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Armelle Tsafack Ndongo* : « Sacrifiée », à la « Rue de la joie »

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Je m’appelle « Sacrifiée ». Je suis serveuse de bar. Comme instruction, à nous donnée par notre tenancier, je porte un masque de protection et une paire de gants. Je me crois très protégée ; ooh que non !
Nous sommes le vendredi 1er Mai 2020. Je sers une bière glacée à mon premier client, X. Il est atteint de COVID-19, mais ne le sait pas, et moi non plus. A sa suite, un trio entre, puis s’installe sur une tablette du bar. La tablette carrée est prévue pour quatre places assises. Je me rapproche d’eux pour les inviter à observer les mesures de distanciation prescrites. Ils me rétorquent : « votre bar a d’abord quelle superficie pour nous tenir à un mètre l’un de l’autre ?! Vu sous cet angle, vous aurez à peine 20 clients simultanément ». Je m’excuse et me ravise. Je me rappelle soudainement que depuis un mois et demi, je n’ai pas eu de salaire ; nul n’ignore pourquoi.

Je prends leur commande ; munie de mes gants de protection, je vais au comptoir. Ma collègue à ce poste s’empare du papier contenant la commande du trio et l’argent que je lui tends. Elle met à ma disposition la commande. Je retourne à la table du trio pour le service. A peine ai-je fini que le client X m’interpelle pour une seconde bière, « bien glacée ». Je vais la lui servir en débarrassant la précédente bouteille sur laquelle sont posés des germes de Coronavirus. Mais ça, nul ne le sait à ce moment précis.
Un autre groupe de clients fait son entrée. Je sers au fur et à mesure. Je débarrasse et sers en même temps. Je suis contente, car j’aurai enfin mon salaire à la fin de ce mois de mai, sans compter les pourboires d’au moins 2500 FCFA chaque soir comme avant la mesure restrictive ordonnant la fermeture des débits de boisson à 18 h au plus tard.

Malheureusement, ce que je n’ai toujours pas réalisé jusqu’à cet instant, c’est qu’en débarrassant la première bouteille du client X et bien que munie d’une paire de gants, j’ai inconsciemment porté les germes du Covid-19 et je l’ai redistribué également sans le savoir à tous les clients. A leur insu, tous sont quasiment en train de troquer leur vie, celle de leurs différentes familles et entourage, au prix d’une bière !

Après avoir consommé pour d’aucuns, 2, 3, 4 et pour d’autres, des casiers de boissons alcoolisées, les allées et venues vers les toilettes du bar débutent. Nous sommes un bar dit « VIP » : les toilettes ont une porte, un pot et une chasse. Seulement, le robinet est en panne depuis 6 mois. Chacun entre et sort. Tous les clients utilisent le même poignet et la même chasse.
J’allais oublier : pour boire, il faut se débarrasser du cache-nez. Le DJ enchaîne des musiques entraînantes ; l’ambiance est à son comble en ce jour de célébration de la Journée Internationale du Travail. Les clients se lèvent un à un et envahissent les petits espaces entre les tables pour laisser leurs corps aller au rythme de la musique. Les clients sont aux anges et je peux les voir se trémousser dans les micro espaces entre les tablettes. « On revient de loin. Corocoro, c’est fini ! », disent certains. Illusion d’un bonheur retrouvé.

Il est deux heures du matin, quand le dernier client quitte le bar. Je peux rentrer dans mon domicile, avec la joie de pouvoir partager les fruits de la riche soirée de travail. Je suis aux anges, j’ai « pointé » mes 3 700 FCFA de pourboire. L’attente était longue, mais la patience a payé, me dis-je. Mais j’ignore ce qui m’attend dans les prochains jours, ainsi que beaucoup de tous ceux qui ont été au bar ce soir festif du 1er mai 2020. Mes 30 000 FCFA de salaire cumulé à mes « miettes » de pourboire parviendront-ils à me prendre en charge si je suis infectée et si je fais la maladie ? Il m’arrive justement de penser que je pourrais être infectée. Ahka !!!!! Pourquoi moi ?! Ce serait vraiment la malchance ! J’ai tout de même mis mon masque et des gants. Et puis, je dois vivre, nourrir ma famille et la prise en charge de la COVID-19 est gratuite. Mais comme on dit au Cameroun, « 32 giga équivaut à 500 giga ». La « gratuité » tant clamé, c’est peut-être des centaines de milles à débourser comme témoignent plusieurs patients atteints du Coronavirus. Autant mieux oublier cette hypothèse ! Je dois me reposer, car demain, une autre journée de travail m’attend. Dieu, veille sur moi et il veille sur tous qui étions au bar ce soir. Et pourtant …

*NOTE POST SCRIPTUM DE L’AUTEURE


Dans la riposte contre la pandémie du Coronavirus, le gouvernement camerounais a cru bien faire pour l’économie en assouplissant le 30 Avril 2020, certaines mesures sur certains commerces, notamment la réouverture des débits de boissons et autres lieux de loisirs au-delà de 18 heures, moment où ils concentrent une forte population.

