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« La Relève Afrique – All Stars » : 16 humoristes attendus à Cotonou en juin 2026

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Pour cette première édition All Stars, 16 humoristes seront en lice : 14 visages déjà bien connus du public, révélés lors des cinq dernières saisons, et deux nouveaux talents « les rookies » issus d’un casting en ligne ouvert à tous et toutes. Un mélange d’expérience et de fraîcheur, histoire de prouver que la relève… est déjà prête.

« Cette édition marque une étape importante pour l’humour africain », souligne Éric Voufo, chef des produits Castel Beer. Pendant tout le mois de juin, les candidats seront coachés, encadrés et préparés jusqu’à la grande finale. Même son de cloche du côté de Bertille Abega responsable des bières blondes aux boissons du Cameroun , pour qui cette plateforme panafricaine vise à « valoriser les humoristes confirmés et émergents » et à leur offrir une visibilité internationale.

Au programme : auditions, Master classes, battles et spectacles, orchestrés par quatre coachs. Leur mission ? Former, affiner et parfois trancher, avec l’œil expert de ceux qui savent qu’une bonne vanne, c’est du sérieux.

Moment phare annoncé : une finale sous forme de battle… sur un ring de boxe. Oui, un ring. Mais ici, pas de coups bas — uniquement des punchlines. Les joutes verbales devraient être arbitrées par Paul de Saint Sernin, Florent Peyre et Guyzo, garants du fair-play… et du timing comique.

À la présentation, le Camerounais Valéry Ndongo mènera la danse des demi-finales à la finale, épaulé par les Ndonguettes, tandis que Kady assurera les coulisses. Une mécanique bien huilée pour un show qui entend séduire bien au-delà du continent.

Côté récompense, le grand gagnant ne repartira pas seulement avec les applaudissements : une scène au Montreux Comedy Festival, un chèque de 5 000 000 frs CFA et une tournée dans les festivals partenaires du groupe Jokenation sont à la clé. De quoi transformer une punchline réussie en carrière internationale.

Parmi les talents en compétition, plusieurs figures emblématiques, dont les Camerounais Arthur Paye et Joyce Alade. Présente à la conférence de presse, cette lionne Indomptable de l’humour affiche clairement ses ambitions : « Je vise la finale et les 5 millions de francs pour réaliser mon projet» Et d’ajouter, sourire en coin : « L’humour n’est pas réservé aux hommes. On peut être belle et drôle. » Message vu, lu sans être ignoré comme on dirait au continent.

Au-delà du show et de la compétition, l’initiative se veut structurante pour le secteur. Cinq shows seront diffusés sur Canal+ Pop, tandis que dix podcasts retraceront l’aventure sur RFI et les plateformes de streaming. Castel Beer, partenaire historique, accompagnera également les artistes dans leurs pays respectifs avec des spectacles locaux — parce que faire rire chez soi, c’est bien, mais faire rire partout, c’est mieux.

Enfin, un casting en ligne, ouvert du 20 mars au 7 avril 2026 dans dix pays francophones, permettra la sélection de deux nouveaux rookies qui vont tenter leur chance sur l’arène. Une porte d’entrée bienvenue pour celles et ceux qui rêvent de passer de la blague entre amis… à la standing ovation.

Avec cette édition All Stars, La Relève Afrique confirme son ambition : faire de l’humour et/ou du stand up africain un véritable label d’excellence. Et si le sérieux de l’organisation ne fait aucun doute, une chose est sûre : à Cotonou, en juin prochain, personne ne devrait garder son sérieux très longtemps.

Luc Magloire Mbarga Atangana : « A la CM14, nous avons renouvelé de six ans notre engagement commun d’aider les pays les moins avancés à transformer le commerce »

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Luc Magloire Mbarga Atangana, Ministre du Commerce, président de la CM14

Le projet de décision ministérielle sur le programme de travail sur les petites économies, le projet de décision ministérielle sur l’amélioration de la mise en œuvre précise, efficace et opérationnelle des dispositions relatives au traitement spécial et différencié de l’accord sur l’application de mesures sanitaires et phytosanitaires et de l’accord sur les obstacles techniques au commerce. Nous y ajoutons, comme nous en sommes convenus, le projet de décision concernant ministériel concernant les subventions à la pêche, qui sera donc inséré par le secrétariat, compte tenu du consensus obtenu sur cette question, grâce à l’entregent du facilitateur, du ministre facilitateur.

Puis-je maintenant proposer que la conférence ministérielle adopte donc ces trois projets de décisions ministérielles ? La conférence ministérielle est d’accord et j’en prends acte.

Des résultats non négligeables

C’est l’occasion pour moi, excellences, mesdames et messieurs, de féliciter l’ensemble des ministres participant à cette 14e conférence ministérielle pour leur leadership, leur sens de responsabilité et leur persévérance. Toutes qualités qui nous ont permis d’arriver à ces résultats qui sont non négligeables pour une conférence ministérielle, compte tenu notamment du temps limité dont nous disposions. Permettez-moi d’ajouter qu’il nous reste deux points à aborder à ce stade qui concernent la date et le lieu ainsi que l’élection des responsables pour la 15e conférence ministérielle.

Sur ce point, le règlement intérieur des sessions de la conférence ministérielle exige que la date de chaque session ordinaire soit fixée par la conférence ministérielle lors d’une session précédente et elle prévoit également l’élection d’un président de la conférence ministérielle ainsi que de trois vice-présidents pour exercer leur fonction dès la fin de cette session jusqu’à la fin de la prochaine session ordinaire.

Vers des consultations du conseil général de l’OMC

 En ce qui concerne la date et le lieu de la prochaine conférence ministérielle, conformément à notre pratique établie, je propose que la conférence ministérielle demande au Conseil général de tenir des consultations sur cette question. Je note au demeurant que ces consultations sont en cours concernant en particulier l’offre soumise par le Royaume d’Arabie Saoudite et je remercie le royaume de voir procéder ainsi d’avoir introduit sa proposition. S’agissant de l’élection des dirigeants, conformément à la tradition et à la pratique, je propose également que la conférence ministérielle demande au Conseil général de tenir des consultations.

