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Covid-19 : le médecin personnel de Biya n’est plus

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Le médecin colonel Etoundi Ngono

Les ravages du Covid-19 se sont poursuivis ce vendredi par le palais présidentiel du Camerounais. Le virus mortel a pris au passage le colonel médecin Marius Etoundi Ngono. Le haut gradé de l’armée est décédé aux environs de 2h le vendredi. « Et pourtant il a lui-même conduit sa voiture de la maison», renseigne une source familiale. Alors que la thèse du Covid faisait l’objet de débat dans certains milieux. des informations faisant état de ce que le défunt avait préparé déjà son caveau de son vivant ayant été avancées. « Cette thèse du Covid n’est pas contestée», assure-t-on en famille. D’ailleurs la dépouille du Dr Marius Etoundi a aussitôt été mise sous terre aux environs de 10h30 le même vendredi. « Pour ses œuvres au service de la nation, il aurait pu avoir des obsèques dignes », regrette la source familiale.

Le colonel médecin Marius Etoundi a passé plus de trente années au service du président de la république. En toute discrétion. Même par ces temps ou les ennuis politiques de son « patient » avec une partie de la diaspora ont imposé à l’homme d’être casanier, malgré des ennuis sanitaires. L’homme abandonne Paul Biya par ces temps de covid-19, lui-même arraché à la vie par ce virus. De même, le Dr Marius Etoundi abandonne les patients de sa clinique privée du quartier Ekounou.

Le Dr Etoundi n’est pas la première victime du Covid-19 aux côtés de Paul Biya. Il y a quelques semaines, un des chauffeurs du couple présidentiel quittait la scène toujours à cause du ce virus.

Discours à la nation : Paul Biya en pacifiste et unificateur

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L'homme a su garder le sourire (Photo d'archives)

« Front commun », « ensemble », « union sacrée », « solidaire »,… sont revenus dans le discours de Paul Biya ce 19 mai 2020. Loin des slogans à connotation invective que le Chef de l’Etat emploie parfois pour tancer l’opposition ou ses partisans impétrés dans des actes qui déshonorent le gouvernement, Paul Biya a changé de cap. Le temps de la célébration de la Fête de l’unité, le commandant en chef des armées qui avait déserté depuis plus de deux mois que la pandémie du Covid-19 terrorise le monde entier, est sorti du bois pour s’adresser à son peuple en rassembleur. Loin de toute polémique, et alors que le gouvernement est en ordre de bataille contre le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto qui, face à la « désertion » du commandant en chef des armées, a décidé d’appeler le peuple à s’organiser pour combattre le virus à travers une solidarité nationale qui rencontre des difficultés à se réaliser sur le terrain. « Je salue à ce propos, une nouvelle fois, l’attitude de la quasi-totalité des dirigeants politiques et des autorités religieuses qui ont accepté de se joindre à ce combat national», a-t-il lancé. Et même l’ensemble du peuple camerounais : «La plupart d’entre vous ont bien compris que devant le danger sournois que représente le COVID-19, il convenait de mettre de côté les querelles politiciennes et de présenter un front commun »,a-t-il constaté.

Après avoir remercié en les citant nommément les partenaires internationaux qui ont jusqu’ici accompagné le gouvernement dans cette lutte, Paul Biya n’a cité aucun nom local. Comme à son habitude. Mais l’homme est reconnaissant pour tout effort fourni dans ce sens : « Certains dirigeants politiques qui n’appartiennent pas à la majorité gouvernementale se sont exprimés dans ce sens. Je les en remercie», a-t-il salué dans son discours. Laissant aux uns et aux autres le soin de déceler les dirigeants politiques dont il parle. Entre Cabral Libii dont les positions plus ou moins proches de la mouvance gouvernementale, dont l’initiative a avorté du fait du blocage administratif et qui a assisté au déploiement du sa militante l’honorable Nourane Fotsing, et Maurice Kamto resté radical et qui est actif sur le terrain des dons aux populations, les Camerounais sont partagés. Toujours est-il que Paul Biya n’a pas voulu frustrer un quelconque acteur de la lutte. «Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné. J’en appelle donc à une sorte d’« union sacrée » de toutes les forces vives de la Nation pour combattre la pandémie du Coronavirus », a plaidé le chef de l’Etat.

Dans le respect des lois républicaines

Pas que le gouvernement en soi si dépassé. « Je veux…que vous sachiez que le Gouvernement, sous mon impulsion, fait le maximum possible pour nous sortir de cette grave crise sanitaire », rassure-t-il. Concrètement, « les mesures de protection ont d’ores et déjà été prises pour contrer la propagation du COVID-19 sur notre territoire », rappelle-t-il. Et « le Gouvernement est pleinement conscient de la gravité de la situation et est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires», garantit le président de la République. Alors « je demande donc aux Camerounaises et aux Camerounais de faire confiance aux pouvoirs publics », supplie-t-il. « Le défi est certes grand, mais nous sommes capables de le relever ensemble comme nous l’avons fait en de nombreuses autres circonstances», assure-t-il.

