lundi, mai 18, 2026
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Parlement : La session de la rupture dans la continuité ?

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Les trois premières personnalités du pays, gages du destin du pays

Ce 10 mars s‘ouvre la première session ordinaire de l’année à l’assemblée nationale et au sénat. C’est une session particulièrement attendue, en raison du contexte politique du pays. Si la session de mars est connue pour être celle du renouvellement du bureau exécutif, elle n’a que très rarement préoccupé les analystes. D’autant plus que la ligne directrice du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir à la majorité obèse, dicte souvent un statu-quo. En dehors des cas de décès qui nécessitent des remplacements, ce sont exactement les mêmes personnes que l’on reprend au terme des élections du bureau. L’enveloppe scellée du président national du parti, généralement adressé par la voix du secrétaire général du Comité central, organisant les postes, en prévoyant les postes à accorder aux autres partis présents dans la chambre. La loi imposant que tous la composition du bureau exécutif reflète celle de l’institution.

C’est ce mécanisme qui a permis à Cavaye Yeguie Djibril de conserver le perchoir de l’Assemblée nationale depuis 1992, avec Hilarion Etong comme premier vice-président. Jean Bernard Ndongo Essomba a régulièrement occupé le poste de président du groupe parlementaire jusqu’à sa mort ; avant d’être remplacé par l’ancien ministre Roger Mélingui. Dans un jeu d’alliances et d’équilibres sociopolitiques, Paul Biya a ainsi pu organiser les positions de pouvoirs. Depuis qu’il a fait changer Fonka Chan Lawrence en 1992, et après le passage éclair de Sadou Hayatou à la primature en 1991, le chef de l’Etat a ainsi réservé l’Immeuble Etoile aux régions de tradition anglo-saxonnes, l’Assemblée nationale au Grand-ord et notamment à l’Extrême-Nord, fille aînée du Renouveau. Lui-même étant du grand groupe Beti, originaire du Sud du pays. Tout comme Ayang Luc, toujours originaire de l’Extrême-Nord, a été maintenu à la présidence du Conseil économique et social depuis 1983 ; jusqu’à sa mort en 2025. Il n’a pas encore été remplacé. Avec l’institution du Sénat, Marcel Niat Njifenji, originaire de la région de l’Ouest, s’en est vu confier la présidence. Devenant ainsi la seconde personnalité de la République, avec pouvoir d’assurer la vacance du pouvoir en cas de nécessité. Et malgré les caprices sanitaires des uns et des autres, Paul Biya les a maintenus à leurs postes respectifs.

Que de morts

Des signaux d’un vaste mouvement au sein de l’appareil de l’Etat sont perceptibles. Si Paul Biya a jusqu’ici opéré par des surprises, ne laissant presque jamais la possibilité à l’opinion d’anticiper sur ses actes ou même de deviner ses intentions, il reste que ces dernières années ont laissé découvrir un leader accroché à son pouvoir mais qui semble de plus en plus perdre ses habitudes. Ainsi, pour une grande première, l’homme au pouvoir depuis le 6 novembre 1982 a achevé un mandat sans remanier son gouvernement. Lui qui en a fait plus d’une trentaine en 43 ans de pouvoir. Au lendemain de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018, le président réélu a nommé le 4 janvier (en réalité un léger remaniement) l’équipe actuelle dirigée par Joseph Dion Ngute. Au cours du mandat, quatre ministres et assimilés sont décédés : Adoum Gargoum (ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, le 8 mars 2021), Alim Hayatou (secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé publique, le 5 avril 2021), Clémentine Ananga Messina (ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture et du développement rural, le 5 août 2022), Gabriel Dodo Ndoke (ministre des Mines et du développement technologique, en janvier 2023). Aucun d’eux n’a été remplacé. Et en prélude à la dernière élection présidentielle tenue le 12 octobre 2025, deux autres ministres ont démissionné, pour se présenter contre leur ancien allié gouvernemental : Issa Tchiroma (ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle) et Bello Bouba Maïgari (ministre du Tourisme et des loisirs). Ils n’ont jamais été remplacés. A chacun de ces postes, Paul Biya a fait nommer des intérimaires pour officier es qualité.

Promesse

Au cours de son discours à la jeunesse le 10 février dernier, l’homme a encore surpris en annonçant (ce qu’il n’a jamais fait), un remaniement ministériel « dans les prochains jours », en promettant aux jeunes et aux femmes plus de responsabilités. Ces « prochains jours » n’arrivent pas toujours depuis plus d’un mois. Renouvelant un engagement déjà pris le 6 novembre lors de son investiture, sans en donner acte lors des élections régionales du 30 novembre suivant.

Entre temps, les élections municipales et législatives initialement prévues en 2025, ont été renvoyées en 2026. A ce jour, alors qu’il était attendu le 10 février pour annoncer une date pour les municipales, Paul Biya a glissé au détour de son adresse à la jeunesse, que le calendrier électoral connaîtra un léger réajustement. Pas plus. Aucun texte n’a clairement procédé à ce réajustement. Les municipales ne pouvant plus être renvoyées que dans un délai de trois mois.

Entre temps, la session parlementaire qui s’ouvre aujourd’hui pourrait être l’occasion pour les députés de procéder à une rallonge de leur propre mandat. Et tout porte à croire que comme il le fait depuis 2002, Paul Biya qui évoque de plus en plus des tensions de trésorerie, devrait coupler ces deux élections.

