vendredi, avril 10, 2026
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Reforme: La nouvelle Société Nationale d’Investissement à l’épreuve de la gouvernance

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La Société nationale d’investissement (SNI) telle qu’on la connaissait jusqu’ici va disparaître. Grâce à un décret du président de la République rendu public le 10 juillet 2024, elle devient une société à capital public avec l’Etat comme unique actionnaire, et ses missions, ainsi que son capital social ont été réaménagés, passant d’une trentaine de milliards de FCFA à 200 milliards. Cette nouvelle entité hérite également des actifs et des missions de la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic, du Bureau de mise à niveau des entreprises et de la Commission technique de privatisation et de liquidation des entreprises du secteur public et parapublic. En outre, la nouvelle SNI sera désormais soumise à la réglementation de l’acte uniforme Ohada, relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique.

Bras Séculier de l’Etat en matière d’investissements

Depuis ce réaménagement, certains observateurs avertis de la sphère économique locale sont dithyrambiques. C’est notamment le cas de Geoffray Desire Mbock, président du Conseil d’administration de la SNI qui croit savoir que le président de la République, à travers son décret, a fait de de la société dont il préside le conseil d’administration, la cheville ouvrière de l’économie nationale. «En signant les décrets que vous évoquez, par les nouvelles missions qu’ils lui assignent, par la variété de sources de financement auxquelles ils lui donnent accès, le président de la République a en réalité, procédé à la refondation de la SNI, c’est-à-dire, à la création d’un nouvelle entité, afin que cette dernière redevienne le bras séculier de l’Etat en matière d’investissements productifs, dans les domaines aussi variés que l’industrie, l’agriculture, les mines, la finance, le commerce et les services. En conclusion, avec ces décrets, la nouvelle SNI devrait, dans le domaine des investissements productifs, devenir la cheville ouvrière de la restructuration en profondeur de l’économie camerounaise telle que prévue par la stratégie nationale de développement SND30

Daniel Claude Abate, président Exécutif des entreprises du Cameroun (Mecam) partage également cette analyse. Pour cet homme d’affaires, l’ancienne SNI n’avait plus les coudées franches pour jouer le rôle auquel elle a toujours été prédestinée. «L’ancienne SNI était d’abord limitée dans ses missions. Au vu des évolutions dans le secteur économique et financier, elle était complètement dépassée par les évolutions, il fallait donc la réformer. Elle n’avait pas l’autorisation de mener des opérations sur le marché boursier, ou de gérer des actifs publics ou privés. Elle faisait certes des prises de participation à titre personnel, mais aujourd’hui on est beaucoup plus précis. La SNI peut intervenir en bourse, elle peut gérer des actifs au profit des démembrements de l’Etat et des organismes publics. Elle est donc un peu aujourd’hui comme le véritable bras d’investissement des pouvoirs publics», pense-t-il.

 Même son de cloche pour Viviane Ondoa Biwele, experte en politique publique qui s’étonne même que l’Agence de promotion des investissements (API) n’ait pas été reversée à la SNI. «Avant la réforme actuelle, les activités de la SNI ont été émiettées dans plusieurs domaines. On peut comprendre pourquoi l’Etat dans son souci de rationalisation redevient employeur. Il y a une sorte de réorganisation qui donne à la SNI, la responsabilité non seulement de la création, et du suivi, mais éventuellement de la privatisation. Puisque désormais, c’est elle qui va décider de ce qui reste dans le portefeuille de l’Etat et ce qui va partir. Pour résumer en un mot, la SNI va gérer la politique actionnariale de l’Etat. On aurait pu s’attendre également que l’Agence de promotion des investissements soit reversée à la SNI», indique-t-elle.

Comment faire réussir la réforme présidentielle

L’analyste économique et ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale Emmanuel Noubissie Ngankam est beaucoup moins enthousiaste, même s’il milite depuis des années pour que la société nationale d’investissement soit transformée en un fonds souverain d’investissement. Les réaménagements opérés par le président de la République répondent certes aux recommandations qu’il a formulées dans une tribune publiée dans le journal Le Jour il y a deux ans, toutefois, il subsiste un léger goût d’inachevé. «Je suis persuadé que l’ouverture du capital de la SNI à des investisseurs privés aurait eu une plus-value. Une Société d’économie mixte dans laquelle le secteur privé serait actionnaire majoritaire aurait été un signal fort dans l’optique de l’attrait de l’investissement privé dont le Cameroun a tant besoin. La présence d’un représentant du patronat au sein du Conseil d’Administration comme le prévoit le décret est une bonne chose, mais l’ouverture du capital aurait été mieux», a-t-il confié à nos confrères de l’Economie.