Mais Paul Biya sait que le virus a révélé les limites des capacités de tous les Etats du monde. Alors le président de la république appelle à la solidarité nationale. « J’invite particulièrement tous les responsables politiques, tous les hommes de religion, tous les leaders d’opinion, tous les responsables d’associations, tous les chefs traditionnels et tous les corps constitués à continuer à s’investir pleinement dans ce combat contre le Covid-19», appelle-t-il. Mais « bien entendu, tout ceci dans le cadre fixé par le Gouvernement et dans le respect des lois et règlements de la République », recadre-t-il.

D’ailleurs, « dans le combat qui est le nôtre aujourd’hui, le Gouvernement s’emploiera à poursuivre la lutte contre toute instrumentalisation ou exploitation politique, économique ou sociale de cette tragédie », prévient le chef de guerre. Alors « je sais pouvoir compter, une fois de plus, sur votre patriotisme, votre sens des responsabilités et votre courage pour qu’ensemble, nous parvenions à vaincre ce fléau qui touche la planète entière », adoucit-il le ton. Et ressort par des conseils : « Évitons de stigmatiser ceux qui sont atteints par la maladie. Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N’oublions pas que la négligence d’une seule personne peut nuire gravement à l’ensemble de la communauté. Ne baissons donc pas la garde ».

Pour une sortie attendue, le temps d’une guerre pour laquelle il n’a pas été physiquement présent sur le front de la guerre, Paul biya a saisi l’occasion de la fête de l’Unité qui ne sera pas célébrée de façon festive, pour prêcher l’unité de son peuple. « Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné« , a-t-il prêché.

Rumeur sur la mort : La réponse de Paul Biya à Kamoua la panthère

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Paul Biya s'apprête à lire son discours

Sur les réseaux sociaux, certains partisans du régime de Yaoundé tournaient en dérision une actualité récente en annonçant le recrutement d’analystes vidéo à l’occasion du discours du Chef de l’Etat. Loin d’une simple animation de la blogosphère, la forme physique de Paul Biya était l’enjeu principal de ce discours. Dans certains milieux, l’intérêt de suivre le discours de Paul Biya ce 19 décembre 2020 était plus le personnage qui prononçait le discours que le message qu’il allait transmettre. Ce depuis que l’activiste Kamoua la panthère a annoncé la mort de Paul Biya, il y près de deux mois.

Et du coup, un débat s’est ouvert sur l’espace public au sujet de la mort du président de la République que beaucoup croyaient réelles. A partir du moment où l’homme a disparu plus de deux mois des radars. Malgré les appels à ce que le chef suprême des armées prenne le devant de la guerre contre le Covid-19. Rallongeant les rangs de ceux qui ont cru à sa mort et à la thèse d’un avatar qui dirigerait le pays depuis lors.

Pour une rare fois, le service presse du Cabinet civil de la présidence de la République a diffusé les images des coulisses de l’enregistrement du discours présidentiel. On y voit un Paul Biya marchant le pas alerte, détendu et attirant tous les regards bienveillants de l’assistance. Puis Paul Biya qui n’arbore pas de maque facial lors de ses deux dernières audiences avec l’ambassadeur de France au Cameroun et le représentant du secrétaire général des Nations unies en Afrique centrale, n’a pas dérogé à la règle. Au milieu d’une équipe parée de masques et respectant la distanciation sociale. En prononçant son discours, Paul Biya n’a pas mis de lunettes comme c’est le cas ces derniers temps. Rendant peut-être compte d’une vision qui, plutôt que de s’affaiblir, s’est améliorée. Le temps d’un confinement ou d’une hibernation.

Paul Biya : « Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus»

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• Camerounaises, Camerounais,
• Mes chers compatriotes,
Je ne m’adresse pas habituellement à vous à la veille de notre Fête Nationale. Elle est traditionnellement l’occasion de célébrer, dans la joie, notre unité nationale ainsi que les valeurs de notre République et de notre démocratie.
Aujourd’hui, le contexte est différent. Comme la plupart des pays du monde, le Cameroun est atteint par le COVID-19. Notre système de santé est mobilisé pour combattre cette grave maladie. Diverses dispositions, annoncées par le Premier Ministre, ont été prises pour freiner la propagation. Il est impératif que les consignes qui ont été données (port de masques, distanciation physique, lavage fréquent des mains) soient scrupuleusement respectées. Il y va de la santé de tous et de chacun.

Dans ces conditions, il n’était pas possible que les festivités qui marquent notre Fête Nationale soient maintenues, en raison des rassemblements que cela implique. Ce n’est évidemment pas de gaieté de cœur que j’ai dû prendre cette décision. Mais ma préoccupation principale étant la protection de la santé de mes compatriotes, il n’y avait pas d’hésitation possible.
La plupart d’entre vous ont bien compris que devant le danger sournois que représente le COVID-19, il convenait de mettre de côté les querelles politiciennes et de présenter un front commun. Certains dirigeants politiques qui n’appartiennent pas à la majorité gouvernementale se sont exprimés dans ce sens. Je les en remercie.
Nous avons eu également la satisfaction de recevoir l’aide et les encouragements de pays amis, d’organisations internationales, de dirigeants d’entreprises nationales et étrangères, ainsi que de diverses personnalités comme M. Jack MA de la fondation Alibaba. Je veux ici les remercier en votre nom.

