses activités sur l’agriculture et la première transformation. Deux autres minoteries, au Togo et au Gabon, restent encore à vendre. Castel conserve toutefois des actifs dans le sucre, notamment en Côte d’Ivoire et au Cameroun.

Fondé en 2001, Cadyst Group a connu une croissance soutenue, notamment après le rachat d’un atelier de pâte Panzani en 2005. En 2024, le groupe a investi dans une minoterie à Kribi d’une capacité de 300 tonnes par jour, portant sa capacité totale à 1 120 tonnes. Employant 1 200 personnes, Cadyst est présent dans la minoterie, la semoulerie, la maïserie, les produits dérivés, la santé (solutés), la distribution avec l’enseigne Daily, et désormais dans la filière volaille via Cadyst Farming, un segment que les ex-filiales de Somdia viendront renforcer.

Plus de 13,28 milliards pour recenser la population, l’agriculture et l’élevage en 2026

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Il était devenu un véritable serpent de mer. Mais finalement, le 4e recensement général de la population et de l’habitat (Rgph) couplé au Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (Rgae), annoncé depuis 10 ans, aura peut-être enfin lieu en 2026. C’est du moins ce qui est ressorti de la réunion interministérielle présidée, le 13 août 2026 à Yaoundé par le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute. L’on rassure que tous les blocages à la tenue de ces opérations ont été levés. Notamment, les crises sécuritaires dans certaines régions (Extrême-Nord, Nord-ouest et Sud-Ouest) et l’insuffisance des ressources financières. Particulièrement sur le plan financier, l’on précise que toutes les dispositions ont déjà été prises.

 Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, chargé de la Planification, a donné des assurances par rapport aux besoins en financement pour cette opération sont couverts. Ces besoins en financement s’élèvent à plus de 13,28 milliards de FCFA. Une partie, soit plus de 7 milliards de FCFA, repose sur le Projet régional d’harmonisation des informations statistiques en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale. Le reste, soit plus de 6,26 milliards de FCFA, est pris en charge par le budget de l’Etat de l’exercice en cours. Des dispositions ont été prises au mois de juin dernier pour mobiliser ce montant en procédure d’urgence. « Tout est bouclé, les besoins sont connus, les sources de financement sont identifiées. Il est juste question de procéder au décaissement », a déclaré Paul Tasong.

Aussi, les activités préparatoires sont déjà bouclées. Il a notamment été question de définir des zones de dénombrement pour faciliter le travail des agents recenseurs. Un recensement pilote a également eu lieu en 2023. Celui-ci a permis de tester les outils de collecte et d’évaluer le temps nécessaire à l’achèvement de ladite collecte sur le terrain. Après le déploiement sur le terrain, des enquêtes seront menées pour rattraper les omissions et éliminer les doubles-comptes enregistrés pendant le dénombrement principal.

PLUS DE 10 ANS D’ATTENTE

C’est le 15 septembre 2005 que Paul Biya qui a institué le 4e recensement après ceux de 1976 ; 1987 et 2005. Le président de la République avait d’ailleurs inscrit le 4e recensement général de la population et de l’habitat, d’une part, et du recensement général de l’agriculture et de l’élevage, d’autre part parmi les priorités du gouvernement. Car, il s’agit d’un processus important pour planifier le développement sur une base plus solide, fiable et durable. Pour des experts, la concrétisation du Rgaph-Rgae est indispensable à plusieurs niveaux. D’abord, il permettrait au gouvernement d’avoir une idée claire des besoins de sa population à partir des détails sur le nombre. La maîtrise de la population jouerait également un rôle important dans les prévisions de croissance économique.

Par ailleurs, à l’ère de la promotion de la politique de l’import substitution, le Rgaph-Rgae permettrait de produire des informations statistiques sur toutes les exploitations de l’agriculture et de l’élevage et leur environnement. Il devrait contribuer à la mise en œuvre d’un Système permanent et intégré des statistiques agropastorales (Spisa). Cet outil, apprend-on, fournira annuellement les données actualisées sur les projections, les productions et les superficies agricoles, le cheptel et l’aquaculture, les revenus des ménages, leur situation alimentaire et nutritionnelle ainsi que les prix.

Internet mobile : Camtel prive ses abonnés de ses petits forfaits internet

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Le 31 juillet dernier, des milliers d’abonnés Blue, la marque mobile de Camtel, ont reçu un laconique SMS. « Cher client, les offres blue mo (S, M, L) et blue go (night, S, M, L, XL, XXL) sont temporairement indisponibles. Merci pour votre fidélité ». Depuis, plus rien. Pas d’annonce officielle, pas de campagne d’explication. Les forfaits journaliers — allant de 100 à 500 FCFA — ont tout simplement disparu, remplacés par une unique offre à 1000 FCFA pour 2 Go utilisables sur une semaine.