Rébellion interne

Dans la préfectorale, la quasi-totalité des préfets et gouverneurs a dépassé l’âge de la retraite, tout comme la plupart des dirigeants de sociétés d’Etat, qui ont fait plus des neufs ans requis dans la loi du 12 juillet 2017. Malgré les critiques et dénonciations, et même la démission du Pr Viviane Ondoua Biwolé (jadis directrice générale adjointe de l’Institut supérieur de management public), Paul Biya est resté de marbre.

Des sources annoncent une modification de la constitution du 18 janvier 1996, et dans la foulée, l’institution d’un poste de vice-président. Lequel devrait être une sorte de levier clair sur lequel le président devrait pouvoir diriger et se faire remplacer en cas d’absence comme c’est plus souvent le cas. Le dispositif actuel présentant une sorte de cafouillage, avec un Premier ministre et un secrétaire général de la présidence de la République qui malgré la définition de leurs missions et compétences, se marchent parfois dessus, comme on l’a vu dans le feuilleton du Port autonome de Douala. Et du côté du Parlement, la primauté n’est pas toujours celle prévue par la constitution. Un poste de vice-président, avec le pourvoi de tous les postes au sein de l’exécutif du parti au pouvoir, devraient indiquer une porte de sortie pour Paul Biya qui, quoi que l’on dise, n’est plus le gage de l’avenir du pays. Le président du Cameroun est officiellement âgé de 93 ans dont 43 passés à la tête de l’Etat. C’est le plus vieux président en exercice au monde.    

Mais en revenant sur la session parlementaire qui s’ouvre ce 10 mars, un changement de cartes tant à la présidence du Sénat que de l’assemblée nationale, donnerait le signe d’un mouvement d’ampleur dans un futur proche. D’autant plus que c’est pratiquement tout l’appareil de l’Etat qui est à refaire au niveau des hommes. Les yeux de l’opinion sont rivés sur le Plateau Atemengue à Ngoa-Ekelle et le mont Nkolnyada où siègent respectivement l’assemblée nationale et le sénat. Entre temps, si les hommes en place se livrent de plus en plus à une guerre ouverte, plusieurs aspirants, notamment les jeunes et les femmes à qui Paul Biya a fait des yeux doux, rongent leurs freins. Las d’attendre, certains dans le camp même du président, se rebellent contre la discipline du parti. N l’a vu lors des élections des exécutifs régionaux dans le Sud et l’Extrême-Nord où le choix de la hiérarchie du parti a été vomi par la base. La balle est dans le camp de Paul Biya.

Lékié : polémique autour de la récupération politique des appuis agricoles de l’État

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Des appuis destinés aux populations agricoles

Dans le département de la Lékié, la gestion et la communication autour des dotations agricoles de l’État suscitent de vives réactions. Plusieurs observateurs dénoncent l’attitude de certaines élites locales accusées de récupérer à leur profit politique les appuis publics destinés aux producteurs. Ces dotations, distribuées dans le cadre des programmes du ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), comprennent notamment des semences améliorées, des intrants agricoles et divers équipements destinés à soutenir la production et à améliorer les conditions de travail des agriculteurs. Selon certaines sources locales, ces appuis financés par l’État sont parfois présentés sur le terrain comme des initiatives personnelles ou comme des actions portées par des acteurs politiques locaux, suscitant des critiques au sein des communautés rurales.

Pour plusieurs acteurs du développement local, cette pratique contribue à brouiller la perception des politiques publiques et à détourner l’attention de l’objectif principal de ces programmes : soutenir les agriculteurs et renforcer la production agricole. Face à ces dénonciations, des voix s’élèvent pour appeler à davantage de transparence dans la distribution et la communication autour des appuis du Minader, afin que les populations agricoles de ce département réputé pour son engagement dans le secteur agricole, bénéficient pleinement des initiatives mises en place par l’État.

Conflit Iran–États-Unis–Israël : quels impacts économiques pour l’Afrique

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Par Haiwang Djamo, Analyste de Recherche et Henri Kouam, Directeur Exécutif CEPI

Introduction

Le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis est une menace pour la stabilité économique mondiale. Il faut se rendre à l’évidence que les conflits géopolitiques ne restent jamais confinés à une seule région. Ces derniers se transmettent rapidement aux marchés mondiaux de l’énergie, aux chaînes d’approvisionnement et aux prix des produits alimentaires. Et pour l’Afrique, dont de nombreux pays dépendent encore largement des importations d’énergie et de denrées alimentaires, le prolongement de cette guerre pourrait déclencher un choc économique important. C’est pourquoi, conscientes des risques, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine ont exprimé leur inquiétude face aux conséquences possibles de cette crise pour les économies africaines. En fin de compte, nous avons besoin de stimuler l’entreprenariat et la liberté économique. 

Le risque d’un choc pétrolier mondial

Le Golfe Persique concentre une part importante de la production pétrolière. Le détroit d’Ormuz est une voie maritime pour le commerce du pétrole, où une grande partie du pétrole mondial y transite chaque jour. Environ 17 à 18 millions de barils de pétrole y transitent quotidiennement. Si le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis persiste, cela pourrait perturber le passage des navires et provoquer une hausse rapide des prix du pétrole sur le marché mondial.  

Une telle situation aurait des effets immédiats sur les économies africaines. La plupart des pays d’Afrique importent du carburant ou des produits pétroliers raffinés (environ 120 millions de tonnes par an). En effet, lorsque le prix du pétrole augmente sur le marché international, les conséquences sont inévitables car le prix du carburant augmente aussi dans les pays africains.

Cette hausse du carburant affecte donc toute l’économie. Les coûts de transport deviennent plus élevés, les prix des produits alimentaires augmentent et les entreprises doivent faire face à des coûts de production très importants. Et au final, ce sont les ménages qui ressentent les effets de cette situation, avec une augmentation du coût de la vie et une baisse du pouvoir d’achat.