• Mes chers compatriotes,
La première chose que je voudrais vous dire en ce jour est de ne pas céder à la panique, et de ne pas croire les fausses informations véhiculées par les réseaux sociaux notamment. Le défi est certes grand, mais nous sommes capables de le relever ensemble comme nous l’avons fait en de nombreuses autres circonstances.
Je veux aussi que vous sachiez que le Gouvernement, sous mon impulsion, fait le maximum possible pour nous sortir de cette grave crise sanitaire.
Comme je l’ai dit, les mesures de protection ont d’ores et déjà été prises pour contrer la propagation du COVID-19 sur notre territoire.

Malgré cela, le nombre de personnes infectées augmente de jour en jour, apportant la preuve que la lutte contre cette pandémie est complexe et difficile. J’invite donc chacun de vous à s’y impliquer personnellement. Il est essentiel que les mesures qui ont été indiquées soient absolument respectées par chacun de nous. C’est une des conditions de la victoire que nous voulons tous remporter contre ce virus.
J’invite particulièrement tous les responsables politiques, tous les hommes de religion, tous les leaders d’opinion, tous les responsables d’associations, tous les chefs traditionnels et tous les corps constitués à continuer à s’investir pleinement dans ce combat contre le COVID-19. Bien entendu, tout ceci dans le cadre fixé par le Gouvernement et dans le respect des lois et règlements de la République.

• Mes chers compatriotes,
Sans plus attendre, je voudrais m’associer à la douleur des familles qui ont perdu leurs proches des suites de cette terrible maladie. J’adresse mes encouragements aux malades encore hospitalisés dans nos formations sanitaires et leur souhaite un prompt rétablissement. Je demande par ailleurs aux personnes testées positives de respecter scrupuleusement les règles de confinement.
Je tiens également à saluer l’extrême courage du corps médical camerounais et de ceux qui l’assistent. Avec les moyens qui sont les nôtres, ils font le maximum pour soigner les personnes infectées. En effet, ils ne baissent pas les bras face à la gravité de l’infection au COVID-19. La Nation, par ma voix, les en félicite et les encourage à persévérer dans cette voie.

Comme vous le savez, depuis l’apparition de cette pandémie dans notre pays, à côté des mesures de protection dont j’ai déjà parlé, un Fonds Spécial de Solidarité Nationale pour la Lutte contre le Coronavirus a été mis en place. J’ai pris des dispositions pour que, dans la limite de nos moyens présents, il soit alimenté, dans un premier temps, à hauteur d’un milliard de francs CFA. En fonction de l’évolution des besoins sur le terrain, des ressources nouvelles pourraient y être apportées.
C’est pour moi le lieu de féliciter les concitoyens qui ont déjà versé des contributions. J’invite ceux qui le peuvent, à en faire autant. La solidarité nationale l’exige.
Dans le combat qui est le nôtre aujourd’hui, le Gouvernement s’emploiera à poursuivre la lutte contre toute instrumentalisation ou exploitation politique, économique ou sociale de cette tragédie.

Mes chers compatriotes,
Je voudrais maintenant appeler votre attention sur les conséquences économiques de cette crise sanitaire.
Nous nous trouvons aujourd’hui en face de nouveaux défis liés à la forte baisse des places boursières, à la chute des cours des matières premières et à un fort ralentissement imprévu de nos échanges commerciaux. La pandémie du Coronavirus a donc un impact négatif sur l’économie mondiale ainsi que sur la nôtre.

Il nous faudra, bien sûr, retrouver plus tard le chemin de la croissance tout en veillant à ce que, pendant cette période d’incertitude et de difficulté, les emplois soient préservés dans la mesure du possible.

J’invite le Gouvernement à continuer à se mobiliser comme il l’a fait depuis le début de cette crise sanitaire. Dans un contexte social inédit, il devra en particulier se montrer ingénieux et inventif pour maintenir nos équilibres financiers, contenir le taux d’inflation, assurer la continuité du service public, notamment dans le secteur éducatif, et réguler l’activité économique de manière à sauvegarder la stabilité et la paix sociales.

Sur le plan sanitaire, malgré la progression des cas détectés positifs au Coronavirus, la situation reste maîtrisable. Nous n’épargnerons donc aucun effort pour limiter la propagation du virus et réduire le taux de mortalité induit par cette pandémie.
La crise sanitaire mondiale due au Coronavirus va sans doute provoquer un tournant dans le fonctionnement de notre société. Elle exige, dès à présent, de poursuivre le renforcement de nos structures sanitaires, de densifier notre offre de soins et, surtout, de remettre à jour certains de nos projets et programmes de développement.

D’autre part, devant l’épreuve, notre système de santé devra se montrer encore plus efficace. Les autres pathologies qui affectent tout autant les Camerounais ne doivent pas être négligées. Il doit en être de même du programme habituel de vaccination. C’est pourquoi des centres spécialisés de prise en charge des malades du COVID-19 ont été aménagés à Yaoundé et à Douala. D’autres sont en voie de l’être dans les chefs-lieux de régions et de départements.