La propagation d’un virus ne tient pourtant compte ni du jour, ni de la nuit. Au sein de l’association WILPF Cameroon, nous pensions déjà avant le 30 avril que les premières mesures autorisant jusqu’à 18 heures les activités des lieux à forte concentration humaine, autour d’un produit énivrant comme l’alcool devaient plutôt être renforcées, dans le sens de resserrer le confinement. Ce resserrement, en outre, devait aller de pair avec un appui considérable du gouvernement pour la survie des acteurs de ces secteurs d’activités. Que non ! Nous avons plutôt assisté à un assouplissement aux allures de rétropédalage. A ces auteurs, le « sauf-conduit » donné aux bistrots, aux boîtes de nuits et aux autres lieux du même type- et peut être aussi à la mort- a semblé tellement important qu’il occupe la première place dans la liste des 19 nouvelles mesures prescrites par le gouvernement.
Le contexte n’a pourtant pas changé. La pandémie actuelle fait toujours autant craindre des ravages sans précédents en Afrique et dans notre pays. Nous avons jusqu’à présent été épargnés. Mais pour combien de temps encore ? Pour mesurer l’accroissement du danger, il suffit d’observer le relâchement des populations dans le respect des mesures barrières, bien au-delà même des bistrots. Désormais, dans la rue ou au marché, le port des masques de protection se raréfie, quand il n’est pas réduit à une routine de pure forme. On entend plus fréquemment des expressions du genre « Corona est terminé. C’est fini ! ».

Les rappels incessants des autorités sanitaires au respect des autres mesures barrières toujours en vogue n’y changent rien : peut-on vraiment porter le masque ou pratiquer la distanciation sociale dans un bar ou dans une boîte de nuit ? Le danger est-il vraiment écarté comme ces mesures du gouvernement semblent le faire croire ? Le danger est-il vraiment écarté comme ces mesures du gouvernement semblent le faire croire ? Ce témoignage d’une serveuse de bar permet à chacun de se faire une opinion. Nous l’avons surnommée « Sacrifiée » pour des raisons d’anonymat et aussi parce que cette jeune dame (qui pourrait déjà être infectée par le Coronavirus), n’est que représentative de ce qui se passe depuis le soir fatidique du 30 avril 2020, dans bien des « rues de la joie » transformées pour certains imprudents, en « carrefours de la mort ».

Toute ressemblance avec une histoire vécue n’est que pure coïncidence. Fidèle à ses principes de confidentialité et de protection de ses bénéficiaires, WILPF Cameroon ne saurait exposer l’identité des survivants d’un traumatisme ou d’une maladie.

Contrebande : De faux comprimés de Coartem sur le marché camerounais

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Dans un communiqué de presse rendu public le 05 mai 2020, le ministre de la Santé Publique (Minsanté) avertit l’opinion nationale de la présence sur le marché camerounais d’un lot de médicaments contrefaits de Coartem. Il s’agit du « lot F2261 du Coartem 20mg/120mg, Comprimés, boite de 30×24», précise le communiqué. Une enquête menée « en accord » avec les laboratoires Novartis.

Le communiqué signale que les résultats des investigations ont révélé que « l’identification de substances actives est négative au spectrophotomètre ; le produit contient plutôt du sildénafil (aphrodisiaque) et de la ciprofloxacine (antibiotique); le produit original n’est commercialisé qu’en pack de 30 pochettes et non en vrac ».

Le marché camerounais est de plus en plus envahi par de faux médicaments. Il y a quelques semaines, c’est de la fausse chloroquine qui avait été découvert. Alors que le débat sur l’efficacité de cet antipaludique contre le Covid-19 était à peine amorcée. Le ministère de la Santé a d’ailleurs mené une opération de routine sur le terrain, qui a permis de mettre la main sur certaines pharmacies engluées dans les réseaux de cette contrebande.

ART : Justine Diffo prend les commandes

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 Le Pr Justine Diffo Tchunkam a pris les rênes du Conseil d’administration de l’Agence de régulation des télécommunications (ART) ce jour. L’enseignante d’universités a été installée en mi-journée par Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et télécommunications (Minpostel), la tutelle. Au cours d’une cérémonie qui respectait les normes de confinement, notamment la distanciation sociale. C’est donc par visioconférence que la plupart des travailleurs concernés par le secteur des télécommunications ont suivi la cérémonie.

La coordonnatrice du réseau More women in politics arrive dans un contexte de crise de confiance entre son prédécesseur et le directeur général. Hassana Mahamat était en guerre ouverte contre Philemon Zo’o Zame. Paul Biya a géré les arbitrages et a fini par trancher en mettant à l’écart le Pca le 30 avril dernier. Justine Diffo devra donc travailler à assainir ce climat qui a davantage brouillé les ondes dans un secteur déjà peu stable.   « Réguler c’est faciliter, réguler c’est contrôler, réguler c’est assainir, le mot est revenu ; mais réguler aussi c’est respecter les textes», a-t-elle déjà intériorisé. 

