mercredi, avril 1, 2026
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Manidem : Pourquoi Jean Baptiste Ketchateng a démissionné

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Jean Baptiste Ketchateng ne fait plus partie des effectifs du Mouvement africain pour la Nouvelle indépendance et la Démocratie (Manidem). Le journaliste-militant en a fait l’annonce dans un communiqué rendu public ce 23 mars 2026. « …Le Rdpc a quasiment pris le contrôle du Manidem», dénonce-t-il. C’est la fin d’une idylle de près de trente ans. En effet, « étudiant panafricaniste, il y a une trentaine d’années, j’ai choisi le Manidem plutôt que l’UPC dite des fidèles au début de la décennie 2000, après avoir étudié ces deux groupes upécistes », rappelle-t-il. Depuis lors, l’on a vu Jean Baptiste Ketchateng dans les rangs de cette faction de l’Union des populations du Cameroun (Upc), qui revendique une tendance fondamentaliste comme l’« Upc des fidèles ». Entre les deux présidences d’Anicet Ekane, il y a eu la parenthèse Banda Kani (2009-2010), le séjour d’Abanda Kpama (2010-2014), et l’ère Dieudonné Yebga (2014-2018), et malgré que le parti semblait tanguer dans la foulée des luttes internes et autres divisions de la famille upéciste, le journaliste est resté fidèle au parti et a toujours su assurer sa défense ainsi que celle de l’upécisme.

La mort d’Anicet Ekane est un élément déclencheur vers la porte de sortie pour Jean Baptiste Ketchateng. Dans les polémiques nées de l’épisode de la détention qui a donné lieu au décès du président du parti, l’homme s’est rarement engagé dans la dynamique de la distraction, focalisant son attention et son énergie sur les obsèques de son président. Il craquera pour annoncer sa démission de la vice-présidence du comité d’organisation desdites obsèques. En restant fidèle a parti.
Visiblement, l’évolution des choses a pris une autre tournure. On a vu les autorités publiques s’inviter dans certains épisodes post-décès. Après avoir longtemps « confisqué » la dépouille, Yaoundé l’a libérée, et le gouverneur du Littoral a personnellement accueilli les restes de celui que le pouvoir de Yaoundé a persécuté dans le cadre du processus électoral ayant mené à la réélection de Paul Biya, du fait de son soutien à la candidature d’Issa Tchiroma. Pour la suite, c’est un parfum de brouille entre le Manidem et la famille biologique d’Anicet Ekanè. Alors que des sources indiquent qu’Anicet Ekanè avait émis le vœu d’être inhumé à Bafoussam près d’Ernest Ouandié dont il avait eu le « bonheur » d’assister à la mort par fusillade, l’église évangélique du Cameroun a déjà opposé une fin de non-recevoir au Manidem dans ce sens.

« Contrôle rdpciste »

Jean Baptiste Ketchateng, un des fidèles du défunt, en a marre de vivre cette situation : « Je démissionne du Manidem en espérant qu’il trouera les forces en lui-même ou en dehors pour faire échec à la prise de contrôle rdpciste dont il est l’objet en ce moment», écrit-il. Toujours convaincu que le Manidem demeure « un de ces rares phares pouvant montrer à nouveau [au peuple kamerunais] les voies de sortie de la logue nuit du colonialisme qui tue le pays depuis 142 ans ». Lui, il ne dit rien de la nouvelle direction qu’il envisage de prendre.

SND30 : les limites de l’import-substitution

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Pour atteindre les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), trois orientations fondamentales ont été retenues dont la principale est le mix entre Import-Substitution et promotion des exportations en s’appuyant sur les avantages comparatifs de l’économie nationale. Cette orientation part du constat de la forte extraversion de l’économie camerounaise dont l’une des conséquences est le déficit quasi structurel de la balance commerciale. Dans ce contexte, l’import-substitution est annoncée comme étant le levier essentiel devant permettre la transformation structurelle de l’économie, principal pilier de la SND30.

 L’IMPORT-SUBSTITUTION EST IMPERTINENTE AUX PLANS CONCEPTUEL, HISTORIQUE ET OPÉRATIONNEL

Si l’optique de réduction de la forte dépendance aux importations et de revitalisation de la production locale tant dans le secteur primaire que secondaire s’impose comme un impératif, l’import-substitution semble cependant impertinente tant au plan conceptuel, historique, qu’opérationnel, ce qui dilue sa portée stratégique. Au plan conceptuel, il convient de rappeler que l’Import-Substitution a fait l’objet de nombreux travaux intellectuels dont l’un des précurseurs est Friedrich List qui a développé dès le 19ième siècle le concept de « Protectionnisme éducateur ». Il préconise l’utilisation de barrières douanières par l’État pour protéger les industries naissantes. List a influencé des générations d’économistes dits de gauche. Les travaux les plus connus dans le contexte africain sont ceux de Samir Amin, éminent économiste, théoricien de l’Economie du Développement qui a inspiré pratiquement tous les pays dits du Tiers monde dans les années 60-70. Il est l’un des chantres de l’industrialisation par substitution aux importations (ISI). Ses travaux sur le Développement Inégal (1973) restent une référence en matière réflexion sur le développement économique des pays africains.

Pour Samir Amin, le développement n’est pas un processus universel, mais une conséquence du capitalisme mondial, qui crée un développement inégal en opposant des pays riches « centre » et des pays pauvres « périphérie ». Le fameux concept du centre et de la périphérie. Pour que les pays de la périphérie se développent réellement, Samir Amine préconise qu’ils doivent s’extraire de cette domination par un développement autocentré, géré par l’État et axé sur la souveraineté économique et la production locale, plutôt que sur l’intégration au marché mondial.

LES POLITIQUES DE SUBSTITUTION DES IMPORTATIONS MISES EN ŒUVRE DANS LES ANNÉES 60-70 SE SONT SOLDÉES PAR DES ÉCHECS

 Au plan historique, les politiques de substitution des importations appliquées dans de nombreux pays sous-développées dans les années 60-70, notamment en Amérique Latine et en Afrique, ont connu un échec retentissant. Au Cameroun, le développement autocentré si cher au Président Ahidjo s’inspirait de l’import-substitution et constituait la trame des divers plans quinquennaux de développement. C’est dans ce contexte qu’est créée la SNI en 1963 dont les missions d’une extrême clairvoyance ont été plus tard dévoyées.