Les risques pour la sécurité alimentaire

L’Afrique dépend encore fortement des importations des produits alimentaires. Par exemple, environ 40 % des céréales consommées sur le continent sont importées, tandis que plus de 80 % des engrais utilisés en agriculture proviennent de l’extérieur. La guerre en Ukraine pour ne citer que celle-là, a déjà montré à quel point un conflit international peut provoquer des perturbations importantes sur les marchés agricoles mondiaux.  La crise au Moyen-Orient vas entraine une hausse du coût de l’énergie et du transport maritime et les prix des denrées alimentaires pourraient également augmenter – un risque pour les Africains qui importent presque 40% de ce qu’il consomme. De surcroit, dans de nombreux pays africains, une grande partie des revenus des ménages est consacrée à l’alimentation. Une telle hausse pourrait donc aggraver la pauvreté et accroître les tensions sociales.

Les économies africaines restent structurellement vulnérables aux chocs extérieurs

Les pays africains sont très vulnérables aux chocs extérieurs. Beaucoup de pays font déjà face à des niveaux d’endettement élevés. L’inflation est persistante et la croissance économique est fragile. Dans ce contexte, une hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires pourrait compliquer davantage la gestion macroéconomique. Par conséquent, les gouvernements pourraient être obligés d’augmenter les subventions pour maintenir les prix du carburant à un niveau acceptable. Au Cameroun, l’inflation reste élevée, après 7% en 2023, l’inflation a reculé à 4.5% en 2024 avant d’arriver à 3.1%. Notre dette est très soutenable Parra port a d’autres pays Africains mais, si Iran ferme le Strait et continue de bomber les infrastructures des autres pays, le Camerounais vont payer cher. N’oublions pas que le Cameroun comme tant d’autre ne raffine pas le pétrole qui est utiliser dans les voitures et avions. 

Les africains ne produisent pas beaucoup

À l’heure actuelle, la raffinerie nigériane de Lagos produit 650 000 barils par jour, tandis que les anciennes raffineries publiques de Port Harcourt et Kaduna sont en cours de réhabilitation. D’autres pays comme l’Égypte et l’Afrique du Sud exploitent des raffineries, mais celles-ci ne suffisent pas à répondre à la demande africaine, avec une production de seulement 120 000 à 160 000 barils par jour. 

La plus grande raffinerie d’Afrique du Nord, située en Algérie, n’a qu’une capacité de 350 000 barils par jour. Au total, l’Afrique produit moins de 5 millions de barils par jour de pétrole raffiné pouvant être utilisé dans les vélos et les motos, alors qu’elle en a besoin. L’Afrique importe actuellement environ 120 millions de tonnes de produits pétroliers, pour un montant estimé à 90 milliards de dollars, principalement en provenance du Moyen-Orient, de l’Inde et de l’Europe, sous l’impulsion de l’Afrique du Sud, du Nigeria, de l’Égypte et du Maroc. Étant donné qu’un tiers des pays africains sont menacés par le surendettement, la hausse des prix du pétrole pourrait compromettre une reprise déjà fragile et aggraver l’impact de l’augmentation du niveau d’endettement. 

L’urgence de renforcer la résilience économique via la zone de libre-échange continentale africaine (zlecaf)

Chaque crise mondiale rappelle la nécessité pour l’Afrique de renforcer sa résilience économique. Le conflit au Moyen-Orient le rappelle encore une fois.  N’est-ce pas une autre occasion d’accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf ? 

En effet, la dépendance du continent aux importations d’énergie, d’engrais et de produits alimentaires rend les économies africaines particulièrement vulnérables aux crises internationales. La ZLECAf pourrait contribuer à réduire cette vulnérabilité en stimulant le commerce intra-africain et en facilitant la circulation des produits agricoles et industriels entre les pays africains.

Le renforcement des chaînes de valeur régionales dans des secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’agro-industrie et l’énergie pourrait également permettre aux pays africains de mieux absorber les chocs extérieurs. Par exemple, une meilleure coopération régionale dans la production d’engrais, la transformation agricole ou encore les infrastructures logistiques pourrait réduire la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.

Recommandations 

Le Cameroun doit investir dans SONARA pour raffiner le pétrole en produits utilisable par les camerounais. Si Dangote l’as fait au Nigeria, nous pouvons aussi le faire avec un peu de volonté. Il faut supporter la mise en œuvre de la ZLECA et la libéralisation des marchés pourrait attirer les investisseurs. Nous n’avons pas besoin de plus d’incitations fiscales car 10 ans sans impôts, zero charge sur les titres fonciers reste louable. Il faut populariser ces mesures pour attirer les investisseurs et trouver une véritable solution au problème de la corruption. 

Conclusion

Les crises géopolitiques ont toujours des répercussions économiques bien au-delà des régions directement concernées. Pour l’Afrique, l’enjeu ne consiste pas seulement à observer l’évolution du conflit, mais à anticiper ses conséquences économiques. Cette crise et toutes celles qui ont précédées devraient donc servir de leçon car, la résilience économique repose avant tout sur la diversification des sources d’énergie, le renforcement de la production locale et l’approfondissement de l’intégration économique régionale. Dans cette perspective, la mise en œuvre effective de la ZLECAf apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la résilience économique du continent. 

Coffee time : Douala accueille un forum pour faciliter le financement des PME 

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L’évènement prévu le 25 mars prochain mettra en relation les PME et les responsables des institutions financières avec la possibilité de décrocher des crédits bancaires.