Pour beaucoup de clients, cette suppression a sonné comme un abandon. « Les forfaits ont disparu, il ne reste que ceux de 1000 FCFA et plus », déplore Lionel K. visiblement courroucé. Plus grave, même ce forfait unique est fréquemment inaccessible. À la souscription, certains abonnés reçoivent ce simple message : « System Error ». De quoi accentuer la colère des usagers, qui se sentent piégés. La disparition des forfaits d’une durée de 3h, 24h et 48h touche particulièrement la clientèle quotidienne, celle qui, faute de revenus réguliers, recharge au jour le jour. « Au Cameroun, comme dans d’autres pays de la sous-région, les micro-recharges constituent pour beaucoup, la porte d’entrée de l’internet mobile. Supprimer ces offres, c’est couper l’accès à une frange essentielle de la population », explique un expert basé à Douala. Pour lui, Camtel commet une erreur stratégique. « En se détournant des petits consommateurs, l’entreprise renonce à son socle le plus large. C’est une politique d’exclusion qui profite directement à la concurrence. »

RÉSEAUX SOCIAUX EN ÉBULLITION

La page Facebook de Camtel et de sa marque Blue sont devenues, depuis début juillet, un exutoire pour les clients en colère. Sous chaque publication promotionnelle – qu’il s’agisse d’une invitation à un concert ou d’une offre fibre optique – se succèdent des dizaines de plaintes. Exemple : sous un post Facebook datant d’à peine 2 jours, dans lequel la marque Blue fait la promotion d’une offre qui combine l’internet, SMS et la possibilité de passer des appels tous réseaux, tout ceci en illimité, la quasi-totalité des 26 commentaires dénoncent les forfaits supprimés ou la qualité médiocre du réseau. Un internaute a même transformé sa frustration en lettre ouverte. « Cela fait désormais quatre jours que je suis privée de connexion internet. Ce qui est encore plus révoltant, c’est l’absence totale de communication de votre part. Aucun message, aucune assistance. C’est inadmissible et témoigne d’un profond manque de respect et de professionnalisme. » Son commentaire, comme tant d’autres, n’a reçu aucune réponse.

Au-delà des forfaits disparus, les critiques convergent majoritairement vers le service client. Nombre d’abonnés dénoncent un réseau qui disparaît parfois plusieurs jours sans explication, des forfaits activés mais inopérants, ou encore l’obligation de redémarrer son téléphone à répétition pour espérer capter une connexion. « Dans le secteur des télécoms, la qualité de l’expérience client est un facteur clé de fidélisation. Si les usagers doivent se battre pour accéder au service, ils partent », tranche Patrick O. consultant en marketing commercial. Il rappelle que Camtel a lancé la marque Blue en 2020 avec la promesse d’une rupture. « Rapidement, la réalité a rattrapé la communication. Les plaintes récurrentes sur la qualité du réseau n’ont jamais été réglées. Aujourd’hui, avec la suppression silencieuse des petits forfaits, Camtel confirme une tendance inquiétante »

SILENCE RADIO DES DIRIGEANTS

Interpellée par plusieurs médias, dont Défis Actuels, la direction de Camtel n’a pas souhaité réagir. Seule réponse visible, quelques messages génériques sur les réseaux sociaux, évoquant « des mises à jour techniques en cours » et promettant un retour rapide des forfaits. Mais les semaines passent, et rien ne change. Pour le Patrick O, cette décision illustre un défaut de positionnement. « Camtel cherche peut-être à développer des offres plus attrayantes. Mais elle oublie que son image reste ancrée dans l’accessibilité nationale, dans le service universel. En coupant le lien, même si cela est temporaire, avec les petits consommateurs, elle sape son capital de marque et accélère la fuite des clients vers MTN et Orange. »

Paradoxalement, au moment où ses clients s’indignent, Camtel multiplie les partenariats culturels. Le dernier message promotionnel, envoyé le 16 août, invite les abonnés à participer à l’Olembe Golden Week (semi-marathon, course cycliste et grand prix motos). « Ce décalage est désastreux en termes de perception. L’entreprise communique sur des événements festifs alors que ses abonnés n’arrivent même pas à activer un forfait. C’est l’exemple typique d’une politique de communication déconnectée du terrain », commente Nadine K. experte en communication de crise.

Dans le secteur télécoms, la confiance est un actif immatériel majeur. Une fois durablement brisée, elle est parfois difficile à regagner. « Blue accumule les signaux négatifs depuis des années : lenteur du service client, promesses non tenues, qualité de réseau inégale. Mais la suppression des petits forfaits touche directement le quotidien des ménages modestes, qui représentent la majorité du marché », analyse un autre expert. Lancée en fanfare, Blue devait incarner la modernisation de Camtel et sa conquête du marché mobile. Quatre ans plus tard, l’initiative ressemble à une promesse trahie. La marque, censée séduire la jeunesse connectée, croule sous les plaintes et peine à fidéliser. « Si Camtel ne réintroduit pas rapidement des offres accessibles et n’investit pas dans un service client réactif, Blue pourrait devenir un cas d’école d’échec de repositionnement », prévient Patrick O.