Lutte contre le Covid-19 : un syndicat de maires crache sur le « don » de Paul Biya

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Si le Syndicat des communes du Noun salue le « don spécial » du chef de l’Etat aux 360 arrondissements du Cameroun, il le trouve disproportionné par rapport aux besoins des communes. « si vous nous aviez consultés quant à l’utilisation judicieuse de ce don, nous aurions pu, à l’attention de votre Haute gouverne, indiquer notre option pour sa mise à disposition, ou affectation dans les différentes comptes bancaires ou consignations , afin que chaque commune, en fonction de son plan de riposte, engagé depuis le moins de mars présente ses besoins réels en ce moment qui, en tout cas, se trouvent au-delà du stade : savon, masques, seaux, gants, bidon lave-main, kits de tests de dépistage, appareils d’assistance respiratoires pour hôpitaux », peut-on lire dans une correspondance signée de Patricia Tomaino Ndam Njoya, pour le compte du Syndicat des communes du Noun.

Le Syndicat des communes du Noun fait cette sortie au moment où un débat agite la toile au sujet de la consistance des paquets que reçoivent les différentes communes. Aloys Parfait Mvoum, vice-président régional du Social democratic front (Sdf) pour le Centre, a esquissé un petit calcul pour aboutir à une enveloppe de 6 000 000F (en réalité, 5555555,55FCfa) auquel devrait avoir droit chacune des 360 arrondissements. Une somme qui aurait pu mieux servir la cause des populations, selon le syndicat des communes du Noun. Dans sa correspondance, le Syndicat écrit que « nous avons besoin de kits de dépistage, d’appareils respiratoires, mais aussi de de prise en charge socio-sanitaire, d’aménagement de sites pour approvisionnement, de mise en quarantaine, d’inhumation, de mobilisation…et de sensibilisation des populations… en ordre varié et spécifique ».

Le Minddevel ignoré, la préfectorale omniprésente

Ce n’est pas le seul point négatif relevé par le Syndicat dont la parole est portée par Tomaino Ndam Njoya. Il y a aussi l’itinéraire que prend la distribution du « don spécial » du chef de l’Etat aux 360 arrondissements. Un texte du ministre de l’Administration territoriale (Minat) ayant indiqué que les paquets partiront de l’Hôtel de ville de Yaoundé pour les sous-préfets, en passant par les gouverneurs et les préfets. En respect (peut-être) du destinataire qui est l’arrondissement. Sauf que le territoire de l’arrondissement étant administré par le maire, ces derniers sont au finish invités à recevoir les dons. Et pour le Syndicat des communes du Noun, pour un paquet destiné aux communes, le ministère de la décentralisation et du développement local (Minddevel) est exclu du circuit. « Aussi, vu le contexte de la décentralisation, les maires ne sauraient plus être les vice-présidents des commissions dirigées par des sous-préfets». Pour le syndicat des maires du Noun, « les textes sont clairs en matière de contrôle de la légalité des actes pris par les Ctd, il s’exerce à posteriori, avec en toile de fond le principe de la libre administration comme essence de la décentralisation».

Des paquets remis aux bénéficiaires à Minta

Invitant le Minddevel à « une bonne interprétation des textes ». Les maires du Noun ne comprennent pas « que le Minddevel, bien qu’ayant ses démembrements au niveau local, les saisisse toujours par le biais du préfet ». Pour le syndicat, il « se pose encore aujourd’hui la [question de] la place des sous-préfets dans la commune et les mairies ». De toutes les façons, « les maires ne sauraient plus par message-porté du sous-préfet, signé de son adjoint, être convoqués, à quelques minutes près de l’heure, à une réunion… »

En regrettant que Paul Biya soit resté sourd à leurs précédents courriers, le Syndicat par la voix de Tomaino Ndam Njoya, ne souhaite plus être le valet de la préfectorale. « Nous, maires du syndicat des communes du Noun, souhaitons, du moment où il est clairement question de décentraliser la Stratégie de riposte au Covid-19, qu’elle soit confiée aux maires sans qu’ils ne leur soit imposé la présidence du sous-préfet, et, à l’avenir, veiller à les consulter pour être en adéquation avec le développement des stratégies qu’ils ont déjà sur place », souhaite le syndicat.

Transhumance politique : ces anciens alliés de Biya qui essaiment le MRC

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Ils ont été ministre, député, conseiller du président de la République et sont présentés comme des « opportunistes zélés » qui veulent s’imposer dans l’opposition.

il y a quelques jours l’économiste camerounais Célestin Monga, rendant hommage à Odile Tobner titillait les hommes politiques camerounais sur son compte Twitter: « Odile Tobner Biyidi, 83 ans ce jour, humaniste femme-courage, veuve de Mongo Béti. Dans 100 ans, quand les historiens du futur rencontreront notre lutte, son nom sera en tête de liste, pas les opportunistes zélés qui prétendent aujourd’hui combattre les régimes qu‘ils servaient hier», avait-il écrit. Cette sortie de Célestin Monga lui a valu de vives critiques. La plupart provenant des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui l’accusaient d’avoir visé Maurice Kamto dans sa publication. Pourtant à l’observation et à en croire plusieurs analystes, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun pullule d’anciens alliés du régime qui donnent «l’impression d’être devenus ses farouches opposants». Ces anciens affidés de Paul Biya auraient tous abandonné son camp à cause des multiples frustrations qu’ils auraient subi aux côtés de l’homme du 06 novembre. Parmi les plus en vue, l’on cite Albert Dzongang, Christian Penda Ekoka et Maurice Kamto.