 La cinquième édition du Coffee Time est annoncée pour le 25 Mars 2026 dans la ville de Douala. Placé sous le haut patronage du ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, l’évènement abordera une question cruciale pour les PME camerounaises, l’accès au financement. Il intervient dans un contexte où le financement est considéré par le Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam) comme le principal frein au développement des PME.

 Cette rencontre de Douala mettra autour de la table les promoteurs de PME et les acteurs du système financier suivant le thème « Construire des passerelles efficaces entre l’État et les banques locales pour une croissance inclusive et durable ».  Ce sera un cadre d’échange, de partage, de mise en relation et d’information des PME avec les acteurs bancaires et institutionnels.  « Le Coffee Time offre aux PME l’opportunité de rencontrer d’autres acteurs du monde des affaires, favorisant le réseautage et la création de de partenariats stratégiques durables », renseignent les organisateurs.

 C’est aussi un moment d’éducation financière pour les PME afin de renforcer les connaissances et compétences de leurs dirigeants en matière de gestion financière. Il est question de favoriser entre autres, la compréhension des concepts financiers ; l’optimisation de la gestion des ressources ; l’amélioration de la rentabilité et la réduction des risques financiers.  Cette approche devrait aussi avoir un impact sur les ODD notamment l’ODD 1 qui vise l’élimination de la pauvreté à l’horizon 2030.

Sont attendus, les dirigeants de PME à la recherche des solutions de financement et d’accompagnement pour développer leurs activités ; des responsables de projets en quête de financement et d’expertise pour concrétiser leurs initiatives mais aussi des porteurs d’idées de projets innovants cherchant orientation et accompagnement. Koffee Time leur permettra d’avoir accès à l’information pertinente à travers un réseau constitué entre 6 et 13 établissements bancaires partenaires Des données portant entre autres sur les tendances du marché, marché, les meilleures pratiques et les opportunités émergentes seront partagées.

Porté par le cabinet Advice/ ydaict, Coffee Time est déployé dans six villes du pays avec un impact sur plus de 12000 entreprises par an. Les organisateurs revendiquent déjà un taux  d’amélioration de l’accès au crédit bancaire de 40% pour les PME camerounaises ayant participé à ce concept.

Réaction

Steve BIME, promoteur de Cofee Time

« Nous voulons combiner l’accès à l’information bancaire et aux questionnements du promoteur de PME »

« Mon expérience professionnelle cumulée à mon parcours entrepreneurial m’ont permis de faire le parallèle entre la position confortable du banquier et la démarche tâtonnante du porteur de projet dans sa quête de financement. Comme Diogène de Sinope, l’entrepreneur est parfois abandonné à sa propre réalité, errant à la recherche d’une clientèle et d’informations adéquates face aux défis quotidiens, notamment la question du financement. Face à cet antagonisme, s’est établie la nécessité de combiner l’accès à l’information bancaire et aux questionnements du promoteur de PME. Ce constat nous a amenés à établir un fil d’Ariane facilitant l’interaction entre la banque et son client via des séances d’échanges conviviales baptisées Coffee Time.  Les présentations d’experts bancaires et financiers constituent le cœur de l’événement. Ces sessions permettent aux PME d’accéder directement aux informations stratégiques et aux conseils pratiques des professionnels du secteur financier. »

Assurance :  3 compagnies camerounaises dans le top 10 africain

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SAAR, Chanas Assurances et Activa figurent en tête du classement des sociétés non-vie de la zone CIMA sur la base des données 2024 intégrant en plus du chiffre d’affaires, des critères tels que le rapport résultats d’exploitation/primes émises, le ratio combiné, les fonds propres, le taux de couverture des engagements réglementés.

Selon les données 2024 fournies par la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (Fanaf ), un dynamisme est observé sur le marché africain des assurances au cours de la période étudiée.  Ces données ont été compilées par Atlas Magazine qui a récemment publié son palmarès 2026, un classement des entreprises non-vie de la zone Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (Cima).

 Ce palmarès laisse voir une bonne performance affichée des compagnies camerounaises. Dans le top 10, figurent en effet trois sociétés du Cameroun : La Société Africaine d’Assurances et de Reassurance (SAAR), Chanas Assurances et Activa. La SAAR occupe la troisième position sur les 10 tandis que Chanas et Activa sont respectivement à la 7eme et 8eme place du classement.

Plus globalement, c’est NSIA vie Côte d’Ivoire qui est en tête, suivie par l’Africaine des Assurances du Benin. Dans le quinté figure aussi Sanlam Allianz côte d’ivoire assurances vie et Sonam Assurances vie.  Ce classement, selon Atlas Magazine a pris en compte plusieurs critères. « Le Palmarès des assureurs est établi à partir d’un système de scoring intégrant le chiffre d’affaires, le rapport résultats d’exploitation/primes émises, le ratio combiné, les fonds propres, le taux de couverture des engagements réglementés, les actifs admis en représentation, le chiffre d’affaires par branche et la productivité par salarié », explique le tabloïd.

Au niveau local, Activa est toujours classée parmi les plus importantes compagnies d’assurance dans la branche vie au Cameroun en fonction du chiffre d’affaires. Les données 2024 de l’Association des Sociétés d’Assurances du Cameroun (Asac) la classaient en cinquième position avec 8,5 milliards de FCFA de chiffres réalisés. Le podium étant occupé en premier par SanlamAllianz Vie avec 29,47% de parts de marché, PruBli (24,71%) et Sunu Vie (10,81%) et Wafa Assurance Vie Cameroun. Ceci pour une taille globale de 285 milliards FCFA, dont 185,7 milliards de FCFA et 97,1 milliards FCFA de primes émises en 2024 par la vie et capitalisation, soit avec 34,08% des parts de marché.