Mes chers compatriotes,
Avant de conclure, j’estime nécessaire de revenir quelques instants sur les mesures de protection mises en œuvre pour enrayer la propagation du coronavirus. La plupart sont déjà appliquées et contribuent certainement à ralentir la diffusion de la pandémie.
Mais, en considération de l’évolution de la situation sanitaire et des effets du COVID-19 sur notre vie économique et sociale, un certain réajustement devenait indispensable. J’ai alors instruit le Premier Ministre, qui s’était déjà exprimé à deux reprises sur ce sujet, de reprendre la parole pour annoncer de nouvelles mesures et en adapter d’autres déjà en application. Ce qu’il a fait le 30 avril avec toute la clarté nécessaire.

Sans revenir sur le détail des 19 mesures édictées à la fin du mois dernier, je voudrais en préciser l’esprit. Il s’agissait essentiellement d’atténuer l’impact de la pandémie sur l’économie nationale et sur la vie des ménages les plus fragiles. En tirant les leçons encourageantes de notre stratégie de riposte contre le COVID-19, il a été possible de prendre des mesures d’assouplissement et de soutien au bénéfice des secteurs économiques concernés et des personnes les plus touchées par la pandémie.

Ces mesures visent notamment :

  • à faciliter la vie sociale et les déplacements des individus,
  • à suspendre le versement de certains impôts, taxes et cotisations,
  • à soutenir les entreprises en difficulté,
  • et à relever le niveau des allocations familiales et de certaines pensions.

Il va de soi que ces assouplissements ne nous dispensent pas d’observer les « gestes barrières » visant à limiter la propagation de la pandémie, et en particulier le port du masque dans l’espace public ainsi que l’interdiction des rassemblements.
Je demande donc aux Camerounaises et aux Camerounais de faire confiance aux pouvoirs publics. Le Gouvernement est pleinement conscient de la gravité de la situation et est prêt à prendre toutes les mesures nécessaires. Déjà, je peux affirmer ceci :

  • dès qu’un traitement sera disponible, le nécessaire sera fait pour le mettre à la disposition de nos concitoyens ; avant cela,
  • le port du masque dans l’espace public restera obligatoire jusqu’à nouvel ordre.
    A cet effet, l’industrie locale doit continuer à s’investir dans la fabrication des masques et des gels hydro-alcooliques, dans le strict respect des normes prescrites par le Gouvernement et l’OMS.

Je sais pouvoir compter, une fois de plus, sur votre patriotisme, votre sens des responsabilités et votre courage pour qu’ensemble, nous parvenions à vaincre ce fléau qui touche la planète entière. Dans ce cadre, évitons de stigmatiser ceux qui sont atteints par la maladie. Chacun doit se sentir concerné et apporter sa contribution au combat contre la propagation de ce virus. N’oublions pas que la négligence d’une seule personne peut nuire gravement à l’ensemble de la communauté. Ne baissons donc pas la garde.

Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
Vous l’aurez compris, il nous faudra beaucoup d’efforts pour mener la lutte contre le COVID-19 qui peut devenir une menace à la stabilité de nos Etats.
Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné.
J’en appelle donc à une sorte d’« union sacrée » de toutes les forces vives de la Nation pour combattre la pandémie du Coronavirus. Je salue à ce propos, une nouvelle fois, l’attitude de la quasi-totalité des dirigeants politiques et des autorités religieuses qui ont accepté de se joindre à ce combat national. J’encourage également tous les efforts visant à mettre au point un traitement endogène du COVID-19. Consacrons toutes nos énergies à la lutte contre cet ennemi commun.
Vive la République !
Vive le Cameroun !

Yaoundé, le 19 mai 2020

Ici le discours sur le site de la présidence de la République

Affaire Scsi : Yaoundé privilégie-t-il la cause humanitaire ?

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Après quelques jours de détention, les six volontaires de Survie Cameroon-survival initiative (Scsi) ont été libérés vendredi dernier par le procureur de la République. Et l’affaire classée. Il n’y aura pas de poursuites judiciaires contre ces jeunes volontaires qui s’étaient engagés à distribuer le nécessaires produit par Scsi pour lutter contre le Covid-19. Et qui ont été arrêtés au marché Mokolo la semaine dernière par la police. Entre temps, les volontaires présentés au procureur de la République, avaient été renvoyés à la police pour complément d’enquête. Puis plus rien.

La libération des volontaires survient après les auditions du Pr Alain Fogue, trésorier du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et Christian Penda Ekoka, président du comité de gestion de Scsi à la Police judiciaire. Au sujet de la poursuite de l’activité de l’association Scsi que le ministre de l’Administration territoriale (Minat) dit illégale. Et depuis plus d’un mois, Paul Atanga Nji est en guerre ouverte contre le Mrc, initiateur de Scsi. Malgré les blocages sur leur chemin, les dirigeants du Mrc se disent déterminés à aller jusqu’au bout de leur engagement. Sur toutes leurs plateformes communicationnelles, les dirigeants du Mrc incitent les donateurs à continuer à faire acte de générosité. Le Covid-19 poursuivant ses ravages dans la société camerounaise.