Albert Dzongang

Adjoint au maire de la commune de Douala IIIe pour le compte du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, il est élu député de la même formation politique de 1992 à 1997. Il démissionne du parti au pouvoir après avoir perdu face à Françoise Foning. Il s’en va au sein de la Dynamique pour la Renaissance Nationale, parti politique qu’il a lui même créé. Il y essuie moult déboires et tente sans succès de rejoindre le Rdpc en 2015. Une note du Secrétaire général du Rdpc, adressée au président national de cette formation politique et publiée par nos confrères d’Intégration dévoile que: suite à certaines négociations initiées par l’élite politique de l’Ouest, Albert Dzongang aurait accepté sans conditions de revenir au sein du parti qui lui a tout donné pour remplacer Françoise Foning décédée. Ce nouveau ralliement n’aurait pas prospéré à cause des réticences émises par certains barons du Rdpc, notamment Peter Agbor Tabi, l’ancien secrétaire général adjoint de la présidence de la République qui avait d’un mauvais œil cette défection, estimant que les alliés politiques qui ont milité aux côtés de Françoise Foning auront du mal à digérer qu’un transfuge vienne leur ravir la vedette.

Maurice Kamto

Ancien ministre délégué auprès du ministre de la justice de 2004 à 2011, Maurice Kamto démissionne du gouvernement qu’il a servi pendant 7ans. Selon certaines confidences, plusieurs raisons auraient motivé le départ de Maurice Kamto du gouvernement. Entre autres, le fait que le Cameroun n’aurait pas suffisamment soutenu sa candidature au poste de juge de la Cour Internationale de Justice; l’on cite aussi le fait que Maurice Kamto aurait essuyé plusieurs frustrations à l’ombre d’Amadou Ali alors ministre de la justice; mais la principale raison qui aurait précipité ce départ, serait liée à une affaire de remaniement ministériel dans lequel Le nom de Maurice Kamto aurait été retiré.

Christian Penda Ekoka

Militant du Rdpc depuis 1996, Christian Penda Ekoka sera porté au poste de conseiller économique du président de la République, poste qu’il occupera pendant plusieurs années. Au sein du Rdpc cet économiste de formation commence à manifester son mécontentement après plus de 24 ans de militantisme. Il refuse de signer la motion de soutien pour la candidature de Paul Biya a sa propre réélection à la magistrature suprême pour la 7e fois consécutive. Certaines sources expliquent ce revirement de Penda Ekoka par le fait qu’au poste de conseiller économique du président de la République, il n’aurait été qu’un comparse dont l’expertise était reléguée au second plan. Sans avantages, ni visibilité celui-ci aurait décidé de démissionner de son poste pour se rallier au Mouvement pour la Renaissance du Cameroun de Maurice Kamto.

Dérives et incivisme : retour à la case départ

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Depuis l’avènement des mesures d’assouplissement visant à relancer les activités économiques paralysées par le coronavirus, des Camerounais ont renoué avec les mauvaises habitudes.

Il est 18h30 ce lundi 4 mai 2020 à Biyem-Assi. Dans ce quartier populaire de Yaoundé, bars et snack bars sont déjà bondés de monde. Ici et là, on compte les clients par dizaines, sans masque de protection. Charles, la vingtaine, est à deuxième bière. Ce vendeur de téléphones exulte la levée de la mesure gouvernementale, instruisant depuis plusieurs semaines la fermeture des débits de boisson à 18 heures en raison de la propagation du nouveau coronavirus. Pour lui, l’heure est au rattrapage. « Puisque désormais les bars fonctionnent normalement, c’est-à-dire au-delà de 18 heures, l’occasion nous est offerte de nous rattraper. On était en prison avec le confinement partiel vécu durant les semaines écoulées », dit-il, l’air tout naïf. A côté de lui, Paul semble plus incrédule encore. Le jeune-homme ne croit même pas à l’existence du Covid-19 au Cameroun. « Le coronavirus n’a jamais existé au pays, est-il convaincu. Pourquoi ne montre-t-on pas ces malades dans les médias, y compris les décédés ? ».

A quelques pas de ce quartier, à Efoulan, l’ambiance est la même dans les débits de boisson. Ici, l’atmosphère est détendue ; on boit, on danse, on s’embrasse. Les clients sont agglutinés autour des tables. Pas moyen de respecter les règles d’hygiène, encore moins la mesure de distanciation sociale. « Comment je peux porter le masque au moment ou je bois ma bière, ou bien quand je mange mon poisson bien pimenté ? », s’interroge Jean. « Le port du masque n’est pas possible dans ce milieu, il gène beaucoup », argue-t-il encore. « On ne peut pas appliquer la mesure de distanciation d’un mètre, puisqu’on se connait, et les bruits de la musique ne permettent pas qu’on se comprenne normalement », affirme Claude. La surcharge dans le transport urbain Depuis l’entrée en vigueur le 1er mai dernier des mesures d’assouplissement visant à relancer les activités économiques paralysées par le coronavirus, de nombreux Camerounais ont en effet renoué avec leurs mauvaises habitudes. Et pas seulement dans les restaurants et autres bistrots. Le secteur des transports n’est en effet pas en reste. Des chauffeurs de taxis ont renoué avec la surcharge des clients. Au lieu de 4 personnes dans un taxi, c’est plutôt 5 passagers avec 2 à la cabine avant. Pis encore, bon nombre de passagers n’arborent plus de masques dans les véhicules. Il en est de même pour les mototaxis qui ont repris avec les surcharges à trois voire quatre clients. « C’est Dieu qui nous protège dans cette période de crise sanitaire », lance un conducteur.

