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La Sonara veut évaluer la phase i de son projet d’extension et de modernisation

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Un an après l’incendie qui avait ravagé quatre unités de la Société Nationale de Raffinage (Sonara), le directeur général de l’unique raffinerie du Cameroun, Jean-Paul Simo Njonou, veut en savoir davantage sur l’écart entre les prévisions et les réalisations techniques de la phase I du projet d’extension et de modernisation de l’entreprise qu’il dirige depuis janvier 2019. Il a pour cela commandé un audit global de la phase I dudit projet à travers un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI). « La mission d’audit a pour but d’éclairer la Sonara par l’explication détaillée et documentée des écarts entre les prévisions et les réalisations, tant en ce qui concerne les réalisations techniques, qu’en ce qui concerne l’allongement des délais et l’augmentation des coûts. L’objectifs du présent AMI est de permettre la sélection d’organismes ou cabinets spécialisés et expérimentés dans le domaine d’activité, ceux -ci devant, au terme de la présente procédure, participer à un Appel d’Offres International Restreint », a-t-il écrit.

D’après le top manager, cet audit vise concrètement à faire un bilan sur l’ensemble des aspects du projet : technique, financier et comptable, planning, organisation, qualité, construction, tests, démarrage et sécurité ; identifier les causes profondes des dysfonctionnements du projet ; identifier et évaluer les risques et les aider à la prise de décision sur les actions optimales à mettre en place ; une communication entre les différents acteurs du projet par le partage des incertitudes pesant sur ce dernier ou ses activités ; évaluer la maitrise des risques de conduite du projet ou ses activités et enfin proposer, au terme de la mission, un plan d’actions de management des risques clair, hiérarchisé et partagé par tous. « Chaque point d’audit constituera un jalon et fera l’objet d’un rapport spécifique. Les rapports spécifiques sont déposés au fur et à mesures de l’exécution de la mission. Au terme de sa mission, le prestataire dépose un rapport général récapitulant l’ensemble des travaux réalisés ainsi que l’objectif de la mission, les méthodes employées, les personnes interviewées, le diagnostic analysé, les points forts observés, les axes d’amélioration et les recommandations », peut-on lire dans l’AMI. A titre de rappel, la première phase du projet d’extension et de modernisation de la Sonara lancée en 2010 et achevé en 2018, avait pour objectif de porter la capacité de production de la Sonara de 2,1 millions de tonnes à 3,5 millions de tonnes par an.

Cette modernisation infrastructurelle devrait également permettre au raffineur de traiter le pétrole lourd camerounais et même celui des autres pays de la sous-région de l’Afrique centrale. Notons que la Sonara a pour principal objectif d’exploiter une raffinerie de pétrole brut pour satisfaire en priorité les besoins du marché camerounais en produits finis tel que le butane, le super, le gazole, le distillat, le fuel oil, le pétrole lampant et le carburéacteur.  

Manuels Scolaires: pourquoi les livres vont progressivement changer

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 En mi-mai dernier, le ministre des Enseignements Secondaires (Minsec), Pr Nalova Lyonga a rendu publique la liste des manuels scolaires comptant pour l’année Scolaire 2020/ 2021. Une analyse comparative montre qu’il y a de nouveaux ouvrages pour les classes de premières (système francophone et anglophone). Tenez, en littérature, les oeuvres « les tribus de capitoline » de Ombete Bella ; « Nouvelle anthologie africaine » de Jacques Chevrier et le « Misanthrope » de Molière ont été retirées du programme. Les élèves utiliseront désormais « Au grand bonheur des dames » d’Emile Zola et « Balafon » d’Engelbert Mveng. En philosophie, « l’Excellence » de Tiago Youadjeu est remplacé par « Philosophie 1ères sciences et techniques » de Josué Foumane. Les indiscrétions laissent croire que certains livres de la classe de Terminale vont être changés au cours de l’année scolaire 2021/2022. A l’éducation de base, les livres de la maternelle et certaines classes du primaire notamment la Sil et le Cp changent dès la rentrée prochaine.

LES RAISONS D’UN CHANGEMENT

Et pourtant, le décret du 23 novembre 2017 du Premier ministre consacre une durée de vie de six ans aux manuels scolaires dans le programme. Qu’est-ce qui justifie le changement des ouvrages à moins de trois d’utilisation ? A en croire le secrétaire permanent du Conseil National d’Agrément des Manuels Scolaires et Matériels Didactiques (Cnamsmd), Pr Marcelin Vounda Etoa, c’est la validation l’année dernière des nouveaux programmes basés sur l’Approche Par Compétence (APC) qui a entrainé le changement des livres dans les classes de premières avant moins de six années de vie. En effet, ajoute-t-il, l’entrée en vigueur progressive des programmes basés sur l’Approche Par Compétence (APC) va modifier continuellement les manuels scolaires dans les cycles secondaire ou primaire. « L’année prochaine lorsque les nouveaux programmes des classes de terminales auront été validés, la boucle de la refonte des manuels scolaires pour les conformer aux nouveaux programmes aura été bouclé pour le secondaire », fait savoir Pr Marcelin Vounda Etoa. En ce qui concerne le primaire, bien que les nouveaux programmes ont été validés depuis 2018, le changement des manuels scolaires se feront de manière progressive. C’est pourquoi dès la rentrée scolaire prochaine, explique le secrétaire permanent de la Cnamsmd, les livres les manuels scolaires de la maternelle, de la Sil et du CP seront nouveaux et ne changeront plus avant six ans. Ainsi, l’année d’après suivront les CE1 et CE2, ceux du CM1 et CM2 interviendront deux ans plustard. « Les nouveaux programmes ont été validés mais face à la difficulté de faire concevoir et produire tous les manuels scolaires de la Sil au CM2 à la fois, le ministre de l’Education de base, afin de garantir la qualité, a prescrit l’évaluation graduelle et l’agrément progressif des nouveaux manuels », explique Pr Marcelin Vounda Etoa.

