Le riz pèse encore 5,1 % des dépenses totales d’importation du Cameroun en 2025. Sa facture s’établit à 268,7 milliards de FCFA, en recul de 15,6 % par rapport à 2024. Cette tendance s’observe également à une échelle plus courte. C’est ce que révèle l’Institut national de la statistique dans sa dernière note sur le commerce extérieur rendue publique le 1er avril 2026. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de contraction de certaines importations stratégiques.
L’EFFET DES POLITIQUES D’IMPORT-SUBSTITUTION
La baisse des importations de riz est directement liée à l’amélioration de la production locale. Les autorités mettent en avant les effets du Plan intégré d’import-substitution agro-pastorale et halieutique. En janvier 2026, notamment au deuxième trimestre 2025, le ministère des Finances indiquait que « les importations de riz ont baissé de 14,2 milliards de FCFA par rapport au trimestre précédent ».
A cet effet, un responsable du ministère des Finances soulignait que « cette dynamique traduit les premiers résultats des efforts engagés pour réduire la dépendance aux importations alimentaires ». Le gouvernement mise sur une montée en puissance rapide de la filière riz. Selon le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme, la production nationale devrait passer de 140 710 tonnes en 2024 à 460 000 tonnes en 2027. Une trajectoire vers l’autosuffisance L’ambition affichée est plus large.
À l’horizon 2030, la production de riz est attendue à 750 000 tonnes, soit un taux d’autosuffisance estimé à 97 pour cent. Cette trajectoire est inscrite dans la stratégie nationale de développement de la filière riz, dotée d’un budget global de 385 milliards de FCFA. Dans cette logique, les pouvoirs publics renforcent les appuis directs aux producteurs. Une enveloppe de 9 milliards de FCFA a été mobilisée pour soutenir une production additionnelle de 30 000 tonnes dès 2026.
Ces financements bénéficient notamment à la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua et à l’Upper Nun Valley Development Authority. Un cadre du secteur agricole explique que « l’objectif est d’augmenter rapidement les volumes locaux pour réduire la facture des importations ».
UNE DÉPENDANCE EN RECUL PROGRESSIF
La baisse des importations de riz reste encore relative au regard du poids du produit dans la consommation nationale. Elle traduit néanmoins un infléchissement progressif de la dépendance extérieure. La dynamique observée en 2025 s’inscrit dans un processus plus long. Elle repose sur l’augmentation des capacités de production, l’amélioration des rendements et le soutien public aux filières structurantes.