Nous avons commencé notre conférence sur une note positive en célébrant l’entrée en vigueur de l’accord sur les subventions à la pêche et en accueillant trois nouveaux instruments d’acceptation du Paraguay, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et de Samoa. Concernant le programme de travail sur le commerce électronique et le moratoire, nous disposons, ainsi que nous l’avons suivi lors de la séance informelle, du projet de texte du facilitateur, l’honorable sénateur Kamilla Johnson-Smith, qui a été diffusé et sera annexé à cette déclaration. Comme vous le savez, ce moratoire doit expirer à l’occasion de cette conférence ministérielle ou, en tout cas, au plus tard le 31 mars 2026. Les ministres ont travaillé sans relâche avec l’aide du facilitateur pour prolonger le moratoire et le programme de travail. Malheureusement, hélas, le temps nous a fait cruellement défaut et nous n’avons pas eu la possibilité, comme pour les conférences ministérielles antérieures, de prolonger d’un voire de deux ou trois jours nos travaux. Nous comprenons les contraintes des ministres qui les obligent à repartir le plus tôt possible. Et, c’est donc pour cela que nous sommes convenus ensemble, en dépit du désir réellement exprimé et réitéré lors de la séance informelle de ce soir, en dépit donc de cette volonté ardente des ministres d’aboutir ici à Yaoundé, nous constatons que cela n’est pas possible pour des raisons simplement de temps, pas pour des raisons de volonté ou d’envie d’aboutir. Nous souhaitons simplement que l’élan généré ici à Yaoundé et les programmes enregistrés, que cet élan, se poursuivre et que ce dossier puisse faire l’objet d’une décision appropriée à la prochaine réunion du Conseil général à Genève.

 « Le paquet de

Les ministres ont également participé activement aux séances en petits groupes sur la réforme de l’OMC sur les questions fondamentales de l’organisation, notamment ses principes, la prise de décision et les mandats passés, le développement et les questions d’égalité, de commerce. Nos délibérations sur la réforme reflétaient également une nouvelle façon de travailler, qui est à inscrire à l’actif de Madame la directrice générale. Nous faisons évoluer effectivement notre manière d’interagir les uns avec les autres. La manière dont nous avons participé à cette conférence était en soi une forme de réforme.

 Les sessions en groupe sur la réforme de l’OMC ont encouragé un dialogue ouvert, authentique et le sentiment d’un intérêt certain autour de la réforme. Cela a été observé tout au long de nos discussions. Non seulement le format de la conduite de ces sessions était, je le dis, une réforme en soi, mais également, les ministres sont restés fidèles au chemin ministériel, chemin ministériel centré autour des principes d’égalité de commerce, comme la conférence même a été surnommée. Grâce à nos efforts, une déclaration révisée, un plan de travail sur la réforme de l’OMC ont été publiés et diffusés qui seront annexés à cette déclaration, renvoyés, nous en sommes convenus, à Genève dans le cadre du paquet de Yaoundé.

À ce moment charnière pour le système commercial multilatéral, cela est historique. Les ministres ont réaffirmé un objectif commun et fourni des orientations claires dans les délais vers une réforme significative et nécessaire. Les ministres ont affirmé la nécessité de la réforme. Compte tenu de l’importance de cette question et, en ma qualité de président de la CM14, je recommande donc aux membres, ainsi que nous en sommes convenus, de poursuivre inlassablement ce travail sur la réforme avec un sens de la volonté et de l’urgence en vue d’adopter le projet de déclaration et le plan de travail à la prochaine pleine réunion du Conseil général à Genève.

Faire avancer une réforme substantielle globale et stratégique de l’OMC qui peut renforcer la crédibilité et l’efficacité qui peut faire obtenir des résultats concrets et maintenir l’OMC résiliente et réactive aux besoins des populations du monde entier.

Les ministres ont écouté une mise à jour sur un autre plan. Une mise à jour du président du DSB sur la réforme du règlement des différends. Cette mise à jour a reflété la réforme du règlement des différends comme une priorité et reconnu que faire avancer ce travail après la conférence, naturellement quand les conditions seront réunies et quand tous seront prêts à s’engager. Il y a également eu une discussion approfondie sur le moratoire sur les plaintes non violatives et les plaintes des situations selon les Adpic. Le paquet spécifique le transfert des technologies, le coût des envois de fonds et les questions émergentes du commerce agricole ont également fait l’objet donc d’un examen attentif et sérieux. J’encourage les membres à poursuivre ses discussions après la conférence de Yaoundé et à traiter avec diligence ces questions importantes.

Les subventions à l’agriculture et à la pêche, nous les avons relevées, ont fait l’objet d’un consensus, nous nous en félicitons une fois encore. Quant à la promesse de l’accord sur la facilitation des investissements pour le développement, promesse d’aider ses signataires à attirer les investissements directs étrangers afin de stimuler la croissance, le gain de productivité, la création d’emplois et l’intégration dans les chaînes d’approvisionnement mondiale. Cette promesse a été soulignée par de nombreux ministres. Bien que l’incorporation de l’IFD n’est pas encore eu lieu, la conférence ministérielle a offert la plateforme aux ministres pour approcher cet objectif de la réalisation et nous n’en sommes pas loin.

Cela est également à inscrire à l’actif de la conférence de Yaoundé au cours de laquelle nous avons vu un pays membre qui était opposé renoncer à son opposition. Je crois que nous devrions nous en féliciter et nous féliciter de ce que nous avons franchi un pas de géant ici à Yaoundé sur cette question.