Télécoms: Les dessous de la crise à nexttel

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C’est un véritable bras de fer entre les employés de l’opérateur vietnamien Nexttel et le top management de cette entreprise depuis quelques mois. Malgré l’intervention du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, les deux parties ne parviennent toujours pas à se mettre d’accord sur les conditions de travail. L’ambiance est devenue si délétère entre les deux parties que le personnel regroupé au sein du Syndicat National Autonome des Travailleurs des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Syntic) menacé d’observer une grève illimitée dès le 7 juin prochain si le dialogue Etat-Syntic-Nexttel n’aboutit pas.

LES ORIGINES DE LA BROUILLE

Tout commence le 23 mars dernier, lorsque la direction générale de l’entreprise de téléphonie mobile Nexttel prend unilatéralement la décision de réduire les salaires des employés. « Le salaire total de tout le personnel sera désormais indexé au rendement qu’il fournira à l’entreprise. Le salaire sera divisé en deux parties, la première à savoir 50 % du montant fixe et seconde partie à savoir 50 % variable positivement ou négativement en fonction du résultat réalisé par l’employé durant le mois ». C’est ainsi que les syndicalistes vont saisir le ministère du Travail et de la Sécurité Sociale(Mintss) pour manifester leur indignation et solliciter l’arbitrage. Et c’est le secrétaire général de ce département ministériel qui va demander au Directeur général de Nexttel de surseoir à cette décision. Mais l’intervention du gouvernement ne sera pas au goût de la direction générale qui de sources syndicales a préféré sévir par des licenciements.

DÉNONCIATIONS

En effet, le Syntic reproche à la direction générale une politique salariale discriminatoire, des recrutements, la fixation du salaire, l’attribution des postes importants, les nominations et les promotions par affinité, l’appartenance ethnique, la confession religieuse ; le non paiement des frais de déplacement en cas d’affectation, le refus de congés annuels, des licenciements abusifs, le harcèlement et bien d’autres griefs. « La violation des dispositions du droit du travail est une réalité à Viettel Cameroon SA, qui se présente telle une monarchie dictatoriale. Les licenciements sont effectués de façon abusive, les redéploiements du personnel ne tiennent pas compte des compétences, les mutations se font en règlements de comptes etc. L’attribution d’un poste de responsabilité n’est ni fonction du diplôme, ni fonction de la compétence ou de l’expérience, mais de la proximité avec le Président du Conseil d’Administration et le Top Management », révèle un revendicateur. D’après les syndicalistes, un nouvel employé perçoit parfois un salaire plus élevé qu’un ancien de plus de 6 ans d’ancienneté et lequel doit former cette dernière sans compensation aucune. S’agissant des congés annuels, ils sont, selon les protestataires, un prestige puisque de nombreux employés cumulent deux, trois et même quatre années de travail sans repos. De plus, l’employé ne perçoit aucune d’indemnité de congé. D’ailleurs, dans un mail du 19/02/2020, envoyé à 09H 46 à l’ensemble du personnel, la responsable des Ressources Humaines de la Région du Littoral, informe que : « les congés et permissions sont suspendu pour l’instant. Jusqu’à nouvel ordre ». Le Syntic ajoute également que les employés vivent dans la psychose et la tourmente permanente car, plusieurs sont humiliés. « L’employé est sujet à des maltraitances psychologiques et morales. Certains supérieurs hiérarchiques tirent avantage du travail de leurs staffs, et s’en approprient les mérites. La moindre réclamation peut donner suite à des menaces de mutation ou de licenciement; De même qu’il travaille dans des conditions de pression extrême au quotidien, l’employé de VCR SA est sujet à tous les types de harcèlement, l’abus d’autorité, les contraintes morales », indique notre source.

VERS UNE IMPOSSIBLE RÉCONCILIATION ?

Pour mettre un terme à ce conflit entre le top management de Nexttel/Viettel Cameroun et ses employés membres du Syntic, la délégation régionale du ministère du Travail dans la région du Littoral a convoqué le 29 mai dernier, les deux parties pour une médiation. Mais l’opérateur n’a pas répondu à cette convocation. « Je tiens à vous indiquer que le dialogue social existe bel et bien au sein de notre entreprise, comme en fait foi la communication du directeur général faite aux employés le 27 mai 2020. Toute l’équipe dirigeante est à l’écoute de tous les employés, et de ce fait, point n’est besoin de tenir une réunion tripartite en dehors de l’entreprise […] Vous saisir directement comme l’a fait ce syndicat équivaut à l’ouverture d’un contentieux, et dans ce cas, que les griefs nous soient notifiés et nous vous enverrons des représentants défendre nos intérêts », a justifié le directeur général de Nexttel, Haman Oumar. Et suite au préavis de grève déposé le 22 mai dernier par le Syntac, Haman Oumar a informé son personnel: « de ce qui se trame dans notre entreprise depuis un certain temps, et émanant d’une poignée d’employés se réclamant d’un certain syndicat […]Quand vous aurez des problèmes, la seule chose que le syndicat peut faire pour vous, s’il a des moyens, c’est de vous chercher un avocat, et entre-temps, vous auriez perdu l’emploi, et ce, avec toutes les conséquences sociales qui peuvent en découler ». Des positions qui montrent que le top management n’est pas prêt à capituler ou céder aux revendications du Syntic notamment le respect du code de travail et des meilleures conditions de travail.

