mercredi, juin 17, 2026
spot_img
AccueilNon classéPromote 2026: L’APME met en vitrine une PME qui remplace les palettes...

Promote 2026: L’APME met en vitrine une PME qui remplace les palettes européennes

Une entreprise installée près de Kribi produit désormais des palettes en bois conformes aux normes européennes. Soutenue par l’Agence de Promotion des PME (APME), CKJ ambitionne de fournir les industriels camerounais et de réduire la dépendance aux importations. Présentée à PROMOTE 2026, cette initiative illustre les possibilités offertes par la transformation locale des ressources forestières.

Dans les allées du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat (PROMOTE 2026), le stand de l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (APME) ne désemplit pas. Porteurs de projets, entrepreneurs, chefs d’entreprise, étudiants et chercheurs s’y arrêtent pour s’informer sur les dispositifs d’accompagnement, les mécanismes de financement et les solutions de digitalisation proposées par l’institution.

L’agence y expose également plusieurs PME qu’elle accompagne dans leur développement, offrant ainsi une vitrine concrète de son action sur le terrain. Parmi elles, CKJ attire particulièrement l’attention des visiteurs. À première vue, rien de spectaculaire : quelques palettes en bois soigneusement exposées. Pourtant, derrière cet objet du quotidien se dessine une ambition industrielle qui pourrait réduire la dépendance de certaines entreprises camerounaises aux importations.

 Face aux curieux, Mohamed Ayou Massitno, directeur d’exploitation de CKJ, résume l’enjeu. « Ces industries agricoles n’ont plus besoin d’importer des palettes EPAL. Les palettes EPAL sont des palettes aux normes européennes. Au lieu d’aller importer en Europe, nous produisons déjà ici, sur place au Cameroun, les palettes qui respectent toutes ces normes-là. » À travers cette production locale certifiée, l’entreprise entend répondre aux besoins des secteurs exportateurs tout en conservant sur le territoire une partie de la valeur qui échappait jusquelà à l’économie nationale.

DES PALETTES POUR CIMENTIERS, BRASSEURS ET CHOCOLATIERS

 Ces palettes servent à entreposer et transporter des produits agro-industriels. Cimenteries, chocolateries, brasseries figurent parmi les clients potentiels. « La liste est tellement longue que si je me mets à citer, on va passer toute la soirée », résume le directeur d’exploitation. L’entreprise, installée à Tifinda, à quelques kilomètres de Kribi, propose deux gammes. Les palettes standards coûtent entre 5 000 et 7 500 francs CFA. Celles qui respectent la norme internationale, capables de remplacer les EPAL importées, se vendent entre 8 000 et 19 000 francs CFA.

 Le prix varie selon la dimension et l’essence du bois utilisée. Le directeur insiste sur un autre avantage technique. Les palettes légères permettent d’augmenter le volume de marchandise exportée dans un conteneur. « Si vous prenez des palettes légers, vous allez exporter des produits, peut-être que les palettes vont prendre 2 tonnes et votre produit va prendre 8 tonnes, et c’est à tout votre bénéfice », détaille-t-il.

UN APPUI INSTITUTIONNEL À L’INSTALLATION

CKJ doit une partie de son développement à l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises. « L’APME nous a accompagnés dans notre installation, le dédouanement déjà de nos produits nous ont aidés avec l’exonération de la taxe douanière », précise Mohamed Ayou Massitno. Cet appui a facilité l’entrée de l’entreprise sur un marché jusque-là dominé par les importations. L’entreprise revendique aujourd’hui plus de 50 employés. Une dizaine d’ingénieurs travaillent dans la structure. Le directeur d’exploitation y voit l’une des principales motivations des promoteurs du projet. Il évoque aussi un déclic personnel, lié à un appel du président de la République en faveur de la valorisation des ressources nationales par les jeunes entrepreneurs.

UNE MATIÈRE PREMIÈRE SOUS CONTRAT

CKJ s’approvisionne directement auprès d’entreprises d’exploitation forestière et de forêts communautaires, via des contrats de vente de coupes. Cette organisation garantit un flux régulier de bois pour la production de palettes. L’ampleur réelle de cette substitution aux importations reste à mesurer. Combien de cimentiers, brasseurs et chocolatiers camerounais ont effectivement basculé vers ce fournisseur local plutôt que vers l’Europe ? Quel volume de devises cette production locale permet-elle d’économiser chaque année ? Ces questions méritent d’être posées directement aux industriels concernés. Si la trajectoire de CKJ se confirme à grande échelle, elle pourrait inspirer d’autres filières du bois camerounais, encore largement tournées vers l’exportation de grumes brutes plutôt que vers la transformation locale.

spot_img
LIRE AUSSI
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

ACTUELLEMENT EN KIOSQUE

spot_img

LES PLUS RECENTS

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x