En plus des sessions de la ministérielle, nous avons également lancé un nouveau chapitre de solidarité et d’impact avec la phase trois du cadre intégré amélioré. Il s’agit d’un renouvellement de six ans de notre engagement commun d’aider les pays les moins avancés à transformer le commerce et l’investissement en un développement inclusif résilient et durable.

Soutenu par des nouvelles contributions de l’Allemagne, du Liechtenstein, de la Norvège, de la Suisse et du Royaume-Uni, il s’agit d’un vote de confiance tangible dans la coopération multilatérale et d’un signal clair que nous avons l’intention de ne laisser aucun PMA à marche, alors que nous transformons les opportunités en résultats sur le terrain.

Dans le cadre d’une nouvelle manière de travailler, 66 membres représentant environ 70% du commerce mondial, se sont mis d’accord sur une voie pragmatique pour mettre en œuvre l’accord sur le commerce électronique par des arrangements provisoires, tandis que les travaux se poursuivent en vue d’une intégration complète dans le cadre juridique de l’OMC.

Il s’agit de certitudes pour les entreprises et les consommateurs de confiance dans le système multilatéral et de garantir que les avantages du marché numérique soient accessible, prévisible et inclusif pour tous.

Nous avons lancé une nouvelle phase dans le cadre de l’initiative partenariat pour le coton avec un accent sur la mobilisation d’investissement pour accélérer la transformation de la chaîne de valeur du coton en textile et vêtements. AfreximBank et d’autres partenaires ont déclaré aux ministres réunis que le coton africain sera un moteur de croissance, la banque fournissant le pouvoir d’investissement. Et nous sommes heureux que le président de la Banque ait honoré l’occasion et ait également prononcé un discours puissant à l’occasion de la session d’ouverture de la conférence ministérielle.

Un événement de haut niveau sur les femmes et le commerce a été organisé mettant en avant le travail du fond Women Export in the Digital Economy (Weide). Des groupes de travail informels de l’OMC sur le commerce et le genre, ainsi que sur les petites entreprises, ainsi que l’initiative SheTrades du Centre International du Centre International de Commerce ont également été mises en œuvre. Et nous avons rapproché les continents. Un dialogue de haut niveau a renforcé le pont entre l’Afrique, les Caraïbes et l’Amérique Latine affirmant le pouvoir du commerce diversifié Sud-Sud pour débloquer de nouveaux moteurs de croissance et mettant en place des plans pour des sommets réguliers liant l’Afrique, les Caraïbes et l’Amérique Latine. Une plateforme durable pour approfondir la coopération, élargir les opportunités et transformer le dialogue en partenariat durable a été envisagée et va être mise en œuvre.

Très honorables ministres, Mme et Messieurs les vice-présidents de la CM14, Madame la directrice générale de l’OMC, Dr Ngozi Okonjo-Iweala. Mesdames et Messieurs les ministres facilitateurs, Monsieur le président du conseil général, honorables délégués, mesdames et messieurs, mes amis, mes frères et mes sœurs. Oui, la conférence a été l’occasion de nouer des relations personnelles, des relations individuelles avec les uns et les autres et c’est aussi cela la vertu de l’OMC des conférences ministérielles. Je suis honoré d’avoir pu ainsi élargir ma famille. Ce fut en tout cas un plaisir véritable, un plaisir du cœur de vous accueillir aussi nombreux et de vous voir encore aussi nombreux en dépit du temps passé, en dépit de l’heure tardive, en dépit de la longue attente. Il est des signes qui ne trompent pas, il est des symboles qui sont lourds de sens. Votre présence et votre participation à cette session tardive de clôture sont la manifestation de ce que de l’amour que vous portez au Cameroun, de l’amour que vous portez à notre organisation et de ce que l’OMC va et que va et demeure résiliente.

Votre présence ici dans des circonstances qui auraient facilement pu perturber vos projets de voyage en dit long sur votre engagement envers le travail de l’OMC, notre organisation commune, notre famille commune. Contre toute attente, tout a été fait pour que vous soyez ici. Et croyez-moi, les populations de Yaoundé quand je rentre après les sessions de nuit, les populations de Yaoundé que je croise, sont fières, très fiers de vous, sont heureuses de vous voir. Je peux vous dire que demain matin, il y aura beaucoup de nostalgie, de voir les rues de Yaoundé moins ouvertes de voir moins de personnes, des amis, de voir, de vous voir être repartis, mais je suis convaincu que vous reviendrez rapidement et je le souhaite vivement.

J’aurai parlé du livre Guiness des records. Pas moins de 80 ministres représentant les différents continents ont honoré le rendez-vous de Yaoundé. Pas moins de 80 ministres. Madame la directrice générale, je crois que ce n’est pas courant pour une conférence ministérielle. Des amis qui vont des États-Unis au Samoa, du Brésil à Nouvelle-Zélande, des pays du Golfe, tous vous êtes arrivés malgré les défis.

Merci à vous, merci encore, merci toujours. Ensemble, nous avons fait preuve d’unité, en fixant une orientation claire et tournée vers l’avenir pour la réforme de notre organisation. La compétence, l’intensité et l’énergie dans les salles étaient on ne peut électrique. Bien que parvenus, bien que parvenir à un accord sur plusieurs questions prioritaires nécessite beaucoup de travail, je ne pense pas que nous allions, nous avons à rougir de ce que nous avons fait pendant ces 4 jours, des résultats auxquels nous sommes parvenus et surtout des perspectives de très court terme avec cette passerelle entre Yaoundé et Genève pour consolider le paquet de Yaoundé.

Excellence, mesdames et messieurs, j’aurais pu prolonger mon envolée, tant mon cœur a envie de vous dire tout ce qu’il ressent : l’amitié, la confiance, l’amour. Mais je pense qu’il faut savoir s’arrêter à un moment et penser au repos. Néanmoins, vous me permettrez, concluant mon propos, de réitérer ma profonde reconnaissance aux vice-présidents qui m’ont aidé dans cette tâche qui n’était pas facile.

