À Washington, le Cameroun a choisi de placer le gaz au cœur de son discours économique face aux investisseurs internationaux. Le 17 avril 2026, lors d’une table ronde organisée en marge des Spring Meetings du FMI et de la Banque mondiale, les ministres de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, ont défendu une orientation visant à faire de cette ressource un levier central de l’industrialisation.
Devant un parterre composé de bailleurs, d’opérateurs privés et de partenaires techniques, les autorités camerounaises ont insisté sur le lien direct entre la disponibilité énergétique via le gaz et la transformation économique.
« Actuellement, le secteur gazier repose principalement sur deux champs gaziers, dont la production en 2025 était d’environ 1,5 million de tonnes. Cette production ne représente qu’une infime partie du potentiel gazier camerounais, dont les réserves prouvées s’élèvent à 6,16 trillions de pieds cubes, traduisant un potentiel encore largement sous-exploité. Une valorisation accrue de ces ressources permettrait de répondre à plusieurs enjeux stratégiques, notamment réduire la vulnérabilité du système électrique aux aléas hydrologiques à travers le développement du gas-to-power, soutenir l’industrialisation via le gas-to-industry et améliorer le taux d’accès des ménages à la cuisson propre grâce au développement du gaz domestique », a souligné le ministère de l’Eau et de l’Énergie dans un communiqué officiel.
Au-delà du développement des infrastructures d’exploitation, l’ambition du Cameroun est de structurer autour du secteur gazier une économie inclusive et l’industrialisation. « L’objectif est de produire une électricité plus stable grâce au gaz, de soutenir le développement industriel et d’offrir aux ménages des solutions de cuisson plus propres. Il est impératif de renforcer les partenariats avec les acteurs techniques et financiers ainsi qu’avec les opérateurs, afin de développer le capital humain et de maximiser les retombées économiques et sociales de ce secteur stratégique », ajoute le ministère.
Cette projection à l’international intervient toutefois dans un contexte domestique plus contrasté. Le secteur gazier traverse en effet une phase de recomposition. À Douala, principal pôle industriel du pays, les livraisons de gaz naturel de Gaz du Cameroun ont chuté à 35,57 millions de mètres cubes en 2024, soit une baisse de 62,92 % par rapport à l’année précédente, selon le magazine d’information de la Société nationale des hydrocarbures.
D’après cette source, ce recul s’explique notamment par la déconnexion de plusieurs industriels du réseau de distribution ainsi que par des opérations de maintenance sur les installations. Cette contraction intervient dans un contexte de renchérissement généralisé des coûts énergétiques, qui pèse sur la compétitivité des entreprises.