Grâce aux ressources tirées du cacao, du café et puis du pétrole, l’import-substitution s’est manifestée dans toute sa plénitude par la création d’entreprises publiques dont SOCAME (Société Camerounaise des Engrais), CERICAM (Céramiques Industrielles du Cameroun), CELLUCAM (Cellulose du Cameroun), CAMSUCO (Cameroon Sugar Company), SIPEC (Société Industrielle de Pêche du Cameroun), SODEBLE (Société de Développement du Blé), SOFIBEL (Société Forestière Industrielle de Belabo), COCAM (Contre-plaqués du Cameroun), CREVETCAM (les Crevettes du Cameroun), STPC (Société de Tanneries et Peausseries du Cameroun) etc. L’Etat à travers l’Office National de Commercialisation des Produits de Base (ONCPB) et la SNI, a financé sans discernement des entreprises dont certaines s’avèreront être de véritables éléphants blancs. Quand survient la crise économique au milieu des années 80, l’import-substitution a déjà montré toutes ses limites, le constat est amer.

Selon ce qui est alors la Mission de réhabilitation des entreprises publiques, au cours de l’année fiscale 1986/87, les 147 entreprises publiques non financières (dont la majorité est du portefeuille de la SNI) dégagent un déficit de financement de 151 milliards de F CFA (soit environ 6% du PIB du Cameroun à l’époque) et leur endettement est deux fois et demie le montant de leurs fonds propres. En somme une situation de faillite longtemps masquée par la santé relative des finances publiques et les subventions qui se sont avérées ruineuses pour l’ensemble de la collectivité. En Amérique latine, c’est la même bérézina. L’exemple du Brésil souvent cité comme une réussite de l’Industrialisation par Substitution aux Importations est singulier. Fautil le rappeler, le Brésil est le sixième pays le plus vaste du monde (8,6 millions de Km2), plus de 200 millions d’habitants donc un marché, des frontières avec plus de 10 pays en Amérique du Sud etc. Au plan opérationnel, l’import-substitution suppose la mise en application d’un certain nombre de mesures permettant de protéger l’espace économique national et faciliter par des incitations diverses la production et la consommation locales au mépris de la compétitivité des entreprises.

Ces mesures peuvent prendre plusieurs formes notamment :

• Les protections tarifaires à travers l’imposition des droits de douanes prohibitifs qui renchérissaient le prix des produits importés ;

• Les protections non-tarifaires de tous ordres (contingentement, quotas, normes, autorisations préalables, licences d’importation etc.) ;

• Les subventions et incitations de l’Etat qui offrirait des facilités financières et des avantages fiscaux à des entreprises afin de leur garantir artificiellement une protection.

L’IMPORT-SUBSTITUTION EST UN ANACHRONISME AU REGARD DES RÈGLES DE L’OMC

Au regard de l’opérationnalisation de ces pratiques, l’import-substitution est un véritable anachronisme. Depuis les accords de Marrakech de 1994 qui consacrent l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le crédo est l’ouverture tous azimut des frontières et le bannissement de toutes entraves au commerce. Les accords de l’OMC auxquels le Cameroun est partie, proscrivent toutes les mesures tarifaires et non-tarifaires pouvant entraver la libre circulation des biens et services. La libéralisation du commerce qui est le principe de base de l’OMC engage les membres à supprimer les barrières commerciales, comme les droits de douane, les quotas et les subventions à l’exportation, l’objectif étant de rendre le commerce plus libre, tout en évitant les effets secondaires indésirables, pour contribuer au développement économique. Dans un tel contexte, une application stricte des règles de l’OMC rendrait les principes de base de l’import-substitution désuets.

Plus concrètement, un des points de friction voire de controverse de l’import-substitution est la signature en 2014 de l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre le Cameroun et l’Union Européenne, accord entré en vigueur en 2016. Cet accord permet au Cameroun d’exporter sans droits de douane ni quotas vers l’UE. En retour, à l’échéance de 2029, le Cameroun devrait progressivement démanteler et éliminer les droits de douane sur plus de 80% des produits importés de l’Union Européenne. Ce démantèlement tarifaire consacre une ouverture totale de l’espace économique camerounais, une béance pour les produits manufacturés d’origine européenne au détriment de la l’industrie locale peu compétitive.

L’APE ENTRE LE CAMEROUN ET L’UNION EUROPÉENNE S’APPARENTE À DE L’AIDE À LA RECOLONISATION

Au-delà de l’incompatibilité entre l’import-substitution et les APE et au regard de la structure de ses exportations constituée essentiellement de matières premières, notamment les hydrocarbures (pétrole brut et gaz naturel), le cacao en fèves et ses produits dérivés, le bois (scié et placage), ainsi que la banane fraîche, une autre question de fond est la capacité du Cameroun à tirer avantage de l’ouverture des frontières d’un marché de près de 450 millions de consommateurs de l’Union Européenne dans le cadre d’un accord inégalitaire qui fait dire de l’APE qu’il confine à de l’aide à la recolonisation pour paraphraser Tibor Mende (1972). Bien plus, l’environnement international est davantage marqué par une guerre économique sans précédent et la reconfiguration des échanges internationaux qui consacrent plus que jamais le compétitivité, gage de la montée en gamme industrielle. Trois événements majeurs qui pourraient davantage marginaliser les pays africains et singulièrement le Cameroun illustrent cette tendance.

Le premier est la dérive hégémonique de l’administration américaine qui, de manière unilatérale et en violation des règles de l’OMC, impose des droits de douane prohibitifs à tous ses partenaires afin de rééquilibrer sa balance commerciale structurellement déficitaire. Le second événement est l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, et le Venezuela) signé le 17 janvier 2026 et qui vise à créer un marché de plus 780 millions de consommateurs avec la suppression de 90% des droits de douane.

Cet accord pourrait davantage marginaliser les pays africains et le Cameroun en particulier dont le retard de compétitivité par rapport aux pays d’Amérique Latine les marginaliserait sur le marché européen. Le troisième évènement est l’accord de libre-échange qualifié d’historique entre l’Europe et l’Inde signé le 27 janvier 2026 créant un marché de près de 2 milliards de consommateurs, le plus grand du monde. Ce pacte majeur vise à réduire ou supprimer les droits de douane sur plus de 95 % des marchandises, notamment pour les secteurs automobile, chimique et agroalimentaire, tout en libéralisant les services et en renforçant l’autonomie stratégique face à la Chine et les Etats Unis.