Gestion d’actifs : près de 1000 milliards d’encours global à fin 2024

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  Harvest Asset Management, Elite Capital Asset Management et Asca Asset Management tirent les performances du secteur, en détenant à elles seules plus de 65 % des actifs selon les dernières données du régulateur.

  D’après la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), la gestion d’actifs dans la zone Cemac connaît une vitalité à fin 2024.  L’encours global porté par les 15 sociétés agréées au Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, RCA et Guinée équatoriale a atteint 959 milliards de FCFA. Soit une progression de 50,8 % par rapport aux 635 milliards enregistrés à fin 2023. Cette performance est essentiellement tirée par trois sociétés qui concentrent à elles seules 628,7 milliards, soit plus de 65 % des actifs.

 Le trio est dominé par Harvest Asset Management, leader du marché avec 345,9 milliards sous gestion (36,08 %) à fin décembre 2024.  L’entreprise du camerounais Marc Kamgaing consolide ainsi son leadership qui est resté continu jusqu’en 2025. Récemment, la société a annoncé à travers un communiqué avoir déjà franchi la barre de 415 milliards de FCFA d’actifs sous gestion à la fin du mois de mai 2025. En deuxième position vient Capital Asset Management avec 181,7 milliards d’actifs soit 18,95 % d’encours global. Le trio se referme avec Asca Asset Management, filiale du groupe marocain Attijariwafa, qui concentre 10,53 % avec 100 milliards de FCFA.

Dans la suite du classement, la quatrième position est occupée par Corridor Asset Management puis Africa Bright Asset Management (qui referment le quinté avec chacune avec 69,6 milliards, soit 7,26 % de l’encours global.  Le reste se partage chacun moins de 5% du marché. Société Générale Capital Asset Management Central Africa vient en sixième position avec 47,3 milliards de Fcfa d’actifs sous gestion, soit 4,94% des parts de marché suivi par EDC Asset Management Cemac d’Ecobank avec 45,2 milliards de Fcfa d’actifs (4,72% ), L’Archer Capital Asset Management avec 30,1 milliards de Fcfa d’actifs sous gestion (3,15% ), Digi Capital Asset Management, avec 26,7 milliards de Fcfa sous gestion (2,79% ) et Emrald Securities Services Asset Management en dixième position avec 13,4 milliards de Fcfa sous gestion (1,40% ).

Le dernier quinté est composé respectivement de Kori Asset Management, avec 13,03 milliards de Fcfa sous gestion (1,36%), Enko Capital Central Africa, avec 11,4 milliards de Fcfa sous gestion (1,19%), Makeda Asset Management avec 1,7 milliard de Fcfa sous gestion (0,19%) et stoneshed AM pour à peine 0,18% des parts de marché.

Le Groupe BGFIBank dépasse l’objectif de 6000 milliards de total bilan au 1 er semestre 2025

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 A près de 7 milliards de FCFA, ce montant en hausse de 17% par rapport au 31 décembre 2024 vient renforcer la solidité du profil de la banque qui s’annonce sur le marché financier sous régional.

  C’est un profil encore plus aguerri que le groupe bancaire BGFIBank va proposer à ses potentiels investisseurs dans sa démarche de faire son introduction à la Bourse des Valeurs Mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC).  Les résultats de la holding au premier semestre 2025 sont en nette progression.  D’après les chiffres publiés au terme de son conseil d’administration tenu le 14 août 2025 dernier, un dynamisme croissant est enregistré sur l’ensemble de ses quatre métiers que sont, la Banque de financement des entreprises, la Banque commerciale, la Banque privée et gestion d’actifs et les services financiers et l’assurance.

Le groupe revendique une situation nette de 690 milliards de FCFA et une trésorerie nette à 1 300 milliards de FCFA, en croissance de 70% ainsi qu’un résultat net consolidé de 56 milliards de FCFA en hausse de 34% par rapport au résultat net réalisé à la même période en 2024. S’agissant des dépôts de la clientèle, ils ont atteint 4 269 milliards de FCFA. Soit une hausse de 10%.  Les crédits à la clientèle de la banque eux s’établissent à 3 434 milliards de FCFA, en légère augmentation par rapport à fin juin 2024.

Le produit net bancaire connait également une forte progression estimée à plus de 24% comparé au 30 juin 2024 avec 198 milliards de FCFA enregistrés. « Cette croissance est soutenue par une bonne performance de la marge nette d’intermédiation (+32% par rapport au 30 juin 2024) couplée à l’accélération des opérations de hors-bilan », commente la banque.

