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CM14 et visite du Pape : le visage des routes de Yaoundé que découvriront les invités du Cameroun

Alors que la capitale camerounaise s’apprête à accueillir dans quelques jours de milliers d’étrangers, lors de la 14ème Conférence Ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (CM14), prévue du 26 au 29 mars 2026, mais également lors de la visite du Pape Léon XIV, du 15 au 18 avril 2026, ses routes offrent un visage peu enviable.

Le Cameroun est peut-être prêt pour l’organisation à Yaoundé de la 14ème Conférence Ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (CM14), prévue du 26 au 29 mars 2026. En tout cas, tel est le constat fait à l’issue de la réunion de coordination présidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute, le 18 mars dernier à Yaoundé, en passant en revue les aspects organisationnels ; les sites hôtes ; la sécurité ; le transport des personnalités ; la communication et autres aspects techniques relativement à cet événement.

Il reste que les routes de Yaoundé, notamment celles ralliant le centre-ville à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, donnent une image peu reluisante de la capitale camerounaise. Si le démarrage tant annoncé des travaux de la phase urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, sensé fluidifier la circulation entre le Centreville de Yaoundé et l’Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, reste toujours attendu. Même les travaux d’aménagement et de reconfiguration du carrefour Mvan, dans le cadre du projet « Yaoundé Cœur de Ville », ne pourront pas être livrés avant le début de la CM14, ni même la visite du Pape.

Les aménagements au pôle Mvan prévoient notamment le réaménagement du carrefour, avec une voirie en 2×2 voies sur les rues adjacentes, une gare routière de 2 hectares et 1 500 m² de bâtiments, et au pôle Elig-Effa/Messa, avec la construction d’un tunnel souterrain, d’un giratoire, d’un square paysager de 3 000 m² et d’une gare de 8 500 m².

La ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, qui, au lendemain de la réunion avec le PM, a visité, le jeudi 19 mars, les chantiers routiers de la ville de Yaoundé, plus précisément les grandes zones d’intervention constituant les itinéraires de la tenue prochaine de la CM14 et de la visite du Pape au Cameroun, a pu se rendre du niveau d’exécution de ces chantiers, surtout au niveau du quartier Mvan, pour ne citer que cet exemple. Même si les invités de Yaoundé ne seront pas confinés seulement dans le Centreville.

DES RETARDS DANS LE DÉMARRAGE DU PROJET « YAOUNDÉ, CŒUR DE LA VILLE »

C’est le 4 février 2022 que le gouvernement camerounais et l’AFD ont signé la convention de financement dudit projet. A l’époque, le début des travaux était annoncé courant 2022. Mais un retard a été accusé dans le lancement du chantier du fait de la longueur des procédures, apprend-on. Et Arnaud Philippe Ndzana, de la Communauté urbaine de Yaoundé, le coordonnateur de ce projet en dévoilant à la presse ses contours, annoncera le début des travaux pour 2024. Un deadline qui ne sera pas non plus respecté. Car, c’est en fin 2025 et début 2026 qu’on enregistrera les premiers coups de pelle sur le terrain. Et, au mois de mars 2026, le taux d’exécution des travaux du projet « Yaoundé Cœur de Ville » (gestion centrale) n’est que de 49%.

Ce chantier, mené par le groupement PREST-QUASUP/ESCOM, accuse un retard notable avec une consommation des délais atteignant 150%, entraînant une mise en demeure de l’entreprise. Censés durer 36 mois, pour un coût de 54,7 milliards de FCFA, soit 46,2 milliards de FCFA à travers le mécanisme du Contrat de désendettement et de développement (C2D) géré par l’Agence française de développement (AFD), et une contribution directe de 8,5 milliards de FCFA de l’Etat camerounais, les travaux du projet « Yaoundé Cœur de Ville », prévoient l’aménagement et la reconfiguration de trois carrefours régulièrement congestionnés (Mvan, Elig-Effa et Elig-Edzoa) en plus des carrefours Awae escalier, Emombo et Sous-manguiers.

 Mais également, la démolition et la reconstruction des gares routières de Mvan et de Messa (Mokolo). Ce projet contribuera également à la reconstruction de deux terminus minibus et taxis (Avenue Mvog-Fouda à Elig-Essono et rue Marcel Jezouin) et l’aménagement des sentiers de randonnée pédestre sur le Mont Messa et d’une voie d’accès.

 AUTOROUTE YAOUNDÉNSIMALEN : COMME UN GOÛT D’INACHEVÉ

Les étrangers du Cameroun qui visiteront pour la première fois la capitale camerounaise lors des deux grands événements annoncés, seront amèrement surpris que leur confort de la route à partir de l’Aéroport international de Yaoundé Nsimalen, s’estompe curieusement juste à l’entrée de la ville, au quartier Ahala.

C’est que la phase urbaine de cette autoroute a du mal à démarrer. Le projet est miné par de nombreux obstacles. Manque de financement, problèmes administratifs liés aux expropriations, au recasement et indemnisation des populations affectées par son tracé, sont autant d’obstacles qui empêchent le démarrage effectif des grands travaux de cette section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Bien que la pose de la première pierre des travaux de cette section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen ait eu lieu en décembre 2023, le début effectif des travaux a pris du retard.

Même les travaux annoncés, le 23 avril 2025, lors du Comité de pilotage de ce projet, sont toujours attendus. Il était notamment envisagé l’aménagement du site de relocalisation d’Olezoa et la construction de la voie de déviation au niveau du carrefour 03 statues ; l’aménagement des voies de déviation, Entrée Camp Tunisien-2ème Echangeur Mvan911 ml ; Obam Ongola (Entrée Ecole)-Entrée Pharmacam-1080 ml.

 Pour le moment, indique-t-on au ministère de l’Habitat et du développement urbain, grâce au Budget d’investissement public (BIP) de ce ministère, les travaux préliminaires s’effectuent. Notamment, le recalibrage du lit du Mfoundi derrière le Bois Saint Anastasie où l’autoroute doit traverser. En 2026, informe-t-on, les travaux devraient avoir lieu au niveau arrière du marché Mvog Mbi pour l’installation des nombreux commerçants sur ce tronçon. Il y a aussi certaines dessertes qui sont en plein aménagement par l’entreprise Bun’s pour des voies de passage et éviter des embouteillages quand débuteront les grands travaux.

LA DIFFICILE ÉQUATION DU COÛT

 Si au MINHDU, l’on souffle sous anonymat qu’ « en ce qui concerne le budget, il n’a pas véritablement changé en dehors du fait que les études ont eu lieu en 2014. Il va de soi que plus de 10 ans après, certains coûts ne sont plus les mêmes ». Il reste constant que le coût de ce projet a explosé. Ce coût, selon certaines sources bien informées, est passé d’un montant initial de 379,5 milliards de FCFA à 434 milliards de FCFA pour la phase 2, pour une livraison prévue pour 2030.

L’on explique cette explosion des coûts par un certain nombre de facteurs, notamment, l’augmentation du coût des matériaux, les modifications des spécifications techniques ; la complexité de l’environnement urbain, et des coûts importants liés aux indemnisations et aux recasements des populations. L’attente du décaissement des fonds restants reste donc un obstacle majeur au démarrage effectif des travaux à grande échelle sur cette section urbaine.

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