Pendant ce temps, et en dehors de Yaoundé-Mokolo, les gestionnaires de Scsi continuent de distribuer les gels hydroalcooliques, de savons, de masques faciaux et de seaux-robinets à travers le territoire national. Et les demandes s’accumulent sur la table de Christian Penda Ekoka. Avec parmi, des dirigeants locaux du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Comme à Mbé par Ngaoundéré. Au motif de la misère ambiante des populations.

Cette situation a-t-elle touché le gouvernement au cœur ? Toujours est-il que la liberté accordée aux volontaires du Mrc de distribuer ces produits issus d’une collecte « illégale » de fonds et de biens semble trahir la faiblesse d’un gouvernement qui peine à juguler la propagation de la pandémie à Coronavirus au Cameroun. Après avoir imposé un confinement partiel aux populations, au bout d’un mois, le gouvernement a cédé face à la pression économique et sociale. Les entreprises suffoquant, le gouvernement a pris des décisions à orientation fiscale que le Gicam a saluées en en redemandant. Paul Biya a cédé et relâché dans la rigueur des mesures de confinement. Alors que le don spécial de deux milliards de Paul Biya aux 360 arrondissements de la République est tourné en dérision du fait de la petitesse du paquet qui arrive dans les arrondissements. Comme à Bahouan dans les Hauts-plateaux ou le don (un carton de savon, un sac de riz de 25kg et quelques cache-nez) a été boudé par les populations réunies sur la place des fêtes. Maurice Kamto et Penda Ekoka se voient un peu libérés de la pression gouvernementale en raison de cette situation de misère ambiante des populations. Même si Paul Atanga Nji n’a pas encore abandonné la guerre. Le Minat qui a récemment encore saisi les opérateurs de téléphonie mobile, Mtn et Orange, pour qu’ils bloquent les comptes de Scsi et gèlent les fonds contenus dans ces comptes.

Nécrologie : Chemuta Divine Banda n’est plus

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Chemuta Divine Banda n’est plus. La nouvelle est tombée dans l’après-midi. Au cours du journal parlé du poste national de la Cameroon radio television (Ctrtv). Chemuta Divine Banda est mort des suites d’une courte maladie. Sans détails. En plein combat. Lui qui était devenu très regardant sur le respect des droits de l’homme ces dernières années, notamment en ce qui concerne la crise qui secoue les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.
Plusieurs fois, Dr Chemuta Divine Banda a dénoncé les violations des droits de l’homme par les autorités gouvernementales et les forces de défense et de sécurité. Parfois contre l’avis des autres membres de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (Cndhl). On se souvient de la lettre ouverte que l’homme avait servie au président de la République au sujet de cette « guerre ». Et le désaveu qu’il avait essuyé en pleine session de la Cndhl de la part du Pr James Mouangue Kohbila qui reprochait au président de la Commission le fait d’avoir parlé au nom de l’institution, sans l’aval des autres membres. Mais l’homme avait assumé sa sortie qui dénonçait l’approche gouvernementale dans la gestion de cette crise.

Chemuta Banda quitte la scène sans avoir assisté à la fin de cette crise qui s’enlise en guerre, coupant l’ex Cameroun occidental à la partie francophone du pays. Lui, originaire de la Mezam dans le Nord-ouest rejoindra la terre de ses ancêtres sans avoir achevé de jouer sa partition. A un moment ou le Cameroun subit le poids d’une pression internationale de plus en plus lourde sur les violations des droits de l’homme.

Reprise des classes : Paul Biya fixe les modalités

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Masques, gestes barrières, surveillance dans les cantines, 50 enfants par classe… seuls les élèves en classe d’examen et leurs aînés de l’enseignement supérieur sont concernés par la rentrée du 1er juin prochain.

Les établissements scolaires et universitaires, les grandes écoles et des centres de formation professionnelle vont rouvrir leurs portes le 1er juin prochain. Décision prise par le chef de l’Etat, qui a d’ores et déjà fixé les modalités de reprise des classes, après l’arrêt prononcé le 17 mars dernier en raison de la propagation du nouveau coronavirus. Ainsi donc, dans le souci de respecter les mesures de distanciation sociale et d’éviter une propagation du virus en milieu scolaire, Paul Biya a décidé que la reprise des cours dans l’enseignement primaire et secondaire, concernera « exclusivement les classes d’examen, dans les deux sous-systèmes d’éducation ». Concrètement, il s’agit du Cours moyen deuxième année (CMII) pour l’enseignement primaire, et des classes de troisième, de première et de terminale pour l’enseignement secondaire dans le sous-système d’éducation francophone. Et de Class Six, Form 5 et Upper-Sixth dans le sous-système d’éducation anglophone.