A ces événements, il faudrait ajouter la domination et la compétitivité de la Chine dont la balance commerciale en 2025 a enregistré un excédent historique, dépassant pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars pour atteindre environ 1 200 milliards de dollars, dopé par la croissance vertigineuse de ses exportations malgré les tensions commerciales et géopolitiques. Dans un tel contexte, l’enjeu majeur pour le Cameroun n’est pas de s’enfermer de manière obstinée dans un marché intérieur étroit caractérisé par une faible productivité des unités industrielles de petite taille.

Dès lors, l’import-substitution est une impasse voire un simple slogan auquel devrait se substituer (sans jeu de mot) la quête inlassable de la compétitivité et de la promotion des exportations. L’illustration parfaite des limites de l’import-substitution est le bilan extrêmement mitigé (pour ne pas en dire plus) du Plan Intégré d’Import-Substitution Agro-pastoral et Halieutique (PIISAH), programme triennal 2024-2026 d’un coût initial estimé à près de 1371 milliards de F CFA visant à réduire le déficit de la balance commerciale en substituant les denrées importées par une production locale accrue de bétail, de lait, de riz, de maïs, de blé, de mil, de sorgho, de soja, de poisson et d’huile de palme.

UNE NOUVELLE ORIENTATION STRATÉGIQUE : RENFORCEMENT DE LA COMPÉTITIVITÉ ET PROMOTION DES EXPORTATIONS

S’agissant particulièrement de la substitution au blé importé par des farines panifiables à base de manioc, banane plantain et patate douce, les conclusions d’une excellente étude menée par Eric Joël Fofiri Nzossié de l’Université de Ngaoundéré et Ludovic Temple du CIRAD (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agricole pour le Développement (Montpelier), sont sans appel : « La production du manioc, de la banane plantain et de la patate douce dégage encore peu d’excédents pour répondre aux besoins de production de farines locales panifiables. De fait, une politique d’import-substitution, même partielle, impose d’interroger la capacité de l’agriculture à approvisionner simultanément le marché du frais (intérieur et transfrontalier en Afrique centrale) et le marché d’une industrie à la recherche d’économies d’échelles, et donc de massification des approvisionnements en matières premières à bas coût. Une polarisation sur un objectif strict de substitution à la farine importée apparaît en soi trop réductrice par rapport aux réalités structurelles de transformation du modèle alimentaire et aux opportunités de développement que structure sa diversité ».

La pertinence, l’efficacité et l’impact de l’import-substitution étant extrêmement limités, l’étroitesse du marché intérieur et les contingences internationales commandent pour le Cameroun une nouvelle orientation stratégique qu’est le renforcement de la compétitivité et la promotion des exportations.

Emmanuel Noubissie Ngankam Analyste

Economique Ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale

enoubissie7897@gmail.com

Taxes sur les téléphones : le nouveau mécanisme de recouvrement expliqué par la Douane

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Dans la dynamique d’application des orientations du ministère des Finances, le Directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, a présidé, le 19 mars 2026 à Douala, une session d’information et de sensibilisation consacrée au nouveau mécanisme de collecte électronique des droits et taxes à l’importation des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques. La rencontre, tenue à l’hôtel Best Western, a mobilisé personnels des Douanes, commissionnaires agréés, consignataires et grossistes, venus s’approprier les contours de cette réforme stratégique.

Instituée par la loi de finances 2023, cette réforme intervient dans un contexte marqué par une chute drastique des recettes douanières sur les terminaux numériques. De près de 2 milliards de FCFA par mois dans les années 2000, celles-ci sont tombées à environ 100 millions en 2025. En cause, notamment, la fraude, la contrebande, l’incivisme fiscal, l’inefficacité des contrôles et la prolifération de circuits informels d’entrée sur le territoire. Face à ces dérives, l’administration entend désormais reprendre la main à travers un dispositif technologique renforçant la traçabilité et la transparence.

Déployé depuis le 16 mars 2026, ce mécanisme est le fruit d’une collaboration entre la Direction générale des Douanes, le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de régulation des télécommunications et l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication, en partenariat avec un consortium technologique. Il vise à garantir l’équité fiscale, à sécuriser les consommateurs contre les risques liés aux appareils frauduleux et à responsabiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.

À terme, les autorités misent sur une modernisation accrue du dispositif douanier et une augmentation significative des recettes de l’État. Sur le plan opérationnel, les responsables ont tenu à rassurer. Le nouveau mécanisme n’introduit ni taxe supplémentaire ni hausse des droits existants susceptible d’impacter les prix sur le marché. Le dédouanement demeure à la charge des importateurs, via le système d’information des Douanes, avec possibilité de paiement électronique en monnaie locale.

Les appareils déjà connectés aux réseaux locaux bénéficient d’une amnistie fiscale, tandis que les téléphones en itinérance ou appartenant à des voyageurs en court séjour sont soumis à des régimes spécifiques d’exonération ou d’admission temporaire. Par ailleurs, seuls les terminaux régulièrement dédouanés, ceux en roaming ou couverts par l’amnistie seront autorisés à se connecter aux réseaux locaux.

Les distributeurs sont ainsi appelés à garantir la traçabilité des produits mis sur le marché, sous peine d’engager leur responsabilité. Les consommateurs, quant à eux, sont invités à vérifier le statut douanier des appareils avant tout achat, à travers des outils numériques qui seront mis à leur disposition. Après une première étape à Yaoundé le 13 mars, cette campagne de sensibilisation a trouvé un écho favorable à Douala, principal hub d’importation des équipements numériques.

Les échanges nourris entre autorités et opérateurs témoignent d’une volonté partagée de faire de cette réforme un succès. Pour l’administration douanière, le message est clair : instaurer un langage direct avec les partenaires, afin de bâtir un système plus fiable, plus juste et résolument tourné vers la modernisation économique.

Isaac TAMBA nommé Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée nationale

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C’est un retour au service de la nation. Le Pr. Isaac Tamba a été nommé ce jour comme directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale du Cameroun. Cet ancien directeur général de l’Économie et de la Programmation des Investissements publics au ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, revient dans l’administration après une retraite de courte durée.

