Yaoundé : le business florissant des vendeurs de monnaie

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Commerçants, boutiquiers et chauffeurs de taxi profitent de la rareté de la petite monnaie pour développer des stratégies de gain rapide d’argent.

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Il n’y a pas de monnaie». On a tous une fois entendue une phrase de ce genre devant la Bayam sellam du marché, dans un coin de la rue ou même encore devant son boutiquier du quartier. Une situation qui semble pérenniser lors des échanges et transactions monétaires mais qui présente aussi une opportunité de se faire de l’argent. C’est le « business des vendeurs de monnaie ».

Monnayer pour avoir son billet de 10 000 F CFA ou de 5 000 FCFA réduit en petites coupures. C’est le calvaire que beaucoup rencontrent lorsqu’ils tentent d’effectuer des achats. Alice, commerçante de friandises et de boissons énergisantes en face de l’immeuble rose à Yaoundé se donne à cette activité luisante. Elle vend sa marchandise normalement et dans d’autres circonstances, « aide » des passants à avoir de la monnaie. « C’est une proposition. Je demande 100 F pour casser 5 000 francs et 200 F pour casser 10 000 francs. Si tu es d’accord, je le fais tout de suite et sur place. Si je ne l’ai pas, je demande à mon voisin de le faire et je te remets ta monnaie. Sinon tu peux continuer à essayer de chercher ailleurs », explique-t-elle d’une voix rassurée. « Je suis ici pour vendre la monnaie et faire du commerce. Et ça m’arrange d’ailleurs puisque plusieurs me connaissent et se rapprochent de moi quand ils en ont besoin. A la fin de la journée je peux compter jusqu’à 5000 francs de gain », renchérit-elle.

Le business est florissant. Tenez, au boulevard du 20 mai, des gens sont prêts à former des rangs devant dame Bernadette, pour acheter de la monnaie. Chez elle, les prix varient d’un client à un autre. Les habitués sont prioritaires, apprend-on. « Situ as 10 000 ajoute à ça 200francs et donne à la dame assise avec la sacoche rouge. Elle va comprendre et te donner la monnaie », souffle un vendeur. Selon lui, la source de ravitaillement de cette dame provient de deux messieurs qui viennent de temps en temps lui remettre des coupures de 500 francs et reviennent dans la soirée prendre leur cote part. Un peu différent chez les taximen mais le principe reste le même. Et il consiste pour celui qui le pratique, à ajouter sa cote part à l’addition. Dans ce secteur, il est aussi important d’avoir de la petite monnaie au risque de payer plus cher pour une destination. «Si le client se rend à une destination où il est censé payer 100francs ou 200 francs et qu’il a un billet de 500 francs, je lui fais signe de payer 50 francs ou 100francs de plus pour le transporter», raconte un chauffeur. Une «taxe » qui en fin de journée « me permet d’augmenter ma recette», rigole Collins D. chauffeur de taxi depuis 3 ans. Ce qui semble faire son bonheur dans ce business n’enchante cependant pas tout le monde. Mais comme on ledit souvent, « le malheur des uns fait le bonheur des autres ».

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