L’absence de répression

Si l’on assiste au retour en force de l’incivisme galopant au sein des populations, pour des nombreux analystes, ceci est inhérent à l’absence de répression. En dépit des textes en vigueur, il y’a comme un essoufflement des forces de l’ordre. « Les forces de l’ordre s’essoufflent au quotidien, elles font montre de lassitude dans leur travail. Une situation qui pousse les citoyens à faire ce qu’ils veulent. Autre fait marquant, la corruption qui a affaibli l’action du gouvernement. Car certains hommes en tenue ont fait de la pandémie du coronavirus leur business », remarque un analyste. De ce fait dit-il, la répression doit être renforcée pour décourager tous les contrevenants. C’est le seul challenge s’il faut gagner la bataille contre cet ennemi commun.

Louis Paul Motaze : « Le Cameroun a négocié les 60 % restants de sa quote-part »

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fonds de solidarité : Motaze fixe les modalités de fonctionnement

Le ministre des Finances révèle les contours des discussions avec le Fonds Monétaire international dans le cadre de la Facilité Rapide de Crédit qui a débouché sur l’approbation d’un décaissement de 135 milliards en faveur du Cameroun.

Monsieur le ministre, le FMi a approuvé lundi dernier le décaissement de 226 millions de dollars, environ 135 milliards de F, pour soutenir le Cameroun dans la lutte contre le Covid-19. A quoi vont servir ces fonds ?

Il faut déjà savoir que la négociation avec le Fonds Monétaire International était bien claire. Il s’agissait de négocier un financement extrêmement rapide pour faire face à la crise sanitaire et j’insiste sur la crise sanitaire. C’est donc essentiellement pour nous aider à y faire face. Il faut pouvoir soigner les Camerounais, relever le plateau technique des hôpitaux et toute autre action sur le plan sanitaire. En tant que ministre des Finances, je ne vais pas faire la liste. Il revient aux autorités compétentes, notamment le ministre de la Santé publique, de nous dire quels sont les projets qu’il veut réaliser, quels sont ses besoins et tout cela sera financé. Il y aura un contrôle et en tant que gouverneur du FMI, je devrais faire un compte rendu périodique tous les six mois pour dire comment l’argent a été utilisé.

A l’observation, le Cameroun n’a reçu le même montant que les autres pays de la sous-région ou d’autres parties de l’Afrique. Qu’est-ce qui peut expliquer la différence dans les montants ?

Au niveau du FMI, il y a deux principes importants. Le premier est que les pays ont chacun une quote-part. C’est comme une société par action où chacun a ses parts. S’il arrive que vous partagiez les bénéfices, chacun aura en fonction de ce qu’il a apporté, de sa quote-part. Deuxième principe, dans la réglementation actuelle au niveau du FMI, aucun pays ne doit recevoir, dans un intervalle de 12 mois, plus de 100 % de sa quote-part. C’est ça qui fait que le Cameroun, qui est déjà sous programme avec le FMI et a déjà bénéficié de plusieurs décaissements cette année, à hauteur de 40 % de sa quote-part, ne pouvait plus avoir droit qu’aux 60 % restants. C’est donc ses 60 % qui nous permettent d’avoir 135 milliards. Nous avions le choix de demander moins, mais nous avons décidé de négocier pour les 60 % auxquels nous avions encore droit cette année, tout type de financement compris. D’autres pays avaient encore leur 100 % de quote-part disponible, d’autres moins. Ce sont ces facteurs combinés qui expliquent les différences observées.

L’examen du dossier du Cameroun avait été programmé le 28 avril dernier, mais a été reporté. Que s’est-il passé ?

Quand le FMI a commencé à réagir, des pays ont été servis en premier lieu et certains en ont profité pour dire que le dossier du Cameroun a été rejeté, alors qu’il s’agissait des pays les plus pauvres. Et puis, il faut prendre en compte le temps de négociations. La première lettre est partie du Cameroun vers le 17 mars et le FMI nous a répondu favorablement. C’est alors que les négociations ont commencé par visioconférence, le contexte ne permettant pas les déplacements. Ces négociations étaient sur le point d’aboutir, mais le 27 avril, en tant que représentant de l’Etat, j’ai trouvé à redire dans le projet soumis. Il s’agit de prêts et non des dons ; donc nous devons faire attention. C’est nous qui avons demandé le report, le temps de corriger rapidement certains détails, cela nous a été accordé et le dossier du Cameroun est passé au conseil suivant, c’est-à-dire lundi 4 mai dernier. Et les choses se sont bien passées.

Le Cameroun est ainsi le 19e pays en Afrique à bénéficier du financement du FMI dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Quid des financements attendus des autres partenaires au développement ?