Son profil technique et son expérience font de lui un choix remarqué par les milieux académiques et politiques du pays. Isaac Tamba a commencé sa carrière à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion de l’Université de Yaoundé II-Soa où il a enseigné pendant plus de 35 ans, d’abord comme assistant puis comme professeur titulaire en économie publique.

Ses travaux couvrent l’analyse des politiques publiques, le budget d’investissement, les finances publiques, la gestion de la dette, les inégalités, la pauvreté et la résilience économique. Ces recherches, financées par des institutions telles que le CODESRIA, l’AERC et l’IDRC, ont été publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture et lui ont valu une reconnaissance au-delà du Cameroun. En 2010, Isaac Tamba rejoint le MINEPAT comme conseiller technique numéro 3 auprès du ministre Louis Paul Motaze. Trois ans plus tard, il est promu conseiller technique numéro 2 avant d’accéder en 2016 au poste de Directeur Général de l’Économie et de la Programmation des Investissements publics.

 À ce poste, il a piloté la structuration des projets publics et orienté les dépenses publiques dans le cadre des grands investissements de l’État. Son expertise a été déterminante pour la mise en œuvre du Plan National de Développement et la coordination avec les partenaires financiers internationaux. Il a été remplacé à la DGEPIP en mai 2025 par Christian Arnault Emini avant de prendre sa retraite. Revenir aux affaires comme Directeur de Cabinet à l’Assemblée nationale illustre la volonté de l’institution de s’appuyer sur un profil expérimenté capable de synthétiser les dossiers économiques, conseiller le Président et contribuer au contrôle budgétaire. Sa connaissance approfondie des mécanismes financiers et sa capacité à traduire les analyses en décisions opérationnelles font de lui un atout stratégique pour l’institution.

 Le Pr Tamba est également l’auteur de plusieurs ouvrages de référence en économie, dont « Comprendre et pratiquer l’économie des politiques publiques ». Sa carrière, marquée par le passage des amphithéâtres universitaires aux plus hautes sphères de l’administration publique, incarne le recours aux expertises locales pour renforcer les institutions camerounaises. Son retour à l’Assemblée nationale confirme que l’expérience et la maîtrise technique restent des leviers essentiels pour accompagner les décisions économiques du pays.

Cameroun-Arabie Saoudite : 46 milliards FCFA pour réhabiliter la route Sorawel-Dourbeye dans le Nord

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Pour Alamine Ousmane Mey, « nous disposons d’un financement dans des conditions que je qualifierais, des meilleures possibles dans le contexte actuel, à hauteur de 75 millions de dollars, pour la réhabilitation d’un tronçon de 68 kilomètres dans la région du Nord. Il s’agit du tronçon allant de Sorawel à Dourbeye, en passant par Guider et Mayo-Oulo. Ces 68 kilomètres sont essentiels : leur bon état facilitera la mobilité, la connectivité et les échanges à l’intérieur du pays, mais aussi avec les pays voisins, notamment le Nigeria, le Tchad et la Centrafrique, dans la mesure où il s’agit d’un carrefour stratégique ».

Le membre du gouvernement poursuit en rappelant que « cette contribution du Fonds Saoudien de Développement s’inscrit dans la continuité du renforcement de notre coopération ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 et illustre la politique du gouvernement, portée par le président Paul Biya, qui fait des infrastructures de transport un levier de croissance économique et de cohésion nationale.

Avec cet accord, le total des financements mobilisés par le FSD pour le Cameroun atteint désormais 136 millions de dollars américains, soit près de 76 milliards de FCFA. Le Fonds Saoudien de Développement a déjà contribué à plusieurs projets structurants dans le pays, notamment la construction et la réhabilitation des axes routiers Douala–Yaoundé, Ayos–Bonis et Sangmélima–Djoum, ainsi que des infrastructures universitaires et agricoles.

« Ce fonds intervient dans notre pays depuis des décennies et, si nous avons accompli certains de nos objectifs, c’est en grande partie grâce au Fonds Saoudien. Une portion importante de notre corridor Douala a été réalisée grâce à lui. Des infrastructures routières sont en cours, tout comme des infrastructures dans le domaine de la santé, à l’instar de l’hôpital régional de Mbalmayo, et dans le secteur de l’éducation, avec le lycée technique de Douala, pour ne citer que quelques exemples », a précisé le ministre de l’Économie. Il indique dans la foulé que « la cérémonie de signature (d’accord de prêt du 23 mars dernier Ndlr), nous a permis, non seulement de formaliser ce financement, mais également de nous projeter sur d’éventuels projets supplémentaires. Nous pensons à plusieurs secteurs : l’énergie, les télécommunications, le numérique, l’intégration des chaînes de valeur agricoles, et également le secteur minier, qui pourrait intéresser la partie saoudienne et bénéficier de son appui ».

Le projet Sorawel–Dourbeye intervient sur un axe stratégique. La portion Ngaoundéré–Garoua du corridor Douala–N’Djamena, très dégradée, supporte un transit annuel d’environ 350 milliards de FCFA de marchandises tchadiennes. La route Sorawel–Guider–Mayo-Oulo–Dourbeye ouvre vers le Nigeria et pourrait renforcer les échanges transfrontaliers, tout en améliorant les recettes fiscales et portuaires.

Parallèlement, le FSD accompagne la construction de la section Bingambo–Grand Zambi sur la nationale 22, après avoir financé les routes Ayos–Bonis, Olama–Bingambo, Bikoula–Djoum et Foumban–Manki. Le partenariat Cameroun–FSD confirme ainsi sa constance et son importance dans le financement des infrastructures et des projets de développement à fort impact économique.

Un projet d’accompagnement de 100 jeunes entrepreneurs de Douala et Yaoundé

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Dénommée Mboa Jeunes créatifs, l’initiative financée par la France va offrir un appui technique, un mentorat et un capital d’amorçage aux porteurs d’idées innovantes dans plusieurs domaines d’activités.

Un appel à candidatures est lancé en direction de 100 jeunes entrepreneurs dans les villes de Douala et de Yaoundé.  Les sélectionnés devront bénéficier d’un accompagnement personnalisé dans la réalisation de leurs projets.  Pour être éligible, il faut être un jeune camerounais âgé entre 18 et 35 ans, avoir une activité ou une idée d’activité, être dynamique et engagé et membre d’une association partenaire du programme jeunes Mboa créatifs ou alors enregistrée dans la base de données du ministère de la Jeunesse.