La holding annonce par ailleurs un total bilan de 6 957 milliards de FCFA, en hausse de 17% par rapport à fin juin 2024.  Un chiffre au-dessus de l’objectif de 6000 milliards projeté par la banque.  Pour BGFIBank, « Cette performance traduit la robustesse du modèle du Groupe et sa capacité à mobiliser ses expertises pour répondre aux besoins de ses clients dans un environnement compétitifFort de ces résultats, le Groupe BGFIBank réaffirme sa détermination à poursuivre son rôle dans le financement des économies africaines. Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la préparation de son futur Projet d’Entreprise 2026-2 030, qui fixera le cap stratégique pour les cinq prochaines années ».

Premier groupe bancaire dans la zone Cemac, BGFIBank consolide ainsi des résultats positifs d’années en années.  Entre 2019 et 2023, son produit net bancaire est passé de 175 milliards de FCFA à 302 milliards de FCFA tandis que le bénéfice net a progressé de 20,5 milliards de FCFA à 95,8 milliards de FCFA. Des données décisives pour les potentiels investisseurs au moment où le groupe envisage d’ouvrir 10% de son capital à la BVMAC. L’opération initialement prévue en juillet 2025 est désormais suspendue du fait d’un recours en justice initié par un groupe d’actionnaires qui émettent des réserves sur l’opportunité d’une introduction en bourse. Notamment avec la nomination du PDG du groupe au poste de ministre des Finances au Gabon.

 Verbatim

 Henri Claude OYIMA, PDG BGFIBank

 « Nous reprendrons le cours normal de l’introduction en bourse »

« L’affaire a été portée devant le tribunal. Mais pour nous, ce n’en est pas un. Nous sommes parfaitement sereins, car nous disposons de tous les éléments pour démontrer que la procédure s’est déroulée dans les règles. Pour être transparent, le 25 juin 2025, nous avons tenu une assemblée générale extraordinaire avec trois points à l’ordre du jour : l’arrêté des comptes sociaux et consolidés de l’exercice 2024, la séparation des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général que je cumulais, et enfin, l’introduction en bourse de notre maison mère, BGFI Holding Corporation. Cette décision ne date pas d’hier ; elle a été actée dès 2019. La pandémie de Covid-19 en 2020 avait simplement contraint le conseil à suspendre temporairement le projet. En 2025, le dossier a été réactivé, et je me réjouis de l’accueil très favorable du marché. Cette opération nécessitait plusieurs ajustements statutaires, notamment une révision de la gouvernance et une augmentation de capital. Or, certains actionnaires présents en salle ont, après coup, remis en cause la comptabilisation de leurs votes.

Je rappelle qu’une assemblée générale se tient selon un cadre strict : un bureau composé de scrutateurs, de commissaires aux comptes, et tout est filmé. Nous avons les enregistrements ; nous savons qui a voté, et comment. Pour nous, il n’y a pas de sujet. Ce que nous voyons aujourd’hui relève davantage de la gesticulation. Tout cela sera évacué rapidement, et nous reprendrons le cours normal de l’introduction en bourse. Je le répète : je suis totalement serein car cette opération se fera. »

Inclusion Financière : Comment bancariser les exclus du système financier

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Le 14 août 2025, la ville de Kribi dans le département de l’Océan, région du Sud, a servi de point de départ à une initiative qui place les zones rurales et les couches sociales vulnérables au cœur des priorités publiques. La première édition de la Caravane de l’Inclusion Financière et de la Protection des Consommateurs des Services Financiers a réuni autorités, établissements bancaires, acteurs de la microfinance et élus locaux, autour d’un même objectif, celui d’amener les services financiers là où ils n’existent pas encore, ou pas encore suffisamment développés.

« Pour que les marchés financiers soient sains et servent véritablement les intérêts des consommateurs que nous sommes, des institutions de contrôle et de régulation robustes sont indispensables. (…) Ensemble, bâtissons un système qui protège, inclut et fait grandir », a déclaré le maire de Kribi, Guy Emmanuel Sabikanda, appelant à une finance éthique et inclusive. Dans son discours officiel, le ministre délégué auprès du ministre des Finances, Yaouba Abdoulaye, qui présidait la cérémonie, a souligné que cette caravane constitue « un véritable plan d’action, une feuille de route ambitieuse qui nous invite à repenser nos approches, innover constamment et nous adapter aux réalités de nos populations ».

Il a rappelé l’existence d’un arsenal réglementaire déjà mis en place par les autorités monétaires et régionales – Cobac, Cima, Orac ou encore Cosumaf – pour protéger les consommateurs et diversifier les produits financiers. Mais, a-t-il reconnu, « force est de constater qu’il manque aujourd’hui une plateforme unique de mutualisation, de communication et d’échange ». La caravane vise précisément à combler ce vide, en offrant un espace de dialogue pour transformer les textes en « véritables leviers de développement ».