J’en ai parlé ce mardi avec le ministre de l’Economie qui me disait que les négociations avancent plutôt bien. Que ce soit avec la Banque africaine de développement, qui a ouvert une ligne de financement de 10 milliards de dollars pour les pays africains. Le ministre de l’Economie étant le gouverneur du Cameroun auprès de la BAD et de la Banque mondiale, c’est lui qui conduit les négociations. En même temps que le FMi a approuvé un décaissement en faveur du Cameroun, il a prorogé le programme économique et financier du Cameroun.

Le pays est-il prêt à renégocier un nouveau programme ?

Oui. C’est ce que les chefs d’Etat de la Cemac ont décidé le 22 novembre dernier lors du d’une conférence ici à Yaoundé. Le constat qui a été fait est que manifestement, avec les premiers programmes négociés, les choses se sont améliorées. On parlait depuis un moment d’une dévaluation du franc CFA, mais on n’en parle plus tellement. Ça veut dire que ces programmes qui ont été négociés suite au sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cemac de décembre 2016 ont eu un impact positif. Les choses étaient incomplètes parce qu’à ce moment, il avait été décidé que tous les Etats iraient sous programme. On en avait déjà deux : la RCA et le Tchad. Les autres devaient suivre. Ce qu’ont très vite fait le Cameroun et le Gabon. Il restait le Congo et la Guinée équatoriale. Ça a un peu tiré, mais les choses se sont faites. Il fallait cet effet de masse pour que les résultats soient beaucoup plus probants. De plus, on s’est rendu compte que les programmes qui avaient été conclus visaient essentiellement la consolidation budgétaire, afin que les déficits soient réduits, etc. Les chefs d’Etat ont maintenant instruit qu’on aille vers des programmes où on parle beaucoup plus de croissance, de lutte contre la pauvreté, de l’accélération de la résolution du problème d’emploi. C’est ce que nous appelons les programmes de deuxième génération. La crise du Covid-19 est venue nous trouver, mais l’orientation avait déjà été donnée par les chefs d’Etat, en novembre 2019 d’aller vers une deuxième série de programme. Donc le Cameroun est tout à fait partant. J’ai déjà reçu l’instruction du président de la République de lancer les négociations. Les idées doivent être corrigées à l’aune de la situation actuelle car nous ne pouvons plus négocier comme au départ parce que nous ne savons pas dans quel état sera notre tissu économique après cette pandémie.

Monsieur le ministre vous avez dit plus haut que la question de la dévaluation du F CFA n’est plus d’actualité. Mais depuis quelques jours, le sujet anime à nouveau les débats, à la suite d’un rapport de la Beac qui semble donner l’alerte…

Nous ne pouvons interdire les débats de s’ouvrir. Ce que nous savons c’est que les mesures que les chefs d’Etat avaient prises en décembre 2016 ont eu de l’effet. Nous étions arrivés à un niveau de réserves qui tournaient autour de deux mois et cela était vraiment dangereux équivalant à deux mois d’importations, à une légère remontée. Nous étions déjà à 3,5, on allait vers quatre mois et le Cameroun à lui seul était déjà vers les six. C’est pour cela que, pensons-nous, le risque qui planait sur nos têtes à propos de la dévaluation a été un peu évacué. Maintenant, les chefs d’Etat ont posé plutôt un autre problème s’agissant du CFA, travail qui a été mis sous la responsabilité du président de la commission de la Cemac et du gouverneur de la Beac. Il se fait maintenant qu’il y a une crise dont personne ne connait encore les conséquences ultimes mais cela m’étonnerait que la réponse soit seulement celle-là. Les Etats sont en train de travailler pour mitiger les effets de cette crise.

Depuis fin mars, après la réunion des ministres en charge des finances et de l’économie de la Cemac, on parle de collectif budgétaire, qui devait prendre en compte notamment la chute de cours du pétrole, base de calcul du budget de l’Etat. où en est-on à ce jour ?

Nous travaillons dessus et sommes même avancés. J’espère à mon niveau avoir la dernière réunion avec mes collaborateurs ce mercredi. Si nous tombons d’accord sur tout, nous allons saisir la hiérarchie. Le collectif budgétaire nous semble impératif parce que les conditions dans lesquelles le budget s’est fait en 2019 ne sont plus du tout les mêmes. Il y a des recettes qui vont subir un coup, que ce soit le pétrole, les recettes douanières, fiscales etc. Et malheureusement dans le même temps, les dépenses vont augmenter. Il faut voir ce qu’il y a lieu de faire et intégrer des réformes indispensables. Mais également intégrer l’apport de certains de nos partenaires. Nous sommes presqu’au bout de ce travail et la suite vous sera donnée.

Affaire Ibrahim Bello : Quatre ans de prison ferme pour l’auteur des tortures

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Amadou_Bello au tribunal

Le tribunal de grande instance de Bafia a rendu son verdict dans l’affaire Ibrahim Bello. Quatre ans de prison ferme pour l’inspecteur de police Joseph Désiré Sack ; et trois ans de prison avec sursis pour l’officier de police Bikouo Nzie, chef de l’unité de police d’Ombessa. Les dommages et intérêts s’élèvent à 50 millions de francs sur le milliard exigé pat l’Organisation non gouvernementale (Ong) Mandela Center, qui s’était constituée partie civile dans cette affaire pour défendre les intérêts de ce jeune garçon torturé par la police à Ombessa par la police. Dès le rendu de la décision ce 6 mai 2020, Mandela center a décidé de faire appel.