 L’initiative dénommée Mboa Jeunes créatifs de Cameroun Entreprises Développement (CED ) avec l’appui de Fonds Equipe France se situe dans le cadre du projet de renforcement de l’employabilité, de l’autonomisation et de l’engagement citoyen des jeunes de Yaoundé et Douala.  Ces villes sont considérées comme concentrant les taux les plus élevés de chômage et de sous emploi chez les jeunes. Il est question de leur offrir une opportunité durable en identifiant des jeunes porteurs de projets innovants et renforcer leurs compétences entrepreneuriales et personnelles. Ce sont au total 100 projets viables qui seront accompagnés avec la priorité aux femmes et aux jeunes en situation de précarité.  Les domaines cibles sont les métiers de l’art et de l’artisanat avec une logique de valorisation du patrimoine camerounais ; les métiers du cuir ; tissage et textiles ; création et restauration d’instruments de musique ; ameublement, décoration avec matériaux locaux ; des projets d’économie circulaire ; services numériques ( design, marketing digital) etc.

Cette première édition du programme offrira un appui technique ; du mentorat ainsi qu’un capital d’amorçage à 100 entrepreneurs. Le montant du financement n’a pas été révélé mais le projet va également s’appuyer sur des centres d’incubation de l’Etat pour la formation des candidats.  Selon les organisateurs, déjà plus de 1000 candidatures sont reçues dont plus de 50% des femmes.  200 jeunes seront sélectionnés et formés sur l’entrepreneuriat mais seuls 100 bénéficieront d’un accompagnement personnalisé technique et financier.

Les candidats seront suivis pendant plus de quatre mois.  « La particularité de ce programme est qu’on est descendu à une tranche d’âge un peu plus basse.  On est vraiment ici sur des pépinières, des gens qui sont encore au stade d’idées ; qui veulent réellement créer une entreprise. C’est cette cible que nous visons. Nous accompagnons à peu près pendant six mois l’entrepreneur et c’est cela qui fait notre pérennité. Car, le jeune qui bénéficie d’un financement, s’il n’est pas accompagné, il y a de fortes chances qu’il n’aille pas très loin », explique Antoine Biting, coordonnateur de la composante 3 du projet lors de la présentation du projet le 19 mars dernier à Douala.   

L’initiative vise 70% de projets à fort impact qui peuvent favoriser la création de nouveaux emplois.

 Réactions

Antoine Biting, coordonnateur de la composante 3 projet jeunes mboa créatifs

 « Ce sera un appui technique en équipement, en fonds de roulement »

 « Le projet consiste à identifier, former des jeunes à travers un parcours qui va s’étaler sur un ou deux mois. A l’issue de ce parcours, les jeunes seront financés. Ce sera un appui technique en équipement, en fonds de roulement et à la fin de cet appui ils seront accompagnés pendant une période d’à peu près six mois pour finaliser et viabiliser leurs projets. Ils seront mis en contact avec des mentors qui pourront les accompagner, leur donner des conseils en termes de gestion de leurs entreprises. L’étude a été faite à Douala et Yaoundé et a démontré que la démographie des jeunes est essentiellement galopante dans les deux villes et que les jeunes ont des difficultés à s’insérer à la fois socialement et économiquement. Dans les zones rurales on ne parle pas forcément de chômage parce qu’on suppose que les jeunes sont occupés à l’agriculture mais dans les zones urbaines ce n’est pas forcément le cas. »

Freddy MANYOMGO, Fashion entrepreneur formateur

 « Il y a des formations gratuites pour les métiers de la mode »

 « Dans les domaines de la mode, les formations dans les métiers tels que le stylisme, le modélisme, la maroquinerie, la coiffure sont coûteuses pour ceux qui veulent se former. Il y a des jeunes qui sont passionnés par un de ces métiers mais qui n’ont pas de moyens pour s’offrir cette formation. Donc via le programme Dipita soutenu par le Fonds Equipe France et le projet Jeunes Mboa créatifs on permet à ces jeunes d’avoir des formations gratuites financées de bout en bout. Quatre mois intenses de formation sur deux phases à raison de 10 jeunes par vague, 5 filles 5 garçons. Donc 20 jeunes au total sur une session de huit mois de formation.  L’appel à candidatures est lancé via le digital mais on recrute aussi via les chefferies ; on envoie les courriers aux cantons pour indiquer le projet qui pourrait intéresser des jeunes de leurs circonscriptions.  Une fois qu’on a les candidatures, on fait les interviews pour la sélection. Ce n’est pas que la formation classique sur le métier que ces jeunes peuvent faire.  Il y a d’autres sous formations affectées : le branding, le marketing de marque… »

Augustine LOUVEL, chef de projet Jeunes Mboa Créatifs

 « Nous avons déjà reçu plus de 1000 candidatures dont 52% des femmes »

« A travers le programme Jeunes Mboa Créatifs, notre ambition est de renforcer l’employabilité, soutenir l’autonomisation et encourager l’engagement citoyen des jeunes. Nous voulons créer un espace de dialogue où les talents circulent, où des idées émergent et où chacun peut trouver sa place. Nous sommes fiers de travailler avec Cameroun Entreprises Développement et l’Institut Européenne de coopération et de Développement. Nous unissons nos forces pour améliorer l’expertise professionnelle des jeunes.  Nous voulons accompagner ces jeunes entrepreneurs dans la réussite de leurs projets professionnels. Nous avons déjà reçu plus de 1000 candidatures dont 52% des femmes. 200 bénéficieront d’un accompagnement avec des outils, des clés de compréhension solide de l’entrepreneuriat d’aujourd’hui et de demain. »

CM14 et visite du Pape : le visage des routes de Yaoundé que découvriront les invités du Cameroun

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Le Cameroun est peut-être prêt pour l’organisation à Yaoundé de la 14ème Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (CM14), prévue du 26 au 29 mars 2026. En tout cas, tel est le constat fait à l’issue de la réunion de coordination présidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, le 18 mars dernier à Yaoundé, en passant en revue les aspects organisationnels ; les sites hôtes ; la sécurité ; le transport des personnalités ; la communication et autres aspects techniques relativement à cet événement.