Afriland First Bank offre du matériel anti-Covid 19 pour 132 millions

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100 000 gants chirurgicaux, 40 000 cache-nez jetables, 4 000 unités de combinaison médicale, 1 000 masques N95 et 100 thermomètres à infrarouge. Telle est la contribution d’Afriland First Bank au fonds de solidarité nationale initié par le président de la République pour la riposte contre la propagation du coronavirus. Le directeur général adjoint d’Afriland First Bank, Yousoufa Bouba, a procédé à la remise ce don de matériels d’une valeur de 132 millions de francs CFA le 02 juin dernier au secrétaire d’Etat de la Santé Publique, Alim Hayatou. « Ce geste rentre en droite ligne des efforts que le gouvernement a prescrit dans la lutte contre la Covid-19. Aujourd’hui nous rallions ce mouvement pour cette cause nationale afin de pouvoir relever le défi de l’éradication de cette pandémie. Notre dotation faite à l’endroit du ministre de la Santé est un ensemble d’éléments qui nous permet de lutter contre le coronavirus », a indiqué Yousoufa Bouba. En recevant cette contribution, le secrétaire d’Etat de la Santé publique a reconnu que l’établissement de crédit est une entreprise citoyenne soucieuse de la santé de ses concitoyens. Il a également remercié Afriland First Bank pour sa compassion à l’égard des Camerounais en cette période de crise sanitaire.

Toutefois, le directeur général adjoint de la banque camerounaise a fait savoir que depuis la survenue des premiers cas de Covid-19 au Cameroun, son institution s’est fortement impliqué dans la lutte contre la propagation du coronavirus. « Ce combat est une mobilisation nationale qui interpelle chacun de nous. Car ce qui est en jeu, c’est la santé de tous. En mars, avec la découverte des premiers cas de contamination, nous nous sommes engagés à maintenir la qualité du service aux clients dans les conditions de prévention optimales garantissant la sécurité sanitaire pour tous. Aux différentes équipes en interne, j’ai instruit la rigueur et la discipline dans l’application des mesures barrières édictées par le gouvernement et l’Organisation mondiale de la Santé », fait-il savoir. En qui concerne les mesures barrières, il s’agit concrètement de l’équipement des agences de distributeurs de gel hydroalcoolique et de thermomètres à infrarouge ; la mise à la disposition des clients des flacons de gelhydroalcoolique dans les bureaux ; la désinfection des mains du personnel en longueur de journée et le port obligatoire du masque de protection, la désinfection fréquente des poignées de porte, des rampes d’escalier et des tables de bureau par les équipes de nettoyage ; la mise en place d’un système de rotation des effectifs et des tentes à l’entrée des agences pour le confort d’attente des clients et les préserver des risques d’attroupement. Comme mesures spéciales, la banque a adopté la gratuité totale pour les services en ligne et les cartes bancaires, ceci dans le but de réduire les attroupements dans les agences. « Vous pouvez compter sur Afriland first Bank. Nous garderons le niveau de vigilance et de prudence nécessaire pour contribuer à faire de ce combat national une réussite. Car rien ne vaut la santé », a promis le directeur général adjoint d’Afriland First Bank.

Justice: Maurice Kamto défendra Ayah Ayah Abine contre Ernest Obama

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Maurice Kamto affrontera défendra les intérêts d’Ayah Ayah Abine dans le cadre de l’affaire qui l’oppose à Ernest Obama, Frankline Njume, le pasteur Success Nkongho et le journal L’anecdote. Pour diffamation et déclarations mensongères. Le journaliste du groupe L’anecdote avait déclaré que la fondation du fils du magistrat Ayah Paul Abine achetait des armes au bénéfice des sécessionnistes qui sévissent dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Autant, le pasteur Success Nkongho s’était aligné sur ces mêmes positions, avec une garantie certaine de convaincre jusqu’aux plus sceptiques, en annonçant avoir travaillé pour la fondation Ayah. Ce qu’a toujours réfuté le fondateur de l’Ong humanitaire qui collecte des fonds pour soutenir les victimes de la crise dite anglophone.

Après la disparition de la plainte qu’il avait déposée auprès du Tribunal de Grande instance du Mfoundi, le plaignant a procédé par la voie de la citation directe. La première audience a eu lieu le 12 mai dernier, mais les accusés ne se sont pas présentés à la barre. Entre temps, Ayah Ayah Abine a subi deux auditions, d’abord au Secrétariat d’Etat à la défense (SED) le 19 février dernier, et début mai, à la Police judiciaire. Sur instruction du secrétaire général de la présidence de la République qui soupçonne un financement du terrorisme dans les activités de la fondation créée et dirigée par le fils de l’ancien député démissionnaire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

Des auditions qu’Ayah Ayah rangent dans le registre des intimidations. « Ils viendront s’expliquer devant le tribunal. Avec ou sans moi, cette affaire ira à son terme», promet-il. L’homme vient de rallier à sa cause l’un des plus « célèbres » avocats au barreau camerounais, à la renommée internationale, Maurice Kamto. Un homme qui, au-delà de sa notoriété d’avocat, est devenu un des opposants les plus déterminés au Cameroun. Arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle au Cameroun (il estime avoir été élu) et donne des insomnies au régime de Yaoundé depuis deux ans. « Le choix est parfait. On ne peut pas parler du droit international au Cameroun et en Afrique en général sans mentionner le nom de Maurice Kamto», glorifie Ayah Ayah. « Avec lui, on est sûr que le droit et rien que le droit sera sur la table à l’international si jamais justice n’est pas rendu dans notre pays», est-il convaincu. Mieux, « il est aussi très important de souligner le fait que le Mrc (parti de Maurice Kamto, Ndlr) est un partenaire de la fondation Ayah, le seul parti politique sur l’ »tendue du territoire à avoir soutenu les victimes de la guerre du NOSO via la fondation Ayah», ajoute-t-il.