I. Bello après la torture

L’affaire avait été mise en lumière par l’activiste Paul Chouta. Le 5 février 2017, Ibrahim Bello avait été accusé par un particulier d’avoir tenté de voler sa voiture. Saisie de l’affaire, des éléments de police l’ont conduit au commissariat, pour lui administrer des tortures inhumaines, à la machette et à l’électricité par des policiers. L’enquête de Paul Chouta avait révélé que les membres inférieurs du jeune homme de 17 ans avaient été plongés dans de l’acide. Après la torture, le jeune garçon avait été jeté, mourant, dans la rue.

L’enquête de Paul Chouta avait permis à Mandela Center de pouvoir saisir la justice avec des éléments probants. Entre temps, un consortium d’Ong conduit par Mandela center avait saisi le ministère des Affaires sociales pour ce cas. En vain.

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Célestin Monga pris à partie sur la toile

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C’est un simple point de vue au sujet des actuels opposants camerounais qui lui vaut cette avalanche de critiques. Le 27 avril dernier, rendant hommage à Odile Tobner, l’épouse du défunt écrivain Mongo Beti, à l’occasion de son anniversaire, Célestin Monga avait affirmé que le nom de cette française va figurer en tête de liste de ceux qui auront mené le combat pour la liberté au Cameroun. « Odile Tobner-Biyidi, 83 ans ce jour humaniste, femme-courage, veuve de Mongo Beti. Dans 100 ans, quand les historiens du futur raconteront notre lutte, son nom sera en tête de liste. Pas les opportunistes zélés qui prétendent aujourd’hui combattre les régimes qu’ils servaient hier », avait-il lancé de façon satirique sur son compte twetter. Cette sortie de Célestin Monga a suscité une flambée de critiques chez certains internautes qui l’accusent d’avoir visé Maurice Kamto le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun.

« Je suis quand même en droit de me demander si tu (Celestin Monga) ne navigues pas à contre-courant, c’est-à-dire, insulter l’avenir en manquant le rendez-vous avec l’histoire. Qui donc pouvait imaginer l’auteur de « la démocratie truquée » que j’ai applaudi hier, s’avilir à ce point pour la recherche des prébendes. Cher ainé Celestin Monga, s’il est dit que tu seras ministre, tu le seras forcement avant de mourir…Pour cela tu n’as pas besoin de t’attaquer à ceux qui continuent de mener une lutte qui tu as laissé en si bon chemin », écrit Jean Pierre Ekouti dans un commentaire.

Aaron Balla se demande à son tour : « comment des hommes que nous avons admirés hier parviennent-il à perdre ce qu’ils ont de plus cher, pour la recherche des places dans une mangeoire éphémère, qui ne va plus durer ? ». « Les intellectuels travestis comme Monga sont nombreux au Cameroun. Il faut d’ailleurs les dénoncer, car pour un privilège, ils sont capables de tourner en dérision le peuple », commente René Syapde. 

  Nalgual Tolteque qui maintient que la sortie de Celestin Monga visait Maurice Kamto, il pense que : « se cacher derrière un prétendu hommage pour sécréter son venin est lâche. Monga va apprendre que nous sommes en 2020 et qu’on ne s’attaque pas à Maurice Kamto. Que cet ainé qui a existé de façon singulière à une période particulière de l’histoire du Cameroun apprenne qu’on ne pouvait pas arrêter le cours de l’histoire pour attendre qu’il écrive une nouvelle lettre ».

Monga ne visait pas Maurice Kamto

Réagissant à l’averse de critiques dirigées contre Célestin Monga, un observateur soutient que : « les propos de Célestin Monga ne visait pas Maurice Kamto. C’est une mauvaise interprétation qui est faite par des jeunes qui sans doute ne maitrisent pas l’histoire politique du Cameroun. Autour de Maurice Kamto, il y a justement « ces opportunistes zélés » qui ont servi le régime actuel et qui se présentent en messie aujourd’hui ». Cet observateur cite Albert Zongang « qui a longtemps milité au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais et qui a claqué la porte à cause d’une frustration liée au fait qu’il se disait n’avoir pas été récompensé autant qu’il le méritait ». Précisant un fait historique, il note que « pendant que ce Célestin Monga était en prison dans les années 1990, pour avoir exigé plus de liberté et de démocratie dans une lettre ouverte à Paul Biya, Albert Zongang était parmi ceux qui conduisaient des marches pour que ce combattant de la liberté demeure en prison ». Pour lui, « Célestin Monga tout comme Odile Tobner sont des artisans des bribes de liberté dont les opposants d’aujourd’hui bénéficient »  Il cite ensuite Christian Penda Ekoka qui a pendant longtemps été aux cotés de Paul Biya et qui lui aussi« aspirait à occuper un meilleur poste que celui de faire-valoir qu’il a occupé pendant longtemps auprès du président de la République ».Sur la toile certains internautes ont aussi pris la défense de Célestin Monga . « Célestin Monga a dit une vérité que nul ne peut denier lorsqu’on connait les réalités de ce pays. Mais comme la vérité démange dans les oreilles d’une certaine meute dans les réseaux sociaux, il est assailli, insulté, je me demande bien où irons-nous avec ces réactions épidermiques », s’est interrogé Yasser Almid. Nathan Bienim se dit choqué par la vague d’injures qui profèrent au sujet de la sortie de Célestin Monga. Pour lui, « Célestin Monga a fait une sortie sans citer nommément un opposant, s’il y en a qui sentent qu’ils sont des opportunistes zélés ayant servi le régime et qui disent le combattre aujourd’hui, alors qu’ils s’agitent, mais cela n’enlèvera rien à la réalité qui sonne nue dans les propos de Célestin Monga  ».