Il reste que les routes de Yaoundé, notamment celles ralliant le centre-ville à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, donnent une image peu reluisante de la capitale camerounaise. Si le démarrage tant annoncé des travaux de la phase urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, sensé fluidifier la circulation entre le Centreville de Yaoundé et l’Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, reste toujours attendu. Même les travaux d’aménagement et de reconfiguration du carrefour Mvan, dans le cadre du projet « Yaoundé Cœur de Ville », ne pourront pas être livrés avant le début de la CM14, ni même la visite du Pape.

Les aménagements au pôle Mvan prévoient notamment le réaménagement du carrefour, avec une voirie en 2×2 voies sur les rues adjacentes, une gare routière de 2 hectares et 1 500 m² de bâtiments, et au pôle Elig-Effa/Messa, avec la construction d’un tunnel souterrain, d’un giratoire, d’un square paysager de 3 000 m² et d’une gare de 8 500 m².

La ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, qui, au lendemain de la réunion avec le PM, a visité, le jeudi 19 mars, les chantiers routiers de la ville de Yaoundé, plus précisément les grandes zones d’intervention constituant les itinéraires de la tenue prochaine de la CM14 et de la visite du Pape au Cameroun, a pu se rendre du niveau d’exécution de ces chantiers, surtout au niveau du quartier Mvan, pour ne citer que cet exemple. Même si les invités de Yaoundé ne seront pas confinés seulement dans le Centreville.

DES RETARDS DANS LE DÉMARRAGE DU PROJET « YAOUNDÉ, CŒUR DE LA VILLE »

C’est le 4 février 2022 que le gouvernement camerounais et l’AFD ont signé la convention de financement dudit projet. A l’époque, le début des travaux était annoncé courant 2022. Mais un retard a été accusé dans le lancement du chantier du fait de la longueur des procédures, apprend-on. Et Arnaud Philippe Ndzana, de la Communauté urbaine de Yaoundé, le coordonnateur de ce projet en dévoilant à la presse ses contours, annoncera le début des travaux pour 2024. Un deadline qui ne sera pas non plus respecté. Car, c’est en fin 2025 et début 2026 qu’on enregistrera les premiers coups de pelle sur le terrain. Et, au mois de mars 2026, le taux d’exécution des travaux du projet « Yaoundé Cœur de Ville » (gestion centrale) n’est que de 49%.

Ce chantier, mené par le groupement PREST-QUASUP/ESCOM, accuse un retard notable avec une consommation des délais atteignant 150%, entraînant une mise en demeure de l’entreprise. Censés durer 36 mois, pour un coût de 54,7 milliards de FCFA, soit 46,2 milliards de FCFA à travers le mécanisme du Contrat de désendettement et de développement (C2D) géré par l’Agence française de développement (AFD), et une contribution directe de 8,5 milliards de FCFA de l’Etat camerounais, les travaux du projet « Yaoundé Cœur de Ville », prévoient l’aménagement et la reconfiguration de trois carrefours régulièrement congestionnés (Mvan, Elig-Effa et Elig-Edzoa) en plus des carrefours Awae escalier, Emombo et Sous-manguiers.

 Mais également, la démolition et la reconstruction des gares routières de Mvan et de Messa (Mokolo). Ce projet contribuera également à la reconstruction de deux terminus minibus et taxis (Avenue Mvog-Fouda à Elig-Essono et rue Marcel Jezouin) et l’aménagement des sentiers de randonnée pédestre sur le Mont Messa et d’une voie d’accès.

 AUTOROUTE YAOUNDÉNSIMALEN : COMME UN GOÛT D’INACHEVÉ

Les étrangers du Cameroun qui visiteront pour la première fois la capitale camerounaise lors des deux grands événements annoncés, seront amèrement surpris que leur confort de la route à partir de l’Aéroport international de Yaoundé Nsimalen, s’estompe curieusement juste à l’entrée de la ville, au quartier Ahala.

C’est que la phase urbaine de cette autoroute a du mal à démarrer. Le projet est miné par de nombreux obstacles. Manque de financement, problèmes administratifs liés aux expropriations, au recasement et indemnisation des populations affectées par son tracé, sont autant d’obstacles qui empêchent le démarrage effectif des grands travaux de cette section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Bien que la pose de la première pierre des travaux de cette section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen ait eu lieu en décembre 2023, le début effectif des travaux a pris du retard.

Même les travaux annoncés, le 23 avril 2025, lors du Comité de pilotage de ce projet, sont toujours attendus. Il était notamment envisagé l’aménagement du site de relocalisation d’Olezoa et la construction de la voie de déviation au niveau du carrefour 03 statues ; l’aménagement des voies de déviation, Entrée Camp Tunisien-2ème Echangeur Mvan911 ml ; Obam Ongola (Entrée Ecole)-Entrée Pharmacam-1080 ml.

 Pour le moment, indique-t-on au ministère de l’Habitat et du développement urbain, grâce au Budget d’investissement public (BIP) de ce ministère, les travaux préliminaires s’effectuent. Notamment, le recalibrage du lit du Mfoundi derrière le Bois Saint Anastasie où l’autoroute doit traverser. En 2026, informe-t-on, les travaux devraient avoir lieu au niveau arrière du marché Mvog Mbi pour l’installation des nombreux commerçants sur ce tronçon. Il y a aussi certaines dessertes qui sont en plein aménagement par l’entreprise Bun’s pour des voies de passage et éviter des embouteillages quand débuteront les grands travaux.

LA DIFFICILE ÉQUATION DU COÛT

 Si au MINHDU, l’on souffle sous anonymat qu’ « en ce qui concerne le budget, il n’a pas véritablement changé en dehors du fait que les études ont eu lieu en 2014. Il va de soi que plus de 10 ans après, certains coûts ne sont plus les mêmes ». Il reste constant que le coût de ce projet a explosé. Ce coût, selon certaines sources bien informées, est passé d’un montant initial de 379,5 milliards de FCFA à 434 milliards de FCFA pour la phase 2, pour une livraison prévue pour 2030.

L’on explique cette explosion des coûts par un certain nombre de facteurs, notamment, l’augmentation du coût des matériaux, les modifications des spécifications techniques ; la complexité de l’environnement urbain, et des coûts importants liés aux indemnisations et aux recasements des populations. L’attente du décaissement des fonds restants reste donc un obstacle majeur au démarrage effectif des travaux à grande échelle sur cette section urbaine.