Assassinat du journaliste Samuel Wazizi : SJNC, CAMASEJ, RSF, Comitee to protect journalist, FIJ exigent enquêtes, vérité et sanctions

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Assassinat du journaliste Samuel Wazizi - Communiqués de Reporters sans Frontières (France) la fédération internationale des journalistes (Suisse), Committee to Protect Journalists (États-Unis), le Syndicat national des journalistes du Cameroun et du Cameroon Association of English speaking journalists (Cameroun)
Le journaliste Samuel Wazizi

Rassemblés par Mohamadou Houmfa -Page Facebook

Assassinat du journaliste Samuel Wazizi – Communiqués de Reporters sans Frontières (France) la fédération internationale des journalistes (Suisse), Committee to Protect Journalists (États-Unis), le Syndicat national des journalistes du Cameroun et du Cameroon Association of English speaking journalists (Cameroun)


Fédération internationale des journalistes (FIJ)
Communique de presse
4 Juin, 2020
Cameroun: un journaliste torturé à mort en prison

Le journaliste camerounais Samuel Wazizi a été retrouvé mort dans un hôpital militaire durant sa détention préventive, a annoncé ce 3 juin dans un tweet le président du Syndicat national des journalistes (SNJC) Denis Nkwebo. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) se joint à son affilié le SNJC pour exiger une enquête complète sur les circonstances du décès du journaliste.

Samuel Ajiekah Abuwe, alias « WAZIZI », journaliste à la Chillen Muzik Television (CMTV) de Buea, avait été interpellé le 2 août 2019 et incarcéré dans les locaux de la police de Muea avant d’être exfiltré pour une destination inconnue. Il n’a jamais été revu depuis. Son décès serait survenu, selon le SNJC, à l’hôpital militaire de Yaounde pendant sa détention préventive. Elle serait due à des actes de tortures perpétré sur le journaliste durant sa détention. 
Le gouvernement camerounais n’a pas commenté la mort de Wazizi.
Le SNJC et la Cameroon Association of English Speaking Journalists (CAMASEJ) ont annoncé dans un déclaration du 3 juin LIEN la constitution d’un collectif « JUSTICE FOR WAZIZI ». Le collectif, qui adresse ses condoléances à la famille de Wazizi, exige la constitution d’une commission d’enquête nationale pour faire toute la lumière sur la mort du journaliste, et demande que soit communiqué à la famille et à l’opinion : « le lieu, la date exacte, l’endroit où se trouve la dépouille du journaliste ainsi que les circonstances de ce décès au plus tard le 4 juin 2020 à 18 heures ».  
Le Secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes, Anthony Bellanger, a déclaré: « Nous exigeons toute la vérité sur la mort de notre confrère Samuel Wazizi. Pourquoi a -t-il été torturé, quand est-il décédé, quelle est la responsabilité des autorités publiques dans cette mort? Aucune impunité ne sera tolérée . »
For more information, please contact IFJ on +32 2 235 22 16
The IFJ represents more than 600,000 journalists in 146 countries

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Reporter sans Frontières

28 mai 2020

Cameroun : le journaliste Samuel Wazizi est-il encore vivant ?