Code électoral : Ce qui va changer pour les conseillers municipaux

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Comme annoncé par des sources introduites, le Code électoral en vigueur au Cameroun est actuellement en cours de modification à l’Assemblée nationale. L’exposé des motifs indique que ce sont surtout deux articles qui intéressent le pouvoir de Yaoundé. Le mandat des conseillers municipaux déjà prorogé de 15 mois en 2025, en raison de la concomitance de plusieurs élections la même année, est actuellement va expirer le 31 mai 2026. Mais déjà, le silence observé par le président de la République qui pouvait légalement convoquer le corps électoral dès le 10 février dernier, laisse redouter une « manœuvre » du pouvoir pour ne pas tenir les élections à date.

On n’en est pas encore là comme chez les députés qui seront encore aux affaires jusqu’au 20 décembre 2026, mais le projet de loi en cours d’examen à l’Assemblée nationale s’intéresse à l’article 170 de la loi N°2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, qui ne peut plus accorder de prorogation de mandat que pour une durée de trois mois pour les conseillers municipaux. « Ce qui renverrait au 25 août 2026 au plus tard», souligne l’exposé des motifs. Or « une seconde prorogation étant ainsi envisagée, celle-ci ne peut se faire qu’à travers la modification de l’article 170 du Code électoral, au cas où elle devait porter sur une période excédant 18 mois», indique l’exposé des motifs.

Prorogations illimitées

Alors « c’est dans ce sens que l’article 170 a donc été réaménagé de manière à ne plus colporter aucun délai. Il reviendra donc au président de la République de fixer ledit délai, après consultation du gouvernement et du bureau du Sénat », a prévu la modification, selon l’exposé des motifs.

En clair, le nouvel article 170 du Code électoral est intitulé ainsi : « Les conseillers municipaux sont renouvelés tous les cinq ans à la même date», prévoit l’alinéa 1. « Toutefois, en cas de nécessité, le président de la République peut, en cas de nécessité peut, par décret, proroger ou abréger le mandat des conseillers municipaux, après consultation du gouvernement et du bureau du Sénat».

Ce Code électoral avait déjà subi deux modifications : l’une le 21 décembre 2012 et l’autre le 25 avril 2019.

Recyclage des déchets ferreux : plus de 18 milliards générés en 2024 malgré l’informalité

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Le gouvernement et l’OIT mobilisent les acteurs clés de la filière et les partenaires sociaux afin de formaliser ce secteur d’activités dont l’impact sur l’économie et l’environnement est important mais où les emplois restent précaires.

Le secteur de la collecte et du recyclage des déchets ferreux au Cameroun reste en grande partie informel avec un de taux d’informalité estimé à 80%. Le secteur fait également face à une non-régulation du prix de vente de la ferraille, des conditions restrictives d’obtention du permis environnemental, des conditions de travail dangereuses et des risques environnementaux élevés. Ce, alors que cette industrie a un fort potentiel sur l’économie et l’environnemental. Pour la seule année 2024, ce sont plus de 18 milliards de Fcfa qui ont été générés par cette filière. On y enregistre également une moyenne de 20,900 emplois directs créés en 2025.  Au plan environnemental, environ 36 tonnes de déchets par jour ont été enlevés dans la seule ville de Yaoundé.  Ces données ont été présentées à Douala dans le cadre du forum national tripartite pour l’appui à la formalisation du secteur de la collecte et du recyclage des déchets tenu du 25 au 27 mars dernier.

Cette activité intervient dans le cadre du projet de « Formalisation du secteur de la collecte et du recyclage des déchets ferreux pour la promotion du travail décent et de la durabilité environnementale au Cameroun » de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), en partenariat avec le gouvernement du Cameroun. Lancé le 07 octobre 2024 par le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, ce projet vise à réduire les déficits de travail décent dans la filière et promouvoir une transition juste vers la formalité et la durabilité environnementale. Le forum de Douala a réu 80 participants, des représentants du Gouvernement, des organisations d’employeurs, des organisations des travailleurs, de la société civile, ainsi qu’aux partenaires au développement question de s’approprier les résultats du projet et de soutenir la mise en œuvre et le financement du plan d’action et de la stratégie intégrée du secteur de la collecte et du recyclage des déchets ferreux au Cameroun.

La stratégie en vue permettra notamment de faciliter l’accès des acteurs au bénéfice de la protection sociale, de l’amélioration des conditions de travail et de la promotion du dialogue social etc. Ceci afin de mieux capter le potentiel de cette filière considérée comme déterminante pour l’équilibre et la préservation de l’écosystème camerounais : la prévention de la pollution des sols et des eaux souterraines, son impact sur l’économie des ressources naturelles au moyen de la réutilisation des matériaux recyclés etc.

Réactions

Angélique AHANDA MBOUZIE, représentante ministre du Travail

« Ce sont 44 milliards de francs CFA générés au cours de l’année 2025 »