Les examens en juillet

Conséquence de ce bouleversement, le calendrier des examens officiels a lui-aussi été modifié. Même si les dates n’ont pas encore été officiellement communiquées, l’on sait de la voix de Joseph Dion Ngute, que ces examens débutent au mois de juillet. Autre modalité annoncée par le gouvernement, la répartition du nombre d’élèves par salle de classe est fixée à 50. « Des dispositions appropriées seront prises par le ministre de l’Education de Base et le ministre des Enseignements secondaires, pour assurer la bonne répartition dans les salles, des élèves concernés par la reprise des cours, en respectant les règles de distanciation sociale », explique le Premier ministre Joseph Dion Ngute, dans sa déclaration du 15 mai 2020. D’après le chef du gouvernement, les ministres en charge du secteur éducatif ont également été instruits de « prendre toutes les mesures utiles et nécessaires visant à rendre disponibles, à l’entrée de chaque établissement public ou privé scolaire et universitaire, les kits sanitaires requis tels que les gels hydro-alcooliques, les thermoflashs, les bacs à laver les mains ». Toutefois, poursuit Joseph Dion Ngute, « il demeure entendu que le port du masque de protection sera obligatoire pour les élèves, les étudiants et le personnel d’encadrement, dans les enceintes scolaires et les campus universitaires ». Pour ce faire annonce le chef du gouvernement, les parents d’élèves qui le souhaitent pourront fournir des masques de protection à leurs enfants. Tandis que ceux qui n’en disposeront pas « se verront octroyer gracieusement des masques dans leurs établissements de référence, selon des modalités à préciser par les ministres compétents ».

Quid des classes intermédiaires ?

Si la reprise des cours dans les établissements d’enseignements primaire et secondaire concerne exclusivement les classes d’examen, l’année scolaire 2019/2020 est donc définitivement terminée pour les élèves des classes intermédiaires. Mais l’annonce officielle se fera par le ministre de l’Education de Base et sa collègue des Enseignements Secondaires qui, de l’avis du Premier ministre, veilleront à la clôture de l’année scolaire 2019/2020 et à la remise des bulletins aux élèves des classes intermédiaires du primaire et du secondaire. Toute chose qui se fera « sur la base des évaluations réalisées au cours du 1er et du 2e trimestre », insiste Joseph Dion Ngute. Et de poursuivre : « pour ce qui est de la remise des bulletins, je précise qu’ils seront retirés dans les établissements scolaires par les parents d’élèves ou leurs représentants, suivant une programmation à définir par les chefs d’établissement. L’objectif étant d’éviter les regroupements dans les enceintes scolaires ».

Etoundi Ngoa : « On a suffisamment évalué le risque »

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Invité du 20H30 de la Crtv vendredi dernier, le ministre de l’Education de Base a donné des garanties sur les dispositions envisagées par l’Etat en vue de la reprise des classes le 1er juin prochain.

Le Cameroun a opté pour le téléenseignement comme solution durant la période d’arrêt des classes en raison de la pandémie de coronavirus. Quel bilan faites-vous de cette expérience ?

C’est un bilan fortement positif que nous pouvons décliner en trois temps. Dans un premier temps, tout le monde l’a accueilli comme une innovation. Les Camerounais, conscients de l’unité nationale de notre pays ont reproché au gouvernement que la télévision et la radio nationales ne couvraient pas tout le territoire. Nous leur avons répondu que parallèlement à ce qui était fait, les cours modèles étaient envoyés dans nos délégations régionales et départementales, et dans nos inspections d’arrondissement. Une fois à la disposition des directeurs d’écoles, ces cours pouvaient être retirés gracieusement par les parents de ces élèves situés dans les coins qui ne sont pas arrosés par les réseaux Crtv radio et télé. Il s’agissait d’un aspect complémentaire à ce qui était reproché. Dans un deuxième temps, le corps enseignant devait s’habituer à la démarche technologique qui est liée à cette nouvelle opération qu’on n’avait jamais pratiquée chez nous. On a commencé à s’y habituer à la deuxième phase, mais les critiques ont été faites chez les enseignants, et puis à la troisième phase, une harmonie s’est spontanément dégagée et tout le monde s’est accroché. Je voudrais remercier la Crtv et certains médias privés qui ont emboîté le pas, ainsi que les groupes pédagogiques qui étaient à pied d’œuvre pour mettre en place cette nouvelle méthode où ils étaient en même temps enseignants et apprenants. Dans un troisième temps, je voudrais dire que c’était la satisfaction générale autour de nous. Les élèves suivaient constamment la télévision et la radio. Et je suis heureux de dire que les Camerounais en redemandent pour leurs progénitures.

Il y a certainement des élèves qui ont perdu le contact avec l’école depuis la fermeture des classes le 17 mars dernier. Est-ce que la reprise des cours qui s’annonce tiendra compte de ces cas ?

Ce qu’on a fait en typographie à la radio, à la télévision, à travers les plateformes virtuelles a été fait pour que ces élèves n’oublient pas que l’année scolaire n’était pas achevée. Ils ont suivi progressivement le téléenseignement et à la fin ils l’ont intégré. Pour la rentrée qui s’annonce, le chef de l’Etat a donné une ligne de conduite au gouvernement. La rentrée prochaine, si elle se fait comme nous le souhaitons, aura pour but de faire tous les cours qui auraient dû l’être au troisième trimestre normal. Il s’agit donc pour ces élèves qui ont suivi les méthodes alternatives d’enseignement, de capitaliser ; parce qu’ils vont refaire ces cours. C’est donc une double répétition qui est bénéfique pour eux. Ils vont affronter les examens avec un plus qu’ils n’auraient pas eu en temps normal.