Le journaliste de la chaîne Chillen Media Television (CMTV) Samuel Wazizi, région de Buéa, Cameroun
Près de 10 mois après son arrestation et son transfert dans une caserne militaire, plus personne n’a vu ou entendu ce journaliste camerounais détenu au secret. A l’instar de ses avocats, Reporters sans frontières (RSF) est extrêmement préoccupée par le sort de ce présentateur télé et demande aux autorités de faire toute la lumière sur cette affaire.Samuel Abuwe Ajiekha, plus connu sous le nom de Wazizi, sera-t-il présent ce 28 mai devant la Haute Cour de Fako, située dans le Cameroun anglophone, au sud-ouest du pays ? Ses avocats en doutent. Après des mois de bataille et un sit-in organisé le 14 mai devant le tribunal, l’équipe de défense du présentateur de la chaîne privée Chillen Media Television (CMTV) a enfin obtenu d’être entendue par la justice. Sans accès à son client depuis le début de cette affaire qui remonte à août 2019, elle présentera ce jeudi sa requête dont RSF a obtenu une copie. Les conseils demandent que les militaires qui, selon eux, détiennent le journaliste présentent “son corps” devant la Cour. Joint par téléphone, l’un de ses avocats, maître Emmanuel Nkea, estime désormais qu’il y a “plus de chances que le journaliste soit mort que vivant”.
Le reporter n’a plus été vu depuis le 7 août 2019, alors qu’il était détenu depuis cinq jours par la police de Muea, dans le sud-ouest du pays. Ses avocats ont alors appris qu’il avait été récupéré par le 21e bataillon d’infanterie de Buéa, la capitale de région. Depuis, impossible d’accéder à la caserne dans laquelle se trouve le journaliste. Famille, amis, collègues et avocats sont sans nouvelles. D’après les informations recueillies par RSF, le journaliste est accusé d’avoir tenu des propos critiques sur sa chaîne à l’égard des autorités et de leur gestion de la crise dans les régions anglophones du Cameroun. Le conflit entre les séparatistes, les partisans d’une plus grande autonomie de ses régions et l’armée camerounaise a fait plus de 3 200 morts et 700 000 déplacés depuis trois ans.
“La détention au secret de ce journaliste et l’absence totale de nouvelles le concernant nous font craindre le pire, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Si ce journaliste est encore vivant, rien ne justifie qu’il soit détenu par l’armée sans accès à ses proches ou à ses avocats et sans avoir été présenté à une cour de justice. Sa détention s’est effectuée en dehors de toute procédure légale et au détriment des principes de droit les plus élémentaires. Si aucune preuve de vie n’est fournie et que le journaliste n’apparaît pas lors de l’audience ce jeudi, les craintes sur son sort n’en seront que renforcées. Nous demandons aux autorités camerounaises de mettre fin à ces longs mois de silence en faisant toute la lumière sur cette affaire.”
Les détentions arbitraires de journalistes et leurs poursuites devant des tribunaux d’exception sont courantes au Cameroun. Détenu au secret pendant plusieurs mois, torturé par les services de renseignements et menacé de peine de mort par un tribunal militaire, le correspondant en langue haoussa de RFI Ahmed Abba était resté 29 mois en détention avant d’être libéré en décembre 2017.
L’ancien directeur général de la radiotélévision publique camerounaise (CRTV) Amadou Vamoulké comparait quant à lui depuis ce mardi 26 mai pour la 30e fois devant le tribunal criminel spécial (TCS) de Yaoundé. Le journaliste est en détention provisoire depuis près de quatre ans sans avoir été jugé. Il n’a pas été intégré sur la liste des prisonniers libérés par le président Paul Biya en avril dernier pour désengorger les prisons en lien avec l’épidémie de coronavirus. Amadou Vamoulké a 70 ans, il est malade, et au moins un cas de coronavirus a été identifié à la prison centrale de Yaoundé dans laquelle il est incarcéré. RSF, qui demande son évacuation sanitaire depuis plusieurs mois, vient de saisir le rapporteur de l’ONU sur le droit à la santé.
Le Cameroun a perdu trois places et occupe désormais la 134e position sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2020 par RSF.
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New York, June 3, 2020 — Cameroonian authorities must immediately disclose the whereabouts and the health and legal status of imprisoned journalist Samuel Wazizi, the Committee to Protect Journalists said today.


“Samuel Wazizi’s friends, family, colleagues, and lawyers have unsuccessfully sought answers about his arrest from the Cameroonian government for far too long,” said CPJ Africa Program Coordinator Angela Quintal. “We are extremely disturbed by recent reports of the journalist’s death in government custody, and demand that authorities immediately and publicly account for his status.”
News reports and a tweet by Denis Nkwebo, the president of the Cameroon Trade Union of Journalists, published yesterday and today, allege that Wazizi died at a military hospital at an unspecified date after being tortured by security forces.
The Cameroonian government has not commented on those reports. CPJ called and texted representatives of Cameroon’s Justice Ministry, Communications Ministry, and prime minister’s office for comment, but did not receive any replies.
Wazizi, whose legal name is Samuel Ajiekah Abuwe, was arrested on August 2, 2019, was transferred to military custody on August 7, and has not been seen since, according to CPJ research. Until his arrest, he worked as an anchor for privately owned broadcaster Chillen Muzik and TV…………………….

DECLARATION CONJOINTE SNJC- CAMASEJ A PROPOS DU DÉCÈS DE SAMUEL WAZIZI

Les organisations nationales des journalistes SNJC et CAMASEJ ont appris avec indignation, le décès de leur camarade Samuel AJIEKAH ABUWE alias « WAZIZI » alias « HALLA YA MATTA » Journaliste à la CHILLEN MUZIK AND TELEVISION (CMTV) de Buea.Interpellé le 2 août 2019, notre confrère a été incarcéré dans les locaux de la police de Muea avant d’être exfiltré pour une destination inconnue. Son décès serait survenu à l’hôpital militaire pendant cette détention préventive au secret.Le SNJC et CAMASEJ annoncent la constitution d’un collectif « JUSTICE FOR WAZIZI » sur ce décès.Ce collectif, tout en s’inclinant devant la disparition tragique de ce confrère, adresse ses condoléances à sa famille nucléaire.Le collectif, exige la constitution d’une commission d’enquête nationale pour faire toute la lumière sur cette mort, et demande que soit communiqué à la famille et à l’opinion : le lieu, la date exacte, l’endroit où se trouve la dépouille ainsi que les circonstances de ce décès au plus tard le 4 juin 2020 à 18 heures.Devant une telle inhumanité et barbarie, le collectif :Condamne fortement et catégoriquement cet assassinat de trop perpétré sur un journaliste.Dénonce ce comportement revanchard du pouvoir et de l’armée sur le journaliste.Rappelle que nous sommes en présence d’une violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, partie intégrante de la Constitution du Cameroun, dans ses articles 3, 5 et 11 qui stipulent :Art 3. Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.Art 5. Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.Art 11. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.S’offusque du silence gardé par les autorités, donnant ainsi un blanc-seing aux auteurs de ce crime crapuleux.Prenant le peuple, l’opinion nationale et internationale à témoin, le collectif, scandalisé par le silence de toutes les institutions, exprime une énergique protestation et en appelle à tous les journalistes et les professionnels de la communication à agir pour condamner cet assassinat de trop et à rester mobilisé pour des actions. Car trop c’est trop.