Blanchiment des capitaux : les établissements touristiques dans le viseur du Mintoul

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La lutte contre le blanchiment des capitaux élargit ses tentacules au Cameroun. Les établissements touristiques et de loisirs vont désormais entrer dans le périmètre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. La décision fait suite à une prescription de l’Union monétaire de l’Afrique centrale visant à renforcer la supervision des entreprises et professions non financières dans la zone Cemac. Dans un communiqué publié le 16 mars, le ministère du Tourisme et des Loisirs annonce des missions d’inspection à venir dans les hôtels, restaurants, agences de voyages et autres structures assimilées.

L’objectif est de vérifier que ces entités ne servent pas de relais à des flux financiers illicites. Le dispositif s’inscrit dans une logique plus large d’extension du contrôle aux professions non financières désignées, longtemps restées en marge des mécanismes de surveillance. Une circulaire signée le 20 février encadre désormais les inspections et élargit le champ aux appartements meublés, complexes de loisirs et autres acteurs de la chaîne touristique. Sur le plan opérationnel, les missions ne sont pas encore programmées. Leur déploiement nécessite une coordination avec le ministère des Finances et l’Agence nationale d’investigation financière, chargée du traitement des informations suspectes et du suivi des flux financiers.

 Derrière cette montée en puissance du contrôle, l’enjeu dépasse le seul secteur touristique. Il s’agit de répondre aux exigences internationales en matière de conformité LBC/FT et de corriger les insuffisances relevées depuis 2023. Le Cameroun reste inscrit sur la liste grise du Groupe d’action financière, un signal négatif pour les investisseurs et les partenaires financiers. La crédibilité du système financier est en jeu, avec des implications directes sur l’attractivité du pays. La stratégie repose sur un principe simple. Assainir les circuits d’investissement pour restaurer la confiance.

En renforçant la traçabilité et la transparence, les autorités espèrent améliorer la perception du risque pays et créer un environnement plus favorable aux capitaux. Le pari reste conditionné à l’efficacité du dispositif. L’adhésion des opérateurs du tourisme est jugée déterminante. Les autorités appellent à la coopération des acteurs pour faciliter les contrôles et accélérer la mise en conformité.

Commerce International : Ngozi Okonjo-Iweala place la CM14 de Yaoundé au cœur d’un tournant pour l’OMC

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Réunie en Conseil général du 10 au 12 mars à Genève, la Directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce, Ngozi Okonjo-Iweala, a donné le ton des travaux préparatoires à la 14ᵉ Conférence ministérielle (CM14) que le Cameroun s’apprête à accueillir à Yaoundé. La responsable nigériane entend transmettre aux ministres, dès la semaine prochaine, un ensemble informel de documents dressant l’état des négociations en cours, ainsi qu’un document final intitulé « Road to Yaoundé », qui définira les contours et l’organisation de cette grand-messe commerciale.

Pour la Directrice générale, la CM14 s’annonce comme une étape charnière. « Une conférence du tournant », a-t-elle souligné, insistant sur la capacité de l’OMC à répondre aux critiques et à se repositionner dans un contexte commercial mondial en mutation. Elle a indiqué que les membres se rapprochent progressivement de textes consensuels qui seront soumis aux ministres, avec pour objectif d’envoyer des signaux politiques forts en vue de relancer les négociations après Yaoundé.

Présidant le Conseil général, l’ambassadeur saoudien Saqer Abdullah Almoqbel a précisé que le paquet en préparation reste informel et vise avant tout à éclairer les ministres en amont de leurs délibérations, sans constituer une transmission officielle des travaux de Genève. Dans un contexte international marqué par des tensions, notamment au Moyen-Orient, Ngozi Okonjo-Iweala a assuré que la situation est suivie de près, en coordination avec le Cameroun, pays hôte, et les instances de l’OMC. À ce stade, aucun changement n’est envisagé dans l’organisation de la conférence, les dispositions logistiques restant maintenues.

RÉFORME DE L’OMC : UN IMPÉRATIF POLITIQUE

Parmi les priorités de la rencontre de Yaoundé figure la réforme de l’OMC, un chantier jugé crucial par de nombreux membres. La Directrice générale a insisté sur la nécessité d’un sursaut politique pour concrétiser des engagements longtemps restés lettre morte. « Nos promesses ont trop souvent dépassé nos résultats », a-t-elle reconnu, appelant à faire de cette conférence une rupture avec les pratiques passées. Facilitateur des discussions sur la réforme, l’ambassadeur norvégien Petter Ølberg a fait état de « progrès significatifs » depuis la relance des travaux en juin 2025.

Un projet de déclaration ministérielle ainsi qu’un plan de travail sur la réforme ont été soumis aux membres, reflétant neuf mois d’intenses négociations. Tout en reconnaissant que ces textes ne satisfont pas pleinement toutes les parties, il a invité les délégations à faire preuve de compromis afin d’aboutir à des avancées concrètes.

AGRICULTURE ET PÊCHE : DES NÉGOCIATIONS EN PHASE DÉCISIVE

Sur le volet agricole, l’ambassadeur pakistanais Ali Sarfraz Hussain, président des négociations, a indiqué que neuf nouvelles propositions ont été déposées depuis décembre. Après plusieurs cycles de consultations, un projet de déclaration ministérielle révisé a été présenté début mars. Selon lui, une large majorité des membres semble prête à soutenir ce texte, y voyant une base de travail pour des négociations approfondies après la CM14. Reste toutefois à s’accorder sur le format des discussions à Yaoundé : si certains privilégient une session plénière, d’autres plaident pour des échanges en groupes restreints afin de faciliter les compromis.

 À l’approche de cette échéance majeure, l’optimisme reste de mise au sein de l’OMC, malgré des divergences persistantes. « Nous avons parcouru un long chemin », a conclu Ngozi Okonjo-Iweala, se disant confiante dans la capacité des membres à faire de Yaoundé un véritable point d’inflexion pour le système commercial multilatéral.