Cependant, il est convaincu que l’Etat peut encore se rattraper en choisissant pour la nouvelle SNI, des dirigeants compétents, capables de concrétiser les nouveaux espoirs placés en elle. «La nouvelle entité devrait être dirigée par une équipe constituée d’hommes et de femmes hautement compétents, ayant le sens de l’intérêt général, porteurs de valeurs éthiques et morales irréprochables et capable d’indépendance notamment vis-à-vis des considérations politiques. Une bonne expérience du secteur privé serait un atout indéniable. Le choix de ces hommes et de ces femmes sera un indicateur de la volonté de l’Etat de sortir du schéma classique de désignation des dirigeants des entreprises publiques. Le succès de la réforme en dépend», peut-on lire dans les colonnes du même journal.

Il y a 3 ans, en évoquant la SNI dans un article scientifique paru dans Le Jour, Emmanuel Noubissie Ngankam, posait déjà comme condition préalable à un retour de l’efficience et de l’efficacité au sein de cette institution, la migration vers une économie beaucoup plus inclusive. Cela suppose, expliquait-il, la création de marchés inclusifs, la mise en œuvre d’une politique de champions nationaux, qui pourrait contribuer à attirer les investisseurs, tout en confiant à des hommes intègres et compétents la gestion de certains pans de l’économie nationale. «Dans un environnement débarrassé des ogres de la puissance publique, l’Etat reprendrait la place qui est la sienne notamment par le biais de la SNI qui serait un des principaux leviers de la mobilisation et de l’allocation optimale des ressources», a-t-il écrit.

Londres : Cameroun lève environ 330 milliards de francs CFA en obligations sur le marché international

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Motaze www.newsducamer.com
Louis Paul MOTAZE www.newsducamer.com

Le Cameroun émet 550 millions de dollars (environ 330 milliards de francs CFA) en obligations sur le marché international

Le Cameroun a récemment émis des obligations d’une valeur de 550 millions de dollars (environ 330 milliards de francs CFA), rejoignant ainsi plusieurs autres pays africains qui profitent des conditions favorables du marché pour lever de nouveaux financements. Ces obligations, d’une durée de sept ans, offrent un rendement de 10,75% et ont été vendues par placement privé.

Cette année, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Bénin et le Sénégal ont également recherché des financements sur les marchés internationaux. Pendant près de deux ans, les hausses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale des États-Unis avaient effectivement exclu ces pays des marchés internationaux de la dette.

Des atouts pour attirer les investisseurs

Le Cameroun a proposé un rendement attractif pour une obligation de courte durée, émise sous un programme du Fonds monétaire international (FMI). Cette émission montre également que le pays peut obtenir d’autres sources de financement à des conditions avantageuses. Citigroup Global Markets Ltd. a été le seul agent placeur pour cette opération, accompagné de Cygnum Capital Middle East Ltd. en tant qu’arrangeur conjoint.

Réactions du marché et notation de crédit

Le rendement des obligations en dollars du Cameroun, arrivant à échéance en novembre 2025, a baissé de 10,89% à 10,58% mardi soir à Londres. En mai, Fitch a confirmé la notation de crédit du Cameroun à B, avec une perspective négative, tandis que S&P note la dette en devises étrangères du Cameroun à B-, avec une perspective stable.

Les fonds obtenus serviront à financer une augmentation des dépenses cette année, selon la présidence. Dans un décret publié mardi dans le quotidien d’État, le président Paul Biya a demandé au ministre des Finances, Louis Paul Motaze, de lever 616 milliards de francs CFA (environ 1 milliard de dollars) par des obligations nationales et internationales pour répondre à l’augmentation des dépenses.

Projets de reconstruction et contexte sécuritaire

Le mois dernier, le gouvernement a décidé d’augmenter les dépenses de cette année d’au moins 7% à 7,2 trillions de francs CFA (environ 11 milliards de dollars) pour réaliser des projets de reconstruction dans les deux régions anglophones et dans la région de l’extrême nord du pays. Depuis 2016, une guerre oppose les forces gouvernementales à un groupe voulant séparer les régions anglophones, causant la destruction d’infrastructures publiques et de maisons privées. Les attaques terroristes dans la région du nord ont également causé des dégâts.

Le Cameroun a déjà emprunté sur le marché international par le passé. En 2015, il avait levé 750 millions de dollars (environ 450 milliards de francs CFA) avec des obligations à 10 ans. En 2018, il a de nouveau levé 200 milliards de francs CFA (environ 340 millions de dollars) sur le marché intérieur. Ces précédentes opérations montrent la capacité du Cameroun à accéder aux financements internationaux malgré les défis économiques et sécuritaires.

Situation actuelle de la dette et relations avec le FMI

Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), la dette publique totale du Cameroun s’élève à environ 45% du PIB, avec une dette intérieure représentant environ 20% du PIB et une dette extérieure représentant environ 25% du PIB. La CAA a souligné que ces niveaux sont encore soutenables, notamment grâce à une gestion prudente de la dette et à la diversification des sources de financement.

Le FMI a récemment exprimé sa satisfaction quant à la mise en œuvre du programme économique par le Cameroun. Le programme triennal approuvé en 2021 vise à soutenir les réformes économiques et à renforcer la stabilité macroéconomique. Le Cameroun a respecté ses engagements en matière de réformes structurelles, ce qui a permis de maintenir la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.

