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FINANCE NUMÉRIQUE : La BEAC s’attaque aux lenteurs des paiements en Afrique centrale

Face à l’augmentation des transactions numériques, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) veut accélérer la modernisation des infrastructures de paiement. Son rapprochement avec la Banque nationale du Cambodge doit notamment contribuer à fluidifier les règlements interbancaires et à préparer le déploiement des paiements instantanés dans la CEMAC.

Après son adhésion au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) en juillet 2026 et le lancement de SYSTAC 2 en août, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ouvre un nouveau chantier. Elle a conclu une convention avec la Banque nationale du Cambodge. Signé le 22 octobre à Phnom Penh par les gouverneurs Yvon Sana Bangui et Chea Serey, l’accord a été annoncé le 2 novembre. Il prévoit, pour 2027-2028, une coopération sur l’interconnexion des systèmes de paiement et la cybersécurité.

Pour les entreprises, des règlements plus rapides peuvent accélérer les encaissements, faciliter le paiement des fournisseurs et améliorer la trésorerie. Les PME pourraient en tirer profit, à condition que les gains techniques se répercutent sur les tarifs. La BEAC n’a pas chiffré les économies attendues ni la baisse éventuelle des commissions.

Le Cambodge s’appuie sur Bakong, sa plateforme nationale lancée en 2020. En 2025, elle a traité 1,33 milliard de transactions, en hausse de 118,7 %, pour environ 224 milliards de dollars. Le système permet les paiements instantanés et se connecte par QR code à huit économies asiatiques. Les paiements transfrontaliers ont progressé de 74,5 %, à 270 600 opérations. Ces performances offrent des références à la BEAC, sans annoncer de connexion directe entre Bakong et les réseaux de la CEMAC.

En Afrique centrale, le mobile money a enregistré 3,74 milliards de transactions en 2024, pour près de 34 800 milliards de FCFA. La région comptait plus de 51 millions de comptes de paiement mobile, selon les données de la BEAC. GIMACPAY contribue à l’interopérabilité des services, tandis que SYSTAC 2 modernise la compensation interbancaire.

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Opérationnel depuis le 3 août 2026, SYSTAC 2 repose sur la norme internationale ISO 20022. La migration a concerné 71 participants dans les six pays de la CEMAC. La prochaine étape est la mise en production du module de paiements instantanés. La BEAC pourra alors mesurer les effets du dispositif sur les délais de règlement entre banques.

La coopération couvrira aussi le renforcement des compétences, la transformation digitale, l’inclusion financière et la sécurisation des infrastructures. Les deux banques centrales prévoient des évaluations périodiques sur l’efficacité des transactions, l’interopérabilité des réseaux et l’accès aux services financiers.

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Pour les opérateurs économiques, les retombées restent à établir. La réduction des délais entraînera-t-elle une baisse des frais de transfert et des paiements transfrontaliers plus simples ? Le résultat se jugera aux commissions facturées, aux délais d’encaissement et à la disponibilité des fonds.

Par Fabrice BELOKO
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