La Banque africaine de développement engage 200 millions de dollars, soit environ 122 milliards de FCFA, dans le déploiement d’un réseau de fibre optique au Nigeria. Baptisé Bridge, ce projet dépasse le seul cadre national et dessine une nouvelle architecture de connectivité en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, avec des retombées attendues pour le Cameroun.
Selon les données publiées par la BAD, le programme prévoit la mise en place de 90 000 kilomètres de fibre optique et l’extension du backbone nigérian à près de 120 000 kilomètres, contre environ 30 000 actuellement. L’infrastructure doit relier l’ensemble des 774 collectivités locales du pays, renforçant ainsi la couverture numérique et l’accès aux services.
Au-delà de son envergure nationale, l’un des aspects déterminants du projet réside dans ses extensions vers les pays frontaliers. D’après la BAD, les connexions prévues avec le Cameroun, le Niger ou encore le Tchad doivent favoriser la circulation des données à l’échelle sous-régionale et améliorer l’interconnexion des réseaux.
Pour le Cameroun, cette ouverture offre la possibilité de diversifier ses points d’accès au trafic international, aujourd’hui largement dépendants des câbles sous-marins et de quelques corridors terrestres. Une telle interconnexion pourrait ainsi renforcer la résilience du réseau national en cas de rupture sur un axe principal.
Dans le même temps, cette nouvelle architecture régionale est susceptible de faire baisser les coûts de transit de la data, sous l’effet d’une concurrence accrue entre routes numériques. Elle constitue également un levier pour accélérer l’intégration des marchés numériques dans une zone où la connectivité transfrontalière demeure encore incomplètement développée.
Cette dynamique régionale intervient alors que le Cameroun poursuit lui-même l’extension de son infrastructure. Un décret présidentiel signé le 6 mars 2026 autorise la mobilisation de 1,35 milliard de yuans auprès d’Eximbank China, soit environ 108,4 milliards de FCFA, selon le ministère de l’Économie, pour financer la quatrième phase du backbone national.
D’après les données du Minepat, le réseau camerounais avoisine déjà 10 000 kilomètres après plusieurs phases de déploiement, contre environ 6 000 kilomètres au milieu des années 2010. Les autorités visent désormais les zones encore peu couvertes, notamment dans les régions enclavées et le long des frontières, dans une logique de complémentarité avec les futurs corridors numériques régionaux.