Interview

 Richard LOWE, président du groupe Activa

« Les sociétés d’assurance doivent poursuivre leurs efforts d’innovation »

A la tête d’Activa, société d’assurance présente sur le marché africain depuis près de 20 ans, il nous livre une analyse du marché africain des assurances en soulignant ses forces mais aussi ses défis et opportunités à l’ère de la digitalisation.

 Comment évaluez-vous l’évolution du marché africain de l’assurance depuis vos débuts dans le secteur ?

Le marché africain de l’assurance demeure encore aujourd’hui relativement marginal à l’échelle mondiale, représentant environ 1,5% à 2% du chiffre d’affaires global du secteur. Toutefois, il convient de souligner qu’il s’agit, depuis près de quinze ans, de l’une des régions affichant les taux de croissance les plus soutenus au monde. Cette progression s’est réalisée dans des contextes parfois marqués par des instabilités sociopolitiques, sans pour autant compromettre durablement la dynamique de croissance observée dans la majorité de nos pays d’implantation. De manière plus globale, l’Afrique s’est positionnée comme la deuxième zone mondiale en termes de croissance du secteur sur cette période.

 Qu’est ce qui selon vous justifie cette tendance haussière ?

Sur le plan réglementaire, nous constatons une implication de plus en plus forte des autorités de régulation, avec une volonté affirmée de renforcer la solidité du marché, de limiter le recours excessif à la réassurance extérieure et de favoriser une meilleure contribution du secteur de l’assurance au financement des économies africaines. Du côté des acteurs, le marché connaît une professionnalisation progressive, marquée notamment par l’émergence de groupes africains régionaux structurés, solides et ambitieux, capables de porter une vision à long terme du développement du secteur sur le continent africain régionaux structurés, solides et ambitieux, capables de porter une vision à long terme du développement du secteur sur le continent.

Quels sont, selon vous, les principaux freins à la pénétration de l’assurance en Afrique aujourd’hui ?

La pénétration de l’assurance en Afrique demeure aujourd’hui faible, autour de 2%. L’enjeu pour le secteur est d’accompagner une progression de ce taux vers un niveau d’environ 5% à l’horizon 2030, à condition de lever un certain nombre de freins structurels. Le premier enjeu réside dans le renforcement du professionnalisme des compagnies d’assurance, notamment en matière de respect des engagements, de déontologie et de qualité de service. La régulation joue également un rôle clé. Une approche davantage orientée vers la synergie avec les acteurs du marché permettrait d’accélérer le développement du secteur, notamment à travers l’extension des assurances obligatoires, le transfert à l’assurance de certains risques aujourd’hui supportés par les États, ainsi qu’une réflexion approfondie sur d’autres mécanismes structurants.

Par ailleurs, les évolutions fiscales constituent un levier important, en particulier pour stimuler le développement des assurances vie. Enfin, les sociétés d’assurance doivent poursuivre leurs efforts d’innovation, en tirant pleinement parti des opportunités offertes par la digitalisation, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies, tout en accélérant le déploiement de solutions de micro assurance et d’assurance inclusives, mieux adaptées aux réalités socioéconomiques africaines.

Source : financial Afrik

Médias : L’Assemblée nationale crée sa radio et sa télé

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Le paysage audiovisuel camerounais va bientôt s’enrichir de deux organes relevant du secteur public. En effet, l’Assemblée nationale annonce la création de sa radio et de sa chaîne de télévision qui seront baptisés respectivement Radio AN et AN/TV. Si la nouvelle n’est rendue publique que ce jour, le document est signé du 6 mars, soit trois jours déjà. Cavaye Djibril ne l’a pas laissée être diluée dans les bruitages du 8 mars.

Le président de l’Assemblée nationale justifie ce gros projet par des  »nécessités de service  ». Pas plus. Cavaye Yeguie Djibril n’est peut-être pas satisfait des états de service de la Cameroon radio télévision (Crtv) qui officiellement assure une mission de service public, mais qui s’avère être au service du gouvernement. Avec une brigade spéciale pour chacune des hautes institutions de la République, pour amplifier leurs communication et image. Et donc de l’Assemblée nationale aussi. En tout cas, la Chambre basse du parlement entend se doter de ses propres médias audiovisuels.

Dans cette perspective , l’Assemblée nationale est sur les pas de la présidence de la République qui a depuis quelques années crée sa propre chaîne de télévision. Même si finalement priorité est toujours accordée à la Crtv pour les communications importantes et officielles de l’Etat.

Drame de Souldé-Roua : Un an après, corps « confisqués », familles en souffrance, chercheurs muselés

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Malgré les décorations décernées par le président de la République, les procédures n’avancent pas.
Ce 2 mars 2026, cela fait exactement un an que la communauté nationale a vécu un des drames les plus atroces de l’histoire du pays : trois citoyens brulés vifs dans le village Mbalda, dans le département du Mayo-Tsanaga. Il s’agit de Frédéric Mounsi, chargé de recherche au Centre de recherches géologiques et minières de l’université de Garoua, Dr Bienvenue Bello, enseignant vacataire à l’université de Garoua et leur accompagnateur transporteur Oumarou Kabalay.