La Fondation Orange inaugure sa 23ème « Maison Digitale » à Okola

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Communion des cœurs et liesse populaire étaient au rendez-vous dette cérémonie à laquelle assistait tout ce qu’Okola compte d’élites, sous la présidence de M. Aboubakar Moussa, Sous-Préfet d’Okola. Le rendez-vous de ce jour marquait un point important dans la vie des femmes de cette localité qui, réunies au sein de l’association des Femmes Mvog Namnye Onandoua Sud présidée par Mme Virginie Edoa, ont emprunté le train de l’émergence par le numérique dans le but de participer plus activement à l’essor économique de leur arrondissement et par extension, du Cameroun.

 La délégation conduite par M. Freddy Oyono, Directeur des Affaires Institutionnelles et RSE d’Orange Cameroun, par sa taille, confirmait l’importance du partenariat avec cette association et la place de la femme dans la stratégie de développement du numérique chere à l’opérateur. Présentant la réalisation de la Fondation Orange au parterre de personnalités présentes, M. Oyono précisera qu’« il s’agit ici aujourd’hui de confirmer l’engagement d’Orange Cameroun et sa Fondation à former des femmes fortes qui de par leur résilience ont transformé barrières et soucis de la vie en carburant pour pouvoir aller de l’avant. Jadis indexées comme vulnérables, sans qualification et sans emploi, elles nous ont témoigné leur envie d’exceller, nous y avons répondu positivement. Les Maisons Digitales partout où elles sont installées, sont de véritables tremplins vers l’autonomie économique. Pour certaines femmes, ce programme permet d’acquérir des compétences en informatique de base et de trouver ensuite un emploi salarié. Pour d’autres, il constitue un levier pour développer des activités génératrices de revenus, créer des microentreprises et contribuer durablement au bienêtre de leurs familles ».

Pour Mme Virginie Edoa, Présidente de l’association des Mvog Namnye Onandoua Sud et par ailleurs, Présidente de la Fondation pour l’Environnement et le Développement au Cameroun (FEDEC), « Grâce à cette Maison Digitale et les technologies dont elle est porteuse, les groupes d’intérêt comme les associations de femmes qui vont l’animer n’auront plus rien à envier à leurs sœurs des autres localités. Elle est la manifestation concrète d’un partenariat public–privé efficace, au service des populations.

Chacun apporte ce qu’il sait faire de mieux, dans un esprit de complémentarité, pour atteindre un but commun : assister des Camerounaises en situation de précarité afin qu’elles deviennent autonomes et actrices de leur propre développement. Ce lieu sera un carrefour d’échanges dans plusieurs domaines et cela est d’autant bénéfique qu’il est aujourd’hui nécessaire dans notre pays, de développer les capacités de chacun par l’enseignement et la formation pour exploiter les merveilles du numérique garantissant une ouverture sur le monde». Initié par la Fondation Orange au Cameroun, le programme « Maisons Digitales », déployé en partenariat avec le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille à travers ses Centres de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF), est un outil qui se veut inclusif avec la participation d’associations locales de femmes, principales bénéficiaires de cette initiative.

Concernant Okola, ce sont des milliers de femmes qui auront droit aux cours qui y seront dispensés, soutenus par des modules axés sur la promotion de l’inclusion économique des femmes du Cameroun en initiant celles qui en auront besoin, à l’outil informatique et/ou en les familiarisant avec les outils numériques et les logiciels de base. Au terme du temps fixé pour leurs formations, la bureautique, la gestion financière par le biais des logiciels et applications adaptés et les TIC n’auront plus de secret pour les pensionnaires de la « Maison Digitale Orange » qui, à l’instar de celles des 22 précédentes, seront dotées d’outils et connaissances nécessaires au démarrage et/ou au développement d’activités génératrices de revenus.

La « Maison Digitale Orange » d’Okola, logée dans l’enceinte de la « Maison de la Femme Artisanale » sera ouverte aux associations et réseaux des femmes inscrites au programme, qui joueront un rôle d’encadrement essentiellement axé sur le suivi et l’évaluation de ce dernier. Il leur sera octroyé à chacune une subvention pour l’organisation de sessions de formations des formateurs, dont les missions principales seront d’assurer des formations basiques en gestion financière à l’attention des femmes et jeunes filles exerçant des activités génératrices de revenus. Ces structures d’accompagnement s’assureront de l’appropriation véritable des outils et formations dispensées à leurs apprenantes de même qu’elles se chargeront d’assurer le suivi sur le terrain de l’implémentation des contenus des formations et du développement des projets présentés des bénéficiaires.

Procédant à la coupure du ruban symbolique marquant le démarrage des activités de la « Maison Digitale d’Okola », M, Aboubakar Moussa, Sous-Préfet de cet arrondissement s’est dit « réjoui d’une telle initiative, source d’inspiration et de motivations pour les femmes et filles de la localité. » il a par ailleurs souligné « qu’ il convient de saluer à juste titre l’action conjointe de la Fondation Orange Cameroun et de l’association des femmes Mvog Namnyen Onandoua Sud qui ont consentis de lourds investissements pour connecter Okola à ce vaste programme ». Il en appellera à la conscience des bénéficiaires ainsi qu’au sens de responsabilité de tous car « il s’agit là d’un bien précieux qui devrait servir aux générations actuelles et futures ».

Les femmes d’Okola désormais bien installées dans le train de la transformation numérique, savent pouvoir compter sur l’accompagnement des pouvoirs publics et du partenaire de référence en la matière qu’est Orange qui, à travers sa fondation, se distingue en apportant des solutions qui font bouger les lignes sur les plans économique, sociétal et culturel. L’engagement et la détermination de cette entreprise citoyenne dont les actions s’inscrivent en droite ligne de la politique sociale prônée par Monsieur le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, dont l’objet fondamental est l’amélioration des conditions de vie des populations camerounaises sont à encourager».

L’action de la Fondation Orange certes motivée en priorité par le désir de contribuer à faire reculer la fracture numérique, confirme qu’un accent particulier est mis sur l’approche genre qui passe par la reconnaissance de la parité hommes/femmes. Pour lutter contre l’exclusion et pour l’insertion de femmes et des jeunes filles en particulier, les programmes qui y seront dispensés accordent une place particulière à leur formation dans le but de leur autonomisation en leur facilitant l’accès à des modules et outils qui leur ouvriront les portes de l’entrepreneuriat de base adossé au numérique. Telle est la mission du programme « Maison digitale » initiée par la Fondation Orange Cameroun depuis 2015.

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