LES BANQUES MOBILISÉES POUR LE SECTEUR AGRICOLE

L’un des volets les plus marquants de ce lancement a été la place réservée au financement agricole dans les deux panels de discussion organisés pour la circonstance. Dans un pays où une grande partie de la population vit de l’agriculture, faciliter l’accès des producteurs aux services financiers revient à bancariser massivement les Camerounais. La Régionale Bank l’a bien compris. Lors du lancement, l’établissement de crédit qui possède un guichet agricole, a détaillé sa stratégie qui ne se limite pas « à une simple bancarisation des producteurs. Il s’agit d’un accompagnement global », a expliqué un responsable de la banque, citant l’application mobile Ananas Money, un service de digital banking.

L’Union des mutuelles financières de développement (Mufid Union) a flairé le filon de l’or blanc. « Pour nous, le coton est la filière la plus sûre au Cameroun en termes de remboursement des prêts, car elle est bien organisée. On sait quand on produit et on sait quand les cotonniers sont payés », a expliqué Jean Baptiste Djomako, directeur général de Mufid Union, lors d’un atelier tenu après la cérémonie officielle.

Le dispositif mis en place permet même aux producteurs d’ouvrir des comptes, sur lesquels leurs remboursements sont directement prélevés dès le versement de la récolte. « La MUFID leur a permis de créer des comptes. Ainsi, quand leur argent est payé par la Sodecoton, les remboursements sont prélevés automatiquement selon les conventions de prêt », a détaillé M. Djomako. Une méthode qui sécurise les crédits et favorise l’adhésion des producteurs au système bancaire formel.

 Malgré les efforts des banques et institutions de microfinance, la question de l’accessibilité et de la compréhension des conditions de prêt reste un défi majeur. Lors des échanges, les responsables de coopératives, GIC et jeunes entrepreneurs de Kribi et ses environs ont exprimé leurs difficultés à obtenir des financements. « Comment obtenir un crédit ? Comment financer nos projets ? » Ces interrogations, récurrentes lors des discussions, montrent que la vulgarisation des mécanismes bancaires est encore insuffisante, y compris dans une ville comme Kribi Le parcours de la caravane prévoit des étapes dans l’Est et le Sud-Ouest avant un grand forum de clôture en septembre à Yaoundé.

Yaoundé-Kribi : la route où l’on compte les trous et les milliards perdus

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Départ de Yaoundé en fin d’après-midi, à 16h30 précises, depuis la gare routière de Mvan. A l’agence de voyages Transcam, « VIP complet », m’annonce-t-on au guichet. Je me rabats donc sur un bus standard, direction la côte. L’option la plus courte – passer par Ebolowa et Akom 2 – est vite écartée. La route promise en 2011 par le président Paul Biya lors du Comice agropastoral d’Ebolowa n’a toujours pas vu le jour. Ce détour s’avérerait impraticable. Reste donc la Nationale 3 jusqu’à Édéa, puis la Nationale 7 vers Kribi. À l’intérieur, les passagers prennent place avec leurs sacs, vivres, et casques audio vissés sur les oreilles. Les discussions se font discrètes. Peut-être savent-ils déjà ce qui nous attend.

Sortir de Yaoundé ne prend pas longtemps. Mais rapidement, la route se transforme. Le tronçon Yaoundé-Édéa, qui fait partie de l’axe vital reliant la capitale politique à Douala, n’a plus rien de la vitrine qu’un pays en route vers l’« émergence » aimerait montrer. « Champ de mines », l’expression me traverse l’esprit à chaque cahot. Les nids de poule, profonds et alignés comme les impacts d’un bombardement, obligent le conducteur à ralentir ou à slalomer. Parfois, l’évitement est impossible. Le bus s’engouffre dans un trou puis, un autre, et encore un autre, dans une sorte de valse rythmée, ou le partenaire est le dossier d’un siège auquel s’agrippe fortement chaque passager.

Plus de deux heures plus tard, halte à Pouma, dans la Sanaga-Maritime. L’aire de repos et ses échoppes neuves, offrent toilettes, brochettes, grillades, alcools et boissons chaudes, sous un ciel qui nous arrose de fines goutes de pluie. C’est ici que la route se rappelle qu’elle est aussi un lieu de théâtre. En effet, plus loin, un incident inattendu nous cloue sur place. Un automobiliste bloque la circulation, garé en travers de la route, accusant un camion de lui avoir endommagé son véhicule. Il refuse de bouger tant qu’un constat n’est pas établi. Au téléphone, il réclame la venue d’un tiers pour « assister » la scène. Les phares des véhicules forment un théâtre improvisé dans ce coin perdu, jusqu’à ce qu’il se décide, enfin, à libérer la voie. Résultat, il est déjà plus de 22h quand nous atteignons Édéa. Le plus dur est pourtant à venir.