Soutenabilité de la dette

La stratégie actuelle du gouvernement camerounais en matière de gestion de la dette vise à maintenir la soutenabilité à long terme tout en finançant les besoins de développement. Les efforts pour mobiliser des ressources internes, améliorer l’efficacité des dépenses publiques et diversifier les sources de financement portent leurs fruits. Le Cameroun bénéficie de conditions de financement relativement favorables sur les marchés internationaux, ce qui lui permet de lever des fonds à des coûts compétitifs.

Les réformes en cours, soutenues par le FMI, contribuent également à renforcer la gestion des finances publiques et la gouvernance économique. Ces initiatives favorisent une meilleure transparence et une plus grande efficacité dans l’utilisation des ressources publiques, ce qui est crucial pour maintenir la soutenabilité de la dette.

En somme, la situation actuelle de la dette du Cameroun, bien que nécessitant une gestion prudente, reste soutenable grâce aux efforts constants du gouvernement et au soutien des partenaires internationaux comme le FMI.

SNH : La fin de l’ère Adolphe Moudiki ?

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Le dernier duel entre Ferdinand-Ngoh-Ngoh et Adolphe-Moudiki a lieu ce jour

Un conseil d’administration extraordinaire de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) est prévu ce jour au Secrétariat général de la présidence de la République (Sgpr). Il s’agit de la session initialement prévue le 17 juillet dernier, qui est « reprogrammée », selon les termes de Ferdinand Ngoh Ngoh le président du Conseil d’administration (PCA) de l’entreprise, qui convoque les assises. L’ordre du jour, susurre-t-on à Yaoundé, est la nomination d’un nouvel administrateur directeur général (ADG). Il est donc question de débarquer Adolphe Moudiki qui, selon des sources concordantes, a déserté les bureaux depuis de longs mois, en raison des soucis de santé. Et d’ailleurs, l’homme a signé le 4 mars dernier une note de service, transférant certaines de ses compétences à Igor Soya Bissaya, le conseiller N°2, pour une durée de trois mois. Échéance qui a expiré ; et l’homme continue de se faire rare à son lieu de service. Par conséquent, le pouvoir de l’intérimaire se poursuit.

Une situation qui semble agacer le sommet de l’Etat depuis des lustres ; ou du moins le PCA qui n’a pas des rapports très cordiaux avec l’ADG. Et qui tient là une belle occasion de se débarrasser d’un adversaire. Le poste d’Adolphe Moudiki était ainsi mis en jeu le 17 juillet dernier. L’homme a réussi à faire échec au projet de le déchoir. En fermant les portes de la SNH aux administrateurs. Pour par la suite humilier le PCA et non moins Sgpr quelques heures plus tard. C’est que, de sources concordantes, le président de la République a prescrit la paix et le dialogue entre les deux figures de proue de la SNH. Le journal La Nouvelle, dans son édition de ce 23 juillet 2024, indique que « Paul Biya a demandé au PCA de se concerter avec Adolphe Moudiki pour trouver une voie de sortie honorable, en harmonisant leurs positions». Selon le journal de Jacques Blaise Mvié, Ferdinand Ngoh Ngoh s’est exécuté et a joint l’autre au téléphone, pour solliciter cet apaisement. Lequel lui a donné rendez-vous à son domicile le même 17 juillet en soirée. Sauf que « curieusement, Adolphe Moudiki va plutôt donner des ordres à ses vigiles de ne pas lui ouvrir les portes de sa résidence», rapporte le confrère. Le Sgpr repliera déçu. Pour reprogrammer la session avortée.

Cotco

L’homme à « remplacer », est annoncé en France déjà. Mais la partie va se poursuivre ce jour, non plus à la SNH, mais plutôt à la présidence de la République. Au nez et à la barbe de Paul Biya. Dans les tiroirs de Ngoh Ngoh se trouvent encore inappliquées les résolutions du dernier conseil d’administration tenu en visioconférence sans ce dernier qui avait souhaité en vain une réunion en présentiel. Avec notamment des nominations parmi. C’est le prolongement d’une bataille déclenchée en 2023. Les deux hommes de « confiance » de Paul Biya se sont affrontés en 2023 sur le dossier Cotco, l’entreprise qui gère le pipeline Tchad-Cameroun, dont la SNH est actionnaire. Le PCA et l’ADG de la SNH s’étaient brouillés sur la nomination du représentant du Cameroun au Conseil d’administration.

Créée le 12 mai 1980, la SNH est un mastodonte du secteur pétrolier et de ses chaînes de valeur au Cameroun. Avec dans son portefeuille 12 entreprises dont Tradex, Hydrac, Cotco, Chanas assurance, Perenco Cameroon. Agé de 86 ans dont 31 passés à la tête de l’entreprise, Adolphe Moudiki n’entend pas céder le fauteuil. Mais l’avenir immédiat semble se dessiner sans lui. Paul Biya a peut-être lâché un de ses principaux pions. Malgré les secousses de ces derniers jours, le prince d’Etoudi qui s’est terré dans un silence assourdissant depuis plusieurs mois, suscitant des doutes sur sa mainmise sur les affaires de l’Etat, n’est pas officiellement sorti de son hibernation. Abandonnant ses poulains dans une bataille de coqs. Il y a fort à parier qu’un seul gagnera.