« La mise en place du projet de recyclage des déchets ferreux traduit de l’engagement du gouvernement camerounais à accompagner la protection sociale pour tous, mais surtout le travail décent pour tous dans tous les secteurs de l’activité.  C’est un secteur qui traduit la vulnérabilité des travailleurs lorsque nous observons les conditions dans lesquelles ils travaillent. Mettre en place un tel projet avec l’appui du Bureau international du travail a permis d’avoir des résultats probants parce que c’est un secteur qui est porteur, qui a un potentiel énorme. C’est 44 milliards de francs CFA générés au cours de l’année 2025, c’est 20 900 emplois directs créés, ce qui traduit de la qualité des ressources qui sont manipulées dans ce secteur et qui méritent d’être mieux encadrées pour justement être plus importantes pour l’avenir.  Les travailleurs de ce secteur ne bénéficient pas de la protection sociale, ils bénéficient des conditions de travail qui nécessitent d’être améliorées, ils n’ont pas d’accompagnement au dialogue social et pour toutes ces raisons ; et pour le fait que c’est un secteur qui contribue énormément à améliorer la qualité de notre environnement. Parce que c’est également 36 tonnes de déchets qui sont collectés par jour dans la ville seule de Yaoundé et à l’échelle nationale c’est plus de 200 tonnes de déchets qui sont collectés par jour.  Le gouvernement a estimé qu’il est important d’accompagner ce secteur et de mieux le structurer pour que l’économie circulaire qu’il y a tout autour puisse être profitable à tous depuis la base et pas seulement aux grands industriels qui s’occupent de la transformation et de la vente et qui jusqu’alors sont ceux qui bénéficient réellement de ce secteur. Mais étendre l’accompagnement à ceux qui collectent, à ceux qui sont les acteurs de la propreté au quotidien mais qui sont vulnérables serait pour nous un gage réel de promouvoir la justice sociale au Cameroun. »

Rodrigue Raoul ZUCHUON, représentant du chef d’équipe d’appui BIT

 « Nous sommes à une étape clé pour mobiliser les investissements nécessaires »

« La ferraille constitue une ressource stratégique, à la fois économique, environnementale et sociale La gestion de cette ressource participe pleinement à la réduction de la pression sur les ressources naturelles, à la lutte contre la pollution des sols et des eaux, et à la stimulation d’une économie circulaire durable. Le secteur de la collecte et du recyclage des déchets ferreux constitue l’un des maillons les plus dynamiques de l’économie circulaire au Cameroun, mais aussi l’un des plus invisibles. Bien que marqué par un taux d’informalité prégnant, ce secteur réalise chaque année une contribution économique, sociale et environnementale remarquable. Ce forum est déterminant à plus d’un égard. Outre la présentation des résultats obtenus, il offre un espace privilégié de partage des leçons apprises, de négociations de partenariats nouveaux et de définition d’orientations stratégiques pour l’avenir de la filière. Il constitue également une étape clé pour mobiliser les investissements nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie sectorielle et accélérer la transformation d’un secteur à fort impact économique, social et environnemental. Par ailleurs, les avancées récentes en matière de digitalisation, notamment à travers la plateforme de la Bourse Nationale des Déchets, ouvrent des perspectives nouvelles. En améliorant la traçabilité des flux, en renforçant la transparence et en structurant les transactions, le numérique devient un levier puissant de formalisation progressive et de développement d’une économie circulaire durable. C’est donc avec un engagement évident que l’OIT a accompagné la mise en œuvre du Projet sur la formalisation du secteur de la collecte et du recyclage des déchets ferreux pour la promotion du travail décent et de la durabilité environnementale. »

Déjà plus de 800 entrepreneurs camerounais soutenus par la fondation Elumelu

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Le pays Cameroun est en tête des pays bénéficiaires du programme de l’hommes d’affaires nigérian Afrique centrale, avec encore 30 jeunes dans la sélection de cette année.  

 La Fondation Tony Elumelu (TEF) a dévoilé le 22 mars dernier sa cohorte 2026 d’entrepreneurs africains qui vont accéder à des financements, des formations et du mentorat. Ils sont au total 3 200 entrepreneurs qui ont été sélectionnés parmi plus de 265 000 candidats à travers l’Afrique. Le Cameroun s’en tire avec 30 jeunes.

Le pays prend une fois de plus en bonne place dans cette sélection et reste le pays ayant plus de bénéficiaires dans la sous-région. Il en est à ce jour à 896 jeunes bénéficiaires suivi par le Tchad avec 614 tandis que les autres pays comme le Congo, le Gabon ou la République centrafricaine totalisent moins de 100 dont certains ont en deçà de 50.  « Le Cameroun demeure l’un des marchés d’impact les plus solides de la Fondation en Afrique centrale. À ce jour, les entreprises soutenues par la TEF au Cameroun ont généré plus de 20 millions de dollars de revenus, créé plus de 58 000 emplois et soutenu plus de 800 entrepreneurs dans divers secteurs. Ces entreprises couvrent l’agriculture, le commerce de détail, la technologie, la gestion des déchets, l’énergie et les technologies propres, la fintech, l’éducation et la formation. Ce sont des domaines qui influencent directement la vie quotidienne au Cameroun. », écrit la fondation.

Chaque entrepreneur sélectionné recevra 5 000 $ de financement de démarrage, soit 3 millions de FCFA, une formation entrepreneuriale intensive, un accompagnement personnalisé des mentors, ainsi qu’un accès direct au plus vaste réseau d’entrepreneurs en Afrique. Un accompagnement bénéfique dans un environnement socioéconomique rude.  « Pour de nombreux jeunes Camerounais confrontés à un environnement économique difficile, ce programme représente bien plus qu’un financement. À une époque où le chômage des jeunes et l’incertitude économique restent des préoccupations majeures, des initiatives comme le Programme d’Entrepreneuriat de la TEF jouent un rôle essentiel en soutenant l’auto-emploi, en stimulant la croissance des entreprises locales et en réduisant la dépendance aux marchés de l’emploi traditionnels. Pour de nombreux jeunes Camerounais, ce n’est pas seulement un soutien. C’est une chance de construire quelque chose de durable. », commente la TEF.

C’est chaque année que la fondation Tony Elumelu lance son programme d’entrepreneuriat dans les 54 pays africains pour les jeunes porteurs de projets à fort impact social.  L’appel à candidatures pour l’édition 2026 a été lancé en janvier dernier et les dossiers étaient recevables jusqu’au 1er mars sur www.TEFConnect.com. Pour être éligible, il faut être entrepreneur africain âgés d’au moins 18 ans et ayant des idées d’affaires ou des entreprises existantes datant de moins de cinq ans.

