C’est une tournée de terrain qui ne ressemblera pas aux habituelles visites protocolaires. Pendant sept jours, du dimanche 3 au samedi 9 mai 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, accompagné de ses homologues de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) et de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC), ainsi que du Directeur de Division de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, prendra la direction des régions septentrionales du Cameroun. L’objectif affiché : mesurer sur le terrain l’état d’avancement des projets structurants engagés dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), et réaffirmer l’engagement de l’État en faveur du développement agropastoral dans ces zones stratégiques.
LA BÉNOUÉ ET LE LOGONE SOUS LES PROJECTEURS
Premier arrêt significatif : la région du Nord, autour de Garoua et de Lagdo, où sont déployés les projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone. Dès le lundi 4 mai, la délégation effectuera des visites de terrain sur les chantiers en cours : aménagement de près de 6 000 hectares de périmètres irrigués, construction de digues le long de la Bénoué — 18,1 km en rive gauche, 15,7 km en rive droite —, réhabilitation de surfaces agricoles existantes. Le Centre d’Innovation Technologique (CIT) de Lagdo figurera également au programme, témoignant d’une approche qui entend conjuguer infrastructure hydraulique et modernisation des pratiques agricoles.
Le mercredi 6 mai, la délégation se rendra dans le département du Mayo-Danay, à Yagoua, pour inspecter les travaux de réhabilitation des périmètres relevant du projet VIVA-Logone, notamment le périmètre SP2 et le tracé de la conduite forcée. Le lendemain, cap sur Zina, dans le Logone-etChari, pour une visite des aménagements hydroagricoles réalisés dans le cadre du Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance (PLANUT) : station de pompage, canaux d’irrigation, parcelles aménagées — autant d’infrastructures destinées à transformer durablement le potentiel agricole du bassin du Lac Tchad.
DES ÉQUIPEMENTS REMIS AUX POPULATIONS
Au-delà des visites de chantiers, cette mission comportera une dimension hautement opérationnelle : la rétrocession officielle d’équipements et de matériels acquis dans le cadre de plusieurs programmes publics. À Lagdo, puis à Yagoua, et enfin à Kousseri, des cérémonies solennelles ponctueront le déplacement. Associations d’usagers de l’eau, coopératives agricoles, groupes de jeunes et de femmes, promoteurs de plans d’affaires agropastoraux : les bénéficiaires du Plan Intégré d’Import-Substitution Agro-pastoral et Halieutique (PIISAH) et du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) recevront directement des mains du MINEPAT matériels et engins agricoles — tracteurs inclus.
La journée du vendredi 8 mai à Kousseri constituera l’un des temps forts de la mission : outre la remise de tracteurs aux bénéficiaires du PROLAC et l’attribution d’équipements agricoles et piscicoles dans le cadre du PDRI-CL, la délégation procédera à l’inauguration d’un Complexe de Poissonnerie et à la rétrocession du Laboratoire de Climatologie et de Météorologie de l’Université de Maroua — un équipement scientifique dont la vocation est de renforcer la résilience des populations face aux effets croissants du changement climatique dans cette zone sahélienne.
ACCÉLÉRER LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE
Au fond, cette mission de terrain illustre une ambition gouvernementale plus large : celle de faire des régions septentrionales un levier de la transformation structurelle de l’économie nationale. Le développement du secteur agropastoral, la promotion de l’import-substitution et la sécurité alimentaire figurent au cœur des priorités de la SND30. Dans des régions longtemps perçues comme fragiles sur le plan sécuritaire et économique, ces projets visent à démontrer que l’investissement public, lorsqu’il est bien ciblé et accompagné, peut générer des effets durables sur les conditions de vie des populations — et contribuer, à terme, à réduire le déficit de la balance commerciale du pays.