Alternance : La recette proposée aux Anglophones

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Alors qu’approchent à grands pas les échéances électorales au Cameroun, la scène politique nationale s’agite davantage. Entre nécessité d’alternance réaffirmée par les oppositions et les dernières débauches d’énergie du régime de Yaoundé pour sauver un pouvoir qu’il détient depuis 42 ans et  semble lui échapper au contrôle, la coalition English Cameroon for a united Cameroon lance un appel aux Camerounais d’expression anglaise, de s’unir dans un « bloc électoral », s’ils veulent se donner une chance de « protéger [leurs] droits et [leur] dignité au Cameroun». A Mais « si les Anglophones veulent déployer la stratégie du bloc électoral, ils devraient alors choisir une question comme le fédéralisme et la démocratie constitutionnelle, et non un président anglophone», sensibilise la coalition qui comporte des Camerounais d’expression anglaise, mieux des originaires de l’ex-Cameroun occidental, mus par l’idéologie fédéraliste pour le Cameroun. Par ailleurs, « pour que votre bloc électoral soit efficace, vous devez vous battre pour des élections compétitives et transparentes avec une participation massive des électeurs ». Par ailleurs, « votre bloc électoral doit également être suffisamment intelligent pour identifier et éviter les distractions telles qu’une focalisation myope sur un président anglophone plutôt que sur le fédéralisme », insiste la coalition dans son plaidoyer.

De façon détaillée, « ce bloc électoral doit être uni par certains idéaux et objectifs, et non par des individus », prévoit le groupe de travail. Et d’indiquer que « ces idéaux pourraient consister à lutter pour un retour au fédéralisme, à lutter pour préserver le fédéralisme une fois restauré et à défendre la démocratie constitutionnelle comme ciment qui unit le fédéralisme et le concept de bloc électoral». S’inspirant des Afro-Américains qui « ne sont que 13 %. Leurs droits civiques ont été obtenus grâce à un activisme organisé, avec l’aide des communautés religieuses».

Rejeter l’idée d’un système de parti unique

Ces activistes de la cause fédéraliste, dont l’un des leaders est le Dr Benjamin Akih, sont convaincus que « pour que votre groupe électoral réussisse, vous devez faire tout votre possible pour garantir que toutes les élections au Cameroun soient compétitives et transparentes ». A cet effet, il faut rejeter « l’idée d’un système à parti unique » car « c’est l’erreur commise par vos dirigeants dans les années 1960 », rappellent-ils. Non sans souligner que « le Cameroun fait partie de l’Afrique francophone dans ses institutions et pratiques politiques » ; et que « les grandes victoires aux élections présidentielles sont une caractéristique commune de l’Afrique francophone». Ce qui est le fruit combiné de « la disqualification des candidats compétitifs et la suppression des électeurs pour minimiser les voix d’opposition et le trucage des élections finales».

En relevant que la tentative de bloquer les candidats de l’opposition résulte du fait des inscriptions massives sur les listes électorales qui font peur au régime, la English Cameroon for a united Cameroon invite les citoyens anglophones à « user de leurs droits constitutionnels pour descendre dans la rue et exiger une correction de l’injustice » au cas où ce stratagème passe. Mais « nous devrions le faire pour défendre la constitution, et non pour tenter de rompre avec l’union ou de violer la constitution d’une autre manière», mettent-ils en garde.

Aussi, le groupe de pression insiste sur l’idée d’un candidat anglophone que le Rdpc, parti au pouvoir encourage : « Le Rdpc n’a pas l’intention de présenter un candidat anglophone compétitif. Ils craignent que les anglophones renforcent un candidat de l’opposition francophone», attirent-ils l’attention. Faisant observer que la réalité de la scène politique fait état de ce que « les hommes politiques d’opposition les plus forts sont M. Kamto (51 %) et M. Libii (25 %). Ils sont suivis par M. Osih (environ 5%) ». En clair, il n’y a pas un leader anglophone de poids actuellement sur la scène politique nationale. Et surtout, que «depuis l’époque coloniale et l’indépendance, le pouvoir au Cameroun n’a jamais été entre les mains de ceux qui s’opposent au projet français». 

