Routes, énergie, eau, télécommunications. Dans la zone CEMAC, les besoins d’investissement dans les infrastructures se chiffrent en milliers de milliards de FCFA. Pour la seule année 2026, les six pays de la communauté envisagent de mobiliser près de 4 000 milliards de FCFA sur le marché des titres publics. C’est dans ce contexte que se tiendra à Yaoundé, les 23 et 24 avril 2026, la deuxième édition du Colloque financier international (COLFINI 2).
Les contours de l’événement ont été présentés le 13 mars lors d’une conférence de presse organisée par le comité d’organisation. Le rendez-vous réunira décideurs publics, régulateurs, investisseurs, banques et experts autour d’un thème consacré au marché financier régional et à l’ingénierie des financements structurés pour les projets d’infrastructures dans la CEMAC. Pour les organisateurs, la question centrale reste la même. Comment mobiliser davantage les ressources locales pour financer les ambitions économiques de la sous-région.
VALORISER LES RESSOURCES FINANCIÈRES LOCALES
Le colloque est organisé par les sociétés de bourse Contacturer Capital S.A et Horus Investment Capital, avec le cabinet Akoa Mballa & Co. L’événement bénéficie du haut parrainage du ministère camerounais des Finances et du partenariat institutionnel de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale. Plusieurs axes structureront les travaux.
Les discussions porteront notamment sur le diagnostic du marché financier régional, la mobilisation de l’épargne informelle, l’accélération de la croissance du marché, la liquidité et l’innovation financière ainsi que le renforcement des expertises en financements structurés. L’objectif affiché consiste à valoriser le marché financier régional comme levier de financement durable du développement, promouvoir l’expertise locale et dégager un référentiel opérationnel inspiré des meilleures pratiques internationales.
UN DÉBAT SUR LA SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE
Pour le professeur Bruno Bekolo Ebe, président du comité scientifique du colloque, la question du financement des infrastructures dépasse la simple technique financière. Elle touche à la capacité des économies de la région à produire de la valeur. « Les besoins en infrastructures sont tels que l’on se demande comment nous allons les satisfaire », observe l’économiste. Il estime que la transformation structurelle des économies de la sous-région passe par la mobilisation de ressources financières internes. « Comment créer de la valeur ajoutée si vous n’êtes pas capable de financer ce processus. Allons-nous continuer à tendre la main vers l’extérieur alors qu’il existe des possibilités de mobiliser le capital chez nous », s’interroge-t-il.
Le colloque entend ainsi dresser un état des lieux du système financier régional, identifier ses atouts et ses limites, tout en réfléchissant à une intermédiation financière plus inclusive. La question de la mobilisation de l’épargne locale et de l’implication des différents acteurs économiques devrait occuper une place centrale dans les échanges.