LA NATIONALE 7 : DU NID DE POULE AU CRATÈRE

Le tronçon Édéa-Kribi – 110,05 km officiellement – est une expérience en soi. Ici, le mot « nid de poule » ne suffit plus. Il s’agit de véritables cratères, capables de faire tanguer un autocar de plus quarante places comme une chaloupe sur une mère agitée. Parfois, le conducteur marque un temps d’arrêt, observant l’obstacle comme un joueur d’échecs jauge une position difficile. Quand il se décide à passer, l’inclinaison du bus est telle que les passagers sursautent, agrippant leur siège.

À l’arrière, un groupe d’Ivoiriens, embarqués à Yaoundé, commente bruyamment la situation. « C’est ça la route pour une ville touristique ? » lance l’un. Son voisin renchérit, puis tous deux se rabattent sur leur dialecte, ponctué de rires sonores, en découvrant que certains les écoutent. Peut-être un réflexe de prudence.

 A Nomayos, un contrôle mixte police-gendarmerie avait tenté de leur soutirer quelques billets, malgré des papiers en règle. Ont-ils cédé ? Mystère, mais l’un d’eux pestait encore : « Quel type de gendarme on met comme ça en route ! » Ils descendent avant Kribi, à environ 35 kilomètres. Le bus poursuit son avancée au ralenti. Minuit quarante-cinq : nous arrivons enfin.

 UN AXE STRATÉGIQUE EN LAMBEAUX  

Cette route n’est pas seulement l’accès privilégié aux plages et aux hôtels de Kribi, c’est un corridor économique vital. Le port autonome de Kribi, devenu un hub régional, dépend largement de cet axe pour l’acheminement des marchandises. Pourtant, son état est un frein majeur à la fluidité et à la sécurité du trafic. Conscients de la situation, les pouvoirs publics ont multiplié les interventions d’urgence. En septembre 2024, le ministère des Travaux publics a attribué à l’entreprise camerounaise Somaf un marché de 3,5 milliards de FCFA pour traiter en urgence les points critiques de la Nationale 7. « Dès vendredi 13 septembre, il faudra attaquer avec la grave concassée 0/31,5 compacté », a prescrit le Mintp.

Objectif, rendre la circulation praticable en attendant la réhabilitation complète. Ce n’était pas la première fois. En janvier 2022, l’entreprise française Razel avait déjà mené un chantier d’entretien sur 105 km pour près de 2 milliards de FCFA. En deux ans, l’État aura dépensé environ 5,2 milliards pour maintenir cette route en vie. Une rustine sur un pneu usé jusqu’à la corde.

LE GRAND CHANTIER EN ATTENTE

Pourtant, un projet de réhabilitation est bel et bien sur les rails… du moins sur le papier. Le 24 février 2025, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a lancé un appel d’offres international pour sélectionner les entreprises qui reconstruiront la route. Les offres devaient être déposées au plus tard le 30 avril 2025. Pas d’envoi électronique : les candidats doivent déposer physiquement leur dossier, accompagné d’une garantie d’un milliard de FCFA pour le lot 1 (Carrefour Édéa/Kribi – Pont de Bivouba, 57 km) ou de 1,35 milliard pour le lot 2 (Pont de Bivouba – Kribi, 53,05 km, incluant un échangeur au carrefour de l’autoroute Kribi-Lolabé). Les critères sont stricts. Expérience avérée dans les chaussées au Béton bitumineux à module élevé (BBME) avec géogrilles de renforcement, capacité technique à recycler et réutiliser les couches existantes. Chaque lot doit être exécuté en 24 mois.

UN PROJET AUX FINANCEMENTS FRACTIONNÉS

 La réhabilitation de l’axe Édéa-Kribi s’inscrit dans le cadre du projet d’aménagement des routes de désenclavement de la zone industrielle et portuaire de Kribi (Parzik). Coût global : 141,27 milliards de FCFA (215,69 millions d’euros). Déjà, une première tranche de 114 millions d’euros (74,7 milliards de FCFA) est acquise.

La seconde, environ 26 milliards de FCFA (39,629 millions d’euros), attend encore d’être décaissée. Le 14 janvier 2025, le président Paul Biya a signé un décret autorisant le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à signer un accord de prêt avec la Banque africaine de développement (BAD) pour cette tranche, approuvée par le Conseil d’administration de la BAD… depuis le 22 juin 2022. Quatre ans après l’annonce du projet, la patience reste de mise. Le Programme d’investissement prioritaire 2024 mentionne un démarrage en 2023, mais le chantier n’a toujours pas commencé.

 LE RETOUR : MÊME COMBAT

Après deux jours à Kribi pour suivre la caravane du Minfi, il est temps de rentrer. Cette fois, un bus affrété spécialement nous ramène. L’ambiance est plus animée. Discussions, éclats de rire, partages de photos. Mais la route, elle, reste la même. Les files interminables de camions près de la station de pesage, les ralentissements forcés, les cratères évités de justesse… autant d’obstacles qui retardent notre arrivée à Yaoundé à plus d’une heure du matin, pour un départ peu après 19h. Ce voyage, au-delà des kilomètres avalés, est un condensé des contradictions camerounaises.