Secteur agricole: L’Etat recherche des solutions digitales pour booster la production

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Le 17 juillet 2024, les ministres des Postes et Télécommunications, de l’Agriculture et du Développement rural, de la Pêche, de l’Elevage et des Industries animales, ont officiellement lancé l’Agritech Innovation Challenge. C’était au cours d’un point de presse au cours duquel les inscriptions à cette compétition ont été officiellement ouvertes et les règles qui l’encadrent dévoilées. Déclinaison du projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc), ce concours vise selon ses organisateurs, «à créer l’émulation dans le secteur agropastoral, à travers la promotion, l’inclusion numérique et l’utilisation de solutions agricoles digitales par les acteurs du secteur agropastoral camerounais». Les start-up et les agritech qui souhaitent éprouver leurs compétences lors de ce challenge national ont jusqu’au 20 août 2024 pour s’inscrire sur la plateforme numérique du Patnuc. Le 30 septembre 2024, lors de la grande finale, elles seront peut-être parmi les 10 lauréats qui vont bénéficier de financements pouvant aller jusqu’à 40 millions de FCFA chacun.

L’Agritech Innovation Challenge court du 20 août au 30 septembre 2024. Plus d’un mois de compétition qui sera meublé par un concours de pitchs, une conférence-débat et des foires B to B organisées sur l’ensemble du territoire national. «Cette première édition (…) est l’occasion d’explorer et de découvrir les talents et les ingéniosités locaux en termes de transformation numérique des domaines porteurs que sont l’agriculture, l’élevage et la pêche», a indiqué Windfred Mfuh, coordonnateur national du Patnuc. Pour mémoire, c’est en 2022 que le Cameroun a contracté un prêt de 55,5 milliards de FCFA auprès de l’association internationale de développement (IDA), l’une des trois filiales de la Banque mondiale, pour financer le projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc). Sous l’égide du ministère des Postes et Télécommunications qui est l’un des ministères qui pilote cette initiative, le gouvernement va utiliser une partie de cet argent pour financer l’Agritech Innovation Challenge

Zlecaf : la CEEAC propose une feuille de route pour l’accélération

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Le document qui présente les étapes et les actions à mener par chaque pays a été validé au terme d’une concertation à Douala et sera soumis à la 25ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, prévue en septembre 2024.

Il faut accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), selon les experts de la CEEAC.  L’accord entré dans sa phase opérationnelle depuis le 1er janvier 2021 accuse du retard.  Entre 2018 et 2022 selon  la CNUCED, les échanges intra-CEEAC étaient encore en deçà de 2 % des exportations totales de la sous-région.  Plusieurs raisons sont avancées. Entre autres, la non incorporation par certains Etats membres de leurs procédures administratives et règlementaires internes pour l’application du régime préférentiel communautaire sur leur territoire.

 En réalité, les Etats parties avaient pris l’engagement de mettre en œuvre un ensemble de réformes à caractère socioéconomique pour faciliter la mise en œuvre de l’accord de libre-échange.  Ceci pour accompagner le  régime préférentiel harmonisé et un tarif extérieur commun harmonisé en 2019 grâce à une collaboration entre la Commission Economique Africaine (CEA) et la CEEAC.  Après un constat du retard et des difficultés administratives   dans certains Etats pour l’effectivité de la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes à  franchir les frontières, la CEEAC et ses partenaires ont décidé d’organiser une concertation à Douala. La rencontre a réuni les représentants des gouvernements, acteurs du secteur privé et des experts du commerce et des douanes des 11 États membres. Du 15 au 17 juillet dernier, les participants se sont davantage penchés sur les dispositions spécifiques de l’annexe 2 du Protocole de la ZLECAf sur le commerce des marchandises relatif aux règles d’origine, aux règles connexes, aux procédures d’administration de la preuve de l’origine et les documents y afférents.

 «Il est urgent pour l’Afrique centrale d’accélérer le rythme. Les règles d’origine sont le passeport des produits dans la ZLECAf. Les experts et opérateurs économiques de la sous-région doivent les manipuler. Il est essentiel que les PME, particulièrement les femmes et les jeunes entrepreneurs soient pleinement impliqués dans le processus de préparation de l’Afrique centrale » souligne Komi Tsowou, conseiller régional pour la ZLECAf au Centre de Service régional du PNUD.

 Au terme de deux jours de travaux, l’atelier a permis d’élaborer un projet de feuille de route pour l’opérationnalisation de la Zlecaf dans la CEEAC.  Ce projet de feuille de route présente les étapes et les actions à mener par chaque pays, pour être conforme au cadre réglementaire communautaire sur la zone de libre-échange. Le document sera soumis à la  Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement  de la CEEAC dont 25ème session ordinaire est prévue en septembre 2024.

Selon les estimations de la Banque mondiale, la ZLECAf a le potentiel de sortir plus de 50 millions de personnes de l’extrême pauvreté. Avec des mesures adéquates, ces opportunités pourraient catalyser aussi des économies plus vertes, plus fortes et plus résilientes, conformément aux agenda 2063 de l’Union Africaine et 2030 des Nations Unies.