Joseph Essama

Don anti -Covid 19 : Malachie Manaouda se lave les mains

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L’affaire des dons de l’initiative Survie-Cameroun n’a pas encore connu son épilogue. Jeudi dernier, le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a fait une dotation de matériel médical à l’initiative « Survie-Cameroun », un programme de sa formation politique chargé de la collecte des fonds dédiés au combat contre la pandémie du Covid 19. Aussitôt reçu, Christian Penda Ekoka, président de cette initiative a pris la route du ministère de la Santé publique pour remettre ce don au chef de ce département ministériel. Sur les lieux, le ministre de la Santé, Malachie Manaouda a opposé une fin de non-recevoir à ce matériel, renvoyant les donateurs auprès du ministre de l’Administration Territoriale. 

Dans ans une lettre qu’il a publiée en réponse à celle de Christian Penda Ekoka, qui annonçait la mise à la disposition au profit du ministère de la Santé, de ce matériel médical, Malachie Manaouda a affirmé que l’appel à générosité publique et la liberté d’association sont enclins à des dispositions légales auxquels l’initiale Survie-Cameroun devrait au préalable se soumettre. Clarifiant sa position suite à l’interpellation d’un internaute qui lui reprochait d’avoir rejeté le don de Maurice Kamto, le ministre de la Santé publique a précisé que « Monsieur Kamto ne s’est jamais présenté avec un quelconque don, sinon je l’aurais reçu ».

Cette actualité a créé une polémique auprès des acteurs de la classe politique. Entre ceux qui approuvent la démarche du ministre de la santé et ceux qui soutiennent l’initiative « Survie-Cameroun », le juste milieu n’a pas encore été trouvé. 

Les critiques contre Malachie

Dans un communiqué publié quelques minutes après le refus opposé par le ministre de la Santé publique, le porte-parole du MRC Olivier Bibou Nissack a dénoncé « la cruauté et l’inhumanité du régime qui s’affichent au grand jour.   Maitre Amédée Touko Tom, avocat au barreau de Paris a quant à lui estimé que le ministre de la santé s’est « embourbé dans un juridisme charlatanesque, pour faire obstacle à une initiative de solidarité, alors que la situation sanitaire est de plus en plus grave ». 

Survie-Cameroun doit se conformer à la loi

A la suite du ministre de la Santé publique, le ministre délégué auprès du ministre de la Justice Jean De Dieu Momo a précisé : « on parle des partis politique qui ont pour tutelle le Minat et doivent passer par lui. Feindre d’ignorer qu’une association doit avoir une existence légale pour agir est une ruse politique. Accepter le don d’une association qui n’existe pas c’est la reconnaitre de facto », a-t-il écrit sur on compte Facebook.  

 Aider directement les populations

De son coté, Célestin Djamen, l’ex secrétaire national aux droits de l’Homme du MRC pense que son ancien allier peut « rompre avec le formalisme et aller droit au but », en allant distribuer ce matériel dans la rue et dans les formations sanitaires qui sont dans le besoin. Allant dans le même sens, l’homme politique Pierre Milla Assoute a invité le leader du MRC à aller directement auprès des pauvres. « Si je donne une aide à l’Etat qui le refuse, je le donne aux pauvres de mon quartier. Pourquoi faire du bruit ? Survival, c’était pour apporter de l’aide à l’Etat ou à la population », a-t-il demandé, avant de repréciser qu’« un vrai Etat ne prend pas tout ce qu’on lui offre. L’Etat prend ce qu’il connait, il ne prend pas ce qu’il ne connait pas ».

Fenêtre ouverte à la commune de Monatelé

Dans la foulée de la polémique née autour de cette affaire de don de Survie-Cameroun, l’on apprend de Célestin Bedzigui, l’adjoint au maire de la commune de Monatelé que Survie-Cameroun a décidé d’offrir un lot de matériel anti Covid 19 à cette Collectivité Territoriale Décentralisée.  « Je reçois avec plaisir le message par lequel vous m’informez de la mise à disposition d’un lot de matériel anti-Covid 19, suite au souhait formulé par nous il y a quelques jours. ..En vous remerciant au nom de populations destinataires de ce matériel  et qui sera distribué immédiatement dès réception, je voudrais vous dire ici combien cet accord entre nos vues confère à cet évènement un caractère républicain louable », écrit-t-il à Christian Penda Ekoka. 

Joseph Essama 

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