Plus de 2,5 millions de jeunes impactés sur le continent

Depuis son lancement, la Fondation Tony Elumelu a permis à plus de 2,5 millions de jeunes Africains d’accéder à une formation en gestion d’entreprise sur sa plateforme numérique exclusive, TEFConnect. Ce sont lus de 100 millions de dollars américains en capital d’amorçage qui ont été distribués à plus de 24 000 entrepreneurs sélectionnés. La fondation revendique avoir aidé plus 2,1 millions d’Africains à sortir de la pauvreté avec un impact positif sur plus de 4 millions de ménages africains et 46 % des entrepreneurs femmes.

L’API mobilise les PME locales pour mieux saisir les opportunités du commerce mondial

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Au Palais des Congrès de Yaoundé, les discussions ne se limitaient pas aux salles de négociation. En parallèle de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, l’Agence de promotion des investissements a déployé un dispositif d’échanges économiques destiné à impliquer davantage le secteur privé dans les enjeux du commerce international.

À cet effet, une série de rencontres a été organisée dès le 26 mars 2026 sous la bannière Cameroon Business Exchange. Ces événements s’inscrivent dans une stratégie plus large portée par le comité national d’organisation, qui a confié à plusieurs institutions la mission d’animer des espaces de dialogue entre décideurs publics, entreprises et investisseurs.

L’enjeu était d’exposer les petites et moyennes entreprises aux mécanismes du commerce multilatéral, tout en les informant sur les opportunités d’accès aux marchés dans un environnement économique en mutation.

L’une des premières conférences s’est articulée autour du thème : « Produire, consommer, exporter : enjeux et perspective du Made in Cameroon ». Autour de la table, plusieurs profils issus du monde académique et entrepreneurial ont croisé leurs analyses, notamment Dr Jules Gérard Ema’a Mofa, Philippe Moudio et Ngwi Favor Njikta.

Mais c’est l’intervention de Dr Mathieu Juliot Mpabe Bodjongo, enseignant-chercheur et cadre au ministère du Commerce, qui a structuré le débat sur le plan économique. Il a d’abord posé le diagnostic de la balance commerciale du Cameroun et de son positionnement régional. « Il fallait déjà édifier les participants sur la structure de la balance commerciale du Cameroun », a-t-il expliqué.

Selon lui, le pays affiche un excédent commercial vis-à-vis de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest, tout en restant légèrement déficitaire à l’échelle du continent. Une configuration qui traduit l’existence d’un tissu productif réel, mais encore en phase de consolidation.

Dans cette perspective, il a mis en avant deux leviers d’action. D’un côté, la politique d’import substitution, de l’autre, la promotion des exportations. L’enjeu consiste à mieux exploiter les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine. Cet espace représente déjà 1,3 milliard de consommateurs et pourrait atteindre 2,5 milliards à l’horizon 2050.

L’analyse a également intégré d’autres débouchés commerciaux. L’Union européenne et le Royaume-Uni ont été cités comme des marchés structurants. Au total, le Cameroun peut théoriquement accéder à près de 1,8 milliard de consommateurs. Un potentiel que l’intervenant invite les entreprises locales à mieux capter.

Au-delà de l’ouverture, la question de la régulation a été posée. Dr Mpabe Bodjongo a insisté sur la nécessité de protéger le marché local contre les pratiques de concurrence jugées déloyales. Pour lui, la compétitivité passe autant par la conquête des marchés extérieurs que par la sécurisation de la production nationale.

Cette lecture a été prolongée lors d’une seconde conférence organisée dans le même cadre. Les échanges ont porté sur la compétitivité des chaînes de valeur, mettant en lumière les contraintes structurelles qui freinent encore la transformation locale et l’industrialisation.

À travers ces rencontres, l’API cherche à repositionner son secteur privé au cœur de la stratégie nationale commerciale, en l’arrimant aux dynamiques du commerce mondial et aux exigences d’un environnement économique de plus en plus intégré.

Dschang : Le maire Jacquis Gabriel Kemleu est décédé

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La commune de Dschang est en deuil. Le maire Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou est décédé ce lundi 30 mars 2026 à Yaoundé, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC). L’information a été rendue publique par la communication des Communes et villes unies du Cameroun (Cvuc).

La nouvelle est parvenue au moment où l’homme était  »porté disparu » depuis quelques semaines. Des informations faisaient état de ce que Jacquis Gabriel Kemleu était en fuite, suite à sa condamnation à six mois de prison ferme et une amende de trente millions de francs CFA dans une affaire privée. Sans nouvelles de l’autorité municipale, le sort de la mairie semblait se dessiner en pointillés. L’idée d’une destitution de l’homme a commencé à germer dans certains esprits.

C’est ce qui devrait arriver dans les prochaines semaines. Une session extraordinaire du conseil municipal devrait permettre de doter la mairie de Dschang d’un nouveau maire. Mais déjà, la ville de Dschang perd un homme qui aura apporté une touche particulière à son visage. L’homme qui était par ailleurs secrétaire exécutif de l’association des producteurs d’oléagineux (Asroc), aura su construire une nouvelle visibilité à la mairie et engagé de nouveaux projets pour le développement de la commune.

Et si le problème du Cameroun était de ne pas assez s’endetter ?

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« Il faut privilégier la relance immédiate, même financée par la dette, plutôt que l’obsession de l’équilibre budgétaire à long terme ». Cette idée, directement inspirée de John Maynard Keynes — qui écrivait dès 1923 « à long terme, nous serons tous morts »  demeure d’une actualité brûlante pour le Cameroun. Car derrière le discours officiel d’une dette « maîtrisée » à environ 43 % du PIB se cache une réalité plus préoccupante : celle d’une économie certes sous-endettée, mais freinée dans sa transformation, et prisonnière d’une prudence budgétaire érigée en dogme.

