Lpc-Sycec : Le football professionnel dans la rue

La saison 2019 s’est ouverte par un forfait, et les lendemains sont incertains ; la faute à d’interminables conflits.

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Les arbitres seuls ont joué le match d'ouverture

Un stade militaire sonnant creux. Quelques individus éparpillés dans les gradins. En première ligne dans la tribune d’honneur, le général Pierre Semengue, président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc). A ses côtés, Jean Phillipe Obama, directeur des normes et du suivi des organisations sportives, représentant le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) et quelques personnalités peu connues. Toutes les cérémonies protocolaires sont exécutées, aux sons et rythmes d’une fanfare. Le décor est planté. Place au match. Eding sport et Yong sport academy (Yosa), les deux adversaires attendus, ne se présentent pas. Le collège arbitral se concerte un quart d’heure au rond central, et siffle la fin du match. Loin d’être un film de fiction, le match d’ouverture de la saison sportive 2019 vient d’échouer ce 26 janvier 2019. Le Syndicat des clubs d’élite de football du Cameroun (Sycec) a réussi son coup.

Et pourtant, la Lfpc misait sur une discorde au sein du mouvement pour remporter la partie. « De notre côté, tout est prêt », continuait d’assurer le patron de la Ligue quelques heures avant, sur la radio nationale. Alors que les nouvelles depuis la veille disaient que le club du Nord-ouest n’avait pas fait le voyage de Yaoundé. Le lendemain, le mouvement se poursuivra dans tous les stades où étaient programmés les rencontres. Si Coton sport était annoncé à Limbé pour affronter Avion du Nkam, l’adversaire, lui, avait déjà saisi la Lfpc pour solliciter le report du match, faute d’avoir de licences. Au finish, aucun match ne s’est joué.. Certains clubs se sont présentés dans les stades, d’autres pas, certains ont des licences, d’autres des listes provisoires signées du secrétaire général de la Lfpc, d’autres ne disposent d’aucune pièce dans ce sens…

Le président de la Lfpc abandonné par les clubs

Issue incertaine

« Notre règlement règle le problème du forfait», rappelle Pierre Semengue qui parle d’un forfait pour le deux adversaires. Les clubs n’ignorent pas cette menace, mais exigent la tenue de l’assemblée générale prévue par les statuts. Ce texte fondateur de la Lfpc prévoit en son article 71, al.3, que « le président de la Ligue présente à l’assemblée générale les comptes annuels consolidés de la Ligue au 31 décembre de chaque année », et l’alinéa 5 du même article indique que « l’assemblée générale accorde son quitus ou non » à ces comptes. C’est aussi l’instance qui valide les décisions du Conseil d’administration en début de saison, y compris le budget. Le général Pierre Semengue ne l’entend pas de cette oreille : « la Ligue s’est assise le 3 janvier avec la Fécafoot pour décider d’un commun accord que le championnat se jouait le 26 janvier, et il était convenu que la ligue allait tenir un conseil d’administration pour entériner tout ça. Ce conseil s’est tenu le 11 et tout le monde a signé », réitère-t-il. La même résolution parlait également d’une assemblée générale avant l’ouverture de saison. L’homme n’en fait pas cas. Ralliant plutôt à sa cause le ministre en charge des sports, qui a tenu une réunion de crise jeudi dernier, pour exhorter les clubs à baisser le bras. Le Sycec qui semblait fléchir, a ignoré la convocation d’une session extraordinaire du conseil d’administration du lendemain où il leur était demandé de présenter les documents juridiques de leur syndicat.

Retour à la case départ. Le général Semengue dénonce « l’animosité des clubs, je voudrais dire de l’entité Sycec qui n’a plus d’existence légale mais qui, je ne sais sur quelle base, tient les présidents de clubs». Le moteur semble s’être grippé au démarrage. Il faudra un autre round de négociations pour sauver la saison. Et peut-être même Pierre Semengue qui redoute que quitus lui soit refusé.

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