Le sort qui avait été réservé aux chercheurs

A ce jour, les familles n’ont pas encore bouclé avec le deuil ; car « les promesses du gouvernement pour l’organisation des obsèques n’ont pas encore été tenues, malgré les demandes insistantes de leurs parents», regrette Alban Ngatchou, président national du Syndicat national des chercheurs du Cameroun (Synac). On se souvient qu’après l’extraction des corps, amis, frères, collègues, des disparus, s’étaient mobilisés pour les obsèques, avant d’être stoppés net par le gouvernement, dans un contexte où des enveloppes de quelques dizaines de mille avaient été proposées aux familles. Lesquelles ont refusé de les prendre, d’autant plus qu’il ne leur avait pas clairement été expliqué les tenants et les aboutissements de ces enveloppes. Les corps avaient ainsi été mis à la morgue de l’hôpital militaire de Maroua, sur instruction du gouverneur de l’Extrême-Nord. Depuis, plus rien. « Je ne sais pas où aller pour qu’on nous écoute afin de libérer le corps de notre enfant Frédéric, tué par les populations de Soulédé-roua. Pourquoi l’État refuse de comprendre que les familles sont encore sous le choc ? Des personnes brûlées vives avant d’être mises dans une fosse commune ? Et après exhumation des restes mortuaires, je n’arrive pas à comprendre pourquoi on nous tourne en rond », se demande Baissou l’oncle de Frédéric Mounsi. « Même si c’est juste la tête de mon enfant qui reste, qu’ils me restituent pour aller enterrer à côté de son père et de sa mère à Madingring », implore. La mère de Frédéric Mounsi ayant suivi son fils dans l’au-delà, entre temps. Le 11 septembre 2025, six mois après le drame, cette maman de 77 ans, a cédé au choc psychologique qu’elle ne parvenait pas à supporter.

Chercheurs muselés

Face à cette situation, «le Synac déplore cette souffrance infligée aux parents, le non-respect de la dignité humaine pour des chercheurs qui étaient pourtant en mission de recherche pour le développement du Cameroun et le refus du gouvernement de permettre aux chercheurs d’honorer la mémoire de Mounsi Frédéric dans son institut de recherche d’attache (Irgm) ». En effet, toutes les initiatives entreprises par les chercheurs en l’honneur de leurs camarades et collègues ont été interdites, voire réprimées par la force comme ce sit-in qu’ils avaient initié à Garoua.

Les corps exhumés

Dans la foulée, Alban Ngatchou le président du Synac qui était en détachement à l’Institut de recherche agricoles pour le développement (Irad), a été renvoyé à son administration d’origine, le ministère de la recherche scientifique et de l’innovation. L’Irad dont le directeur est un proche parent de Frédéric Mounsi.

Les premières personnes arrêtées

Un certain 02 mars 2025, le département du Mayo-Tsanaga se réveille avec un drame d’un autre genre. Trois individus sont brulés vifs dans le village Mbalda, dans l’arrondissement de Souledé-Roua, département du Mayo-Tsanaga. Aperçus avec un appareillage peu ordinaire, les trois hommes sont pris pour des éléments de Boko Haram et arrêtés par des villageois regroupés à la faveur du marché périodique de la zone. Malgré leurs supplications, les trois hommes seront battus puis brûlés par une foule surexcitée. La gendarmerie alertée se contentera d’assister en spectatrice au lynchage des trois hommes qui pourtant ont brandi leurs pièces d’identité. C’est l’examen de ces pièces qui permettra de reconnaître Frédéric Mounsi, chargé de recherche au Centre de recherches géologiques et minières (Crgm) de Garoua, Dr Bienvenue Bello, enseignant vacataire à l’université de Garoua, et de leur guide Oumarou Kabalay. Les restes inhumés au cimetière municipal de la localité, seront exhumés le 14 mars 2025, et se trouvent à la morgue de l’hôpital militaire de Maroua depuis lors.

Arrestations

Les enquêtes ouvertes ont donné lieu à des arrestations engagées dans la nuit du 10 au 11 mars 2025 à Souledé-Roua. 26 personnes sont interpellées et placées en détention à la prison de Mokolo. Le 26 mars 2025, le président de la République salue la mémoire des disparus, à titre posthume : les deux chercheurs sont faits Chevaliers de l’ordre national de la valeur, tandis qu’Oumarou Kabalay reçoit la distinction de Chevalier de l’ordre du Mérite camerounais. Depuis, plus rien. Sur le plan judiciaire, l’affaire demeure en instruction devant le tribunal de grande instance de Mokolo. Parmi les personnes arrêtés, le lawan (chef traditionnel) de Mbalda.

Cybersécurité : le dispositif de veille du WILPF Cameroon attire l’attention du Minpostel

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« Barrer la voie à la guerre », « Non aux discours de haine » et « rêver d’un Cameroun meilleur pour nos enfants ». Ces mots résument l’esprit qui anime les initiatives du WILPF Cameroon. La plateforme s’emploie à renforcer les capacités des hommes et des femmes pour éliminer les violences basées sur le genre, soutenir les communautés et encourager des relations plus équilibrées entre hommes et femmes.

Dans cette dynamique, l’Association des femmes du ministère des Postes et Télécommunications s’est rendue ce vendredi 6 mars au siège de l’organisation pour découvrir la salle de veille et d’alerte des femmes et des jeunes, un mécanisme conçu pour la cybersécurité en plus de suivre et analyser les incidents violents signalés sur le terrain.

La visite s’inscrit dans les activités organisées à l’occasion de la 41e édition de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée cette année autour du thème « Droit, justice, actions pour toutes les femmes et les filles ».

Une salle de veille pour surveiller les violences

Pour les responsables du WILPF, cette salle constitue un outil opérationnel de suivi des incidents à risque conflictogène.

 « La salle de veille et d’alerte des femmes et des jeunes. C’est un mécanisme mis sur pied par WILPF Cameroon pour remonter les incidents à risque conflictogène, notamment dans le cadre des élections présidentielles. Le Minpostel a voulu venir voir comment cette salle fonctionne, quelles sont ses différentes composantes et comment nous traitons les incidents signalés », a expliqué Ndongo Zeynab, coordonnatrice des opérations de la salle de veille et d’alerte des femmes et des jeunes.