Réactions

Dr Matthias Naab, Directeur, Centre de Service régional pour l’Afrique du PNUD

 « Les échanges intra-CEEAC sont en deçà de 2 % des exportations  de la sous-région »

 « Sur la période 2018– 2022, et se basant sur les données de la CNUCED, les échanges intra-CEEAC étaient en deca de 2 % des exportations totales de la sous-région. L’opérationnalisation de La ZLECAf et de la Zone de Libre-Echange de la CEEAC devraient donc permettre aux entrepreneurs de la sous-région d’explorer davantage les marchés intra-africains. Afin d’exploiter les opportunités émergentes des marchés intra-Africains et au-delà, le secteur privé autant que les acteurs étatiques notamment la Douane, doivent pouvoir bien saisir les contours de l’Accord et comprendre les conditions de production et d’échanges conférant les préférences tarifaires entre autres. Dans le cadre plus spécifique de l’Afrique centrale, s’assurer de la convergence entre les règles d’origine de la ZLECAf et celles de la Zone de Libre-Echange de la CEEAC demeurent essentiel pour optimiser les retombées des marchés plus intégrés »

Luc Magloire MBARGA ATANGANA, ministre du Commerce

 « Les États membres de la Sous-Région doivent  prendre le taureau par les cornes »

 « Il convient ainsi de rappeler que le niveau des échanges commerciaux intracommunautaires de la CEEAC, estimé à 1,57%, reste le plus bas de ceux des autres communautés économiques du continent dont le niveau général de commerce intra-régional est évalué à 16%. Face à ce constat alarmant, il devient alors indispensable, pour les États membres de notre Sous-Région Afrique Centrale de prendre le taureau par les cornes et de se mettre ensemble dans le but d’accroître nos échanges afin de profiter de ce vaste marché de plus de cent soixante millions de consommateurs. Tant il est vrai que les communautés qui se développent rapidement sont celles dont les membres échangent d’abord entre eux. La prise en compte et l’appropriation des règles d’Origine, au niveau sous-régionale, par les comités nationaux de la ZLECAf et les opérateurs économiques, parties prenantes de la dynamique d’intégration commerciale, constituent les véritables galops d’essai dans la mise en œuvre de la Zone de Libre Échange Continentale. »

De Yaoundé à l’International : Le Projet 4×4 forme les photographes de demain

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Pendant sept jours, ils ont vécu une expérience à Yaoundé, la capitale du Cameroun. Les professionnels présents ont enseigné le contexte et l’environnement photographique en Afrique, tout en encourageant la créativité et l’expression personnelle des participants. Les modules proposés couvrent un large éventail de compétences, allant de la maîtrise des appareils photo aux techniques de post-production, en passant par la composition et l’éclairage.

Cette approche complète permet aux participants de comprendre le processus créatif et les techniques de la photographie, les préparant ainsi à affronter le marché professionnel avec assurance.  « L’une de nos préoccupations dans le projet 4×4, c’est la formation qui occupe une place importante.  Les modules que nous proposons couvrent un large champ de compétences qui vont de la maîtrise d’appareils photo aux techniques de post-production et en passant aussi par la composition et l’éclairage. C’est une approche qui assure aux participants une compréhension complète du processus créatif et aux techniques de la photographie.  Ça les prépare aussi à affronter le marché professionnel avec plein d’assurance », a expliqué Rodrigue Mbock, coordonnateur du projet 4×4. Pour ce dernier, l’initiative favorise le réseautage entre photographes et les opportunités professionnelles.

La formation, les masterclass et l’organisation d’expositions sont au cœur des compétences du projet 4×4. Les expositions offrent aux jeunes photographes l’opportunité de présenter leurs œuvres au grand public et de démontrer leur capacité à créer des essais photographiques réfléchis. Du 13 juillet au 30 août de l’année en cours, au Comptoir des arts à Yaoundé, le projet fait une immersion dans le monde animalier. Cette exposition dont Landry Mbassi est le commissaire, met en lumière les œuvres de 12 photographes locaux. Cet essai vise à faire passer les photographes du statut de simples photographes à celui d’auteurs, en développant des séries cohérentes. En outre, elle sert également de plateforme pour mettre en avant la diversité et le talent émergent de ces jeunes artistes.

Se déployant principalement à Yaoundé, mais également dans d’autres villes du Cameroun telles que Douala, Garoua et Bafoussam, le projet 4×4 contribue au changement du paysage photographique camerounais en fournissant aux jeunes talents les outils et les opportunités nécessaires pour s’épanouir dans le métier. En effet, il « vise juste à favoriser le réseautage entre photographes Et puis, de favoriser aussi les opportunités professionnelles qu’ils peuvent avoir entre eux.  Oser, collaborer, voilà.  Ça pousse les photographes à devenir leaders », conclu Rodrigue Mbock. 

Divine Mbamone Nkendong : «Il faut remarquer qu’il y a une baisse du taux d’accidents de circulation sur nos routes »

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Le ministre des Transports vient de frapper deux compagnies de transport : une prorogation d’arrêt d’activités pour l’une et une suspension à titre conservatoire pour l’autre. Comment comprendre ces décisions ?