À première vue, les autorités camerounaises peuvent se prévaloir d’un indicateur flatteur. Dans une Afrique où de nombreux pays affichent des ratios d’endettement supérieurs à 60 %, voire davantage, le Cameroun apparaît comme un élève discipliné des institutions financières internationales. Le respect du seuil communautaire de la CEMAC (70 %) est régulièrement souligné, à raison, comme une preuve de rigueur. Mais cette lecture, purement comptable, est économiquement réductrice. Elle confond stabilité apparente et performance réelle, prudence et inertie.

Les chiffres eux-mêmes, pourtant souvent mobilisés pour justifier cette posture, racontent une autre histoire. En 2025, l’encours de la dette publique camerounaise se situe autour de 14 000 à 14 600 milliards de FCFA, soit environ 43 à 44 % du PIB. Ce niveau est non seulement largement inférieur au plafond de 70 % fixé au niveau sous-régional, mais aussi en deçà du seuil interne de prudence de 50 % retenu par les autorités elles-mêmes. Plus encore, il reste nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée autour de 56 à 60 % du PIB ces dernières années. Autrement dit, du point de vue strictement quantitatif, la dette camerounaise est non seulement soutenable, mais confortablement contenue.

Mieux encore, l’évolution récente confirme cette soutenabilité. La dette camerounaise progresse de manière modérée et maîtrisée, avec des hausses annuelles limitées. Elle demeure dominée par l’administration centrale, ce qui traduit une gestion relativement centralisée et cohérente. Surtout, elle reste très éloignée des niveaux historiquement critiques qu’a connus le pays dans les années 1990, où elle dépassait largement 100 % du PIB. En d’autres termes, non seulement le Cameroun n’est pas surendetté, mais il évolue aujourd’hui dans une zone de confort budgétaire relative, rarement atteinte dans son histoire économique récente.

Dès lors, une question s’impose avec acuité : pourquoi maintenir une telle retenue dans l’usage de l’endettement alors même que les marges existent ? Car une dette soutenable n’a de sens que si elle est mobilisée au service du développement. À défaut, elle devient un indicateur vide, une performance statistique sans impact réel sur la transformation économique.

À cet égard, il est frappant de constater que ce diagnostic n’est pas nouveau, ni même contesté au sommet de l’État. Il y a quelques années, Louis Paul Motaze, alors ministre de l’Économie, soulignait dans une tribune largement relayée que « l’insuffisance des infrastructures ampute la croissance de deux points par an […] le manque ou la défectuosité des infrastructures nuisent au développement des affaires […] puisque des investissements publics dans l’infrastructure […] sont essentiels pour stimuler l’activité et créer des emplois, et que si l’investissement est bien géré, son effet stimulant sur la production compense les emprunts contractés ».

Tout est dit. L’endettement, lorsqu’il est orienté vers des investissements productifs, n’est pas un fardeau mais un levier. Mieux encore : en stimulant durablement la croissance, il peut améliorer les ratios de dette eux-mêmes. Car le ratio dette/PIB dépend autant du dénominateur (la richesse produite) que du numérateur. Une économie qui croît plus vite grâce à des investissements financés par la dette peut non seulement absorber cette dette, mais en réduire le poids relatif dans le temps.

Car une question fondamentale s’impose : que vaut une dette faible dans une économie qui peine à financer ses infrastructures, à industrialiser sa base productive et à créer massivement des emplois ? Le véritable enjeu n’est pas le niveau absolu de la dette, mais sa capacité à soutenir la croissance. Comme le rappelle Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, “Si les gouvernements empruntent pour investir dans l’avenir, l’économie croît et la dette devient gérable”.  Autrement dit, une dette bien utilisée s’auto-amortit par les richesses qu’elle permet de générer.

Or, au Cameroun, les besoins d’investissement sont immenses. Infrastructures de transport insuffisantes, déficit énergétique persistant, industrialisation embryonnaire, capital humain encore sous-valorisé : autant de contraintes structurelles qui limitent le potentiel de croissance. Dans ce contexte, maintenir volontairement un niveau d’endettement bas revient à renoncer à des leviers essentiels de transformation économique. C’est faire le choix implicite d’une croissance lente, d’un chômage persistant et d’une réduction trop progressive de la pauvreté.

Cette posture traduit une erreur d’interprétation fréquente dans les politiques publiques : assimiler la maîtrise de la dette à une fin en soi. Or, comme le souligne Paul Krugman, ’austérité ou la restriction budgétaire peuvent être pertinentes en période d’expansion, mais elles deviennent contre-productives lorsque l’économie a précisément besoin d’un choc d’investissement.

L’histoire économique mondiale confirme cette analyse. Les pays aujourd’hui développés n’ont pas bâti leur prospérité sur la frugalité budgétaire, mais sur des politiques d’investissement massif, souvent financées par la dette. Routes, chemins de fer, systèmes éducatifs, industries stratégiques : ces transformations ont exigé des ressources que seule la mobilisation de l’endettement pouvait fournir.

Les exemples contemporains ne manquent pas non plus. Des pays comme l’Éthiopie ou le Rwanda ont, à des degrés divers, utilisé la dette pour financer des infrastructures structurantes et accélérer leur croissance. Certes, ces trajectoires ne sont pas exemptes de risques, mais elles illustrent une réalité fondamentale : il n’y a pas de développement rapide sans investissement massif, et donc sans recours, à un moment ou à un autre, à l’endettement.

Faut-il pour autant prôner un endettement sans limite ? Évidemment non. La question n’est pas quantitative, elle est qualitative. Toute dette n’est pas vertueuse. Une dette qui finance des dépenses improductives, des projets mal conçus ou des investissements à faible rendement constitue un fardeau. En revanche, une dette orientée vers des infrastructures rentables, l’énergie, l’éducation ou l’industrialisation devient un actif pour l’économie.