Selon elle, l’objectif consiste à identifier les tensions et à proposer des réponses adaptées. « Nous remontons des incidents à risque conflictogène parce que nous avons observé beaucoup de cas de violence dans plusieurs régions du Cameroun, notamment dans l’Est et dans le Littoral. La salle de veille cherche à voir comment apporter des réponses directes à ces différentes violences sur le territoire », explique la coordonnatrice.

Depuis la mise en service du dispositif, les signalements se sont multipliés.« Depuis le 10 octobre 2021, nous avons reçu 2063 cas dans la salle des opérations qui ont ensuite été remontés à la salle d’analyse », précise-t-elle.

Le regard des femmes du Minpostel

La délégation de La Tutelle : l’Association des femmes du Minpostel, conduite par sa présidente Rolande Pende Dzebaze, dit avoir découvert un dispositif plus large que ce qu’elle imaginait. « Nous venons de visiter la salle de veille d’alerte des femmes et des jeunes et nous sommes très contentes d’avoir découvert ce centre que nous ne connaissions pas avant, mais surtout d’avoir découvert ses activités », confie-t-elle.

La responsable souligne notamment la dimension technologique du travail mené par l’équipe. « Nous avons été marquées par tout ce qui est fait en matière de cybersécurité. Même si cela intervient souvent dans le cadre des élections, nous avons vu que le monitoring des situations conflictuelles se fait à tout moment et c’est très important », explique-t-elle.

Pour elle, la démarche du WILPF Cameroon va plus loin que la sensibilisation classique. « Au ministère des Postes et Télécommunications, La Tutelle porte un projet intitulé F-Cyber Security. Nous faisons beaucoup de sensibilisation sur la cybersécurité. Mais ici, nous avons vu qu’au-delà de la sensibilisation, il y a une veille permanente et même des propositions d’actions pour les situations relevées », affirme Rolande Pende Dzebaze.

Un dispositif appelé à se renforcer

La présidente de l’Association des femmes du Minpostel envisage déjà de relayer l’expérience auprès de sa hiérarchie.

« Nous allons faire un compte rendu à notre hiérarchie et à la ministre des Postes et Télécommunications pour qui, la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité sont très importantes », indique la présidente de La Tutelle, une association regroupe, apprend-on, plus de 200 femmes au sein du ministère.

Quand la technologie devient un outil de prévention

Pour le WILPF Cameroon, la salle de veille constitue désormais un instrument central dans la prévention des violences. Le dispositif permet de collecter les signalements provenant du terrain, d’en analyser les tendances et d’alerter sur les situations susceptibles de dégénérer.

NDONGO Zeynab rappelle que la mission de l’organisation dépasse le cadre électoral. « La salle de veille reçoit aussi des cas de violences basées sur le genre que nous observons sur le terrain. La Journée internationale des femmes est pour nous un moment pour réfléchir à la manière de prévenir toutes ces violences », affirme-t-elle.

Dans un contexte marqué par la multiplication des tensions sociales et des violences faites aux femmes, cette convergence entre cybersécurité institutionnelle et mécanismes citoyens d’alerte ouvre la voie à de nouvelles approches de prévention. Un terrain où la technologie, la mobilisation communautaire et l’engagement des femmes cherchent désormais à peser dans la protection des populations.

INVESTIR DANS LA FEMME, C’EST BÂTIR LE CAMEROUN ET L’AFRIQUE DE DEMAIN

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Celestin GUELA SIMO, Directeur Général d’Afriland First Bank

Chaque 8 mars, le monde s’arrête un instant pour célébrer la femme. Au-delà des fleurs et des discours, cette journée doit être l’occasion d’un engagement sincère et mesurable. En Afrique centrale où les femmes représentent près de 52 % de la population et sont le pilier de l’économie informelle, l’enjeu n’est plus de savoir si nous devons agir, mais comment nous devons accélérer l’inclusion sociale.

A Afriland First Bank, nous avons fait un choix stratégique : l’autonomisation économique des femmes n’est pas un programme social en marge de notre activité. C’est un levier central de notre mission et de notre plan stratégique Horizon 2030.

Les obstacles persistent

Dans la zone CEMAC, moins de 25 % des femmes détiennent un compte bancaire formel. L’accès au crédit reste un obstacle majeur : les femmes entrepreneures reçoivent une fraction infime des financements accordés par le secteur bancaire. Non pas par manque de talent, de créativité ou de résilience – mais par manque de garanties formelles, de réseaux et d’accompagnement adapté. Evidemment ce ne sont pas les femmes qui manquent de capacités. C’est parfois le système financier qui manque d’imagination. Et c’est précisément ce paradigme qu’Afriland First Bank entend transformer.

Notre conviction : la femme est au cœur de la croissance africaine

Depuis sa création, Afriland First Bank porte la vision d’une banque au service de l’Afrique réelle, celle des marchés, des champs, des ateliers et des foyers. Cette Afrique a un visage majoritairement féminin. La commerçante de Douala qui traverse les frontières avec sa marchandise, l’agricultrice du Grand Nord qui nourrit sa communauté, la jeune diplômée de Yaoundé qui lance sa startup technologique… ; Voila autant de pistons du moteur de la transformation que nous devons accompagner. D’après plusieurs études internationales, chaque franc investi dans l’autonomisation économique d’une femme génère un effet multiplicateur considérable sur l’éducation des enfants, la santé communautaire et la croissance locale. Investir dans la femme, ce n’est pas faire de la philanthropie. C’est faire de la bonne stratégie économique.