Fait à Douala, le 3 juin 2020
(è) Denis Nkwebo, président national du SNJC (+237 677681034)
Viban Jude, président national de CAMASEJ (+237 670642926)

Coopération: le Cameroun et l’AFD signent trois conventions de 18 milliards

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La stratégie de riposte va coûter 479 milliards

Le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, a signé le 18 mai dernier, par échange de document, avec l’Agence Française de Développement (AFD), trois conventions de financement d’un montant global de 28,2 millions d’euros, soit environ 18,443 milliards de francs CFA. La première convention est liée à l’affectation du 3ème Contrat de Désendettement et de Développement (C2D), d’un montant d’environ 6,5 milliards de francs CFA destinée à la mise en place de l’Appui budgétaire sectoriel « Riposte Covid-19 ». De manière détaillée, cette subvention permettra de renforcer la prise en charge des cas de Covid-19, en particulier les cas graves dans les hôpitaux de reférence de Yaoundé, Douala et Bafoussam et d’acquérir massivement les équipements de protection individuel et l’équipement bio-médical. Cette convention vient ainsi matérialiser l’engagement du Cameroun et de la France à mutualiser leurs efforts pour apporter une réponse concertée à la crise sanitaire actuelle. La deuxième convention quant à elle, s’élève à 9,643 milliards de francs CFA. Elle est destinée à la réalisation du Projet d’appui au développement économique et social des territoires ruraux vulnérables de la Région de l’Extrême-Nord par l‘approche Haute Intensité de Main d’œuvre (Projet Pndp Himo Minka). Ce projet s’inscrit dans la stratégie menée par le gouvernement en matière d’appui aux territoires ruraux et à la décentralisation pour réduire la pauvreté et la vulnérabilité des couches sociales défavorisées. La troisième convention d’affectation du 3ème C2D d’un montant d’environ 2,3 milliards de francs CFA pour le financement partiel du Projet de construction de l’immeuble siège du Bureau National de l’Etat Civil (Bunec). Le coût total de ce projet est évalué à environ 6,37 milliards de francs CFA. Le montant restant, soit environ 4,07 milliards de francs CFA, sera pris en charge par le budget de l’Etat. Ce cofinancement accompagnera les travaux de construction du siège du Bunec et de son agence régionale du Centre. L’objectif de ce projet est de doter le personnel du Bunec d’un cadre de travail satisfaisant afin qu’il contribue efficacement à la mise en place d’un système d’état civil performant, permettant l‘enregistrement complet, fiable, intégré et dynamique des actes.

Par Junior Matock ( Défis Actuels 481)

Covid-19: les mesures de restriction font gonfler les prix des produits alimentaires

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Les mesures de restriction font gonfler les prix des produits alimentaires

Tout semblait aller pour le mieux pour les ménages en début d’année 2020, malgré la déclaration de quelques cas de Covid19 au Cameroun. Mais les choses se sont empirées quand l’Etat a décidé de mettre en place 19 mesures de restriction visant à réduire la propagation de cette pandémie au sein de la population. Conséquence ? Les prix des produits alimentaires ont connu une flambée sur les marchés. C’est du moins la conclusion à laquelle a aboutie l’Institut National de la Statistique (INS) dans son dernier rapport publié récemment. Concrètement, l’INS souligne que « le phénomène « d’achats-paniques » suite à la première série des mesures restrictives prises le 17 mars 2020 dans le cadre de la riposte contre la Covid-19 a provoqué la flambée des prix de certaines denrées alimentaires et produits de première nécessité dès la fin du mois de mars ». Mais globalement, l’INS informe que « comparativement au 4ème trimestre 2019, les prix à la consommation finale au 1er trimestre 2020 ont progressé de 0,5 % ». En moyenne sur les douze derniers mois, écrit l’INS, « le niveau général des prix s’est inscrit en hausse de 2,5 % ». Chose grave, martèle l’INS, « ce niveau de variation n’avait plus été atteint au premier trimestre depuis 2013 ». Pour cette institution en charge de la gestion des statistiques, la hausse est due en grande partie « au renchérissement des produits alimentaires et boissons non alcoolisées (3,1 %), des restaurants et hôtels (5,4 %), ainsi que des articles d’habillement et chaussures (2,8 %) ». Aussi, apprend-t-on que « l’augmentation des prix des produits alimentaires résulte surtout de la progression des prix des fruits (8,9 %), des légumes (7,9 %), du sucre, confiture, miel, chocolat et confiserie (4,1 %), des viandes (4,8 %), des pains et céréales (1,5 %) ainsi que des poissons et fruits de mer (0,4 %) ».

Hausse des Produits alimentaires

En ce qui concerne la hausse des produits alimentaires, l’INS indique que les prix des produits alimentaires ont progressé de 3,1 % au cours des douze derniers mois (après +1,5 % un an auparavant) du fait principalement du renchérissement de prix des fruits (+8,9 % après +3,1 % en 2019), des légumes (+7,9 % après -0,5 % en 2019), des viandes (+4,8 % après -1,4 % en 2019) ainsi que ceux des sucres, confitures, miels, chocolats et confiseries (+4,1 % après +1,7 % en 2019). Par ailleurs, les prix des pains et céréales (+1,5 % après +4,7 % en 2019), des poissons et fruits de mer (+0,4 % après +6,3 % en 2019), ainsi que ceux des laits, fromages et oeufs (+0,4 % après +1,4 % en 2019) ont également augmenté. A l’inverse, les prix des huiles et graisses (-1,4 % après -0,5 % en 2019) ont baissé.

Les Prix des légumes augmentent de 7,9 %

 Dans le détail, l’INS fait savoir que les prix des légumes ont grimpé de 7,9 % du fait notamment de la remontée de 11 % des prix des légumes secs et oléagineux (« djansan », grains de courge, arachide décortiqué, haricot sec noir, gombo séché, « niébé ») et du renchérissement de 10,2 % des prix des tubercules plantains (macabo, manioc frais en tubercule, pommes de terre, banane plantain, banane fraîche non mûre).