Quelles sont les dispositions qui sont prises pour éviter les cas de contamination au coronavirus dans les écoles ?

Nous avons un Comité scientifique qui s’occupe de la réponse au Covid-19 et qui nous dit ce que nous devons faire. Je pense que les mesures barrières qui ont été prescrites par le chef de l’Etat et qui ne cessent d’être répétées par le Premier ministre qui attire tout le temps l’attention des Camerounais sur le respect de ces mesures, sont déjà une garantie. Dans d’autres pays, nous voyons que la reprise des cours est soit effective, soit envisagée. Je voudrais dire que parallèlement à ce que le gouvernement prescrit, nous avons à travers ce même gouvernement souscrit des accords de coopération avec beaucoup d’’institutions internationales (Unicef, Unesco, Isesco…), nous faisons en même temps des concertations en visioconférence avec les autres gouvernements. Ce sont pratiquement les mêmes mesures qui sont prises partout.

On parle d’enfants de 10, 11, 12 ans monsieur le ministre. Comment éviter qu’ils se touchent dans les cours de récréation ? Est-ce que la règle de distanciation sociale peut être respectée ?

C’est le rôle des instituteurs qui seront à l’intérieur des écoles. Ils veilleront à ce que ces distances soient respectées. D’ailleurs, pendant que le chef de l’Etat, conscient du fait que les enfants de bas-âge seront enclins à ne pas respecter les mesures de distanciation, a demandé que ce soit uniquement les classes d’examen dans le primaire et le secondaire. Je pense qu’on a pris suffisamment de hauteur pour évaluer le risque et voir dans quelle mesure on peut le minimiser. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons que rien ne vienne entraver d’ici à là cette rentrée qui a été projetée par le président de la République et que tout soit mis en œuvre. Nous n’avons pas le choix ; on nous a ordonné de le faire. Nous devons tout faire pour que ça marche.

Quid des dispositions envisagées en ce qui concerne les cantines ?

Nous n’allons pas laisser nos enfants mourir de faim. Mais des mesures drastiques ont été prescrites aux tenanciers des cantines scolaires, pour que tout cela soit respecté. Il y aura des gens pour y veiller scrupuleusement.

Entre temps, les examens démarrent en juillet. Il ne reste pas beaucoup de temps aux élèves…

Les élèves auront un mois pour se rattraper, pour se remettre dans le bain s’ils ont été discrets pendant les cours à la télévision et à la radio. Mais s’ils ont bien suivi ces enseignements, ils partent grands gagnants parce qu’ils vont juste les répéter.

Peut-on considérer monsieur le ministre, que les élèves en classes intermédiaires sont d’ores et déjà admis en classes supérieures ?

Pas forcément. Le chef de l’Etat a demandé qu’on évalue ce qu’ils ont fait lors des deux trimestres précédents. Je voudrais relever un détail important, parce qu’on pense toujours aux écoles de l’arrière-pays. Ce sont des écoles qui sont très peu peuplées et qui ont l’avantage d’avoir les maîtres sur place dans les villages. Nous leur avons demandé d’encadrer les élèves de ces villages en famille, lorsqu’ils ont des difficultés. Des échos qui nous viennent des régions, je pense que cela à plutôt bien fonctionné. Ces élèves vont être évalués à partir de ce qu’ils ont fait lors des deux premiers trimestres et ils pourront être admis en classes supérieures s’ils présentent une moyenne acceptable. Ceux qui n’ont pas la moyenne vont reprendre la classe.

Covid-19 : déjà 139 décès au Cameroun

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Même si le taux de guérison avoisine les 60 % des cas confirmés positifs au coronavirus, le nombre de morts ne cesse d’augmenter.

Le nouveau coronavirus continue d’arracher des vies au Cameroun. L’assouplissement des mesures mises en place par le gouvernement dès le 17 mars dernier a entraîné un relâchement au sein de la population. Nombre de citoyens ont depuis lors cessé de respecter les mesures barrières (port obligatoire du masque de protection, lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon, respect de la distanciation sociale etc.). Conséquence, le bilan s’alourdit. Le point actualisé de l’évolution de cette pandémie dans notre pays fait état de 2 910 cas répertoriés au 15 mai dernier. Soit 139 patients décédés, 1 697 déclarés guéris, près de 121 cas hospitalisé et une vingtaine de malades placés sous assistance respiratoire.

Même si les chiffres publiés par le gouvernement font état d’un taux de létalité de 4,7 % contre un taux de guérison qui se situe à près de 60 %, les voyants demeurent au rouge. « L’augmentation continue du nombre de personnes infectées nous incite à redoubler de prudence, d’ardeur et de persévérance, dans la mise en œuvre des actions engagées au titre de la lutte contre ce virus », a déclaré Joseph Dion Ngute jeudi dernier. Face à l’ampleur de la crise, le Premier ministre interpelle ses concitoyens. « Ainsi que je l’ai dit à plusieurs reprises, la prévention est et demeure la principale arme à la disposition de tous et de chacun. C’est pour cela que je voudrais inviter de nouveau chacun et chacune d’entre nous, au respect scrupuleux des gestes barrières et des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre cette maladie », a écrit le chef du gouvernement sur son compte Twitter. Si la situation est encore loin d’être véritablement sous contrôle, le Premier ministre se veut néanmoins rassurant. « Notre capacité actuelle de dépistage s’améliore au fil du temps, a-t-il déclaré jeudi dernier. La livraison dans les prochains jours de kits supplémentaires déjà commandés devrait permettre d’accroître substantiellement notre capacité de dépistage ».