Il faut savoir qu’il y a eu un accident de circulation qui a impliqué Trésor voyages ; d’après les images de vidéo-surveillance d’intelligence qui sont installées dans ces véhicules, la responsabilité des conducteurs de ce véhicule était claire : le contournement des conducteurs malgré 13 alertes de signalisation de risques, l’excès de vitesse, le non port de la ceinture de sécurité, et malgré la chaussée glissante, le conducteur a ignoré les alertes aux accidents de circulation et il s’est retrouvé dans un accident de circulation. Le ministre des Transports a suspendu cette compagnie pour qu’il fasse une formation de tout son personnel. Parce que c’était une faute du conducteur, il était important qu’on passe tous les conducteurs de cette société à un recyclage de conduite défensive, pour adresser ce manquement qui a été constaté, et aussi rappeler les usagers de la route, sur la nécessité de l’utilisation de la ceinture de sécurité. On a vu dans cette voiture comment les passagers étaient projetés. Pendant cette période de suspension, vu le fait que c’est le même promoteur qui a Trésor voyages et Princesse voyages, ils ont essayé de tricher, ils ont continué à enregistrer les passagers dans les terminaux de Trésor voyages, et la nuit il fait voyager ces passagers par les bus de Princesse voyages. Ce type de comportement est à dénoncer car la prochaine fois qu’une compagnie est suspendue, si elle cherche à vouloir contourner, ce sera un retrait pur et simple de l’agrément et de la licence. C’est une façon d’envoyer un avertissement fort. Lorsque le ministre des Transports prend une sanction, c’est pour corriger le manquement grave qui a été constaté. Il y aura zéro tolérance.

Malgré les sanctions, on se rend bien compte que le nombre de victimes sur les routes est toujours alarmant. On a le sentiment que vous ne frappez peut-être pas suffisamment fort ou là où ça fait mal…

Il faut remarquer qu’il y a une baisse du taux d’accidents de circulation sur nos routes. Le problème est que le peu d’accidents qui surviennent concernent les transports interurbains de masse. Un seul véhicule transporte environ 70 personnes et le non-respect des consignes et règles de la circulation est à l’origine du taux de mortalité qui augmente. C’est pour cela que nous avons insisté au début de cette campagne et aussi en permanence que tout le monde porte la ceinture de sécurité et on respecte la limitation des vitesses. Le ministre a pris plus de 70 sanctions. Lors de cette campagne, Il y a plus de six compagnies de transports interurbains de masse qui ont été suspendues. Ce ne sont pas seulement ceux qui ont fait des accidents qui ont été suspendus. Même ceux qui n’ont pas fait de morts ont été suspendus ; mais on constate que les facteurs de risques restent très élevés. Le ministre des Transports a été très clair : tout manquement sera sévèrement sanctionné, plus que jamais, cette fois-ci.

Au-delà qu’est-ce que vous faites pour contraindre les transporteurs à respecter le Code de la route ?

Déjà la sensibilisation : il y a des mesures adaptées aux facteurs de risques qui sont mises en place. Ces facteurs sont l’excès de vitesse, le surcharges, l’usage abusif des conducteurs sans repos, les mauvais dépassements et le gain économique pendant cette période. Non seulement le ministre des Transports a envoyé du personnel avec des radars semi-portatifs pour contrôler la vitesse et sanctionner ceux qui vont rouler en excès de vitesse, il y a aussi la consommation de la drogue et autres stupéfiants. Le ministre des Transports a mis à la disposition de la police et de la gendarmerie des 27 mille alcootests pour contrôler ce facteur. Et nous avons donné aux compagnies de transport interurbain de masse environ 5000 alcootests pour contrôler leurs conducteurs. On a déployé sur l’ensemble du territoire national des toxico-tests, on travaille avec environ 14 ONG pour continuer à intensifier la sensibilisation. Nous allons aussi lutter contre les véhicules mal garés qui sont souvent aussi à l’origine des accidents de circulation. Nous avons déployé des camions pour les dégager les obstacles ; nous avons enlevé environ 128 véhicules mal stationnés qui ont été dégagés.

Le ministre des Transports a lancé au début du mois de juin une campagne de sécurité routière ; quel en est le bilan à ce jour ?

Nous sommes à un mois et dix jours de cette campagne ; nous avons déjà effectué 1932 descentes. Le ministre a déjà sanctionné 70 conducteurs pour des raisons diverses : l’excès de vitesse, la consommation de l’alcool, il y a des permis suspendus, des licences de transports retirées, des compagnies de transports interurbains de masse suspendus. Nous sommes en train d’entrer dans la phase d’intensification de cette campagne ; et cette fois-ci avec une tolérance zéro à tout manquement qu’on va constater et qui pourrait être à l’origine d’un accident de circulation.
Source : Crtv radio

