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BGFIBank, Afriland First Bank, CCA Bank SCB et Bicec financent la raffinerie CSTAR 

La SNH vient de boucler un prêt syndiqué de 120 milliards de FCFA auprès de BGFI Bank et de quatre établissements bancaires camerounais pour financer sa part dans le projet CSTAR. Une raffinerie modulaire de 30 000 barils par jour, alimentée au brut camerounais, dont les premiers équipements arrivent sur le site de Kribi et dont l'entrée en production est attendue dès la fin 2026.

Le 30 avril 2026, à l’ouverture de la Finance Week à Yaoundé, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, lance un appel direct aux banquiers de la CEMAC. Face aux acteurs de la finance sous-régionale, il affiche publiquement son soutien au projet de nouvelle raffinerie porté par la Société nationale des hydrocarbures : « S’il y a un seul produit sur lequel nous devons nous repositionner, c’est d’abord le pétrole. » Avant d’ajouter qu’il est prêt à mobiliser les banques de la sous-région pour accompagner son financement.

 Cinq jours plus tard, le 5 mai 2026, cette déclaration trouve un premier prolongement concret : BGFIBank signe à Yaoundé une convention de prêt avec Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour financer la construction de CSTAR, une raffinerie modulaire de 30 000 barils par jour, alimentée en brut camerounais.

120 milliards mobilisés en syndicat

Face à Nathalie Moudiki, représentante personnelle de l’administrateur directeur général de la SNH, le ministre Adolphe Moudiki, Abakal Mahamat, directeur général de BGFIBank Cameroun, pose sa signature au bas du document. Il revient sur les étapes qui ont précédé. « Nous sommes réunis ici pour la concrétisation de la première étape d’une action que nous avons commencée il y a quelques mois avec la signature du mandat. Le mandat a été le document qui nous permettait de lever le financement nécessaire. La présidente du Conseil d’administration a parlé de 120 milliards FCFA que nous avons mobilisés à travers nos partenaires bancaires que je remercie ici, notamment Afriland First Bank, CCA Bank, SCB Cameroun et BICEC. C’est à travers ce réseau-là que nous avons pu mobiliser aujourd’hui cette enveloppe à mettre à disposition de la SNH pour le projet CSTAR. » Ce montant représente l’apport en fonds propres de la SNH dans le projet. Il ne couvre qu’une fraction du coût total d’investissement, Capex estimé à environ 360 milliards de FCFA.

L’architecture de la raffinerie CSTAR est conçue pour produire d’abord, puis monter en capacité. Dès la fin 2026, l’unité doit traiter 10 000 barils par jour. En 2027, la cadence va s’accélérer, apprend-on. En 2028, l’installation atteint sa capacité notionnelle pleine de 30 000 barils par jour. L’alimentation de cette usine annoncée repose principalement sur le brut camerounais.

La production annuelle attendue en régime de croisière est de 1,5 million de tonnes métriques, soit 1,8 million de mètres cubes. Cinq produits concentrent 96 à 98 % des sorties de l’usine : le fuel lourd à 30 %, le gazole à 25 %, le super à 23 %, le bitume à 10 % et le gazole marin à 8 %. Ce dernier est particulièrement recherché sur les marchés régionaux.

Les coûts d’exploitation annuels, les OPEX, sont estimés à 66 millions de dollars, environ 36 milliards de FCFA. Les revenus de vente sont projetés à 1 milliard de dollars, soit environ 580 milliards de FCFA. Le flux net de trésorerie annuel attendu est de 682,5 milliards de FCFA (120 millions de dollars).

Un levier pour les réserves en devises

Les promoteurs du projet mettent en avant un argument qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de la zone CEMAC, où la question des réserves de change revient régulièrement sur la table des autorités monétaires. En substituant des produits raffinés nationaux aux importations, CSTAR permettrait une économie annuelle de devises évaluée à environ 1 milliard de dollars, soit 590 milliards de FCFA. La réduction des importations nationale de carburant atteindrait plus de 435 milliards FCFA par an, représentant quelque 30 % de la consommation au Cameroun. À cela s’ajoutent les exportations de gazole marin, estimées à plus de 250 milliards de FCFA.

Biocarburant et emplois riverains

Au-delà de la raffinerie proprement dite, CSTAR intègre une dimension que les documents officiels ne mentionnent pas encore publiquement. Un dispositif de production de biocarburant sera adossé à l’unité principale. Il est prévu d’augmenter la capacité notionnelle de 30 à 40 % supplémentaires par rapport aux 30 000 barils de base. Ce volet agricole associe directement les populations riveraines de Kribi, qui seront encouragées à produire les matières premières nécessaires. Un écosystème de financement des intrants et d’encadrement des producteurs est en cours de conception pour sécuriser l’approvisionnement.

En phase de construction, le projet devrait générer 5 000 emplois. En phase d’exploitation, 2 000 postes permanents sont attendus. Une université, apprend-on sera créée sur place pour dispenser des formations initiales et professionnelles.

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