Les pouvoirs publics explorent à cet effet plusieurs pistes de solutions pouvant mener à un traitement efficace de la maladie, notamment à travers l’utilisation de plantes naturelles. « Le Comité Scientifique mène une réflexion sur la prise en compte des produits issus de la pharmacopée traditionnelle dans le protocole de soins », révèle Joseph Dion Ngute.  

Covid-19 : Alim Hayatou recadre les populations du Noun

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Face à la montée en puissance de l’incivisme dans ce département, le secrétaire d’Etat à la Santé publique a effectué une descente sur le terrain jeudi dernier.

En l’espace de quelques semaines, le département du Noun est devenu le nouveau foyer de la pandémie de coronavirus dans la région de l’ouest. Une situation due à la montée en puissance de l’incivisme des populations qui se caractérisent notamment par la négligence et le non respect des mesures barrières édictées par le gouvernement. Tenez, au 14 mai dernier, le département totalisait 51 cas positifs confirmés sur les 170 que comptait la région. Suffisant pour interpeller le secrétaire d’Etat à la Santé publique qui a effectué une visite à Foumban jeudi dernier. Une démarche qui a permis à Alim Hayatou de recadrer les populations qu’il appelle à plus de responsabilité. 

Dans son discours de circonstance, le chargé de lutte contre les pandémies et les épidémies au ministère de la Santé publique a en effet invité les habitants de ce département à une prise de conscience immédiate. Face à l’ampleur de la situation qui en plus de coûter des vies aux Camerounais, impacte négativement sur l’économie et notamment le panier de la ménagère, Alim Hayatou conseille aux populations du Noun de se « ressaisir » et se « priver » de certaines activités. Notamment la Doua, la Sadaka, les mariages et autres évènements pouvant réunir plus de 50 personnes. Le secrétaire d’Etat à la Santé publique a également rappelé l’intérêt du respect des mesures barrières contre le Covid-19. « Si l’Organisation Mondiale de la Santé a prescrit des mesures pour se protéger, si le gouvernement camerounais a répercuté les hautes instructions du président de la République, ces directives en matière de santé publique doivent être respectées par tous. Ce n’est pas de gaieté de cœur, par amusement ou par une espèce de magnanimité quelconque », dixit Alim Hayatou. Et d’ajouter : « Je voudrai demander aux chefs traditionnels, aux responsables religieux, bref à toute la famille Bamoun de façon globale que le respect de ces restrictions sanitaires est nécessaire et indispensable ; indescriptible et non négociable ». En souhaitons que la propagation du Covid-19 régresse dans le Noun, le secrétaire d’Etat à la Santé publique a invité les populations à s’en remettre au gouverneur de la région de l’Ouest, pour toutes sortes d’initiatives. Occasion pour Augustine Awa Fonka de porter la voix des personnels de santé de la région devant Alim Hayatou.

Le plaidoyer du gouverneur

« J’aimerai que justice soit faite. Le personnel [de santé] de Yaoundé et de Douala a été motivés mai on a oublié ceux de Bafoussam », a lâché le gouverneur. Le patron de la région de l’Ouest rappelle que les personnels de sa zone de commandement consentissent autant de sacrifice que les autres au prix de leur santé. « Le personnel médical est au front. Ils sont en contact avec les malades au quotidien. Leur travail aujourd’hui est devenu très dangereux. Nous avons vu le cas du personnel du centre de santé de Lafe Baleng où presque tout le personnel a été infecté parce qu’ils étaient en train de gérer les cas de maladie dans ce centre. Le gouverneur a  exhorté le ministre [de la Santé] de rétablir cette justice pour des gens qui ne demandent qu’à être motivés pour leur besogne », déclare Augustine Awa Fonka. Mais encore : « Les personnels de santé n’ont pas grevé ; ils sont en train de s’occuper des malades et voilà qu’on les a presque oubliés. Donc je vous invite à rentrer chercher leur argent et le leur envoyer ».  Le gouverneur n’a pas non plus caché sa préoccupation pour ce qui est des moyens destinés à la prise en charge des  malades. « Jusqu’à maintenant, les moyens qui ont été envoyés pour s’occuper des cas positifs et des malades sont finis. Les malades et tous ceux qui ont été confinés à Kouekong ont besoin de nourriture. On les nourrit là-bas mais il n’y a plus de moyen. S’il vous plaît il faut envoyer les moyens pour qu’on puisse s’occuper de ces malades », a-t-il confié à son visiteur.

Il faut rappeler que jusqu’à ce jeudi dernier, les villes touchées dans ce département sont Foumban, Foumbot et Bangourain.

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