Pains et céréales en Hausse de 1,5 %

Les prix des pains et des céréales ont quant à eux connu une hausse de 1,5 %. Ceci résulte principalement de l’accroissement des prix du riz importé populaire au détail (9,1 %), du riz brisé local ou importé (8,7 %), du riz importé de luxe (3,6 %), du maïs sec en grain (1,9 %) et ceux de la farine de blé (1,5 %). Cependant, les prix du mil sec en grain (-7,8 %, après -0,4 % en 2019) reculent, tout comme ceux des pains (-4,0 % après +6,0 % en 2019). La hausse des prix du riz est à mettre probablement en relation avec les actions spéculatives des commerçants distributeurs.

Par Junior Matock ( DA 481)

Sylvester Moh Tangongho: « le Cameroun n’a jamais fait un défaut de paiement »

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218 milliards levés sur le marché de la Beac.

Le trésor public camerounais a procédé le 27 mai dernier, à une nouvelle émission de titres sur le marché de la Banque des États de l’Afrique centrale, pour mobiliser jusqu’à 35 milliards de francs CFA. Pouvez-vous nous donner les détails de cette opération ?

Merci de la tribune que vous m’offrez pour apporter un éclairage à l’opinion publique nationale et internationale sur l’activité de mobilisation des ressources par émission des titres publics par l’Etat du Cameroun à travers le Trésor Public. Pour ce qui est de l’opération spécifique du 27 mai 2020, elle visait à mobiliser un montant compris entre une fourchette de 25-35 milliards de francs CFA pour une maturité de 5 ans à un taux de 5,7 %. Cinq des 21 Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT) ont souscrit pour un montant total des soumissions de 55,12 milliards de francs CFA, soit un taux de couverture de l’opération de 157,49 %. Ce qui démontre s’il en était besoin que la signature de l’Etat est bonne et crédible. Dans le cadre des arbitrages, nous avons opté de lever un montant de 35 milliards de francs CFA, à un prix limite de 98 %. Le taux moyen pondéré est de 99,47 %.

En quoi est-ce que cette opération est différente de celles qui ont été effectuées jusqu’ici et quel est son objectif ?

La différence entre cette opération et les précédentes est que celle-ci vient « abonder », c’est -à-dire se greffer ou s’ajouter à une ligne de titre déjà ouverte en ayant les mêmes caractéristiques techniques que les titres initialement émis sur cette ligne. Donc c’est un prolongement de la ligne de maturité de 5 ans au taux de 5,7 % initialement émis le 08 avril dernier où nous avons pu lever 71,12 milliards de francs CFA alors que notre objectif était de 100 milliards de francs CFA. Elle a donc pour objectif de rattraper le gap au moment opportun ; ce qui est le cas.

Selon le calendrier des émissions publié par le ministère des Finances, une autre opération était prévue ce 27 mai, mais elle a été reportée à une date ultérieure. Peut-on savoir pourquoi ?

Il s’agissait d’une opération des Bons du Trésor Assimilables. En effet, comme initialement nous ne savions pas que nous n’aurions pas atteint l’objectif de 100 milliards de francs CFA sur les Obligations Assimilables du Trésor (OTA) de maturité de 5 ans à un taux de 5,7 % (résultat obtenu de 71,12 milliards), c’est dans ce souci que nous avons réaménagé le calendrier pour procéder à l’abondement de cette ligne de titres publics.

Les émissions effectuées jusqu’à ce jour se sont avérées être des succès. Quels sont les secrets de cette réussite ?

Le secret de cette réussite se trouve dans le dialogue permanent entre les Spécialistes en Valeurs du Trésor que le ministre des Finances a institué à travers un Cadre Permanent de Concertation entre le ministère des Finances et les Spécialistes en Valeurs du Trésor. Ce cadre d’échange se tient une fois le mois, généralement le troisième vendredi au cours duquel nous échangeons beaucoup sur les facteurs qui empêchent les banques de souscrire suffisamment à nos émissions. Ensemble avec la Banque Centrale qui sert de facilitateur, nous essayons de les évacuer afin de permettre aux banques de souscrire au maximum de leur capacité. Il conviendrait également de noter qu’un travail important est fait à la base avec les SVT pour ce qui est des opérations spécifiques de gros montants.

Qu’est-ce qui explique cet appétit croissant du Cameroun vers les ressources issues du marché monétaire ?

L’appétit du Cameroun vers les ressources issues du marché monétaire se trouve dans les caractéristiques même des opérations du marché monétaire. En effet, la préparation de ces opérations est moins longue, moins coûteuse et la disponibilité des ressources est rapide : 48 heures après la clôture des opérations, comparé aux opérations du marché financier.

Quelles assurances pouvez-vous donner aux investisseurs quant au respect des délais de remboursement de ces emprunts ?

Les assurances se trouvent dans le mécanisme de remboursement qui est mis en place à la Banque Centrale. En effet, pour chaque emprunt, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) ouvre dans ses livres un compte d’amortissement. Chaque 15 du mois, période de pic de recettes fiscales, elle prélève un montant du compte unique du Trésor qu’elle reverse dans le compte d’amortissement. A chaque échéance de remboursement, elle débite le compte d’amortissement pour créditer le ou les comptes des investisseurs ayant souscrits à cet emprunt. Depuis l’année 2011 où nous avons commencé à rembourser les premiers titres émis en 2010 sur le marché financier national, le Cameroun n’a jamais fait un défaut de paiement.