Notre engagement

A Afriland First Bank, nous ne croyons pas aux déclarations d’intention sans lendemain. Notre engagement pour l’autonomisation des femmes se traduit en actions mesurables :

  • Un accès facilité au crédit : Nous avons développé des produits financiers adaptés aux réalités des femmes entrepreneures : des lignes de crédit avec des conditions souples, des mécanismes de garantie alternatifs qui tiennent compte des spécificités de l’entrepreneuriat féminin, et un accompagnement personnalisé de la création à la croissance de l’entreprise.
  • L’inclusion financière par le digital : Notre stratégie de transformation numérique place la femme au centre. Le mobile banking, les solutions de paiement simplifiées et les plateformes d’épargne digitale que nous déployons à travers notre présence dans toutes les localités visent en priorité à bancariser les femmes qui n’ont que rarement eu accès aux services financiers formels.
  • La formation et le mentorat : Financer ne suffit pas. Nous investissons dans des programmes d’éducation financière, de gestion d’entreprise et de leadership féminin. Parce que l’autonomisation véritable passe par le savoir et la confiance en soi.
  • La parité en interne : L’engagement commence chez nous. Afriland First Bank travaille activement à renforcer la représentation des femmes aux postes de responsabilité, à garantir l’équité salariale et à créer un environnement de travail où chaque personne peut réaliser pleinement son potentiel.

Horizon 2030 : une ambition transformatrice

Dans le cadre de notre plan stratégique Afriland Horizon 2030, nous nous fixons des objectifs ambitieux : augmenter significativement la part des femmes dans notre portefeuille de crédit PME, déployer des programmes dédiés à l’entrepreneuriat féminin dans chacune de localités et devenir la banque de référence en matière de finance inclusive pour les femmes en Afrique centrale et au-delà.

Nous renforçons également nos partenariats avec les institutions de développement telles que Proparco, la Société Financière Internationale (IFC), la Islamic Development Bank (IDB) et l’African Guarantee Fund (AGF) – pour mobiliser des ressources dédiées au financement des femmes. Ces alliances stratégiques nous permettent de démultiplier notre impact et de créer un écosystème favorable à l’émancipation économique de la femme.

Un appel à l’action collective

L’autonomisation économique des femmes ne peut être l’affaire d’une seule institution. C’est un défi systémique qui appelle une réponse collective. J’invite mes pairs du secteur bancaire, les régulateurs de la COBAC et de la BEAC, les pouvoirs publics et la société civile à conjuguer nos efforts.

Ensemble, nous pouvons faire de la zone CEMAC un espace où être femme n’est plus un handicap économique mais un atout. Un espace où le talent, l’ambition et le travail sont les seuls critères de réussite.

Au-delà du 8 mars…

Le 8 mars n’est pas une destination. C’est un point de départ renouvelé chaque année. A Afriland First Bank, notre engagement envers les femmes ne se limite pas à une journée. Il est inscrit dans notre ADN, dans notre stratégie, dans chaque décision que nous prenons.

Parce que nous en sommes profondément convaincus : une Afrique qui libère le potentiel économique de ses femmes est une Afrique qui avance deux fois plus vite.

 Bonne fête à toutes les femmes ! Et surtout, bon courage pour les 364 autres jours de l’année où l’essentiel reste à construire.

Maroua : Un attentat suicide évité de justesse

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La ville de Maroua a évité de justesse un drame le 4 mars 2026 en fin d’après-midi. Des informations diffusées par des lanceurs d’alertes, puis confirmées par le quotidien L’œil du sahel, annoncent l’intrusion bruyante d’un homme en civil aux environs de 17h, dans les locaux de l’agence de la banque La Régionale, au quartier Founangé. L’individu identifié plus tard comme William Bagnia, militaire du grade d’adjudant, en service au 42e Bataillon d’Infanterie motorisé (BIM) basé à Mora, mais en détachement à la 4ème Région militaire interarmées (Rmia 4) basée à Maroua et avec compétence sur le Mayo-Louti, était porteur d’un colis particulier : une ceinture d’explosifs et d’un pistolet automatique.

On apprend de L’œil du Sahel dans son édition de ce 6 mars 2026, que « le militaire a menacé le personnel de l’établissement pour des raisons encore inconnues ». Semant la panique dans une institution dont la qualité reconnue est le calme. Les derniers clients présents pour des opérations bancaires, et le personnel, ainsi piégés, se sont mis à crier, avant d’être étouffés par les menaces du militaire. Il faudra l’intervention de la police et de la gendarmerie pour ramener la paix. Ces hommes en ténue ont réussi à désarmer leur frère d’armes, sans aucune détonation.

L’homme qui a été conduit dans les locaux régionaux de la Sécurité militaire (Semil) à Maroua, est cuisiné pour en savoir sur les mobiles de son acte. Selon des informations en circulation, il aurait exigé rencontrer son gestionnaire. Ce qui laisse penser que le problème qui le hante a un lien avec son compte bancaire ; et même tenté de se donner la mort avant l’intervention de la police et de la gendarmerie. Pour le moment, l’adjudant séjourne actuellement aux urgences de l’hôpital militaire à Maroua.

Cela survient dans un contexte marqué par la recrudescence des actes d’insécurité marqués par des attaques répétées de la secte terroriste Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord, du phénomène de coupeurs de routes et d’enlèvements avec demande de rançon, mais aussi, le trafic illicite des armes et drogues. Le moral des troupes engagées dans les différents fronts dans ce contexte peut ne pas toujours être haut.

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