Drame : Du carburant frelaté fait 7 morts à Awaé

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Le feu a encore fait des victimes à Awaé, près de Yaoundé, dans le département de la Mefou-Afamba. Sept enfants d’une même famille ont été emportés par un incendie survenu nuitamment ce 22 juillet 2024, aux environs de 3h. Selon la chaîne de télévision privée Canal 2 international, « ces enfants sont venus passer les vacances chez leur grand-mère. Pendant qu’ils dormaient, un automobiliste en panne sèche sur la Nationale numéro 10, les a réveillés pour acheter du carburant. Evidemment, la grand-mère Ebole Salome, commercialisait du carburant. La plus grande, munie d’une lampe tempête, va se lever pour satisfaire la sollicitation de l’automobiliste. La flamme proche de la lampe tempête proche du carburant, va occasionner le grave incendie dans la maison faite en matériaux provisoires ». Et l’enfant rescapé d’ajouter : « l’essence s’est versée, après elle a pris le bidon pour sortir. Quand elle était à la porte, l’essence s’est versée sur le pied de la grand-mère. La grand-mère a ouvert la porte, tout le monde était derrière. Après je me suis retourné, ils n’étaient plus là; ils étaient rentrés à l’intérieur… J’ai d’abord pris le seau, j’ai versé l’eau, ça ne suffisait pas». On apprend de Canal 2 que « l’automobiliste voyant l’incendie va se fondre dans la nature».

La grand-mère brûlée au 3ème degré, qui suit des soins dans un établissement hospitalier, et un des enfants, sont les seuls survivants. Les sept autres ont péri dans l’incendie. Thierry Kinou Nana le préfet de la Mefou-Afamba est descendu sur le terrain s’imprégner de la situation, apporter son soutien à la famille éplorée, et surtout sensibiliser les populations sur les risques de manipulation de produits pétroliers sans expertise requise. Les morts, eux, ont été enterrés par les villageois.

Règlement européen sur la déforestation : 1 500 milliards de FCFA en jeu pour le secteur cacao

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Le Cameroun se prépare pour la mise en conformité avec le règlement européen 2023/1115 sur la déforestation, qui entrera en vigueur le 30 décembre prochain. Un dispositif qui vise à interdire la mise sur le marché ou l’exportation depuis le marché européen de produits ayant contribué à la déforestation ou à la dégradation des forêts après le 30 décembre 2020. Le champ d’application du texte couvre sept produits : café, cacao, caoutchouc, huile de palme, soja, bœuf et bois, ainsi que certains produits dérivés comme le cuir, le charbon de bois, le papier imprimé. Cette concertation marque une étape importante dans l’alignement du Cameroun avec les nouvelles exigences internationales visant à combattre la déforestation, tout en cherchant à préserver les intérêts économiques des producteurs locaux.

 Pour le Cameroun, l’enjeu est de taille : 78 % des exportations de cacao et 68 % de celles de café sont destinées au marché européen. « Avec le niveau actuel des cours, que je situerais autour de 5.000 FCFA/kg de cacao, soit 5.000.000 de FCFA/tonne, et pour une production exportée de l’ordre de 300.000 tonnes, cela représente une rémunération versée directement au producteur, sur une seule campagne, de l’ordre de 1.500 milliards de FCFA », a souligné Luc Magloire Mbarga Atangana, illustrant l’importance économique et sociale du secteur. Le défi pour le Cameroun est triple : assurer la traçabilité des produits, garantir une production « zéro déforestation » et respecter les exigences de légalité. Face à ces contraintes, le pays met en avant sa spécificité : une cacaoculture et une caféiculture pratiquée en agroforesterie, moins destructrices pour l’environnement que les méthodes intensives d’autres grands producteurs. « Nos producteurs mériteraient une prime plutôt qu’une restriction d’accès au marché, compte tenu de notre système de production sous ombrage », a indiqué le ministre du Commerce.

 En ce qui concerne le cacao, deuxième produit le plus exporté du Cameroun après le pétrole, le cacao ne représente qu’environ 1,2 % du Produit Intérieur Brut (PIB) et rapporte approximativement 45 millions d’euros de recettes annuelles issues des taxes. En 2022, selon l’institut national de la statistique, les exportations annuelles s’élèvent à environ 235 450 tonnes même si l’objectif de longue date du gouvernement est de doubler ce chiffre pour atteindre les 600 000 tonnes. D’après le directeur général de l’office national de l’office de cacao et du café Michael Ndoping, 90 % de parcelles sont géolocalisées. Pour ce dernier, le Cameroun est paré pour répondre à ces exigences. Cependant, l’ONG Green Developement Advocates tire la sonnette d’alarme et invite l’Union européenne à davantage collaborer avec le gouvernement du Cameroun pour mener une analyse des besoins des producteurs au regard du RDUE, et promouvoir les meilleures pratiques agroforestières dans les chaînes d’approvisionnement du cacao au Cameroun, conformément au cadre « zéro déforestation » fixé par le RDUE. « Il est crucial d’informer les producteurs qu’à partir du mois de décembre 2024, les entreprises qui commercialisent des produits sur le marché européen doivent s’approvisionner uniquement en cacao dit « zéro déforestation ». Ceci a pour but de réduire le risque que les producteurs démarrent de nouvelles cultures qui seront par la suite invendables. » a indiqué l’ONG.

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