C’est précisément sur ce terrain que le Cameroun doit opérer un changement de doctrine. Il ne s’agit plus de se satisfaire d’un ratio dette/PIB inférieur à la moyenne africaine, mais de se demander si ce niveau est cohérent avec ses ambitions de développement. Une dette trop faible peut être le signe non pas d’une bonne gestion, mais d’une insuffisance d’investissement. Elle peut traduire une incapacité ou une réticence à mobiliser les ressources nécessaires à la transformation économique.

Le véritable risque, pour le Cameroun, n’est donc pas de s’endetter davantage — à condition de le faire intelligemment — mais de rester en deçà de son potentiel de financement. En s’enorgueillissant d’une dette « maîtrisée », le pays prend le risque de retarder sa mutation structurelle et de prolonger des déséquilibres économiques et sociaux pourtant bien identifiés.

Il est temps de dépasser cette vision restrictive et de réhabiliter une vérité économique simple, mais trop souvent oubliée : la dette n’est pas un problème en soi. Elle est un outil. Et comme tout outil, sa valeur dépend de l’usage que l’on en fait. Pour le Cameroun, l’enjeu n’est plus de prouver qu’il peut contenir sa dette, mais de démontrer qu’il sait s’en servir pour construire son avenir.

Par Hermann Mpeck, Analyste Économique. Enseignant à la retraite.

NICOLAS FORISSIER, Ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l’attractivité : « Plus de 200 entreprises françaises au Cameroun, qui génèrent 20 000 emplois directs »

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Alors que le Cameroun accueille la Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, ma visite à Yaoundé constitue une étape importante dans le dialogue économique entre nos deux pays. Elle témoigne à la fois de la vitalité des relations économiques entre le Cameroun et la France et de notre engagement commun en faveur d’un système commercial international ouvert, équitable et fondé sur des règles. Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes, des mutations économiques rapides et les transitions vers des économies plus vertes et numériques, la nécessité de renforcer les partenariats économiques s’impose avec une acuité particulière.

La Conférence ministérielle de l’OMC offre à cet égard une plateforme opportune pour réaffirmer une vision commune d’un multilatéralisme efficace et tourné vers l’avenir. La relation économique franco-camerounaise repose sur des liens anciens, des échanges soutenus et une présence particulièrement dynamique des entreprises. Plus de 200 entreprises françaises sont implantées au Cameroun, générant environ 20 000 emplois directs, contribuant au développement des compétences et réalisant des projets structurants, à l’instar du complexe hydroélectrique de Nachtigal.

 À l’heure où la solidarité internationale est mise à rude épreuve, la France demeure résolument engagée en faveur d’investissements responsables et durables, notamment à travers le groupe Agence Française de Développement, qui a mobilisé plus de 2 milliards d’euros (environ 1 300 milliards de FCFA) au Cameroun depuis 2008. De l’énergie aux transports, en passant par l’agro-industrie, les services et les infrastructures urbaines, ces partenariats contribuent concrètement au développement économique du pays.

Dans cette dynamique, la France entend approfondir ce partenariat en favorisant les investissements réciproques et en renforçant les liens entre les entreprises françaises et camerounaises. L’amélioration continue du climat des affaires sera déterminante pour attirer davantage d’investissements, stimuler l’innovation et soutenir la diversification économique. La solidité de ce partenariat implique également des responsabilités : garantir la protection des investisseurs, assurer l’ancrage local des projets et veiller à la pérennité de leurs retombées. Le Cameroun dispose d’atouts majeurs : une position stratégique en Afrique centrale, un marché intérieur dynamique, des ressources naturelles abondantes et un capital humain prometteur.

De son côté, la France et ses entreprises apportent des compétences et des capacités complémentaires, tandis que les échanges réguliers entre gouvernements, sociétés civiles et milieux d’affaires permettent de valoriser ce potentiel commun. Dans un environnement mondial de plus en plus concurrentiel, la poursuite des réformes visant à renforcer la transparence, la sécurité juridique et la prévisibilité réglementaire sera essentielle pour consolider l’attractivité du pays.

La France se tient prête à accompagner cette ambition, dans un esprit de partenariat et de dialogue constructif avec les autorités et les acteurs économiques camerounais. Cette visite intervient également en prélude au sommet Afrique–France « Africa Forward », prévu les 11 et 12 mai à Nairobi et coorganisé par la France et le Kenya.

Ce rendez-vous constituera une opportunité majeure pour approfondir les relations économiques entre la France et le continent africain, promouvoir l’entrepreneuriat, stimuler les investissements et soutenir les initiatives portées par les acteurs économiques africains. Dans ce cadre, l’engagement plein et entier des partenaires africains, dont le Cameroun, sera déterminant pour faire de ce sommet un espace de dialogue, d’innovation et d’actions concrètes au service d’une croissance durable et inclusive. Dans un monde en rapide mutation, la France et le Cameroun disposent d’une opportunité commune de renforcer davantage leur partenariat économique, au service du développement, de la création d’emplois et des entrepreneurs de demain.»

Tristesse: Foly Dirane est mort

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L’animateur émérite a cassé son micro ce 26 mars des suites d’une longue maladie.

Le monde de la presse vient d’être encore frappé. Foly Dirane n’est plus. L’animateur radio-TV a cassé son micro ce 26 mars 2026. Une « délivrance » pour beaucoup de confrères qui réagissent à cette disparition, tant Adrien Tafeng (de son vrai nom) aura souffert ces dernières années. Annoncé quelques fois mort, l’homme a toujours réussi à se relever, jusqu’à ce soir.

C’est un mythe qui s’en va. Foly Dirane a passé plusieurs décennies au service de la Cameroon radio television (Crtv), animant des émissions phares des années 9O comme « Emergence », « Délire »; et formant nombre d’animateurs et même des journalistes actuels.

Sur le terrain artistique et culturel, ce chansonnier a également inscrit des marques indélébiles et suscité des talents.

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