Des ambitions de hub maritime et touristique, un port moderne flambant neuf, mais desservi par une route qui oblige les autocars à « réfléchir » avant chaque trou. En attendant les 141 milliards de FCFA promis pour la réhabilitation, l’État colmate à coups de milliards chaque saison des pluies. Au fond, cette route raconte une histoire que connaissent bien les voyageurs d’Afrique centrale, celle d’infrastructures essentielles, usées avant même d’être remplacées, et dont la réparation tarde, faute d’un alignement parfait entre financement, procédures et volonté politique.

Rupture : Léon Theiller Onana démissionne du Rdpc

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Léon Theiller Onana et le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), c’est fini. «…Aujourd’hui, devant l’histoire, notre conscience collective, je démissionne du Rdpc avec effet immédiat », a annoncé le conseiller municipal de la commune de Monatélé, ce jour depuis la France. « Pendant longtemps j’ai cru à tort qu’il était possible de changer les choses de l’intérieur. J’ai servi le Rdpc, arpentant nos villes et campagnes, j’ai vu la sueur des paysans qui nourrissent la nation. J’ai vu les mains tailleuses des artisans abandonnés, le courage des mères qui accouchent parfois sous la lampe tempête, j’ai vu l’audace de notre jeunesse, j’ai vu un peuple debout, mais un Etat à genoux, un Etat absent. J’ai réclamé la jeunesse, le renouveau, l’alternance ; on m’a répondu par le mépris, par la manipulation et par la peur. Face  l’inertie, nous avons proposé la normalité républicaine par les voies judiciaires. La justice, hélas ! est devenue un instrument entre les mains du pouvoir, et les institutions, ses complices», dénonce-t-il.

La démission de Léon Theiller Onana fait suite au rejet de sa candidature à l’élection présidentielle du 12 août 2025. L’élu local du parti au pouvoir avait déposé sa candidature en dénonçant la légitimité de Paul Biya, investi par le comité central du parti, au motif que le congrès devant renouveler cette légitimité du président, « candidat naturel » du parti à l’élection présidentielle, ne s’est pas réuni depuis 2011. L’homme qui avait déjà attaqué son parti en justice, avait dénié à Jean Nkuété le secrétaire général, la qualité de représenter le parti devant la justice. Et devant le conseil constitutionnel, Léon Theiller Onana a essayé en vain d’invalider la candidature de Paul Biya à cette élection.

Ici la vidéo de la démission

Par ailleurs, l’homme récusait l’âge de Paul Biya (92 ans), pour être encore reconduit à la tête du pays. « Je refuse cette mascarade parce que je suis du côté du peuple», déclare-t-il. « Cette décision est un acte de foi, un acte de foi en notre peuple dans sa capacité et sa dignité à forger son propre destin. C’est la fidélité à l’héritage de ceux qui ont tout sacrifié pour notre liberté», a-t-il martelé. Evoquant le souvenir des martyrs camerounais et africains, notamment Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Nelson Mandela, qui ont donné de leurs vies, pour une Afrique libre et unie. « N’avons-nous pas trahi leurs combats ?», se demande-t-il. Pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain, Léon Theiller Onana appelle les 11 concurrents de Paul Biya à faire front commun : «respectueusement j’appelle les 11 candidats retenus à s’unir. Il n’y a pas trois options, il n’y en a que deux : soit vous vous coalisez pour un candidat unique de l’opposition qui incarnera les aspirations du peuple, soit vous vous retirez collectivement de cette mascarade dont l’issue évidente est la proclamation de la victoire de Paul Biya». Pour le nouvel opposant, « l’une ou l’autre option est à même de rendre justice au peuple camerounais. Toute autre attitude ne servira qu’à cautionner la forfaiture qui se prépare au grand jour». Lui, dit se tenir désormais du côté du peuple.

Extrême-Nord: 11 personnes enlevées par des hommes armés à Waza

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This image taken from video released late Friday evening, Oct. 31, 2014, by Boko Haram, Abubakar Shekau, centre, the leader of Nigeria's Islamic extremist group denies agreeing to any cease-fire with the government and says more than 200 kidnapped schoolgirls all have converted to Islam and been married off. In the new video released late Friday night, Abubakar Shekau dashed hopes for a prisoner exchange to get the girls released. "The issue of the girls is long forgotten because I have long ago married them off," he said, laughing. "In this war, there is no going back," he said in the video received by The Associated Press in the same way as previous messages. (AP Photo/Boko Haram)/LON801/726736296905/1411011337

Depuis le 13 août dernier, plusieurs familles sont sans nouvelles des leurs. En effet, 11 personnes ont été enlevées sur la route nationale N°1, alors qu’elles voyageaient à travers un bus de la compagnie de transport Touristique Express. Des hommes armés ont profité du mauvais état de la route entre Maroua et Kousséri, dans la région de l’Extrême-Nord, pour imposer un arrêt du véhicule, avant d’en prendre le contrôle. C’était dans la localité de Zigague, dans la soirée du 12 août.

