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Près de 30 milliards FCFA de crédits attendus pour les PME des filières prioritaires

Le Minepat a procédé le 15 juillet 2026 au lancement de l’appel à projet du projet d’appui au développement économique par la promotion des chaînes de valeur et l’initiative privée. Le projet AD-CV entend lever l'un des principaux obstacles au développement des PME camerounaises. Grâce à une facilité financière d’environ 6 milliards FCFA, il ambitionne de mobiliser jusqu'à près de 30 milliards FCFA de crédits auprès des banques locales. Les financements cibleront les entreprises actives dans plusieurs chaînes de valeur stratégiques, avec une priorité accordée aux femmes et aux jeunes.

« L’État et ses partenaires sont mobilisés pour accompagner les initiatives sérieuses, ambitieuses et créatrices de valeur. Tel est le message que nous adressons aujourd’hui aux entrepreneurs. » Jean Tchoffo, secrétaire général du Minepat, prononce ces mots le 15 juillet, en procédant au lancement du Projet d’Appui au Développement économique par la Promotion des Chaînes de Valeur et de l’Initiative Privée (PAD-CV).

Le déficit de financement freine depuis des années le développement des entreprises camerounaises. Le nouveau projet ambitionne de s’attaquer directement à cette difficulté. Porté conjointement par le gouvernement du Cameroun et l’Union européenne, le programme dispose d’un budget global d’environ 9,8 milliards FCFA.

Le programme s’inscrit dans la SND30. Son ambition consiste à soutenir une croissance plus inclusive, créatrice d’emplois décents et verts, grâce au développement du secteur privé. « La chaîne de valeur et l’initiative privée sont au cœur du projet AD-CV, mis en œuvre par l’Union européenne au Cameroun. Ce projet offre aux promoteurs la possibilité de soumettre leurs projets sur une plateforme dédiée », a indiqué Strafort Pedie, coordonnateur du comité technique de suivi du projet.

L’élément central du dispositif repose sur sa première composante. Une facilité de financement d’environ 6 milliards de FCFA doit permettre, grâce à un mécanisme d’effet de levier, de mobiliser jusqu’à 30 milliards de FCFA de lignes de crédit auprès des institutions financières nationales. Ces ressources seront destinées aux entrepreneurs des chaînes de valeur retenues, tout en intégrant les exigences environnementales et climatiques.

 LES FILIÈRES STRATÉGIQUES DANS LE VISEUR

 Le projet concentre ses interventions sur cinq régions. Il s’agit de l’Extrême-Nord, du Nord, du Sud, de l’Est et du Sud-Ouest. Chaque bassin de production bénéficie d’un ciblage spécifique. « Les filières retenues s’inscrivent dans les priorités nationales, notamment celles du Plan intégré d’import-substitution agro-pastoral et halieutique (Piisah) », a souligné le coordonnateur du comité technique de suivi du projet.

Dans le Nord et l’Extrême-Nord, les interventions porteront sur le coton-textile, le mil, le sorgho, la noix de cajou, le maïs, le cuir et le riz. Dans les régions forestières du Sud, de l’Est et du Sud-Ouest, les priorités concernent le bois, le cacao et le manioc. Le numérique appliqué à l’agriculture constitue une chaîne de valeur transversale. Le projet entend également soutenir les activités liées à la production, à la transformation, à la commercialisation et aux services associés.

LES PME AU CŒUR DU DISPOSITIF

 Les bénéficiaires ciblés regroupent les très petites entreprises, les petites et moyennes entreprises, les start-up, les clusters et les incubateurs de la filière numérique. Les coopératives, les groupes d’initiative commune et les organisations de producteurs structurées pourront également prétendre à un accompagnement. Le projet prévoit un traitement prioritaire pour les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes.

Les organisations interprofessionnelles nationales et régionales seront également appuyées afin de renforcer la concertation au sein des différentes chaînes de valeur. L’accès au dispositif passe par un appel à projets lancé dans le cadre de la deuxième composante du programme. Les entrepreneurs sont invités à déposer leur candidature sur la plateforme numérique www.padcv-cm.net. Ils devront présenter leur entreprise, décrire son fonctionnement actuel et exposer leur stratégie de développement.

L’appel à projets restera ouvert pendant trois mois. Les meilleures propositions seront retenues à l’issue de cette période. Les entreprises sélectionnées bénéficieront ensuite d’un accompagnement technique. Les équipes du projet réaliseront d’abord un diagnostic de leur fonctionnement. Elles accompagneront ensuite la maturation des projets avant d’aider les porteurs à élaborer des plans d’affaires conformes aux exigences des établissements financiers. L’objectif consiste à améliorer leur accès au crédit et à accroître leurs chances d’obtenir un financement bancaire.

AMÉLIORER LE CLIMAT ES AFFAIRES

Au-delà du financement, le Projet AD-CV entend agir sur l’environnement économique des entreprises. Sa troisième composante vise à améliorer le climat de l’investissement en tenant compte des réalités des territoires et de l’entrepreneuriat féminin. La gouvernance du programme associe la Délégation de l’Union européenne, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) ainsi qu’un comité de pilotage réunissant les principales administrations concernées.

En combinant financement, accompagnement technique et amélioration de l’environnement des affaires, le projet cherche à renforcer la compétitivité des entreprises locales, à stimuler l’investissement privé et à accélérer la création de richesses et d’emplois dans les filières jugées les plus porteuses de l’économie camerounaise.

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