Vie chère : les ménages à rude épreuve

Le Cameroun subit une flambée des prix des produits de première nécessité. Une situation qui fait baisser le pouvoir d’achat des populations et complique la gestion dans certains ménages. Les syndicats en sont indignés.

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« Non à la cherté de la vie », « Non aux nouvelles taxes », « Non à l’inflation ». « Chaque jour plus de précarité et de pauvreté », peut-on lire sur les murs de l’intérieur d’une enceinte exiguë au quartier Messa à Yaoundé. Mardi dernier, nous sommes à la bourse du travail ce quartier de Yaoundé. Depuis le matin, la police a envahi les lieux pour interdire le déroulement d’un point de presse. Le collectif et acteurs de la société civile qui avaient appelé aux manifestations pacifiques sur l’étendue du territoire se sont faits interpeller et conduits vers des commissariats tenus secrets.

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Cet appel à manifester« inédit  », explique Célestin Bama, secrétaire général de la CSCT, doit être perçu comme « le cri de cœur des citoyens qui ont mal, qui sont mal dans leur pouvoir d’achat qui n’en peuvent plus, qui sont mal dans leur statut de parents devenus incapables d’assumer le minimum à la maison, qui sont mal dans leur dignité ».

 C’est pour la première fois, depuis plusieurs années que les syndicats se mobilisent autant pour hausser le ton sur une question cruciale pour presque tous les Camerounais.

Avant les syndicalistes, c’est le Groupement Inter Patronnal(Gicam) qui avait brandi la menace de rompre l’approvisionnement des marchés camerounais à cause de la  flambée des prix des matières premières à l’international.

Flambée des prix

Au cours du mois de février 2022, la flambée des prix des produits de consommation courante s’est accélérée dans les marchés de Yaoundé et Douala, se relevant à 3,5%, après +3,3% en janvier, note un récent rapport de l’Institut national de la statistique (INS).

Justement sur les étals de marché, la hausse des prix est perceptible. Le kilogramme de porc est passé de 2500 à 3000 francs CFA en deux mois. Celui de la viande de bœuf sans os, a grimpé de 300 dans certains marchés et de 800 francs CFA dans d’autres, allant de 2700 à 3000 voire 3500 francs CFA dans certains marchés.  En moins de 5 mois, le kilogramme de maquereau a connu une hausse de 400 francs CFA, quittant de 1200 à 1600 francs CFA. Le seau d’arachide quant à lui est passé de 2200 francs CFA à 3500 francs CFA.

Dans les boulangeries c’est la même galère. Le beignet de 50 francs a connu une augmentation de 30 francs CFA. Tandis que le pain a grimpé de 25 à 50 francs CFA en fonction du grammage.

Dans l’ensemble du pays, les familles en souffrent. Christelle femme au foyer recevait 3 000 francs CFA chaque jour de son mari.  «  Avant avec 3 000 francs CFA, j’arrivais à acheter un kilo de  poisson ou un peu plus d’un demi kilo de viande, pour faire  la sauce de tomate et du riz, qu’on consommait sur deux jours avec mon mari et mon petit frère. Mais depuis quelques semaines, c’est pénible », témoigne la jeune femme qui précise que les denrées alimentaires (riz, spaghetti, etc.) ne sont pas prises en compte.

Dans d’autres foyers c’est une nouvelle donne. Merline coiffeuse au quartier Ekounou à Yaoundé explique : « avec ce qui se passe, je ne prépare plus pour midi. Les enfants déjeunent le matin et je viens préparer le soir quand je rentre. Désormais c’est un repas par jour. Après chacun fait sa prière pour voir le lendemain», confie-t-elle. Cette dame, inquiète de l’avenir s’avoue impuissante face à la hausse généralisée des prix sur le marché. « Ça ne va pas. Mon mari est chauffeur et il m’a dit que son salaire ne peut plus nous permettre de vivre. Il veut chercher un autre travail, mais trouver un emploi n’est pas facile », se lamente-t-elle.

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