Selon des informations glanées auprès de sources dans l’Extrême-Nord, les hors-la-loi qui ont fait descendre tous les passagers du véhicule, les ont dans un premier temps emmenés tous dans une destination inconnue, avant de relâcher les femmes; pour ne garder que les hommes, au nombre de 11. Depuis lors, l’on n’a aucune novelle de ces derniers. Si le chauffeur a été libéré, ses biens lui ont été retires. On apprend par ailleurs que les ravisseurs ont confisqués les documents personnels dudit chauffeur qui s’appellerait Modibbo, et ont enregistré son numéro de téléphone.

Si aucune revendication n’a encore été faite, beaucoup soupçonnent la secte terroriste Boko Haram d’être l’auteure de cet enlèvement.

Cameroun-France : Confessions inachevées de Macron

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Dans un courrier adressé à son homologue Camerounais, Emmanuel Macron, président français, a reconnu officiellement que la France a mené une guerre au Cameroun contre les indépendantistes, entre 1945 et 1971. Avouant que « les autorités coloniales et l’armée française ont exercé des violences répressives de nature multiple au Cameroun ». Dans « une guerre qui s’est poursuivie au-delà de 1960, année de l’Indépendance, avec l’appui de la France aux actions menées par les autorités camerounaises indépendantes ». Parlant de l’Union des populations du Cameroun (UPC). Dans son courrier, Emmanuel Macron reconnaît avoir fait usage de méthodes jadis appliquées en Algérie et en Indochine : « recours à la torture, ratissages massifs, arrestations préventives, rafles, déplacements de populations… », écrit Emmanuel Macron. Et d’ailleurs le Haut-Commissaire Pierre Mesmer, arrivé en 1957 sortait tout droit d’Algérie.

Cérémonie de remise du rapport de la commission mixte au président français. (Ph. RFI)

Plus important, la France a reconnu également la responsabilité de la France dans la mort de quatre leaders indépendantistes camerounais : Ruben Um Nyobè, Paul Momo, Isaac Nyobè Pandjock et Jérémie Ndéléné. « Les travaux de la Commission se sont penchés sur certains épisodes spécifiques de cette guerre, d’opérations militaires menées sous commandement français des quatre leaders indépendantistes Isaac Nyobè Pandjock (17 juin 1958), Ruben Um Nyobè (13 septembre 1958), Paul Momo (17 novembre 1960) et Jérémie Ndéléné (24 novembre 1960). Il me revient d’assumer aujourd’hui le rôle et la responsabilité de la France dans ces événements ».

William Bechtel, Félix Moumié,Ernest Ouandié,…

Emmanuel Macron n’est pas clair sur les cas de deux poids lourds du « parti historique » : Félix Roland Moumié (premier président de l’UPC) assassiné à Genève le 3 novembre 1960 par empoisonnement au thallium et Ernest Ouandié (vice-président de l’UPC), dernier leader upéciste fusillade le 15 janvier 1971 à Bafoussam. Pour le premier cas, des sources historiques accusent William Bechtel, agent des services secrets français d’en être l’auteur. Le second a été fusillé alors que le Cameroun avait acquis son indépendance : Ahmadou Ahidjo.

Emmanuel Macron s’appuie sur le rapport de la commission mixte mise sur pied en 2023 conjointement avec Paul Biya du Cameroun, pour faire la lumière sur la période trouble qui a marqué la lutte indépendantiste au Cameroun. Rapport dont la rédaction a été coprésidée par l’historienne française Karine Ramondy et l’artiste camerounais Blick Bassy. Ce rapport remis le 29 janvier 2025 au président Macron et quelques jours plus tard à Paul Biya, est diversement apprécié : des voix s’élèvent au Cameroun pour dénoncer des insuffisances ; comme le génocide perpétré en pays Bamiléké et Bassa. Mais la France qui a financé les recherches et la rédaction duit rapport, s’en félicite. Cependant, Emmanuel Macron reste muet sur d’éventuelles réparations. Chose qu’exige le Cameroun officieux. Un pas est certainement fait, mais du chemin reste à faire.

Au premier rang, les leaders de l’UPC tués lors de la lutte d’indépendance: Abel Kingué (vice-président), Ruben Um Nyobè (SG), Félix Moumié (président) et Ernest Ouandié (vice-président). (Ph. TV5)

Jadis protectorat allemand, le Kamerun a été cédé à la Société des Nations (SDN) pour en assurer le mandat, puis à l’Organisation des Nations unies (ONU) pour en assurer la tutelle. La France et la Grande-Bretagne ont assuré la gestion de ce territoire divisé à parti du fleuve Moungo, avec la France à l’est et la Grande-Bretagne l’Ouest. De son côté, la France a tenté d’assimiler le territoire à une colonie.

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