Le 12 février dernier, le Cameroun a néanmoins enregistré son tout premier échec sur le marché monétaire, en levant 5,2 milliards alors que le montant sollicité initialement qui était de 20 milliards. Qu’est-ce qui explique cet échec ?

 L’opération du 12 février 2020 n’est pas un échec. Comme je vous le disais au début de notre entretien, au-delà de la souscription, nous veillons également à nous endetter à moindre coût. C’est-à-dire par exemple que pour une émission de 20 millions de francs CFA, comme c’était le cas pour l’opération à laquelle vous faite allusion, nous veillons à ce que les taux d’intérêt soient le plus bas possible. Ce qui justifie le faible montant lever. La courbe de taux de l’endettement de l’Etat est également bien suivie de sorte qu’elle ne s’étende pas trop. Le Cameroun est aujourd’hui le seul pays au sud du Sahara qui s’endette encore à des taux d’intérêt de moins de 3 % pour les titres de courte maturité et de moins de 7 % pour les maturités longues. Certains experts estiment que ces nombreux emprunts contribuent à augmenter le niveau d’endettement du pays. Que leur répondez-vous ?

Le taux d’endettement du Cameroun se situe autour de 40 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Comparé à 70 % du PIB de la norme communautaire, des marges subsistent encore. De plus, l’investissement a toujours un effet d’entrainement sur l’économie de manière à générer des richesses, susceptibles de rembourser l’emprunt.

Quels sont les projets vers lesquels les ressources mobilisées in fine seront orientées ?

 Les projets concernés par cette nature des ressources sont d’abord des projets matures, susceptibles d’enclencher une croissance saine et durable. C’est donc naturellement les infrastructures énergétiques et d’eau potable, les infrastructures routières, sanitaires, portuaires et aéroportuaires, inscrites dans la Loi de Finances de l’exercice qui sont financés par ces ressources.

Interview réalisée par Junior Matock ( par DA 481)

Transports : quand la reprise des cours relance l’incivisme

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Profitant de la réouverture des écoles, les chauffeurs de taxis et conducteurs de motos bravent les mesures barrières de lutte contre le coronavirus.

Malgré la montée en puissance des effets de la propagation du nouveau coronavirus, l’incivisme dicte sa loi dans le secteur des transports urbains au Cameroun. Une situation alarmante qui regagne du terrain depuis la reprise des cours dans les campus universitaires et les établissements scolaires le 1er juin dernier. Dans un contexte marqué par la flambée du nombre de cas positifs (6397) et de décès (199), les élèves et étudiants sont les plus exposés. « L’incivisme des chauffeurs de taxi et des conducteurs de motos fait peur. Le fait que les cours reprennent est cependant perçu comme une aubaine pour ces derniers qui n’hésitent pas à torpiller les mesures du gouvernement. A cette allure, il est évident que le risque de contamination est trop élevé, et nos enfants vont en pâtir puisque le bilan de la pandémie s’alourdit de jour en jour », s’indigne un parent.

Lundi 1er juin 2020 à Yaoundé. Il est 9h 30 min à Yaoundé, au lieu dit montée Camair-Co. Des étudiants attendent des cars susceptibles de les transporter jusqu’à leur campus de l’Université de Yaoundé II (Soa). A tour de rôle, les véhicules font le plein. Ignorant en passant toutes les mesures barrières de lutte contre la pandémie, notamment la distanciation physique. Dans tous les cars en effet, la surcharge est de rigueur. « Avec cette reprise des cours à l’Université de Yaoundé II, les chauffeurs veulent à tout prix se remplir les poches », affirme Achille, étudiant en Sciences politiques. « C’est la course effrénée vers l’argent même s’il faut qu’ils mettent la santé des uns et autres en danger » a-t-il ajouté. Compte tenu du niveau de paupérisation qui caractérise la jeunesse estudiantine, elle n’a pas d’autres alternatives. Le seul moyen pour se rendre à l’Université à moindre coût reste ces engins qui les transportent au prix de 250 francs CFA. « Nous n’avons pas de choix que d’emprunter ces véhicules pour aller faire cours. Même si la surcharge est réelle, on n’a pas d’autres possibilités puisque les moyens font défaut », lâche Carole. Ça et là, on peut entendre des voix s’écrier : « serrez vous, serrez vous, les sièges prennent cinq personnes ». Une attitude qui n’est pas du goût de tous les étudiants qui s’échinent à rappeler aux chauffeurs et leurs assistants de respecter les mesures de distanciation physique.

« Les étudiants qui ne veulent pas qu’on les serre n’ont qu’à descendent et emprunter le taxi à 1000 francs CFA. Ce n’est pas vous qui me mettez le carburant » ; « achetez vos véhicules. Ainsi donc, vous allez vous installer confortablement sans que l’on ne vous gêne »… répliquent les conducteurs. Outre les chauffeurs des cars qui foulent au pied les mesures de lutte contre le coronavirus, les taximen et conducteurs de motos ne sont pas en reste. Dans les taxis, l’on peut voir cinq élèves, et sur les motos trois voire quatre élèves sans masque. Si d’aucuns refusent catégoriquement d’appliquer les mesures gouvernementales qui proscrivent la surcharge, c’est parce que, disent-ils, la demande est forte. « On ne peut pas laisser les élèves. Ils sont pour la plupart pressés d’aller en cours. Beaucoup veulent à tout prix éviter les retards. Du coup, nous sommes obligés de les surcharger. Dans ces conditions, le respect strict des mesures de distanciation n’est pas possible », se justifie Paul, un conducteur de moto. L’incivisme qui continue de faire son chemin dans le milieu des transports inquiète. Notamment les parents, contraints d’interpeller leurs enfants sur les dangers que représente le coronavirus.

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