Le PATNUC prépare une vaste campagne de formation destinée à au moins 15 000 fonctionnaires et agents publics des services centraux, déconcentrés et décentralisés. Intelligence artificielle, blockchain, gestion électronique des documents ou encore conduite du changement sont au programme. L’objectif est de faire des compétences humaines un levier de la modernisation de l’administration camerounaise.Le PATNUC prépare une vaste campagne de formation destinée à au moins 15 000 fonctionnaires et agents publics des services centraux, déconcentrés et décentralisés. Intelligence artificielle, blockchain, gestion électronique des documents ou encore conduite du changement sont au programme. L’objectif est de faire des compétences humaines un levier de la modernisation de l’administration camerounaise.
La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a procédé au lancement officiel du programme de formation en transformation numérique des agents publics. Ce programme relève du Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (PATNUC). L’enjeu est de renforcer les capacités des fonctionnaires et agents publics afin qu’ils puissent comprendre, adopter et utiliser efficacement les outils, services et politiques numériques dans l’exercice de leurs missions.
Financé à hauteur de 100 millions de dollars par la Banque mondiale, le projet couvre la période 2022-2027. Il place la montée en compétences numériques des citoyens et des agents publics parmi ses cinq grands chantiers. Ce programme cible au moins 15 000 fonctionnaires et agents publics répartis dans les services centraux, déconcentrés et décentralisés.
Pour le Minpostel, cette opération vient renforcer la mutation des services publics. Car, « une administration ne se transforme pas seulement en numérisant ses procédures », souligne la ministre Minette Libom Li Likeng. Selon elle, la transformation intervient lorsque les femmes et les hommes qui font vivre l’administration au quotidien s’approprient les outils et font évoluer leurs méthodes de travail.
CINQ COMPÉTENCES POUR CHANGER LES MÉTIERS
Cinq domaines ont été retenus. Le premier porte sur l’intelligence artificielle, les grands modèles de langage et la blockchain. Il doit permettre aux agents de mieux comprendre ces technologies, leurs usages responsables et leur potentiel pour le service public.
Transformation numérique au Cameroun
Le deuxième concerne la transformation digitale et les services aux usagers. Il s’agit de revoir les processus administratifs et d’améliorer l’expérience des citoyens grâce aux outils numériques.
La gestion des projets numériques et les méthodes agiles constituent le troisième domaine. Les agents doivent apprendre à planifier et suivre les projets de manière progressive, collaborative et orientée vers les résultats.
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Formation des agents publics
Le quatrième volet porte sur la conduite du changement et les compétences. Le programme veut accompagner les équipes, favoriser leur adhésion et installer de nouvelles pratiques de travail.
Enfin, l’archivage et la gestion électronique des documents doivent permettre de structurer, sécuriser, retrouver et conserver les documents dans un environnement numérique.
Ces cinq axes répondent directement aux besoins identifiés dans l’administration, notamment en matière de gestion électronique des documents, de cybersécurité, d’archivage numérique, d’intelligence artificielle et de conduite du changement.
Intelligence artificielle dans l’administration
UN INVESTISSEMENT DANS LE CAPITAL HUMAIN
Le dispositif repose sur une formation entièrement en ligne. Le parcours comprend cinq modules de dix jours chacun, soit 50 jours de formation à titre indicatif. La plateforme reste accessible pendant quatre mois.
Les participants alternent apprentissage autonome, classes virtuelles, accompagnement pédagogique et exercices pratiques. Le programme prévoit aussi des études de cas, des quiz, des travaux collaboratifs, des projets transversaux et un suivi individuel. Des évaluations continues doivent mesurer les acquis.
À terme, les participants peuvent recevoir une attestation, sous réserve du respect des critères pédagogiques retenus.
Pour la coordonnatrice nationale du PATNUC, Dr Mfuh Winifred Fuaye, l’enjeu consiste à inscrire la transformation numérique dans le fonctionnement quotidien des administrations. Le programme doit notamment accompagner les agents dans leurs profils, leurs responsabilités et leurs pratiques professionnelles. Il prévoit également la formation de référents numériques capables d’accompagner leurs collègues.
L’enjeu économique se situe dans l’utilisation effective de ces compétences. Une procédure dématérialisée ne produit pas automatiquement un gain de productivité. Encore faut-il que l’agent sache exploiter l’outil, réorganiser son travail et traiter plus rapidement la demande de l’usager.
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Le PATNUC entend ainsi rapprocher la formation des besoins opérationnels. Son objectif général est de renforcer durablement les capacités des fonctionnaires et agents publics afin qu’ils puissent comprendre, adopter et utiliser efficacement les outils, services et politiques numériques dans l’exercice de leurs missions.
Cette logique accompagne les autres investissements du projet. Le PATNUC prévoit notamment l’extension de la connectivité rurale, avec 374 sites couverts en fin de projet, ainsi que la connexion des aéroports camerounais à internet. La formation des agents doit donc suivre le déploiement des infrastructures et des plateformes numériques.
Le véritable test sera désormais celui de l’usage. Si les 15 000 agents formés parviennent à intégrer ces compétences dans leurs tâches quotidiennes, le numérique pourra passer du statut d’outil technique à celui de levier de productivité administrative et d’amélioration du service rendu aux citoyens.
INTERVIEW
DR MFUH WINIFRED FUAYE, COORDONNATEUR NATIONAL DU PATNUC
« L’enjeu est d’améliorer la performance quotidienne des agents publics »
« Je dois indiquer que le PATNUC met en place plusieurs accélérateurs, dont beaucoup sont axés sur la formation. Si je prends le cas de la formation, il y a notamment la formation des experts. Nous travaillons avec des structures spécialisées pour proposer des formations très spécifiques.
Nous travaillons également avec des jeunes sur des formations en innovation qui leur permettent de développer les solutions dont notre économie a besoin.
Les formations destinées aux 15 000 agents publics sont, quant à elles, d’ordre général. Il s’agit de leur apprendre à utiliser les outils informatiques et les outils de communication électronique afin d’améliorer leur performance dans leurs activités quotidiennes.
Je prends par exemple le cas des courriels. Aujourd’hui, au lieu de passer beaucoup de temps à rédiger un e-mail, les outils d’intelligence artificielle peuvent permettre de produire rapidement un premier contenu, que l’utilisateur peut ensuite relire, éditer et envoyer.
Pour les personnes qui ont une charge de travail importante, l’intelligence artificielle devient ainsi un outil permettant de faciliter certaines tâches du quotidien.
Je peux également citer la formation au changement, ou « Change Management ». C’est un volet particulièrement important. Aujourd’hui, nous travaillons encore beaucoup avec le papier. Nous pouvons progressivement migrer vers les outils numériques, plutôt que de continuer à utiliser quotidiennement d’importantes quantités de papier.
Cela permettra de réduire la circulation des documents physiques dans notre système administratif, mais également de mieux maîtriser les coûts liés à leur production, leur traitement et leur conservation. »
Par Fabrice BELOKO
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